Titre : Linguae
Disclaimer : J.K Rolling
Rating : T
Genre :Romance/Fantasy
Note : remerciements à ma nouvelle bêta-reader/correctrice, Persona Aevum
$Parseltongue$
Chapitre 4- La vie au manoir
Si au départ, Harry s'étonna de la nouvelle organisation de vie désirée par le Lord, il ne s'en plaignit pas. Il avait plus de contact avec lui, ce qui le remplissait de joie. Par contre, il se découvrit une crainte presque maladive à l'encontre de Severus Snape. Le guérisseur, quand il s'en était aperçu, avait tenté de découvrir de quoi il retournait, mais le Lord lui signifia qu'il ne devait pas s'en faire, qu'il n'était pas là pour poser des questions mais pour servir de précepteur. Cependant, au bout de quelques cours dans une ambiance horrible, à être fixé par un regard terrifié, l'homme déclara qu'il ne pouvait plus enseigner. Il fut sévèrement puni, mais sa tâche lui fut retirée, à son grand soulagement. Harry aussi sentit comme un poids s'ôter de ses épaules lorsqu'il appris que Severus Snape ne viendrait plus le voir qu'en cas de maladie. Le sorcier ne pourrait ainsi pas le manger ou le maudire.
Vint bientôt juillet, et Harry eut la surprise de découvrir un paquet sur la place encore chaude de Marvolo. Il s'inquiéta tout d'abord de ne pas s'être réveillé assez tôt, et d'avoir failli à ses devoirs, avant de se dire que si le maître avait été mécontent, il l'aurait réveillé comme sa tante Pétunia le faisait : à coup d'eau froide. Cependant, alors qu'il posait ses pieds sur le sol pour aller à la cuisine, la porte s'ouvrit, et il découvrit le Lord, en robe de chambre, un mince sourire aux lèvres, ses yeux sombres insondables comme à leur habitude.
"$Réveillé, petit serpent ?$
$Pardonnez-moi, maître Marvolo, j'étais endormi trop profondément, j'aurais dû être debout avant vous...$
$Ne t'en fais pas, j'avais décidé de me lever avant toi, aujourd'hui. Suis moi$"
Le Lord prit le paquet sur son oreiller en voyant qu'Harry ne s'en saisissait pas, et se dirigea vers le salon.L'enfant était un peu frissonant dans sa chemise de nuit légère après être sorti des draps chauds et cela malgré l'air tiède du matin, et il se hâta à la suite de son maître. Le Lord s'installa confortablement dans un fauteuil imposant, et prit le garçon sur ses genoux, l'enveloppant dans sa robe de chambre molletonnée. Harry soupira de soulagement sous la chaleur combinée du tissu épais et du corps contre lui. Le maître lui tendit le paquet et il le saisit, ignorant de ce qu'il devait faire. Peut-être devait-il l'apporter à quelqu'un? Mais le Lord l'avait bien prévenu : il ne devait pas sortir, ni avoir de contact avec personne d'autre que lui ! Aurait-il changé d'avis ? Harry n'était pas sûr que cela lui plaise... Il y avait tant de méchantes personnes dehors, entre les gens comme les Dursleys, ou les sorciers comme Snape... Ici, Marvolo le protégeait. Cependant, il fut bientôt plus que surpris:
"$Et bien, petit serpent, tu n'ouvres pas ton cadeau ?$
$Mon... Mon cadeau ?$
$Et bien, oui, je ne vois personne d'autre ici que je pourrais appeler 'mon petit serpent'$
$C'est... C'est la première fois que je reçois un cadeau... Mais pourquoi ?$
$Tu ne sais pas ? Aujourd'hui est un jour spécial... C'est ton anniversaire$
$Mon anniversaire ?$
Une réminiscence s'imposa dans son esprit. Une vague sensation de chaleur, des bougies, une odeur sucrée.
Il prit le cadeau tendu par le Lord, délicatement, et n'osa l'ouvrir que doucement, après un bref regard de confirmation par son maître. Au sein du papier épais et rigide, un bracelet en cuir tressé. Il le contempla comme on admire un trésor. Avec adoration. C'était le premier cadeau qu'il recevait et dont il se souvenait. Dans ses mains tremblantes, les liens en peau semblaient un peu usés, entremêlés dans un tressage compliqué. Marvolo saisit le présent et l'accrocha au poignet fin de l'enfant. Il fit deux tours autour de l'os pour ne pas qu'il tombe. Harry dodelina de la tête, pris d'une soudaine torpeur, un peu nauséeux. Le coeur battant, il se laissa tomber comme une poupée de chiffon sur son maître, dénué de toute force.
