Titre : Linguae

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Fantasy

Note : remerciements à ma bêta-reader/correctrice, Nachtfrost Yuu ; présence de liaison entre des adultes et un jeune adolescent

$Parseltongue$

Chapitre 8- Enfermé

Le Lord rentra le soir, comme à son habitude. Il se laissa déshabiller, puis mettre dans l'eau chaude du bain. Harry le lava, le sécha et lui servit son repas. Peu de mots furent échangés, mais il ne s'en préoccupa pas : le Lord n'était pas très bavard. Ils se mirent au lit rapidement, et, alors qu'Harry allait se mettre à chanter comme chaque soir, assis tout contre son maître, la prise autour de lui se fit plus puissante, jusqu'à en devenir douloureuse. Le souffle arrivait péniblement à ses poumons, et il se sentait compressé affreusement.

"$Dis-moi, bel enfant, n'aurais-tu pas quelque chose à me dire ?$

$Je... Je... M-Maître...$

$Je ne sais pas, moi... Un homme, par exemple !$

$... C-Comment...$

$Apprendre que toi, que j'ai sauvé, nourri et élevé, toi qui me doit tout, m'aies trahi en te roulant comme une catin dans mes propres draps, et dans les bras de mes propres hommes ! Quelle infâmie ! Ah, tu t'es bien joué de moi, vil succube, me caressant d'une main pour me poignarder de l'autre ! J'espère que tu y as pris du plaisir, car tu n'en prendras plus. Moi qui voulais me faire doux et patient pour ton confort, je ne t'écouterai plus et te préférerais mes pulsions. Apprête-toi à connaître l'enfer pour m'avoir trompé.$"

Et avant qu'Harry ne puisse répliquer, il fut proprement assomé.

Il ouvrit les yeux dans un endroit sombre, sur un matelas dur et froid. Ses vêtements de nuit ne le protégeaient pas de l'air ambiant, et il se mit à frissoner. Il se redressa et observa son environnement. Il était dans une pièce circulaire, de pierre grise. Les seuls meubles étaient son matelas, composé de paille enroulée dans un drap, d'un tabouret près de sa couche, et d'un pot de chambre à l'opposé. Rapidement, le froid glacial fit trembler et s'entrechoquer ses os, et il se glissa entre le drap et la paille humide. Il ne referma pas l'oeil, gelé jusqu'à la moelle, ses pensées tourbillonant. Comment le Lord avait-il découvert son secret ? Pourquoi était-il furieux ? Qu'avait-il fait de mal ? Les larmes roulèrent sur ses joues et vinrent se perdre dans son cou.

Il aperçut finalement des rais de lumière percer autour d'une pièce de peau et compris que cette dernière servait d'obstruction à la fenêtre de pierre derrière. Il se leva, encore frigorifié dans sa chemise de nuit légère, et s'approcha de l'ouverture. Il tenta, avec succès, de soulever le morceau de cuir. Il n'était accroché que comme une sorte de rideau, et ne limitait qu'à peine le vent polaire qui soufflait. La vue lui coupa le souffle. Il se trouvait dans une tour, à une dizaine de mètres du sol et avait une image merveilleuse de la forêt les entourant. Une sensation immonde de malaise le prit à la gorge, et il chuta, peinant à ne pas vomir. Il resta recroquevillé un long moment sur le sol de pierre avant de pouvoir se relever. Il fit néanmoins très attention à s'éloigner de la fenêtre. Il ne savait pas ce qu'il venait de se passer, mais il ne voulait plus jamais vivre cette sensation abominable. Il se terra à nouveau entre les draps fins.

Fenrir rentra dans la chambre silencieusement, comme à son habitude. Cependant, le silence pesant règnant dans la pièce l'alerta. Ses sens se mirent en éveil. Quelque chose n'était pas normal. Il renifla et se rendit compte de la faible odeur de Harry dans la pièce. Il se rapprocha du lit, ou la fragrance était la plus forte, mais ne put que constater que la trace datait de la nuit dernière. Pourtant, c'était le milieu d'après-midi, et il ne l'avait pas vu ni senti dans le manoir. Où était-il ? Il ne dû qu'à ses réflexes exceptionnels d'éviter la morsure mortelle de Nagini. Il s'échappa rapidement, l'immense et répugnant serpent le harcelant sans relâche. A peine fut-il de retour dans ses quartiers qu'un de ses lieutenants, le bras en sang, se précipita sur lui.

"Alpha ! Alpha ! Nous devons partir ! Le Lord Voldemort nous chasse de sa maisonnée, et nous en interdt l'entrée ! Nous devons quitter les lieus dans l'instant, sous peine de sévères... représailles. Il serra son bras mutilé à ces paroles.

Comment ? Rassemble tes affaires, nous partons. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot."

