Hey, bonjour !
Il y a beaucoup de passages que j'ai changé au fur et à mesure avant de poster ce nouveau chapitre. Oui, parce qu'en fait le chapitre était prêt depuis longtemps mais j'hésitais à le poster à cause des nombreux passages qui ne me plaisaient pas. J'espère que j'ai bien fais de les changer, je vous laisse voir ce que ça donne maintenant.
Je vous remercie pour vos reviews :)
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Ne m'en veux pas
Cela faisait vingt minutes que l'homme-poisson n'était pas revenu. Je ne m'inquiétais sûrement pas pour lui mais je ne voulais pas non plus qu'il lui arrive quelque chose… Le village de Lorca était assez grand et une gigantesque forêt orange l'entourait. Les vieux souvenirs refaisaient surface dans ma mémoire et je me souvins que quelqu'un m'attendait toujours, depuis trop longtemps peut-être...
-J'ai… quelque chose à faire Koala. Attends qu'Arlong vienne te chercher. Tu lui diras que je suis parti dans la forêt et que je reviendrais vite, ok ?
-Mais nee-chan pourquoi ? me demanda la petite fille en refusant de lâcher ma main.
-C'est comme ça, je ne serais pas longue alors attends-le, ajoutai-je en embrassant Koala sur le front.
Je repris mon sac que j'avais posé par terre et parti en direction de cette forêt qui m'avait tant manquée. Du bout des doigts, j'effleurai le tronc des arbres qui passaient à ma portée. Le craquement des feuilles mortes me rassurait, je me sentais vraiment chez moi. Mes pas m'amenèrent vers la vieille cabane de bois. Une fois devant la porte, mes muscles se bloquèrent. Ma main était sur la poignée et pourtant rien que la faire tourner me paraissait être un supplice. Je fis le vide dans mon esprit, souffla un bon coup et ouvris. L'air était chargé de poussières mais rien n'avait changé. Je pouvais encore sentir l'odeur de l'homme qui m'a élevé dans la pièce.
-Je suis rentré papy Kay… murmurai-je, les larmes aux yeux.
Je posai mon sac sur la table couverte de poussière et sortie de la poche intérieure de ma veste la photo de Kay ainsi que mon avis de recherche. Mes jambes se dérobèrent sous moi et je m'assis à la vielle table avant de perdre l'équilibre. J'étais consciente que je ne pourrais plus jamais lui parler mais j'en avais assez de cette solitude incessante. Même les Pirates du Soleil n'ont pas pu combler ce vide dans mon cœur.
-Je sais que c'est un peu tard pour ça mais pardonne-moi Kay. Pendant un moment j'avais cru être quelqu'un de bien mais j'avais tort. A cause de moi tu n'es plus de ce monde, je te jure de ne plus jamais faire de mal à qui que ce soit… Parce que tu as cru en moi jusqu'au bout, sanglotai-je tandis qu'un sourire commençait à se dessiner sur mes lèvres. Tu sais, j'ai des amis sur qui compter maintenant, je ne suis plus seule. Et je veillerais sur eux pour ne pas les perdre comme je t'ai perdu. Si je suis amenée à réutiliser mon fruit du démon un jour, ce sera pour les protéger, j'en fais le serment. Repose en paix... Kay.
Une légère brise vint toucher mon visage alors que la fenêtre était fermée. Il était toujours là, il me pardonnait. Les larmes ne voulaient cesser de couler sur mon visage. Mais ce n'était pas de la tristesse, c'était de la joie. J'ai enfin pu lui dire au revoir, c'était la dernière chose que je pouvais faire pour lui. Je séchai mes larmes avec ma manche et rangea la photo ainsi que mon avis de recherche dans le sac en toile. Je pouvais maintenant continuer mon aventure avec les Pirates du Soleil sans aucun regret. Une fois sorti de la maison, je marchai quelques minutes dans la forêt pour me vider l'esprit. Les oiseaux gazouillaient des mélodies aiguës et les feuilles des arbres filtraient les rayons du soleil. J'aurais voulu rester mais j'avais des responsabilités désormais, parce que je suis une adulte. Je courus aussi vite que mes jambes le permettaient vers le quai où j'avais laissée Koala. Mes yeux s'écarquillèrent de stupeur. Elle avait disparue. Plus aucunes traces de la fillette.
