Et voilà le suspens touche à sa fin ^^

Bonne Lecture !


Chapitre 28 : Petit contre temps

Ils entrèrent silencieusement dans la chambre, Godric ayant demandé à Severus de fermer les yeux. Il le fit avancer de quelques pas dans la pièce avant de l'arrêter.

« Ne bouge pas et garde les yeux fermés encore un peu. »

Le serpent sourit en répondant.

« Tu ne devrais pas faire confiance à un serpentard tu sais ? »

« Je ne m'adresse pas au serpentard, je m'adresse à mon amant auquel je veux faire une surprise. »

Le blond souriait lui aussi, l'ambiance détendue et bon enfant de la soirée toujours présente.

« Tant que tu ne t'enfuis pas... »

Le lion fit un arrêt, avant de répondre d'un ton qu'il espérait toujours joyeux et détendu.

« Je n'en ai aucunement l'intention, ce n'est pas toi qui va réussir à me faire fuir Severus. »

Un simple sourire en coin répondit, mais c'était bien assez. Il n'y avait pas besoin de mots pour traduire l'amusement et la satisfaction du professeur. Parce que cette phrase il ne l'oublierait pas et pourrait même s'en resservir. C'était un peu comme une deuxième cravate autour du cou de son amant. Le silence reprit ses droits, alors qu'il entendait le fondateur faire le tour de la pièce comme s'il cherchait quelque chose. Puis la voix du blond résonna dans la pièce, un simple murmure agacé.

« Mais viens là à la fin. »

Le professeur haussa un sourcil perplexe, mais garda les yeux clos en demandant malicieusement.

« Je peux t'aider Godric ? »

« Non, reste où tu es. Et ne triche pas. »

Severus leva les mains en signe d'innocence avant de les joindre dans son dos.

« Je ne triche pas. »

Le silence s'étendit de nouveau, emplissant la pièce, seul quelques bruissements signalent les mouvements du lion se faisaient entendre.

« Je te tiens ! »

Le murmure victorieux du fondateur fit sourire d'avantage le professeur.

« Je peux ouvrir les yeux alors ? »

« Impatient hein ? »

Un soupir lui répondit, ce qui fit rire doucement Godric, qui se rapprocha du professeur. Il se mit devant lui, gardant son cadeau contre lui.

« Aller tu peux les ouvrir maintenant. »

Severus ne se fit pas prier, et resta un instant surpris devant ce que tenais son amant. Puis le blond lui tendit l'animal qui semblait contrarié d'avoir été attrapé. Il le prit délicatement dans ses bras.

« C'était donc un chat... »

« Et oui... Tu n'es pas allergique au moins ? »

Rogue rit doucement, il serait temps de se soucier de ça.

« Non, j'aime bien les chats. »

Il fit courir ses doigts dans la fourrure du chaton. Celle-ci était clair, un roux très clair légèrement rayé d'une teinte plus foncée. L'animal se mit à ronronner.

« Tant mieux. On dirait qu'il t'aime bien contrairement à moi. »

« Réfléchit un instant, aimerais-tu quelqu'un qui viens de te pourchasser et de te sortir de force de ta cachette ? »

Le blond sembla prendre le temps de réfléchir, avant de répondre avec un sourire amusé.

« Tout dépend de ce que la dîtes personne me veux au final. »

« Et c'est moi le petit pervers ? »

Un simple rire lui répondit, avant que la main de Godric ne vienne rejoindre la sienne pour caresser l'animal. Après un moment qui sembla hors du temps le fondateur reprit la parole, son ton ayant perdu toute sa joie.

« Et puis comme ça tu te sentiras moins seul quand... »

Severus avait posé un doigt sur ses lèvres, il secoua la tête doucement.

« Je ne veux pas entendre ça. Ni ce soir, ni demain, ni jamais. »

Le ton du professeur était égal, et déterminé, mais ses yeux étaient emplis de tristesse. Il savait ce que Godric faisait, mais il ne voulait pas y penser. Le blond pris sa main dans la sienne, y déposant un baiser avant de reprendre.

