Bonjour/Bonsoir !

Malgré les tristes événements qui se sont déroulés en France ces derniers jours, je vous souhaite à tous et à toutes une bonne année 2015. Espérons que Charlie Hebdo continuera de vivre, et ne baisse jamais les bras.

Asakura : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira :3

Mikarucchi : Moi aussi je n'aimais pas Arlong avant... je le détestais ce mec. Pour les petites fautes par-ci par-là je ferais attention, merci de me l'avoir signalé ^^ Et non, je n'ai pas de rythme de parution. Tout dépend de mon cerveau et de l'état du clavier.

KinderSa : Contente que les nouveaux personnages te plaisent :D

Pirouette : Mais tu sais, elle n'a jamais vraiment "rejoint" son équipage. Hé bah oui ! Ce serait trop simple pour Arlong voyons x)

Bonne lecture !


Chapitre 17 : Au prochain tour

Elle rangea discrètement l'escargophone à coquille blanche dans son sac à main et pénétra dans la salle du banquet. Partout dans la pièce, des plats semblables à de la décoration, des richesses du sol au plafond et des gens hautains profitant de tout ce luxe sans même en juger la valeur. La jeune femme réajusta son bustier de dentelle noire, qui cachait le tatouage ensoleillé sur son omoplate, et avança le menton fièrement relevé, vers le grand pupitre de bois, en bordure d'un long couloir écarté de la fête. Elle détailla attentivement l'uniforme noir et blanc de l'employé et lui adressa un charmant sourire.

-Bienvenue mademoiselle. Avez-vous réservé ?

-Hum… je…

Alors que la voleuse commençait à paniquer, une main étrangère entoura soudainement ses épaules.

-Elle est avec moi.

Sans même attendre la réponse de l'employé, il emmena la jolie brune dans le couloir. Et cette dernière fronça les sourcils, sans pour autant lui reprocher son geste.

-Je peux savoir qui vous êtes ?

-Jackson Hell, se présenta l'inconnu.

Ce nom lui arracha un faible sourie. Elle prit le temps d'examiner la perfection de cet homme, que ce soit dans les goûts vestimentaires ou la coiffure, il était très soigné.

-Jackson Hell ? Le fameux banquier ? l'interrogea-t-elle, tout de suite bien plus intéressée par le personnage.

-Hahaha… Fameux ? Vous me flattez. Quel est votre nom ?

Elle plissa lentement les paupières, à l'affût d'un quelconque signe de méfiance chez l'étranger.

-Mako. Juste Mako.

-Hé bien, Mako, laissez-moi vous emmener dans un de mes salons privés car ce soir, c'est moi qui organise.

La voleuse, qui commençait maintenant à bien connaître ces riches hommes, traduisit cela par : « Je suis juste l'un des types les plus friqués de cette île mais sinon t'as le choix… »

Elle esquissa un sourire plein de fausseté.

-Avec plaisir mais je dois d'abord aller saluer quelques personnes. Je vous rejoins dès que possible.

-Oui, bien évidemment.

Le bourge retira lentement son bras des épaules féminines et continua seul le couloir de dallage noir et blanc. Elle lâcha un long soupir et trottina malgré ses hauts talons et cette tenue bien trop sophistiquée pour ses habitudes vers les sanitaires. La jeune femme s'enferma dans une des cabines et ressortit l'escargophone dans son sac à main. Elle composa un numéro sur le petit animal et décrocha l'appareil.

-Chaton ? Tout va bien ? s'inquiéta la voix d'homme à l'autre bout du fil.

La brune mordilla sa lèvre inférieure.

-Je l'ai trouvé, et il m'a invité aussi.

-Déjà ? Mais c'est que tu attires l'œil ma chérie !

-Je sais pas si c'est une bonne chose … Je vais devoir rester combien de temps avec cette espèce de milliardaire ? Je hais ce genre de type !

Son interlocuteur soupira.

-Du calme chaton ! Je te promets que quoi qu'il arrive, on ne laissera pas cet homme te toucher, tenta le voleur pour la rassurer.

-Dante !

-Bon… Eric est déjà sur place. Tu t'arranges pour le faire entrer et tu t'esquives.

-Sûr que c'est une bonne idée ? J'ai confiance en Eric pour ça mais il est pas un peu trop agité ?

L'escargophone lâcha un petit rire.

-Chérie, quand je dis ça va marcher alors ça va marcher !

-Si ça foire tu vas m'entendre…

La voleuse raccrocha l'appareil avec une grimace colérique. Déjà qu'elle n'était pas d'accord, en plus il fallait qu'elle se retrouve au milieu d'une bande de bourges avec un milliardaire trop modeste qui lui fait des avances ! Elle soupira une dernière fois et ouvrit la porte de la cabine. Enfin… essaya de l'ouvrir. Oui car la jeune femme eut beau pousser, appuyer sur la poignée, rien ne s'ouvrait.

-Mais c'est quoi ça ?!

