Disclaimer : SNK ne m'appartient pas, œuf course. Probablement des spoilers si vous n'avez pas lu le manga. Z'êtes prévenus.
Rédigé dans le cadre de l'APDES, ce texte est le 2ème pas de la Croisade d'Erwin Smith. Il fallait choisir un trio de couleurs, et mon choix se porta sur Rubis, Saphir et Émeraude.
(lien sur mon profil et explications en PM si besoin)
Bonjour à tous !
Voici enfin le deuxième texte de ce recueil avec Dot Pixis ! J'aime bien Pixis.
Shimdrael, si tu passes par là, je dois t'avouer que j'ai beaucoup pensé à toi en écrivant ce texte car je connais ton affection douteuse pour cet homme.
Mais trêve de bavardages, je vous souhaite une bonne lecture !
(Et excusez les quelques coquilles s'il y en a.)
(Et encore merci Slavy pour ta review.)
.
Gemmalis
.
Saphir
x
« Dot, quand comptes-tu prendre ta retraite ? »
Dot Pixis s'adosse lourdement sur sa chaise et sort une flasque de sa veste. Une gorgée d'alcool après une longue séance de paperasse ennuyeuse lui devient presque un besoin vital. Surtout quand il se remémore sa conversation avec sa femme le matin même. C'est la première fois qu'elle lui pose cette question. Cosima Pixis (ou Coma pour les intimes, c'est-à-dire que lui) n'a pas besoin de poser des questions, ses petits yeux noisette sont vifs et elle préfère crier que questionner. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il s'était assez entiché d'elle pour l'épouser à l'époque. Parce qu'elle n'avait jamais essayé de prendre des pincettes avec lui. Et c'est toujours le cas aujourd'hui, les années passées ensemble et ses promotions au sein de l'armée n'ont jamais rien changé.
Il est peut-être le Commandant de trente-mille têtes au sein de la Garnison, ce qui fait de lui l'homme le plus puissant des Murs techniquement, mais une fois que ses pieds foulent le seuil de la maison, c'est elle qui tient les rênes. Et cela ne le dérange pas, il aime plus qu'il ne voudrait l'avouer cette poigne de fer habillée dans un gant de velours. (Il adore le velours, c'est une matière aussi douce que noble, et ça tient chaud.) Et il aime encore plus les hommes que sont devenus les petits qu'ils ont mis au monde. (Sans oublier la petite dernière, qui n'est plus vraiment petite et qui n'a besoin de personne pour se défendre, bien au contraire.) C'est grâce à elle, il le sait. Lui, il n'est pas beaucoup là avec l'armée. Juste assez pour faire des enfants et les voir grandir de loin.
La retraite, ce n'est pas la première fois qu'on lui en parle parce qu'il sait qu'il a plus d'années derrière que devant lui. Il pourrait la prendre, car il sait qu'il mènerait une vie de petit roi s'il le faisait (on lui a proposé plus d'une fois de passer dans le privé, des gros comtes qui se préoccupent plus de la sécurité de leurs petits-fours que de celle de l'humanité), mais cela signifie aussi rendre les armes.
Et c'est une idée qu'il ne peut concevoir.
Pas avec le Mur Maria tombé, et encore moins avec Trost anéantie.
Puis, il y a ces deux nouveaux commandants. Ils sont au poste depuis plusieurs années maintenant, mais face à lui ce sont encore des nouveaux. Et c'est encore plus intéressant quand il sait que ces deux hommes s'affrontant dans une espèce de guerre froide étaient amis autrefois.
Pixis a vu passer de nombreux commandants. Des bons, des moins bons, des mauvais, des plus mauvais. En général, être Commandant c'est surtout une envie de pouvoir. Lui-même, pense-t-il en observant le saphir qui orne son bolo, il aime le pouvoir. Il s'en délecte. L'idée d'avoir plus de trente-mille hommes à ses ordres l'enivre plus que le vin du duc le plus riche du coin. Cependant, il ne peut pas s'empêcher de se trouver différent, quelque part. Parce que c'est distrayant. Un divertissement morbide, il le sait, mais un divertissement quand même car il sait qu'en qu'à d'une nouvelle attaque, toutes les cartes seront entre ses mains. Peu importe combien Dawk peut être loyal à la couronne et peu importe à quel point Smith est intelligent et impitoyable, il ne l'est pas moins qu'eux et il a connu plus de champs de bataille qu'aucun homme ne peut imaginer.
Cela l'amuse presque, de voir que les soldats de son corps d'armée sont presque considérés comme des bonniches bonnes qu'à laver le mur ou les rues. C'est vrai, il n'y a pas le luxe ni l'opulence des Brigades Spéciales qui ont le plaisir et l'honneur de servir le Roi en espérant pouvoir se glisser sous son jupon un jour, ni la gloire ou le courage des Bataillons d'Exploration dont la folie ne pourra jamais être égalée parce qu'ils s'en vont par-delà les Murs pour découvrir une vérité qu'ils ne savent pas où trouver et qu'ils ne trouveront peut-être jamais. (Parce que seul peu de personnes connaissent l'existence de la clef autour du cou de ce garçon-titan qu'on appelle « sauveur » ou « monstre » en fonction de son humeur. Enfin, peu par rapport à la population toute entière, même si en soi beaucoup trop de personnes sont déjà au courant de cette clef.)