-Koala ! Koala ou es-tu ?! criai-je, trop inquiète pour réfléchir.
Seul une brise légère me répondit, faisant voler mes cheveux brun foncés. La petite fille avait bel et bien disparue. Je sortis précipitamment mon escargophone violet et noir et appela Arlong qui finit par décrocher après une bonne minute d'attente.
-Oï Arlong ! Koala est avec toi, n'est-ce pas ?! hurlai-je pour lui faire payer l'attente.
-Je suis en train de faire affaire, je m'occupe pas de ta gamine !
-Je lui avais dis de t'attendre sur le quai et elle a disparue…
-Et alors ? C'est pas à moi de m'en occuper que je sache et puis quelle idée de laisser une sale gosse toute seule ! T'étais où ?!
-Hum… Je réglais quelques affaires. Mais ce n'est pas ça le plus important ! Cette île est dangereuse, il faut que tu m'aides à la retrouver ! Je t'en supplie Arlong…
L'escargophone imitait parfaitement les grimaces et les dents pointues du requin scie.
-Mouais si tu veux, rejoins moi près du marché et traîne pas en chemin ! finit par dire le requin scie en me raccrochant au nez.
Ce n'est pas la politesse qui l'étouffe, hein… Mais bon, au moins il se soucie un minimum de ce qui peut arriver à Koala et ça, ça me fait vraiment plaisir. Je courus vers le marché de Lorca en faisant de mon mieux pour ne pas laisser les émotions me submerger. Je refusais d'y croire mais plus je progressais vers le marché et plus mon envie de rebrousser chemin grandissait. Tout le monde me regardait, des regards haineux, meurtriers et des messes basses.
-Regardez c'est la fille qui a tué Kay… chuchota une jeune femme.
-Et en plus elle a ramené sa fille et un homme-poisson avec elle… Elle veut détruire l'île.
Ma fille ? Ils devaient sans doute parler de Koala et pour l'homme-poisson, ça ne peut être qu'Arlong.
-Elle devrait mourir, ajouta un vieil homme.
Mon cœur se brisa un peu en les entendant. J'avais pris ma cape au cas où les villageois me reconnaîtraient. Je la posai sur mes épaules et rabattit la capuche sur mon visage en évitant leurs regards pleins de reproches de mon mieux. Je finis par trouver Arlong qui était assis sur un banc taillé dans le bois des arbres de l'île. Il se redressa quand il reconnut mon visage sous cette capuche noire et dorée.
-T'aurais pu te presser un peu… Et c'est quoi cette cape ? me demanda Arlong en pointant du doigt ma capuche.
-T'occupe pas de ça, répondis-je en agitant ma main de gauche à droite. On doit vite trouver Koala, les gens d'ici sont un peu spéciaux… Ils ne manqueront pas de lui faire du mal.
Il fronça les sourcils mais ne me contredis pas pour autant. L'homme-poisson se releva et je me sentis bien petite tout d'un coup.
-Ok et tu sais où elle pourrait être ta gamine ?
Où elle est ? La question est plutôt qui lui voudrait du mal… ou alors, qui voudrait me faire souffrir. La réponse était déjà évidente pour moi.
-J'ai ma petite idée… suis-moi.
Je ne pouvais pas me tromper. Tous les habitants de Lorca me voulaient du mal mais deux personnes en particulier. Ceux qui m'ont abandonnés. Arlong me suivit sans protester. La maison où je suis née était très loin du marché. Les rues de Lorca se ressemblaient toutes avec leurs bâtiments de bois sculpté mais je saurais toujours m'y repérer. Le temps que j'y avais passé à errer sans but m'a marqué à vie. Chaque pas éveillait en moi un sentiment de nostalgie que je tentais tant bien que mal de retenir.
-Si tu connais pas le chemin, moi je me tire ! se plaignit l'homme-poisson.
