Ça chauffe, ça chauffe...
Chapitre 18 : Le serpent à un problème
Godric pouvait enfin aller et venir comme bon lui semblait dans les couloirs de pierres. Il avait assisté à certains cours de Severus, ravi de voir l'effet qu'il avait sur son amant. En effet lorsqu'il était dans la pièce, aucun point n'était enlevé, que ce soit aux Serpentards ou aux Gryffondors. Le problème c'est qu'il avait aussi raté certaines potions, et il avait donc finit par avoir une petite discussion avec le lion.
« Je ne veux plus que tu viennes dans mes cours ! »
« Ah oui ? Et puis-je savoir pourquoi ? Après tout il n'y a aucune règle qui dit qu'un adulte ne faisant pas parti des élèves n'a pas le droit de suivre un cours. »
« Et bien moi je le dis, quand à la raison tu n'as pas à la connaître. »
Le fondateur se rapprocha d'un mouvement félin de son amant, qui était en train de se servir un verre de whisky pur feu, et se posta à ses côtés. Il posa ses coudes sur le petit bar et posa sa tête dans ses mains, afin de regarder le professeur par en dessous.
« Peut être pas, mais je veux la savoir... Sinon je ne vois pas pourquoi j'arrêterais de venir. »
Le professeur soupira et secoua la tête, ce lion était une tête de mule, il allait finir par venir à bout de ses nerfs.
« Tu ne peux pas simplement faire ce que je te demande pour une fois ? »
Le blond afficha un immense sourire remplit d'amour en répondant :
« Non mon amour. »
Même s'il l'agaçait à un point non négligeable, Severus ne put retenir un sourire en entendant la réponse de son amant. Il but une grande gorgée du liquide ambré, mais garda le silence. Laissant l'autre homme mariner, il avait prit cette habitude rapidement. Si l'autre homme lui posait une question à laquelle il n'avait pas envie de répondre, soit il gardait le silence obstinément, soit il l'embrassait ou tout autre chose pouvant le pousser à trouver le sexe tout à coup bien plus attrayant que la réponse à sa question. C'était lâche et vile comme tactique, il le concédait volontiers, mais tant que ça marchait après tout. Il ne fallait pas oublier qu'il était un Serpentard...
L'homme en noir s'obstinait à regarder ailleurs et se murait dans le silence, mais Godric n'avait pas loupé le sourire qui avait illuminé son visage à ses paroles. Il adorait ça, voir le visage de Severus se fendre d'un sourire grâce à lui. C'était comme une petite victoire personnelle. Ce qui n'allait pas l'empêcher cette fois d'avoir sa réponse, il allait retourner le petit jeu du professeur contre lui. Il attendit que l'homme ait fini son verre, une fois cela fait il s'approcha de lui et lui retira le verre des mains. Severus plongeant enfin son regard dans le sien, se doutant de ce qui l'attendait, sans pour autant vraiment le savoir. Le blond le plaqua contre les meubles de la petite cuisine derrière lui, et effleura ses lèvres des siennes.
Rogue voulut glisser une main dans la nuque du Gryffondor pour le rapprocher, mais celui-ci attrapa ses poignets et maintint ses deux mains fermement immobile. L'homme chercha donc à retrouver les lèvres de son amant, avançant les siennes, les rapprochant inexorablement. Tout aussi inexorablement que l'autre éloignait les siennes, à chaque millimètre que gagnait Severus, Godric se reculait. Il finit par soupirer en laissant aller sa tête en avant, la posant contre le torse du blond. Il avait retenu un gémissement de frustration in extremis, il ne ferait pas ce plaisir à l'autre homme.
« Je peux savoir ce que c'est ce nouveau jeu ? »
Le blond sourit, se retenant d'esquisser le moindre mouvement vers son amant, il voulait le faire alanguir.
