Bonne Lecture j'espère que vous apprécierez ^^


Chapitre 23 : Soyez sage

Le professeur reprit conscience dans son lit, sans se souvenir de l'avoir rejoint. Il sourit à cette constatation, ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas faite.

« Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ? »

Il tourna la tête lentement vers la source de la voix, le blond était allongé à ses côtés.

« Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvé dans mon lit sans m'y être rendu. »

« C'est vrai que c'était plus régulier au début... »

Ils entendirent la sonnette de la cheminée, et se regardèrent encore un instant, puis Godric se leva. Et dès qu'il fut sorti de la chambre, Severus fit de même, se dirigeant vers sa salle de bain où il gardait quelques potions anti douleurs ne contenant pas ce maudit sommeil sans rêve. Il en prit une en écoutant les voix de l'autre côté de l'appartement, et en ignorant de nouveau les cris de son corps.

« Kaï, bonjour, tu vas bien ? »

« Oui, comment va-t-il ? »

Le jeune homme n'avait pas une mine des plus acceptables, mais son inquiétude pour le professeur le rongeait. Aussi le fondateur n'insista pas et répondit en lui offrant un sourire se voulant rassurant.

« Aussi bien que cela soit possible dans son état, ne t'inquiète pas ça va aller. Il vient justement de se réveiller si tu veux le voir. »

Le plus jeune acquiesça, puis son regard se stoppa net sur la porte de la chambre, Godric suivit son regard et leva les yeux au ciel en voyant le blessé appuyé sur le chambranle de la porte.

« Severus, tu sais que tu es censé rester couché ? Tu as pris une potion au moins ? »

Le professeur le regarda et répondit ironiquement, alors qu'il avait enfin retrouvé une voix presque totalement normale :

« Oui papa. »

Puis il reporta son attention sur Kaï, qui lui était rassuré de voir que Severus était capable de répondre ainsi à Godric, c'était bon signe.

« Tu vas bien Kaï ? »

« C'est plutôt moi qui devrait te poser la question tu crois pas ? »

Et sur ces mots il s'avança vers le professeur qui lui répondit en souriant, alors que le jeune homme le prenait dans ses bras.

« J'en ai vu d'autre, tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. »

Severus ne se préoccupa pas de la douleur qu'il pouvait ressentir et rendit au plus jeune son étreinte, il savait au vu de son état qu'il n'avait pas dû dormir beaucoup ces derniers jours. Il posa sa tête sur le sommet de son crâne et attendit le temps qu'il fallait pour que Kaï constate qu'il était bien vivant. Il jeta un regard vers Godric qui souriait tendrement à cette vision, amusé de voir la chauve souris des cachots jouer au papa. Celui-ci lui offrit d'ailleurs un regard exaspéré pour son amusement visible.

Le jeune loup relâcha son emprise au bout de quelques minutes, maintenant totalement rassuré de voir l'homme en chair et en os, et surtout en état de tenir debout. Il s'éloigna de lui avant de demander :

« Dites vous avez mangé ? »

Le fondateur sourit, et répondit avant le professeur.

« Non, tu peux te joindre à nous si tu veux, j'allais justement demander à un elfe de nous apporter à manger. »

Et sur ces mots le fondateur s'occupa de demander le repas, tandis que Severus et Kaï rejoignaient le canapé, non sans que le plus jeune lui donne un petit coup de pouce. Ils s'installèrent et le repas apparu quelques secondes plus tard. Le loup observa un instant Rogue avant de soupirer en regardant devant lui. L'observé leva un sourcil interrogatoire.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Kaï hésita, puis finit par répondre, sachant que l'homme ne le lâcherait pas avant de toute façon.

« Ça m'énerve de ne rien avoir pu faire. Si au moins je pouvais aller tuer ce... »

Le fondateur pris alors part à la conversation, comprenant parfaitement les paroles du plus jeune.

« Tout à fait d'accord. »

Severus soupira devant tant de stupidité, à son sens en tout cas.