-Fais-moi un peu confiance ! répliquai-je, poings sur les hanches.
-Allez, avance !
Je soupirai un bon coup pour me retenir de ne pas l'insulter. Il était vraiment exaspérant quand il s'y mettait. Nous approchions de la maison de mes parents et mon inquiétude grandit. Tout le monde serait heureux de revoir ses parents après tant d'années de séparation mais quand ceux-ci vous ont abandonné mais en plus veulent vous voir souffrir c'est très différent tout d'un coup… La porte était devant nous, mon souffle s'accéléra. J'effleurai le bois de la porte du bout des doigts mais je me sentais incapable de l'ouvrir, comme si je n'avais pas le droit de le faire. Arlong perdit patience et me bouscula sur le côté.
-Tu sais plus ouvrir une porte ou quoi ?! Pousse-toi ! ricana le requin scie.
-Je sais ouvrir une porte imbécile ! C'est juste que… Nan rien, allez ouvre qu'on en finisse.
Je lui tira la langue et il me dévoila une rangée de dents pointues. Sa main palmée ouvrit la porte qui n'était pas fermée à clef. Je ne m'étais pas trompée, on nous attendait. Arlong entra comme si la maison lui appartenait et un petit sourire apparut sur mes lèvres. J'entra aussi. Il croisa les bras avec une moue dégoûtée.
-Beurk… Une maison d'humains…
-Arrête de faire l'enfant et aide-moi à trouver Koala, elle est forcément ici !
Je mis un pied sur le vieil escalier de bois noir qui grinça sous chacun de mes pas. Pour la discrétion c'était raté mais tant pis. Je me retournai vers un Arlong avant de faire le prochain pas. Il arqua un sourcil inquisiteur.
-Ah oui Arlong, quoi qu'il se passe ici j'aimerais que tu… que tu me laisses régler ça s'il te plaît, lui demandai-je en baissant la tête.
-T'as pas d'ordres à me donner !
Je soupirai et continuai à monter. Arlong ne m'avait pas dit oui mais je pense qu'il m'écoutera, il est plus compréhensif qu'il n'y paraît. Je reconnus la porte de ma chambre et celle de mes parents. Un peu de nostalgie passa dans mon regard fut vite remplacée par la colère. On m'avait pris un être cher et ça, je ne peux le pardonner. J'ouvris la porte de la pièce qui fut autrefois la chambre d'une petite fille. Mon sang ne fit qu'un tour. Le canon d'un fusil était pointé vers mon front. La personne qui tenait ce fusil était ma mère. Ses cheveux autrefois bruns foncés comme les miens viraient au gris et des rides qui n'étaient pas là autrefois, étaient présentes autour de ses yeux et sur son front. Je ne pus prononcer qu'un seul mot.
-Mère…
- Tu n'es plus ma fille ! Ton père et ce vieillard sont morts par ta faute !
Je mordis ma lèvre. Il ne fallait pas que je pense à ça... Sinon je n'arriverais pas à lui tenir tête. Je ne pouvais pas me défiler comme une lâche une fois de plus.
-Laisse partir Koala ! C'est à moi que tu en veux, elle ne t'as rien fait !
- Et voilà ! En plus il fallait que tu ramènes un homme-poisson et ta bâtarde avec toi ! C'est ton enfant, c'est un monstre, comme toi et cet homme ! hurla la femme, hors d'elle, refusant de lâcher son fusil.
Ses mots me blessèrent profondément, Arlong grinça des dents et ses muscles se contractèrent. Ma main se posa sur le poing serré de l'homme-poisson qui se détendit un peu au contact de ma peau. J'avais peur qu'il la tue, Arlong en était capable sous l'effet de la colère. Je faisais déjà du mal aux gens sans même le savoir, pas besoin du requin scie pour alourdir les dégâts. Rien que le fait que je sois encore en vie était la pire des souffrances pour ma mère.
-Mais ce n'est pas ma fille ! Tue-moi si c'est ce que tu veux mais elle… elle n'y est pour rien dans tout ça.