« Le jeu du donnant donnant, je veux ma réponse, et toi je suis sûr que tu veux une suite d'événements bien précis... »
« Tu n'as pas besoin de connaître ma raison, et de toute façon je suis sûr que tu as très bien compris pourquoi... »
Godric se pencha vers Severus, effleura son oreille de ses lèvre et y susurra sa réponse.
« Mais je veux l'entendre de ta bouche... »
Un nouveau soupir lui répondit, le professeur restant appuyé contre lui. Le souffle de l'autre homme contre son oreille l'ayant un peu émoustillé, il ne releva pas la tête. Il écouta un certain temps les battement du cœur du blond, se laissant presque bercer par ce rythme régulier. Il fini par murmurer une réponse, le plus bas possible.
« Parce que tu me déconcentre... »
Le fondateur sourit grandement à cette réponse, mais il décida de jouer encore un peu.
« Pardon ? Je n'ai pas entendu tu parles trop bas Severus... »
Il avait prononcé son nom sensuellement, cherchant à le faire craquer absolument. Cette fois le professeur parla plus fort, mais en bougonnant.
« Tu me déconcentre ! »
« Humm, voyez vous ça... Intéressant... Je suis donc une trop grande distraction pour vous professeur ? »
« N'en rajoute pas... »
Le professeur avait enfin relevé la tête, pour s'empresser de la tourner sur le côté et éviter le regard du lion. Ce dernier avança le visage vers son vis-à-vis, embrassant sa nuque, remontant le long de sa mâchoire. Cependant Severus gardait son self contrôle et ne bougeait pas, de toute façon il ne pouvait pas bouger à cause de la proximité de son amant et du fait qu'il tenait toujours fermement ses poignets. Mais au moins il continuait à regarder ailleurs, c'était tout ce qu'il pouvait faire. Godric essayait désormais d'atteindre sa bouche, ce qu'il tentait d'empêcher. Il n'allait pas le laisser faire aussi facilement.
Le fondateur, après maintes tentatives, décida de faire le résigné. Il lâcha soudain le professeur et s'écarta de lui, le laissant faire comme bon lui semblait. Rogue fut un instant surpris par l'attitude du lion, mais finalement il joua jusqu'au bout et se dirigea vers la porte. Comme il le pensait une main attrapa son bras au dernier moment et le plaqua contre le mur. Sans qu'il n'ait le temps de réaliser quoi que ce soit des lèvres vinrent couvrir les siennes, quémandant une entrée qu'il ne donna pas immédiatement. Il donna un semblant de rébellion pour la forme, avant de céder à son amant dans un soupir, tandis que ses bras allaient entourer son dos.
La semaine passa, mais le blond rentrait de plus en plus tard, ce qui ne plaisait pas du tout à Severus. Il n'aimait pas ça, il avait l'impression que l'autre homme lui échappait, que bientôt il ne le verrait plus. Chaque soir il se couchait seul, et le lion ne le rejoignait que bien plus tard, sans aucune explication. Il le voyait au repas, puisque maintenant il mangeait dans la grande salle avec tout le reste de l'école, mais après il disparaissait de nouveau. Sans jamais rien lui dire, il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il pouvait faire de ses journées et de ses soirées. Il pensait qu'il allait pouvoir garder l'homme pour lui tout seul jusqu'à ce qu'il reparte, mais il semblerait qu'il s'était lourdement trompé.
Lorsque le lion rentra au milieu de la nuit le vendredi, et qu'il vint rejoindre Rogue dans son lit comme-ci de rien n'était, celui-ci s'écarta lorsqu'il voulut le prendre dans ses bras. Le lion fronça les sourcils, il fit glisser sa main le long de la colonne vertébral du professeur et murmura :
« Je peux savoir ce qu'il se passe ? Ou vais-je devoir faire des hypothèses avec seulement ce dos comme indice ? »
Severus répondit amèrement, il savait que sa réaction était peut être trop forte, mais c'était plus fort que lui.
