Titre : Linguae
Disclaimer : J.K Rolling
Rating : T
Genre : Romance/Fantasy
Note : remerciements à ma nouvelle bêta-reader/correctrice, Persona Aevum ; présence de liaison entre un adulte et un jeune adolescent
$Parseltongue$
Chapitre 4- La rencontre
Harry grandit jusqu'à devenir un vigoureux jeune garçon de quatorze ans, toujours aussi dévoué à son maître Marvolo. Il continuait d'ailleurs à prendre ses bains et à dormir dans les bras de son maître, inconscient des moindres convenances. Tous les ans, à l'occasion de son anniversaire, Marvolo lui offrait une pierre qu'il sertissait sur son bracelet, devenu d'argent lors de son neuvième anniversaire. Le jeune homme n'avait encore jamais quitté son aile depuis son arrivée, cloîtré mais heureux dans son havre de paix. Les rares fois où il tomba malade, il fut soigné par son maître, ce qui le rendit d'autant plus attaché à lui.
Depuis quelques jours, le Lord semblait un peu plus agité qu'à son habitude. Une personne extérieure n'en aurait rien deviné, mais Harry qui avait appris à deviner le moindre de ses états pour anticiper ses désirs s'en aperçut rapidement. Cela l'inquiéta un peu. Avait-il fait quelque chose de mal ? Que préoccupait son maître ainsi ? Néanmoins, il tînt sa langue : ce n'était pas son rôle de poser des questions, et il n'aurait pas cette outrecuidance. Le Lord lui parlerait lorsqu'il le voudrait. Finalement, lors d'un repas, d'ordinaire plutôt silencieux, Marvolo observa longuement Harry, avant de poser ses couverts et de ramener ses mains sous son menton.
"$Harry... D'ici quelques jours, des personnes vont venir loger dans cette aile du manoir...$
...
$Je ne souhaites pas que tu aies de contact avec elles. Comme d'habitude, tu ne verras que moi. Cependant, tu seras restreint à ma suite.$
$Bien, maître Marvolo, mais ne pourrais-je plus vous servir ?$
$Tes tâches seront restreintes à la tenue des pièces auxquelles tu auras accès, au bain, et à mon divertissement lorsque je me retirerai auprès de toi.$
$Ce sera fait selon votre désir, maître Marvolo$
$Bien$
$Si je peux me permettre, combien de temps vos invités resteront-ils ?$
$La durée n'est pas encore définie. Tout dépendra de l'avancée de nos projets.$"
Harry reçut du Lord un regard lui intimant d'arrêter de poser des questions et continua de manger le contenu de son assiette. Confiné pendant une durée indéterminée dans quatre pièces! Il n'allait pas s'en sortir ! Il se tût malgré tout. Une fois que son maître eut terminé son plat, il débarrassa la table, et lui servit son vin chaud épicé habituel, se positionnant aux pieds de Marvolo, lequel appréciait de laisser courir ses doigts dans les cheveux de Harry, dans un moelleux fauteuil, devant un bon feu et une agréable boisson. Très vite, l'heure du bain puis du coucher arriva. Au chaud entre les draps et le bras de son Seigneur, Harry chanta une des nouvelles chansons apprises par le Lord. Comme d'habitude, il ne comprenait pas un mot de ce qu'il sifflait. Son maître lui avait expliqué qu'il s'agissait d'un dialecte ancien, et qu'il n'y avait aucun chant en parseltongue dit 'moderne'. Cependant, il avait refusé de lui apprendre cette langue, tout comme il lui avait refusé l'nseignement de la lecture ou de l'écriture. Il demeura un long moment éveillé après l'assoupissement de Marvolo, ses doigts retraçant machinalement les symboles gravés dans son bracelet, ses pensées errant sur son prochain isolement. Il finit par sombrer dans un sommeil perturbé.
Un peu moins d'une semaine plus tard, son calvaire commença. Reclus dans les apartements, il dépérissait. Le ménage ne lui prenait pas la matinée et son maître ne le rejoignait que tard. Bien sûr, pour s'occuper, il pouvait tisser ou broder, mais cette activité le lassa vite. Habituellement, il consacrait beaucoup de temps à la confection des repas de son Seigneur, et s'occupait du jardin en s'entraînant assidûment sur les chants appris par Marvolo. Quand il lui restait du temps, il se promenait dans ses jardins. Mais là, le seul rayon de soleil venait des fenêtres qu'il gardait ouvertes le plus possible. Il étouffait.
Cependant, un jour qu'il était à la fenêtre, alangui devant l'extérieur qui le faisait languir, il fit un soudain bond en arrière. Un homme ! Un homme était perché sur le montant de bois devant lui. Il était impressionnant de par sa carrure massive et ses membres longs et massifs. Son visage taillé à la serpe était encadré de cheveux et de favoris gris, et ses yeux étaient si perçants qu'on aurait bien du mal à définir leur couleur. Il émanait de lui une odeur puissante, mélange de terre, de sang et de sueur. Il était effrayant. Il sauta souplement dans la chambre, et l'impact avec le sol ne fit aucun bruit malgré sa masse. Harry recula prestement, sans quitter l'homme des yeux. Il chercha la poignée à l'aveugle, mais fut brusquement plaqué contre le bois dur de la porte, un visage plongé contre sa jugulaire.
