Titre : Linguae

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Fantasy

$Parseltongue$

Chapitre 2- Le manoir caché

Comment cet enfant pouvait-il parler parseltongue? C'était la question agitant le Sombre Lord. La seule réponse plausible qu'il avait trouvée était que le petit avait des ancêtres parleurs, et que le don s'était transmis jusqu'à lui. Il observa le garçon, des plans commençant déjà à se former dans son esprit. Tant de possibilités ouvertes par l'apparition du garçon. Cependant, il devait le garder à l'abri, et le faire croire en lui. Il fallait qu'il devienne le repère du garçon. Il l'emmènerait dans sa demeure, et le garderait à l'abri du monde. Le fait qu'il ne parle pas d'autre langue que le parseltongue devrait faciliter l'acquissition de sa confiance. En attendant qu'il puisse s'absenter, le petit resterait dans sa suite. Il informerait Lucius que personne n'était autorisé à entrer. Il se leva et sortit, fermantla porte à clef. Il devait encore organiser quelques raids, pour mettre hors jeu Grindelwald le sombre. La victoire était proche, bientôt il pourrait anéantir ce vieux fou d'Albus Dumbledore et son royaume de miséreux.

Quand Harry se réveilla, il se trouvait dans le plus confortable canapé sur lequelil ait jamais posé les yeux, sous une chaude et moelleuse couverture. Il mit quelques instants à se rappeler les évènements précédant son sommeil, mais à peine ressurgirent-ils dans sa mémoire que son visage s'illumina. Enfin quelqu'un le comprenait, enfin ! Il allait quitter les Dursleys ! Il se leva précautionneusement, en prenant bien garde de ne pas faire glisser la couette sur le sol. Il ne fallait qu'il donne aucune raison au maître Marvolo de le rejeter. Il serait utile et discret. Silencieusement, il se faufila sur ses petites jambes jusqu'à la porte d'entrée. Il tenta de l'ouvrir, mais elle semblait barrée. Il s'inquiéta un peu lorsqu'il entendit quelqu'un siffler.

"$Oh... Marvolo m'a ramené un déjeûner ? Dommage qu'il soit si maigre...$"

Harry se retourna brutalement et aperçut un immense serpent, de près de trois mètres de long, d'un vert sombre.

"$Je... Je ne suis pas votre repas. Maître Marvolo m'a dit qu'il m'emmènerait avec lui.$

$Tu parles, humain ?$

$Vous aussi...$ répliqua innocemment Harry, faisant ricaner le serpent.

$Naif enfant$ ricana le serpent. $Je me nomme Nagini, et toi ?$

$Je suis Harry$

$Et bien, Harry, que fais-tu là exactement ? Tu as dit que Marvolo allait t'emmener avec lui, que cela signifie-t-il ?$

$Le maître Marvolo va me garder avec lui, je devrais juste m'occuper un peu de la maison en échange. Il ne va pas me renvoyer chez l'oncle et la tante.$"

Nagini fixa encore un instant le garçon du regard avant de se détourner et de siffloter quelque chose à propos de souris. Harry tenta de suivre le serpent, mais celui-ci disparut dans un trou dans le mur, bien trop petit pour que l'enfant ne puisse songer à poursuivre l'animal. Il resta un instant désemparé avant de se décider à parcourir les lieux. Outre le petit salon dans lequel il se trouvait, il découvrit un bureau deux chambres et une salle de bain. L'ensemble était luxueux, les murs et le sol de pierre étaient recouverts de tentures et de tapis, les meubles de bois précieux étaient laqués et finement ouvragé, le plafond orné de dorure et d'innombrables bibelots étincelaient sur chaque surface plane. Une magnifique cheminée de marbre trônait dans chacune des pièces. Des chandeliers d'or ou d'argent assuraient l'éclairage, complétant la faible lumière venant de l'extérieur et traversant les fenêtres de fer forgé.

