Chapitre 7 : Dix pas en arrière...
Lorsque Severus se réveilla le lendemain matin sa première pensée se résuma en deux mots « et merde ». Effectivement il s'était endormi, et en bon Gryffondor Godric en avait profité pour le prendre dans ses bras. En bon nounours qui se respecte, Rogue ne pouvait pas se libérer. Il tenta donc de gesticuler autant qu'il le pouvait pour se libérer, mais à la place il réveilla le lion qui resserra son étreinte. Ce dernier en profita pour enfouir son visage dans la nuque de Severus, qui dit avec autorité, et aussi plein d'espoir qu'il le pouvait :
« Lâche-moi. »
La réponse fut murmuré au creux de son cou, ce qui mit notre pauvre serpent mal à l'aise.
« Non. »
C'était malicieux, net et sans appel. Alors Rogue tenta une autre solution : le sarcasme. Il faut dire qu'il était passé maître en la matière depuis bien longtemps.
« Je ne pensais pas que tu étais gamin au point d'avoir encore besoin d'un doudou pour dormir. »
Godric rit légèrement, le fait que Severus se compare à un doudou l'amusait. Il se disait d'ailleurs que c'était un doudou peu obéissant.
« Tout dépend du doudou que l'on me propose, mais j'avoue que celui-ci m'intéresse beaucoup. »
« Eh bien sache que le doudou en question n'est pas du tout intéressé par toi et qu'il aimerait beaucoup recouvrer sa liberté de mouvement. »
Le lion plutôt que de desserrer son emprise l'augmenta, au risque de priver le serpent d'oxygène. Au pire si Rogue s'évanouissait par manque d'air, il serait ravi de lui faire du bouche-à-bouche. Le Gryffondor plaça son bras gauche en travers de la poitrine du serpentard, plaçant ainsi sa main sur sa gorge. Il s'amusa à titiller du bout des doigts la pomme d'Adam de l'autre homme, qui lui se demandait sérieusement comment il allait se sortir de là.
« Un doudou n'a pas de liberté, il est simplement soumis à son maître. Te considère-tu toujours comme un doudou mon cher petit Sevy ? Si c'est le cas je serais ravi d'être ton maître. »
Severus fut prit de cour, il n'avait pas vraiment pensé à ça. Ou comment creuser sa propre tombe sans s'en rendre compte. Il répondit rapidement, non sans être gêné par les doigts qui couraient dans son cou.
« Non, surement pas ! Je préfère garder ma liberté, désolé mais je n'ai pas besoin de maître je me suffis très bien à moi-même. Maintenant, en parlant de liberté, je dois me lever. »
Godric releva la tête et regarda le réveil, effectivement le professeur était en retard. Bon il n'avait pas cours, mais ça le Gryffondor n'était pas obligé de le savoir. Le lion commença à relâcher sa proie, lentement, au grand dam de celle-ci qui n'attendait que ça pour pouvoir s'échapper. Mais finalement Godric resserra à nouveau ses bras autour du corps de Severus.
« En fait non, tant pis pour tes élèves, je te garde aujourd'hui. »
Rogue soupira, mais qu'avait-il bien pu faire de si mal pour mériter une telle punition ? Bon d'accord, il y avait sans doute beaucoup de choses répréhensibles dans son dossier. Mais méritait-il pour autant de subir ça ? Il joua finalement sa dernière carte : le chantage.
« Les élèves sont en sortie scolaire, ce qui veut dire que Poudlard est actuellement vide de la plupart de ses occupants. »
Il sentit le lion se redresser légèrement, il avait mordu à l'hameçon. Rogue explicita donc son propos :
« Donc si tu me lâche tu auras le droit de te balader dans Poudlard toute la journée. »
Le Gryffondor hésita, il trouvait cette proposition étrange. Cela faisait une semaine qu'il n'avait pas le droit de mettre ne serait ce qu'un doigt dehors, et là d'un coup il pouvait se balader comme il le voulait ?