"Ainsi c'est donc toi que je sens depuis que je suis ici... Tu as une odeur délicieuse, chiot. Elle serait encore plus succulente si elle n'était pas corrompue par la magie de ce serpent de Voldemort.
...
Et bien, tu ne dis rien ? Serais-tu idiot ? Pourquoi le Lord te garderait-il caché ici ?
...
Répond !"
Il reserra sa poigne et Harry laissa échapper un sifflement de douleur. L'effet fut instantané, et l'homme le lacha et recula de quelques pas, grognant. L'enfant sereplia sur lui-même, tentant de se protéger. Il n'avait pas compris les sons produits par l'étranger, mais ils avaient provoqué un écho dans ses pensées. Il n'arrivait pas à se souvenir de tout, mais une impression diffuse de douleur, de tristesse et de solitude le submergea.
Fenrir étudia le corps sous ses yeux. Il était un enfant, peut-être un adolescent, ses traits encore arrondis par l'enfance. Sa peau mâte semblait soyeuse. Ses cheveux broussailleux et indomptables semblaient d'encre quand ses yeux brillaient comme le jade. Ses mains étaient fines, mais des cals étaient visibles, signe d'un travail manuel régulier. Et il parlait le langage des serpents. Ceci expliquait sûrement pourquoi le Seigneur le gardait près de lui. Il aperçut au poignet du garçon un bracelet serti d'une dizaine de pierres précieuses. Il se saisit du membre du garçon et l'examina. Chaque pierre était gravée et le bracelet lui-même, en argent, était recouvert d'étranges symboles que le loup finit par reconnaître comme des runes. Voilà d'où venait l'odeur de la magie. Il lacha le bijou comme s'il l'avait brûlé. Il fallait mieux se garder de côtoyer les runes de trop près. Leur magie était puissante, certes, mais corruptrice.
Le petit était toujours ramassé sur lui-même, et Fenrir saisit son menton d'une main, le levant pour faire se rencontrer leurs regards.
"Tu me comprends ?"
Il n'eut qu'un tressaillement comme réponse. Il plaça sa main sur sa poitrine, et se présenta.
"Fenrir."
Il dut recommencer plusieurs fois avant que le jeune garçon ne comprenne. Finalement, il se désigna, et siffla :
"$Harry$
Quoi ?
$Harry$
Shhhhshahhhhrhhryssss ?
$Ha-Rry$
Hhhha-Rryss... Harry ?"
Il reçut un sourire timide en réponse, et il sentit ses entrailles se réchauffer doucement. Peu de personnes lui souriaient ainsi. Il était considéré comme un monstre par la plupart des gens, et ceux qui le respectaient le craignaient trop pour lui sourire. Il aperçut une cicatrice sur le front du garon, à moitié cachée par les cheveux. Il dégagea quelques mèches, et fut horrifié de découvrir une rune gravée à même la chair. Il se garda d'afficher ses émotions, et désigna la marque du doigt, prenant soin de ne pas la toucher. Le garçon effleura la rune avant de lui sourire plus franchement. Fenrir la désigna à nouveau avec insistance, et Harry crut qu'il voulait voir les autres, quand l'intrus souhaitait connaître la provenance du stigmate. Le garçon commença à se déshabiller, sous le regard surpris, mais nullement pudibond de Fenrir. Il lui montra ensuite fièrement toutes ses blessures. Il y en avait une dizaine, et Fenrir fit vite le rapprochement avec le bracelet que portait le jeune homme. Les cicatrices se trouvaient surtout au niveau du ventre, du dos et du coeur de l'enfant. L'homme fit bien attention à les retenir. Il faudrait qu'il contacte quelqu'un capable de lui dire à quoi elles correspondaient, et son instinct lui criait que le Lord, bien qu'expert, était bien trop trempé dans l'histoire pour lui répondre.
Il avisa de la position du soleil par la fenêtre, et se rendit compte qu'il allait être en retard pour une réunion avec son hôte. Il se releva, et se pointa de l'index, avant de le mettre sur sa bouche.
"Chhht."
Harry réfléchit un peu avant de sourire, et d'imiter l'homme.
"$Schhh$"
Un rictus déforma les lèvres de Fenrir, et il s'échappa, toujours par la fenêtre. Harry se retrouva seul, nu et un peu désemparé. Le reste de sa journée se passa comme dans du coton. Il se sentait fébrile. C'était la première fois qu'il rencontrait un inconnu depuis qu'il était là, si l'on exceptait l'horrible sorcier Snape. Il avait un secret ! Quelque chose qui n'apartenait qu'à lui ! Il se sentait tout excité, et laissa un gloussement s'échapper de ses lèvres, qu'il mordit aussitôt.
"$Fenrir$"
Il fit longuement rouler le prénom sur sa langue, puis dans son esprit, jusqu'à s'en imprégner complètement.