La Garnison n'a pas tout ça, certes, la Garnison est remplie d'hommes comme lui qui picolent pour oublier que les journée sont longues et ennuyantes en temps de paix.
Jusqu'à ce que la paix et l'ordre ne cessent pour laisser place à la guerre et au chaos.
Pixis, mieux que quiconque, sait qu'il n'y a pas besoin qu'un mur tombe pour que le chaos s'installe entre les Murs. Il le sait mieux que quiconque car il est le premier à taire les informations quand une mutinerie éclate quelque part entre les Murs parce qu'il n'y a plus à manger en plein hiver. Enfin, depuis que le Mur Maria est tombé, ce n'est plus qu'en pleine saison froide que la nourriture manque et ce malgré cette monstrueuse campagne de soi-disant reconquête des années plus tôt. Pour l'instant, rester dans l'ombre est nécessaire pour protéger l'humanité d'elle-même.
Pour l'instant, car quelque chose dans les deux yeux froids du Commandant Smith lui laisse penser que les choses changeront plus vite qu'on ne puisse l'imaginer...
Mais Pixis n'a plus le luxe de divaguer, Rheinberger entre dans son bureau pour réclamer les papiers dont il s'est occupé et lui en rapporte d'autre. Le moustachu s'enfonce davantage dans son siège en soupirant, cachant sa flasque par la même occasion car elle a tendance à vouloir limiter sa consommation d'alcool. Et c'est parfaitement criminel de le priver de ça, comme si on allait priver de gaz un soldat en pleine mission !
- Anka, ma jolie Anka, chantonne le Commandant, que dois-je donc faire pour que tu te décides enfin à imiter ma signature ?
La brune s'approche et dépose sans douceur une pile de papiers sur son bureau de bois verni.
- Commandant, vous êtes aussi censé lire tous ces rapports.
- Oh...
Le jeune femme retient visiblement un long soupir d'agacement qui le fait rire. Il l'observe, elle et son adorable derrière, sortir de la pièce alors qu'elle lui rappelle qu'il ne doit pas laisser traîner ses devoirs administratifs et la porte se referme.
Bien sûr qu'il lit chaque rapport avec une méticulosité qui lui est propre (et relative, selon Coma). Parce qu'après tout, ce sont ses hommes, et il aime savoir ce qu'ils font. Même si ce n'est pas toujours intéressant.
(Ça l'est rarement en fait, pour la plupart. Même si ça l'est plus qu'avant la chute, où là il s'endormait sur son bureau et rendait certaines feuilles avec une trace de bave visible. Ce n'était pas très professionnel mais savoir que machin avait passé l'après-midi à jouer aux cartes avec truc et bidule avant de prendre une pause pour aller aux chiottes, ce n'était pas tellement ce qu'il demandait.)
Mais c'est son travail pour le moment, ça et faire semblant de perdre aux échecs face à ces aristocrates imbus d'eux-mêmes, et il s'en contente. Il s'en contente parce que même si cela semble être ingrat.
Parce que sur cet échiquier géant qu'est l'enceinte des Murs, quand les pièces commenceront réellement à bouger, Dot Pixis sait qu'on se tournera vers lui. Lui et ses trente-mille soldats. Lui et tout ce qu'implique le saphir poli qui orne le bolo qu'il porte autour du coup avec fierté.
Car après tout, il est le seul commandant, et le seul homme en dehors du Roi, à avoir les pleins pouvoirs en cas de défense. (Et ce n'est certainement pas le Roi qui se précipitera sur le front comme lui-même s'était précipité à Trost.)
Et il est déjà prêt pour tout ça.
.
Le soir, quand il rentre enfin, Coma est assise dans la cuisine avec une tisane en attendant son retour. Elle lui demande simplement comment s'est passée sa journée et ne lui parle plus de retraite.
x
.
Merci d'avoir lu, j'espère que ce court texte vous aura plu.
Bien sûr, la femme de Pixis n'est jamais abordée dans le manga ou l'animé : on sait juste qu'il est marié avec des enfants, tout le reste vient de mon imagination sordide, même cette blague douteuse concernant son nom. (En anglais, dot c'est le point et coma la virgule. Et Cosima est un nom qui existe réellement. Et je dois remercier Grise pour ça.)
Émeraude est déjà en cours de rédaction mais je ne sais pas quand il arrivera.
(Et pour ceux qui attendent Survey Corporation, Inc., je suis désolée d'avoir autant de retard mais non cette histoire est loin d'être abandonnée.)
