Tadaaaa ! Alors alors heureux ?


Chapitre 15 : Severus cédera-t-il ?

Severus ne retourna dans ses appartements qu'une fois avoir tout fait pour ne pas y revenir. Il avait beau chercher maintenant il n'avait plus rien à faire. Il avait donné tout ses cours, assuré toutes ses heures de colles, mangé avec toute l'équipe professorale dans la grande salle, et pour finir rangé sa salle de classe et sa réserve de potions. Même si ces dernières n'avaient nullement besoin d'être rangé. Il finit donc par prendre enfin le chemin de ses appartements, il appréhendait un peu la réaction de Godric face à ce qu'il avait dit plus tôt dans la journée. Journée qu'il avait passé à se maudire d'avoir autant parlé par ailleurs, il aurait dû continuer de le faire courir encore un peu... Il arriva devant la porte de ses appartements, souffla un bon coup et y pénétra, les lieux étaient plongé dans le noir et la porte se referma derrière lui.

Godric avait passé la journée à tourner en rond, attendant impatiemment que Severus revienne pour enfin le serrer dans ses bras à nouveau. Mais il dû prendre son repas de midi seul, et l'après-midi s'éternisa. Quand il vit son repas arriver à 19h il comprit que son serpent ne reviendrait pas tout de suite. Il mangea donc puis attendit encore et encore. Lorsqu'il entendit les pas du professeur dans le couloir il plongea les lieux dans le noir et se posta près de la porte, il n'avait pas envie de voir sa proie s'enfuir. La porte s'ouvrit enfin, laissant entrer un peu de lumière dans les appartements sombre. La silhouette du professeur s'avança, il failli bien lui sauter dessus tout de suite mais il se retint. Il attendit que Rogue soit assez avancé et referma lentement la porte derrière lui.

Il enserra enfin le corps du Serpentard, qui sursauta légèrement à ce contact inattendu, puis il lui murmura au creux de l'oreille.

« Cette fois-ci je ne te laisserais pas t'échapper... »

Les paroles étaient suggestives, ce qui fit presque frémir le professeur, même si le lion n'avait en réalité aucunement l'intention de le forcer à quoi que ce soit, sauf peut être à dormir avec lui. Il voulait seulement signaler à l'autre homme que son petit jeu était terminé, et que maintenant que chacun savait à quoi s'en tenir il n'avait plus intérêt de fuir comme il l'avait fait bien des fois. Le professeur fit comme-ci de rien n'était et garda un calme apparent, même si à l'intérieur il était sauf calme.

« Pourquoi as-tu tout éteint ? »

Godric sourit à cette petite pirouette de son compagnon, dès qu'il s'agissait de détourner une conversation de son vrai sujet il était maître en la matière. Il frotta doucement sa joue contre celle de l'autre homme, savourant la peau du maître des potions.

« Pour être sûr que tu ne fasse pas demi tour en me voyant... »

Un silence plana, Severus ne bougeait pas, lui aussi savourait le contact de l'autre homme, mais plus discrètement disons. Il ne répondit pas, ce qui conforta le lion dans son idée, et le fit ajouter en souriant :

« Tu l'aurais fait hein ? »

Son ton moqueur, mais une pointe d'amertume si mêlait tout de même. Il avait repris confiance après les paroles dîtes le matin même, mais il savait aussi que le serpent ne serais pas pour autant facile à apprivoiser. Ce dernier baissa sensiblement la tête et répondit d'un ton neutre :

« Possible. »

Godric soupira, il n'arriverait jamais à le comprendre s'il restait aussi énigmatique dans ses réponses il allait devoir le faire parler. Il prit la main du professeur dans la sienne, s'écarta de lui et l'attira vers le canapé, tout en essayant de ne pas buter dans un meuble. Il parvint au canapé sans encombre, mais le coin de la table basse fut plus près de son genou que ce qu'il croyait. Il poussa un juron mémorable entre ses dents, tandis que le spectateur retenait un rire, même si un sourire moqueur ornait son visage. Le Gryffondor s'installa sur le canapé et attira le propriétaire des lieux vers lui, l'obligeant à s'asseoir à ses côtés. Il ne lâcha pas sa main, pour être sûr de le garder près de lui.

« Bien, vas-y. »

Severus leva un sourcil, même si son interlocuteur n'était nullement capable de le voir dans cette obscurité. Il ne comprenait pas ce qu'il attendait de lui. Et comme Godric n'ajoutait rien, il finit par répondre.

« Que suis-je censé faire ? »

L'interpellé porta la main du professeur à ses lèvres et y déposa un léger baiser avant de répondre d'un ton chaleureux :

« Me dire tout ce que tu veux, tout ce qui te tracasse, pourquoi tu es si apeuré dés que je m'approche de toi. En fait simplement pourquoi tu réagit comme un animal prit au piège ? »

La remarque ne plut pas vraiment au Serpentard, loin de là en fait, il essaya de récupérer sa main mais la poigne du lion l'en empêcha.

« Si tu ne me dis rien, on n'y arrivera jamais. Je ne sais pas quoi faire, j'essaie vraiment de comprendre ce qui ne vas pas, mais j'ai beau chercher je ne trouve pas. La seule solution c'est que tu me le dises toi même, sauf si bien sûr tu ne veux pas qu'on avance... »

Les derniers mots avaient été prononcé dans un murmure, ce qui fit aussi mal à l'un qu'un l'autre. Et Rogue dû bien se rendre à l'évidence, Godric avait raison, ses réactions étaient totalement stupides et contradictoires. Il soupira et s'affaissa dans le canapé, sa réponse ne fut elle aussi qu'un murmure, dit au vent opposé au lion.

