Hey~
Merci à Traff Lamy et Nocturnis-Lepus pour leurs commentaires !
Alors je comprends tout à fait votre point de vue, j'aurais pu facilement introduire Nami dans le coeur de l'histoire vu le contexte, mais j'en avais vraiment l'envie. Et c'est pas le genre de personnage que j'aime exploiter, bien qu'elle ait une personnalité plus complexe qu'on ne le pense !
Mais brefouille, cette fois un chapitre un peu spécial centré sur Tao et Eric (prends plaisir Bigben xD) comme il faut bien les remettre en avant ces deux-là, et montrer un peu comment ça s'est passé pour les autres. Ben oui y a pas que Arlong et Mako qui ont des soucis...
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 27 : Stupide humain
L'homme-poisson titubait lentement au milieu des arbres. Ses bottes couvertes de boue faisaient craquer les branches sous ses pas. Tao était seul.
Suite à la bataille contre la Marine, et au sacrifice d'Arlong, ils avaient tous fait le choix de se séparer. L'équipage n'est plus, comme l'avait désiré le capitaine pour leur sécurité. Chacun est libre d'aller où il le souhaite. Mais l'ancien barman du Superb Shark ne se connaissait pas de "chez lui", pas même à leur île natale sous la mer. Et il en savait un autre dans le même cas que lui : ce petit humain aux cheveux de feu. Malgré leur réticence commune envers ce garçon, il se souvenait de la manière dont tout le monde avait protégé le voleur des combats. Et lui-même, avait fait son maximum pour le tenir loin du chaos, mais avait fini par le perdre de vue. Tao en était sûr, ce pyromane ne pouvait pas s'être fait tué !
Ses poumons lui brûlaient sous l'effort. Il arrivait à peine à dégager les roches qui quelques heures plus tôt formaient les murs du Arlong Park. Une angoisse inconnue lui serrait la gorge. Tout le monde était parti sans se retourner, sans s'inquiéter pour la disparition d'Eric. Dans leur tête ça n'était qu'un gamin qui part et revient comme un chien. Et le blond aurait pensé pareil s'il n'avait pas eu l'occasion de mieux le connaître à bord du navire. De plus, Mako ne lui pardonnerait jamais d'avoir laissé ce pot-de-colle mourir !
Plus il se fatiguait à dégager les pierres brisées et plus ses entrailles faisaient des nœuds dans son ventre. Quelle idée pour un humain de se lancer comme ça ! Sous prétexte qu'il voulait l'aider à se remettre de la mort de Sean, ce qui n'était pas pour arranger sa culpabilité en ce moment. Il se sentait malgré lui dans l'obligation de le retrouver. L'homme-poisson lâcha un grognement : sa plaie à la cuisse le faisait atrocement souffrir. Il s'assit à contrecœur, juste le temps de reprendre un peu conscience et ne pas laisser la fatigue avoir raison de lui, avant de forcer sur ses muscles épuisés pour se relever. Ce qu'il crut être son propre gémissement ne le fut pas. Dans ces ruines, ce paysage dévasté, il entendit comme des pleurs et des reniflements. Tao, qui d'ordinaire était plutôt méfiant, ne se posa pas de questions quand à ces bruits et accourut immédiatement vers leur source en espérant silencieusement s'accroupir devant un jeune humain aux cheveux roux. Le garçon le fixait de ses grands yeux rouges larmoyants. Il se mordait la lèvre dans l'ombre derrière ce mur à la limite de l'écroulement, et ses jambes tremblaient comme en plein hiver. Il n'eut pas le temps de s'interroger que déjà le voleur enroulait ses bras autour de son cou. Ses larmes venaient tremper ses écailles. Il le rejeta malgré lui.
-Qu'est-ce que tu fais encore là ? s'énerva Tao. Tout le monde est parti !
-Tao-kun… tu saignes…
-Arrête de t'occuper de moi ! Je n'ai pas besoin de toi petit humain !
