Bonjour a tous !
Voila donc le tout dernier chapitre !
J'ai vraiment mis beaucoup de temps a traduire cette fic mais je pense que ça valez le coup.
S'il-vous-plait laissez moi une review pour me faire part de votre impression sur l'ensemble de la fic, je ferait évidemment suivre a l'auteure ! :)
Egalement un très grand merci a AmeliaTheFujoshi pour sa relecture malgré des examens, allez lire ses fics elles sont geniales !

Bonne lecture.


La rencontre eut lieu deux jours plus tard.

Moriarty se tenait immobile, les mains croisées derrière son dos dans le noir alors qu'il regardait par la fenêtre du salon du 221B. C'était la veille du nouvel an, et Sherlock était sorti avec John et Mary pour célébrer. Mais, comme le détective semblait toujours le faire, il était parti plus tôt et rentrait tout juste chez lui. Jim sourit à la vue de Sherlock qui entrait dans l'étage inférieur de l'appartement depuis la fenêtre au-dessus, au moment précis où l'horloge commença à sonner minuit. Sachant qu'il devait signaler sa présence, Moriarty, la silhouette illuminée à travers la fenêtre de l'appartement par les lumières de Londres au dehors, commença à chanter. « De vieilles connaissances devraient-elles s'oublier, » commença-t-il doucement, lentement, alors que les marches de l'escalier craquaient, « et ne jamais y repenser ; les flammes de l'amour étouffées, » continua-t-il, le ton augmentant avec le verset mélancolique alors que la porte s'ouvrait derrière lui, « et entièrement révolues et passées. »

Sherlock se tendit au moment où le chant commença, son cœur s'arrêtant un moment à la douce voix qui venait de son appartement. Ainsi, c'était la réunion qu'il avait anticipée. Se forçant à se calmer alors qu'il finissait de grimper la petite volée de marche, le détective se composa un masque froid, sans émotions, et ouvrit la porte alors qu'une pensée parasite lui traversa l'esprit. Dans la bataille. « Moriarty, » salua-t-il stoïquement.

Moriarty, au son de la voix de Sherlock se retourna, le visage ouvert et paisible. « Salut. Bonne année, » dit-il, un ton presque moqueur alors qu'il levait la main et agitait doucement les doigts en signe de salutation. A première vue, on pourrait penser que Jim Moriarty était un homme faible, soumis, quelqu'un sur lequel on pourrait marcher sans conséquences. Cependant, si on y regardait de plus près pour inspecter certains éléments du criminel, chacun aurait pu y voir, avec horreur, que ce qui semblait être une gentillesse continue n'était en fait qu'une comédie. On aurait vu le reflet de malice derrière ses yeux doux, on aurait observé la courbe de mépris dans son beau sourire. On aurait vu le vrai visage du mal. Personne ne regarde de près au début, en général. Voilà pourquoi le criminel était capable d'opérer comme il le faisait, proche de ses victimes, même les génies, les observateurs tels que Sherlock. Ça avait toujours été si amusant de jouer avec le détective. « Tu m'as manqué, » poursuivit-il, ne trébuchant sur aucun objet dans l'appartement d'un noir d'encre alors qu'il s'approchait de Sherlock.

Résistant à l'envie de reculer au moment où Moriarty s'approchait de lui, Sherlock joignit simplement ses mains dans son dos, essayant de déduire n'importe quoi du criminel. Comme toujours, il restait illisible, un mystère terrifiant qui ne cessait jamais de lui taper sur les nerfs. « J'ai compris ça de tes lettres, » répondit-il, le dernier mot rempli de dégout pour masquer à quel point il était réellement perturbé.

