Bonjour/Bonsoir !
Merci à loulou380, La, Arya Cahill et Nocturnis-Lepus pour leurs commentaires :)
Nocturnis-Lepus : Ta review m'a tellement fait rire xD Et je suis tellement contente que tu lises aussi mes autres fics ! Merci à toi :3
En espérant que la suite vous plaise !
Bonne lecture !
Chapitre 24 : Plus qu'un capitaine
L'homme-poisson consulta d'un air morne le registre du village.
-Ça fera 80 000 berrys... -chu
Je lui donnai un coup dans les côtes et lançai un aimable sourire à ce vieux couple.
-La courtoisie Smack, la courtoisie !
-Veuillez s'il vous plaît me remettre 80 000 berrys, bougonna-t-il.
-Oh mais bien sûr ! Tenez monsieur et bonne chance dans vos projets mademoiselle ! nous dit la grand-mère en mettant une liasse de billets dans le sac de l'homme-poisson.
Je souhaitai une excellente journée aux personnes âgées et allai rejoindre Smack. Récemment, Arlong m'avait cédé quelques pouvoirs dans l'équipage. On pourrait en quelque sorte appeler ça une montée hiérarchique. Je veillai donc à ce que tout le monde respecte et applique mes conditions. Ce n'était pas simple mais Smack m'avait un jour avoué que voir de la compréhension et non de la réticence dans les yeux des villageois était agréable, ça m'avait redonné espoir. Seulement, tout l'équipage ne m'obéissait pas. Les anciennes habitudes restaient présentes chez certains mais j'étais là pour les rappeler à l'ordre quand ça dégénérait. C'était mon rôle maintenant.
Et pas plus tard qu'hier, j'avais formé une petite équipe pour commencer à récupérer les taxes à Cocoyashi. Mais les choses ne s'étaient pas passées comme prévu car, par vengeance personnelle, j'avais fait le choix d'emmener Kuroobi aussi. Résultat : on avait failli avoir droit à un soulèvement dans le village. Heureusement, les autres hommes-poissons que j'avais emmenés m'avaient aidée à le calmer. Car petit à petit, l'équipage se mettait de mon côté en voyant qu'il suffisait d'un peu de politesse et d'égalité pour se faire apprécier.
Mais la plus belle chose qu'il m'avait été donné de voir depuis tous ces changements, c'étaient les enfants qui sortaient de leurs maisons le jour des taxes pour voir les hommes-poissons, et si ces derniers le voulaient bien, jouer avec eux. Octy avait été le premier à se lier d'amitié avec ces enfants et quand j'en avais parlé à Arlong, il avait failli s'étrangler avec son rhum. J'en avais bien ri, lui en avait vomi. Mais c'était peut-être une forme d'acceptation en soi... Et même si les taxes étaient très basses, en sachant maintenant à quoi servait cet argent, les villageois les plus fortunés donnaient plus que nécessaire, en nous gratifiant chaque fois d'un sourire. C'était beau de leur part.
J'entrai dans le bureau de mon cher capitaine en sautillant joyeusement jusqu'à atterrir dans ses bras. Il feuilletait les livrets de compte en grimaçant. Je jetai un coup d'œil aux graphiques, dont les courbes avaient grimpé en flèche depuis ce qu'il appelait « l'idée d'une sale enquiquineuse ». Il l'avait même écrit... Je passai dans son dos et lui mordillai doucement l'oreille.
-Alors ? Qui a fait du bon boulot ? Et des résultats convaincants en moins de deux mois s'il te plaît !
-Je sais vraiment pas comment tu t'y prends avec mes hommes mais... ça marche en tout cas.
-On m'a toujours dit que le respect était la clé d'une bonne relation. Je fais en sorte qu'ils se respectent les uns les autres et ça ouvre la voie des bonnes relations. La preuve, les enfants adorent Octy !
L'homme requin me fit basculer sur ses genoux.
-Tu sais ce que j'en pense ?
-Bien sûr, mais pour l'instant ça marche très bien Arlong ! Oh, ça me rappelle que j'ai des affaires qui m'attendent... A plus !
