Quand il se réveilla ce matin-là, l'absence de sonnerie de son réveil l'informa tout de suite d'une terrible nouvelle : il était en retard. Il se leva donc en trombe, sautant les cases « petit déjeuner » et « salle de bain », s'habilla en quatrième vitesse avant de dévaler les escaliers et se diriger au commissariat sans lâcher l'accélérateur du pied. Ça lui apprendrait à travailler le dimanche...
Une fois entré dans le bâtiment il courut vers son bureau en adressant un simple « bonjour » à la secrétaire qui dut le poursuivre jusque dans son bureau où elle entra en lui lançant une liasse de papiers.
« C'est pour toi. Le commissaire Tsunade insiste pour que ce soit toi qui t'en occupe. »
Shikamaru jura intérieurement, « encore des PV !.. », la vieille peau ne lui avait toujours pas pardonné cette fois où il s'était endormi en pleine réunion. Il se mit donc au travail sans grande conviction quand le téléphone se mit à sonner.
« C'est pas possible ça ! On essaye de gagner honnêtement sa vie, et voilà ce qu'on gagne ! Le type se casse alors qu'il en a pour 50 000 ryôs ! » Shikamaru n'écoutait déjà plus la voix du patron qui vibrait de rage alors qu'il criait, il regretta amèrement d'avoir pris cette affaire délivrée par hasard… Il essaya de couper court au monologue.
« Et sinon, est-ce que l'individu avait des signes distinctifs qui pourraient nous aider pour le signalement ? »
« Ah, ça oui ! Il avait un énorme chien, je crois qu'il était blanc. Et le plus bizarre : deux sortes de tatouages sur les joues, comme des triangles rouges. J'aurais dû m'en méfier, avec une dégaine comme ça... »
Le jeune inspecteur n'écoutait à nouveau plus. « il est de retour ?.. ». Il aimait bien retrouver des vieux amis, mais certainement pas pour les arrêter.
« Les chiens sont interdits ici, mec ! Soit il sort soit vous sortez tous les deux ! »
Kiba releva la tête du comptoir pour fixer le patron d'un air agacé.
« V-Vas-y fais pas ton bâtard » dit-il d'une voix empreinte d'alcool, « je t'ai pris plein de trucs en plus ! »
« Et t'as de quoi payer ? »
« Pff, bien sûr ! Tiens tu vas voir... » Il se mit à fouiller ses poches pour retrouver son portefeuille, il n'y était pas. « Ze vais aller aux toilettes vite fait... » dit-il en se levant, « Akamaru, sors, t'as pas le droit d'être ici. » Le chien se leva et sortit nonchalamment en reversant quelques chaises sur son passage tandis que son maître se dirigeait vers les toilettes sous le regard suspicieux du patron. Là-bas il inspecta les cabines jusqu'à en trouver une avec une fenêtre donnant sur la rue, qu'il l'escalada tant bien que mal pour prendre la fuite par une ruelle avant de rejoindre son compagnon…
Une fois rentré dans son studio, Kiba s'effondra sur une chaise. Vraiment, il se faisait pitié, déjà bourré et il n'était même pas encore midi. Il repensa à sa situation : parti trois ans plus tôt dans le cadre d'un échange avec la brigade canine de Suna, il était revenu au pays depuis trois semaines déjà et jusque là il avait réussi à éviter toutes les rencontres. Même sa sœur n'était pas au courant de son retour. Il faudrait bien qu'il se décide à se montrer un jour. Il partit se coucher, la tête pleine d'interrogations.
Ce fut le son de son portable qui le réveilla.
« Ouais ? »
« Kiba, mon gars sûr ! J'ai une affaire urgente pour toi ! »
« A 22h35 ? Sérieusement ? »
« Voyons, le justicier ne connaît pas le repos... » rétorqua la voix sur un ton mielleux.
« Tout de même... »
La voix se fit plus tranchante : « Écoute-moi, j'ai vraiment besoin de quelqu'un sur cette affaire et t'es le seul qui n'est pas occupé et qui n'a pas de famille, donc tu rappliques ! » IL raccrocha.
Kiba lâcha un soupir, il se leva et, le temps de prendre son arme et de siffler Akamaru, il se mit en chemin.
Le jeune inspecteur cligna des yeux avant de se les frotter énergiquement. « allez, plus que cinquante ! ». Tsunade l'avait pincé à son retour au commissariat et l'avait obligé à emporter son travail chez lui, et son bureau était à présent recouvert de contraventions à traiter. Shikamaru se remit à cligner des yeux, la fatigue commençait à prendre le dessus… Il fallait résister…
Un rayon de soleil se posa sur ses yeux le réveillant doucement. Il releva la tête de son bureau, encore un peu confus, avec une sensation bizarre sur la joue. Ce ne fut qu'en se rendant dans la salle de bain qu'il vit enfin la contravention encore collée à son visage « merde. » Il retourna rapidement vers son bureau : les PV baignaient dans une copieuse flaque de bave « merde ! ». La journée commençait vraiment mal.
Arrivé au commissariat, il s'installa dans son bureau, se faisant le plus petit possible pour ne pas éveiller l'attention.
« Shikamaru ? »
L'intéressé leva un regard paniqué sur Shizune, l'adjointe du commissaire.
« Oui ?.. »
« J'ai une affaire pour toi, tu pars tout de suite. »
« Hein ? »
« J'ai dit : j'ai une affaire pour toi. »
« Et les PV ? Tsunade ? »
« Elle est malade donc je la remplace. Bon, tu la veux ou pas cette affaire ? » Shizune resta perplexe face au visage inexpressif du Nara. Si il ne se secouait pas un peu plus il ne monterait jamais en grade, ce qui était dommage d'ailleurs. Elle tourna les talons, l'air exaspéré.
« Bon, si tu préfères vraiment les contraventions... »
« Ça va, je prends ! » le jeune inspecteur sauta de sa chaise et attrapa le dossier récapitulatif que lui tendait l'officier pour se diriger vers son véhicule de fonction.