-Non, je ne vais pas te tuer mais te faire souffrir comme tu nous a tous fais souffrir ! Tous les villageois de Lorca ont perdus des gens qu'ils aimaient à cause de tes conneries !
Mais qu'est-ce que j'avais fait pour que tout le monde souffre à cause de moi ?! Jamais je n'ai tué de mes mains qui que ce soit à Lorca. Pourquoi ? Parce que j'aime cet endroit tout simplement.
-Je ne vois pas de quoi tu parles… répliquai-je, impassible face aux provocations de ma mère.
-La Marine est venu à Lorca pour tuer tous ceux qui avaient un lien avec toi ! Ton père s'est sacrifié pour protéger le vieillard qui s'est occupé de toi mais bien d'autres innocents ont subis le même sort ! Tout est ta faute !
Elle pleurait et serrait les dents. J'imaginais bien la douleur qu'elle avait dû ressentir, elle aimait beaucoup mon père. Ses doigts crispés lâchèrent le fusil qui tomba au sol en un bruit fracassant. Je ne pouvais pas lui ôter cette peine mais je pouvais au moins m'excuser.
-Je… Je suis désolée.
J'allais poser ma main sur son épaule tremblante mais elle me repoussa violemment.
-Ne me touches pas, tu n'as que du sang sur les mains !
Je ramena ma main vers moi et fermais mes paupières un long moment avant de les rouvrir. Il fallait que je reste calme.
-Puisque tu ne veux pas me laisser passer... Ne m'en veux pas mais tu ne me laisse pas d'autres choix, chuchotai-je.
Une couleur dorée encercla ma pupille, mon iris bleue devint noire et violette et une aura sombre s'émanait de mon corps. Mon pouvoir entrait en activation. Je le sentais à l'intérieur de moi qui cherchait à me contrôler à nouveau mais pas cette fois... Je ne me laisserais pas avoir. Arlong écarquilla les yeux et recula avec un air de dégoût imprimé sur son visage.
-Laisse-moi passer, ordonnai-je froidement à le femme stupéfaite.
Les yeux de ma mère devinrent vitreux et elle s'écarta sans un mot. J'entra dans la pièce. Peu de choses avaient changées depuis le temps. Les meubles avaient juste vieillis mais on voyait toujours que cette chambre avait appartenu à une petite fille. Pour ne pas faire peur à Koala, je repris mon calme et contrôlai soigneusement mon rythme cardiaque qui avait tendance à s'emballer quand le pouvoir refaisait surface. La fillette était bâillonnée et menottée avec du granit marin sur le lit. Je me précipitai vers elle et la détachai. La petite fille laissa couler ses larmes de peur et je la pris dans mes bras.
-Tout va bien… Je suis désolée ma chérie, tout est ma faute, m'excusai-je en lui caressant les cheveux pour la rassurer.
-Nee-chaaan ! cria la petite fille en pleurant.
Avec le revers de ma main je séchai délicatement les larmes de la petite fille qui tremblotait. Je la portai jusqu'à ce que nous soyons tous sortis de ma maison d'enfance. Ma mère claqua rageusement la porte derrière nous et je soufflai une bonne fois pour toute. Je ne pensais pas que ce serait si dur d'affronter son passé et j'espère ne pas revivre cette expérience à nouveau. Arlong nous attendait déjà dehors. J'aurais sûrement beaucoup de choses à lui dire mais chaque chose en son temps, ma petite Koala passe avant tout.
-Je crois que tu me dois des explications, hein ?
-J'imagine que oui mais une autre fois Arlong, lui répondis-je avec un sourire triste.
Je portais Koala qui s'était endormie et continuai à cacher mon visage même si les passants nous reconnaissaient comme même. Un homme-poisson des plus agressif, une femme qui se cache le visage et une petite fille qui dort dans ses bras, ça ne passe pas inaperçu comme trio. Mon retour sur l'île créa des dizaines de rumeurs. Certains disaient que j'étais revenu pour tous les tuer, d'autres pensaient que je voulais les manipuler ou encore vivre ici avec Koala, qu'ils prenaient pour ma fille et Arlong, qui étaient censé, selon eux, être mon esclave. Arlong ? Esclave des humains ? Ah, la blague ! Je rigolai intérieurement en entendant les villageois déblatérer des bêtises pareilles. Heureusement, l'homme-poisson ne les entendit pas, s'il avait entendu ça aurait été un carnage. Puisque les gens m'avaient reconnus, il nous était impossible de trouver quelqu'un qui accepte de nous héberger gratuitement mais j'avais une petite idée de là où nous pourrions dormir.
