Bonjour chers lecteurs ! Voici le cinquième chapitre de Morsure de requin. Ce chapitre-là a été écrit pendant mes vacances en Ethiopie où internet buggait à mort aussi :(
Peut-être en sera-t-il meilleur qui sait ? Il parle du passé de Mako donc si vous voulez capter ce qui va se passer dans le prochain chapitre je vous conseille de pas le zapper :p
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 5 : Les douleurs du passé
Voici mon histoire ou plutôt mon passé. Avant de rencontrer les Pirates du Soleil, j'étais complètement différente. Je n'ai pas toujours été la gentille Mako qui s'entend bien avec les hommes-poissons. Il m'a fallu du temps pour devenir la Mako que vous connaissez mais commençons par le tout début.
Je gardais très peu de souvenirs de mon enfance et si je réfléchis bien, je n'en ai pas eu. Mes parents ne voulaient pas de moi car je n'étais pas la jeune fille polie et bien élevée qu'ils voulaient que je sois. Nous vivions sur une petite île automnale du nom de Lorca. Voilà pourquoi cette saison est ma préférée. Je partais souvent me balader dans la forêt juste pour entendre le délicieux craquement des feuilles mortes sous mes pas. Je savais bien que j'étais la honte de ma famille car je refusais d'étudier ou de me comporter comme les autres enfants mais ça m'était égal. Résultat, j'étais rejetée. Mes parents ont attendu mes dix ans pour me jeter dehors, un jour de pluie.
Les nuages assombrissaient le ciel, s'accordant parfaitement à mon humeur. Une petite larme coula sur ma joue tandis que je me laissais retomber lamentablement contre la porte du bâtiment qui fut autrefois ma maison. C'est vrai, je n'avais pas été une bonne fille mais je ne voulais pas non plus finir comme ça… Le froid engourdissait mes muscles et petit à petit je sombrai dans le sommeil. Une lumière intense me força à ouvrir les yeux, le soleil s'était levé. J'étais toujours assise devant cette vieille porte mais je savais bien qu'elle ne s'ouvrirait pas, pas pour moi… Dans ma tête, je me disais que de toute façon je pouvais me débrouiller sans eux mais je savais bien qu'une enfant de mon âge n'avait aucun pouvoir dans ce vaste monde.
Je passai mon temps à traîner dans les quartiers en quête de nourriture ou de choses à voler, à me battre avec les autres enfants des rues et à dormir dehors, la faim au ventre. Je ne pensais pas que ça changerait un jour, je m'étais habituée à cette vie misérable. Je passais près du marché et m'arrêta devant un stand. C'était un vieil homme avec un visage ridé, des cheveux, une moustache et une longue barbe blanchis par l'âge qui tenait ce stand de ramens. Mon estomac me fit vite comprendre que je ne lui avais rien donné depuis trop longtemps. Discrètement je passai dans le dos du vieillard et emporta un gros bol de ramens avec moi. Une main attrapa ma robe recousue de partout alors que j'allais m'enfuir et je tressaillis.
-Hey petite voleuse ! Tu as faim ?
La voix du vieil homme était rauque et il toussotait beaucoup. J'hésitais à lui répondre. Cela faisait longtemps que je ne pouvais plus compter sur personne. Ne plus faire confiance à qui que ce soit était devenue ma règle d'or.
-…Oui.
Il lissa sa longue barbe avec ses doigts, comme s'il réfléchissait.
-Pas de famille hein… Viens avec moi ma petite.
-Non, laisse-moi !
Je partis en courant. Sans m'en rendre compte, chaque jour, mes pas me menaient vers ce stand. Il me donnait toujours un bol de ramens et insistait pour m'emmener avec lui. J'avais toujours refusé mais je me dis que c'était peut-être le moment de changer, il m'offrait une nouvelle vie. A la fin de la journée, il s'en allait vers la forêt orange. Par curiosité je suivis l'inconnu. Il me fit traverser une petite forêt et je retrouvais enfin le plaisir de marcher les feuilles mortes. Mon cœur se réchauffa en entendant ce petit craquement, subtil et fort à la fois. L'habitat du vieillard était une petite maison de bois, perdue au milieu de la forêt. L'intérieur était simple : deux lits, une table pour manger, une cuisine et une salle de bain. Pas glorieux mais désormais ce sera ma maison.