« Il faudra bien un jour, quoi que nous fassions, c'est... inévitable. »

Le dernier mot n'avais été qu'un murmure.

« Ça arrivera bien assez vite, alors profitons du présent et oublions ce détail encore un temps tu veux ? Je n'ai pas envie de tout gâcher en me torturant avec ça. »

Le blond allait ajouter quelque chose, mais Severus l'embrassa pour le faire taire. C'était bien trop difficile à entendre, rien que le penser le faisait souffrir, alors il n'avait aucunement l'intention d'écouter son amant en parler. Godric répondit au baiser, lui non plus n'avait pas envie d'en parler, mais il savait que la conversation serait nécessaire à un moment où un autre. Parce qu'il ne voulait pas partir sans l'avoir eu. Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, leur front appuyé l'un contre l'autre. Les bras de Godric se glissèrent dans le dos de l'autre homme, s'assurant de ne pas trop le serrer pour ne pas étouffer le chaton qui était installé dans les bras de Severus, entre eux. Le serpent glissa finalement son visage dans son cou, effleurant la peau de son nez, puis de ses lèvres.

« Rentrons Godric, nous avons quelque chose à finir si mes souvenirs sont bon... »

Le ton était tout à fait subjectif, rompant ainsi la tristesse qui s'était installée. Un doux rire lui répondit, avant qu'ils ne s'éloignent finalement l'un de l'autre, se prenant simplement la main pour rejoindre la cheminée. Kaï entra à nouveau dans la maison au moment où ils atteignait le bas de l'escalier.

« Alors il te plaît ? »

Son sourire disait clairement que son balai lui plaisait énormément, et cela fit sourire Severus.

« Oui. »

« Tu vas l'appeler comment ? »

Le blond se rendit compte qu'il n'avait même pas posé la question.

« C'est vrai ça, il faut que tu lui trouve un nom. »

« Godric. »

Le blond leva un sourcil interrogateur.

« Oui ? »

« Non, pas toi, je vais l'appeler Godric. »

Après une seconde de silence surpris Kaï explosa de rire, alors que le fondateur prenait une mine déconfite.

« Tu plaisante ? »

Si Severus avait eu une quelconque envie de dispute il aurait répondu que non. Que c'était un choix tout à fait logique puisque le fondateur lui offrait ce chaton uniquement pour qu'il prenne sa place lorsqu'il ne serait plus là. Mais il n'avait pas envie de se disputer avec Godric, ils ne leur restait que trop peu de temps pour cela.

« Oui, mais je n'ai pas d'idée pour l'instant. Et puis tu l'as bien cherché. »

« Tu m'as fait peur. »

« Ça aurait été drôle pourtant. »

Le blond jeta un regard suppliant au jeune homme.

« Kaï... »

« Bah quoi ? »

Ce fut à Severus de rire devant l'air innocent qu'avait prit le loup, et celui de désespoir avec lequel répondait Godric.

« Tu dîne avec nous demain Kaï ? »

L'interpellé répondit en souriant en coin.

« Non, on verra lundi soir. »

Severus avait très bien compris pourquoi il répondait ça. Ils entraient dans le salon pour récupérer leurs cadeaux. Le loup se doutait de la suite des événements et n'avait franchement pas envie de leur enlever du temps seuls, surtout après ce qui venait de se passer.

« Tu es sûr ? Ça ne nous dérangera pas si c'est ce qui t'inquiète. »

« Je n'en suis pas si sûr, et puis ce n'est pas grave tu sais, je n'en mourrais pas. Allez filez, à lundi. »

Les deux hommes acquiescèrent finalement, avant de le saluer et de prendre le chemin des appartements du professeur. Une fois sur place Severus décida de s'occuper du chaton dans un premier temps. C'était un imprévu qui décalait légèrement son programme mais s'il s'arrangeait pour qu'il ne manque de rien le reste se passerait sans problème. Il déposa doucement l'animal sur le sol, et celui-ci fit quelques pas en vacillant avant de décider de s'asseoir.

