Oui c'est noël en retard ^^


Chapitre 14 : Ais-je bien entendu ?

Le manque de réaction de Severus ne rassurait pas du tout le lion, mais alors pas du tout. Le regard ébène constamment posé sur lui non plus d'ailleurs. Il n'arrivait pas à le déchiffrer, il ne savait pas ce qu'il se passait dans la tête de son interlocuteur, il ne savait s'il était sur le point de le frapper violemment ou juste de lui dire que tout était fini et qu'il n'y avait plus aucun espoir pour lui. Mais le serpent fini tout de même par l'encourager à continuer :

« Et ? Continue je n'ai pas que ça à faire. »

« Eh bien en fait c'est moi qui lui ait demandé de faire... ce qu'il a fait j'imagine. »

Il s'attendait à avoir une réaction assez violente de la part du professeur, mais au lieu de ça il resta passif.

« Tu ne me frappe pas ? Tu ne te met pas à me hurler dessus ? »

Le visage de Rogue fut alors fendu par un sourire en coin, tandis que ses yeux jusque là peu révélateur de son état d'esprit se ravivaient.

« Si c'est ce que tu veux, je peux toujours te torturer pendant le temps qu'il te reste ici. »

Godric était toujours aussi surpris par la réaction de l'autre homme, mais la colère qu'il voyait dans ses yeux lui confirmait qu'il était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution.

« Non, c'est bon, je pense que je vais pouvoir m'en passer. Mais j'ai l'impression que je ne t'apprends rien de nouveau. »

« C'est le cas. »

Godric écarquilla les yeux de stupeur.

« Quoi ? Mais qui... Malfoy... C'est lui hein ? »

« Exact. »

« Je vais le... »

« Eh ! C'est toi qui as commencé ne rejette pas la faute sur lui. Qui plus est, pour ton information, si tu es encore en un seul morceau c'est uniquement grâce à lui. »

Le blond ne savait pas comment il devait prendre cette réponse, dans un sens c'était normal que Severus défende Lucius, mais dans la situation actuelle tout poussait à croire qu'ils avaient couché ensemble.

« Et vous avez couchez ensemble je parie... »

Severus jeta un coup d'œil à l'heure et se leva en répondant :

« Nous ne sommes effectivement pas resté inactif si c'est la question. »

Et il quitta ses appartements sans un regard de plus vers le fondateur. Ce dernier resta figé plusieurs minutes, il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre, en fait il le savait déjà, mais l'entendre de la bouche de Severus faisait encore plus mal qu'il ne l'aurait imaginé. Il passa la journée à se morfondre, et parvint à faire comme-ci de rien n'était lorsque le professeur revint le soir venu. Cependant il ne le toucha plus, plus rien, ni câlin ni baiser, rien du tout. Il avait décidé de n'être plus qu'un squatteur, un ami à la rigueur, et encore même ça il n'était pas sûr de pouvoir l'assumer.

Rogue souffrait aussi de la situation, mais il tint bon, c'était lui qui l'avait voulu, maintenant il devait assumer ses choix. Il s'éclipsait de temps à autre le soir, pour ne pas avoir à supporter la distance que Godric mettait entre eux. Mais il avait prit sa décision, et ce ne serait pas autrement. Il avait expliqué la situation à Kaï, qui sans surprise l'avait traité de triple imbécile. Mais il ne s'en formalisait pas, l'avis du jeune homme n'influençait pas ses décisions, et puis il était trop jeune pour comprendre. Enfin ça c'est l'excuse qu'il trouvait pour ne pas admettre lorsque le jeune homme avait raison.

En fin de semaine Godric alla voir Kaï et lui raconta lui aussi la situation, ainsi le jeune homme eut également sa version. Le lion se lamentait, ce qui pour le moment ne dérangeait pas l'adolescent, mais il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps.

« Mais quel imbécile j'ai été, je n'aurais jamais dû aller voir Malfoy. Maintenant je dois encore supporter cette situation au moins jusqu'à ce que Dumbledore rentre, après je pourrais quitter les appartements de Severus. Je n'aurais plus qu'à m'arranger pour ne plus le croiser jusqu'au moment où je devrais repartir. »

Le brun soupira.

« Tu crois vraiment que c'est une solution ? »

« Et que veux-tu que je fasse d'autre ? Il a fait son choix, je n'ai pas à intervenir. Tu veux que je rampe à ses pieds, que je le supplie de laisser tomber Malfoy et de venir avec moi ? A quoi ça servirait, je suis sûr qu'il ne m'écouterait même pas. »

« Je n'en suis pas si sûr... Mais bon c'est toi qui vois, si tu préfères continuer à regarder sans rien faire. »

La conversation s'arrêta là, l'un comme l'autre n'ayant rien à ajouter et campant sur leurs positions. Le lendemain Godric reçu un message de Kaï qui lui demandait de venir en milieu d'après midi au manoir. Le fondateur répondit à l'invitation, de toute façon il n'avait rien de mieux à faire, et retrouva le jeune homme dans le salon. Mais pour son plus grand malheur il n'était pas seul, Lucius Malfoy était assis en face de lui. Il porta son attention sur le louveteau.

