Titre : Linguae

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Fantasy

Note : remerciements à ma bêta-reader/correctrice, Nachtfrost Yuu ; présence de liaison entre des adultes et un jeune adolescent

$Parseltongue$

Chapitre 7- La Cour

Le coeur de Harry battait à tout rompre. Les lèvres étrangères posées sur les siennes lui faisaient l'effet d'une décharge électrique. Il ressentait le sang jaillir dans ses veines à toute vitesse dans un fracas assourdissant. Son corps se couvrit presqu'instantanément de sueur, et il se sentit nauséeux. Il tourna de l'oeil dans les bras d'un Fenrir décontenancé.

Heureusement, il se réveilla rapidement, et le berserker n'était pas encore parti. Il le fixa du regard avant de se mettre à rougir horriblement. L'homme eut un sourire narquois, et ramena le garçon contre lui. Il le serra contre son coeur et essaya de se rappeler le peu de gestes d'affection et de réconfort qui lui avaient été prodigués dans son enfance. Son clan n'était pas le plus doux parmi les civilisations de ce monde. Il caressa, certes maladroitement au début, les cheveux de l'enfant dans ses bras. Harry tremblait un peu, et Fenrir se demanda s'il n'avait pas choqué l'enfant pour de bon. Il fut contredit -et hautement surpris- quand le garçon se redressa timidement dans ses bras et pressa maladroitement et à plusieurs reprises ses lèvres contre les siennes. Le jeune homme ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais le contact était très agréable et le laissait tout pantelant, les entrailles frémissantes. Fenrir se laissa faire un moment avant de participer un peu plus activement à l'échange, ouvrant la bouche et sortant la langue. L'action surprit Harry qui rouvrit brutalement les yeux et tenta de se reculer, malheureusement pour lui, la prise ferme sur sa taille l'en empêcha. Fenrir lui sourit le plus tendrement et doucement qu'il put avant de lécher à nouveau les lèvres du garçon. Ce dernier se tendit encore quelques secondes avant de se calmer et de fermer les yeux, savourant cette sentation plus qu'étrange, mais, étonemment agréable.

Il se délecta encore quelques minutes du passage humide sur ses lèvres avant que Fenrir ne lui offre un dernier baiser et ne se recule. Harry se raccrocha à ses vêtements, avide de contact, mais si l'homme consentit à lui lui offrir une dernière caresse linguale, il s'en retira tout de même. Il lui caressa délicatement la joue et prononça son nom avant de passer par la fenêtre. Juste avant de sauter, il mit son index devant sa bouche et attendit que Harry fasse de même. Il sourit alors, puis disparut.

Quand le Lord retrouva ses appartements le soir, il trouva Harry assis sur le lit, près de la fenêtre, regardant le ciel au travers de cette dernière, un main posée rêveusement sur sa joue. Le feu était sur le point de s'éteindre, et aucune collation ou verre de vin ne l'attendait. Il s'agaça un peu. Où était passé son serviteur si obéissant ? Quand avait-il été remplacé par celui qui ne semblait même pas s'être rendu compte de sa présence. Il siffla avec irritation, faisant sursauter le jeune garçon qui bondit du lit et se rua sur son maître quand il s'aperçut de sa présence. Il s'empressa de le débarrasser de son pardessus, se confondant en excuses :

"$Pardonnez-moi, maître Marvolo, je... je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je... Rien n'a été préparé... Je vais m'en occuper tout de suite.$

$Y aurait-il une raison pour laquelle tu passes ton temps à rêvasser au lieu de prendre soin de ton maître ?$

$N-Non... Je... Je me suis perdu dans mes pensées...$

$Je ne t'ai pas recueilli pour que tu penses ! Tous mes sacrifices pour toi auraient-ils donc été vains ?$

$Non ! Non ! Je vous en supplie, pardonnez-moi ! Laissez-moi me rattraper, je ne ferai pas deux fois la même erreur ! Je vous en supplie ! Je ferai ce que vous voudrez !$

$Ce que je voudrais ? Mais dis-moi, bel enfant, ne fais-tu pas déjà tout ce que je veux ? N'oublie pas à qui tu appartiens, n'outrepasse pas tes droits!$"