Fenrir comprenait mieux. Le sale serpent devait les avoir surpris et être allé avertir son maître de ce qu'il se passait. Mais où avait-il caché Harry ? Le plus urgent était de mettre sa meute en sécurité. Il réunit les trois berserkers l'ayant accompagné, et ils quittèrent les terres du manoir comme s'ils avaient les chiens de l'enfer à leurs trousses. Une fois un peu éloigné, il ordonna à deux de ses généraux de retourner sur leur territoire, et d'avertir leurs semblables. Il leur conta les grandes lignes du plan de Voldemort. Ce dernier n'était plus le bienvenu sur les terres contrôlées par les Berserkers, et toute infraction à cette règle entraînerait une mise à mort. Le dernier de ses lieutenants présent devait l'attendre dans une auberge discrète, anonyme, et réunir des vivres et des vêtements chauds. Fenrir retournait chercher Harry.

De son côté, l'enfant avait attendu un long moment dans le froid avant d'entendre un grincement de poulie. Finalement, le Lord apparut sur une petite plateforme de bois accrochée à une corde, qu'il n'avait pas aperçue la première fois qu'il avait regardé par la fenêtre. Le maître lui jeta un panier d'où tombèrent un morceau de pain rassis, une gourde d'eau fuyant et une mince couverture élimée.

"$Maître ! Je vous en supplie, maître, je vous en supplie, qu'ai-je fait ?$

$Tu oses me le demander sale putain ? Tu oses ? Ne devrais-tu pas ramper à mes pieds pour implorer un pardon qui ne viendra jamais ? Bientôt, tu es bientôt prêt, et ce jour-là, tu comprendras tous les grands projets que j'avais pour toi, et auxquels tu ne participeras qu'en second rôle. Mais j'arriverai à mes fins, fut-ce par la force.$

$Maître, je...$

$Silence ! Et à genoux, là où tu devrais être ! Je vais t'apprendre ce qu'il en coûte de me défier !$"

Tout ce qui suivit ne fut que douleur et humiliation.

Fenrir courut, à demi-métamorphosé. Il était plus grand et plus massif, et les poils argentés venaient dévorer son visage. Ses yeux cruels brillaient dans l'obscurité des sous-bois, et ses mains griffues semblaient capables de briser un boeuf. Son dos massif était courbé et ses cuisses puissantes contractées au dessus de ses genoux fléchis. Son pas, bien que lourd, était silencieux et rapide. Il exhalait la puissance.

Déjà pendant son séjour au manoir, il avait repéré les tours de garde, et quelques observations lui permirent de déterminer qu'ils n'avaient pas changé. Avec une souplesse étonnante au vu de sa carrure, il passa au-dessus des murs d'enceinte, et évita les rondes. Il retourna près de la chambre où ils s'étaient retrouvés chaque rencontre, et inspira profondément. À première vue, pas de serpent gluant dans les parages. Cependant, la piste de Harry, qui commençait déjà à refroidir, menait jusqu'au couloir, et il ne pouvait se permettre d'y aller. Il serait trop à découvert au coeur du manoir. Il resortit alors, et grimpa sur le toit afin de garder un oeil sur l'ensemble du domaine. Il attendit, reprenant sa forme complètement humaine. Le soleil lui brûlait le dos et la nuque, et sa forme intermédiaire le supportait mal. Cependant, il ne pouvait se permettre de se changer complètement.

Quelques heures après la tombée de la nuit, du mouvement se fit percevoir. Il put observer le Lord et un de ses serviteurs traverserla cour vers ce qui semblait être un vieux pigeonnier. Il les vit disparaître derrière la bâtisse, et ne revenir que près de deux heures plus tard. Le servant semblait fatigué, plus lent. Après s'être assuré qu'il étaient bien rentrés dans le bâtiment principal, il descendit du toit et profita de l'obscurité pour se faufiler parmi les ombreset arriver à la tour. Elle culminait à près de trente ou quarante mètres de hauteur, et son sommet se perdait dans les ombres pour qui n'était pas nyctalope. Fenrir chercha une porte en vain, mais découvrit deux cordes, et, sur le mur, une plateforme de bois léger. Il comprit qu'il devait s'agir d'un système de poulie. Mauvais. À cette hauteur, sûrement grinçait-elle, et cela alerterait les gardes. Il ne pouvait utiliser la plateforme. Au moins, il savait pourquoi le domestique semblait épuisé. Il avait du monter puis descendre son maître. Observant la tour, il prit son courage à deuxmains et banda les muscles. Il devait le faire pour l'Ordre. Et Harry. Prenant sa forme intermédiaire, il fit un noeud coulant dans son dos. Il agrippa ensuite fermement chaque corde d'une main ferme, et se lança. Il progressait lentement, la pierre vieille et érodée n'offrant que peu de prises, il tirait sur ses bras et ses muscles dorsaux, s'aidant comme il pouvait de ses pieds en soutien contre la surface verticale. L'ascension n'en finissait pas. Pourtant, petit à petit, l'odeur du garçon se fit perceptible, plus forte. Mais quelque chose n'allait pas. Elle était recouverte de sang, de sueur, de... sexe ? Non ! Ce n'était pas possible ! Il redoubla d'ardeur et parcourut les derniers mètres du plus vite qu'il put. La fenêtre ne se retrouva pasun problème, étant seulement masquée par une pièce de cuir. Il se laissa tomber à l'intérieur, ahanant et suant, le souffle lourde. Ne prenant pasle temps de se remettre, il chercha Harry, et le trouva rapidement. La pièce unique était plutôt petite, sans coin. L'enfant était étendu sur un mince matelas de paille humide, à peine couvert. Sa respiration paraissait parfois difficile. Tout son corps était contracté, et il tremblait, tant de froid et de peur que de douleur. Le sol était taché de sang et de pleurs.