Papy Kay s'occupait de moi comme si j'étais sa fille, j'appréciais mais j'avais l'impression de ne pas mériter tant d'attention de sa part. J'avais grandi, je n'étais plus une petite fille énergique mais une adolescente responsable maintenant. Désormais le vieillard n'avait plus la force pour s'occuper du stand donc c'était moi qui m'en chargeais le matin. Sa santé se dégradait et je ne pouvais rien y faire. Personne ne venait nous voir au milieu de cette forêt mais cette nuit quelqu'un toqua à la porte. Méfiante, je réveillai le vieux qui fronça les sourcils. Il prit son fusil et ouvrit la porte. C'était un homme aussi vieux que mon protecteur. Ses vêtements étaient un peu usés, il portait un grand sac de voyageur et s'aidait à l'aide d'une canne. Après lui avoir serré la main, Kay se retourna vers moi en souriant.
-Je te présente Gérald, c'est un vieil ami. Il revient d'un long voyage, va donc lui préparer une soupe Mako.
-Enchanté, je suis Mako, chuchotai-je en direction du voyageur.
Après avoir fini la soupe que je lui avais préparée, monsieur Gérald commença une grande discussion avec le papy Kay et je m'assis à la table avec eux pour ne pas en perdre une miette.
-Oh tu as adopté une jeune fille ? Elle est adorable. Tu sais que je reviens d'un long voyage Kay… Hey bien figure-toi que je t'ai rapporté un petit cadeau.
-Un cadeau ? Ce n'était pas la peine.
-Je te dois bien ça ! Tiens. Je l'ai trouvé à South Blue.
Il sortis de son gros sac en toile beige une boîte noire avec une serrure dorée et une clé de même couleur. La boîte s'ouvrit. A l'intérieur se trouvait un fruit ou… Non, ça ne ressemblait pas à un fruit. La chose était sombre, mélange de violet, de noir et de gris avec des motifs en spirales très complexes. Je pouvais aussi observer quelques rayures dorées, très fines. Une telle chose ne pouvait être qu'un fruit du démon, papy Kay m'en avait déjà parlé ainsi que de la malédiction qui frappe celui qui le mange. On ne pouvait pas vraiment appeler ça un cadeau mais bon, chacun son point de vue.
-Gérald… Je suis trop vieux pour ça. Garde-le mon ami.
-Tu as des problèmes d'argent, hein ? Je le sais… C'est le fruit de la manipulation, le Sosa Sosa no Mi. Avec ça, tu n'aurais plus à t'inquiéter Kay. Il peut te donner absolument tout ce que tu désires.
-Je veux bien le prendre mais ce genre de chose n'apporte rien de bon. Merci de t'inquiéter pour moi mais ce n'est vraiment pas la peine.
-Bien, dans ce cas je te dis au revoir mon vieux, j'ai encore de longs voyages à faire ! Tu sais bien que je ne tiens pas en place ahaha !
Il donna une petite tape dans le dos de papy Kay et sortit de la maison en bois. Il était plutôt énergique pour un vieillard je trouve.
-Papy, pourquoi tu ne veux pas de ce fruit ? Il pourrait t'aider…
-Je lui ai dis non pour toi Mako… Gérald ne m'a pas tout dit à propos de cette horreur mais je connais pas mal de fruits du démon et celui-là fait partie des pires selon moi.
-Monsieur Gérald a dit qu'il pouvait nous donner tout ce qu'on veut… n'est-ce pas une bonne chose ?
-Tu comprendras quand tu seras plus grande… A ce propos, tu vas avoir seize ans et j'imagine que tu ne comptes pas passer ta vie avec un vieillard comme moi. Ne voudrais-tu pas explorer le monde ?
J'écarquillai les yeux. Je n'avais jamais pensé à partir d'ici même si mon souhait le plus cher était de quitter cette île qui ne m'avait jamais rien donné de bon.
-Explorer le monde… Je ne suis pas trop sûre.
-Ne me mens pas Mako, je te connais bien. Tous les jours tu vas regarder la mer pendant des heures avant d'aller dormir et les jours de pluie je te vois traîner devant une vieille maison du village. Rester ici te fais du mal, demain tu partiras.