Elle arqua un sourcil énervé et tira de toutes ses forces. Résultat : poignée qui se casse.

-Hum… Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ?! Je suis bloquée je crois…

La petite brune donna plusieurs coups contre la porte du plat de la main. Sans réponse.

-Calme-toi Mako… Tu vas trouver une solution… T'en trouves toujours hein…

Bien sûr, mais seulement quand il était question de faire chier Arlong. Sûr que là c'était bien plus facile puisque rien que poser un doigt sur lui pouvait vous valoir un bon coup de poing. Voir deux s'il ne vous appréciait déjà pas du tout à la base. Mais bon, là il fallait vraiment le chercher quoi… La jeune femme remonta la longue robe noire fendue qui tombait à ses chevilles et grimpa sur la cuvette des toilettes.

-Voyons voir…

Alors qu'elle examinait minutieusement les possibilités les moins douloureuses qui s'offraient à elle, la jeune femme sentit une petite odeur de cramé arrivé dans les toilettes, ainsi qu'un nuage de fumée. Des cris retentirent soudainement de la salle du banquet et des centaines de bruits de pas.

-Mais qu'est-ce c'est que ça ?

La voleuse balança son sac à main de l'autre côté du petit muret, et passa par-dessus. Il y avait vraiment une sale odeur de brûlé… La jeune femme récupéra ses affaires et sortit dans le couloir en quatrième vitesse. Elle courut du haut de ses talons jusque dans la gigantesque pièce ou quelques minutes plus tôt, les riches festoyaient gaiement. Là, ils se bousculaient juste comme des bêtes pour sortir. La cause de cette agitation ? Une table qui avait pris feu, et deux autres avec. La brune rageait intérieurement.

-ERIC ! hurla-t-elle en écrabouillant mentalement la petite touffe rousse.

-Mako ? Mis le feu partout ! T'as vu ? s'écria le jeune homme près de l'incendie.

Presque si elle aurait envie de le gifler à cet instant…

-On t'avait pas dit de rester calme ?!

-Ah… vrai que le feu avait dit ça. Mais c'est pas grave ! C'est cool le feu !

La brune saisit l'oreille du rouquin dont les yeux rouges pétillaient d'excitation en face des flammes et le traîna derrière elle jusqu'aux sanitaires pour femmes. Le dos du jeune homme se retrouva plaqué contre le mur.

-Personne ne doit voir ton visage ! T'as conscience de ce que tu fais ?!

Son regard enfantin se durcit soudainement sous la prise qu'exerçait Mako sur ses épaules.

-Le code.

-Hein ?

La jeune femme fut surprise de l'entendre enfin prononcer une phrase sans le mot « feu ».

-Tu dois faire cracher le code au banquier. Moi j'étais là pour faire diversion.

Ce qui explique l'incendie.

-D'accord… Donc tu vas rejoindre les autres ? reprit-elle d'une voix plus douce. J'essaierais de faire vite même si ce mec me dégoûte.

Le rouquin acquiesça d'un hochement de tête singulier et reprit son air béat.

-Bon feu Mako ! cria-t-il en se jetant dans ses bras.

Elle traduisit cela par « Bonne chance. » Mais bon, c'est que la touffe rousse avait un langage plutôt spécial alors au final, seul Dante connaissait la réelle signification de ses mots. La brune sortit des sanitaires et emprunta à nouveau le couloir, pour entrer cette fois dans ce fameux salon privé. Elle y découvrit un grand canapé de velours, aussi confortable que possible, et une décoration dans des tons romantiques comme le rouge. Les pétales de roses au sol créaient une allée vers le canapé où se tenait le beau milliardaire dans son costume sur-mesure.

-Oh, vous êtes enfin là. J'ai entendu des cris dehors, tout se passe bien ?

-Ne vous inquiétez pas monsieur Hell. Un petit numéro de spectacle, c'est tout.

Elle s'assit à côté de lui et but avec plaisir le verre de champagne qu'il lui offrait.

-Appelez-moi juste Jackson.

-Bien. Alors, Jackson, nous devrions faire plus ample connaissance je crois, susurra-t-elle d'une voix suave à son oreille.

-Je crois aussi.

Alors que le bourge s'apprêtait à fondre sur ses lèvres, la jeune femme coupa court à ses espoirs en posant un doigt contre sa bouche pour le stopper.

-Patience chéri… patience…

-C'est cruel de faire attendre un homme, vous savez ? rétorqua-t-il avec un faible grimace.

Une main délicate glissa dans les courts cheveux noirs du milliardaire et les caressa affectueusement.

-Ce n'est pas trop dur d'être à la tête de toute une banque ?

-Quand on sait s'y prendre c'est un jeu d'enfant ! mentit le riche homme avec un sourire en coin tellement prétentieux.

Retenant son envie de gifler un type si modeste, Mako passa sa deuxième main derrière la nuque du bourge et croisa ses jambes de manière à ce que la longue fente dans sa robe laisse apparaître sa cuisse.

