Heyo ! Bienvenue à tous ceux qui commencent à lire cette fiction, j'ai un grand plaisir à vous recevoir c: Pour ceux qui traînent sur plusieurs sites de fictions, je suis le même ssjaby que sur fanfic-fr ou que sur wattpad (et oui, je suis partout), et cette histoire est la même sur les trois sites ! Je les publie juste un peu partout car j'en suis assez fier et que je veux la partager avec le plus de monde possible.
En tout cas, j'espère que vous ne serez pas déçus et que cette fic vous emmènera un peu dans mon monde !
Je suis ouvert à toute critique, positive comme négative, alors n'hésitez pas.. Bonne lecture !
- Ch-Chanyeol.. ? Qu'est-ce que tu f-fais ?
- Je ne fais que mon devoir..
Le grand brun fixait Baekhyun du regard, continuant d'aiguiser sa lame. Un sourire malsain était plaqué sur son visage, la clarté obscure de la nuit l'illuminant, se reflétant dans ses yeux qui transperçaient l'âme de Baekhyun et s'y infiltraient, prenant possession de son corps et détruisant chaque innocente cellule de sa victime. Par terre, Baekhyun rampait comme il pouvait, tentant d'échapper à cette dure réalité. Les larmes embuaient sa vue, ses forces le quittaient et il se sentait impuissant, il était pris au piège, et l'avait été dès le début. Lorsqu'il retourna la tête vers son agresseur, il l'aperçut bien trop près qu'il n'aurait dû l'être : accroupi, juste au-dessus de lui, son large poignard menaçant sa nuque.
- Dis-moi, Baekhyun.. A ton avis, pourquoi suis-je obligé d'en arriver là ?
Tremblotant, apeuré, le plus petit ne trouva pas la force de répondre. Il était perdu, ses yeux fuyaient de droite à gauche ; il cherchait une quelconque aide qu'il savait impossible. Seulement de grands bâtiments, calmes et immobiles, qui semblaient flotter dans le calme de cette nuit hivernale.
- Pourquoi tu ne réponds pas ? Tu sais, j'ai attendu ce moment avec tellement d'impatience..
Une vitre sembla se briser au loin, et l'on entendit un hurlement féminin. Baekhyun gémit de peur avant de retourner son visage vers celui de la personne qui le surplombait. Le sang affluait dans ses veines, la peur le conduisant rapidement de son cœur à son cerveau. Ce rythme s'accélérait et tâchait de rouge l'innocence et la pureté du jeune homme.
- J'ai bien aimé t'utiliser toutes ces années.. C'était assez plaisant.
Les larmes qui s'accumulaient sur ses joues se mirent alors à couler. Il était perdu, il était fatigué, il était détruit. Rien ne semblait réel, tout sonnait trop faux à ses oreilles. Il n'aurait voulu ne jamais devoir assister à ce spectacle.. Et encore moins en être l'acteur principal.
Le sourire de l'agresseur s'étira, et une étincelle traversa ses yeux. Il releva sa lame et planta un coup sec, la neige de cette douce nuit s'imbibant peu à peu du délicieux nectar que l'agresseur lui avait offert.
En un hurlement sanglotant, Baekhyun se réveilla violemment. Ses mains pressèrent son crâne avant qu'il ne réalise ce qui venait de se dérouler. Dégoûté de ce que son cerveau osait lui faire subir, il se roula en boule et continua de pleurer, ses larmes se déversant sur ses joues et sur le matelas encore frais d'une nuit incomplète. Ses sanglots se perdaient, ses mains s'accrochaient désespérément au drap qui l'avait couvert, et sa tête était sur le point d'exploser.
Haine, dégoût, effroi, peur, comment résister à toute cette horreur quand ils nous menacent quotidiennement ?
Baekhyun lâcha un nouveau cri, de désespoir, un appel à l'aide, ou presque un appel à la Mort, afin que toute cette destruction s'achève.
Une grande main chaude se posa sur son épaule alors qu'il continuait de sangloter pathétiquement. Il sursauta, et toutes les images du rêve lui revinrent à l'esprit.
- Chanyeol..
Ses sanglots se perdaient et sonnaient faux, une symphonie faussée qui s'échouait lamentablement dans les tympans du grand brun. Pourtant, il continuait de les écouter, au moins de les supporter, avec l'idée de les calmer. Transformer cette cacophonie en la délicieuse harmonie que produisait naturellement la voix de Baekhyun.