« Je ne suis pas à ta disposition. Je ne vais pas t'accueillir à bras ouvert à n'importe quel heure du jour et de la nuit. Enfin en ce moment il ne s'agit que de la nuit puisque tu passes tes journées on ne sait où. »
Le blond se rapprocha et glissa sa main sur le torse du professeur. Il comprenait parfaitement que son comportement l'agace.
« Dumbledore m'a demandé de l'aider pour diverses... »
Le serpent le coupa.
« Peu m'importe. »
Le blond soupira et glissa son visage dans la nuque de son compagnon, se collant contre lui et l'empêchant de s'éloigner.
« Severus... »
Le professeur essaya de s'éloigner mais le fondateur resserra son étreinte, il se débattit sans résultat. Il était agacé par cette situation, et surtout par lui même. Le lion murmura à nouveau, cherchant à le calmer.
« Severus, arrête ça... Je ne te lâcherait pas, dis moi ce qui se passe... »
L'homme cessa tout mouvement, et laissa planer un silence dans la pièce. Il n'était pas doué pour dire ce genre de chose, il n'aimait pas ça. La main de Godric remonta sur son torse et vint caresser tendrement sa joue, il appuya son visage contre celle-ci, savourant le contact qui lui était offert. Il finit par répondre, murmurant ses paroles qu'il ne pensait jamais prononcer.
« J'ai l'impression de te perdre. »
Gryffondor fut surpris d'entendre ça de la bouche de son amant, il ne pensait pas que le problème était aussi concret. Il avait simplement pensé à de la jalousie. Il obligea le professeur à tourner le visage vers lui et déposa un baiser sur ses lèvres, puis laissa son front contre le sien.
« Je suis là, et je suis tout à toi pour le temps qu'il me reste en tant que vivant. »
« Eh bien ce n'est pas l'impression que j'ai... »
« Et quel impression as-tu ? »
« Que le monde extérieur semble bien plus attrayant que moi à tes yeux... Ce qui est très compréhensible... »
« Severus, tu es plus important que tous le reste à mes yeux. Et si je suis si souvent dehors en ce moment, ce n'est pas seulement parce que Dumbledore me demande de l'aider par moment. Je cherche aussi quelque chose... »
« Quoi ? »
« … Quelque chose pour toi, je veux te faire un cadeau particulier... »
Severus resta un instant surpris par la réponse que l'homme lui donnait. Il ne voulait pas de cadeau lui, pas du tout, tout ce qu'il voulait c'était retrouver cet homme dans ses appartements tout les soirs.
« Tu n'as pas besoin de me faire un cadeau. »
« J'y tiens. »
« Mais... »
« Chuut, tu ne me feras pas changer d'avis. Mais j'essayerais d'être là quand tu rentreras le soir dorénavant. Et je vais rester avec toi tout le week end... dans ce lit d'ailleurs si tu n'y vois aucun inconvénients. »
Pour toute réponse le professeur sourit et embrassa son amant, le week end s'annonçait très intéressant...
Lorsque le lundi matin arriva, les deux amants étaient d'accord sur une chose : le week end était passé bien trop vite. Severus se leva difficilement, et alla assurer ses cours à contre cœur, sans doute pour la première fois de sa vie. Il retourna dans ses appartements dès qu'il en eu terminé, mais ils étaient vides. Il s'installa dans son canapé pour lire en attendant que le blond se montre. Mais ce fut autre chose qui le tira de sa lecture, une lettre arriva par la cheminée, et elle volta jusqu'à lui sous la forme d'un oiseau. Il l'attrapa et l'ouvrit, se demandant qui donc lui envoyait un message de cette façon. Seul trois mots étaient écrit « Viens ce soir », mais le dessin qui ornait le reste de la feuille de papier suffisait amplement pour connaître l'expéditeur. Voldemort.