Alors que j'allais m'éclipser, il serra fermement mon poignet.
-T'es toujours en train de courir dans tous les sens ces derniers temps. Tu pourrais pas t'arrêter un peu et rester là ?
-Mon emploi du temps est surchargé, merci de prendre rendez-vous capitaine !
-Qu... Quoi ? Mais tu te fous de ma gueule ? Je suis ton capitaine ! Tout ton temps devrait m'être consacré !
-La tyrannie n'est pas la meilleure façon d'imposer son autorité tu sais... fis-je d'une voix minuscule.
Je posai les poings sur les hanches en soufflant après lui.
-Puis franchement, tu restes les bras croisés à rien foutre alors que tout ton équipage fait des efforts incroyables ! C'est malpoli... et indigne d'un capitaine !
Il se leva de son siège en grognant.
-Tu vas voir toi ce qu'est indigne d'un capitaine... grommela-t-il en me traînant derrière lui.
-Arlong ! A-Attends ! Je le pensais pas du tout !
Le requin scie me fourra le nez dans un tas de dossiers et feuilles auxquels je n'y comprenais strictement rien.
-Hum.. c'est ?
-Des plans sur lesquels je travaille encore. Et tu vois, ça c'est le genre de truc que toi tu ne saurais pas faire alors retourne donc sympathiser avec l'épicier du coin et répandre la joie partout où tu passes petit ange parce que là tu me soûles !
J'esquissai malgré moi un large sourire.
-Hé, mais tu ne serais pas en train de réclamer ma compagnie ?
-Quoi ? Bien sûr que non ! Pourquoi je ferais ça ?
-T'as gagné, je reste avec toi !
Il eut un sourire en coin satisfait de voir que je cédais finalement à son côté possessif. Et, lorsque je voulus simplement l'embrasser, juste un court instant, il en profita pour abuser de cette gentillesse. Ce baiser me sembla durer une éternité... Je me sentais toute étourdie et mon cœur qui battait à cent à l'heure. La porte s'ouvrit. Je me décollais de ses lèvres dans un brusque sursaut. La personne qui venait d'ouvrir la porte était Tao, qui nous regardait maintenant avec un sourire niais.
-Je voulais pas vous déranger...
-Mais c'est ce que t'es en train de faire, coupa Arlong. Alors tu vas sortir et moi je vais reprendre où j'en étais.
-Qu'est-ce que tu voulais Tao ? soupirai-je.
-Vous dire que le repas était servi... mais je crois que vous avez mieux à faire, poursuivit-il.
L'homme-poisson repartit aussitôt et un bras lavande m'enserra la taille.
-Donc on peut reprendre ! fit-il d'un ton enjoué.
-Exact, tu vas reprendre ton travail là où t'en étais !
Je me libérai de son étreinte et il poussa un long grognement... Mon regard se fit moqueur.
-Anw... Tu vas me bouder pour un bisou ?
-La ferme !
Je lui pinçai la joue en riant.
-C'est pas encore ton anniversaire et tu fais déjà des caprices !
-Me prends pas pour un gosse !
-Gnagnagna... Arrête tes caprices ! chantonnai-je en tournoyant.
-Dehors ! hurla-t-il.
Voyant que je ne bougeai pas d'un poil, il saisit mon épaule et me jeta lui-même à la porte, qu'il claqua violemment derrière moi.
-Tss ! Ce qu'il peut être de mauvaise humeur !
J'entendis un ricanement dans mon dos. Lorsque je me retournai, je tombai comme par hasard sur Kuroobi.
-On dirait que tu n'es pas la bienvenue aujourd'hui !
-C'est sûr qu'à toi ça fait plaisir... Mais j'ai pas envie de m'énerver avec toi maintenant. Y en a qui sont occupés tu vois !
L'homme raie posa sur moi un regard hautain.
-Toi ? Occupée ?
A croire que j'étais la fille la moins sérieuse au monde...
-Oui je suis occupée ! rétorquai-je en soutenant son regard.
-Et à quoi ?