« Vraiment ? J'espérais que tu les aurais aimées, » murmura Moriarty, tournant lentement autour de Sherlock pour l'entourer de sa présence, laissant son doigt tendu parcourir l'épaule de costume du détective. « Hmm, Spencer Hart. Tu ne lésines certainement pas sur les marques de qualité. »

« Je n'ai jamais été du genre à le faire. »

Moriarty sourit gentiment à la réponse, arrivant finalement complètement face à Sherlock. « Et si on allumait quelques lumières ? » suggéra-t-il, semblant parfaitement agréable. « J'aimerais pouvoir mieux te regarder. »

Réprimant un frisson, Sherlock lança plutôt un regard plein de dégout à Moriarty et traversa l'appartement, appuyant sur l'interrupteur pour illuminer l'espace d'une douce lumière jaune. « J'imagine donc que tu vas bientôt venir au but de cette conversation » dit- il en se retournant, les mots plus comme une affirmation qu'une question.

Moriarty plaça exagérément une main sur son cœur, laissant passer un léger son d'indignation en s'asseyant sur le bras du canapé. « Tu ne veux pas rattraper le temps perdu ? Pourquoi, Sherlock, » demanda-t-il, prononçant le nom du détective comme pour savourer la sensation du mot tombant de ses lèvres, « Je croyais que nous passions un si bon moment. » en soupirant il laissa tomber le masque et examina ses ongles avant de regarder Sherlock à travers ses cils, sa tête en avant au-dessous de ses genoux. « Mais je suppose que tu as des questions. Vas-y, papa attend. »

Sherlock sentit la commissure de ses lèvres se relever en un classique signe de contentement, essayant de ne pas fixer l'homme qui semblait parfaitement chez lui dans son appartement. « La patience est une vertu » cracha-t-il presque, ne bougeant pas de l'espace où il se trouvait à une distance confortable de l'intrus.

Moriarty rit simplement, le son aurait pu être doux, serein même, s'il n'était un peu sadique. « Au cas où tu l'aurais oublié, je ne suis pas l'un des plus vertueux dans ton monde. »

« Evidemment, » répondit Sherlock, feignant la politesse. Toute la conversation semblait orchestrée d'avance, comme s'ils dansaient l'un autour de l'autre, de retour au même jeu auquel ils avaient toujours joué. Apparemment, Moriarty n'avait jamais cessé de s'y amuser. « Je vais aller droit au but puisque c'est ce que tu veux. Les lettres, je veux en savoir plus. »

Relevant finalement sa tête pour regarder complètement Sherlock, un sourire narquois tordit les lèvres de Moriarty, ses yeux parcourant l'appartement pour trouver les lettres, qu'il trouva dans la boîte à chaussures sur le comptoir de la cuisine. « Oh. Ça, bien sûr » dit-il nonchalamment, jouant avec un fil du revers de son costume comme si la conversation l'ennuyait. « Je suppose que tu les as lues. »

« Je les ai lues, oui. »

Léchant lentement ses lèvres à cette pensée, le criminel consultant se redressa, face à Sherlock pour avoir à nouveau une conversation comme il se devait. « Il n'y a pas grand-chose de plus à dire. Tu peux voir dans chacune d'elles ou je me tiens sur tout ce qui concerne ma vie. »

Sherlock fit un signe d'approbation, ses mains se pliant en poings dans son dos alors qu'il se rappelait chaque partie à propos de John, chaque insulte et commentaire haineux. « Tu dois savoir que ton opinion ne m'importe pas, » dit-il soudainement, la colère remplaçant la peur en lui alors qu'il regardait l'homme devant lui. « Ou étais-tu trop concentré sur le fait d'essayer d'être mieux que John pour le réaliser ? Un effort futile, j'ajouterais. »

