Tada ! Bonne lecture ;)
Chapitre 33 : Réflexion
Severus tenta de passer une soirée normale, et de continuer à faire confiance à son amant. Mais il dû se rendre à l'évidence que c'était impossible, et encore plus lorsque Godric voulut rattraper le « retard » de la semaine dans la nuit. Le blond l'embrassa mais vit que quelque chose n'allait pas, le professeur s'était inconsciemment raidit.
« Severus, qu'est-ce qui se passe ? »
Le serpent l'observa un instant dans les yeux, le fondateur eut l'impression qu'il y cherchait quelque chose, mais sans savoir quoi. Godric ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais il était sûr que quelque chose n'allait pas. Severus soupira finalement, avant de l'amener jusqu'au fauteuil où il l'assit.
« Il faut qu'on parle. »
Le maître des potions s'assit en face de son amant, qui attendait sagement de savoir de quoi il retournait. Alors Rogue commença par lui dire qui il avait vu.
« Pendant que tu étais avec Kaï, j'ai vu Serpentard et j'ai discuté avec lui. »
Godric écarquilla les yeux un instant, avant de passer une main dans ses cheveux. Et merde. Comment allait-il se sortir de là. Il demanda doucement, sans regarder le professeur.
« Que t'a-t-il dit ? »
« Je suis certain que tu le sais. Ou au moins que tu en as une assez bonne idée. Regarde moi. »
Le blond obéit, laissant le serpent voir sa peur et ses remords dans ses émeraudes. Severus continua, il avait adopté une attitude neutre, pour que les choses soient plus facile pour lui quelque soit le chemin qu'elles prendraient.
« Je te fais confiance alors je ne te ferais pas prendre de veritaserum, j'espère que ce ne sera pas une erreur. Je vais te poser des questions et je veux que tu ne réponde que par oui ou non. Compris ? »
Il ne voulait pas que le lion s'épuise à s'engouffrer dans des excuses et des explications bancales à chaque question qu'il poserait. Il avait besoin de clarté et de sincérité. Godric sentait que la soirée ne finirait pas comme il l'avait espéré, très loin de là sans doute. Mais si Severus lui faisait encore confiance, alors tout n'était peut être pas perdu. Il ne mentirais pas. Même si cela devait le faire plonger encore plus, tant pis. De toute façon maintenant que le doute était là, autant mettre les choses au clair. Et par là même retirer les armes des mains de Salazard Serpentard. Il acquiesça, déterminé.
« Oui. »
Severus acquiesça à son tour et commença son interrogatoire.
« As-tu dragué Serpentard ? »
« Oui. »
Le professeur attendit quelque secondes, mais le lion n'ajouta rien. Bien, au moins il respectait les règles pour le moment, et semblait sincère. Ils se regardaient droit dans les yeux, chacun ayant ainsi le loisir de décrypter les pupilles de l'autre.
« As-t-il cédé à tes avances ? »
« Non. »
« Cela t'a-t-il énervé à un moment ou un autre ? »
« Oui. »
« As-tu songé à te venger ? »
« Oui. »
Godric savait où se finirait cette discutions, ce qu'il ne savait pas c'est si sa sincérité jouerait en sa faveur, et s'il aurait l'occasion de plaider sa cause.
« As-tu pensé avoir ta vengeance le jour où j'ai invoqué Serpentard, en sachant que tu serais envoyé à sa place ? »
« Oui. »
« Donc lorsque tu es arrivé pour toi je n'étais qu'un parfait outil de vengeance contre Serpentard ? »
Godric se retint de ne pas baisser les yeux, il s'en voulait d'avoir pensé comme ça, de n'avoir pris cet homme que pour un jouet les premiers jours. De n'avoir ne serais-ce que pensé à l'utiliser.
« … Oui. »
« Est-ce uniquement pour cette raison et dans cet optique que tu m'as fait des avances ? »
« Au tout début oui. »
La neutralité de Severus vacilla un instant, et godric sentit un poignard transpercer son cœur, il allait faire souffrir la seule personne qu'il ne voulait pas voir triste.