« Vous ne pouvez rien faire contre lui. Et Godric n'aurait pas dû venir me chercher, il a pris beaucoup de risque, alors si en plus il t'avait emmené, je pense sincèrement qu'il ne serait pas assis sur ce fauteuil avec nous. »

Il avait un sourire carnassier tourné vers Kaï, mais Godric n'avait pas besoin de le voir pour le deviner. Il regarda vers le jeune homme et lui dit :

« Tu vois, je te l'avais dit qu'il me tuerait si je t'emmenais. »

Severus se tourna vers lui, son sourire carnassier toujours accroché aux lèvres.

« Allons, tu es déjà mort, ne soit pas stupide. »

Kaï éclata de rire, détournant les deux plus âgé de leur joute verbale. Severus prit un ton faussement sévère.

« Ne te moques pas toi. »

Mais il était heureux de voir le loup rire enfin, comme-ci ce simple fait allait lui faire oublier tout le reste. Puis le fondateur décida de lancer un autre sujet, sa curiosité reprenant le dessus, sans se douter que ce n'était pas une bonne idée.

« Au fait, tu semblais en bonne compagnie hier, qui donc était avec toi ? »

Severus leva un sourcil, et observa le jeune homme en attendant la réponse. Celui-ci essaya de se dérober.

« Personne d'important. »

Le professeur prit le relais, il voulait lui aussi savoir qui était la personne dont parlait Godric, même s'il en avait une petite idée.

« Kaï, il n'y a pas énormément de personnes qui savent où tu habites, alors qui était là ? »

« ... »

Le professeur soupira, mais en voyant l'attitude et l'air désespéré de son protégé il savait que son idée était la bonne.

« Remus j'imagine... Qu'est-ce qu'il te voulait ? »

« Prendre des nouvelles... »

Son ton était amère, traduisant parfaitement son ressenti face à cette visite. Mais il ajouta ensuite, son amertume changé en résignation.

« Mais il est tombé au bon moment, j'étais instable, et c'était sans doute la seule personne disponible pouvant me contenir sans risquer sa vie. »

Godric décida de ne pas intervenir dans la conversation, il était curieux, mais il ne voulait pas non plus s'en mêler. Il sentait que c'était un sujet épineux, et qu'il n'avait pas sa place ici. Severus lui savait que ce que disait le jeune homme était vrai, même lui n'aurait peut être pas pu l'aider s'il avait été là. Bien que s'il avait été là il n'aurait sans doute pas été instable.

« Et qu'as-tu fait ? »

« Je l'ai mis dehors ce matin, il ne s'est rien passé de spéciale, et la situation n'a pas évolué. »

Le professeur ébouriffa les cheveux du plus jeune sans répondre. Ils avaient fini de manger, et à peine la table fut elle débarrassé que l'on frappa à la porte. Godric alla voir et laissa entrer l'infirmière, ce qui arracha un profond soupire au professeur et fit sourire Kaï.

« Que faites vous hors de votre lit Professeur Rogue ? »

« Je vis, cela ne se voit-il pas ? »

« Ne faites pas le malin, retournez vous allonger, je vais regarder vos blessures. »

Il se leva et rejoignit la chambre, avec l'aide de Godric cette fois, même s'il aurait préféré se débrouiller tout seul. Il s'assit sur le lit, et commença à se déshabiller, sachant pertinemment que Pomfresh allait lui demander. Ces gestes lui arrachèrent quelques grimaces, aussi le fondateur l'arrêta, et le déshabilla d'un mouvement de baguette. Severus se retint de ne pas l'envoyer chier, il savait que c'était naturel pour le blond de l'aider, même s'il détestait ça. L'infirmière, qui jusque là fouillait dans sa sacoche dans un coin de la pièce s'approcha, déposant de nouvelles fioles sur la petite table de nuit. Elle observa celles qui restaient, et ne put s'empêcher de commenter.

« Vous n'avez pas pris beaucoup de potions à ce que je vois. »

« J'ai pris ce dont j'avais besoin, qui plus est je déteste le sommeil sans rêve. »

« Il est nécessaire pour maintenir des patients récalcitrants tel que vous dans leur lit. Qui plus est le sommeil aide à la guérison. »

Sur ces mots elle observa le professeur sous toutes les coutures, regardant de près chaque coupure qu'il pouvait avoir, et en particulier la plus grande qui lui traversait presque l'entièreté du torse de part en part. Aucune des blessures ne semblaient infectées, mais quelque chose dérangeait tout de même la femme. Severus le remarqua et finit par poser la question puisqu'elle ne semblait pas enclin à partager ses constatations.

