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Chapitre 17 : Le retour du directeur
Le lendemain matin lorsque Severus se réveilla il rencontra immédiatement le regard brun de Godric. Ce dernier vit se refléter dans ses yeux son raisonnement, il l'embrassa avant de murmurer un petit « bonjour ». Severus répondit par réflexe, tandis qu'il remarquait qu'ils étaient tous les deux nus, et que ce qu'ils avaient fait la veille lui revenait en mémoire. Le sourire du blond s'agrandit quant il vit un léger rouge apparaître sur les joues du professeur. Aussi s'en amusa-t-il, et ajouta toujours dans un murmure :
« Si j'avais su je serais retourné dormir dans le canapé dès la deuxième nuit... »
Le maître de potion se repris et répondit, lui aussi en chuchotant, il n'aimait pas parler fort dès le matin.
« Ça n'aurait pas marché. »
Le fondateur glissa une main sur sa joue, alors que les yeux de l'autre homme l'évitaient. Il cherchait à retrouver un contact visuel tout en répondant, d'un ton amusé.
« Et pourquoi ça ? »
« Parce que, je n'étais pas encore habitué à ta présence... »
Le blond fit celui qui ne comprenait pas, rien que pour obliger son amant à compléter sa réponse. Même s'il dû intervenir pour que ce soit le cas.
« Comment ça ? Ça faisait déjà deux mois que j'étais là... »
Severus devina au ton amusé de son compagnon qu'il avait très bien compris ce qu'il voulait dire, aussi lui tourna-t-il le dos en répondant :
« Tu as très bien compris... »
Godric enserra le corps du professeur de ses bras, pour être sûr de le garder près de lui. Après tout c'était samedi, il savait pertinemment que l'homme n'avait aucun cours à assurer, et il comptait bien le maintenir dans le lit toute la journée, voir tout le week end... Il glissa son visage dans le cou du serpent et susurra à son oreille :
« Je t'assure que non... »
Ses mains caressaient doucement le torse nu de son amant, qui était tout ce qu'il y avait de plus détendu dans ses bras, pour son plus grand plaisir. Il profita du silence qui suivit pour déposer de légers baisers dans la nuque qui lui faisait face, puis son propriétaire se décida à répondre.
« Ta présence dans mon lit... »
Un sourire étira un peu plus les lèvres du lion, qui resserra légèrement son étreinte, tandis qu'une de ses mains remontait jusqu'à la gorge de Severus.
« Ah, celle-là... Et maintenant que tu y es habitué, tu ne peux plus t'en passer n'est-ce pas ? C'est bien ce que tu as dit ? Attend que je me souvienne... « Si tu n'es pas là je n'arrive pas à dormir » ? »
Le serpent dans ses bras rougit un peu plus, il lui jeta un coup d'œil en biais tandis qu'il lui répondait, en bougonnant :
« Tais toi... »
Le professeur ne s'engagea pas sur le terrain glissant du prochain départ du lion, il n'en avait pas envie, il ne voulait pas y penser. Le rire clair du blond chassa les pensées désagréables de sa tête, il se retourna à demi vers lui et ajouta en le regardant de travers.
« Je ne vois pas ce qu'il y a drôle... »
Godric fit lentement glisser sa main sur la pomme d'Adam de Severus, qui sentit un frisson le parcourir, et l'embrassa à nouveau. Il eu enfin le plaisir de retrouver le contact visuel qu'il avait perdu plus tôt, et répondit en caressant la joue de l'autre homme.
« Tu es adorable... »
Ce fut au serpent de rire, adorable, c'était une première. On l'avait surnommé la chauve souris des cachots, il était le pire cauchemar de ses élèves, et on le croyait de marbre, voir asexué. On l'avait affublé de divers noms peu recommandable, mais jamais, au grand jamais, on avait dit de lui qu'il était adorable. Ce fut au blond de ne pas comprendre, mais il était heureux de voir l'homme rire, il aimait beaucoup ça. Il repris d'un ton toujours amusé :
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle... »
Le Serpentard répondit avec un magnifique sourire.
« C'est bien la première fois que l'on dit ça de moi. »
« C'est un honneur d'être le premier, et on t'a déjà dit que tu étais magnifique ? »
« N'en rajoute pas trop, sinon je me lève immédiatement... »
Godric enroula ses jambes autour de celle de Severus, pour être sûr qu'il ne puisse en aucun cas lui échapper.
