Titre : Linguae
Disclaimer : J.K Rolling
Rating : T
Genre : Romance/Fantasy
$Parseltongue$
Chapitre 3- La vie au manoir
A peine quelques semaines après son arrivée, Harry avait pris possession des lieux et s'attelait à satisfaire au mieux son maître. Tous les matins, il se levait peu après l'aube et préparait le petit-déjeûner pour Marvolo. Il était ravi car il avait le temps et l'autorisation de prendre une écuelle de bouillie. Il l'apportait dans la salle à manger, puis allait le réveiller. Il ouvrait les rideaux, préparait ses chaussons et sa robe de chambre, puis le servait. Il l'habillait puis le coiffait ensuite. Le Lord s'absentait généralement pour la journée, pendant laquelle Harry veillait à l'entretien de l'aile du manoir dont il était responsable. Il vérifiait que tout était en ordre, s'occupait de laver, plier et ranger le linge de son maître, de lui préparer son repas du soir. Quand le maître rentrait, son repas était déjà prêt, ainsi qu'un bain bien chaud et son lit était préparé et réchauffé par des briques. Harry avait été enchanté par le petit jardin potager, qui regorgeait de plants de légumes fertiles et d'arbres fruitiers aux dons juteux à souhait. Le petit jardin était en fait composé d'un coin potager, mais des sortes de dalles japonaises formaient un chemin très agréable à prendre, qui serpentait entre des arbres et des buissons feuillus pour déboucher sur une petite trouée à l'abri des regards, couverte d'une herbe tendre et moelleuse. L'ensemble de l'espace extérieur auquel Harry pouvait accéder ne devait pas excéder les cinquante mètres carré.
Deux fois par semaine venait Severus Snape. Le guérisseur était un homme de lettres et de sciences, véritable puit de savoirs. Il lui enseignait l'art de mettre la table, celui de servir le vin, ou celui de concocter des baumes apaisants ou des mixtures contre divers maux à l'aide de plantes du jardin. Marvolo l'avait défendu d'adresser la parole à son professeur, ou de communiquer avec lui plus que le strict nécessaire, ce qui compliquait parfois un peu l'apprentissage. De même, Snape n'était pas autorisé à dire mot pendant les séances, ni à toucher Harry. Il avait rapporté à son maître toutes les informations concernant l'enfant, et le Lord avait éclaté d'un rire sardonique en entendant que le fils de ceux qui avaient été parmi ses plus virulents opposants était non seulement un parleur, mais également totalement dépendant de lui. La relation entre le maître et l'élève était assez particulière, du fait de leur incapacité -et interdiction- à communiquer entre eux. De plus, l'adulte n'était pas une personne chaleureuse, et jamais un sourire ne venait éclairer son visage sinistre. Harry lui-même faisait difficilement confiance aux personnes qu'il ne comprenait pas, soit toutes excepté Marvolo. Les examens médicaux imposés par le Lord étaient redoutés par les deux. L'un parce qu'il devait accepter de se laisser observer et palper sous tous les angles, l'autre parce que le maître des lieux asssistait à ces entretiens et monitorait le moindre de ses gestes, lui ayant très bien fait comprendre ce qu'il risquait de lui arriver s'il faisait un geste qui ne lui plaisait pas.
L'enfant avait également fait plus ample connaissance avec Nagini, le familier de son maître. La femelle l'avait d'abord jugé indigne de son intérêt, mais s'était vite aperçue qu'il pouvait être assez distrayant de converser avec un autre humain que Marvolo. Sans compter qu'il n'y avait pas d'autre serpent dans la demeure, et qu'Harry lui laissait régulièrement des morceaux de viande crue spécialement à son intention. Elle lui racontait donc de temps en temps de vieilles légendes glanées ici et là -dont le thème principale restait la gent reptilienne bien entendu- ainsi que quelques anecdotes sur Marvolo et la manière dont ils s'étaient rencontrés. Cependant, elle restait toujours très évasive et ne répondait que rarement aux questions de l'enfant.
Harry était heureux, pour la première fois depuis longtemps. Marvolo ne le battait pas, comprenait même sa langue. Il mangeait à sa faim, avait également une chambre à lui, et il pouvait prendre un bain tous les soirs. Ses vêtements étaient à sa taille, et neufs. Malgré tout, il s'ennuyait tout de même de présence humaine à ses côtés. Certes, il avait son maître, mais le petit n'osait pas trop s'approcher de lui, craignant qu'il ne l'apprécie pas et le renvoie chez les Dursleys. Alors il tentait de se contenter de ce qu'il avait, mais la solitude était parfois difficile à supporter, et son humeur se fit plus morose avec le temps. Il en avait parlé avec Nagini, mais cette dernière lui avait répondu que les autres humains étaient inutiles et bruyants, qu'il pouvait se rapprocher de son maître s'il se sentait seul. L'enfant l'avait écouté tristement. Il avait si peur de s'approcher du maître autrement que pour s'occuper de lui. Que se passerait-il si Marvolo trouvait qu'il était un monstre inutile, comme sa famille avant lui ?