Moriarty s'offusqua, la peine montant en lui à cause de la moquerie. Pourtant, au lieu de ressentir la douleur qu'il savait être derrière ces mots, il laissa la colère prendre le dessus. En deux grandes enjambées, il fut devant Sherlock, les yeux brillant de rage. « Un effort futile ? Il semblerait que tu m'as encore une fois sous-estimé, Sherlock. » Cette fois, ses mots n'étaient pas calmes et doux, mais tranchants comme des lames de rasoir, le nom du détective n'était plus savouré mais craché comme du poison. « Tu vois, » commença-t-il, fermant ses yeux pour prendre une grande inspiration, les ouvrant à nouveau pour montrer son changement instantané de nouveau vers son air froid et calculateur. « Mon opinion t'est importante, elle l'a toujours été, tu ne le comprends pas encore, c'est tout. J'ai dit que je t'ai guidé à chaque étape du chemin, et c'est vrai, » murmura-t-il doucement, se rapprochant le plus possible de Sherlock sans vraiment le toucher, « Je l'ai fait. Tout dans ta vie me concerne, j'ai toujours été là, et je le serai toujours. Je ne te laisserai jamais. » Chuchota-t-il, la voix presque trop basse pour être entendue, « Pas comme John. »

Sherlock, à ces mots auxquels il ne pouvait presque pas trouver de sens, ne put résister à reculer d'un grand pas, la bile remontant dans sa gorge en un mélange de colère, de peine et de dégoût. Il avait toujours su que Moriarty était mauvais, mais jamais il ne l'avait considéré comme dément. Maintenant, il n'était plus si sûr. Tout était confus, rien n'était comme avant. Ce jeu était nouveau, et était beaucoup plus dangereux que tous les autres, dans celui-ci il n'y avait qu'une variable constante : l'apparent engouement de Moriarty pour lui. « Les sentiments sont un défaut chimique que l'on trouve du côté des perdants, » finit-il par dire, la voix froide et sans intonation.

Moriarty retint sa respiration soudainement, tombant de nouveau dans la moquerie aux mots de Sherlock, ses mains volant vers sa bouche. « Oh mon cher ! » s'exclama-t-il, les yeux grands ouverts en un choc feint. « Le côté des perdants ? Oh Sherlock, » soupira-t-il, les mots s'échappant dans une vague d'air, un rictus presque sinistre tiraillant ses lèvres un moment après. « Ne t'a-t-on jamais appris qu'il ne faut pas mentir ? »

Sherlock essaya de garder son regard loin des gestes théâtraux du criminel, ramenant ses mains de derrière son dos pour lisser son costume. « Mentir, » dit-il songeur, levant le regard pour rencontrer les yeux sombres de Moriarty, « Intéressant. Donc, tu penses que cette apparente sensation de sentiment, d'amour, » cracha-t-il, se préparant la déduction qu'il avait prévue pour finir tout cela, « que tu as pour moi ne t'a jamais gêné. Tu penses que ça ne te gênera jamais. »

En ne laissant à l'autre aucune chance de répondre, Sherlock s'avança d'un pas, se rapprochant de l'autre homme. « Faux, » dit-il impassible, ses yeux parcourant le visage de Moriarty pour capter le mieux ce qui s'y passait. « Tu as mentionné dans tes lettres te sentir jaloux et seul, souvent juste avant ou après avoir mentionné John. Tu aimerais avoir la même complicité que John et moi avons, peut-être même plus. Évident. Mais ce que tu n'as pas considéré est mon mot dans cette histoire. As-tu vraiment pensé que je te voudrais dans mon quotidien comme tu le rêves souvent si ouvertement ? Tu aurais dû savoir que ça n'arriverait jamais. Tu aurais dû savoir que je ne pourrais et ne te verrais jamais comme tu me vois. Tu es mauvais ; je ne t'aimerai jamais. Pour moi, tu es un ennemi, un simple problème que je dois éliminer. Tu n'es rien de plus que ces affaires que tu as orchestrées pour moi, quelque chose à déduire et oublier, loin de mon esprit pour que je puisse passer à d'autres, plus importantes, choses. Choses comme protéger John, » ricana-t-il moqueur, rencontrant les yeux de Moriarty alors qu'il se penchait légèrement en avant, leurs visages à un cheveu l'un de l'autre.

