Shikamaru arrêta sa voiture juste devant l'attroupement de curieux qui s'étaient réunis devant le ruban de la police qui interdisait l'accès à une ruelle d'un quartier malfamé de Konoha. Une fois la barrière de gens passée, il s'avança en montrant bien sa plaque de policier. Par terre gisait une forme recouverte d'un drap, autour s'affairait une dizaine de personnes en tenue de la police scientifique. Le jeune inspecteur reconnut un peu en retrait un agent de la section scientifique.

« Alors Shino, on a quoi? »

« Salut Shika. Du pas très joli honnêtement... Un homme, à part ça on a pas grand chose pour le moment. »

« C'est jamais joli, pourquoi ça serait pire cette fois-ci? »

Shino se tourna vers le jeune inspecteur; malgré ses lunettes, Shikamaru perçut la dureté de son regard.

« Le pauvre type s'est fait écorcher, Shikamaru. Entièrement. »

« Quoi?! »

« Tu m'as bien compris. J'avais jamais vu ça... C'est vraiment moche à voir. Et tous ces rapaces de journalistes qui traînent avec leurs appareils photo, franchement c'est indécent. J'ai carrément dû faire boucler les immeubles pour éviter que les gens regardent, j'ai pas envie de créer une panique, ça ferait trop plaisir au malade qui a fait ça. »

Shikamaru commençait à regretter ses PV. Il tenta de se maîtriser.

« Tu disais qu'on avait pas grand chose? »

« Pas pour le moment, on sait juste que c'est un homme ; il a l'air relativement jeune aussi. Le meurtrier a pas laissé de trace évidente alors on passe tout au peigne fin. »

« Ils étaient peut-être même plusieurs, on en sait rien... »

« C'est possible. La brigade canine nous envoie un agent, on verra peut-être plus clair comme ça. Il devrait déjà être arrivé d'ailleurs. »

A ce moment-là Kiba garait son van à quelques rues de la scène du crime. Il avait eu une nuit éreintante, sept heures passées à retrouver le chat de la femme d'un proche du seigneur du Pays du Feu... son supérieur avait eu le culot d'appeler ça une affaire "urgente"... en plus il détestait les chats: aucune fiabilité, aucune fidélité...

Pour ne rien arranger, alors qu'il essayait de se reposer dans son van après cette recherche, son bureau lui avait communiqué une nouvelle affaire. C'était donc sans aucune motivation que le policier tatoué se rendait à présent sur les lieux de ladite affaire. Une fois descendu du van, son énorme compagnon marchait à ses côtés, bâillant à s'en décrocher la mâchoire.

Ce ne fut qu'à quelques mètres de la scène qu'il aperçut deux silhouettes familières : lui tournant le dos, la contour d'ananas de la coiffure de Shikamaru se tenait à côté de Shino qui avait retiré sa capuche, révélant sa coiffure en pétard. Alors qu'il réfléchissait sérieusement à rebrousser chemin - il aurait toujours pu se trouver une excuse – ce fut Akamaru qui le trahit, courant en aboyant vers les odeurs familières.

Shino se retourna au contact râpeux de la langue du chien qui lui frottait la main.

« Akamaru ?! Mais si tu es là... »

« C'est que son maître n'est pas loin. » compléta Shikamaru en posant son regard vers l'intéressé.

Kiba s'achemina vers ses anciens compagnons. Pourquoi une telle nervosité au fond ? Il se rendit compte qu'il grimaçait juste à temps pour afficher un sourire en arrivant à leur hauteur.

« Salut les anciens ! Ça faisait longtemps. »

« Tu peux le dire ! » répondit Shino en lui serrant vigoureusement la main, « je savais même pas que tu étais rentré ! »

« C'est vrai, personne n'était au courant. » reprit Shikamaru sur un ton plus calme.

Kiba gloussa nerveusement. « Ben, disons que ça fait pas très longtemps et puis j'ai été occupé tout le temps… D'ailleurs on est ici pour enquêter, non ? »

Le temps d'expliquer la situation à Kiba, Akamaru flairait déjà les alentours. Plus d'une demi-heure de recherches infructueuses plus tard, la pluie commença à tomber sur la scène de crime éloignant les curieux.

« Pas la peine de poursuivre » dit Shino, « ça va laver toutes les odeurs. Il vaut mieux que vous veniez demain aux bureaux de la scientifique pour travailler sur les preuves qu'on a prélevées. »

La pluie s'abattait toujours à l'extérieur du bar où les deux anciens camarades se fixaient autour d'une table. Ce silence gêné ne fut interrompu que par l'arrivée d'un serveur avec un café et une bière. Shikamaru en profita pour engager la conversation :

« Du coup t'es arrivé quand à Konoha ? »

« Ça fait à peu près deux semaines. Mais entre le déménagement et le boulot j'ai pas vraiment eu le temps de revoir du monde. »

Le ton lourd du tatoué n'échappa pas à Shikamaru qui tenta d'alléger le dialogue :

« Ok, et Suna c'était comment ? » Le regard de Kiba s'obscurcit.

« Moyen, j'ai eu un peu du mal à m'intégrer on va dire. Et puis tu sais, le climat là-bas, ça m'a pas trop convenu. »

« Ah ? Dommage, tu étais vraiment excité à l'idée de partir pourtant, non ? »

« C'est vrai. » Le jeune inspecteur sentait la réticence de son compagnon. « Mais bon, on a pas tout l'après-midi pour en parler non plus, » reprit-il en regardant par la baie vitrée du bar « et puis maintenant la page est tournée... »

Shikamaru le regardait sans parler, le visage de Kiba restait illisible. Il releva la tête, croisant son regard.

« J'ai un peu collaboré avec elle, tu sais? Elle était la plus gentille là-bas je dois dire... Elle a dû t'en parler, non? »

« Temari? »

Kiba acquiesça. Le Nara ne put retenir un soupir, détournant son regard à son tour.

« Non... Elle me calcule plus vraiment depuis un moment. Ça fait un bail… Elle te l'a pas dit ? »

Le regard de Kiba semblait vide.

« Non… Elle ne m'a pas trop parlé de toi je dois dire... »

« Tu m'étonnes. »

Kiba le toisait d'un regard interrogateur.

« On a eu des galères, et puis on bosse tout les deux beaucoup. Bref, on a pas tout l'aprèm comme tu disais. » Coupa le jeune inspecteur en se levant pour se diriger vers le comptoir.