Alors Chanyeol attrapa le corps frêle du jeune homme à ses côtés et l'approcha du sien, le tirant désespérément vers sa chaleur rassurante et protectrice, vers le cocon que le couple avait forgé ensemble ces derniers mois. Ce cocon, bien trop confortable pour que Baekhyun se perde dans ses cauchemars, calma ses pleurs et apaisa son esprit. Lentement, il écarta ses genoux de son torse, écarta les bras et s'ouvrit à son compagnon. Et un contact, ce lien fusionnel qui les unit et qui leur laisse leur monde, leur raison de rester ici alors que plus rien ne va.
L'amour.
Et Baekhyun s'accroche désespérément au corps de Chanyeol ces images erronées doivent disparaître de son esprit : mais elles le hantent et s'amusent de l'effet qu'elles produisent sur son état. Et pourtant, à l'extérieur, Chanyeol estompe ces pensées malfaisantes en le ramenant à la réalité : une réalité où leur opposition a disparu depuis un certain temps.
La sombre symphonie qui cognait l'ouïe du grand brun s'était tue, laissant place à un agréable silence. Désormais, il fallait que cette symphonie revienne, couverte sous un voile doré.
« We all shall lead more happy lives
By getting rid of brats and wives »
La voix estompée et à peine éveillée du grand brun prit possession de la salle, couvrant timidement celle du silence qui s'enfuit progressivement. A l'entente de cette douce mélodie, Baekhyun rejoignit les notes de Chanyeol pour s'y accorder, et faire renaître la parfaite harmonie que le cadet recherchait :
« That scolds and bawls both night and day
Over the hills and far away
Over the hills and o'er the main
To Flanders, Portugal and Spain
Queen Anne commands and we'll obey
Over the hills and far away »
( Song : watch?v=dpmGoPGFJq0 )
Le couple se réveilla une seconde fois, frappé par l'éclatante lumière qui pénétrait la pièce. Un air presque serein se lisait sur leurs visages mais chacun ne pouvait l'être. Alors Baekhyun s'appuya sur ses coudes meurtris et déposa un baiser sur les lèvres de Chanyeol. Une simple pression qui signifiait tant. Une simple pression qui leur offrait, l'espace d'un instant, l'arrogance de ressentir ce que les gens appellent :
Le bonheur.
Baekhyun porta difficilement sa tasse de café à ses lèvres. Face à lui grognait Chanyeol, qui se battait avec la radio qui était en panne.
- Jamais cette merde ne va fonctionner à nouveau, c'est pas possible. Raaah.
Baekhyun sourit niaisement avant de sentir une nouvelle pulsation lui envahir le crâne. Ces pulsations douloureuses qui ne s'étaient pas calmées depuis le mauvais rêve.
- En plus, j'ai rêvé que je réussissais à la réparer cette nuit ! Si seulement j'étais comme toi.. J'aurais vraiment réussi à la réparer une fois dans le monde réel.
Et le sourire de Baekhyun se décomposa. Il ne fallait pas que son rêve fasse partie de ceux-ci.
- D'ailleurs, t'as rêvé de quoi cette nuit ? – reprit le plus grand en trifouillant l'intérieur de la machine qui agonisait muettement sur la table.
Baekhyun déglutit. Il avait fait de nombreux rêves, autant ne pas évoquer celui-ci.
- Eh bien.. J'ai rêvé que je sauvais un mendiant des soldats. Puis que j'allais me promener près d'un lac.. Et que dans ce lac.. Un animal se débattait à moins qu'il ne nageait simplement.
- Alors pourquoi tu t'es réveillé dans cet état, tout à l'heure ?
Chanyeol avait délaissé l'objet, ouvert en deux : il arborait une mine sérieuse. Ses deux orbes noirs se plantaient dans ceux de Baekhyun ils étaient accusateurs.
- Oh.. Ca.. Je..
Baek, comprends que ça m'inquiète.
- Je.. J'ai rêvé qu'on essayait de me tuer.
- « On » ?
- Ou-oui.. L'homme avait une tête que je ne connaissais pas.
- Hm.. D'autres éléments ?
Baekhyun détourna le regard vers la fenêtre : il lui sembla qu'il ressentait violemment la froideur oppressante de ces journées hivernales qui défilaient infiniment. Les flocons volaient et se détachaient de la ville : ils traversaient les rues innocemment, relevés de temps à autre par un souffle glacial surplombaient la ville et pouvaient y échapper à leur guise, simplement emportés par le vent. La terre les rejetait à chaque fois qu'ils osaient la frôler, et ainsi leur ballade sans fin reprenait son cours. Ces flacons traversaient le temps, l'espace ils se détachaient de cette réalité incrédule. Et ainsi, surplombant le globule terrestre, ces flocons provoquaient ouvertement le fléau omniprésent.
- Baekhyun.. ?
Il reporta son regard vers sa tasse fumante et en but une gorgée.
- Oui. Il neigeait.
- O-Oh..