Marvolo étira ses lèvres en un rictus torve. L'enchantement marchait. Sous prétexte d'un présent, il avait enchaîné le garçon à lui encore un peu plus. Il avait ensorcelé le bijou pour qu'il affaiblisse son porteur et le rende plus sensible et vulnérable à la suggestion et au langage non-verbal de son entourage, et en l'occurence, celui du Lord seul. L'enfant allait petit à petit lui être plus dépendant. Il ricana lorsqu'il pensa à ce qu'il avait raconté sur Severus Snape à son protégé. Oh non, le guérisseur n'avait rien de maléfique... Lui, en revanche... Dire que le petit craignait le sorcier lorsqu'il restait proche du démon ! Il le mena jusqu'à la chambre et le coucha avant de se pencher sur le corps encore frémissant et inerte. Il faudrait encore au moins une journée avant que le sortilège n'imprègne son être. Il se pencha sur le cou découvert, à sa merci, et huma longuement le parfum d'innocence dégagé par le corps chaud. Il résista à l'envie de mordre cette peau douce et tendre, et se recula, les yeux brillant d'un feu animal. Il sortit de la table de chevet ouvragée une dague magnifique et effrayante, sculptée sur le manche de dessins merveilleux représentant d'horribles démons. La lame curve était ornée de fines gravures en langue druidique. Il approcha la lame du front du pauvre inconscient, et, psalmodiant une litanie en Parseltongue, grava dans la chair la forme caractéristique de Sieg*, la rune-éclair. La plaie suinta un instant avant que le sang ne se tarisse de lui-même. Le Lord maléfique récupéra les quelques gouttes écoulées avant de les porter à ses lèvres. Délicieux.
Harry s'éveilla le jour suivant, engourdi d'esprit et de corps. Difficilement, il se redressa, et fut aidé dans son entreprise par des bras puissants qui le maintinrent à moitié assis, à moitié allongé. Il porta à sa bouche un verre d'eau claire, que l'enfant s'empressa de boire, assoiffé. Il tenta de se lever, mais, trop faible, ne put faire beaucoup de mouvements avant de retomber endolori.
"$Que... Que m'arrive-t-il ?$
$Ne t'inquiète pas, petit serpent, tu as fait un malaise hier, et tu es encore un peu faible. Tu vas devoir garder le lit pendant un jour ou deux.$
$Un malaise ? Pourquoi ?$
$Tu devais couver quelque chose, sûrement. Mais ne te fais pas de soucis, je t'ai soigné.$
$Vous... Vous m'avez soigné... Merci, maître Marvolo, je vous suis infiniment reconnaissant...$"
$Voyons, qui serias-je pour laisser mon protégé en mauvaise posture ?$
$Votre... Votre protégé ?$
$Que pensais-tu être, Harry ?$"
Fondant en larmes de joie, l'enfant hoqueta des remerciements a travers de ses sanglots. Quelqu'un voulait bien de lui, enfin ! Il n'était plus seul, le Lord l'aimait ! Il tomba rapidement endormi dans les bras de son maître, assomé par le rituel pratiqué à son insu et les émotions par lesquelles il se retrouvait submergé.
Quelques jours plus tard, la vie reprit son cours. La seule différence était la dévotion de Harry, toujours plus grande. Le garçon faisait tout pour satisfaire son maître, et n'était jamais plus comblé que lorsqu'il recevait une approbation ou un sourire de son protecteur.
Les semaines passèrent lentement et calmement, puis les mois et les années.
*La rune Sieg, ou Siegel ou Sowilo, est une rune en forme d'éclair, représente le soleil et transporte son pouvoir. Elle est d'une grande puissance, et son pouvoir est principalement bénéfique lorsqu'il est utilisé correctement. Cependant, elle représente également la résistance face à la mort et au morcellement. Elle est une force brute et directe, permettant d'atteindre ses objectifs par magie. Son est le [S]. Son herbe associée est le gui, plante semi-parasite.