En effet, il arrivait souvent que mes pas me mènent vers la plage le soir et les jours de pluie continuaient à me briser le cœur, à m'emprisonner dans le passé. Le vieux n'avait pas tort, il était temps pour moi de changer mon avenir.
Le lendemain, ma valise était prête. Papy Kay m'attendait devant la cheminée, il tenait la boîte contenant le fruit du démon dans ses mains tremblantes. La nostalgie et la tristesse emplissaient ses yeux sombres.
-Te voilà ma petite… J'aimerais que tu le prennes avec toi.
Il me tendit la boîte ainsi que la clé. Je les pris sans savoir pourquoi. Je n'avais pas besoin d'une malédiction ni d'un quelconque pouvoir.
-Le fruit ? Mais pourquoi ? Tu as dit toi-même que c'était mal…
-C'est exact. Mako, écoute bien : une jeune fille de ton âge a peu de chance de survivre seule dans un monde qu'elle ne connaît pas. Toutefois, ce fruit te sera bien utile et peut te sauver la vie mais je t'interdis d'en abuser. Il peut faire bien des choses mais en contrepartie Mako, si tu en abuses, tu ne pourras pas avoir d'amis, ni de famille, tu seras seule… Comprends-tu cela ma petite ?
-J-je crois… Adieu papy Kay.
J'avais menti, je ne comprenais pas. J'avais déjà pas mal d'idées de ce que je pourrais faire de ce fruit mais je le mangerais seulement quand j'aurais seize ans. En attendant, je l'avais enterré. Ma nouvelle maison se trouvait à West Blue, dans un petit village d'agriculteurs. Une vieille femme m'hébergea, elle me faisait penser à Kay. Je regrettais de l'avoir quitté alors qu'il était à deux doigts de mourir.
Le jour de mon anniversaire, je me rendis dans le potager pour déterrer la boîte. Je ne pouvais pas laisser quelqu'un d'autre avoir ce fruit, il me le fallait. La main tremblante, je pris la clé dorée dans la poche de mon jean et ouvris la boîte. Le fruit y était toujours, répandant cette aura sombre autour de lui. Un frisson me parcourut. J'avais l'impression de faire quelque chose de mal mais tant pis, personne ne m'en empêcherait.
Déterminée, je dévora le fruit du démon malgré son goût tout bonnement infect. Je m'essuyai la bouche du revers de la main. Un petit détail me surprise, je pensais me sentir différente après ça mais rien n'avait changé. Enfin, ça c'était ce que je croyais. Depuis cet événement, plus personne ne me disait non et je me faisais peur, mes yeux avaient changés... De temps en temps, ils prenaient la même couleur que le fruit, du violet, du noir et du doré. Je pense qu'ils prennent cette couleur-là quand je me sers du fruit, quand quelqu'un est sous mon emprise. C'était joli mais effrayant, ça n'avait rien d'humain.
Au départ je voulais croire que ce n'était qu'une blague mais voilà de quoi était capable le Sosa Sosa no Mi. Il m'avait rendu mauvaise et je n'y pouvais rien, je ne pouvais que me soumettre à son pouvoir. Le fruit me contrôlait, j'ai détruit la vie de tous les agriculteurs de cette île, les forçant à se détester, s'entre-tuer. Et pourtant je n'avais aucun remords, j'étais devenue une meurtrière. La Marine ne tarda pas à me coller une prime de vingt millions ainsi que le surnom de La Manipulatrice. Fière de moi, je continuai ce massacre dans d'autres villages. Personne ne se dressait contre moi. Depuis tout ce temps, je pensais que Kay était mort mais je me trompais. Il m'envoya une lettre le jour de mes dix-sept ans…
Bonjour Mako,
J'aurais aimé te souhaiter un joyeux anniversaire mais non, tu ne le mérites plus. Je veux tout d'abord m'excuser. Je n'aurais jamais dû te donner ce fruit, tu étais trop jeune pour comprendre ce qu'un tel pouvoir représentait. Je ne vais pas tarder à mourir, mes dernières pensées seront pour toi Mako. Je t'ai toujours considérée comme ma propre fille alors s'il te plaît, arrête ce massacre avant qu'il ne soit trop tard. Tu n'es pas un monstre et je continuerai à croire en toi. Trouve des amis et sois heureuse, la mort n'attend pas.