-Je n'en doute pas une seconde ! Ce que j'aimerais être à votre place ! Vous devez avoir tout ce que vous désirez n'est-ce pas ?

-En tout cas je n'ai pas eu le baiser que j'attendais avec impatience.

-Rien n'est gratuit dans la vie, répliqua-t-elle, une once de malice.

Le milliardaire arqua un sourcil appréciateur en détaillant la poitrine volumineuse qu'il avait sous les yeux, ainsi que les belles jambes. Il fit passer son bras derrière le dos de la jeune femme et l'amena plus proche de lui.

-En effet, rien n'est gratuit dans la vie. Et c'est pour ça que l'on va trouver un arrangement ma chère. Je n'ai rien amené sur moi mais il y a un coffre de trois millions de berrys que je laisse toujours ici. Il est près de la porte ouest.

-Hm ? fit-elle comme si elle ne s'en doutait pas… mais alors absolument pas !

On lui avait juste filé un plan deux heures plus tôt avec toutes les cachettes du bâtiment et des lieux dont même lui, le propriétaire ignorait l'existence.

-Je vous l'offre, lâcha le milliardaire. Le code est 245637, servez-vous.

-Oh ! Je vous remercie Jackson ! s'écria-t-elle, toute mignonne ne plaçant ses mains contre sa poitrine.

-Bon, maintenant que c'est arrangé…

L'homme d'affaire ne perdit pas de temps et allongea sur le canapé le corps mince de la jeune femme. Ses lèvres glissèrent tout le long de la nuque blanche. La voleuse eut un frisson de dégoût. Elle se recula poliment, avec une moue innocente.

-Pas ici…

-Tu préfères aller dans un hôtel ? demanda-t-il sans lâcher du regard les formes bien proportionnées de sa future conquête.

Elle hocha vigoureusement la tête et se leva du confortable canapé avec son cher milliardaire, qu'elle tenait maintenant au bout d'une laisse. Façon de parler… Le bourge ne se gêna pas pour mettre la main sur le fessier de la voleuse et cette dernière dut réprimer avec bien grand mal l'envie de lui tirer une balle dans le crâne. Plutôt six en fait.

Ils débouchèrent sur un second couloir, qu'elle reconnut comme étant l'espace ouest. Selon le plan de Dante du moins. Plan qui semblait, sur plusieurs points de vue, assez foireux vu que la feuille était quasiment blanche si ce n'est les quelques phrases de survie. Et il y avait d'ailleurs dedans une partie que Mako n'avait pas bien assimilée. Celle qui disait : « Quand tu vois la lumière rouge, c'est que tu vas crever. La blanche, c'est que c'est déjà fait. Mais bon, tu seras plus là pour le dire. » Oui, ça elle ne l'avait pas très bien compris.

Le milliardaire se décida enfin à arrêter son tripotage, ce qui plut énormément à la voleuse dont le poing droit commençait à lui démanger et tourna vers le chemin de gauche le premier. Un sourire sadique s'esquissa lentement sur les lèvres de la brune. Un grand coup se fit entendre derrière le mur et des bouts de verres s'éparpillèrent sur le sol, en même temps que le corps raide du bourge.

-Bien joué Nick ! s'écria Mako devant le jeune garçon aux cheveux bleu foncé.

-Ahahaha ! C'est un petit talent que j'ai. Je peux avoir un bisou en échange ?

-Hé ! Mais maintenant que j'y pense… Tu fous quoi ici ?!

L'adolescent arqua un sourcil inquisiteur.

-Comment ça « Tu fous quoi ici ?! » Je suis là pour aider moi aussi ! On est tous là d'ailleurs !

-T'es pas sérieux ? Dante avait dit que je serais seulement avec Eric.

-Il devait plaisanter alors parce que ce genre de truc, on le fait tous ensemble ! C'est ça une équipe !

Elle lâcha un long soupir d'exaspération et donna le code du coffre-fort à son partenaire, qui ne perdit pas son temps pour le transmettre ensuite par escargophone à Pat. Mais le voleur avait apparemment l'intention de faire exploser le coffre plutôt. Le bleu raccrocha et saisit le poignet de la jeune voleuse avec un grand sourire.

-Dante sera super fier de toi Mako ! Il m'a dit de vite te ramener à la planque parce qu'il a une surprise pour toi !

-Vraiment ?

-Yep ! Mais en échange j'aimerais…

Le regard noir qui pesait sur Nick dissuada rapidement ce dernier. Ils commencèrent à courir tous les deux à travers divers couloirs, chemins, escaliers et arrivèrent enfin sur le toit du bâtiment gigantesque. Une vue magnifique sur la grande ville de commerce s'offrait à eux, sous le ciel nocturne. Le bleu fit monter la jeune femme sur son dos et sauta dans le vide. Il atterrit avec une légèreté impressionnante sur le trottoir. Mako posa pied à terre et souffla un bon coup.

-Comment on va faire pour rentrer ? L'entrepôt est à l'autre bout de la ville, il fait noir et moi je suis pas vraiment en tenue de marche là.