-Je réfléchis à un cadeau pour... Hé ! Tu chercherais pas à te mêler de mes affaires Kuroobi ?!
-Oh non pas du tout... La naïveté des humaines est juste surprenante.
Il avait au moins le don de me mettre rapidement en colère. Je me mordis la lèvre.
-Fiche-moi la paix.
-On en avait pas terminé toi et moi.
-Je crois aussi.
Sans prévenir, l'homme raie m'infligea un violent coup de poing au ventre. Je grimaçai de douleur et tombai à seulement un mètre de lui. Mais il afficha un visage surpris en me voyant me relever sans le moindre mal.
-Au fait je t'ai pas dit mais... c'est Arlong qui m'a entraînée.
Grâce à mon fruit de la manipulation, je lui clouai les pieds au sol et balançai ma jambe en plein sur sa poitrine. Etant ainsi immobilisé, il ne put que tomber en grognant après moi. Je paralysai alors ses bras aussi et plaçai ma dague sous sa gorge.
-Gagné.
Il serrait la mâchoire de colère et me portait un regard meurtrier. Enfin, là il avait une bonne raison d'être furieux... Soudain, j'entendis des applaudissements. Je me redressai immédiatement et libérai l'homme-poisson de mon emprise, par peur d'avoir trop attiré l'attention. J'eus un frisson dans le dos en me retournant. Il y avait trop de têtes au bout du couloir pour que je puisse toutes les compter mais je reconnaissais Eric, Tao, Smack, et Arlong malheureusement. L'homme requin avait le sourire jusqu'aux oreilles. Il vint près de nous et donna une tape virile sur l'épaule de Kuroobi.
-Sha ha ha ha ! J'y crois pas ! Comment elle a pu te mettre à terre si facilement ?
-Je l'ai sous-estimé… C'était qu'une erreur ! grommela-t-il.
-Quand je te disais de te méfier mon frère !
Arlong passa un bras autour de ma taille.
-Et encore, dis-toi qu'elle sera bientôt deux fois plus forte !
J'arquai un sourcil et levai le menton vers lui.
-T'avais dit que mon entraînement était terminé.
-Ah… je crois que je vais revenir dessus.
-Et pourquoi ?
-Pour une raison qui ne regarde que moi. Et merci pour le spectacle ! fit-il en soulevant son chapeau.
L'homme requin repartait déjà. Je courus jusqu'à lui et barrais sa route.
-Attends ! Pourquoi tu veux que je surpasse les autres ? Tu t'en fichais avant !
-La situation a changé, on doit tous devenir plus forts et toi y compris.
-Hmm… C'était pas moi que tu appelais le « cas désespéré » ?
Il me prit par la taille et me souleva à sa hauteur comme une enfant.
-Vraiment ?
-Oui… insistai-je en le voyant prendre son air indifférent.
Arlong fit mine de ne rien savoir.
-Tes pouvoirs se sont vraiment améliorés, mais tu ne gagneras jamais à mains nues, rajouta-t-il en toute honnêteté. Malheureusement à cause de tes sales humains je suis très occupé, alors il va falloir que tu fasses un petit effort.
-Non ! Je n'utiliserais pas mon fruit du démon encore une fois ! C'était uniquement pour le battre !
Le requin laissa échapper un rire moqueur.
-J'ai les moyens de te forcer à le faire, c'est pas suffisant ?
-Et avec quoi tu vas me faire chanter ? Je crois que je n'ai plus rien de valeur maintenant.
Il eut un air aussi diabolique que malicieux.
-Même pas ce petit insecte collé à Tao ?
J'hoquetai de surprise.
-Mais comment peux-tu être si odieux ?! Et tout ça pour me forcer à utiliser un pouvoir déloyal !
-Moi je vois rien de déloyal… Kuroobi aurait pu t'achever une dizaine de fois si tu ne l'avais pas utilisé. Mais j'espère que tu t'en rends compte au moins !
Il me fit relever le menton vers lui.
-Tu ne m'aurais jamais sorti une connerie pareille avant Mako.
-Qu'est-ce que je t'aurais dit alors ?