Des petites taches rondes étaient présentent sur le papier blanc. Kay avait pleuré en m'écrivant cela, il était désespéré. Il avait raison, j'avais changée et je le savais mais peu importe. J'avais enfin le pouvoir de faire ce que je voulais et même lui ne m'arrêterait pas, personne ne m'arrêterait car j'en ai décidé ainsi. Ma détermination m'a poussée à emprisonner un village semblable à celui où j'ai grandis. Tout le monde m'obéissait et ceux qui tentaient de se révolter mourraient. C'était ainsi et pas autrement, l'île m'appartenait.
Quelques temps plus tard, on m'apprit que Kay s'était suicidé. A cause de moi. J'ai refusé de changer alors il a voulu me montrer à quoi menait un tel pouvoir. La mort. Maintenant je comprends ce qu'il voulait me dire, ce fruit du démon me donnera tout ce que je désire mais jamais je n'aurais de véritables amis. J'étais triste et pourtant les larmes ne voulaient pas couler. Une sorcière qui a perdu toute trace de sentiment ou de sensibilité, voilà ce que j'étais. Peu importe à quel point mon cœur était brisé, j'étais allé trop loin pour arrêter.
Beaucoup de pirates ont tentés de récupérer l'île sous mon emprise mais personne ne réussissait face à moi, mon pouvoir était trop fort pour eux, jusqu'à ce jour en tout cas… Les New Days Pirates venaient d'accoster dans la baie. Je me disais que ce n'était que des nouveaux esclaves à mon service mais j'avais tort. Leur capitaine, Jass Lockser, réussit à me vaincre.
Ma première défaite, j'en garde un goût amer mais je suis satisfaite. J'étais heureuse, il m'avait délivrée de ce pouvoir qui m'obsédait. Je jurai que plus jamais un tel massacre ne se reproduira car c'est à cause de cela que papy Kay n'était plus de ce monde. Jass me demanda de rejoindre son équipage car il avait reconnu ma force et bien que méfiante, j'acceptai. On ne m'avait pas donné un très bel accueil mais je ne m'en plaignis pas.
Le seul que j'appréciais un minimum dans cette bande de brutes était le mécanicien, un homme musclé à la peau basanée et aux cheveux blonds foncés. Ses yeux étaient aussi bleus que les miens. Il n'avait jamais voulu me dire son nom en prétendant qu'il n'en avait pas alors je l'appelais mécano-san. Il avait beau être bizarre, c'était un type sympa. Même après avoir vu ce dont j'étais capable l'équipage ne me respectait pas car il savait que sans mes pouvoirs de manipulation je restais une simple femme.
Au début, je les laissais faire, je ne voulais pas leur faire de mal sous le regard de Jass. Mais dès qu'il avait le dos tourné, je ne me gênais pas pour les humilier, les forçant à s'agenouiller devant moi ou se battre entre eux. J'en tirais un plaisir semblable à celui que j'éprouvais après avoir tué. Malheureusement, Jass ne tarda pas à apprendre mes actes et il trouva bien vite le moyen de me contrôler. Lorsque mes pouvoirs prenaient le dessus sur ma raison, il m'enchaînait avec du granit marin pendant plusieurs jours. Cela ne me faisait pas plaisir mais si c'était le seul moyen pour ne faire de mal à personne alors je ne me plaindrais pas. J'admirais Jass pour sa force et sa volonté de fer et je le détestais pour sa cruauté. Mais lui il m'aimait pour je ne sais quelle raison. Toutefois, je sentais sa méfiance, il avait peur que je tente de le contrôler en me servant de ses sentiments. P
Pour ma survie dans l'équipage, je faisais semblant de l'aimer aussi, je n'avais pas d'autre choix. Rester près de lui m'assurait une protection sans faille. Jass ne me donnait jamais de travail sur le bateau même s'il savait que je pouvais me rendre utile. Depuis que je les avais rejoins, les New Days Pirates étaient sans cesse pourchassés par la Marine, tout allait mal. Les hommes de l'équipage se révoltaient, Jass ne pouvait pas les ignorer plus longtemps. Ils voulaient tous que je m'en aille mais Jass trouva une solution. Si je parvenais à voler des documents qui se trouvaient dans un QG de la Marine je pouvais rester et si je n'y parviens pas, Jass devra me tuer lui-même. Par précaution, le mécanicien de l'équipage avait placé un dial qui enregistrait les sons dans mes vêtements, je ne pouvais pas les trahir. Le vol devait se passer pendant la nuit, Jass vint me voir avec une cape dans les mains.