« Certainement pas... Je n'ai donc pas le droit de te faire des compliments ? »
Le professeur leva les yeux aux ciel, tout en appréciant grandement les jambes enlacés avec les siennes.
« Si je te réponds non tu vas en rajouter encore plus, alors disons un peu... Mais n'en fait pas trop... »
Le lion répondit tout près de ses lèvres, le laissant en suspens, attendant que le vide entre eux soit comblé.
« J'essayerais de m'en souvenir, y a-t-il autre chose que je n'ai pas le droit de faire ? »
Il combla enfin le vide entre eux, allant jusqu'à quémander l'entrée à Severus qui lui offrit sans le faire attendre, laissant leur langue se retrouver et danser de nouveau ensemble. Il savoura ce baiser qui dura jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus se passer d'air, et qui ralluma le désir en eux. Le professeur ne comptait pas vraiment répondre, mais le blond le relança :
« Alors... ? »
Severus voulut l'embrasser de nouveau pour ne pas être obliger de répondre, mais le blond s'écarta pour l'en empêcher. Le professeur laissa un gémissement de frustration lui échapper, alors qu'il répondait en se collant d'avantage à son amant.
« On s'en fout... »
Godric caressa la joue de son compagnon en riant.
« Il faudrait savoir ce que tu veux... Mais j'avoue que le petit gémissement de frustration que tu viens de m'offrir me comble de joie... »
Et il embrassa le serpent, qui en oublia de répondre comme le supposait l'autre homme. Ce dernier repris de lente caresses dans le dos de son amant, le faisant à nouveau réagir. Il s'amusait beaucoup des réactions de Rogue, au départ il le fuyait comme la peste et maintenant il gémissait de frustration lorsqu'il refusait de l'embrasser... Il y avait de quoi jubiler. Cette fois cependant le professeur participa plus activement aux préliminaires, le lion le laissant enfin en profiter aussi.
Ils se réveillèrent à nouveau vers midi, pas plus décidé pour autant à se lever. Mais, après maintes et maintes négociations, que clôtura un gargouillement venant du ventre du Gryffondor, ils finirent par quitter le lit pour s'habiller. Non sans que le lion ne vienne voler un câlin ou un baiser à Severus, il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était presque instinctif. Comme-ci le fait d'être trop longtemps sans entrer en contact avec le corps de l'autre homme de quelque façon que ce soit allait le faire souffrir. Il était heureux de voir que le professeur ne cherchait jamais à l'éviter, ou à mettre un terme trop rapidement à ses étreintes. Il pouvait même voir qu'il y prenait lui aussi plaisir, et c'était sans doute ce qui le rendait le plus heureux. Severus observa les suçons que le lion n'avait pas pu s'empêcher de lui faire, et commenta :
« Tu t'es sentit obligé de faire ça ? »
Le lion répondit d'un ton tout à fait innocent, tout en se rapprochant de son amant pour l'enlacer.
« Quoi donc ? »
Le professeur lui répondit en montrant le suçon dans son cou, celui sur son épaule puis sur sa cuisse.
« Ça, ça et ça. »
« Aaah ça... Oui tout à fait. »
Le professeur observa Godric dans le miroir, l'homme qui l'enlaçait tendrement avait quelque chose dans son regard, quelque chose comme de la possessivité.
« Et pourquoi ? »
La lueur dans le regard s'intensifia.
« Pour que les autres sache que tu m'appartiens. »
« Ils n'ont pas besoin de le savoir, moi je le sais c'est bien suffisant. »
La réponse du professeur fit passer de l'étonnement sur le visage du lion, ce qui lui fit prendre conscience de ses paroles.
« J'espère bien que tu le sais, mais je préfère tout de même prévenir au cas où certain voudrait te voler à moi. Au moins ils sont prévenu que tu es déjà pris. Et puis tu m'en à fait également je te signal... »
Le blond montra une marque dans son cou, Severus baissa les yeux, mais le lion voulait une réponse alors il finit par dire tout simplement :
« Même question, même réponse et même justification... »
Godric sourit, il était comblé, le professeur pensait la même chose que lui, et ressentait sans doute les même sentiments. Ils quittèrent la chambre pour le salon et mangèrent, le lion cherchant toujours le contact à la moindre occasion.