-Que c'est une excellente idée, fit-il en souriant.
-Bravo Arlong. Mais je ne marche plus dans tes plans machiavéliques. Et là, j'ai juste très faim.
-Parfait alors je te laisse y aller, dit-il en se retournant. On se voit plus tard.
-Tu ne viens pas ?
-J'ai pas faim.
Il partit sur cette dernière phrase. J'avais la forte impression de l'avoir déçu… Il espérait beaucoup de moi, peut-être un peu trop. Mais je n'étais plus aussi facile à persuader qu'avant.
Je me rendais donc dans la salle à manger. La grande pièce était plutôt vide mais il restait encore quelques plats sur les tables. Je me servais un peu dans chaque et dégustai mon succulent mélange en repensant à ce que j'avais fait dans le couloir. C'était une belle vengeance. Et honnêtement, je ne m'attendais pas à ce que ça marche si bien car malheureusement, mes pouvoirs étaient quelque peu limités. C'était d'ailleurs ce qu'Arlong me reprochait. Il est certain que, même inconsciemment, c'est moi qui refuse d'exploiter mon fruit du démon un maximum. En réalité je ne sais pas trop quoi en faire. Le manger avait déjà été le pire choix de ma vie alors…
Je bâillai et quittai la salle à manger le ventre plein. En passant dans un couloir, je croisai Arlong. Je lui fis un signe de main.
-Ah c'est bizarre j'avais tellement pas envie de tomber sur toi… grommela-t-il.
-Ça fait toujours plaisir !
Je me dressai sur la pointe des pieds et lui pinçai les joues sans prévenir.
-Alors ? Monsieur caprices a bien travaillé ?
Il ne me répondit que par un sourire agacé. Lorsque l'homme requin approcha ses lèvres des miennes, je soutenais son regard et posai un doigt sur sa bouche. Il prit sur lui et se contenta, non sans se plaindre, d'un bras autour de mes épaules sur tout le trajet jusqu'à sa... enfin, notre chambre. J'ouvrais l'armoire pour chercher quelque chose à me mettre après m'être lavée et il esquissa malgré lui un sourire en coin.
-Tu prends toujours mes t-shirts ?
-Je les aime bien. Ça te dérange pas si je les vole tous ? ricanai-je.
-Comme tu veux mais prend plutôt un débardeur ce soir.
-Ah... Pour qu'on voit mes sous-vêtements tellement ce sera large hein ?
-Oh, elle a deviné. Pas si innocente que ça finalement...
Je tirai la langue à l'homme-poisson et me saisis d'un t-shirt avant d'aller dans la salle de bain. Le carrelage en damier était si froid que j'en frissonnai à chaque pas. J'ouvris le robinet de la baignoire et déposai le tas de vêtements à côté du lavabo. Je commençai à me déshabiller en attendant que mon bain soit prêt quand la porte s'ouvrit.
-Aaah ! m'écriai-je en me cachant avec le peu de tissu qu'il me restait.
-Toutes mes excuses, ricana sournoisement l'homme-poisson, je venais justement voir si l'eau était pas trop froide.
-Espèce de sale...
-Mais oui, je sais que tu m'adores !
Je reculai prudemment, jusqu'à toucher malencontreusement le rebord de la baignoire. Un sentiment de peur me prit à la gorge tandis qu'il continuait d'avancer tel un fauve. Inconsciemment, je tendis les doigts vers lui et me servais de mon fruit du démon. Ses pieds s'en retrouvèrent paralysés.
-Ben c'est pas si compliqué finalement ! rouspéta le requin.
-Et si tu me laissais juste prendre un bain toute seule ?
Mon emprise sur son corps s'évapora et il put de nouveau marcher librement. L'homme-poisson se décida enfin à sortir. Je soupirai en haussant les épaules. La tranquillité et le calme devenaient des choses rares pour moi car comme l'avais dit monsieur casse-pieds, je passais mon temps à voyager aux quatre coins de l'Archipel. Depuis un mois, plus exactement. Mais ces derniers temps je craignais qu'Arlong ne décide de choisir quelqu'un d'autre à ma place. Il n'aimait pas que je sois toujours loin de lui et encore moins de me voir sans cesse traîner avec ses hommes. Personnellement je prenais juste ça comme de la jalousie sachant que j'étais aussi de cet équipage et que, par conséquent, je n'avais d'autre choix que de leur parler au moins deux fois par jour. Autant dire que monsieur possessif était de retour...