« Tu ne sais vraiment pas, n'est-ce pas ? » Puis, après une pause suffisante pour tout laisser retomber, Sherlock porta le proverbial dernier coup, trop en colère et insulté par tout ce qui était arrivé pour penser à ce qui pourrait arriver en conséquence. « I loathe you » *(1)

Moriarty s'était toujours considéré comme quelqu'un de calme, de maîtrisé. Il pouvait toujours se contrôler sous la pression, rien ne le perturbait ou le troublait jamais. Cependant, au long discours de Sherlock, à ses terribles derniers mots, le criminel consultant se brisa. Chaque sentiment qu'il avait enterré à travers son engouement envers Sherlock revint à la surface, le faisant reculer de surprise, incapable de faire autre chose à part le fixer choqué et blessé alors que le détective se tenait immobile et soutenant son regard. Honte, désespoir, tristesse, peur, haine de soi, tout était là, rassemblé depuis le temps où il avait été malmené par Carl Powers jusqu'à ce qu'il écrive la dernière lettre pour Sherlock. Malgré cela, ce qui semblait le plus important à ce moment était la solitude. Son fantasme de bonheur et satisfaction était ruiné, détruit par les choses horribles que Sherlock avait dites.

Trop choqué pour répondre avec des mots, Moriarty ne s'embêta plus à garder son masque, le laissant tomber pour révéler le garçon triste et effrayé qu'il était il y a toutes ces années, avant le meurtre. En ignorant la brûlure dans le coin de ses yeux il s'approcha de Sherlock, trop engourdi pour même sentir ses pieds sous lui. « C'est là que nous différons » murmura-t-il d'une voix brisée, remontant sa main sans vraiment s'en rendre compte pour la déposer sur la joue de Sherlock.

Finalement, c'est la chaleur de la peau sous ses doigts qui le ramena du choc qu'il éprouvait. Réalisant qu'une larme avait commencé à rouler sur sa joue, Moriarty repoussa tout le reste pour laisser la rage s'élever en lui comme jamais auparavant. Il était redevenu lui-même, ses yeux froids et sombres. Souriant de colère, de toutes ses dents tel un requin, il poussa son pouce sur la pommette de Sherlock, se penchant près de son oreille. « Tu n'aurais pas dû m'énerver. »

Sherlock regarda Moriarty se défaire comme une ficelle, chaque mouvement ou expression du criminel était nouveau pour lui, quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il était un détective, et par conséquent voyait différents niveaux de douleur humaine dans sa vie de tous les jours. Malgré cela, jamais il n'avait vu un tel degré de douleur, vulnérabilité, une expression totalement brisée comme celle que Moriarty avait alors qu'il l'approchait. Se forçant à rester immobile au toucher, faisant fi du frisson qui le traversa, Sherlock regarda l'homme devant lui en détail, la peur tordant son estomac à l'instant ou le criminel revint à lui-même. En une fraction de seconde, la peine fut remplacée par la colère, l'expression brisée par un sourire sadique et les mots tremblants par une froide et dangereuse menace.

Essayant de garder sa peur au loin, Sherlock se tint immobile, les yeux sur Moriarty alors qu'il s'en alla soudainement vers la porte. « Et qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? » demanda-t-il, la voix aussi rigide que sa posture.

La main de Moriarty s'arrêta juste au-dessus de la poignée de la porte à la question. Ne se retournant pas pour lui répondre, il regarda une éraflure dans le bois devant lui, une simple phrase sortant d'entre ses lèvres.

« Cela veut dire que nous sommes de retour à la première case. »

P

FIN


*(1) "I loathe you" veut dire « Je t'abhorre » « Je t'abomine ». Jeu de mot avec les ressemblances I loathe you/I love you ( Je t'aime ). je n'avais vraiment aucune idée de comment traduire ça mais si vous avez une idée laissez un petit commentaire : )