Le voleur dévisagea la brune de la tête aux pieds, passant par son beau chignon relevé jusqu'à sa jolie robe de soirée et ses hauts talons avec quoi elle manquerait de se tordre la cheville à maintes reprises.

-Bah… On a qu'à passer la nuit dans une auberge alors. Et demain, on rentrera à la planque.

-Okay, alors on fait comme ça.

En réalité, l'idée de passer la nuit avec un jeune pervers de quinze ans ne l'enchantait pas spécialement mais elle lui faisait confiance. Après tout, ils étaient de la même équipe !

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Un sale arrière-goût d'alcool lui emplissait la gorge depuis toute la soirée. Il finit son verre d'eau d'une traite en espérant que ça lui passerait enfin. Le requin scie balança son coussin contre le mur et se leva du gigantesque lit. Alors qu'il bâillait à presque s'en décrocher la mâchoire, un homme poulpe fit irruption dans la pièce, encore aussi agité que pendant cet après-midi.

-Bon… Tu t'es enfin décidé à parler Octy ? soupira le capitaine.

-Oh ! C'est que… je ne sais pas par quoi commencer ! –nyu

-Le début ?

Le poulpe acquiesça en se frottant la nuque d'une de ses nombreuses mains, l'air vraiment gêné par la situation.

-C'est à propos de Mako.

Il poursuivit en voyant le soudain intérêt que son capitaine lui portait dès qu'il prononçait ce nom.

-On est sur cette île depuis déjà plus d'une semaine, et pendant tout ce temps Mako est… Elle est…

-Mais parle à la fin ! cria l'homme requin en perdant tout son sang-froid d'un coup.

-Elle a rejoint un groupe de voleurs.

Si le poulpe se sentit plus léger, ce n'était pas le cas de son capitaine, dont le front laissait maintenant apparaître quelques veines.

-Des… quoi ? Et tu pouvais pas le dire plus tôt ?!

-Désolé Arlong. C'est Sean qui m'a tout dit. Ils se nomment les Crows et leur chef s'appelle Dante, ajouta l'homme-poisson en reculant un peu, prévoyant une crise de colère.

L'homme requin mit quelques secondes à assimiler toutes ces informations, ainsi que les conséquences.

-Nan mais c'est quoi ces conneries ?! Et tu vas me dire que personne ne pouvait l'en empêcher aussi !

-J'imagine qu'elle était sûre de son choix… -nyu

-Sûre de crever ouais !

Le capitaine pirate tourna en rond dans toute la pièce, avant de s'arrêter brusquement en face du poulpe.

-Et ce Dante là ! C'est qui ce mec ?! Un humain ?

-Arlong-san ! Sean l'a laissé partir avec lui parce qu'il la savait en sécurité alors ce voleur ne doit pas être si mauvais !

-Bah bien sûr ! C'est vrai que les humains sont des anges ! cria-t-il haut et fort.

Il grogna un bon nombre de fois avant de se faire à la situation, et réfléchir à son problème. Hé oui parce que si cette petite idiote était devenue une voleuse, ben ça lui en posait même plusieurs des problèmes. Déjà, ces gens-là sont vraiment durs à repérer et sa petite bande va forcément vouloir la garder. Sauf que… ben c'est la sienne d'abord ! Le capitaine serra la mâchoire avec une grimace désagréable. Mais peu importe, il allait la retrouver. Il en était certain.

-J'ai essayé de me renseigner sur eux Arlong-san mais apparemment, personne ne sait où se trouve leur cachette. Tout ce que les gens savent, c'est qu'ils volent les riches et uniquement la nuit.

-La nuit hein…

Un éclair de compréhension passa dans les deux yeux menthe glaciale. L'homme requin ouvrit la porte en grand, avec son éternel rire si caractéristique, sous le regard soucieux d'Octy.

- Il est tard. Où est-ce que tu vas ?

-Faire une petite balade.

Le capitaine se retint d'ajouter un ironique « et passer le bonjour aux humains ! »

Ce n'était pas nécessaire puisque de toute évidence l'homme poulpe se doutait bien de ce que signifiait une balade pour son capitaine. Et c'est justement ça qui l'inquiétait le plus…

0o0o0o0o0

Je donnai un petit coup avec mon sac à main sur l'épaule du bleu.

-Tu m'expliques pourquoi on est toujours dehors monsieur le professionnel ? râlai-je.

-Gomen…

Un long soupir s'échappa des lèvres du jeune garçon. Mes pieds commençaient sérieusement à me faire souffrir et se trimballer la nuit dans une tenue pareille n'était clairement pas à mon avantage. Tout à coup une large silhouette au bout de la rue fit son apparition, redonnant le sourire à mon partenaire.

-Hé ben voilà ! Attends ici Mako, je vais lui demander de l'aide !

