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Merci à loulou380, La et boubun pour leurs commentaires :)
Bonne lecture !
Chapitre 21 : Affection humaine
Le voyage vers East Blue était extrêmement long, mais ce n'était pas plus mal car du temps il nous en fallait. Pour qu'Arlong s'habitue à voir la tête d'Eric chaque jour, et pour que Tao finisse par accepter les bonnes intentions du jeune voleur. Autant dire que l'on avait eu droit à des scènes pas possible dès le matin entre ces deux-là et partager la même cabine n'aidait pas toujours. Tao avait d'abord refusé catégoriquement...
L'homme-poisson croisa les bras sur son torse d'écailles grisâtres, sourcils froncés.
-Veux-tu bien t'en aller jeune humain ? Il n'y a pas de place ici pour toi.
Le rouquin se jeta sur le lit face à celui de l'homme-poisson, qui l'envoya immédiatement se frotter au mur. Tao écarquilla les yeux en voyant le jeune homme toussoter à terre, et n'en revenait pas d'être montré si violent. Ce n'était qu'un lit après tout... Mais pour lui, c'était bien plus. Ça avait été le lit de son frère.
-Sors s'il te plaît... je ne veux pas de toi ici, murmura-t-il faiblement.
Le voleur se releva en époussetant sa tenue, et courus serrer le torse musclé de Tao entre ses bras si minces comparé à ceux de l'homme-poisson.
-Veux rester avec toi Tao-kun...
Le géant se paralysa. Il posa sa main écailleuse sur la petite touffe rousse et l'écarta loin de lui.
-Pars.
-Tu ne dois pas être seul ! Tao-kun ne doit pas s'en vouloir pour Sean !
La mâchoire de l'homme-poisson se resserra.
-Tu n'en sais rien, tu ne me connais pas, alors vas-t'en humain.
-Mais je veux te connaître...
Il arqua un sourcil inquisiteur.
-Qui es-tu ?
-Feu Eric ! Je travaillais avec Dante-san et les Crows !
Le ton de Tao se fit un peu plus doux.
-Qu'est-ce qui t'as pris de quitter les tiens ? Tu te sentiras vite mal ici. Et Arlong ne sera pas tendre avec toi.
-Mais je suis pas seul ! Il y a Mako-chan pour me sauver du méchant requin ! s'écria Eric en courant dans toute la pièce.
Il se stoppa pile face à l'homme-poisson.
-Et puis il y a toi !
-Je ne risque certainement pas de t'aider.
-Je sais que tu le feras ! La preuve, tu viens déjà de me donner un endroit où dormir !
Le rouquin se jeta sur le lit qui lui avait été interdit, tout sourire. Tao ne dit rien cette fois-ci. Il était conscient que tourner la page ne lui ferait que du bien et apparemment, ce petit humain avait décidé de l'aider, derrière son jeu d'imbécile.
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Nous étions déjà en mer depuis plus d'une semaine si j'avais bien compté les jours. A mesure que je cherchais à y échapper, Arlong intensifiait mon entraînement. Je sentais mon corps mourir peu à peu et se désintégrer à chaque fois qu'il criait « dix de plus ! ».
C'était une torture que de l'avoir comme mentor. Une seule plainte de votre part lui mettait le sourire aux lèvres, et vous repartiez aussitôt faire le tour complet du navire, en passant par la case nettoyage. Mes nuits aussi étaient de courte durée. Je me couchais tard avec tout ce travail, et devait pourtant me lever tôt. Ce rythme de vie m'était insupportable. Lorsque j'en avais fait part à Arlong, il avait hoché la tête, m'avait juste retirée une série de pompes à faire. Il ne me prenait pas au sérieux évidemment. Pour lui c'était facile un entraînement pareil et malheureusement il oubliait que ma nature humaine n'était pas avantageuse.
Mais aujourd'hui, j'avais décidé de pousser mes limites un peu plus loin. De résister au moins jusqu'à la dernière minute d'entraînement. J'avais des couteaux planqués partout sur mon corps, dissimulés soigneusement sous mes vêtements. Je devais simplement sprinter, viser chaque cible. Mais c'était bien plus compliqué que ça n'en avait l'air car votre cheville pouvait facilement flancher de côté en passant d'une position à une autre.