« Au début, je n'étais donc qu'un jouet ? »
Le lion détestait ce mot, mais malgré tout il collait à ce qu'il avait fait.
« Oui... »
« Pendant combien de temps m'as-tu considéré ainsi ? »
« Pas plus d'une semaine. »
Severus réfléchi un instant, c'était jusqu'au moment où il l'avait violemment repoussé au manoir.
« Si tu n'avais pas eu a te venger de Serpentard, serions-nous ensemble ? »
Le blond ne s'attendait pas à cette question, et il n'avait pas de réponse. S'il n'avait pas eu à se venger il n'aurait sûrement pas eu cette idée tout de suite. Mais est-ce que ce ne serait pas venu avec le temps malgré tout ?
« Je ne sais pas. »
Il vit tout de suite que sa réponse avait blessé le serpent, mais avant qu'il ne puisse réagir il le vit se refermer sur lui même.
« Bien. As-tu quelque chose à ajouter ? »
Il avait donc finalement le droit de plaider sa cause. C'était sans doute sa dernière chance.
« Je sais que ce que j'ai fait est horrible, même si ce n'était qu'une semaine. Jamais je n'aurais dû ne serais-ce qu'avoir l'idée de me servir de toi pour atteindre Serpentard. Mais j'ai été assez stupide pour le faire malgré tout, et je m'excuse. Je te jure sur tout ce que je peux avoir et sur ma propre vie que ça n'a pas duré plus d'une semaine. Lorsque tu m'as repoussé au manoir, et que tu m'as évité par la suite, j'ai réfléchi à tout ça. Si le jeu en valait vraiment la chandelle, mais je me suis rendu compte que ce n'était plus un jeu et que je tenais vraiment à toi. Lorsque Lucius est venu me voir pour me dire que tu étais malade et que je devais aller te voir, il m'a demandé si j'étais intéressé par toi amoureusement. Je me suis reposé la question des centaines de fois, mais finalement la seule chose que j'ai pu faire c'est acquiescer. »
Il s'arrêta un instant pour observer le professeur, celui-ci le regardait et l'écoutait sans rien laisser paraître. Il ne parvenait pas à le déchiffrer. Il reprit donc.
« Je t'aime Severus, et ce depuis le début je pense. Même si je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Je ne sais pas quoi faire pour te prouver que tu peux toujours me faire confiance, pour que tu ne me jette pas dehors. »
Le ton du lion était presque suppliant. Mais Severus ne pouvait pas pardonner aussi facilement, tout comme il ne pouvait pas rester ici. Il ne savait plus où il en était, il ne savait plus s'il pouvait ou non avoir confiance en cet homme. Et ce même si sa déclaration l'avait touché. Tout ce qu'il savait c'était qu'il ne pourrait pas passer la nuit à venir dans les bras de l'homme qui lui faisait face. Il se leva en répondant d'un ton totalement dénué de toute émotion.
« Je ne sais pas non plus Godric. Ne jure pas sur ce que tu n'as pas, dois-je te rappeler que tu es mort. »
Le blond se sentait plus que mal, il ne savait plus quoi faire. Son amant avait raison, il n'avait rien sur quoi jurer. Il ne put que murmurer :
« C'est vrai, je n'ai plus que toi dans cette non vie. »
Le maître des potions fit un léger arrêt avant de se diriger vers la cheminée, en prenant la peine d'informer son amant.
« Je vais au manoir pour cette nuit, à demain Godric. Manoir Prince. »
Il disparu sur ses mots. Le lion soupira et se prit la tête dans les mains, il ne pouvait plus rien faire à part attendre que Severus prenne sa décision. Il espérait de tout son cœur qu'il prendrait la bonne. Sinon il n'aurait sûrement que ce qu'il méritait, et le temps qu'il lui resterait ici serait sa punition. Ce serait pire pour lui que l'enfer s'il devait faire le temps qu'il lui reste sans pouvoir côtoyer Severus. Léo vint le voir et tenta de le consoler en se frottant contre lui et en ronronnant autant qu'il pouvait.