Il s'approcha de la petite forme tremblotante, mais à peine l'eut-il éffleurée qu'elle sursauta violemment et se mit à couiner et à siffler d'un ton suppliant.

"Harry... Harry, c'est moi. Je suis là."

Le garçon se retourna et le fixa de ses grands yeux embués avant de se jeter dans ses bras, ne prenant pas garde à sa forme hybride. Il tremblait et pleurait. Fenrir le serra fort contre lui avant d'attraper le drap et d'accrocher le corps d'Harry à son torse. Certes, il était léger, mais le voyage allait être difficile. Il se rapprocha de la fenêtre après avoir enveloppé l'enfant dans la couverture, mais plus il s'approchait du bord, plus le garçon se raidissait, allant presque jusqu'à se débattre alors qu'ils se tenaient au bord du vide. Fenrir dut l'appeler une demi-douzaine de fois avant qu'il ne se reconcentre sur lui. Sa voix semblait le calmer, quand bien même il ne comprenait pas ce qu'il disait. La descente fut un enfer. Le poids supplémentaire le pénalisait grandement, sans compter que son attention était partagée entre l'escalade et Harry, qu'il devait rassurer continuellement. Il crut sincèrement qu'ils allaient se briser au sol.

Ils finirent cependant par arriver presque intacts au bas de la tour. Fenrir desserra alors un peu les liens qui maintenaient Harrry accroché, et prit sa forme complète. Son corps dominait les hommes normaux d'au moins un mètre, sa silhouette massive était recouverte d'un poil dru et argenté, ses membres étaient plus loup et moins humains. Sa bouche s'étirait sur des dents pointues et tranchantes, luisantes de salive. Son ossature l'obligeait à se tenir courbé, et ses bras longs trainaient presque, laissant ses griffes racler le sol. Harry émit un couinement de terreur, mais finit par enfouir sa tête dans le torse puissant contre lequel il était installé, se concentrant sur l'odeur familière. L'homme-bête leva la tête et ses yeux se gorgèrent de la lumière lunaire. Il bondit. Sous ses pattes infatigables, le sol défilait. Il finit par arriver à l'auberge où l'attendait son frère de lune.

Rentrant par la fenêtre, il déposa l'enfant sur le lit avant de changer pour sa forme d'homme. Il jeta la couverture usée et le drap, tous deux imbibés d'humidité. Harry n'était couvert que d'une mince chemise de nuit blanche, flottant autour de ses mollet grêles et glabres. Il paraissait tellement petit et innocent, mais sitôt son front aperçut, l'illusion se dissipait. Le pauvre avait été maudit. Il lui ôta donc son dernier vêtement glacé, et emmitouffla le corps nu et inconscient dans les vêtements épais ramenés par son lieutenant. Ils étaient trop grands, mais le protégeraient du froid. Il prit le temps de boire et de manger un morceau de viande crue, avant de réinstaller l'enfant contre lui. Son second comprit immédiatement. Ils devaient partir. Déjà, l'aube pointait, et il leur fallait se réfugier en sécurité. Ils coururent pendant près de cinq jours et cinq nuits sous leur forme totale, avant d'atteindre le royaume de Hufflepuffle. Là, ils réussirent à prendre un bâteau pour l'Ile Sauvage, terre de Fenrir. Les douze jours de voyage leur permirent de découvrir que si les loups n'aimaient pas voyager sur la mer, c'était également le cas de Harry, qui, en plus d'avoir le vertige, souffrait du mal de mer. Ses incessantes nausées ralentirent sa guérison. Fenrir avait brisé et jeté le bracelet du garçon, mais il ne pouvait rien faire pour les cicatrices avant d'avoir eu l'avis de son guérisseur.