Je m'élançai à toute vitesse. Arlong me cria des ordres. J'effectuai une roulade sur le côté, en profitai pour sortir la dague dans ma bottine et la lancer sur mon premier objectif. La deuxième lame partit toute seule, suivie par ses semblables. Aucune cible ne fut épargnée, proche ou éloignée. J'eus droit à quelques applaudissements tandis que j'essuyai la sueur qui me gouttait au front.
-Pas trop mal... Et la dernière ?
-Exactement comme tu me l'as appris, je l'ai gardée.
-Toujours...
-Garder sa dernière arme en prévision, poursuivis-je d'une voix de bonne élève. A moins d'y être contraint.
Il fit quelques pas dans ma direction.
-Je n'ai rien à redire. Tu as été attentive aujourd'hui, ça m'étonne de toi.
-J'ai peur d'avoir atteintes mes limites...
-T'es pas satisfaite ? Franchement, pour une humaine de ta taille, même moi je trouve que tu as fait de gros progrès.
-Des progrès ? Sauf que je viens de me rendre compte qu'entre une salle d'entraînement et un champs de bataille, y a de la différence ! Quand je serais face à la Marine, qu'est-ce je pourrais faire ?
L'homme-poisson prit mon visage en coupe dans ses mains lavande.
-Tu as un fruit du démon je te rappelle.
-Hmpf... Tu sais à quel point je hais l'utiliser, ça me semble toujours aussi déloyal peu importe le nombre de fois où j'essaie.
-Et si t'oubliais le sens morale ? Ils veulent juste te tuer et toi, tu veux te défendre. Personnellement je ne comprends pas ce qu'il y a de déloyal.
-C'est normal, tu l'as pas vécu...
Je m'écartai de lui, les yeux rivés au sol. Je ne me souvenais que trop bien de ces jours affreux à bord du New Days, le navire où seule la loi du plus fort pouvait vous sauver. Avant je croyais que c'était mon élément. Puis je m'étais rendu compte que non, c'était clairement pas là-dedans que j'avais ma chance. Dans le pire des cas j'aurais détrôné Jass Lockser, et me serais faite tuée à mon tour. Les choses fonctionnaient ainsi.
Et utiliser mon fruit du démon... ce serait comme égorger un animal blessé. Tuer quelqu'un qui n'a même plus de quoi se défendre, pas même son propre corps. Comment pourrais-je faire ça ? Moi qui n'aie pas la force ni le courage nécessaire. Je retirai mon ceinturon et le posai sur la table. J'étais si épuisée que pour faire quelques pas plus loin je dû m'appuyer contre un meuble de rangement. Une main m'enserra la taille pour me soutenir.
-Tu peux lâcher prise, c'est fini les heures d'entraînement.
-Le doc' a pas encore changé tes bandages...
-J'essaie d'être sérieux et tu te permets de m'ignorer ! Arrête-toi deux secondes, va profiter de ton temps libre et repose-toi !
Je mordillai ma lèvre inférieure.
-J'avais encore un stock à gérer et...
Il lâcha un grognement.
-Mais t'es vraiment pas possible !
-Excuse-moi d'être réaliste, je me prépare au pire.
L'homme requin soupira en haussant les épaules.
-Tu crois que tu vas mourir d'une seconde à l'autre, c'est ça ?
-Non... Je pense juste que continuer d'être aussi insouciante qu'auparavant n'est pas une bonne chose.
-Et la paranoïa c'est mieux peut-être ?
-Je fais ce que j'ai faire ! Toi tu ne sauras jamais ce que c'est d'être la personne à laisser derrière quand tout va mal ! Toi t'as jamais été faible ! T'as jamais été un poids pour ton groupe... Jamais...
Arlong me gratifia d'un sourire dont je ne comprenais pas la signification.
-Va te reposer, t'as pas les idées claires.
-Et maintenant tu me crois folle ? répliquai-je avec un rictus moqueur.
-Je dis juste que t'es fatiguée ! J'ai tort ?
-Tu sais que la gentillesse ne te va pas ?
Il pencha légèrement la tête.
-Je fais aussi des efforts de ce côté-là. Maintenant écoute ton capitaine, c'est un ordre !
-Rien que pour ça je me vengerai...
L'homme requin courba son dos vers moi.
-Oui j'abuse de mon pouvoir. Mais encore, là je suis très gentil... glissa-t-il à mon oreille.
Un frisson me parcourut l'échine tandis que j'évitai de croiser son regard.
-Viens me voir ce soir, ajouta-t-il, il faut qu'on parle.