« Pour de vrai ? Tu ne vas pas m'en empêcher au dernier moment ? »
« Comment voudrais-tu que je t'en empêche ? »
« C'est pas faux, je ne sais même pas pourquoi je ne suis pas encore sorti. Mais dit moi, c'est du chantage ça... »
Les doigts du blond couraient toujours dans le cou de Severus, ce qui le mettait de plus en plus mal à l'aise. Mais il faisait son possible pour rester placide à l'extérieur. Il répondit fièrement :
« Personnellement j'appellerais plutôt ça un échange de bons procédés. Alors ? »
Godric hésita encore un instant, pendant lequel la sonnerie de la cheminée retentit. Severus se leva rapidement sans rencontrer de résistance et se dirigea vers la salon. Lorsqu'il y entra il n'y avait personne, simplement un petit papier plié en deux, posé sur la cheminée. Il le prit, seul trois mots étaient inscrit « problème avec Détraqueur. » il n'y avait aucune signature, mais Rogue savait qui lui avait envoyé ce message. Il partit rapidement en direction de la salle de bain, s'habilla en deux temps trois mouvements, et repassa en direction de la cheminée aussi rapidement. Godric se leva et demanda :
« Qu'est-ce qui se passe ? »
« Un petit problème rien de bien grave, fait ce que tu veux je reviens plus tard. »
Il prit de la poudre de cheminette et entra dans la cheminée.
« Je peux venir ? »
Severus ne répondit pas, il était pressé. Il ne dit que deux mots :
« Manoir Prince. »
Godric hésita, on ne lui avait pas dit non , mais d'un autre côté on l'avait autorisé à se balader dans Poudlard librement. C'était un grand dilemme, suivre Severus ou au contraire profiter de son absence ? Le blond ramassa le bout de papier que l'homme en noir avait laissé derrière lui, ses yeux s'écarquillèrent en voyant ce qu'il y était écrit. Mais qu'est-ce que Rogue allait faire avec des détraqueurs ? La curiosité du lion l'emporta sur son envie de visiter le grand château. Il retourna dans la chambre enfiler une cape et des chaussures, et il remarqua que la baguette de Severus était resté là. Il l'attrapa et partit en courant vers la cheminée.
Lorsqu'il arriva chez lui Rogue ne fut accueillit par personne, mais il savait pourquoi. Il avait acheté ce manoir quelques années auparavant, et lui avait donné le nom de sa mère, en référence à la petite maison qu'elle lui avait laissé. Cet immense manoir ne lui servait finalement pas à grand chose, mais il lui avait trouvé une utilité tout de même non négligeable. Il se dirigea vers l'extérieur du manoir, et y trouva ses deux elfes de maison et Kai, un sang-mêlé qu'il accueillait chez lui parce qu'il ne voulait pas aller à Poudlard, et qu'il était orphelin.
« Rogue, te voilà enfin ! Il a réussit à sortir et s'est envolé tout de suite on n'a rien pu faire. »
Le professeur leva les yeux vers le ciel et y découvrit avec lassitude une tâche noire. C'était un hyppogriffe, le problème c'est qu'il n'était pas censé se trouver dans le ciel. L'homme siffla et la tâche se stoppa, elle revint légèrement vers eux, mais sans pour autant rejoindre le sol.
Godric se retrouva dans un endroit inconnu, il regarda aux alentours mais ne vit personne. Il sortit de la pièce pour se retrouver dans un couloir composé de diverses portes. Il ne savait pas où aller mais un sifflement le guida vers la porte du fond. Il se retrouva à l'extérieur, Severus et un autre homme tentaient d'attirer un hippogriffe au sol. Et ce n'était visiblement pas gagné. Godric, qui avait toujours la baguette de Rogue, s'apprêta à lancer un stupéfix sur l'animal. Le serpent l'aperçu et cria :
« Ne fais pas ça ! »
Mais c'était trop tard, Godric lança le sort, celui-ci se heurta sur quelque chose et au lieu de toucher l'animal sembla rebondir sur lui. Severus poussa Kai sur le côté juste avant de se prendre le sort de plein fouet. Enfin ce n'était pas vraiment le sort en lui-même, il n'était pas figé, mais plutôt l'énergie qui l'animait. Il vola sur quelques mètres sous la force de l'impact, et fut stoppé par le mur de pierre du manoir. Kai se précipita vers lui, tout comme Godric et les deux elfes. Severus, après avoir retrouvé son souffle que le choc avait coupé, pestait ouvertement contre le lion. Quand celui-ci lui demanda s'il allait bien, il répondit rageusement :
« Jamais tu n'écoute ce qu'on te dit ? Je t'ai dit ne pas jeter ce sort, mais bien sûr il a fallu que tu le fasse quand même ! Donne moi cette baguette avant de tuer quelqu'un. »
Le lion posa docilement la baguette dans la main exigeante de Severus. L'homme en noir se leva, en dissimulant derrière sa colère la douleur qui parcourait ses membres, et écarta d'un mouvement fluide toutes les personnes qui gravitaient autour de lui. Pendant que son maître réglait ses comptes, l'hippogriffe avait décidé de rejoindre le sol. Severus le regarda, désespéré.