A peine eu-je le temps de lui répondre qu'il s'éclipsait déjà vers la grande forme au loin. Je posa mon dos contre un lampadaire allumé et attendit patiemment. La lumière jaune au-dessus de ma tête faisait quelque peu scintiller le tissu fluide de ma robe, contrastant avec la dentelle noire du bustier sur ma poitrine. Après quelques minutes d'attente, je tournai mon visage vers la silhouette de l'étranger et celle, bien plus petite, de Nick. Mes yeux s'écarquillèrent de surprise en voyant le corps du voleur s'élever par-dessus le trottoir, soutenu à la gorge par le bras de l'inconnu. J'accourus en quatrième vitesse aider le bleu et attrapa le bras musclé serrant sa nuque.

-Lâchez-le ! criai-je en vain, sans même prendre le temps de distinguer l'apparence de cet homme qui nous faisait face.

Je fronçai les sourcils en voyant la forte poigne se desserrer lentement, jusqu'à enfin lâcher le pauvre adolescent. Nick toucha doucement sa gorge douloureuse et reprit son souffle. Il s'écarta prudemment de l'inconnu et je fis de même. L'étranger fit alors un pas vers nous, pénétrant ainsi sous la lumière du lampadaire à côté et je vis enfin son visage. Si le long rostre édenté me fit prendre peur, c'était encore pire pour l'effrayant sourire qui marquait son visage lavande.

-A… Arlong.

-Non, sans blague ?

Je grimaçai à son ton moqueur. La petite tête bleue me lança un regard empreint d'inquiétude, auquel je répondis par un faible sourire pour le rassurer, avant de redevenir aussi froide que possible.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? demandai-je en arquant un sourcil provocateur.

-Je te retourne la question… petite voleuse ? Je te pensais pas si naïve et ça me déçoit vraiment. Tu fonces droit dans le mur en faisant ça gamine. J'espère que tu le sais au moins ?

-J'y gagne déjà plus qu'avec toi, rétorquai-je.

Sa bouche se tordit en une grimace légèrement contrariée.

-Tu crois ?

-Exactement !

Je me tournai vers le voleur à mes côtés.

-Viens Nick, faut pas qu'on traîne maintenant.

-Heu… O-Okay ! Mais on dormira ensemble ce soir ? demanda-t-il d'une voix toute innocente, avec un mignon sourire en prime. Je me sens si seul la nuit !

Je ricanai sournoisement en voyant toutes les envies de meurtre qui défilaient dans les yeux d'Arlong. Pour unique réponse, je souris au bleu qui, je pense, fit exprès de poser sa main contre ma joue. La chose de trop j'imagine car visiblement, il y en a un qui ne put le supporter… L'homme requin envoya le petit voleur à trois mètres de moi et attrapa le col de son t-shirt, prêt à lui infliger un deuxième coup qui lui ferait sûrement très mal.

Je clignai plusieurs fois des yeux, du mal à croire ce que je voyais là. Arlong se retrouva plaqué au sol sous l'impact et essuya en grognant le liquide rouge au coin de sa lèvre abîmée. Un grand homme aux courts cheveux blond cendré, portant une large cape noire sur son corps bien bâti se dressa entre nous et l'homme-poisson, son menton barbu fièrement relevé.

-Personne ne touche aux membres de mon groupe Arlong la scie.

-Saleté d'humain… maugréa le requin en se relevant pourtant sans aucun mal.

Le blond eut un faible sourire en coin, assez prétentieux.

-En voilà une façon de parler aux gens ! Je m'appelle Dante, pas « humain ».

-Alors c'est toi le voleur ? le questionna l'homme requin en le regardant lui aussi de haut.

-En personne et fier de l'être.

Dante se tourna vers moi et Nick, en fronçant les sourcils dans ma direction d'un air assez énervé. Je me sentie soudainement très mal à l'aise, et encore plus lorsque son doigt se leva lentement vers ma face.

-C'est elle que tu veux, pirate ?

Un mince sourire qui voulait pourtant dire beaucoup se dessina sur la bouche du requin. Le voleur haussa les épaules et souffla d'un air innocent.

-Quel dommage… car je n'ai pas l'intention de te la laisser. C'est une voleuse maintenant, elle fait partie des Crows et c'est pas dans nos habitudes d'abandonner une charmante jeune fille aux mains d'un inconnu.

Dante vint près de moi d'une démarche souple, le sourire aux lèvres, et posa gentiment sa main sur mes cheveux d'un brun sombre.

-Prête à faire un effort ? susurra-t-il à mon oreille.

-Impossible.

Le voleur me prit délicatement dans ses bras, et cette chaleur paternelle qu'il dégageait me rassura énormément.

-Oh si tu vas le faire chaton, me força

Je me dégageai à contrecœur de son étreinte et hocha la tête. Le géant saisit l'épaule de Nick et lui ordonna de rentrer en vitesse à l'entrepôt. Ne restait plus que nous trois. Les deux hommes se jetaient des regards haineux tandis que leurs poings serrés présentaient des veines ressortant sous la colère. Je restai à côté de Dante et ne bougeai pas d'un poil tant la situation était angoissante. Ils ne disaient pas mot, tout était dans le regard et bizarrement, je préférerais encore que ce soit des mots plutôt que leur silence qui m'inquiétait. Les lèvres du voleur s'étirèrent en un sourire vraiment hautain.