-Salut gamine, tu te sens prête ? me demanda le rouquin avec son éternel sourire carnassier.
-On peut dire…
-Prends-la.
Il me tendit la cape et je la saisis doucement. Elle était noire avec des broderies dorées sur les bords et le bout de la capuche.
-Jass, tu sais bien que je ne réussirais pas.
-Tu peux détruire des dizaines de villages mais pas voler un simple document pour moi ? T'es vraiment bizarre Mako !
Un sanglot remonta dans ma gorge en pensant à tout ce que j'avais fait. J'enfilai la cape pour cacher mon visage. Jass ne manquai jamais une occasion de me mettre mal à l'aise en évoquant mon noir passé.
- Tuer et voler ce n'est pas la même chose… Ne confonds pas.
-Ouais, t'as raison ! C'est trop facile de tuer, t'en sais quelque chose hein…
-La ferme !
-Du calme… T'as pas à te sentir coupable, je t'assure, ajouta mon capitaine en passant son bras musclé autour de mes épaules.
Un frisson me parcourut. Je détestais qu'il me touche mais je devais bien jouer le jeu.
-C'est l'heure, j'y vais, inventai-je pour me dégager le plus vite possible de son étreinte.
De nature agile, je sauta sans problème de la rambarde du bateau jusqu'au quai de bois. Un cheval couleur ébène m'attendait. Je caressa son encolure pour le détendre et monta sur la selle. Un dernier regard vers le New Days et je partis au galop. Je commençais à apercevoir le QG, un grand bâtiment de béton bourré de soldats. Je descendis du cheval pour continuer le reste à pieds. Par chance, il n'y avait pas de gardes à l'entrée donc pénétrer dans la base serait un jeu d'enfant. Je repérai très vite ce que je cherchais, le bureau de l'Amiral Kizaru. J'y entra lentement, toujours sur la pointe des pieds afin de ne pas réveiller les soldats au repos. Le document que cherchais Jass était celui qui parlait des projets de la Marine concernant les New Days Pirates. Notre influence grandissais depuis que je les avais rejoins donc Jass s'inquiétait de ce qui pourrait arriver à l'avenir. Je pris le document bleu et m'apprêtais à quitter la base quand une voix m'interpella.
-Mais où vas-tu comme ça jeune fille ?
Je me retournai brusquement, surprise de ne pas être seule. L'Amiral Kizaru se tenait face à moi. Maintenant je n'avais plus aucune chance de m'en sortir. Me battre contre lui ne servirait à rien alors je courus, tête baissée, le plus vite possible vers le bateau mais quelque chose me stoppa. Je m'étais cogné contre Kizaru qui m'avait rattrapé en un rien de temps avec son fruit du démon.
-Un séjour à Impel Down te ferais du bien n'est-ce pas ? La Manipulatrice…
Je frissonnai quand il prononça mon surnom. Je lâchai le paquet bleu que je tenais dans mes mains. Il fronça les sourcils devant ce geste.
-J'abandonne la piraterie, je ne suis pas de taille contre un Amiral. Retirez-moi cette prime et je jure que plus jamais vous n'entendrez parlez de La Manipulatrice. Je vous rends ce document, je n'en ai plus besoin.
Il écarquilla légèrement les yeux de surprise. C'est sûr qu'une pirate qui veut marchander avec un Amiral ce n'est pas tous les jours… Je profitai de son état de choc pour m'éclipser dans la pénombre, sans le document. Le dial avait tout enregistré. Le mécanicien était un homme intelligent, il reconnaîtra la voix de Kizaru et en déduira que j'ai abandonnée ma mission pour ne pas mourir, que ce n'est pas une véritable trahison. Je suis malgré tout retournée sur le New Days, pour leur faire mes adieux. En passant devant les pirates enragés de me voir encore vie, je glissa discrètement le dial dans le jean du mécano qui sourit en sentant sa poche s'alourdir. Jass était presque surpris de me revoir et s'approcha de moi sous le regard malfaisant de ses hommes. Je n'ai jamais été appréciée de l'équipage. Sa main attrapa ma gorge. J'aurais pu l'en empêcher mais plus jamais je ne manipulerais qui que ce soit.