Cependant le Serpentard ne venait jamais de lui même vers lui, il attendait toujours que Godric fasse le premier pas. En fait Severus réalisait petit à petit ce qui s'était passé, il l'assumait, pleinement, et il y avait pris beaucoup de plaisir, sans aucun doute. Mais pour autant il n'était pas vraiment habitué à chercher constamment le contact comme le lion le faisait, c'était même plutôt l'inverse. Il n'avait pas trop de mal avec ça lorsqu'il s'agissait de trouver ce contact dans son lit, dans sa chambre, mais en dehors de cette intimité il n'osait plus rien. Stupide n'est-ce pas ? Et pourtant il avait l'impression que, sortit de la chambre ils n'avaient plus d'intimité, que n'importe qui pourrait débarquer et les surprendre, et il n'en avait pas envie. Il ne voulait pas que tous le monde soit au courant, il voulait juste garder ça pour lui. Il n'aimait pas être exposé, et il savait que si sa relation avec Godric se savait il le serait forcément. De plus si leur relation était révélé, lorsque Godric partirait il était sûr qu'il pourrait lire de la compassion dans les yeux de tous les habitants du château. Et ça il ne le supporterait pas.
Le fondateur se doutait un peu que la question de son départ turlupinait son amant, mais il n'aborda pas le sujet. Il n'avait pas envie d'en parler et était certain que l'autre homme non plus, il était préférable pour eux deux d'ignorer cette vérité pour le moment. Ils y viendrait bien assez tôt comme ça. Les trois semaines qui suivirent ne firent que pur bonheur pour l'un comme pour l'autre, malgré les petites conditions qu'avait fini par imposer Severus. Après trois nuit presque sans dormir à cause du lion, et le fait qu'il ait loupé une potion dans un de ses cours à cause de la fatigue, il avait fini par lui interdire le sexe en semaine. Ils passaient donc très régulièrement leur week end au lit, cherchant à profiter au maximum de l'autre tant qu'il était là.
Severus avait réussi a convaincre Godric de sortir un samedi pour aller rendre visite à Kaï, aussi était-il le seul à être au courant de leur relation. Enfin, avec Lucius qui devait bien s'en douter. Ils avaient passés une après midi agréable, avant que le jeune homme ne les mettent à la porte en voyant les regards de braise que le blond jetait vers le professeur. Si ce dernier ne s'en souciait pas, Kaï lui avait vraiment l'impression de déranger, il avait vraiment eu peur que le lion saute sur Severus sans se soucier de sa présence. Il les avaient donc renvoyé à Poudlard pour qu'il puisse assouvir leur désir loin de ses yeux, et de ses oreilles. Tout en ayant la délicatesse de ne pas dire clairement au serpent d'aller voir ailleurs avec son lion en rut, et prétextant des choses à faire.
Cela faisait maintenant trois mois que Dumbledore était partit, et que Godric était là. Ils ne leur restait plus que trois mois à vivre ensemble, après tout serait finit. Le directeur retrouva enfin son immense château, et son bureau qui lui avait tant manqué. Il rendit visite à Severus peut de temps après être rentré, il voulait voir si tout se passait bien avec le fondateur revenant. Et il pu constater de ses propres yeux que tout allait pour le mieux, et plus encore. Même si les deux hommes s'appliquaient à ne pas se rapprocher de trop, et à ne pas être trop suggestif dans leurs gestes, le vieil homme n'était pas dupe. Et il devina ce qu'il se passait entre eux, heureux de constater que son professeur avait enfin trouvé chaussure à son pied, même si ce n'était sûrement que temporaire.
Ils s'installèrent autour d'un thé pour discuter du sort de Godric, qui voulait toujours pouvoir se balader dans Poudlard librement. Le directeur feignit la surprise face à sa demande :
« Comment ça ? Vous n'êtes pas sortit des appartements de Severus depuis trois mois que vous êtes là ? »
Le blond jeta un regard oblique vers le professeur qui restait indifférent.
« Non, il n'a jamais voulu me laisser sortir... Il a dit que ça dépendait de vous. »
« Et bien il est évident que vous pouvez sortir, tout ce que je vous demande c'est de rester dans l'enceinte du château. Il ne faudrait pas que le fait de votre présence se répande trop loin. »
Un sourire éclaira le visage du fondateur, il allait enfin pouvoir redécouvrir les couloirs de Poudlard, et peut être même irait-il assister à quelques cours de potions...
Alors, toujours à votre goût ?