« Je peux savoir pourquoi tu m'as fait venir ? J'ai beau lui avoir promis de ne pas le frapper si les choses ne tournaient pas en ma faveur, ce n'est pas pour ça que je n'en meurs pas d'envie. »

Le jeune homme calma le jeu d'entré, en empêchant l'aristocrate et son ego de répondre au nouvel arrivant.

« Godric, s'il-te-plait, viens t'asseoir. Je peux te garantir que ce que Lucius à a te dire va t'intéresser. »

Il reporta donc son attention sur l'homme et demanda sans pour autant aller s'asseoir.

« Ah oui ? Et qu'avez-vous donc à m'apprendre de si indispensable ? »

L'interpellé consulta le plus jeune du regard, et celui-ci l'encouragea d'un mouvement de tête à dire ce qu'il avait à dire. Lucius soupira et croisa les bras sur sa poitrine avant de répondre d'un ton dédaigneux.

« C'est vous qui avez gagné. »

Le lion sentit la rage monter mais il la retint.

« Ah oui ? Et pouvez-vous m'expliquer en quoi est-ce que j'ai gagné ? »

L'aristocrate reporta son regard sur lui, ses yeux reflétant sa propre colère.

« C'est vous qu'il a choisit, pas moi ! Voilà en quoi vous avez gagné, faut-il que je vous fasse un dessin ? »

Kaï intervint à nouveau pour calmer le jeu.

« Allons allons messieurs, calmez-vous. Godric assieds toi. »

Son ton avait beau être calme, il n'en était pas moins exigeant. Le fondateur s'assit, encore abasourdie par ce qu'il venait d'entendre. Il ne comprenait plus rien.

« Mais il m'as dit le contraire... »

« Il se venge, vous pensiez vraiment qu'il allait vous laissez vous en sortir aussi facilement ? »

L'aristocrate n'avait pas tort, et Kaï ne se gêna pas pour en remettre une couche.

« S'il n'avait rien fait là ça aurait été inquiétant. »

« Mais alors vous... ? »

Lucius soupira de nouveau, ce que ce stupide lion pouvait l'exaspérer.

« Non, nous n'avons pas couché ensemble, et pourtant c'était très bien partit pour, croyez moi. »

« Que s'est-il passé ? »

Lucius sourit à cette question, en se demandant s'il avait vraiment l'air aussi stupide.

« Pour les détails vous devrez demander directement à l'intéressé, je ne vais pas non plus vous mâcher tout le travail. »

Sur ces mots Malfoy se leva et quitta la pièce en saluant Kaï, se dirigeant vers son manoir maintenant qu'il avait satisfait les exigences de ce stupide gamin « dans l'intérêt de Severus ».

Le brun sourit à Godric, qui lui n'arrivait toujours pas à y croire.

« Alors ? Soulagé ? »

Gryffondor tourna un regard un peu perdu vers lui avant de répondre :

« Oui, même si j'avoue que j'ai du mal à y croire pour le moment. »

« Et bien tu n'as plus qu'a rentrer à Poudlard et a demander des explications à Severus pour être sûr. »

Le fondateur lui répondit d'un sourire, puis acquiesça. Il se leva et rentra à son tour chez lui, laissant le jeune homme seul dans le manoir. Lorsqu'il arriva le propriétaire des lieux n'était pas encore là, aussi s'installa-t-il dans le canapé pour l'attendre. Mais la tension des jours précédant tomba d'un seul coup, aussi s'endormit-il après une bonne heure d'attente.

Lorsque le professeur revint dans ses appartements il trouva le lion endormit, il le recouvrit d'une couverture et laissa son repas sur la table basse. Il se dirigea ensuite dans sa propre chambre pour dormir, sans se douter une seule seconde que son stratagème venait d'être dévoilé. Il s'endormit sans difficultés, et ne se réveilla pas avant le matin.

Godric lui se réveilla tard dans la soirée, et lorsqu'il sentit une couverture sur lui et vit l'assiette sur la table il se leva d'un bond. Il alla toquer timidement à la porte close de la chambre, mais personne ne lui répondit. Il l'entrouvrit légèrement et vit que son serpent dormait, aussi décida-t-il d'attendre le matin pour lui parler.

Lorsque le réveil de Severus sonna il l'éteignit par réflexe et se leva pour aller dans la salle de bain, sans se douter que de l'autre côté de la porte le lion l'attendait de pied ferme. Il s'habilla et traversa le salon en quête de café sans prêter attention à ce qui l'entourait. Il mit la machine à café en route et attendit patiemment, il se retourna vers la pièce et tomba nez à nez avec Godric qui se trouvait à a peine deux pas de lui. Il sursauta légèrement sous le coup de la surprise et observa l'autre, il avait l'air décidé, mais décidé à quoi c'était un mystère. Cependant il n'était absolument pas réveiller et enclin à quelque que conversation que ce soit, aussi prit il les devant.