Après m'être séchée et habillée d'un t-shirt d'Arlong, j'attachai mes cheveux en une longue queue de cheval et laissai quelques mèches brunes sur mon visage. Lorsque je sortis de la salle de bain, un sourire attendri naquit sur mes lèvres. Mon requin préféré s'était assoupi. Je m'approchai de lui à pas lents. Sa bouche légèrement entrouverte découvrait des dents en pointes, et ses cheveux de jais reposaient dans son dos. Je lui retirai doucement son chapeau pour le poser sur la table de chevet, et rabattais la couverture sur son corps.
-Imbécile, tu vas tomber malade... murmurai-je en regardant son visage endormi.
Je me sentais complètement captivé par ses traits, je n'arrivais plus à m'en détacher. Ma main partit d'elle-même caresser ses longs cheveux. Mais soudain, il ouvrit les yeux.
-Hm... Quèche tu fais ? grommela-t-il en émergeant de son sommeil.
-Je veille sur une espèce de misanthrope qui, je crois et j'espère, commence enfin à se guérir. Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
-Je rêve d'une pauvre idiote incapable de mettre un pied devant l'autre quand je ne suis pas là pour l'aider.
-C'est un beau rêve ?
-Aussi beau qu'un cauchemar.
Il me saisit par la taille et me fit grimper sur le matelas pour me ramener toute contre lui comme une peluche.
-Mes t-shirts te vont vraiment bien... mais j'insiste pour dire qu'un de mes débardeurs serait mieux.
-Un jour j'en mettrais un pour te faire plaisir, mais interdiction de me toucher.
Il lâcha un long soupir et ferma à nouveau ses paupières.
-Je te savais pas si cruelle...
Il rouvrit les yeux et m'adressa un franc sourire.
-Puis franchement c'est pas la mort d'être un peu dénudé juste pour une nuit !
Je lui balançai un coussin dessus.
-Baka ! Tu en tomberais par terre si je décidais de t'écouter !
-Ah ! Donc tu prétends avoir un corps assez magnifique pour impressionner ton capitaine ? lança-t-il avec un sourire provocateur. Je demande à voir !
Je n'eus pas le temps de prononcer le moindre mot qu'il soulevait le t-shirt sur mon ventre. L'homme requin ne s'arrêta pas tout de suite dans sa contemplation et décida de me retirer le vêtement. Je poussai un cri à la fois de gêne et de surprise en me retrouvant à côté de lui, vêtue simplement d'un soutien-gorge et d'une petite culotte noirs. Avant que je ne cherche à l'attraper, Arlong eut le réflexe de balancer le t-shirt à l'autre bout de la chambre. Je serrai mes poings tremblants contre ma poitrine et évitait soigneusement son regard.
-Ne me dis pas que je te fais peur quand même ?
-Je... Je suis juste surprise !
-Mais bien sûr... Je ne t'ai jamais fait quoique ce soit, t'as pas à avoir peur.
Je me retins d'évoquer toutes les fois où si, il avait bien tenté, et me recroquevillai contre les coussins, tandis qu'il me fixait avec un tendre sourire que je ne lui connaissais pas.
-J'avoue n'avoir jamais vu un corps si splendide...
Son compliment me fit rougir.
-... et pourtant tu peux me croire que j'en ai vu !
Je serrai les dents et lui lançai un regard noir.
-Ah oui ?! Alors va voir ailleurs ! hurlai-je, soudainement prise de colère.
-Le prends pas comme ça, c'était une blague...
Je lui balançai encore un coussin.
-Une blague ? Et tu crois que je ne sais rien de tes petites aventures avec les sirènes ?!
-Euh... ça doit faire plus d'un an, voir deux.
