Chapitre 2 : Galère
Severus se réveilla dans son lit, il regarda tout autour de lui, il n'y avait personne dans la pièce. Ses yeux se posèrent sur son réveil, 7h15, il était en retard. Il mit quelques secondes avant de s'en rendre compte, alors il se leva, fonça dans la salle de bain et en ressortit 15 minutes plus tard habillé de son habituel vêtement noir. Il traversa le salon, se servit une tasse de café qu'il bût en quelques secondes, puis sortit de ses appartements en fermant la porte à clé derrière lui. Il n'avait pas vu ni entendu l'homme qui se trouvait assis sur son canapé, qui lui avait poliment dis bonjour, et conseillé de rester couché...
Il arriva juste à temps en cours, ce qui n'était visiblement pas le cas de son cher filleul, qui dés qu'il pénétra dans la salle fut prié de venir voir son professeur à la fin de l'heure.
« Draco il serait peut être temps que tu comprenne que je ne pourrais pas toujours laisser passer tes âneries ! Tous le monde s'est très bien rendu compte que je ne te punis pas comme je le fais avec les autres et si ça remonte aux oreilles de Dumbledore je vais avoir des ennuis ! »
Severus bouillonnait intérieurement.
« Et bien vas-y punis moi comme il se doit je t'en pris »
Le ton désinvolte de Draco fit sauter quelques plombs de son parrain, qui lui répondit sèchement :
« Dégage Draco. »
Bien entendu le blondinet resta à fixer Severus quelques instants afin d'essayer de comprendre. Mais celui-ci n'était absolument pas d'humeur, ni en assez bonne forme pour donner quelques explications à son filleul, finis par dire :
« Je t'ai dit de partir tu es devenu sourd ou quoi ? »
Le regard ébène de Rogue, soutenu par son ton plus qu'agacé eurent raison de la curiosité de Draco qui fila sans demander son reste.
Rogue, enfin seul, tenta de se calmer le plus possible avant son cour suivant, histoire d'éviter la mort d'un élève. Il eut beaucoup de mal à accomplir cette tâche, il était totalement épuisé à cause de la formule de la veille, et l'insolence de Draco venait de faire craquer ses nerfs déjà plus que tendu. C'est en repensant à la veille qu'il réalisa qu'il n'avait même pas pensé à vérifier si Salazard était bel et bien revenu. Puis il se dit qu'il lui avait vaguement semblé avoir aperçu quelqu'un dans son salon le matin même, d'ailleurs la formule avait forcément marché puisqu'il avait vu quelqu'un apparaître avant de s'évanouir. Il essaya de se rappeler du contenu du petit quart d'heure qu'il avait passé dans son salon. Ses yeux s'écarquillèrent, il était sûr et certain qu'il y avait quelqu'un dans son salon. Il se dit, pour se rassurer, qu'il n'y avait aucun risque puisqu'il avait fermé ses appartements à clé. Puis une immense vague de doute l'envahit, après tout c'est Salazard Serpentard qu'il avait ramené, et ce n'est surement pas une porte fermé par la magie d'un professeur de potion qui va l'arrêter. Et s'il avait déjà réussi à sortir ? S'il était, en ce moment même, en train de se balader dans Poudlard ? Cette simple hypothèse glaça le sang de Severus qui se dirigea vivement vers la porte, pour aller vérifier que le revenant était toujours là où il l'avait laissé. Mais à ce moment là la porte s'ouvrit sur les élèves de Poufsouffle et Serdaigle qui venaient assister à leur cour. Alors Rogue redevint le professeur de potion qu'il était, tout en se disant que si Salazard Serpentard se baladait dans les couloirs les élèves n'aurait que ce nom à la bouche.
Ceci ne rassura pas beaucoup Severus qui, dès que tous les élèves furent sortis de la salle de cour, se dirigea d'un pas rapide dans ses appartements. Une fois devant la porte, il s'arrêta, respira profondément, puis il ouvrit la porte. Il entra silencieusement, referma la porte derrière lui, soudain une voix le fit sursauter.