Harry pensa qu'il serait bon de commencer dès à présent à se montrer utile. Il raviva le feu dans la cheminée du salon, et alluma ceux des autres pièces. Maître Marvolo apprécierait sûrement une demeure bien chauffée. La tâche fut laborieuse, les foyers plus grands que ceux auxquels il était habitué, et les bûches plus massives. Il parvint finalement à produire de belles flambées et déposa deux briques dans l'âtre. Il récupéra ensuite la couette sous laquelle il avait dormi et l'amena dans la salle d'eau. Là, il la lava consciencieusement et l'étendit sur une comode contenant des linges pour la faire sécher. Il retourna dans le salon et rajusta les coussins brodés sur le sofa. Passant sa main au-dessus des briques, il convint qu'elles étaient suffisemment chaudes, et les enveloppa dans de grands torchons avant de les placer au pied du lit dont il supposait qu'il appartenait au maître Marvolo, au vu des quelques effectifs personnels présents dans la chambre. Il s'attela par la suite au brossage du manteau laissé par le maître, et au cirage de la paire de botte rangée dans un coin de la chambre. Enfin, il nettoya toute trace de poussière ou de suif résultant de ses travaux. Il utilisa pour cela une serviette trouvée dans la salle de bain, et la fit ensuite tremper dans un bac d'eau chaude pour limiter les taches. À peine eut-il fini sa tâche qu'il entendit une porte s'ouvrir. Il se hâta dans le salon et observa le maître refermer à clef derrière lui, puis se débarrasser de son pourpoint, le déposant négligemment sur un porte manteau. L'homme se laissa ensuite tomber gracieusement dans un fauteuil, et Harry s'approcha.

"$Désirez-vous quelque chose, maître Marvolo ? Toutes les cheminées sont allumées et j'ai pris la liberté de mettre des briques chaudes au pied de votre lit.$"

Riddle lui jeta un coup d'oeil pensif.

"$Très bien, mon petit, très bien. Prépare moi un bain, veux-tu ?$

$Tout de suite, maître Marvolo ? Désirez-vous quelques essences dans l'eau ?$

$Des sels suffiront$

$Bien maître Marvolo. Je vous en prie, déchaussez-vous, je cirerai vos bottes après vous avoir préparé le bain.$

$Parfait... Oh, Harry$ ajouta-t-il alors que l'enfant allait sortir de la pièce, $sers moi donc un verre de ce délicieux vin dans le buffet. Mélange le aux épices qui y ont également.$

$D'accord maître Marvolo$"

Harry ouvrit le buffet et découvrit en effet une bouteille de cristal contenant un sombre liquide bordeau, ainsi qu'un petit sac de soie bleue. Il sortit les deux, et, à peine eut-il ouvert le sac qu'un puissant parfum lui emplit les narines. Un instant enivré, il se figea avant de se reprendre et de sortir du même buffet un gobelet lourd, en métal épais et très travaillé. N'ayant jamais été échanson, il fut prudent et ne versa qu'une pincée d'épices au fond du calice avant de remplir ce dernier de vin. Il faudrait qu'il se renseigne s'il ne voulait pas décevoir le maître. Il porta la coupe à l'homme dans le fauteuil qui s'en saisit avant de taper du pied. Ayant déjà été confronté à une telle situation, Harry s'agenouilla et ôta les bottes de son seigneur. Il les déposa dans un coin de la pièce puis se rendit dans la salle d'eau. Il se saisit des seaux rangés près de la baignoire de faïence délicatement peinte, et les remplit, heureux que le propriétaire du manoir bénéficie de l'eau courante et qu'il ne soit pas obligé de se rendre jusqu'au puit. Il déposa ensuite chaqun des seaux dans une cheminée et déposa au fond de la baignoire un grand drap prévu à cet effet. Il prépara également les sels qu'il mettrait dans l'eau et sortot également le savon qui serait utilisé. Il retourna dans le salon et commença à cirer les chaussures de son maître, lequel semblait perdu dans ses pensées, sirotant son vin, le regard égaré dans les flammes de l'âtre.

Arrivé à bout de la première botte, Harry alla vérifier la température de l'eau, et, constatant qu'elle était idéale, invita son maître à gagner la salle de bain. Il versa un premier seau dans la baignoire avec les sels de bain, puis déshabilla son maître. Une fois installé dans la cuve, il lui versa le contenu du deuxième et du troisième seau sur le corps avant de commencer à le laver. Il fit bien attention à mouiller toutes les parties du corps, puis fit mousser le savon avant de doucement mais fermement masser la peau devant lui, détendant les muscles sous ses doigts habiles. Il rinça son maître avec le quatrième seau, et guida délicatement sa tête en arrière pour tremper ses cheveux, avant de les laver avec soin frictionnant exquisément le cuir chevelu. Il usa du dernier seau en débarrassant les cheveux épais de la moindre trace de savon. Il se recula et allait se relever, mais le Lord l'arrêta.

