Titre : Linguae
Disclaimer : J.K Rolling
Rating : T
Genre : Romance/Fantasy
Note : remerciements à ma bêta-reader/correctrice, Nachtfrost Yuu ; présence de liaison entre des adultes et un jeune adolescent
$Parseltongue$
Chapitre 10- Liberté
Harry se sentait mal. Il venait de connaître la pire semaine de sa vie. Tout d'abord son maître qui le punissait sans raison, et l'abandonnait avant de lui faire toutes ces choses douloureuses. Puis il se retrouvait suspendu au dessus du vide, avant d'être bringuebalé sur le dos de Fenrir pendant des jours, pratiquement forcé à l'immobilité totale. On l'avait ensuite placé dans ce qui ressemblait à un immense coffre flottant sur l'eau et qui l'avait rendu malade comme un chien. Enfin, on lui avait retiré le bracelet que le Lord lui avait offert. Il avait juste envie de se lever, de hurler et de frapper, pour enfin obtenir des explications sur ce qui lui arrivait. Mais ici, personne ne le comprenait. Et quand il tentait de parler, il ne recevait que des regards de terreur et des cris d'orfraie. Seul Fenrir semblait rester proche de lui, mais il ne savait pas s'il pouvait encore le croire. Malgré tout, il restait son unique repère.
Quand enfin, ils rejoignirent à nouveau la terre ferme, ses malheurs ne s'arrêtèrent pas, et il fut palpé, massé, manipulé, tâté, observé sous tous les angles par un homme étrange. Ses cicatrices, offrandes du Lord, furent brulées et salées sous des incantations et des fumées étranges. Comme si la douleur ne suffisait pas, on le força à boire des mixture horribles et on le badigeonna d'onguents urticants et nauséabonds. Son calvaire dura des semaines, pendant lesquelles il ne put voir Fenrir.
On le secoua doucement, et il se réveilla instantanément se jetant en arrière afin d'échapper au toucher sûrement précurseur de douleur et d'agonie. Sa vision se troubla un instant à cause de son mouvement trop rapide, mais à peine eut-il reconnu l'homme devant lui qu'il fondit en larmes et se jeta dans ses bras, le frappant faiblement de ses poings graciles.
"$Pourquoi ! Où étais-tu ? Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Qui sont ces gens ? Où est le maître ?$
...
$Réponds ! Réponds-moi ! Que se passe-t-il ? Pourquoi j'ai mal ? Pourquoi me fais-tu mal ?! $"
Fenrir n'avait pas compris un mot de la longue suite de sifflements furieux s'étant échappés de la bouche de Harry. Mais il n'avait aucun mal à deviner de quoi il s'agissait. Il regretta de ne pouvoir répondre. Il se contenta de serrer l'enfant fort contre lui, le laissant échapper les sanglots de son corps épuisé jusqu'à ce qu'il ne tombe éreinté dans un sommeil lourd et implacable.
Quand il ouvrit les yeux, Harry ne sut où il était. Son corps endolori et engourdi était entouré d'une chaleur bienfaîtrice et il se sentait en sécurité. Il ouvrit doucement les yeux et avisa de l'endroit dans lequel il se trouvait. Les bras de Fenrir. Son odeur l'enrobait, chrysalide protègeant une nymphe, et ses bras le ceinturaient comme le feraient ceux d'un amant. Mais Harry ne connaissait ni les papillons, ni les amours. Il se contenta de savourer l'étreinte bienfaisante. La main puissante de son secret éventé vint brosser ses cheveux de ses doigts puissants, le faisant soupirer de plaisir. Ils finirent par se lever, mais Harry refusa de quitter l'embrassade. Il mangèrent enlacés. Ils se baignèrent enserrés. Quand Harry découvrit l'horreur de son corps, il était dans le giron de Fenrir. Ce-dernier lui tint les cheveux quand il vomit devant ce qu'il était devenu. Chacune des scarifications avait été brulée. La presque totalité de son corps était devenue chair fondue, mutilée. Il ne se reconnut pas. Son apparence n'était plus totalement humaine. Il n'était plus totalement humain.
Il fallut des mois à Harry pour retrouver le sourire. Des mois pour accepter de s'apercevoir dans un miroir. Des mois encore pour retrouver le goût à la vie. Il vivait dans la maison de Fenrir, une petite chaumière. Il ne sortait pas. Le seul qu'il acceptait de voir était son secret. Il ne chantait plus, le berserk le faisant taire à chaque fois. Il s'occupait du logis, comme il l'avait toujours fait, se consacrait à Fenrir de tout son être. Il ne réussit jamais à apprendre ni comprendre un seul mot en langue courante, et ce ne fut pas faute d'essayer. Il refusait de passer le seuil de la porte, et paniquait quand Fenrir s'absentait trop longtemps ou quand une autre personne tentait de le toucher. Si quelqu'un rentrait dans l'habitation, il se cachait dans la réserve.
Fenrir continua de lui signifier qu'il l'aimait, l'embrassant et le caressant tendrement, lui offrant des présents, des surprise, le couvrant d'attentions jusqu'alors inconnues. Il restait à ses côtés, fidèle ange gardien du martyr. Harry mourut dans ses bras deux ans plus tard. Il n'avait pas seize ans. Il espéra qu'il avait été un peu heureux durant ces deux années à ses côtés, ou au moins aussi heureux que possible étant donné son passé. Étrangement, il ressentit un vide en lui, une fois Hary parti. Il ne s'y attarda pas et reprit son rôle d'Alpha.