-Soyons sérieux… Qu'est-ce que tu fais là Arlong la scie ?

-Je récupère seulement ce qui m'appartiens. Un problème avec ça l'humain ?

Le blond plissa les paupières d'un air méfiant.

-T'as pas l'air d'apprécier notre espèce alors sans vouloir être indiscret, elle est quoi pour toi ? Un être humain que tu es capable d'apprécier ? Ou un simple jouet ?

Les mots du voleur rouvrirent en moi une blessure trop douloureuse. Alors que je reculai, il saisit mon poignet et me ramena à nouveau près de lui, me forçant malgré tout à boire ses paroles comme un poison.

-Tu ne réponds pas Arlong la scie ? insista Dante sans jamais lâcher cet air trop prétentieux. Hé bien, pourquoi tu ne dis pas ce que t'en penses ? Qui sait, ça pourrait changer la donne…

-Tu la veux ta réponse ?!

Effet réussi apparemment, Arlong était très en colère. Mais c'est normal, il détestait qu'on le foute devant une impasse. L'homme requin s'élança vers le voleur qui me poussa juste à temps sur le côté et esquiva le premier coup de poing mais n'eut pas le même succès au deuxième. Le blond s'écrasa à son tour au sol, la bouche en sang.

-Dante ! criai-je, inquiète.

-Reste où tu es ! Tout va bien ! m'assura-t-il avec un grand sourire.

Il se redressa d'un bond sur ses deux jambes et le combat reprit. Arlong ne ménageait absolument pas ses coups et on voyait clairement que sa nature d'homme-poisson l'avantageait. Mais le voleur faisait de son mieux pour parer les coups trop puissants et son agilité surprenante lui permettait d'esquiver à de nombreuses reprises. Sauf qu'à force d'esquives, il était rapidement essoufflé et même l'adrénaline n'y pouvait rien. Devenu trop lent, le voleur se prit un coup dans la cage thoracique et vola à quatre mètres plus loin. Je m'approchai de son corps égratigné dans les gravats.

-T'avais pas à te battre contre lui.

-C'est rien… murmura-t-il faiblement, le souffle court.

Le voleur s'appuya contre un lampadaire et finit par réussir à se tenir sur ses deux jambes. Je me releva et avança, le cœur en rage, vers l'homme requin dont le visage impassible et sans aucune émotion m'énervait d'autant plus.

-Mais tu veux quoi à la fin ?! Dis-le moi au lieu de te voiler la face ! J'en ai assez !

-Si quelqu'un se voile la face ici c'est toi, sinon tu serais restée. Tu m'aurais dis quelque chose.

-Moi ? Te dire quelque chose ? Après ce que t'as osé me faire ?! m'énervai-je.

-Chavolonchtaire… grommela-t-il en croisant les bras.

J'arquai mon sourcil droit.

-Hein ?

-C'était pas volontaire !

-Bah explique-moi alors ! Je te comprends même plus ! hurlai-je les traits déformés par la colère.

Je le vis grogner continuellement, sans parvenir à trouver de véritable réponse.

-C'est si dur pour toi… de juste me dire « désolé » ? lui demandai-je d'une faible voix innocente.

Ses yeux couleur menthe glaciale s'adoucirent quelque peu. Mon corps sursauta tout à coup, lorsqu'il passa ses bras musclés autour de ma taille et me serra tout doucement contre lui.

-Tu sais que je ne voulais pas te faire ça alors arrêtes de me repousser. Je partirais pas sans toi, déclara-t-il froidement.

Je m'écartai lentement de l'étreinte chaude.

-Tu te souviens du jour où j'étais arrivé de nulle part ? Tu me détestais plus que tout juste parce que j'étais humaine. Ben je le suis toujours.

Mon doigt se dirigea vers le grand voleur qui tenait ses côtes douloureuses.

-C'est normal que je retourne parmi mes semblables n'est-ce pas ? C'était ce que tu voulais depuis le départ !

-Tais-toi.

La main palmée se posa sur ma bouche, tandis que le long rostre édenté approchait mon visage.

-Imagine que tu restes avec eux, cette bande de voleurs, ces humains. Combien de temps ça durera avant qu'un jour ou l'autre, tu ne redeviennes celle que t'étais ? Hein ?

Sa voix semblait plus menaçante que jamais. J'essayai de me débattre comme je pouvais mais il m'empêchait fermement de bouger, et Dante était trop abattu pour faire quoique ce soit.

-T'es une pirate Mako. Tu l'as toujours été.

