Titre : Linguae
Disclaimer : J.K Rolling
Rating : T
Genre : Romance/Fantasy
Note : remerciements à ma bêta-reader/correctrice, Nachtfrost Yuu ; présence de liaison entre des adultes et un jeune adolescent
$Parseltongue$
Chapitre 8- La Cour
Fenrir, caché sous la fenêtre, écoutait. Il entendait Harry s'affairer dans la pièce. À priori, rien ne semblait étrange... Même si l'odeur du Lord empestait de plus en plus. Il hésita un instant avant de se montrer : le jeune homme accepterait-il sa présence ? Ne le rejetterait-il pas après qu'il se soit comporté un peu brusquement ? Il se houspilla mentalement. Il n'était -et n'avait jamais été- sujet à de tels états d'âme ! Il entra dans la pièce. Dès que Harry l'aperçut, il lacha tout ce qu'il avait dans les bras pour se précipiter sur lui.
"Fenrir ! $Tu es là, tu es là, ô Fenrir !$"
Le berserker accusa le coup. Harry était si soulagé de le voir que les larmes roulaient sur ses joues, embarrassant l'adulte qui ne savait comment réagir face à cette attitude. Il se contenta donc de l'emprisonner dans ses bras, et d'attendre que l'averse passe. Les sanglots se calmèrent assez rapidement, et Harry resserra ses bras autour du torse de Fenrir, cramponné comme à un sauveur. Il inspira profondément, le visage enfoui dans son torse. Son odeur de terre, de sang et de sueur le submergea et l'émut. Il se bouina un peu plus contre les pectoraux durs, collant son nez à la jonction entre le cou et l'épaule, là où sa senteur était la plus puissante. De part sa petite taille, il devait se hisser sur la pointe des pieds, ce qui rendait sa position un peu inconfortable. Il ne comptait pourtant pas en changer. Fenrir était revenu, et il ne voulait pas le laisser s'en aller, il avait trop peur qu'il soit de nouveau en colère contre lui.
L'homme finit par le faire reculer un peu, à son plus grand désespoir, mais le plaça sur le lit, et s'agenouilla à côté. Rassuré, Harry accrocha néanmoins une de ses mains à la chemise de son compagnon, dans une maigre tentative de retenue. Fenrir posa sa main sur le genou du garçon, et fit des mouvement circulaires, pour le détendre, ce qui sembla fonctionner, puisqu'il se relaxa quelque peu, même si sa main resta agrippée au tissu épais. Fenrir plongea la main dans sa poche et en sortit un sachet en toile. Il l'offrit à Harry sous le regard étonné, et un peu perturbé de celui-ci. Il l'ouvrit et découvrit une sorte d'hybride entre l'Homme et le loup, taillé sur un médaillon de bois* rugueux. La pièce de fibres végétales tenait dans le creux de sa main, mais était étonnament lourde pour sa taille. Il leva la tête après l'avoir observé attentivement et tendit sa main ouverte à Fenrir, dans laquelle reposait la médaille. L'homme lui referma la main dessus, au plus grand saisissement de Harry. Le berserker lui sourit de son rictus rude et l'enfant ramena sa main contre son coeur. Un cadeau ? Fenrir lui faisait un cadeau ? C'était merveilleux ! Tellement gentil de sa part ! Il était tellement bon avec lui ! Il se jeta sur lui et plaqua ses lèvres sur les siennes fougueusement. Il était tellement heureux qu'ils se soient réconciliés ! Son baiser ardent lui fut rendu deux fois plus brûlant, et il sentit son corps faiblir, comme chaque fois qu'il se perdait dans les bras de son secret. Il se redressa brusquement. Le présent aussi devait être un secret, non ? Il montra son cadeau à Fenrir, avant de placer son index sur la bouche et de siffler doucement. L'autre hocha la tête, et fit le même geste avant de ravir ses lèvres à nouveau avec passion. Ils se retrouvèrent rapidement sur le lit, enmêlés, les lèvres rivées l'une à l'autre. Harry peinait à retrouver son souffle, ahanant sous l'effet du désir torride auquel il était soumis. Cette atmosphère lui rappela ses récentes soirées avec le Lord. Mais si ces dernières lui semblaient mauvaises, erronées**, avec Fenrir tout lui paraissait tellement plus naturel ! Il se détacha difficilement de l'étreinte, sous le regard étonné du berserker, et se plaça à califourchon sur ses cuisses. Il se débattit un moment avec les lanières du pantalon, brûlant sous les yeux incrédules de son secret, mais réussit à le défaire. Il observa un instant son trophée, le comparant avec celui de son maître dans son esprit. Alors qu'il rapprochait sa bouche dévouée de son but, une poigne forte lui fit relever la tête. Fenrir semblait partagé entre l'abandon et la colère. Comment le Seigneur avait-il pu corrompre un si innocent enfant à ce point ? Cela le répugnait. D'une main, il ramena Harry contre son torse, calant son visage au creux de son cou, de l'autre, il se rhabilla. Il ne le laisserait pas faire de tels actes ainsi. Si Harry voulait succomber à la passion, il le ferait de son plein gré, pas parce qu'on l'y avait fortement incité.
Le garçon ne comprenait pas tout. Fenrir n'avait pas du tout réagi comme son Lord. Au début, il avait même cru qu'il était fou de rage contre lui, mais il l'étreignait dans une embrassage si puissante qu'il ne pouvait qu'en douter. Son ami ne lui en voulait pas, qu'elle que soit la bêtise qu'il avait commise. Il se raccrocha encore à lui. Il se sentait si bien dans ses bras, lové dans son odeur et son giron.
Aucun d'eux ne remarqua l'ombre mince qui rampa hors de la pièce.
*L'Amandier. Signe de la renaissance de la nature, cet arbre à la feuillaison printanière est aussi un symbole de fragilité car ses fleurs, ouvertes dès l'arrivée du printemps, sont sensibles au gel tardif.
**Le mot s'approchant le plus du sentiment que je cherchais à décrire est : "wrong". Mais écrivant en français, je me refuse d'employer des mots anglais ou étrangers. Néanmoins, il apporte une nuance traduisant le malsain qui ne se retrouve pas complètement dans les mots "mauvais" et "erroné". Enfin, les linguistes ou bilingues comprendront sûrement ce que je veux dire par là...
Concours : Celui ou celle qui réussit à déterminer mon inspiration première pour l'écriture de Linguae gagne l'histoire de son choix. (PS : Une fan, si tu participes, sache que j'ai déjà commencé le Barty/Harry [cf Porfil] ).