-Tu n'as pas réussi, tu dois mourir ! cria à Jass devant ses hommes avant de me jeter à la mer.
A cause de la malédiction j'aurais sans doute coulée vers les fonds marins mais je tombais sur une planche de bois. Lockser m'avait encore donné une chance, une fois de plus et malgré cela je n'arrivais toujours pas à apprécier cet homme, peut-être parce qu'il était encore plus cruel que je l'étais avant. Il prenait encore plus plaisir que moi à tuer et cela me dégoûtait. Si il avait mit cette planche de bois ici, ça voulait dire qu'il reviendrait mais je devais l'oublier si je voulais vraiment changer pour de bon.
C'est ainsi que je fis la rencontre des Pirates du Soleil, mes sauveurs. Je leur étais redevable et pourtant mes vieilles habitudes ne partaient pas, je mentais sans cesse sur mon passé. Quand ils me posaient une question sur mon enfance, je disais que j'avais eu une famille géniale, que je ne manquais de rien et que j'aimais Jass Lockser. Mains tout cela n'était qu'une feinte à ma véritable douleur. Jamais un mot sur mes pouvoirs. Si ils savaient qu'à n'importe quel moment je pouvais les contrôler, leur faire croire des choses, jamais ils ne m'accepteraient parmi eux. Mais surtout, si ils voyaient mon avis de recherche, ce serait pire encore…
Le seul au courant était leur capitaine, Fisher Tiger. C'était un homme de confiance, je savais qu'il me croirait et surtout qu'il ne dirait rien. Je l'aimais beaucoup car il a su faire abstraction de mes crimes pour voir en moi quelqu'un de bien, qui peut changer. Toutefois, j'avais peur de perdre le contrôle à nouveau, surtout quand Arlong, un stupide homme requin scie, cherchait à me provoquer. Chaque fois qu'il le faisait, une envie de le manipuler, de le forcer à s'agenouiller devant moi me submergeait mais je faisais de mon mieux pour résister. Ouais, il était plus qu'énervant celui-là mais au fond je l'appréciais énormément... bien plus que je ne voudrais l'avouer.
Par précaution, je portais souvent un bracelet de granit marin au poignet. Il m'affaiblissait considérablement mais il le fallait. Je n'avais pas le droit de leur faire du mal et par la même occasion de trahir ma promesse. Dès qu'on accostait, Tiger me disait que si je voulais partir il ne m'en empêcherait pas. Malgré tout, je restai avec eux. Les Pirates du Soleil étaient devenu les amis que je n'ai jamais eus et la famille que j'ai perdue. Ils m'ont redonné un cœur et des sentiments. Maintenant je sais que je ne pourrais pas effacer ce que j'ai fais mais je peux toujours changer et c'est ce que je vais faire.
Je faisais de mon mieux pour être utile sur le bateau, je devais bien ça à Tiger. Les hommes-poissons m'impressionnaient et vivre avec eux était une aventure palpitante, j'étais tellement heureuse que j'en oubliais mes problèmes. Etant habituée au rejet et à la méchanceté gratuite, je comprenais parfaitement l'hostilité de certains envers moi. Les hommes-poissons ne se doutaient de rien me concernant mais pas lui, pas Arlong. J'ai eu peur le jour où il a fouillé mes tiroirs et pourtant je n'avais laissé aucune trace de mon passé, enfin presque… Je gardais toujours sur moi la photo de papy Kay pour ne pas oublier ce que je lui ai fais ainsi que mon avis de recherche pour toujours me souvenir des centaines voir des milliers de vies que j'ai brisées rien que pour me sentir plus puissante, avoir toujours plus de contrôle.
Je ne sais pas ce qu'Arlong cherchait mais si il continue il l'apprendra de lui-même et ça risque de mal se passer… pour lui comme pour moi. Malheureusement, on ne peut pas garder un secret jusqu'à la mort. Je n'ai rien dis pour na pas ennuyer Tiger mais l'île où nous sommes actuellement… est Lorca, là où tout a commencé.
Quel méchant ce Jass é-è Je sais même pas pourquoi je l'ai créé puisque moi-même je le hais xP
J'ai fais un effort, ce chapitre-là était bien plus long que les autres alors une petite review s'il vous plaît ? :B