Je sentis une petite étincelle dans mon corps, lorsqu'il prononça enfin mon nom. Il ne le disait jamais, préférant me donner des surnoms par rapport à ma taille humaine comme « gamine » ou « naine ». Comme c'était le cas pour n'importe quel être humain, il ne mettait jamais de véritable nom dessus. C'était un peu comme pour montrer l'insignifiance qu'on avait à ses yeux. Accepter mon nom, c'était comme m'accepter moi, en tant qu'humaine. Mes muscles tétanisés se décontractèrent légèrement. Il retira sa main.

-Reviens.

-Non, répondis-je sèchement.

-Et pourquoi ça ?

Il esquissa un large sourire prétentieux. Je retournai auprès de Dante en ignorant complètement l'homme-poisson. Le voleur approcha alors sa bouche de mon oreille.

-N'oublie pas ce que je t'avais dit.

-Il est allé trop loin Dante ! Et regarde ce qu'il t'a fait ! rétorquai-je en pointant du doigt ses blessures.

Comme en réponse à mes paroles, il toussota quelques instants.

-Ne sois pas bête ma chérie. Tu dois aller lui parler.

Je grommelai devant ses paroles.

-Pff… Mais j'ai pas envie.

Il soupira longuement et me regarda comme si j'étais une enfant inconsciente.

-Pas de mais avec moi ! Et ne reviens pas avant demain matin !

-T'es pas sérieux là ?!

-Bon, reviens dans quelques heures sinon je vais m'inquiéter pour toi chaton…

-Tu m'en diras tant…

Le voleur eut un sourire attendrissant. Il passa délicatement une mèche de mes cheveux bruns derrière mon oreille avant de s'en aller après avoir lancé, bien évidemment, un sourire en coin déplaisant à Arlong. Je m'approchai de ce dernier de quelques pas prudents et mesurés.

-C'est toujours non mais, soupirai-je en haussant les épaules d'un air innocent, il se trouve que tu as encore quelque chose qui m'appartient.

Rien qu'une excuse pour ouvrir la conversation. Car oui ou non, j'aurais bien fini par récupérer mon bracelet par moi-même.

-On fait un échange ? C'est donnant-donnant, proposa-t-il.

Ma bouche se tordit légèrement devant son sourire mutin.

-Je ne marchande pas avec toi, répliquai-je en levant le menton d'un air prétentieux.

-Alors je garde ton bracelet. C'est pas grand-chose de toute façon…

-Oh mais je vois que monsieur fait dans la simplicité maintenant ! Espèce d'escroc !

-Juste plus malin que toi.

Je serrai ma lèvre inférieure entre mes petites dents pour retenir ma colère. Dante m'avait bien dit de faire un effort… mais si c'était lui qui me cherchait ?! Mon regard se porta lentement sur les poches du bermuda de l'homme-poisson.

-Parfait, faisons un échange. Qu'est-ce que tu veux contre mon bracelet ?

-Tu le sais.

J'avançai encore un peu, jusqu'à me retrouver presque contre sa peau chaude. Un sourire élargit ma bouche.

-Donnant-donnant.

Ma main droite glissa le long de ses muscles tandis que je pouvais sentir ses doigts passer dans l'ouverture de ma robe et toucher ma cuisse. Ses lèvres frôlèrent doucement les miennes, avant de les toucher en douceur. Je profitai avec malice de ce moment d'inattention pour plonger ma main dans sa poche, et sursauta en sentant qu'il venait juste de l'attraper.

-Sha ! Ha ! Ha ! Ha !

-Grmph !

Je croisai les bras sous ma poitrine et adressai au requin scie un regard noir.

-Tu trouves ça drôle ?!

-J'apprécie ta façon de « voler » ! Sha ! Ha ! Ha ! Ha !

-Pff…

Il passa une grande main palmée sous mon menton, qu'il redressa vers son visage.

-Bonne tentative mais tu peux mieux faire.

L'homme requin m'embrassa encore. J'eus un léger sursaut avant de m'y habituer et passer mes bras autour de son cou pour accentuer ce baiser. Une langue affreusement habile glissa le long de ma lèvre et je faillis presque en trembler.

-Arrête… soufflai-je entre deux baisers.

-Je prends ça pour un oui.

-Je suis sérieuse ! Je ne veux pas !

Son visage se rembrunit soudainement et il fut obligé de serrer mon poignet pour ne pas me voir filer en quatrième vitesse.

-Tu vas déjà me fausser compagnie ? Un peu tôt pour ça !

J'eus un sourire aussi malicieux que mauvais.

-Dis, si tu pouvais juste me lâcher et que je me tire avec ce qui m'appartiens, ainsi que ton portefeuille, ce serait génial.

Il me détailla de la tête aux pieds, l'air moqueur.

-En talons et robe de soirée ? Je t'aurais déjà rattrapée avant que tu ne fasses trois mètre !

-Tss ! Lâche-moi !

-Si tu y tiens tant…

L'homme requin me lâcha contre toute attente et je lui lançai du coin de l'œil un regard méfiant.

-C'est quoi ton plan ? Si je décide de partir là, tu vas faire quoi ?