« Et toi bien sûr il suffit que je me prenne un mur pour que tu daignes regagner la terre ferme. La prochaine fois je commencerais par là. »
L'animal sembla hésiter entre repartir hors de porté de l'homme ou rester là où il était. Mais Rogue ne lui laissa pas le choix, il passa une corde autour de son cou et l'attira vers un bâtiment. Une fois à l'intérieur il referma la grille menant à l'extérieur et retira la corde du coup de l'hippogriffe. Il se dirigea vers un coffre se trouvant au fond de la pièce servant de lieu de vie à l'animal, et en sorti un petit flacon remplit d'un liquide bleuté. Godric était arrivé derrière la grille, accompagné de Kai, ils observaient tous deux l'homme en noir. Le blond s'excusa, sans obtenir de réponse du serpent. Ce dernier fit boire la fiole à l'animal ailé, qui ne sembla pas s'en plaindre. Puis Godric tenta à nouveau d'attirer l'attention :
« Qu'est-ce qu'il a ? »
Severus soupira, Kai allait répondre à sa place mais finalement il n'en eu pas le temps.
« Un problème musculaire aux ailes, mais comme tu as pu le constater on ne peut pas lui lancer de sort, donc je lui donne une potion. »
Sur ces mots le professeur de potion franchi la grille et se dirigea vers le manoir. Il s'installa dans le salon, dans le fauteuil pour être précis, obligeant ses deux compagnons à cohabiter sur le canapé. Il ordonna aux elfes de maison de leur apporter du thé, ce qui arriva quelques minutes plus tard. Puis Kai, qui était curieux de nature, demanda :
« Severus, tu ne nous présente pas ? »
Le maître de potion leva le nez de sa tasse en soupirant et fit de brèves présentations :
« Kai, je te présente Godric Gryffondor. Godric voici Kai. »
Il avait décidé de ne pas cacher l'identité du fondateur au jeune homme, il lui faisait confiance et savait que cette information ne sortirait pas de ces murs. Par contre c'était au jeune homme de décider s'il voulait révéler son passé au blond, c'est pour cela que Rogue n'ajouta rien de plus sur lui. Kai se tourna vers Godric avec de grands yeux.
« Godric Gryffondor, le fondateur ? »
Le blond lui répondit avec son plus beau sourire, la situation l'amusait beaucoup.
« Lui-même. »
« Mais vous n'êtes pas censé être mort ? »
« Oh vous savez la mort, ça va, ça viens, ce n'est pas forcément définitif. »
« Pour le commun des mortels c'est censé l'être, si. »
« Eh bien dîtes vous que je ne suis pas le commun des mortels, tout simplement. »
« Très bien, et comment connaissez vous Severus ? »
Rogue avait désormais le nez dans un journal, et ne portais aucune attention à la discussion des deux autres hommes. Il ne réagit pas lorsque Godric lui jeta un regard pour le consulter, le blond pris d'ailleurs ce manque de réaction comme un feu vert. Il pouvait donc dire ce qu'il voulait. Pourtant malgré son détachement apparent Severus ne perdait pas une miette de l'échange.
« Eh bien disons que je suis revenu à Poudlard et qu'il m'a accueillit dans ses appartements. Et vous, d'où le connaissez-vous ? »
« J'ai eu quelques problèmes, et comme je ne voulais pas aller à Poudlard, il m'a permit de rester ici. »
La discussion s'arrêta là car Severus s'était levé et se dirigeait vers la porte. Kai lui demanda :
« Tu rentre déjà ? Tu ne veux pas passer le week end ici ? »
Le professeur se retourna vers le jeune orphelin, et le regarda un instant. Il eut droit à une moue des plus suppliantes, il soupira et répondit finalement :
« D'accord on passe le week end ici. »
Le brun sauta de joie et fila ordonner aux elfes de nettoyer la chambre de leur maître et d'en préparer une pour son ami. La soirée se passa tranquillement, sans qu'aucun conflit ne naisse. Kai et Godric semblait s'entendre à merveille, pour le plus grand malheur de Severus qui faisait les frais de leur bonne entente. Lorsque vint le moment d'aller se coucher Kai indiqua sa chambre à Godric, tandis que Severus regagnait la sienne. Le blond resta dans sa chambre plusieurs minutes, le temps de s'assurer que la voie était libre, puis il en sortit et se dirigea vers celle de Rogue. Il frappa à la porte, et dû attendre un peu que le serpent se décide à lui ouvrir.