« Rebonjour Rogue, tu t'es enfin rendu compte de ma présence ? »
Severus se retourna pour faire face à la source de cette voix. Il se retrouva face à un homme blond, de la même taille que lui, ses yeux marrons remplit d'amusement devant l'air surpris de son invocateur. Puis le regard de Rogue tomba sur la main du blond qui tenait un livre, en voyant le titre il se précipita pour le récupérer mais la main s'envola dans les airs avant qu'il en ait le temps. Severus rencontra alors le regard amusé du blond, c'est alors qu'il prit la couleur d'une tomate bien mûr.
« Rendez moi ce livre ! »
Le ton de Rogue était plutôt énervé, mais il avait aussi une pointe de supplication.
« Allons, calme toi, il n'y a aucune honte à lire un roman à l'eau de rose comme celui-ci que je sache. »
Pendant qu'il parlait Rogue avait réussi à s'approcher et à sauter afin de saisir l'objet qui le mettait désormais dans une situation délicate. Imaginez un peu que tout Poudlard apprenne que Severus Rogue, professeur de potion lugubre, lit des romans pour midinette... Après avoir récupéré le livre il le rangea précautionneusement là où il était, censé, être caché. Enfin il regarda l'homme qu'il avait en face de lui, ayant retrouvé son calme et son sérieux apparent, et il l'examina sous toutes les coutures en silence. L'homme blond ne brisa pas le silence et attendit que ce soit Severus qui le fasse. Mais, plutôt que de parler, Severus, après avoir fini son inspection, se dirigea de nouveau vers la porte et sortit en fermant à clé derrière lui. Le pauvre homme qui venait d'être ramené à la vie soupira de désespoir, et se demanda combien de temps il allait devoir attendre avant que son invocateur ne revienne.
[Bureau de Dumbledore]
« Tiens Severus, comment vas-tu ? Où en es-tu de ta mission ? »
« Eh bien j'ai réussi à ramener quelqu'un mais je crains que ce ne soit pas la bonne personne. C'est pourquoi j'aimerais que vous m'accompagniez dans mes appartements afin de le vérifier. »
« Très bien. »
Le grand sourire de Dumbledore, certes habituel, fit penser à Rogue que la situation, quelques peu critique, l'amusait au plus haut point.
Arrivé dans les appartements de Severus, Dumbledore regarda l'homme blond dans les yeux, les deux hommes se sourirent, puis il se tourna vers Severus, qui attendait le verdict tant redouté, que Dumbledore lui donna avec un de ses plus beaux sourires.
« Eh bien mon cher Severus, je crains qu'effectivement cette personne ne soit pas Salazard Serpentard. »
L'homme blond ouvrit de grands yeux surpris, regarda Rogue, qui lui aussi avait des yeux grands ouverts, mais pas de surprise, plutôt d'effroi. L'homme s'inclina devant Severus et dit :
« Je n'ai effectivement pas eu le temps de me présenter, bien que je ne pensais pas en avoir besoin, ni que quelqu'un puisse me confondre avec ce serpent de malheurs. Mais bon tout arrive et je ne t'en veux absolument pas, surtout que le petit spectacle de tout à l'heure m'a beaucoup amusé. Eh bien tu n'as donc vraiment aucune idée de qui je suis ? »
Dumbledore se demandait qu'est-ce qui avait bien pu amuser l'homme de cette façon. Pendant ce temps Severus, qui réfléchi quelques instants avant de répondre, dit d'un ton hésitant et légèrement suppliant à la fois :
« Godric Griffondor ? »
Tout à coup Godric se mit à applaudir joyeusement le pauvre Severus qui venait de signer son arrêt de mort. Il alla s'écrouler sur son canapé, désespéré. Pendant qu'il broyait du noir dans son coin, les deux insouciants qui étaient avec lui faisaient des politesses.
« Comment allez-vous mon cher Godric ? »
« Aussi bien qu'un, ex, mort puisse aller. Et vous Dumbledore ? C'est que vous n'êtes plus tout jeune . »
« Figure toi que je vais très bien, je suis en pleine forme »
Les deux hommes rigolèrent doucement, puis Godric regarda Dumbledore interloqué :
« Mais pourquoi ne l'as-tu pas prévenu ? Tu devais bien te douter qu'ils n'allaient pas lui envoyer Salazard mais moi. »
Dumbledore rit doucement.