- On ne pourra pas trouver un hôtel ici mais il y a une maison dans la forêt où on pourra s'installer, ça te convient Arlong ?
-Mouais… Et faudra que tu me dises ce qu'ils ont ces gens à te regarder comme ça ! rouspéta l'homme-poisson en bousculant un homme qui passait un peu trop près de nous.
-C'est une vieille histoire.
Le requin scie était déterminé à savoir ce qui se passait ici et je le vis très bien dans son regard. Cela ne m'arrangeait pas mais le plus tôt sera le mieux. J'emmenai Arlong et Koala à la petite cabane de bois. L'homme-poisson fit une grimace dégoûtée en voyant l'intérieur.
-C'est un peu poussiéreux mais je ferais le ménage, le rassurai-je.
-T'as pas trouver plus pourri aussi ?
Je soupirai. Impossible d'être aimable avec un type pareil. Je montai au grenier avec le grincement du bois sous mes pieds. Deux vieux lits s'y trouvaient et je déposai Koala sur celui de droite. La petite fille ne se réveilla pas et je la couvris avec un drap blanc que je sortis de mon sac en toile. Elle aurait pu mourir par ma faute… J'embrassai son petit front avant de descendre voir Arlong. Cette imbécile était en train de démembrer une chaise et s'apprêtait à la jeter dans la petite cheminée en pierre.
-Arlong, si tu veux faire du feu va chercher du bois bordel ! criai-je en lui arrachant les restes de chaise.
-Hey c'est bon, c'est qu'une chaise pourrie !
Je savais bien que c'était une mauvaise idée de l'emmener ici… Il ne fait attention qu'à ses propres affaires et encore ! Je m'assis à côté de lui et il s'écarta avec son regard méfiant.
-Tu veux quoi ?!
-Juste te dire qu'il y a seulement deux lits et…
-C'est pas moi qui dormiras par terre ! me coupa Arlong.
-En fait je voulais juste te dire que je te laisse le deuxième lit.
Il croisa les bras, l'air satisfait.
-Et tu dormiras où alors ?
-Quelque part… répondis-je avec un petit air mystérieux dans ma voix pour bien l'énerver mais j'obtins l'effet inverse.
-Jahahaha ! Va crever de froid dehors !
Comme c'est sympa l'amitié… Non vraiment, ça fait toujours plaisir de savoir qu'on s'inquiète pour vous.
-Laisse tomber. T'as faim, peut-être ?
Il me regarda longuement puis ses yeux partirent vers mon sac qu'il saisit sans aucune gêne. Il en sortit les quelques pommes que j'avais cueillies en chemin.
-Hey ! Elles sont à moi ! m'écriai-je en tentant de sautiller pour les rattraper mais en vain, Arlong était bien plus grand que moi et je devais l'admettre.
-Alors t'es petite à ce point ? J'avais même pas remarqué, se moqua Arlong en souriant.
-C'est pas drôle… bougonnai-je en gonflant mes joues.
-Oh, tu vas bouder ? Allez tiens !
Il me donna une pomme et mangea les deux autres. Ses dents pointues et sa grande mâchoire ne faisaient qu'une bouchée des fruits, ça faisait peur mais c'était aussi impressionnant. Les hommes-poissons étaient impressionnants.
Le soleil ne nous attendit pas pour se cacher et laisser place à la lune. Koala était venu manger un morceau avant de repartir se coucher. Il ne restait qu'Arlong et moi. Je m'assis en tailleur devant le feu de la cheminée en gardant ma cape sur moi. Les nuits étaient fraîches à Lorca. L'homme poisson était à côté de moi et j'imagine que lui aussi avait un peu froid.