« J'ai comme l'impression que le voyage ne lui as pas plu... »

Un léger rire lui parvint alors qu'il se tournait vers le blond, quittant des yeux l'animal qui observait les alentours.

« Je crois aussi. Il va faire quelques vagues, rien de bien grave. »

« Encore heureux. »

Il serait dommage que son nouvel animal de compagnie rende l'âme aussi vite. Il se retint in extremis de secouer la tête devant la pensée horrible qu'il venait d'avoir. Il fallait qu'il arrête de voir cet animal comme ce qu'il était. Il fallait qu'il le voit comme un cadeau venant de l'homme qu'il aimait pour lui faire plaisir. Et non comme un remplaçant de Godric lorsqu'il ne serait plus là. Parce que sinon la colère qui couvait en lui risquait de retomber sur l'animal, et il n'en était pas question. Il appela un elfe et lui ordonna de rapporter à manger et à boire pour le chaton.

Le blond observait le professeur, et cherchait à comprendre ce qui clochait. Mais il n'arrivait pas à trouver. Sans doute aurait-il mieux fait de se taire, de ne pas évoquer son départ prochain, de ne pas rappeler que bientôt il retournerait à sa place de mort. C'était une réalité bien trop dure, et trop douloureuse à évoquer, il l'avait peut être blessé en parlant ainsi. Pourtant il ne voulait pas ça, jamais, il voulait qu'il ne soit pas triste à cause de son départ. Il voulait qu'il ait de quoi combler le vide qu'il allait laisser. Qu'il ne se sente pas seul. Mais sans doute était-ce une bataille perdue d'avance.

Après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, son absence ne pouvait passer inaperçu, c'était impossible. Il se rendait compte à quel point il avait été stupide d'avoir penser pouvoir la faire passer inaperçue. Chacun avait rangé ses cadeaux, et maintenant Severus était assit dans le canapé, le chaton sur les genoux. Godric le rejoint, prenant place près de lui, doucement pour ne pas faire peur à l'animal, puis posa sa tête sur l'épaule du professeur. Ce dernier appuya la sienne contre lui, alors qu'il caressait le ventre du chaton.

« Toujours pas d'idée de nom ? »

Le maître des potions ne répondit pas, il était perdu dans ses pensées. Ses pensées qui revenaient irrémédiablement vers la date fatidique. Deux mois et une semaine. Voilà le temps qu'il leur restaient. Dans certaines circonstances cela aurait pu paraître long, mais dans cette situation c'était horriblement court. Il pourrait refaire la potion après le départ du lion et le ramener une deuxième fois ? Et faire ça tout les six mois, comme ça ils seraient toujours ensemble. Non c'était impossible, il n'était pas assez puissant pour ça, il n'avait pas assez de magie. Et puis d'après le fondateur ceux qui régissaient le monde des morts aimaient bien désillusionner les invocateurs. Alors il n'obtiendrait certainement pas ce qu'il voulait.

« Severus ? »

La voix du blond accompagné de sa main glissant doucement sur son bras le fit revenir à la réalité.

« Oui ? J'étais dans mes pensées. »

« Je vois ça... Je te demandais si tu avais trouvé un nom. Parce qu'il va bien falloir qu'il en ait un. »

Severus réfléchit un instant, tout en demandant.

« Tu as peut être une idée ? »

Le blond se redressa et regarda le serpent avec amusement.

« Non non non, c'est à toi de le trouver. »

Le maître des potions laissa échapper un « tss » en détournant la tête. Comment pouvait-il bien appeler cet animal ? Son regard se posa de nouveau sur la fourrure, le chaton dormait désormais.

« Tu es sûr que Godric ce n'est approprié ? »

Le fondateur croisa les bras et prit un air grave.