« Certes, mais je voulais voir s'il allait réussir, et puis c'était une occasion de plus pour te voir. »
Tout à coup le vieil homme sentit une menace planer sur lui. Il se retourna et se retrouva face à un Severus plus qu'énervé.
« Vous saviez que même si j'avais assez de pouvoir, on ne m'enverrait pas Salazard Serpentard ? »
Dumbledore tenta de calmer Severus :
« Allons mon bon ami, je n'étais même pas sûr à cent pour cent que tu y arriverais, et puis tu avais l'air d'avoir envie de tenter ta chance. »
Le grand sourire de Dumbledore exaspéra au plus haut point notre pauvre Severus.
« Donc vous m'avez donné l'autorisation d'exécuter cette demande pour vous amuser ? Vous rendez-vous compte que je viens de rédiger et signer mon propre arrêt de mort ? »
Le sourire de Dumbledore disparu en entendant ces mots :
« Ne t'inquiètes pas, je suis convaincu qu'il ne te tuera pas, il a beaucoup trop besoin de toi. »
« Ha ! Je sais qu'il ne me tuera pas, et c'est bien ça le problème ! Il peut faire bien pire que de donner la mort... »
Severus se referma alors complétement sur lui, laissant Dumbledore avec ces remords. Puis l'inviter qui était, involontairement, la cause de cette dispute posa la question qui lui trottait dans la tête :
« Dîtes-moi, je peux savoir de qui vous parlez ? »
Severus, qui était de nouveau assis dans son canapé, ne broncha pas du tout. C'est donc Dumbledore qui répondit à cette, en apparence, innocente question :
« C'est Voldemort qui a demandé à Severus de ramener Salazard, et quant il est venu m'en parler je lui ai dit d'exécuter l'ordre qu'on lui avait donné. »
Godric fut très surpris par ce que venait de lui révéler son vieil ami. Il s'approcha du canapé, s'assit prés de Severus et voulut poser sa main sur son épaule pour le soutenir, mais la main de l'autre homme vint frapper la sienne avant qu'il ne puisse la poser. Le condamné se leva et alla dans sa chambre, Godric eut l'idée de le suivre mais Dumbledore l'arrêta.
« Laisse le seul. Je voudrais que tu lui dise tous ce que je vais te dire. Préviens le que je dois partir, je serais absent pendant un certain temps. Je vais prévenir Minerva de la situation, s'il y a un problème qu'il s'adresse à elle. »
Il fit apparaître une cage, dans laquelle se trouvait un hibou gris cendré, aux yeux bleu nuit.
« C'est pour toi, je suis sûr qu'il ne te laissera pas sortir de ces appartements quelques soit la situation. Cet hibou n'est bon que pour envoyer un message à Minerva, c'est la seule personne qu'il va voir quoi qu'on lui dise. »
« Pratique pour moi, mais ça doit plutôt être embêtant pour toi... »
« Disons que j'ai eu la chance de m'en rendre rapidement compte. »
Les deux hommes se sourirent, Dumbledore salua Godric, en lui demandant de ne pas trop embêter Severus, ce qui fit sourire le Griffondor, puis il partit, laissant le lion seul à attendre que le serpent daigne sortir de son nid.
C'est seulement deux heures plus tard que Rogue sortit de sa chambre, habillé et près à partir, il passa devant Godric sans lui prêter attention. Le Griffondor se leva et saisit l'homme en noir par le bras, c'est alors qu'il se décida à regarder le blond, qui lui lâcha le bras:
« Dumbledore m'a demandé de te dire qu'il serait absent un certain temps, mais qu'il avait prévenu Minerva de la situation et que s'il y avait le moindre problème il fallait s'adresser à elle. »
Rogue ne répondit pas, il fit juste un signe de tête pour signifier qu'il avait compris. Il se dirigea vers la cheminée, pris de la poudre de cheminette et, d'un ton las, prononça les mots :
« Manoir Jedusor. »
