Chapitre 9 : Un serpent malade

Le lendemain matin lorsqu'il se réveilla Severus avait l'impression que quelqu'un s'amusait à frapper sur sa tête avec une massue. Il se leva tout de même et se prépara tant bien que mal pour aller assurer ses cours, mais Kaï se mit en travers de son chemin en le voyant tanguer légèrement.

« Ça va Severus ? »

Le professeur hocha faiblement la tête, il n'avait aucune envie de lancer une discussion. Mais il avait comme l'impression que le jeune homme n'allait pas être satisfait de sa réponse.

« Tu n'es pas très convaincant, je commence à te connaître tu sais. Je vois très bien que quelque chose ne vas pas. »

« Même que ce serait le cas, c'est mon problème. Maintenant il faut que je retourne à Poudlard. »

L'adolescent le regarda se diriger vers la cheminée, certain qu'il allait faire un faux pas. Severus s'étonna que le jeune homme ne fasse pas plus de résistance, mais il ne put en profiter bien longtemps. Dès qu'il fut à deux pas de la cheminée le gamin réapparut devant lui :

« Tu crois vraiment que je vais te laisser partir comme ça ? Tu n'as pas mangé hier soir, ni ce matin d'ailleurs, et c'est à peine si tu marches droit. »

Kaï posa alors sa main sur le visage de Severus, qui n'eut pas le temps de s'écarter.

« C'est bien ce que je pensais, retournes te coucher et prend une potion pour ta fièvre. »

Le professeur ne bougea pas, il planta simplement ses yeux dans ceux de l'adolescent, essayant d'être le plus convaincant possible. Mais le gamin sourit et ajouta :

« Tu ne me fera ni bouger ni changer d'avis, et tu sais que je suis plus fort que toi physiquement, alors retourne te coucher gentiment. Je vais envoyer un message à Dumbledore pour le prévenir. »

Severus soupira et répondit simplement pour avoir le dernier mot :

« Mais où ais-je eu l'idée de prendre un adolescent loup-garou chez moi ? »

Il fit demi tour et retourna dans sa chambre, il savait parfaitement que l'adolescent en question arborait désormais un immense sourire de satisfaction. Il se recoucha mais ne prit pas de potion, il n'aimait pas en prendre de toute façon. Il réussit à s'endormir, malgré ses maux de tête et la haute température de son corps.

Kaï envoya un hibou à Dumbledore, mais celui-ci fut réceptionné par McGonagall, qui le remplaçait. Severus avait totalement oublié ce détail, mais finalement cela ne posa pas de problème.

Cependant personne ne pensa à prévenir Godric, qui pensait réussir à croiser Rogue le matin à son arrivée. Ne le voyant pas venir il se dit simplement qu'il l'avait loupé, il attendait donc le soir avec impatience.

Quand Severus se réveilla Kaï était assis à côté de lui, il lui avait mis un linge humide sur le front.

« Tu te sens mieux ? »

Le malade se sentait effectivement un peu mieux, mais il tenta de faire croire qu'il allait beaucoup mieux.

« Oui, je vais bien. »

« Vu la chaleur que dégage encore ta tête je doute que tu ailles bien. Tu as pris une potion au moins ? »

« Oui. »

Le jeune homme lui lança un regard sceptique mais n'insista pas. Il se leva et se dirigea vers la porte :

« Tu veux quelque chose ? »

« Non c'est bon, va t'occuper de tes cours plutôt. »

« Bien professeur Rogue, reposez-vous bien. »

Puis il quitta la pièce sur une courbette des plus nobles. Severus soupira, il tourna un certain temps dans son lit avant de réussir à se rendormir.

Pendant ce temps plutôt que de travailler ses cours l'adolescent fit appel à un certain aristocrate blond, qui arriva une heure plus tard.

« Bonjour Lucius, comment vas-tu ? »

« Bien, mais dit moi plutôt ce qu'il se passe Kaï, tu fais rarement appel à moi. »

« Oui je sais. Severus à de la fièvre, j'ai réussi à l'obliger à rester ici se reposer, il m'as dit qu'il avait pris une potion, mais je n'y crois pas une seule seconde. J'ai l'impression qu'il a vraiment beaucoup de fièvre, alors je me suis dit que tu pourrais peut être le convaincre toi. »

Lucius Malfoy sourit, et répondit à l'adolescent :

« Je peux toujours essayer, mais tu sais lorsqu'il a décidé qu'il ne ferait pas quelque chose il faut s'accrocher pour le faire changer d'avis. »

Kaï sourit à son tour.