« Qu'y a-t-il ? »

La femme releva la tête vers lui, se dirigea vers son sac et revint avec une autre fiole.

« Je ne suis pas sûr, buvez une gorgée de ça s'il vous plaît. »

Severus ouvrit la fiole et huma le contenu, une potion révélatrice, il en but une gorgée et redonna la fiole à l'infirmière. Cependant rien ne se passa, et heureusement d'ailleurs, sinon il était sûr qu'elle l'aurait forcé à venir à l'infirmerie.

« Bien, c'est déjà une bonne chose, aucune blessure ne m'a échappée. »

« Mais ? »

« Mais ces coupures semblent étrange, j'ai l'impression qu'elles ne cicatrisent pas normalement. »

« C'est normal, je pensais que vous le saviez. »

« Quoi donc ? »

« Lorsqu'un endoloris en arrive à provoquer des blessures comme celles ci, c'est parce que le simple sort n'est pas assez efficace en quelques sortes. Les blessures sont là pour le renforcer, elles augmentent l'effet du sort lancé, tout en le prolongeant. Par conséquent ce genre de blessure met beaucoup plus de temps à cicatriser. »

Les trois personnes présentes dans la pièce ouvrirent des yeux ronds, visiblement seul Severus était au courant de ce genre de détails. Et c'était seulement parce qu'il avait pu les constater. Godric serra les poings de nouveau, alors qu'un de ceux de Kaï s'abattait avec puissance contre le mur le plus proche.

« Je vais le tuer, je vais aller dans son putain de refuge et je vais le tuer ! »

« Kaï, calme toi. Je t'ai déjà dit que ce n'est pas possible. »

La voix du professeur était calme, il ne fallait pas énerver d'avantage le jeune homme. Le fondateur lui n'avait pas vraiment comprit ce qu'il se passait, aussi ajouta-t-il :

« Il a raison, ce monstre ne mérite que de mourir. Comment peux tu encore dire ça ? Après ce qu'il t'a fait ? »

Le professeur garda son calme, tout en fusillant le fondateur du regard. Kaï commençait à trembler, et était incapable de répliquer quoi que ce soit.

« Je suis simplement conscient que ce dont vous parlez est impossible. Il est actuellement impossible à quiconque de le tuer. C'est comme ça et vous ne pouvez rien y faire. Ce qu'il m'a fait c'est mon problème. Pas le votre. Maintenant Godric, Mme Pomfresh, sortez de cette pièce je vous prie. »

Les deux interpellés levèrent un sourcil d'incompréhension, mais le regard du professeur était rivé sur le plus jeune, et ne le quittait pas. Le fondateur et l'infirmière finirent pas comprendre que quelque chose clochait, et la seconde demanda :

« Vous êtes sûr ? »

« Oui. Sortez. Maintenant. »

Sa façon de hacher sa phrase indiquait que la situation n'était absolument pas approprié à la discussion. Aussi les deux indésirables sortirent de la pièce en silence, même si leur inquiétude était justifié. Severus ne bougea pas, son regard était toujours posé sur Kaï, et il prit un ton autoritaire, mais sans jamais hausser la voix.

« Calmes toi. »

Aucune réaction. Il attendit encore un peu et renouvela sa demande. Le plus jeune tourna un regard ambré vers lui, et sa voix était bien plus rauque qu'à l'accoutumé.

« Je ne peux pas. »

« Si, tu peux le faire. »

Un grognement lui répondit. Il ne bougea pas, et ne laissa en aucun cas la peur le gagner. Il n'avait pas peur du jeune homme, il savait qu'il était capable de se contrôler, et qu'il ne lui ferait rien.