-Mais j'en ai rien à foutre !
J'étais tellement en colère contre lui, pour je ne sais quelle raison. Les aventures dont je parlais, on me les avait racontées du temps de Tiger et je savais bien que ça remontait à longtemps, quand on ne se connaissait même pas. Mais bizarrement j'avais juste envie de l'engueuler. L'homme requin saisit mon poignet avant que je ne me lève du lit.
-C'était vraiment une blague Mako.
-T'iras dire ça aux sirènes ! Je parie qu'elles ont hâte de te revoir elles aussi !
-Mais t'es pas sérieuse ?! Jamais, je te jure que jamais je ne t'ai trompée !
-... vraiment ? dis-je d'une voix douce, en faisant de mine de l'ignorer complètement.
Il enroula ses bras autour de mes épaules.
-Vraiment.
-Oh... Enfin bon, je le savais.
-Tu viens de me faire tourner en bourrique ou je rêve ?
-Désolé, mais c'était amusant de voir ta tête lorsqu'on évoque les « fameuses » aventures du capitaine Arlong, ricanai-je avec ironie et jalousie mélangées.
-J'en garde pourtant pas un très bon souvenir... m'avoua-t-il.
Je posais ma tempe contre son épaule.
-Avoir toutes ces femmes à tes pieds ne te rendait pas heureux ? Parce qu'on m'a raconté en détail tu sais...
-Les autres croyaient que j'en étais satisfait mais je m'ennuyais à mourir. C'était toujours si fade, je ne ressentais vraiment rien pour elles.
-Et avec moi ?
Je rougis en posant cette question, qui le fit pourtant sourire.
-Tu veux le savoir ?
J'hochai vigoureusement la tête mais il m'allongea de force.
-Parce que tu m'as soupçonné de te tromper, je ne dirais rien.
-Hé ! Avoue au moins que les sirènes te plaisent !
-Si je te disais que non je serais un menteur mais pour moi, tu es différente d'elles.
-Dans quel sens ? insistai-je d'une voix qui se voulait toute innocente.
-Tu me plais bien plus.
Le sang me montait aux joues tandis que je me cachai sous la couverture.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Je te fais rougir ? ricana-t-il.
-Pff... J'y crois même pas...
J'entendis un froissement de tissu, puis sentis une peau chaude se caler contre la mienne. Une main lavande s'occupa de dégrafer mon soutien, tandis que l'autre effleurait mes lèvres. J'allais avoir du mal à fermer l'œil cette nuit...
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L'homme requin repoussa les draps sur son corps nu. Il frotta ses paupières encore un peu gonflées et jeta un regard, accompagné d'un sourire, à la brune endormie. Ses longs cheveux serpentaient joliment le long de son dos et, c'est avec regret, que la couverture cachait le reste de ses formes somptueuses. Il eut, toutefois, un peu de déception de ne voir que son dos nu et seulement un peu de sa poitrine pressée contre le matelas. L'homme-poisson se dit qu'elle devait vraiment être épuisée pour dormir si profondément. Mais la nuit avait été magnifique. Il soupira en détaillant du regard leurs vêtements tout froissés qui trônaient sur le plancher et ne se remémorait que trop bien leurs baisers enflammés qui les faisaient chavirer jusqu'à en perdre haleine.
Et les mains de cette déesse qui le parcouraient cette nuit-là, toute gêne passée.
Et sa voix d'ange qui criait son nom en même temps que souffler son plaisir.
Et ses murmures étouffés contre ses lèvres.
Et les baisers passionnés qu'ils s'offraient…
Jamais, ô jamais il n'avait ressenti ce besoin essentiel de combler les moindres désirs d'une femme et le petit sourire accroché aux lèvres de la brune pouvait en témoigner. Elle aussi, devait encore rêver de cette nuit. Mais comment l'oublier ?
L'homme requin s'assit au comptoir.
-Une bonne nuit mon capitaine ? sourit Tao en reposant la chope qu'il astiquait.
-Excellente.
-Ouais... c'est ce qu'on a pu entendre.
Arlong faillit s'étrangler.