Le maître des potions arriva dans son manoir et monta à l'étage pour s'enfermer dans sa chambre, sans avoir croisé son jeune locataire. Il ne ferma pas l'œil de la nuit, tournant et retournant la situation dans sa tête. Il était blessé d'avoir appris qu'il n'avait été qu'un jouet dans les bras de Godric, même si ça n'avait duré qu'une semaine, et que c'était avant qu'ils officialisent vraiment leur relation. Surtout que rien ne lui prouvait que c'était réellement le cas, à part la confiance qu'il avait envers le fondateur. Mais même ça il n'en était plus sûr.
Pourrait-il continuer à lui faire confiance ? Il est vrai que le blond l'avait aidé plus d'une fois, qu'il avait été un grand soutiens. Peut être même que sans lui il serait mort dans les cachots de Voldemort, ou il y serait peut être encore. Non, Lucius aurait sans doute trouvé une parade pour le sortir de là. En parlant de l'aristocrate, lui aussi à fait confiance au fondateur. Il lui a cédé sa place auprès de lui, et même si cette place n'était plus occupé depuis un moment, Severus savait que si son ex amant n'avais pas trouvé Godric assez bien il lui aurait pourri la vie.
Alors même le grand Lucius Malfoy se serait fait berner ? Un léger rire s'échappa de ses lèvres à cette pensée. La nouvelle serait sans doute amusante à annoncer... Mais quelle nouvelle ? Sa séparation avec Godric peut être. Il soupira lourdement, toute étincelle d'amusement disparu. Il n'avait pas envie d'en arriver là, mais il n'était pas non plus sûr de pouvoir continuer. Il n'accordait pas sa confiance à n'importe qui, et c'était une chose difficile pour lui. De part son statut d'espion et sa méfiance naturelle envers l'inconnu. Dans tout les cas, s'il ne parvenait pas à retrouver sa confiance en Godric, alors plus rien ne serait possible.
Il avait réussit à retrouver une confiance en Lucius, même s'il le blessait régulièrement sans s'en rendre compte. Mais il avait mis du temps, et c'était uniquement parce qu'ils étaient dans le même bateau. Il avait besoin de lui et avait décidé de lui faire une totale confiance pour la partie professionnelle de leur relation, pour la partie personnelle sa confiance n'était que partielle. Mais il tenait à l'aristocrate, il avait une place importante dans sa vie. Et puis il y avait aussi Draco, même s'il était le fils de celle qui lui avait prit le blond, il ne pouvait pas le laisser tomber.
Il finit par s'endormir sur le matin, complètement épuisé. Ce qui l'aida à dormir d'un sommeil profond et sans rêve. Il se réveilla en fin de matinée, et descendit silencieusement, la maison semblait déserte. Mais l'elfe de maison apparu soudain devant lui et s'inclina.
« Bonjour maître, désirez-vous quelque chose ? »
« Un café. »
« Bien maître. Dois-je prévenir le jeune maître de votre présence ? »
« Où est-il ? »
« A l'extérieur, il s'exerce sur son balais. »
Severus sourit doucement devant cette réponse, Kaï semblait vraiment adorer le balais.
« Laisse le alors. »
« Bien maître. »
L'elfe disparu, et le professeur continua sa route vers le salon. Il se mit à la fenêtre et observa le jeune loup garous faire des pirouettes dans le ciel nuageux. Il était doué, il serait même peut être un très bon joueur de quiddich. L'elfe réapparu et déposa discrètement la tasse de café sur la table avant de disparaître à nouveau. Severus quitta la fenêtre pour aller s'installer, le journal était déjà sur la table, il en profita pour le feuilleter.