Le plus jeune enfouit aussitôt son visage dans ses genoux.
-Pardon… Tao-kun est seul à cause de moi !
-Qu'est-ce que tu racontes ? C'est toi qui est seul ! Mako n'est plus là pour te protéger !
-Tao-kun est tout seul, sanglota le rouquin. Feu… mon briquet…
Stupide humain ! J'aurais dû écouter Arlong… Le barman s'empara de son col et le jeta sur son épaule. Par chance le stupide humain en question n'avait que des égratignures et des traces de terre, sinon le choc rude contre son corps massif l'aurait brisé en deux. Il se releva en vacillant légèrement. Ses jambes refusaient de le porter, lui et son fichu fardeau. L'homme-poisson s'écrasa derechef. Sa peau écailleuse le picotait de partout, et sa vue faiblissait à tel point qu'il ne faisait plus la différence entre terre et ciel. Il ne sentait plus que les mains du pyromane s'affairer à stopper le saignement. Sa lucidité devait le quitter, mais depuis quand ses touchers étaient si agréables ? Tao réprima un sourire, et usa de ses dernières forces pour soulever un peu sa jambe éraflée et ainsi l'aider à finir ce bandage de fortune qu'il avait réalisé avec ses propres vêtements déchirés. Eric ne cessa de lui crier qu'il devait rester éveillé, et lui, il n'arrivait plus à parler sans sentir ses poumons prêts à exploser. Combien de temps le voleur avait-il pleuré caché dans les décombres, seul ? Quelle importance… De toute façon il hait ce gamin. Mais contrairement aux autres ça n'était pas une question d'aversion envers le peuple humain. Les gens bruyants, et fous en plus de ça, l'avaient toujours rebuté. Alors il ferma ses paupières en faisant le souhait à son réveil de ne pas se retrouver face à ses boucles flamboyantes, ni ses yeux de sang, ou encore sa fichue bouche bavarde !
Et pourtant et malgré lui il ne cessa d'entendre dans sa convalescence des "Tao-kun ! Tao-kun !" à tout bout de champ ! L'homme-poisson se réveilla vaseux, complètement dans les vapes. Les cris du gamin surexcité -pour ne pas changer- ne lui laissèrent pas le temps de réfléchir. Il le poussa loin de lui sans prendre la peine de se contrôler tant il était exaspéré. Eric ne le vit pas venir et se retrouva broyé contre le mur.
-Tao-kun… suffoqua-t-il.
-Hein ? Uh… Mais qu'est-ce que tu fais ?!
Il dégagea immédiatement son bras du plus fragile.
-Humain stupide.
Il souffla. Bon sang un jour il allait vraiment le tuer ! Le garçon reprit sa respiration avant d'immédiatement revenir à l'assaut.
-Ne, feu Tao-kun ?
-Je comprends rien à ce que tu racontes ! Et où est-ce qu'on est ? s'écria-t-il en distinguant les parois de pierre qui les encerclaient et ce feu de camp qui brûlait juste à côté d'eux.
-Pas sûr qu'on soit acceptés à Cocoyashi, alors j'ai trouvé une grotte… Feu Tao est content ? Bien fait ?
-Écarte-toi de moi !
Il le repoussa, cette fois-ci plus doucement, et examina minutieusement cet abri temporaire éclairé par la seule lueur des flammes. Des flammes ? Mais il ne se souvenait pas que le pyromane avait son briquet sur lui ! Lorsque ce dernier s'approcha de plus près, des étoiles dans les yeux, il fit la découverte de brûlures sur ses petites mains aux doigts fins. Il en avait déjà auparavant, mais celles-ci étaient toutes récentes. Tao ne chercha pas à comprendre comment il avait fait (sûrement de la manière la plus dangereuse qui soit) et se contenta de lui asséner une tape à l'arrière du crâne.
-Va donc t'occuper de quelqu'un d'autre !