Le ton cruel et froid du Lord blessa plus Harry que le coup qu'il reçut. Les larmes lui vinrent aux yeux. Il s'accrocha désespérément aux genoux du Lord, suppliant, priant pour qu'il ne l'abandonne pas, pour qu'il lui donne encore une chance. Le noble le laissa implorer un moment avant de le repousser violemment et de lui signifier qu'il n'y aurait pas de troisième chance, et qu'il était déjà trop bon de lui en donner une. Harry se répandit en remerciements et en excuses, les larmes roulant sur ses joues arrondies par l'enfance. Un ordre sec le ramena à ses fonctions et il bondit préparer le breuvage de son maître, puis mettre de l'eau à chauffer pour son bain. Le Lord ne prononça pas un mot avant qu'ils ne se retrouvent tous deux dans le bain. Harry sentait tous les reproches à peine dissimulés qu'exudait son maître. Il faisait de son mieux pour le laver avec délicatesse et efficacité, mais cela ne sembla pas pour autant satisfaire Marvolo. Il se sentit impuissant et coupable, avant d'avoir une idée. Après tout, c'était agréable, non ? Il prit son courage à deux mains, et se redressa sans le bain, découvrant son corps juvénile, autrefois dissimulé dans l'eau, au regard indifférent de son Lord. Il s'approcha de l'adulte, et, avisant les bords glissants, et donc peu ergonomiques, prit doucement et précautionneusement appui sur le torse sec de son maître adoré. Ses brûlants et inquisiteurs yeux de rubis se plantèrent sur son corps, et il sentit ses résolutions s'effriter un instant avant de se ressaisir. Il avait rendu son maître mécontent, à lui de réparer ses erreurs. Prenant une grande inspiration, il embrassa le Lord.

Lorsque son maître quitta leur lit le lendemain matin, Harry ne bougea pas. Il se sentait étrange. À mi-chemin entre la nausée et la félicité. Il n'aurait jamais imaginé que son Lord réagisse aussi... Violemment et complètement. Pour tout dire, son esprit était flou quand aux évènements de la nuit. Il se souvenait avoir ressenti un plaisir comme jamais auparavant, mais il n'avait pas compris la moitié de ce qu'il s'était passé, et le sentiment que quelque chose de mal s'était produit ne le quittait pas. Mais il était bien incapable de déterminer quoi. Il ne prit conscience du temps passé amorphe sur le lit que lorsqu'un tapotement sur la vitre se fit entendre. Le soleil était haut dans le ciel et le feu presqu'éteint. Il se leva d'un bond et grimaça, le corps douloureux. Il alla immédiatement ouvrir la fenêtre à Fenrir. Le berserker entra et se figea, le regard rivé sur Harry, les narines frémissantes. Un grondement sourd sortit de sa gorge et fit reculer le garçon, qui sentit soudain un accès de pudeur le prendre. Il se sentait mal à l'aise sous les yeux flamboyants de son secret, qui lui donnaient envie de se couvrir alors qu'il n'en avait jamais vraiment senti le besoin. Il se retrouva sans trop savoir comment coincé sur les draps froissés, Fenrir reniflant soigneusement chaque centimètre carré de sa peau, avant de le lâcher brûtalement, et de se reculer. Harry se redressa, perdu. Que se passait-il ? Mais il ne rencontra que des orbes implacables et incandescentes. Le berserker s'enfuit par la fenêtre aussi soudainement qu'il était entré. Harry ne put s'en empêcher : il fondit en larmes. Il ne comprenait pas ! Pourquoi les deux personnes de sa vie semblaient lui être hostiles ? Qu'avait-il fait ? Et pourquoi touchaient-elles son corps, lui faisant ressentir des choses étranges ?

Caché sous la fenêtre, Fenrir entendit son protégé éclater en sanglots, il sentit son coeur se serrer. Il ne pouvait rester près de lui pour le moment, pas alors qu'il empestait ce bâtard immonde. C'était contre lui qu'il était en colère, juste contre lui, pas contre Harry, lui si innocent. Le pauvre agneau n'avait rien demandé à personne, mais il avait fallu qu'il tombe sur les mauvaises personnes et sa vie s'était changée en Enfer. Et l'Ordre était perturbé. Heureusement, le garçon était encore pur, d'après ce qu'il avait senti. Mais il doutait que sa vertu reste intacte bien longtemps, avec un maître pareil. Il resta jusqu'à ce que l'enfant se calme et ne se mette à ses tâches.

Quand le Lord rentra dans ses appartements le soir, tout était près. Les pièces agréablement chauffées, le bain près à être utilisé, le vin servi et le repas en train de réchauffer doucement sur le feu. Harry était là également et le délesta de son pourpoint et de ses bottes, avant de le guider vers la salle de bains et de le dévêtir. Il rejoignit son maître, et s'attela à le laver, mais la tâche dévia légèrement, et le vin eut le temps de refroidir avant que les deux hommes ne s'alanguissent dans le lit aux tentures riches. Harry attendit que le Lord se soit endormi avant de retirer le poêlon du feu. Il attisa les flammes, puis jeta le vin. Il vida l'eau du bain, et hésita un long moment à cracher. Personne ne le saurait après tout... Il faillit céder à la tentation, mais résista. Maître Marvolo avait voulu qu'il avale ce liquide affreux, alors il le ferait, peut importe qu'il ait envie de vomir après et un goût désagréable dans la bouche. Il essuya sommairement les traînées collantes qui irritaient sa peau, et retourna se coucher auprès de son Lord. Il chercha un long moment le sommeil, pensant à ses relations avec son maître et son secret. Au moins, le premier n'était plus en colère contre lui... Peut-être devrait-il faire ce qu'il lui avait fait à Fenrir, cela avait semblé lui faire plaisir... Si seulement l'homme pouvait revenir. Il lui manquait.