- Ca ne veut rien dire, Chanyeol. Cette neige peut être celle de l'année prochaine. Celle de dizaines d'années prochaines. Ou même simplement celle d'un rêve.
- Oui.. Tu as sûrement raison.
Chanyeol rabaissa ses yeux vers son patient et attrapa un outil en fronçant les sourcils.
- Cette radio aura raison de toi, non ?
- Jamais.
Baekhyun rit doucement. Si seulement ces moments pouvaient être éternels. Ils transcendaient le temps, et laissaient une part de joie dans leur vie. Une part d'espoir, une goutte de bonheur, et un zeste de banalité : la recette de l'amour et de la survie façon Baekyeol.
Baekhyun se leva et baisa tendrement le front de Chanyeol.
- A ce soir, mon cœur.
Ses jambes le dirigèrent droit à la porte, qu'il ouvrit de ses mains hésitantes. Il ne voulait pas partir, il voulait que cet instant de joie reste infini.. Il aurait aimé rester, et mourir de bonheur dans les bras de la personne qui inondait sa vie. Eau trouble, entre le Nil et l'Achéron, tiré vers le haut par la réalité et vers le bas par la pauvreté infantile des rêves de Baekhyun.
- Je t'aime.
Baekhyun frissonna lorsque ces mots caressèrent ses tympans. Il pouvait partir en paix.
Le chemin fut banal et répétitif pourquoi changer un trajet journalier ? Il n'avait rien d'intéressant. Il n'y avait rien à en tirer, de cette virée quotidienne, si ce n'est de quoi survivre chaque jour.
Les pieds de Baekhyun craquaient dans l'épaisse couche blanche à ses pieds. Chacun de ses pas produisait un son identique, qui s'acharnait et résonnait à l'intérieur de son oreille, se répercutant contre veines et parois osseuses. Cette foutue douleur qui ne partait pas.
- Excusez-moi ?
Baekhyun détourna son regard vers la voix déchirée qui l'avait interpellé. Il ouvrit la bouche.
- Ne dites-rien. Approchez.
Un vieil homme, cheveux longs et blancs, barbe proéminente et sourcils bagarreurs, était assis contre un mur. Devant lui se tenait pitoyablement un cylindre en carton, qui n'était rempli que de neige. A sa droite, une simple pancarte. Elle affichait « Aveugle de naissance ».
Baekhyun exécuta l'ordre du vieil aveugle et viola son trajet habituellement monotone : il s'assit en face de l'homme et se tut. Une main tremblante et tâchée de traces brunes s'avança vers lui. Elle s'arrêta à mi-chemin, paume vers le ciel. Baekhyun, curieux et fasciné par cet être qui lui semblait presque mystique, déposa sa main dans la sienne et attendit.
- Bonjour.. Jeune homme.
Baekhyun sourit légèrement. Cet homme intriguant..
- Un.. asiatique ? C'est pourtant rare.
Ses pupilles colorées du même ton que sa chevelure nageaient dans le vide.
- Parlez-donc, je ne suis pas devin.
- En tout cas, presque.
Le vieux sage inclina légèrement sa tête en remerciement.
- Nombreux sont ceux qui m'ignorent.
- Vous êtes de passage ? Je ne vous ai jamais vu avant.
- Je cherche surtout à fuir la menace. Mais peu importe où je vais, je la ressens, elle est omniprésente cette oppression malfaisante.
- Êtes-vous un de ces ermites ?
- Oh non mon jeune homme, je ne suis qu'un vieil homme dépourvu d'argent et de vue.
- Je.. Attendez.
Baekhyun relâcha finalement la main du vieil homme afin d'aller fouiller dans sa poche. Il en ressortit un marqueur noir et attrapa la pancarte.
- Cette phrase ne vous représente pas assez. Vous êtes bien plus qu'un simple mendiant.
- Oh ?
Le vieil homme entendait le bout du feutre glisser contre son morceau de carton.
- Dites-moi.. Avez-vous de la famille, ici ou ailleurs ?
Le marqueur arrêta sa danse face à ces mots pourtant innocents.
- Et bien.. Mon frère est au front. Il va bien. Je le sais, je le sens. Et.. Mes parents sont restés en Corée.
Baekhyun ravala sa salive, qui dériva difficilement dans sa gorge resserrée.
- Toutes mes excuses.
- Il.. Il n'y a pas de mal.
Baekhyun acheva d'écrire et reposa la pancarte aux côté de sage. Il énonça :
« Le printemps va venir, je ne le verrai pas. »
Le vieil homme inclina la tête et Baekhyun se leva.
Demain, si vous êtes toujours présent, je vous ramènerai de l'argent et une couverture. Tâchez de trouver un endroit à l'abri de toute cette neige, je ne voudrais pas que vous tombiez malade.