"$Reste. Détend-moi encore.$"

Le jeune garçon s'agenouilla donc à nouveau auprès de son maître, et continua à malaxer sa peau agréablement, jusqu'à ce que l'eau ne refroidisse, et qu'il ne sèche son maître avant de lui faire revêtir ses vêtements de nuit. Il reçut l'autorisation de se baigner dans le reste d'eau avant de la jeter. Une chance inouïe. Malgré l'eau froide, il profita bien de son bain, avant de se débarrasser de l'eau usagée et de remettre en ordre la salle de bain. Il alla ensuite finir de s'occuper des bottes, et raviver les feux dans les différentes pièces. Ne voyant pas quelle autre tâche faire, il s'allongea en chemise près de l'âtre et s'endormit bien vite. Il ne se réveilla que deux fois pour réanimer les braises et remettre une bûche dans la cheminée.

Il s'éveilla le lendemain peu avant le réveil de son maître, et en profita pour s'habiller, se passer de l'eau sur le visage et sur le cou, avant de s'occuper de faire repartir les feux s'étant éteints malgré lui dans la nuit. Marvolo s'absenta quelques heures, et lui rapporta du pain lorsqu'il revint. Ils quittèrent la demeure dans l'après-midi.

Ils arrivèrent quelques jours plus tard à l'orée d'une forêt immense et touffue. Le coche s'engagea dedans sans hésitation, et l'enfant laissa son regard dériver sur le paysage extraordinaire qui l'entourait. Partout, des arbres gigantesques couverts d'une mousse épaisse, entourés de buissons fournis, et d'herbes luxuriantes. La cîme des branches les plus hautes masquait partiellement le ciel et assombrissait considérablement l'endroit, mais laissait tout de même deviner le merveilleux camaïeu de verts et de bruns s'offrant à l'oeil de l'observateur. Harry s'attendait à tout moment à voir surgir des fourrés quelque créature des rares légendes dont il se souvenait, licorne, elfe ou troll. Il distinguait sous le pas des chevaux et les roues de la voiture le strilles de ce qui lui semblaient être des milliers d'oiseaux camouflés dans la végétation. Perdu dans la contemplation de ces lieux magiques, il remarqua pas le temps passer, et parut surpris lorsque le fiacre s'arrêta, avant d'apercevoir le cocher descendre et ouvrr un immense portail en fer forgé, entouré de hauts murs de pierre à l'air infranchissable. Il fit rentrer les chevaux, puis referma l'entrée, avant de reprendre sa place sur son siège. La voiture repartit, et traversa encore une portion de forêt avant d'arriver dans ce qu'il semblait être un grand parc. Une fois franchit, la diligence se stoppa devant d'imposants escaliers en marbre conduisant à d'imposantes doubles-portes, entourée d'un manoir aux allures de château. Le lord descendit, et Harry le suivit. Ils pénétrèrent la demeure, et suivirent un itinéraire compliqué, que l'enfant ne put retenir. Ils aboutirent à une aile un peu à l'écart des autres, et Marvolo posa sa main sur l'épaule d'Harry.

"$A partir de maintenant, c'est ici que tu vivras. Tu n'iras pas dans les autres parties du manoir. J'attends de toi que cette aile soit maintenue en bon état, et que tu me traites correctement, comme ton seigneur. Tu seras chargé de la gestion de cette partie du domaine. Tu auras donc la responsabilité de la propreté, du bon état des lieux, de la cuisine. Tu seras approvisionné toutes les semaines pour les denrées manquantes. Tu auras accès à une portion du jardin où poussent des légumes et des arbres fruitiers. Je serai le seul dont tu devras te soucier. Pour ce que tu ne pourras pas faire seul, tu me préviendras. Un professeur s'occupera de t'apprendre tout ce que tu as besoin de savoir. Il sera aussi ton mèdecin, et le seul humain que tu verras en dehors de moi. Est-ce clair ?$

$Oui, maître Marvolo. Merci de m'accueillir en votre demeure. Puis-je m'enquérir de l'identité de mon professeur ?$

$Il s'agit de Severus Snape. Celui qui t'a amené à moi.$"