« Ce n'est définitivement pas approprié. Godric c'est moi. »

Un léger rire répondit au blond, son assurance amusait le serpent. Puis le fondateur l'embrassa, baiser auquel il répondit sans hésitation. Peut être que la suite ne serrait pas aussi difficile à amener que ce qu'il craignait finalement... Il approfondie le baiser afin d'en juger, laissant leurs langues se rencontrer. Et la sorte de retenue qu'il perçue lui appris que son amant était toujours retissant. Ils s'éloignèrent finalement alors qu'un miaulement étouffé se faisait entendre.

« Pourquoi pas Léo ? »

« Oui, c'est bien. »

Severus répéta le nom en regardant le chaton, qui se redressa et s'étira sur ses genoux. L'elfe revint alors et déposa deux gamelles près de la cheminée. Le professeur ne fit pas de commentaires sur le temps qu'avais mis l'elfe pour exécuter l'ordre et le congédia. Il se leva du canapé pour aller déposer Léo devant la nourriture. Ce dernier renifla avec hésitation les croquettes, avant de finalement en goûter une. Le serpent l'observa et ne pu s'empêcher de commenter.

« Je te jure qu'elles ne sont pas empoisonnées. »

Cela fit rire le lion, alors que Severus réalisait qu'il avait parlé tout haut. Il resta encore un instant accroupi à côté du chat, avant de finalement se relever.

« Bien, maintenant qu'il a tout ce dont il a besoin, à ton tour. »

Et sur ces mots il se dirigea vers le blond, qui lui était toujours assis sur le canapé. Le fondateur leva un sourcil interrogateur en direction de son amant, même s'il savait parfaitement ce qui l'attendait. Il aurait fallu qu'il soit sourd et aveugle pour ne pas l'avoir compris. Severus s'assit sur ses genoux et l'embrassa passionnément, ne lui laissant pas le temps de réagir. Il glissa une main dans le cou du blond, qui lui l'enlaça doucement. Cette retenue toujours, il allait vraiment falloir qu'il s'en débarrasse, sinon le maître des potions risquait très fortement de le violer sans lui demander son avis. Bien que c'était le principe de la chose. Il relâcha la bouche du blond mais ne s'éloigna pas, leur souffles saccadé se mélangeant.

« Pourrais-tu faire en sorte que cette retenue qui anime chacune de tes gestes disparaisse ? »

Godric paru surpris, puis gêné. C'était amusant comme par moment toute son assurance pouvait s'effondrer comme un château de cartes face au souffle d'un enfant.

« Mais tes blessures... »

« Sont guéries. »

« Non, elles ne le sont pas Severus... »

« C'est tout comme, je me sens parfaitement bien.

« Mais tes blessures ne sont pas guéries, et je pourrais te faire mal, voir même en rouvrir certaines. »

« Tu ne le feras pas. Et il n'est pas possible que tu en rouvre une. »

« Tu ne peux pas en être sûr. »

« Si. J'en suis sûr. Je suis sûr que tu ne me feras pas de mal parce que je te fais confiance. Et je suis sûr qu'aucune de mes blessures ne se rouvrira parce que c'est mon corps et que je sais encore dire s'il est en état ou non de faire l'amour. Et là je peux te garantir qu'il est opérationnel. »

Les propos du professeur surprirent le fondateur qui répondit amusé :

« Tu sais qu'on dirait presque quelqu'un d'autre ? C'est donc à ça que tu ressemble quand tu es en manque... »

Le professeur commença en répondant presque outré :

« Je ne suis pas en... »

Il s'arrêta et se ravisa, légèrement agacé malgré tout. Sous le regard souriant de son amant.

« Bon d'accord je suis en manque, raison de plus. J'ai tendance à ne pas faire de détour dans ce genre de situation. Alors mon cher Godric, soit tu te mets dans le crâne que je vais bien, et que nous avons jusqu'à lundi matin pour faire l'amour autant de fois qu'on le pourra. Et dans ce cas tu me supprime cette stupide retenue et nous passons dans la chambre. Soit tu n'y arrives pas et par Merlin je te jure que je te viole sur ce canapé avec ou sans ton accord. »


Alors vous y aviez pensé ? Review ?