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Le requin scie faisant tournoyer lentement son chapeau feutre autour de son doigt. Il gratta sa large mâchoire et partit ouvrir la porte. Une jeune femme, minuscule à ses côtés, se présenta dans l'embrasure de la porte. Elle portait une longue robe noire, décolletée, qui se terminait à ses chevilles.
-Sympa la tenue... fit-il remarquer.
-Tch ! C'est ce satané doc' qui m'y a forcé ! Il a même voulu organiser une fête pour mon arrivée s'il te plaît ! Et quelle torture c'était de l'en dissuader...
L'homme-poisson la captura entre ses bras et embrassa le sommet de son crâne.
-Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ?
-Viens et assieds-toi.
La pirate s'exécuta en croisa les bras sous sa poitrine, le regard porté vers les étagères. L'homme requin posa les coudes sur son bureau et entremêla ses doigts.
-On sera à East Blue dans un jour ou deux, tu le sais, je le sais. Mais tu n'as pas réfléchi à pourquoi on allait là-bas n'est-ce pas ?
-Je n'y ai pas prêté attention. C'est important ?
-Assez...
Il plissa les paupières. Il se demandait comment lui expliquer ça sans qu'elle ne le prenne mal. Enfin si, évidemment qu'elle le prendrait mal, c'était une humaine. Et Mako n'était pas familière à la cruauté, encore fallait-il voir si elle essaierait d'y mettre un terme. Le requin scie prit une grande inspiration et se lança.
-Je suis déjà allé à East Blue.
-Vraiment ? C'est joli ? s'écria-t-elle, toute joyeuse à l'idée de ce voyage.
Il soupira. Les choses s'annonçaient plus difficiles que prévu. Et en voyant ce sourire innocent, il avait juste trop de mal à avouer.
-Hé... chuchota-t-elle. Arlong, dis-moi ce qui se passe. Ça ne va pas ?
-Si je te disais que quelque chose ne te plairait pas là-bas, tu me suivrais quand même ?
Mako fronça les sourcils d'un air suspicieux.
-Arlong qu'est-ce que tu as fait ? devina-t-elle.
Il grommela plein de mots incompréhensibles avant de parvenir à formuler une phrase correcte.
-Laisse tomber... tu verras par toi-même.
-Je veux que tu m'en parles !
Le requin laissa sa paume dévaler le long de la joue pâle.
-Fais-moi confiance.
-Facile à dire...
-Au moins là-bas tu n'auras plus à t'inquiéter.
Arlong se leva de son siège et prit la jeune femme par la taille avant de la jeter sur son épaule. La brunette se débattait vainement, criant qu'elle voulait descendre mais il n'en écoutait pas un mot et la ramena dans sa cabine, où il la déposa sur le lit aux draps ocre. Ses longs cheveux bruns formaient des cascades autour de son visage et sa robe avait remontée jusqu'à ses cuisses. Il trouva cette vue très agréable, mais elle s'empressa de reculer jusqu'à toucher la tête du lit. Contrairement à ce qu'elle s'imaginait, l'homme requin n'en fit rien. Il resta là à la regarder, parfaitement stoïque.
-C'est bon ? T'as fini ? ricana-t-il.
-Pourquoi tu me ramènes dans ta chambre ?
Il se retint de préciser que c'était aussi la sienne, et fit le tour pour s'asseoir à côté d'elle sur le matelas. Il la retourna de force et défit l'ouverture de la robe, qui glissa avec souplesse contre le corps de la jeune femme. Elle croisa les bras sur sa poitrine dénudée, les joues pivoine.
-Arlong ! A quoi tu joues ?!
-Tu ne m'as pas écouté quand je te disais d'aller te reposer. Maintenant je m'assure que tu le feras.
La brune sentit le rostre lavande lui chatouiller la peau. Elle regardait l'homme-poisson par-dessus son épaule en prenant soin à ne pas se retourner.
-T'abuses...
-C'est aussi mon droit, rétorqua-t-il malicieusement.
Mako se planqua sous les couvertures pour finir de se déshabiller et échapper au regard de l'homme-poisson. Mais celui-ci ne chercha point à l'énerver et resta juste assis à côté d'elle, sans lui proposer son « aide » pour se dévêtir. Toutefois, il profita de la gêne de sa petite humaine pour l'embrasser dans le cou. Elle eut un frisson et sursauta même à ce contact brûlant. La jeune femme serra la couverture contre sa poitrine en regardant l'homme-poisson du coin de l'œil.