« Ce qui m'est arrivé n'est pas ta faute. Tu n'as pas à me venger. Tout ce que tu peux faire pour m'aider c'est être là, avec moi. Et garder ton calme. »

« Comment ? Ce qu'il a fait est... »

« Horrible, oui. Inadmissible, sans doute. Mais ça me concerne moi. Pas toi. Tu n'as pas à intervenir. Calme toi. »

Cette fois la réponse fut un cri rauque, une voix qui venait du fond de la gorge, une voix qui venait du loup.

« Je ne peux pas ! »

« Pourquoi ? »

Severus gardait son calme, il savait que s'il s'énervait le jeune homme craquerai, tant qu'il pouvait parler, même si c'était en hurlant avec une voix inhumaine, il ne se transformerait pas.

« Parce que j'ai mal. »

« Comment ça tu as mal ? »

« Pour toi. »

Le professeur haussa les sourcils de surprise, et sourit en répondant d'un ton amusé, pour essayer de détendre Kaï.

« Tu n'as pas besoin d'avoir mal pour moi. J'ai déjà tout ce qu'il faut niveau souffrance tout seul. Je ne veux pas que tu souffres pour moi, ça ne m'en enlèvera pas pour autant, au contraire. Comment veux-tu que j'arrête d'avoir mal si je te vois dépérir ? »

Les yeux du loup s'arrondir, il semblait comprendre. Sa voix devint un murmure, il commençait à se calmer.

« Mais je n'ai rien pu faire. »

« Et c'est normal. Tu n'avais pas à faire quoi que ce soit. Si tu avais fait quelque chose tu aurais eu le droit de te faire engueuler. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Je ne t'ai pas pris chez moi pour que tu en meurs, merci de la réputation que ça me ferait en passant. »

Un sourire étira les lèvres du plus jeune, tandis qu'il quittait le mur contre lequel il était pour venir s'asseoir à côté du professeur. Ce dernier le prit dans ses bras, et le rassura comme l'avait fait Godric avec lui plus tôt.

« Tout va bien, je suis là maintenant. Il ne peut plus rien faire. »

Il garda Kaï dans ses bras, le berçant jusqu'à ce qu'il finisse par s'endormir. Il savait que contenir son loup était épuisant, c'était même un miracle qu'il ait réussi à le faire, il était vraiment doué. Il laissa le jeune homme dormir et rejoignit les autres, non sans se rhabiller d'un sort avant. Il referma doucement la porte de la chambre, puis informa tout de suite les deux autres, prévenant toutes questions.

« Tout va bien, il dort. »

« Vous êtes sûr de vouloir rester ici, je préférerais tout de même vous savoir à l'infirmerie. »

Severus lui lança son habituel regard froid.

« Je reste ici. »

« Je le surveille, ne vous inquiétez pas madame Pomfresh, même si j'ai du mal à le garder au lit, je l'avoue. »

« Ce n'est pas ça qui m'inquiète, c'est le fait que vous semblez, vous comme ce jeune homme, ne pas cesser de proférer des paroles à l'encontre de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Ce qui ne va sûrement pas l'aider après ce qu'il a vécu. »

« Voulez-vous bien cesser de parler comme-ci je n'étais pas là ! Je reste ici, ce n'est pas négociable. Je sais très bien gérer mon entourage. »

« Sauf que vous êtes censé vous reposer, pas vous chamailler ou calmer des enfants ! »

Le fondateur fut presque offusqué par la remarque, mais maintenant qu'elle le disait, il se rendait compte qu'elle avait raison. Il n'aidait pas du tout son amant à se rétablir. Mais finalement la femme abandonna.

« Enfin bon, faites comme vous voulez, mais si je constate de nouveau ce genre de scène à ma prochaine visite c'est un aller simple pour l'infirmerie, que vous soyez d'accord ou non. »

Et sur ces mots elle sortit des appartements du professeur, qui lui offrait un sourire carnassier au vide devant lui.

« Godric ? »

Il s'extirpa de ces réflexions pour observer le professeur, dont le sourire ne le rassurait pas du tout.

« Oui Severus ? »

« Si elle m'envoie à l'infirmerie à cause de toi, je te jure que tu vas le regretter, et bien plus que tout ce que tu peux imaginer, crois moi. »


C'est sur ces quelques mots d'amour que ce chapitre s'achève... Alors ? Review ?