« C'est vrai, mais je sais que tu le connais encore mieux que moi et que tu as sûrement de quoi le convaincre. »

« Tu n'as pas tout à fait tort. »

Sur ces mots le blond se dirigea vers la chambre du malade, il y entra silencieusement. Severus ne se réveilla que lorsqu'il sentit le linge frais quitter son front. Il ouvrit les yeux et se retrouva face à l'aristocrate, qui s'était penché au dessus de lui en posant sa main sur son front.

« Lucius ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je viens voir l'état d'un malade récalcitrant. »

« Je ne sais pas ce que t'a dit Kaï, mais tu n'avais pas besoin de venir. »

Lucius se dirigea vers la salle de bain, sans même prêter attention aux paroles de Severus, il humidifia de nouveau le linge et retourna dans la chambre pour le déposer sur le front du malade.

« Il semblerait que si, pour que tu sois resté là c'est que tu n'es vraiment pas bien. Et ce n'est pas normal que ta fièvre n'ait pas baissé, sauf si bien entendu tu n'as pas pris de potion. »

Le regard accusateur du blond ne fit pas baisser les armes à Severus, il connaissait ce regard par cœur et cela faisait bien longtemps qu'il ne lui faisait plus peur.

« Je suis resté là parce qu'un certain loup-garou m'a empêché d'aller travailler. Et j'ai pris cette foutu potion. »

Le blond acquiesça et se leva à nouveau, il alla chercher une potion dans la salle de bain et revint avec en la mettant sous le nez du malade.

« Bien, alors reprends en une, si tu l'as vraiment pris ce matin, tu peux en reprendre une tout de suite. »

Le professeur était piégé, il savait que l'aristocrate ne lâcherais pas l'affaire tant qu'il ne l'aurait pas vu de ses propres yeux boire cette potion. Et il pouvait être très très tenace, alors il décida de tenter sa chance, totalement illogique on est d'accord, mais on ne sait jamais après tout.

« Je n'en ai pas besoin, ça va passer tout seul c'est bon. »

Le Serpentard sentit son visiteurs s'agacer, il savait pertinemment que l'homme n'aimait pas lorsqu'il disait ça. Il se signifia intérieurement qu'il aurait mieux fait de réfléchir avant de parler.

« Severus, ta fièvre ne passera pas toute seule, comme par miracle, si tu ne prends rien soit elle stagnera soit elle augmentera. Dans les deux cas tu ne guérira pas, alors fais moi plaisir et prends cette potion de ton plein gré veux-tu. »

Rogue soupira profondément, mais finalement il pris la fiole dans la main du blond, l'effleurant au passage, et la bu entièrement. Il valait mieux qu'il la boive lui même, parce que si le blond se mettait en tête de lui faire boire de force il ne voulait pas savoir ce qui l'attendait. Le blond afficha son sourire satisfait made in Malfoy, qui fit détourner le regard au professeur, cela l'horripilait. Cela fit sourire Lucius, qui ne pu s'empêcher de commenter :

« Allons Severus, ne fait ta mauvaise tête, tu sais aussi bien que moi que je gagne toujours. »

En fait ce n'est pas qu'il gagnait toujours, mais que Rogue le laissait toujours gagner, mais ça bien sûr il ne le savait pas. Et ne le saurais jamais, il ne faut pas attaquer un Malfoy dans son orgueil de mâle. Et puis ce n'était pas le but, de toute façon Severus ne l'aurait sans doute jamais avoué non plus. Cependant il ne redirigea pas son regard vers son invité, il n'avait pas envie de céder cette fois. Le blond se pencha vers lui, il sentit ses long cheveux caresser sa joue, et il murmura dans son oreille :

« Regarde-moi. »

C'était un ordre, dit sensuellement certes, mais ni plus ni moins qu'un ordre. Et le serpentard détestait les ordres, enfin ceux qui n'apportait rien au monde en tout cas. Il garda obstinément ses yeux rivés à l'opposé de Lucius, qui finit par se redresser. Il prit le menton du malade dans sa main et l'obligea à tourner la tête.