-Tu le fais vraiment exprès...
-J'attends le bon moment, répliqua-t-il avec un sourire en coin séduisant.
Il fit s'allonger et poser la tête contre les coussins blancs.
-Attention à toi si je te recroise avant demain matin.
-T'inquiètes, j'arriverai pas à me relever. Je me sens déjà clouée au matelas.
-Tant mieux.
L'homme requin lui caressa doucement l'épaule avant de la laisser. Il quitta sa cabine et ferma la porte à clé derrière lui. Pas pour veiller à ce que l'envie ne la prenne de désobéir, mais plutôt pour être sûr que personne ne la touche. Il se sentait vraiment possessif ces derniers temps... et la naïveté de Mako n'arrangeait rien. Elle ne verrait même pas qu'un homme la séduisait tant qu'il ne l'aurait pas invitée à l'hôtel. Et pour lui c'était une véritable torture de toujours veiller à ce que personne de mal intentionné ne s'approche de son humaine. Surtout lorsqu'elle se décidait à ne rien écouter.
Le pont était calme. Le vent soufflait sur les voiles. Quand il s'accouda à la rambarde, ne tarda pas à arriver un homme-poisson à la peau d'écailles grisâtres.
-Arlong-san.
-Tao.
L'arrivant avait le regard dans les vagues, un sourire rêveur sur la bouche. Arlong en fut légèrement surpris. Il ne connaissait pas ce genre d'expression à son barman.
-Ça fait longtemps qu'on n'a pas nagé... murmura le blond.
-J'ai trop à faire personnellement.
-Moi aussi maintenant...
Tao soupira en haussant les épaules.
-Tu ne les trouves pas bizarres ces humains ?
-Ils l'ont toujours été je crois, mais dans quel sens ?
-Je n'en sais rien, vraiment... Tu vas me trouver stupide Arlong, mais j'ai du mal à gérer ce petit humain. On est tellement plus forts qu'eux et pourtant, quand je le regarde dans les yeux, j'ai l'impression que ça n'a plus aucune importance. C'est ce que tu ressens, non ? Avec Mako ?
Il resta silencieux.
-Les humains nous changent Arlong, indéniablement. Le tout est de savoir si on est prêts à changer pour eux.
-C'est cette sale vermine qui t'as mis ça dans la tête ? cracha-t-il avec dédain.
-Tu les détestes toujours ?
-Autant que possible !
Tao gratta sa joue écailleuse en penchant légèrement la tête de côté.
-Et évidemment, c'est pour ça que tu l'as intégrée dans l'équipage ?
-Une exception à son espèce, se justifia le requin.
-Il y en a d'autres comme elle. Il existe tant d'humains, Arlong, qui se sont mélangés à notre peuple. Et quand je te dis qu'ils vont nous changer, je ne pense pas à mal. Les accepter ne pourrait être que positif pour nos deux espèces et...
Il se tut en voyant son capitaine serrer les poings, jusqu'à ce que ses phalanges en blanchissent.
-Je rêve ou t'es en train de me demander d'accepter ces... ces sales humains ?!
-Pas exactement mais c'est l'idée. Enfin, c'est surtout que je me demandais comment tu avais fait...
Le blond baissa les yeux et entortilla une de ses mèches blondes entre ses doigts.
-Je sais que ça t'as pris du temps avec Mako et que c'était dur pour elle, mais comment as-tu fait pour que ça marche entre vous ?
Il releva brusquement la tête avec un petit rire nerveux.
-Excuse-moi ! C'est un peu indiscret comme question, je sais !
-T'es vraiment bizarre aujourd'hui... soupira le requin scie. Et demande ça à Mako, moi je n'ai vraiment rien fait.
-Je pense que tu en as fait autant qu'elle. Rien ne t'empêchait de la laisser parmi les humains, n'est-ce pas ? insista-t-il sur un ton malicieux.
-T'as pas fini avec tes questions ?!
-Si, si...
Arlong croisa les bras sur son torse tout en regardant l'homme-poisson partir, le sourire aux lèvres. Il ne l'avait jamais vu si distrait et si... il réprima un frisson de dégoût. Emotif envers les humains. Mais le capitaine prit conscience de ses paroles :
Les humains nous changent. Le tout est de savoir si on est prêts à changer pour eux.