-A-Aïe… Tao-kun…
Le voleur eut sur lui un regard effrayé avant de partir se recroqueviller comme un escargot dans un coin de la grotte. Il soupira : les pleurs de ce gamin inconscient ne lui faisaient ni chaud ni froid. le barman retira lentement ce "bandage" autour de sa jambe, pour examiner un peu l'état de sa blessure. Son coeur fit un bond spectaculaire dans sa poitrine. La plaie saignante s'était changée en grande cicatrice rougeâtre comme si l'on avait eu recours à une cautérisation. Ses iris noirs fixaient la touffe rousse. Aurait-il pu ? Non, il était bien trop faible, aussi bien mentalement que physiquement ! Mais pourtant, c'était bien ce petit corps de limace qui l'avait traîné jusqu'ici ! Tao poussa un long grognement, il s'appuya sur sa jambe valide et alla se tenir près de lui. Sa grande ombre se projetait sur l'humain.
-Pardon… continuait-il à sangloter la tête enfoui dans ses genoux.
-Relève-toi. Il faut que je te trouve un bateau et que tu t'en ailles.
-Qu… Non ! Non, feu je reste avec toi ! cria le petit en se réveillant de ses pleurs.
-C'est trop dangereux. Mieux vaut que tu retournes avec ta bande voleurs, les Crows, si je me souviens bien.
-Non !
-Je refuse d'avoir un humain dans les pattes. Alors que tu le veuilles ou non…
-Pourquoi feu méchant ? Je t'ai sauvé. Tu as une dette !
-Quoi ?
-C'est comme ça que font les pirates, nan ? Alors tu dois me garder avec toi !
-Hors… de… question !
-Tu ne pourras pas m'en empêcher.
-Ah oui ? Et qui te dit, petit humain, que je ne vais pas t'éventrer ici et maintenant ? menaça-t-il d'un sourire de dents pointues pour l'effrayer.
Le garçon resta droit et impassible face à l'image monstrueuse des hommes-poissons qu'il tentait de lui inculquer à cause de sa naïveté. Eric fit la moue.
-Arrête. Mako dit que le requin fait toujours ça quand il veut l'écarter. Mais c'est trop tard, je sais qui tu es !
-Crois ce que tu veux… je m'occuperais jamais de toi.
Il partit se rasseoir de l'autre côté du feu. La grotte étant si sombre, il devina qu'à l'extérieur il faisait tout aussi noir. Le rouquin commençait d'ailleurs à bâiller et se laisser attirer par le sol froid. Tao soupira de plus belle. Même si ce petit est résistant comme de la vermine, il n'était pas cruel au point de le laisser congeler dans son t-shirt. Sa main palmée attrapa doucement sa ceinture et le tira près de lui.
-Repose-toi, on parlera demain.
La tignasse enflammée poussa, évidemment, des glapissements insupportables dans ses oreilles. Et sans compter son odeur de brûlé ! Ses bruits de chaton content ne s'arrêtèrent qu'une fois blotti contre ses écailles. Il soupira une fois de plus. Si c'était le seul moyen pour qu'il se calme alors tant pis, il laissa le plus jeune s'allonger sur ses écailles et lui intima de se taire, ce qu'il fit contre toute attente. Le pyromane surexcité devint muet comme une carpe et très attentif à sa respiration, il craignait sûrement de toucher par mégarde à sa cuisse encore douloureuse. Mais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire Eric avait serré les bras de Morphée, au grand soulagement de son oreiller qui n'en pouvait plus d'éviter ses yeux rouges qui le cramponnaient. Il ne comprenait pas comment il avait pu se laisser attendrir à bord du Superb Shark. La mort de Sean était encore fraîche dans sa mémoire, alors la solitude y était sûrement pour quelque chose. Et il préférait d'ailleurs se dire que c'était cette même solitude, ainsi que cette basse température, qui le poussa à fermer ses paupières dans une étreinte avec le pyromane.