-Moi ? Rien du tout. J'ai parfaitement compris ce que tu voulais alors si les humains te plaisent tant, reste donc avec eux. Mais ils ne peuvent rien t'apporter de plus.

Il se retourna comme si de rien n'était.

-Merci Arlong ! criai-je.

-Pourquoi tu me remercies ?

Je soulevai un peu le tissu fluide de ma longue robe et trottina jusqu'à me planter face à lui, et le stopper les deux mains sur son torse.

-Ce n'est pas tous les jours que tu me laisses choisir alors je te dis juste merci. D'habitude c'est plutôt « Tu fais comme je dis ou je te jette par-dessus bord ! » Mais j'exige toujours des excuses de ta part, ainsi qu'une explication ! Toutefois, je vais y réfléchir.

-C'est pas comme si tu pouvais te passer de moi…

Il esquissa un large sourire dévoilant ses longues dents pointues, que je lui rendis bien. Ses mains se posèrent de par et d'autre de ma taille. Mes pieds décollèrent du sol pendant que je passais mes bras autour de son cou.

-Tu sais que je te déteste Arlong ?

-Je m'en doutais.

Son souffle chaud se percuta contre mon visage. J'eus un faible sourire.

-Et pourtant je t'aime toujours.

-C'est vrai ça ?

-Comme si j'avais pu t'oublier aussi vite… baka ! boudai-je en logeant mon nez contre sa nuque lavande.

Je sentis ses doigts caresser lentement mon dos. Il me laissa poser pied à terre avec un grand sourire, visiblement très satisfait. J'haussai les sourcils.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Tu veux vraiment le savoir ? insista-t-il.

-Arrête de faire ça, tu sais que ça m'énerve !

-Justement…

Je posai les poings sur les hanches d'un air contrarié.

-Invivable !

L'homme requin passa un bras autour de mes épaules avec son éternel rire. Je ne pus m'empêcher de rire avec lui. On se calma enfin, et nos yeux se relevèrent simultanément vers les étoiles.

-Alors ? J'ai été convaincant ou je dois t'emmener de force ?

Je relevai le menton vers lui avec une légère grimace sur la bouche.

-Ne t'en prends plus jamais à un de ces voleurs.

-Il l'a bien cherché.

-Et voilà ! Quand je dis que t'es le plus gamin de nous deux !

Il posa ses lèvres contre les miennes sans prévenir.

-Inverse pas les rôles non plus, chuchota Arlong d'un ton moqueur à mon oreille.

Un frisson me parcourut de la tête aux pieds, tandis que je sentais mes joues se réchauffer. Mais pourquoi est-ce que je réagissais comme ça, alors qu'il y a seulement quelques jours j'avais envie de le tuer ! L'homme-poisson me pinça la joue en ricanant.

-Fini de jouer, rends-moi mon portefeuille maintenant !

-T'es pas drôle… marmonnai-je en lui tendant la pochette en cuir, pleine à craquer de billets.

Le rostre édenté approcha un peu plus de mon visage. Bizarrement, je ne voyais plus le temps passer dès que je regardais ses yeux de couleur menthe glaciale. Je frottai tout doucement ma joue contre le torse chaud du requin.

-Je vais devoir y aller Arlong.

Il plissa les paupières.

-Quel dommage, j'allais te payer une chambre d'hôtel.

Je me blottis entre ses bras avec un mignon sourire.

-Arrête de me draguer va !

-Et ça marche ! rétorqua-t-il d'un ton malicieux.

Je m'agrippai à son cou sans vraiment savoir pourquoi je le faisais. Ni pourquoi j'aurais envie de rester là un peu plus longtemps. Et il faisait froid pourtant. Mais il était là pour moi, et ça me rendait heureuse. L'homme requin courba un peu son dos et plaqua presque sauvagement sa bouche contre la mienne. Je frissonnai contre sa peau chaude, le regard complètement perdu. Lorsqu'il décolla ses lèvres, c'est moi qui l'embrassai. Pour rien au monde je n'aurais voulu me détacher de son corps cette nuit-là. Mais à contrecœur, je mis fin à ce délicieux baiser.

-Rentre avec moi Mako, tenta encore le requin scie.

J'haussai les épaules, indécise.

-J'ai encore besoin de réfléchir. Est-ce qu'on pourrait…

Je baissai les yeux, trouvant un soudain intérêt au trottoir, tandis que mon battait à tout rompre.

-Est-ce qu'on pourrait se voir demain ? Juste comme ça hein… te fais pas d'idées !

-Hm, et je te retrouve où ?

-En plein dans le centre-ville.

J'eus un petit sourire malicieux.

-Tu me reconnaîtras vite.

-Hâte de voir ça !

Il ébouriffa mon chignon dans tout les sens sans même faire attention à mes grognements énervés. Je lui lançai un dernier sourire enfantin avant de filer en direction des montagnes, la mine réjouie.

Sans me douter de l'ombre tapie entre les ruelles. Et je ne pensais à ce moment-là qu'elle deviendrait, à mes yeux, le pire des dangers.


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