« Ce n'est pas ça... »

Godric ne bougea pas, il avait l'impression de tenir le bon bout, peut être allait-il enfin réussir à faire parler son, il l'espérait sincèrement, futur amant. Il continua de murmurer, pour ne pas détonner avec l'ambiance secrète qui commençait à tisser ses fils.

« Alors qu'est-ce que c'est ? »

« Si je t'ai fait croire que j'avais couché avec Lucius toute la semaine, ce n'était pas que pour me venger. C'était le but principal, tu le méritait amplement, mais... c'était aussi pour gagner du temps. »

Le lion leva un sourcil à son tour.

« Gagner du temps ? Pourquoi ? »

« … Pour être sûr de ce que j'allais faire... »

« Et tu avais besoin de me faire croire ça pour avoir le temps de réfléchir ? »

« Disons que c'était la solution qui permettait aussi la vengeance, dois-je te rappeler le contenu d'une certaine conversation avec Lucius ? »

« … »

« C'est bien ce qu'il me semblait. »

Godric enlaça les doigts de Severus des siens, mais ne s'en rapprocha pas. Non pas qu'il n'en avait pas envie, il en mourrait d'envie, mais il avait peur que cela arrête le serpent qui avait l'air bien parti.

« Tu aurais simplement dû me dire la vérité, que tu avais besoin de réfléchir, j'aurais compris tu sais... Je ne suis pas un animal sauvage, je ne t'aurais pas sauté dessus dès que j'aurais su que tu m'avais choisi... »

Malgré l'obscurité le professeur ne pu se retenir de tourner un regard dubitatif vers le lion.

« ... »

Ce dernier dû sentir son regard et le poids de son silence puisqu'il ajouta, résigné.

« Bon d'accord, je me serais retenu pour ne pas te sauter dessus. »

« Nous sommes d'accord. C'était donc la meilleure solution, même si ce n'était pas forcément la plus adaptée et celle qui ferait le plus de bien. »

Le lion baissa la tête.

« Effectivement, elle n'a pas fait du bien ta solution... »

Le professeur savait qu'il avait fait souffrir l'autre homme, mais sur le moment il avait juste eu envie de se venger, et de le maintenir à l'écart. Il n'avait pas réfléchi, il avait répondu ce qui lui était venu et était parti. Il serra légèrement ses doigts autour de ceux de Godric, qui fut rassuré par cette réaction. Ce qui lui permit de reprendre la parole.

« Et maintenant, es-tu sûr de ce que tu veux faire ? »

Severus déglutit à cette question, il n'avait plus le droit de faire de faux pas, il devait se jeter à l'eau ou il finirait par tout perdre définitivement. Il repris contenance et parla de manière aussi naturelle que possible.

« Eh bien, tu mérites ta deuxième chance, sans aucun doute... »

Godric sourit à cette phrase, son compagnon n'avait aucun doute, ce qui prouva bien que sa décision était réellement prise cette fois. Il s'approcha lentement, mais sentant le professeur se raidir à nouveau il reprit sa place, et ajouta calmement, se demandant s'il arriverait un jour à l'approcher sans obtenir ce résultat agaçant.

« Mais ? »

« ... »

Le silence qui répondit à son interrogation pesa un bon moment, et il finit par y mettre fin lui même. Il en avait assez d'attendre quelque chose qui ne venait pas, et le professeur qui lui se prenais la tête pour savoir comment arriver à expliquer son problème. Problème totalement stupide, il le concédais volontiers, mais pour autant plus fort que lui. Un murmure plaintif et suppliant lui parvint, brisant ses hésitations.

« Severus... »

« Je... Je n'ai eu aucune relation sérieuse depuis Lucius... »

Godric écarquilla les yeux, c'était tout ? C'était simplement ça qui le faisait réagir de cette façon ? Le professeur savait que c'était stupide, mais il y avait aussi autre chose, qu'il ajouta tout bas, espérant que le fondateur ne l'entendrait pas.

« Et... Je n'ai pas l'habitude de faire confiance aux autres... »

Le lion se rapprocha, obtenant à nouveau cette réaction stupide, et bien plus forte que Severus ne l'aurait voulu. Mais cette fois il ne s'écarta pas. Il était vrai que le manque de confiance pouvait être un problème, mais pas aussi gros que l'autre homme semblait le penser. Le blond prit à nouveau l'autre homme dans ses bras et murmura à son oreille :

« Pour le premier, j'attendrais que tu sois décidé, même si je t'avoue commencer à m'impatienter... Pour le deuxième, je t'apprendrais, faire confiance n'est pas si difficile que ça en à l'air. »

Le professeur décida de prendre les paroles du lion comme rassurante, pour pouvoir avancer, sinon il allait continuer à stagner comme un imbécile. Il rendit son étreinte au lion, qui avait lâché sa main, et glissa son visage dans le cou de Godric. Il laissa échapper un soupire de soulagement, qui satisfit le fondateur, même s'il avait terriblement envie de le violer, là, maintenant. Il finit par proposer à son désormais petit ami d'aller se coucher dans sa chambre, pour être plus à l'aise. Il garda ses sous entendu pour lui, et essaya de ne pas faire de faux pas. Severus finit par s'endormir dans ses bras, ce qui était en soi une preuve de confiance, et il le suivit peu de temps après. Même si des pensées peu recommandées vinrent perturber l'arrivée de Morphée, elle finit par les vaincre.


Tout est bien qui finit bien... Mais non c'est pas la fin rassurez-vous bande de pervers ;) Review ?