« Quoi que tu ais à dire ça devra attendre que j'ai bu mon café. »

Le lion se contenta d'acquiescer et retourna s'asseoir dans le canapé, attendant le feu vert de son compagnon. Ce dernier se servit une tasse de café fumant et la bu tranquillement, tout en se demandant ce que le fondateur allait encore lui dire. Lorsqu'il eu finit il resta derrière le bar, laissant l'autre homme seul dans le canapé, il n'avait pas l'impression que s'approcher était une bonne idée. Mais comme Godric ne se décidait pas à prendre la parole alors il fit mine de partir pour l'obliger à dire ce qu'il avait à dire. Ce qui ne manqua pas, le lion réagit tout de suite.

« Attends ! Dis moi pourquoi tu m'as menti ? »

Severus se stoppa et se tourna vers lui, un sourcil levé, il ne voyait pas de quoi parlait l'autre homme. Il n'avait pas menti à sa connaissance, pas vraiment.

« Je ne t'ai pas menti. »

« Oh c'est bon arrête, Lucius m'a révélé ta décision, je pense que tu peux arrêter de te foutre de moi maintenant. »

Rogue ravala ses jurons à l'intention de l'aristocrate et s'appuya contre le mur le plus proche en croisant les bras.

« Je réitère, je ne t'ai pas menti. »

Le fondateur commençait a voir rouge, mais il tenta de garder son calme.

« Tu m'as dit que vous aviez couché ensemble, hors ce n'est pas le cas ! »

« Faux. »

« Malfoy m'a dit que vous ne l'aviez pas fait ! Cesse donc de nier ! »

« Et toi écoute donc plus attentivement ce que je dis. »

Le professeur gardait son calme, malgré le fait que l'autre homme n'allait pas tarder à exploser.

« Eh bien vas-y, je t'écoute ! »

« J'ai dit que nous n'étions pas resté inactif, je n'ai jamais dit que nous avions couché ensemble, donc je ne t'ai pas menti. »

Godric ouvrit de grand yeux.

« Tu... Raaaah mais c'est pas possible ! »

« Si tu arrêtais de te faire des films tout seul dans ton coin aussi. »

« Oh ça va hein ! Ne me dis pas que tu ne l'as pas fait exprès parce que tu savais pertinemment ce que j'allais comprendre ! »

Severus sourit à cette phrase et répondit narquoisement :

« Avoue que c'était de bonne guerre après ce que tu as fait. »

Là pour le coup le lion ne pouvait pas dire le contraire.

« Très bien, je te l'accorde. Mais maintenant que j'ai mis fin à ta petite vengeance, tu peux peut être me dire jusqu'où vous avez été ? »

« Tu es sûr de vouloir savoir ? »

« Oui ! »

Le lion avait un regard qui reflétait sa détermination, aussi le professeur lui répondit.

« Disons que nous avons été assez loin dans les préliminaires, mais nous n'avons effectivement pas été jusqu'au bout, je l'ai arrêté avant. »

« Pourquoi ? »

La question laissa le professeur sans voix, il ne s'attendait pas vraiment à cette question. Le blond ancra ses yeux dans les siens et réitéra ses paroles, il s'était levé du canapé depuis un moment mais n'avait toujours pas esquisser de mouvement dans sa direction.

« Pourquoi l'as-tu arrêté ? Dis le moi. »

Le professeur essaya de soutenir le regard de l'autre homme, tout en tentant de répondre.

« Parce que... »

Comment pouvait-il dire ça ? Il n'était pas doué pour ces choses là. Le lion l'encouragea, toujours sans bouger, il ne voulait pas le faire fuir.

« Parce que ? »

« Parcequej'aifinipartevoiràsaplace. »

Le professeur avait détourné le regard en répondant. Mais il avait parlé tellement vite que le lion n'était pas sûr d'avoir compris.

« Pardon ? »

« Parce que j'ai fini par te voir à sa place, ce n'était pas dans ses bras que j'avais envie d'être... »

Et sur ses mots Severus prit la poudre d'escampette, et pria pour que le lion ne cherche pas à sortir de ses appartements pour le suivre.

Ledit lion venait de se laisser à nouveau tomber sur le canapé, il n'en revenait pas. Il avait réussit, il lui avait enfin fait dire ce qu'il voulait entendre. Severus venait d'avouer que ce n'était pas dans les bras de Lucius qu'il était le mieux, mais bel et bien dans les siens. Un sourire idiot apparu sur son visage alors que sa réflexion traçait son chemin dans son esprit. Et il se promit d'attraper le serpent le soir même, quant à ce qu'il ferait ça ne dépendra que de Severus...


Alors alors alors ? Vous aviez tout deviné ou pas ?
La suite est en attente de correction ;)