Il n'était nulle part questions du retour des fondateurs, l'affaire ne semblait pas s'être ébruité autant que ce qu'il pensait finalement. Ou Dumbledore l'avait étouffé pour éviter que l'école soit prise d'assaut. Ce qui était plus logique, il doutait que les élèves soient capable de tenir leur langues. Le bruit de la porte le tira de sa lecture et Kaï entra dans la pièce, il fut d'abord surpris puis lui sourit chaleureusement.
« Bonjour Severus, tu es là depuis longtemps ? »
« Bonjour Kaï, depuis hier soir, mais tu dormais déjà. Comment vas-tu ? »
Le jeune loup leva un sourcil interrogateur. Le propriétaire des lieux semblait seul et il était arrivé après le départ de Godric.
« Je vais bien. Tu t'es engueulé avec Godric ? »
Severus fronça les sourcils et reporta son attention sur son journal.
« Ça ne te regarde pas. »
Mais Kaï n'avait pas dit son dernier mot, il s'installa à la table en face de l'homme. Il appuya ses coudes sur le bois et posa son menton dans ses mains.
« Allez Sevy, dit tout à ton loup garou préféré. »
Severus fronça davantage encore les sourcils.
« Cesse de me prendre pour un enfant, je te rappel que c'est toi l'enfant ici. »
« Enfant enfant, je ne suis pas d'accord. Je suis un jeune adulte. Bref, dit moi tout grand père de toute façon je finirais par savoir. »
Le maître des potions leva les yeux au ciel. Il n'y avait que lui pour oser lui parler ainsi. Et même s'il n'appréciait pas spécialement ça, à l'heure actuelle ça lui faisait du bien.
« Je ne suis pas si vieux que ça. »
Il faisait durer le suspens, c'était son petit plaisir.
« Severus... »
Voilà qu'il lui faisait ses yeux de chien battu maintenant. Rogue secoua doucement la tête et bu une gorgée de café.
« Oui, je suis seul ici et j'ai abandonné Godric à Poudlard. »
« Jusque là j'avais compris mais pourquoi ? »
« Parce que j'ai appris quelque chose qui remet tout en question. Et tu n'en sauras pas plus à ce sujet Kaï. »
Le loup fit la moue, et demanda encore :
« Tu vas le quitter ? »
Severus ne répondit pas tout de suite, de longues minutes passèrent avant qu'il ne soupire.
« Je n'en sais rien. »
Kaï l'observa plusieurs minutes, pour lui ce ne serait pas une bonne idée. Mais il n'avait pas son mot à dire, c'était à Severus de décider.
« Veux-tu mon avi ? »
« Si tu peux te passer des détails de l'histoire, pourquoi pas... »
« Je ne sais pas ce qu'il a fait, mais je pense que tu devrais rester avec. Je trouve que tu as l'air heureux depuis qu'il est avec toi, et ce serait dommage de gâcher ça. »
« Et si je te dit que je n'arrive plus à lui faire confiance ? »
Kaï fut un instant surpris, avant de répondre.
« Ah, c'est à ce point là. Alors c'est à toi de voir si il y aurait un moyen pour qu'il regagne ta confiance, ou si c'est impossible. »
Severus ne répondit pas, replongeant dans ses réflexions. Il ne retourna à Poudlard qu'en fin d'après midi. Il avait prit une décision, même si elle ne serait peut être que temporaire, au moins il en avait une.
Godric avait passé la nuit et la journée à tourner en rond comme un lion en cage. Il ne savait pas à quoi s'en tenir, il ne savait pas quoi faire pour se faire pardonner. Et il ne savait pas à quoi s'attendre. Tout ce qu'il savait c'est que Severus lui avait dit « à demain », il devait donc rentrer aujourd'hui. Mais quand ? Il allait devenir dingue. Puis la cheminée s'activa enfin, laissant apparaître son amant. Il s'en approcha doucement.
« Bonjour Severus. »
« Bonjour Godric. »
Le blond s'approcha encore et voulu caresser la joue du professeur, mais celui-ci se déroba.
« Ne me touche pas. »
Le regard du maître des potions était déterminé, figeant le fondateur dans son geste.