A son réveil le feu était éteint, mais la grotte irradiée par une douce lumière leur arrivant tout droit du ciel. Des couinements plaintifs sous son menton le firent sursauter. Il passa de l'entrée de l'abri de pierre au visage semi-boudeur d'Eric, qui semblait forcer sur ses bras de crevette pour se défaire de ceux qui le plaquaient à son torse musclé. Tao ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait tenu si fort contre lui durant son sommeil. Il le lâcha, le rouquin prit une grande inspiration.
-Haa… Ça fait dix minutes que j'essaie de me lever ! s'écria-t-il.
-Excuse-moi. Je n'ai pas fait attention.
-Feu non ! Tao-kun m'a fait un câlin toute la nuit… chuchota le petit avec ses joues cramoisies.
Il poussa un long grognement et l'écarta d'une bonne pichenette sur le front. Ce gamin allait le rendre fou ! L'homme-poisson prit appui contre le mur, se releva, balaya les cendres noires du regard et se dirigea vers la sortie sans attendre son cher fardeau qui lui courut après.
-Feu ! ricana-t-il en sortant le premier.
Une gigantesque forêt de sapins vert, dont la pointe semblait viser les nuages de coton, s'étendait devant eux. En somme un paysage qui ressemblait mal aux cocotiers familiers des villages en bord de mer, à East Blue.
-Où tu nous as emmenés ?
-Hm… sais pas. Juste loin d'Arlong Park.
-Et donc loin des villages. Bien, on va continuer comme ça et quitter l'Archipel Konomi.
-Feu ! On va où ?
-J'en sais rien. Fais ce que tu veux.
-Mais…
Il fit mine de ne pas entendre ses sons plaintifs et se mit en route à travers les bois, clopin-clopant, mais sans vraiment savoir où aller. Il se retrouva rapidement soutenu par les bras minces du garçon, qui avait définitivement choisi de le coller à tout prix. Le souffle qui franchit ses lèvres ne fut pas d'agacement, cette fois-ci. Arlong n'avait jamais manqué d'exprimer son dégoût des humains, et ne montrait que rarement tout ce que Mako avait su lui apporter, sûrement pour ne pas influencer leur jugement. Mais ça variait d'un à l'autre ! Tao le savait bien pour en avoir côtoyés quelques uns dans le passé. On ne peut pas juger un peuple entier par un seul exemple. Et même en y croyant dur comme fer il s'écartait du voleur par instinct. Pas que sa peau humaine contre ses écailles le répugne, mais il n'avait pas l'habitude. Il craignait évidemment de le blesser par mégarde. Il avait déjà failli l'étouffer à deux reprises ! De plus, Eric connaissait visiblement mal le corps des hommes-poissons. Ses dents seraient capables de le déchirer. Ne voyait-il pas ? Mako savait pourtant. S'il faut elle garde ses distances, et respecte les limites du requin face aux pratiques purement humaines. Mais Eric est innocent, immature et insouciant ! Il est incapable ou fait mine de ne pas voir les différences qui les séparent et le rendent dangereusement fragile une fois à côté d'un être comme lui. En somme devoir surveiller ce garçon l'agace.
Le trajet jusqu'à une cabane perdue au beau milieu des bois lui parut être une éternité. Il avait tellement envie de lui éclater le crâne contre un arbre, et qu'il la ferme un peu ! Mais son bon sens le rattrapait toujours : ce n'était qu'un petit humain. Ils pénétrèrent ensemble dans cette minuscule demeure toute en bois, qui avait sûrement un jour appartenu à un chasseur, mais ne présentait plus aucune trace de vie si ce n'est quelques meubles à l'abandon. Il se laissa choir contre la commode et le roux de même. Il tâta délicatement son bandage improvisé sous ce regard si indiscret. Eric le fixait à chaque moment avec sa bouille de gamin, seulement vieillie de quelques années par ses cicatrices de brûlure. Le voleur poussa un gémissement et posa sa tempe contre les douces écailles de l'homme-poisson.
-On dort ici ?
-Personne te retient.
-Je reste avec Tao-kun, quoi qu'il arrive !