-Tu ne vas pas dormir Arlong ?
Le regard du requin se durcit et je détournai immédiatement les yeux vers le feu. Quand il me regardait comme ça, j'avais l'impression de devoir lui avouer tous mes secrets et ça me faisait mal. Mon passé est comme un poids, je n'arrive juste pas à l'assumer...
-Qu'est-ce que tu leur a fais ? me demanda-t-il en regardant le bois brûler dans la cheminée.
-Il se fait tard, tu devrais aller te coucher…
Il saisit ma cape et rapprocha son visage du mien. Ses yeux me transperçaient.
-Réponds !
-Ce n'est pas important et ça ne te concerne pas Arlong !
-M'en fous, je veux savoir ! insista l'homme-poisson.
-Il n'y a rien à savoir... Tout est là, mentis-je.
La véritable histoire me faisait trop mal au cœur pour l'expliquer avec des mots alors je sortis mon avis de recherche et il le saisit d'une main ferme. Arlong écarquilla les yeux et serra les dents. Ce n'était sûrement pas ce à quoi il s'attendait. Son regard s'attarda en dessous de ma photo, là où était écrit le surnom que m'avait attribué la Marine.
-Le surnom de Manipulatrice est dû à mon fruit du démon si tu veux tout savoir. J'ai mangé le Sosa Sosa no Mi, le fruit de la manipulation. Tu as pu voir ce qu'il est capable de faire... sur les gens, lui expliquai-je en faisant allusion au moment où j'ai manipulé ma mère.
-C'est pas vrai… Tu nous as tous menti ?!
-Si vous le saviez, vous m'auriez rejeté ! Tiger le savait ! me justifiai-je.
-En fait t'es qu'une stupide humaine, même pas capable de dire la vérité ! Tu t'es servie de nous ! On avait tous confiance en toi... Tu étais des nôtres !
Je baissais la tête, incapable d'affronter son regard brûlant. Les larmes me montaient aux yeux sans que je sache pourquoi. Peut-être que j'étais triste d'avoir profondément déçu Arlong. Lui qui avait commencé à me considérer comme un peu plus qu'une faible humaine... Même si j'avais mes raisons, c'était impardonnable. Le requin scie voulait me frapper, je le voyais dans ses yeux mais quelque chose l'en empêchait.
-Si tu ne me crois pas, tant pis… Saches juste que pour moi les Pirates du Soleil sont une famille, n'est-ce pas ce que tu ressens aussi ?
-Arrête ! Tu as trahi Taï-aniki !
-Arlong... C'est pas ce que tu crois.
Les flammes de la cheminée se reflétaient dans les yeux du requin. Soudainement, il attrapa ma gorge et me souleva du sol. Le sang bourdonnait à mes oreilles et mon souffle devenait haletant.
-Et si je te tuais ? Tu n'es rien pour moi, c'est clair ?!
Sa prise sur ma gorge m'empêchait de dire quoique ce soit. Il me lâcha sans prévenir et je tomba violemment au sol.
-Si je te laisse en vie c'est uniquement pour Tiger... Te fais pas d'idées, dit Arlong en me lançant un sourire carnassier.
Je pris une grande bouffée d'air tandis que les larmes me montaient aux yeux. Jamais je n'aurais du lui dire... Je savais bien qu'il réagirait mal mais je ne lui en voulais pas d'avoir menacé de me tuer, de toute façon il ne l'aurait pas fait. L'homme-poisson se rassit. Il fixait les flammes rouges et oranges sans dire un mot. Je m'assis à côté de lui. Arlong ne m'accordait plus un seul regard et je fis de même.
-Je suis désolé... murmurai-je.
Un silence fut la seule réponse que j'obtins. Je n'en suis pas certaine... Mais je crois l'avoir perdu pour toujours. Mais pourquoi je dis ça ? C'est pas comme si on avait été amis ou quoique ce soit, notre relation n'était qu'une affreuse blague et ce dès le début. Il n'y a pas de sentiments derrière tout ça alors je n'ai pas à être triste.
Une petite review s'il vous plaît ?