« J'ai dit regarde-moi. »

Mais les prunelles obsidiennes ne bougeaient toujours pas, alors le blond se pencha à nouveau vers sa cible. Il effleura le bout du nez de Severus avec le bout du sien, et dit à nouveau d'une voix sensuel :

« Severus, regarde-moi »

Non il ne céderait pas, pas question, pas cette fois. Le blond caressa sa joue de son autre main, tandis que son visage s'enfouissait dans son cou. Rogue avait légèrement l'impression que ça sentait le roussit, mais il ne bougea pas pour autant. L'aristocrate savait ce qu'il en était, et il espérait qu'il allait s'y tenir. Il murmura à nouveau le nom du professeur au creux de son oreille, mais celui-ci tint bon. Alors Lucius l'embrassa, un simple effleurement de lèvre qui faisait voler en éclat les 25 dernières années. Lorsque la langue de l'aristocrate demanda la permission d'entrée, il n'eut pas la force de l'en empêcher. Ils s'embrassèrent langoureusement, jusqu'à ce que Severus trouve la force de repousser l'autre homme.

« Arrête. »

Le blond se redressa lentement, il avait un air coupable, il savait qu'il n'aurait jamais dû faire ça. Il ne prononça aucun mot, mais Severus pu lire des excuses dans ses yeux, mais c'était trop tard, le mal était fait. Lucius sortit en silence de la chambre et partit rejoindre Kaï, tandis que Severus s'efforçait de se rendormir pour ne plus penser à ce qu'il venait de se passer.

« tu as réussis ? »

L'aristocrate offrit son meilleur sourire de satisfaction au jeune homme.

« Évidemment, pour qui me prend- tu ? »

L'adolescent lui sourit, satisfait lui aussi de cette réussite. Ils burent un thé ensemble et discutèrent encore un peu. Avant de partir Lucius remonta dans la chambre du malade, qui était endormi. Il s'approcha du lit et s'assit au bord de celui-ci. Très peu de gens était au courant de cela, il s'enorgueillissait même par la pensée d'être le seul au courant. Il se trouvait que Severus Rogue parlait dans son sommeil, mais pas intempestivement, simplement si vous lui posiez une question il y répondait. Et généralement lorsque vous lui en parliez après il ne se souvenait de rien et démentait catégoriquement toutes les réponses qu'il avait pu donner. Il posa donc une question, espérant que cet état de fait était encore d'actualité.

« Veux-tu voir quelqu'un en particulier ? »

Le silence lui répondit, puis au bout d'un moment l'endormit répondit finalement, du bout des lèvres :

« Oui. »

Voyant que cela marchait toujours, Lucius décida d'approfondir :

« Qui ? »

« Godric. »

Le blond haussa un sourcil, il ne connaissait pas cette personne, il n'en avait même jamais entendu parler. Le seul Godric qu'il connaissait était le fondateur de Gryffondor, et pour lui il était absolument impossible que ce soit celui-ci. Il décida de poser une autre question qui le taraudait, et de voir avec Kaï qui était ce Godric.

« Voudrais-tu encore de moi, même si je reste marié ? »

« non »

La réponse ne surprit pas l'aristocrate, il s'en doutait, mais elle lui fit tout de même mal. Il voulait savoir pourquoi mais n'eut pas la force de demander. Il sortit de la chambre du malade et retourna voir Kaï, qui lui expliqua qui était le fameux Godric. Il fut sidéré de savoir que c'était bel et bien celui auquel il avait pensé, et qu'il était actuellement dans les appartements de Severus à Poudlard. Il s'y dirigea sans plus de discours, il verrait bien avec l'intéressé pour les détails.

Godric avait fini par envoyer un message à Minerva, puisqu'il ne voyait toujours pas Severus arriver, et il avait appris qu'il n'avait pas assuré ses cours. Il était certain que c'était à cause de sa fièvre, mais il ne pouvait pas aller au manoir, il était sûr que ça ne plairait pas au professeur. Il hésitait, il était de plus en plus inquiet, et puis après tout un petit aller-retour juste pour demander à Kaï s'il allait bien. Tout ce la en toute discrétion, quel mal cela pourrait-il faire. Il venait de se décider à moitié quant il entendit quelqu'un arriver par la cheminée, il se précipita dans le salon, en pensant que c'était Severus. Mais il se retrouva face à un homme qui avait tout l'air d'être un aristocrate, mais qu'il en connaissait pas.