Le Lord, de son côté, bien qu'occupé avec ses affaires de passation de pouvoir, gardait pourtant un oeil presque constant sur son protégé, notamment grâce à Nagini. Il avait bien observé la baisse de moral de son protégé, il lui fauddrait faire quelque chose pour cela, qui lui permettrait d'autant plus de le lier à lui. Déjà, ses plans prenaient une forme plus que satisfaisante dans son esprit, il ne faudrait pas qu'une dépression lui gâche ses efforts. Il commença alors à réfléchir pour se rapprocher de l'enfant. Et là résidait tout le problème. Harry, même s'il était son domestique, était avant tout un enfant, créature à laquelle Marvolo n'était pas du tout habitué. Et il ne pouvait déléguer la tâche à personne, souhaitant isoler le garçon de tous sauf lui. Il lui fallut près d'une semaine avant de trouver ce qu'il pourrait faire. Cela ne pourrait d'ailleurs que lui servir par la suite.
Harry venait à peine de terminer de préparer le bain de son mâitre qu'il entendit ce dernier rentrer. Il s'affola un peu : était-il en retard ? Il se pressa de se rendre dans l'antichambre de l'aile pour saluer son maître, qui l'attendait patiemment. Il s'inclina, un peu stressé à l'idée de se faire punir pour ne pas avoir été prêt à temps. Cependant, il faillit sursauter lorsqu'une main froide se posa sur sa joue et le releva.
"$Et bien, Harry, que se passe-t-il ?$
$Je suis désolé, maître Marvolo, je n'ai pas pu vous accueillir, j'ai dû prendre du retard aujourd'hui...$
$Non, Harry, je suis rentré plus tôt. Le bain est-il prêt ?$
$Oui, maître Marvolo, mais il doit encore être très chaud, vous risquez de vous brûler...$
$Allons-y$
Harry suivit son maître docilement, il n'avait pas à juger des désirs de celui qui était si bon avec lui. Arrivé dans la salle d'eau de la suite de Marvolo, il le déshabilla et le laissa se glisser dans l'eau, admirant l'impassibilité de son visage alors que l'eau devait être bouillante. Il s'apprêtait à s'agenouiller à côté de la baignoire pour le laver, mais le Lord l'interrompit.
"$Viens dans le bain avec moi, mon enfant. Ce sera plus confortable pour nous deux.$
Le garçon sembla hésiter, mais un regard appuyé de son maître le convainquit de suivre l'ordre donné. Il se déshabilla un peu maladroitement, et se glissa dans le bain, l'éponge savonneuse dans sa main rendant la tâche laborieuse. Un peu gêné d'être aussi proche de son maître, il commença à le laver délicatement, essayant de le toucher le moins possible, chose difficile dans une baignoire, qui, bien que large, n'avait à la base pas été prévue pour plus d'une personne. Marvolo rapprocha l'enfant jusqu'à l'asseoir sur ses cuisses, et le petit visage passa d'un doux rose à un rouge soutenu faisant esquisser un léger sourire à l'adulte qui passa distraitement ses mains dans les épais cheveux noirs. Le petit finit par se détendre un peu, et reprit sa tâche de nettoyer le corps devant et sous lui.
"$Harry, Nagini m'a rapporté que tu te sentais très seul et que tu n'osais pas me parler... Pourquoi donc ?$
$Je... C'est à dire que j'ai peur de vous embêter...$
$Pourquoi m'embêterais-tu, Harry ? Penses-tu que je t'aurais recueilli si cela me déplaisait ?$
$... Non... Mais vous ne voulez pas que je parle aux autres... Pas même à maître Snape... Et... Je ne suis qu'un domestique...$
$Si je ne veux pas que tu parles aux autres, c'est parce que je veuxte garder en sécurité. Les autres sont méchants, tu sais, les hommes passent leur temps à se faire la guerre, à blesser leurs proches, comme les Dursleys avec toi. Quant à Severus Snape... J'aurais voulu te l'épargner pour ne pas t'effrayer, mais il semble que cela ne soit inévitable... As-tu remarqué que Snape connaissait beaucoup de choses sur tout ? Sais-tu pourquoi ?$
$Non... Il y a une raison ? Il ne l'a pas appris d'un professeur ?$
$En fait, Severus Snape a fait un pacte avec le démon pour savoir tant de choses. Il fait partie d'une confrérie qui se réunit les nuits de pleine lune pour offrir des sacrifices au Malin. C'est l'un des seuls hommes à avoirpénétré le cercle d'un Coven de Sorcières.$"
Harry était complètement effrayé et se serra contre son maître. Des sorcières ? Le diable ? Mais pourquoi donc cet homme avait-il le droit de rester près de Marvolo et lui ? Pourquoi Marvolo ne le tuait-il pas, puisqu'il connaissait son secret ?