-Qu... quoi ?
-Je plaisantais. Mais apparemment j'ai visé juste !
Le clin d'œil du barman fit grogner le requin. Il se saisit d'une bouteille.
-Occupe-toi de tes affaires...
-D'habitude quand, après une « excellente » nuit, tu viens boire un coup, tu acceptes de me faire part de tes ébats. Serait-ce plus privé cette fois-ci ?
Il arracha un verre des mains du barman, qu'il trouvait un poil trop curieux le matin.
-Mais si j'en juge à ce sourire sur ton visage, l'humaine s'est montrée bien plus que satisfaisante, poursuivit Tao, infatigable. Je me trompe ?
-Arrête avec tes questions, on croirait entendre Shirley...
-Excuse-moi.
Ils soufflèrent tous les deux. Arlong approcha le verre d'alcool de ses lèvres, puis se ravisa. Il était définitivement de trop bonne humeur pour avoir envie de se bourrer. L'homme requin tressaillit en sentant un poids s'appuyer sur son épaule. Il tourna le menton et découvrit sans surprise le visage de la belle endormie. Elle était encore toute fatiguée et somnolente.
-Tu te sens bien ? demanda-t-il, non sans une arrière-pensée.
-Génial... marmonna-t-elle en manquant de laisser tomber sa tête sur le comptoir.
Il passa son bras droit autour des frêles épaules pour la soutenir, tandis que Tao lui amenait un verre d'eau en souriant.
-Et bien, voilà qui confirme mes pensées, ricana le barman.
La jeune femme but le verre d'une traite et referma aussitôt ses paupières sans se soucier des commentaires de Tao. La présence chaude de l'homme requin lui donnait encore l'impression d'être sous la couverture, à rêver en boucle de leur nuit. Elle lâcha un soupir en fourrant affectueusement son visage sous le menton de l'homme-poisson, tout en serrant contre elle ses bras frileux. Devant l'air malicieux du barman, Arlong poussa un grognement et celui-ci quitta son poste pour les laisser seuls. Le requin scie eut alors un bref sourire en voyant Mako remuer les lèvres sans parvenir à dire quelque chose pour autant.
-Pas trop fatiguée ?
-Je vais bien Arlong... Super bien.
-On dirait pas.
La brune releva la tête et lui lança un demi-sourire avant d'embrasser sa large mâchoire.
-J'ai hâte que ce soit ton anniversaire…
-C'est pas si important.
-Moi j'aime beaucoup les anniversaires. Je cherchais un cadeau pour toi…
Le rostre denté chatouillait doucement la peau de la jeune femme, qui laissa échapper un gémissement lorsque son propriétaire s'écarta pour éviter de la blesser par mégarde.
-Et tu as trouvé ?
-Non. Mais que pourrais-je bien t'offrir que tu n'as pas déjà, capitaine Arlong ?
-Maintenant j'ai tout ce que je veux, fit-il d'un ton loin d'être modeste.
Il pressa ses lèvres contres les siennes. Un goût de sel leur emplit la bouche tandis que lentement, ils se décollaient l'un de l'autre. La brune bâilla à s'en décrocher la mâchoire et se frotta les yeux. L'homme requin lui plaqua gentiment la tête contre son torse.
-Il va vraiment falloir que tu t'habitues à mon rythme toi, t'es trop fatiguée là.
-Hmm... Mais c'était génial.
Son ego masculin s'en retrouva très flatté, il la serra un peu plus fort. La jeune femme lutta un moment contre les bras sur son corps et finit par céder au petit caprice de son capitaine. Ce dernier fit taire ses gémissements par un baiser langoureux et apprécia la vue sur ses joues rouges et son air perdu.
-Je rêve où tu as déjà hâte de recommencer ? Suis-je doué à ce point ?
Elle n'osa pas répondre, de peur d'avouer ce qu'elle avait sur le coeur, et se contenta d'un bref sourire avant de baisser les yeux. Elle était encore chamboulée de ce qu'il s'était passé entre eux, mais n'en regrettait pas un seul instant. Ça avait été comme un rêve.
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