« Qui êtes-vous ? »

L'homme blond s'approchera de Godric et lui tendit la main.

« Lucius Malfoy, un ami de Severus. Je présume que vous êtes Godric Gryffondor ? »

Le lion serra la main de son visiteurs tout en s'empressant de demander :

« Oui. Comment va-t-il ? »

Lucius sourit face à l'empressement de l'autre homme.

« Bien, j'ai dû le menacer pour qu'il avale une potion pour faire baisser sa fièvre, alors c'est qu'il va assez bien pour se défendre. »

Godric recommença à respirer, il était soulagé de savoir que le professeur allait bien, même s'il mourrait d'envie d'aller le voir. L'aristocrate ajouta, puisque le fondateur ne répondit rien :

« Mais dîtes moi plutôt, qui êtes vous pour Severus ? »

« Il m'a ressuscité, pour je ne sais quel raison, et il me garde ici. »

« Ça ne répond pas à ma question. »

« Un intrus je dirais, je pense qu'il se passerait volontiers de moi. »

Cette remarque fit à nouveau sourire Lucius, cet homme ne savait visiblement pas la valeur qu'il avait. Severus avait envie de le voir, il n'était donc pas si indispensable que ça. Mais avant d'en dire plus il devait vérifier quelque chose.

« êtes vous intéressé par Severus ? Amoureusement j'entends. »

Godric écarquilla les yeux à cette question, il ne s'attendait certainement pas à ça, loin de là. Il finit par hocher la tête pour simple réponse, et il posa à son tour la question :

« Et vous qui êtes vous pour lui ? »

« Je vous l'ai dit, un ami, mais si c'est ce qui vous inquiète j'ai effectivement eu une relation avec lui, mais elle date du temps où nous étions élèves à Poudlard, et n'est plus d'actualité. »

« Comment puis-je en être sûr ? »

« La seule chose que je peux vous dire c'est que je suis marié et que j'ai un enfant, ce que Severus n'acceptera jamais si on devait se remettre ensemble, et je ne peux pas quitter ma femme pour lui. »

« Vous ne deviez pas vraiment l'aimer alors. »

« Peut être pas, le fait est que je l'ai fait souffrir, et que je le fait peut être même encore aujourd'hui sans le savoir. Et je suis sûr que si vous lui avez déjà fait des avances il vous à repoussé, je me trompe ? »

« Non, ça s'est même très mal passé la dernière fois, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas accouru au manoir dès que j'ai su qu'il n'était pas venu travailler aujourd'hui. Si je comprends bien c'est à vous que je le dois ? »

Lucius commençait à se dire qu'il n'aurait peut être pas dû venir, mais maintenant qu'il était là il devait aller jusqu'au bout.

« Sans doute, mais je ne peux pas vous en dire plus, c'est à lui de le faire. Par contre ce que je peux vous assurer c'est qu'il a envie de vous voir, même s'il ne l'avouera sans doute jamais. »

« Comment pouvez-vous le savoir si vraiment il ne l'avouera jamais ? »

« Disons que j'ai ma petite recette pour obtenir les réponses dont j'ai besoin. Voulez-vous allez le voir ? Je pense sincèrement que ce serait une bonne idée. »

Godric ne savait pas s'il pouvait vraiment avoir confiance en cet homme, mais il décida d'opter pour le oui et de le suivre. Il hocha la tête et suivit l'homme dans la cheminée, ils ne croisèrent pas Kaï en allant à la chambre de Severus. Ils s'arrêtèrent devant la porte et Lucius l'ouvrit doucement, il jeta un coup d'œil à l'intérieur, le malade dormait toujours.

« Attendez là un instant. »

Il entra furtivement dans la chambre et déroba la baguette de Severus, puis il rejoignit Godric.

« Comme ça il ne risque pas de vous attaquez, allez-y. »

Godric lui sourit et entra dans la chambre, sans remarquer que la porte se refermait derrière lui et que Lucius lançait un sort de fermeture, les enfermant ainsi dans la pièce sans possibilité de sortie.

Malfoy père se dirigea ensuite vers la chambre de Kaï, il y entra et lui confia la baguette du professeur, en lui disant de les libérer quand il estimerait que c'était le bon moment.

...

Alors alors verdict ?