Tao n'aurait jamais tenu ce genre de discours auparavant. Un humain l'avait déjà changé, lui aussi.
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Le petit rouquin se jeta dans les bras de l'homme-poisson allongé sur le matelas et pressa sa joue contre la peau écailleuse. Tao ne broncha pas. Il commençait tout juste à s'habituer aux marques d'affections de ce jeune voleur et le laissait, parfois, dormir avec lui. Mais pas tous les jours, il ne voulait pasque ça devienne une habitude pour Eric et céder trop souvent aux demandes d'un gamin n'était jamais bon.
Le roux réajusta ses lunettes d'aviateur en ricanant. Il se lova contre le torse de l'homme-poisson avec un sourire niais. Le voir rire pour rien ou courir dans tous les sens ne surprenait plus Tao. Cet humain ne se comportait guère comme les autres après tout. Il était comme un animal. Très chaleureux, réconfortant mais vite envahissant une fois que l'affection grandissait. Et il se souvenait l'avoir vu trembler comme une feuille lorsqu'il l'avait sermonné pour avoir faite brûler une couverture. Maintenant, dès que Tao se mettait à crier, le petit rouquin partait se cacher sous le lit. Et il pouvait y rester très longtemps...
Tao laissa Eric dormir sur lui, tandis qu'il terminait son livre pour passer au nouveau journal. En sentant son coussin improvisé bouger un peu, le voleur s'agita dans son sommeil.
-Du calme petit humain... lui chuchota l'homme-poisson en posant, malgré lui, une main sur la chevelure rousse et bouclée.
Il prit le journal de son autre main, en ignorant les gémissements du voleur. Mais ce dernier ne daignait pas se taire et même endormi, il restait toujours aussi agaçant. L'homme-poisson attrapa le col de son t-shirt noir et le laissa tomber sur le plancher.
-Hé ! cria Eric en émergeant de sa sieste.
-Tu faisais trop de bruit.
-Mais... Tu as dit que j'avais le droit aujourd'hui ! Tu dois pas trahir tes promesses !
-Je ne me souviens pas t'avoir promis quoique ce soit... Petit menteur va !
Tao pinça doucement le nez du jeune homme, qui riait aux éclats. Le voleur sauta sur ses jambes et lui prit le journal des mains, en frôlant de peu ses lèvres dans son élan. L'homme-poisson préféra se dire qu'il ne l'avait sûrement pas fait exprès et se leva du lit en tendant une main vers le rouquin.
-Rends-moi ça.
Il lui tira la langue pour seule réponse et réussit, on ne sait comment, à grimper sur l'armoire en sautant sur le mur. Pour un humain il était sacrément agile. L'homme-poisson tapa du pied, l'air mécontent.
-Eric, veux-tu bien descendre de là ?
-Hé hé ! Viens me chercher Tao-kun !
-Je n'ai vraiment pas envie de jouer avec toi aujourd'hui.
-Bouh...
Une étrange secousse les prit de court. Tandis que Tao vacillait en arrière, Eric tomba de son perchoir pour atterrir sur un torse musclé. L'homme-poisson se retrouva plaqué au sol, avec son petit voleur sur le ventre. Il se redressa lentement en se frottant l'arrière du crâne.
-Eric... Tu ne t'es pas blessé ?
-Non ! Et Tao-kun ? Va bien ?
-Oui, ça va.
Rassuré, le jeune homme fit un câlin à son « sauveur ». Pour seule réponse, le blond se contenta de soupirer bruyamment en tapotant le dos du rouquin.
-On doit être arrivés dans l'Archipel Konomi je pense, à East Blue.
-Archipel Kono... Konomi ? articula difficilement Eric.
-Oui, l'Archipel Konomi.
L'homme-poisson se releva et tendit instinctivement la main pour aider l'autre.
-Viens, je vais te montrer.
Le voleur lui lança un grand sourire, qui eut l'effet sur lui d'un rayon de soleil. Eric plongea sa main dans la sienne et se releva à son tour. L'homme-poisson esquissa un bref sourire. Cela lui aurait semblé impossible, mais il se sentait lentement pris d'affection pour cette touffe rousse. Tao n'avait jamais eu une grande aversion pour les humains, contrairement à Arlong, mais ne se croyait pas non plus capable de les apprécier.
Ou du moins, jusqu'à aujourd'hui.
Merci d'avoir lu ! Le prochain chapitre est déjà écrit ^^
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