"$Cependant, ne t'inquiète pas. Sa magie passe par la parole, et tant que vous ne parlez pas, tout iras bien. Et Nagini et moi serons toujours là pour te protéger. De plus, tant que tu te trouves dans cette aile, rien ne pourra t'atteindre. Tu es en sécurité.$
$Mais pourquoi ne le tuez-vous pas ?$
$Réfléchis un peu, Harry... Vaut-il mieux tuer un sorcier isolé, ou tout un coven de sorcières se roulant dans le stupre avec le Diable ?$
$T-T-Tout un C-C-Coven, maître M-Marvolo...$
$Ne t'en fais pas, Harry, tu n'as rien à craindre dans mes bras. N'aie pas peur.$"
L'enfant resta blotti un long moment contre son maître, avant que l'eau ne refroidisse. Il se dépêcha de les laver tous deux, avant d'accompagner Marvolo dans la salle à manger, plus pour se rassurer que pour montrer le chemin. Alors qu'il allait, à contrecoeur, quitter la pièce pour aller manger dans la cuisine, Marvolo le fit asseoir à côté de lui, et lui offrit un morceau de pain blanc au miel. Les yeux d'Harry pétillèrent et il remercia son maître avec ferveur.
"$A partir de maintenant, tu prendras tes repas avec moi. Tu veilleras à faire un plat assez grand pour que nous ayons des portions correctes. Tu as dû apprendre comment te comporter à table, ne me déçois donc pas.$"
Au moment du coucher, le Lord attira Harry dans son lit, et lui intima de se déshabiller, ordre qui fut rapidement exécuté. Il le coucha à son côté, malgré l'incompréhension d'Harry.
"$Nous prendrons notre bain et nous coucherons ensemble également. Je vais t'apprendre quelques chants, que tu travailleras avec Nagini. J'attends que tu fasses de rapides progrès afin que tu les chantes quand je le souhaiterais.
$Des chants, maître Marvolo ? Mais, je ne sais pas parler autrement que dans la langue des serpents...$
$Il existe des chants pratiqués dans cette langue, mais ils sont très anciens, et je ne suis pas sûr que tu y entendes quelque chose, cependant, je souhaite que tu les saches.$
$D'accord, maître Marvolo$"
Le Lord entonna alors une chanson ancestrale, vestige d'un rituel oublié, crée par un parleur des centaines d'années auparavant. Harry fit de son mieux pour écouter jusqu'au bout la mélodie étrange, mais se laissa un peu bercer malgré lui. À peine les derniers sifflements sortis de la gorge de son maître qu'il étouffa un baillement et s'endormit, blotti contre son protecteur. Le Sombre Lord sourit cruellement en voyant l'enfant si proche de lui, si innocent. Bien. Il gagnait sa confiance. Repensant à ce qu'il avait dit sur Severus Snape, il étouffa un ricanement. Le guérisseur, passer un pacte avec le Malin ? L'idée était risible. Il était vrai que la mère de Snape, Eileen Snape, née Prince, descendait d'une longue lignée de sorcières, mais il pouvait affirmer de source sûre que leur magie se réduisait à une excellente connaissance des plantes et de la nature, ainsi qu'un don certain dans le brassage de potions et poisons. La femme avait d'ailleurs bravé les interdictions de son mari, Tobias Snape, et des autres femmes de sa famille en apprenant à son fils cet art ancestral, le premier refusant que de la magie pénètre sa maison, l'aveugle, les autres arguant conserver un matriarcat dans la société. Eileen Prince fut finalement brûlée vive pour sorcellerie lors du quinzième anniversaire de son fils unique. Son mari mourut mystérieusement quelques semaines après. Severus Snape disparut quelques années durant, voyageant parmi les rares Covens présents dans les quatre royaumes de Griffindor, Hufflepuffle, Ravenclaw et Slytherin, réussissant à s'imposer, malgré son sexe, comme l'un des plus grands plus grands guérisseurs de son temps. Alors, certes, il avait trempé dans quelques affaires obscures, mais elles concernaient les humains, et non les puissances suprieures de ce monde. Marvolo passa sa main sur la joue de l'enfant en une caresse possessive. Il avait de grands projets pour lui, il lui suffisait juste de l'attacher à lui encore plus profondément qu'il ne l'était déjà. Il se dit qu'il pourrait peut-être faire quelque chose pour son anniversaire, le petit allait avoir quatre ans, après tout, et il n'avait sûrement jamais fêté son anniversaire chez ses relatifs. Un sourire torve étira ses lèvres lorsqu'il repensa à ces derniers, ou plutôt, à ce qu'il leur avait fait, une fois toutes ses informations sur le petit récupérées. Dans leur ville, la rumeur courrait qu'un écorcheur rôdait.
Il se calla un peu mieux sous les draps, et s'endormit. Il sentit avant de sombrer complètement Nagini se glisser au pied du lit et s'enrouler parmi les plis de la couette. Tous ses plans étaient parfaits.