« Qu'est-ce que tu veux Godric ? »
« Je peux entrer ? »
Severus le regarda d'un œil méfiant, mais finalement il s'effaça pour le laisser entrer. Le blond alla s'assoir sur le lit sans demander son avis à son propriétaire.
« Tu sais si on t'a préparé une chambre ce n'est pas pour que tu vienne dans la mienne. »
Le blond leva ses yeux verts vers Rogue, qui frémit en voyant le blond avec une telle expression sur le visage. C'était un mélange de désir et de supplication.
« Mais c'est dans ta chambre et avec toi que j'ai envie d'être. »
Le professeur fit un petit arrêt de quelques secondes, puis il se rembrunit et croisa les bras sur sa poitrine.
« Ce n'est pas une raison, on a pas toujours ce que l'on veut dans la vie. »
Puis il s'avança vers le lit et s'assit lui aussi au bord, mais le plus loin possible du blond. Il était en train de tenter le diable, il en avait conscience, mais il savait aussi que de toute façon il était déjà là. Il ajouta ensuite :
« Maintenant si tu veux bien retourner dans ta chambre, je suis fatigué. »
Godric s'approcha sensiblement de l'autre homme et répondit en lui lançant un regard de braise.
« Et si je ne veux pas ? »
Puis il combla l'espace qu'il restait entre eux deux, Severus eu un blanc de quelques minutes, il ne savait plus quoi dire. Il était comme absorbé par les yeux du blond et n'arrivait pas à s'en défaire. Le lion en profita, il caressa délicatement le visage de Severus, puis il l'embrassa. Lentement et tendrement d'abord, puis bien plus fougueusement. Leurs langues s'entrelaçaient avec vigueur, tandis que Godric passait une main dans la nuque du serpentard pour l'empêcher de fuir. Bien que pour le moment il n'en avait nullement l'intention. Le fondateur avait envie d'aller plus loin cette fois-ci, aussi il poussa délicatement Severus pour l'allonger sur le matelas, et se retrouva allongé sur lui. Il quitta alors la bouche du professeur pour dévorer sa mâchoire, ce qui tira quelques que petits gémissements des lèvres qu'il avait délaissé. Il descendit ensuite dans le cou, sans que Rogue ne l'arrête, alors il décida de passer aux choses sérieuses et glissa une de ses mains sous la chemise de l'autre homme. C'est là que ce dernier eu une sorte de déclic, il demanda à Godric de s'arrêter une première fois, mais le blond ne l'écouta pas et continua dans sa lancé. Il demanda une deuxième fois, toujours pas de réponse. Alors Severus tenta d'attraper la baguette qui se trouvais sur le lit un peu plus loin, et dès qu'il l'eut en main il l'a pointa sur Godric :
« j'ai dit stop ! Expeliarmus ! »
Et ce fut un fondateur abasourdie qui rencontra le mur de la chambre. Severus sortit de la pièce en claquant la porte derrière lui. Le blond resta là, il ne chercha pas à courir après le professeur, il savait pertinemment que ce serait peine perdu. Il avait été trop loin, c'était clair et net, il était conscient que se faire pardonner ne serait pas facile. Pourtant il ne comprenait pas la réaction de Severus, il avait eu l'impression qu'il était d'accord, qu'il en avait lui aussi envie, et finalement il l'avait rejeté. Il ne comprenait plus rien. Severus quant à lui était furieux, contre Godric bien sûr mais aussi contre lui-même. Il savait que sa réaction était contradictoire et trop violente, mais ça avait été plus fort que lui. Il avait eu peur, voilà tout, la blessure qu'il portait n'était pas encore totalement refermée, et il avait peur qu'elle se rouvre complétement. Mais il était bien trop fier pour reconnaître ses torts. C'était donc la faute de Godric, un point c'est tout, et il ne retournerait pas vers lui tout de suite. Il alla faire un tour dans le jardin pour se détendre, et finis par s'allonger dans le canapé du salon et s'y endormit...
Après avoir perdu la fin de ce chapitre et dû la réécrire, j'ai finalement réussi même si je ne suis pas vraiment satisfaite du résultat... REVIEEEEEEEWS !