Il voulait qu'il revienne, sans doute avait-il une mission à lui confier. Une mission qui nécessitait une position avantageuse dans l'école de sorcier, et auprès du survivant. Il soupira et enflamma le papier d'un sort. Il allait attendre, il voulait voir Godric avant. Enfin il le verrait s'il rentrait assez tôt pour cela, il ne pouvait pas faire attendre trop longtemps le lord. Quand il vit que 19h arrivait et que le lion n'était toujours pas là, il se décida à partir. Il entra dans la cheminée et disparu pour réapparaître dans le manoir Jedusor.
Il parcourrut les couloirs jusqu'à la salle principale où il savait qu'il trouverait Voldemort. Il pénétra dans la pièce dans une envolée de cape que lui seul savait faire, et s'agenouilla devant le semblant d'homme qui trônait au fond de la salle.
« Severus, enfin. J'avais hâte que tu arrives ! Regarde ce que j'ai trouvé pour toi ! »
Le professeur releva la tête, ne voyant pas ce que cela pouvait bien être. Et la même scène que quelque mois plus tôt se répéta. Des elfes entrèrent dans la pièce et déposèrent un petit carton devant l'homme, qui se leva pour l'ouvrir sans attendre et pu constater ce qu'il craignait. Il y trouva tous les ingrédients nécessaires à la potion nécromancienne. Il releva un regard d'incompréhension vers le lord, celui-ci affichait un sourire des plus horrible.
« Je veux que tu retente ta chance, et que tu me ramène Salazar Serpentard cette fois. »
Severus resta un instant sans voix. Il finit par quitter le mage noir du regard pour reporter son attention sur le carton. Que se passerait-il s'il faisait ça ? Qu'allait-il advenir de Godric ? Risquerait-il de le perdre ? C'était possible, il était même très possible que s'il tentait à nouveau cette potion le Gryffondor disparaîtrait au profit d'un autre. Et il ne voulait, déjà que l'idée qu'il allait disparaître dans moins de trois mois maintenant le faisait souffrir, il n'allait pas écourter le temps qu'il leur restait. Même si pour ça il devait tenir tête à Voldemort, qui commençait par ailleurs à s'impatienter du manque de réactivité de son sous fifre.
« Eh bien qu'attends-tu ? Prends ce carton et va me faire cette potion immédiatement ! »
L'homme en noir s'agenouilla à nouveau devant le lord, et répondit d'une voix calme et froide.
« Maître, malgré toute la dévotion dont je fais preuve à votre égard, je ne peux accéder à votre requête. Si j'ai échoué la dernière fois c'est à cause de mon manque de pouvoir, et je crains qu'une deuxième chance n'y changera rien. De plus cette potion prend toute l'énergie de l'invocateur, je n'ai pas pu assurer mes cours pendant plusieurs jours suite à cela, et je crains que si cela se reproduit je n'attire l'attention du directeur. »
Le propriétaire des lieux se leva lentement, il s'approcha de l'homme et s'accroupit devant lui, glissant un doigt sous son menton pour l'obliger à redresser la tête.
« Tu refuses donc de m'obéir, c'est bien cela ? »
« Oui. »
« Et si je te dis que si tu refuses de faire cette potion, je vais devoir te torturer jusqu'à ce que tu acceptes ? »
Severus savait ce qui l'attendait, même s'il prenait ce carton maintenant il reviendrait bredouille le lendemain et le traitement ne serais pas meilleur que s'il agissait tout de suite.
« Ça ne changera rien à ma décision, je sais que je ne suis pas capable de réussir cette potion correctement. »
« Bien, comme tu voudras Severus. »
Sur ces mots il lança un endoloris sur le corps agenouillé devant lui. Le professeur savait qu'il ne ressortirait pas en aussi bon état que la dernière fois de cette séance de torture, mais qu'importe. Il avait protégé Godric, c'était tout ce qui comptait, il savait qu'il le retrouverait en rentrant chez lui...
Pas dans ce sens là bande de pervers :p