-C'est ça… et dégage ta tête. Tu m'as pris pour ta peluche ?
-J'aime Tao-kun…
Le barman écarquilla les yeux de surprise avant de les baisser. Il choisit de faire comme s'il n'avait rien entendu, car venant d'Eric, pour lui ça n'était pas sérieux. Mais le garçon bascula plus proche et se frotta à son épaule. Il le rejeta avant qu'il ne se griffe la peau sur des caresses à contresens, qui rendaient le contact désagréable avec ses écailles. Les yeux couleur sang du gamin s'embuèrent aussitôt de larmes.
-M-Mais je t'aime !
-Reste loin de moi ! Tu es complètement cinglé.
-… T-Tao-kun.
Il tenta bien de tendre la main vers l'homme-poisson, mais celui-ci la balaya aussitôt. Son torrent salé ne parvenait plus à s'arrêter, le roux pleurait contre ses genoux, sous le regard ferme et catégorique de Tao. Ce dernier avait été clair, il ne voulait pas de petit humain avec lui. Il avait fait une concession, par pitié, mais ça partait trop loin ! Et le voir s'apitoyer pour un "non" le faisait malgré lui se sentir coupable. Même si ses sentiments ne pouvaient pas être réfléchis, il n'était à ses yeux qu'un gosse en manque d'affection, alors il se rabattait sur n'importe qui. Ça aurait pu être un autre, se disait Tao. Un "je t'aime" fait généralement se sentir uniques les gens, mais dans de telles conditions il n'arrivait qu'à le détester un peu plus.
Ainsi seuls ensemble, côte à côte, sans plus rien à se dire, le malaise était profond et le temps long. Il fallut presque une heure de silence au blond pour voir la fin des pleurs et des reniflements. Plusieurs fois il avait été tenté de le consoler, mais ça n'aurait fait qu'encourager le petit dans son jugement amoureux. Eric n'osait plus le regarder dans les yeux. Sa bouche bavarde ne s'ouvrait plus. Il restait recroquevillée sur lui-même, la respiration saccadée de spasmes. C'en fut trop pour le barman. Être pirate n'avait jamais su altérer sa compassion ! Il posa une main rassurante sur son épaule, il releva enfin la tête. Ses paupières étaient rougies et ses yeux injectés de sang à force de pleurer. Le voleur se mordit la lèvre devant son regard semi-inquiet.
-Feu… pardon…
-Va prendre l'air, ça te calmera.
Tao le força à se lever, mais le jeta aussitôt par terre et lui fit signe de se taire. Par les fenêtres poussiéreuse il apercevait des uniformes blancs, et bleus, dans les bois. Eric eut un froncement de sourcil devant le regard affolé de l'homme-poisson, qui d'ordinaire ne perdait que rarement son calme. Et dès qu'il ouvrit la bouche pour lui en demander la cause, sa main palmée se plaqua violemment contre ses lèvres. Il se remit aussitôt à pleurer, croyant l'avoir encore mis en colère.
-Chuut… arrête de couiner ! lui murmurait le barman en surveillant la porte du coin de l'œil.
Les bruissements du dehors ne semblaient pas alarmer le rouquin plus que ça, puisqu'il continuait de sangloter. Sachant désormais son affection, Tao ne vit d'autre solution que le prendre dans ses bras pour le calmer. Ses larmes venaient lentement tremper sa poitrine, tandis qu'il s'accrochait fort de ses mains brûlées.
-Tout va bien… chuchota-t-il par instinct. Je reste avec toi.
Il continua à bercer le voleur de sa voix jusqu'à ce que les soldats soient partis, mais même après il ne réussit pas à le lâcher. C'était comme s'il craignait de le briser, et à la fois de le noyer. Il était si fragile que penser à l'abandonner ou le laisser avoir mal était un choix difficile. Son étreinte se resserrait progressivement, il déposa un rapide baiser dans ses boucles rousses. Cet enfant ne cessera jamais l'inquiéter…