- Jeune homme, vous êtes quelqu'un de bon. Je resterai dans cette ville pour vous et je prierai tout le jour le Ciel afin qu'il vous protège.
- Au revoir.
- Bonne journée.
Et c'est dans cet état d'esprit, à la fois intrigué, confus, désordonné et perdu que Baekhyun reprit sa route vers l'usine d'armement.
Cette lutte quotidienne, qu'il vivait aux côtés de ses collègues, qu'on pouvait appeler camarades mais qui n'étaient pas pour autant très ouverts. Chacun grommelait dans son coin, effectuant son action répétitive à longueur de journée : ce travail à la chaîne venait d'Amérique, disait-on.
Et cette lutte quotidienne, c'était la lutte intérieure de Baekhyun, sa façon de participer au chaos infernal où était parti son frère. C'était sa façon de lutter contre le Mal : il aidait le Bien à vaincre en travaillant dans une usine d'armement afin que les troupes soient mieux équipées et ravitaillées.
Et sa journée, d'habitude vide de sens et monotone, avait été bouleversée par le vieux sage qu'il avait rencontré. Ses parents lui manquaient atrocement. Son frère aussi.
Mais il n'oubliait pas la raison pour laquelle il était ici.
Un coup de feu sortit violemment Baekhyun de son sommeil paradoxal. Il se tourna vers Chanyeol pour y trouver quelconque réconfort : mais il n'était pas là. Baekhyun, triste, perturbé, intrigué décida de sortir marcher pour se changer les idées.
Les lampadaires démenés éclairaient faiblement l'allée dans laquelle marchait le jeune homme. Les mains plaquées dans les poches, la crainte sur le visage, Baekhyun dévalait lentement les allées de Paris, entre neige, mendiants et morts. Il voulait trouver un endroit où il serait seul où il ne sentirait plus toute cette oppression permanente. Mais il n'y arrivait pas, il semblait prisonnier de l'infinité de la race humaine qui emplissait terre et ciel sans répit.
Baekhyun resserra ses poings et bifurqua dans l' « Allée de la Mare ». Les murs étaient étroits, tellement étroits que Baekhyun était enfin seul. La lumière le quittait faiblement, restant à l'entrée de la rue, et Baekhyun avançait avec assurance, finalement rassuré de sa solitude.
La rue était longue, infinie, elle restait droite et le guidait vers une source de lumière qui apparaissait progressivement. Les murs se resserraient autour de lui, l'oppression disparue de la solitude reprenait place : quand ce n'était pas les Hommes qui le gênaient, c'était leurs créations. Et l'énorme ruelle était passée de couloir à passage secret, car pour finalement en ressortir, Baekhyun dut se placer de profil.
Et il était sorti. Il était devant un lac. Seul. Création de la nature, solitude. Plus rien ne l'oppressait.
Il s'avança vers un banc et s'assit, laissant dériver ses idées mélancoliques à la suite de la famille de canards qui nageait paisiblement. Mais, soudainement, les oiseaux s'envolèrent.
Une ombre fit son apparition de l'autre côté du lac mais il était bien trop loin pour être reconnu. Et un lampadaire sembla entrer en surcharge, éclairant davantage cette ombre imperceptible.
Baekhyun se releva et plissa les yeux : il distinguait deux hommes, et l'un tenait une masse, sûrement un grand sac sur son épaule. Mais ce sac se débattait. Alors, l'homme jeta la masse à l'eau. Un bruit de plongeon résonna désespérément dans la boîte crânienne de Baekhyun, un appel à l'aide.. inutile.
Des cris, des hurlements. Une femme se débattait dans l'eau deux hommes partirent. Et Baekhyun observait la scène dont il avait rêvé la nuit précédente. L'animal que représente la race humaine.
Puis, après quelque temps, le silence reprit place. Baekhyun ne voulait qu'une chose : oublier. Il devait retourner auprès de Chanyeol, il devait oublier.
- Mon dieu Baekhyun, t'étais où ?!
Il déposa sa veste glacée sur une chaise et traîna tristement des pieds en direction de Chanyeol.
- L'animal de cette nuit.. C'était une femme.
Et il se laissa tomber dans les bras du plus grand, qui l'accueillit en une étreinte réconfortante.
- Allons dormir.. D'accord ? Ca ira mieux demain.
Baekhyun hocha la tête et suivit son homme en direction de leur lit. Il s'y allongea, se blottit dans les bras de Chanyeol et se laissa aller à de nouvelles horreurs, à ce monde cauchemardesque qui prenait place dans sa tête la nuit.
Ses rêves qui, la plupart du temps, devenaient réalité.
