Oui je sais ça fait très longtemps... Pardon T-T


Chapitre 34 : Décision temporaire

« Ne me touche pas. »

Ses mots résonnèrent dans l'esprit du fondateur comme le son du tranchant d'une guillotine qui vient de tomber. Il ramena son bras le long de son corps, et baissa les yeux, ne pouvant soutenir le regard dur du professeur. Il répondit d'une voix triste.

« Je vois que tu as pris une décision. »

Severus décida de ne pas tourner autour du chaudron, il voulait en finir rapidement, sinon il risquait de changer d'avis ou de ne plus avoir assez de courage pour faire ce qu'il fallait.

« Effectivement. Je ne veux plus te voir dans mes appartements. Demande à Dumbledore de t'en trouver d'autre. »

Godric se prit sa punition de plein fouet, il le méritait, et il le savait, pourtant il osa demander malgré tout :

« Est-ce une décision définitive ? »

Severus ne s'attendait pas à cette question, il s'attendait plutôt à une rébellion féline de grande envergure. Il décida de répondre honnêtement, après tout Godric semblait être d'accord pour se plier à sa demande sans trop discuter.

« Je ne sais pas. »

Cette réponse rassura un peu Godric, au moins il lui restait encore une chance, aussi infime soit elle.

« Très bien, alors je vais te laisser. »

Le fondateur estimait qu'il n'avait pas le droit de combattre la décision du serpent, il ne pouvait que l'accepter et attendre patiemment que Severus fasse un choix. Il se dirigea vers la porte et la franchit sans plus de cérémonie, se retenant de toutes ses forces pour ne pas faire demi-tour et prendre le serpent dans ses bras. Il referma la porte derrière lui et se dirigea lentement vers le bureau du directeur de l'école, essayant de ne pas laisser paraître son malaise.

Severus n'avait pas eu la force de regarder le lion franchir la porte. C'était sa décision, et il s'y tiendrait, mais ça n'avait rien de simple. Il aurait voulu ne pas en arriver là, ne pas avoir à se retrouver de nouveau seul. Mais il avait dû se rendre à l'évidence, sa confiance envers Godric était entamée et tant qu'elle ne serait pas de nouveau entière plus rien ne serait possible. Le serait-elle seulement de nouveau un jour ? ça il n'en avait aucune idée.

Il s'assit dans son canapé et soupira, alors que Léo venait le voir pour avoir des caresses. Mais à peine quelques minutes plus tard le tableau annonça l'arrivée d'un visiteur. Ce qui fit soupirer encore davantage le serpent, a fortiori alors que le nom de Salazard Serpentard résonnait dans ses appartements. Le fondateur entra de nouveau sans s'y faire convier, à croire que tout lui était dû.

« Bonsoir, professeur Rogue. J'espère que je ne vous dérange pas ? »

Severus ne se leva même pas, et répondit en regardant l'homme.

« Bonsoir, Monsieur Serpentard. A quoi bon poser la question puisque quel que soit ma réponse vous n'en tiendrez pas compte, je me trompe ? »

Salazard afficha de nouveau ce sourire que le maître des potions détestait.

« Non, effectivement. J'ai envie de converser en votre compagnie. Qui plus est, j'ai croisé Gryffondor en venant, j'en ai donc déduit que vous étiez seul. »

Sur ces mots il s'installa dans le fauteuil en face du serpent.

« Parce que si je n'avais pas été seul vous ne seriez pas venu ? Vous auriez dû le dire plus tôt, je me serais arrangé pour ne jamais l'être jusqu'à votre départ. »

« Allons allons, ne soyez pas aussi méchant. Je suis sûr que malgré tout ma compagnie ne vous est pas aussi désagréable que cela. »

Le pire de tout était qu'il avait raison, Severus était en train de retourner sa situation dans tous les sens, et il appréciait grandement la distraction qui lui était offerte. Même si elle venait de la deuxième personne qu'il avait le moins envie de voir. La première étant bien entendu Voldemort. Mais ce n'était pas pour cela qu'il allait l'avouer.

« Ne prenez pas vos désirs pour la réalité voulez-vous. »

Deux verres accompagnés d'une bouteille de whisky pur feu se posèrent délicatement sur la petite table se trouvant entre eux. Severus remplit les deux verres à moitié du liquide ambré dont il avait tant besoin.

« Pourquoi m'offrir à boire si vous ne voulez pas que je reste ? Quand à mes désirs, sachez que pour le moment la réalité en est encore trop loin à mon goût. »

Le sous-entendu était à peine voilé, s'en était presque désespérant. Quand à cette suffisance, elle était absolument insupportable.

« De toute façon je sais que vous ne partirez pas quel que soit le langage dans lequel je vous le demanderais. Donc autant rendre cela un minimum supportable. »

Quant à ses désirs, et bien il allait falloir que le fondateur se mette dans la tête qu'ils resteraient très loin de la réalité. Le professeur avala une première gorgée du liquide salvateur, et savoura la légère brûlure que celui-ci provoqua sur son passage. Salazard en fit de même, avant de répondre.

« Il vous faut donc de l'alcool pour me supporter, intéressant. Alors comme ça vous avez enfin renvoyé ce lionceau stupide ? »

Le brusque changement de sujet ne déstabilisa pas le maître des potions, qui fit mine de ne pas vraiment être intéressé par ce sujet.

« Cela ne vous regarde pas dans tous les cas. »

Le fondateur avait une fâcheuse tendance à toujours vouloir tout savoir de sa vie privé, et Severus n'aimait pas vraiment ça.

« C'est vrai, mais ce n'était pas bien difficile à deviner en voyant la tête de Gryffondor. Je voulais simplement l'entendre de votre bouche. »

Rogue fronça les sourcils, ce que ça pouvait être agaçant de toujours avoir un coup de retard. Salazard le vit et devina ses pensées, ce qui le poussa à reprendre la parole.

« Vous savez professeur Rogue, je sais comment fonctionne un serpentard, et je sais comment vous vous fonctionnez. A partir de là, il n'est pas difficile de prendre de l'avance. »

« Ah oui, et en quoi me connaissez-vous au juste ? »

« Eh bien, par exemple, je savais qu'en instaurant un doute, aussi infime soit-il, dans votre esprit, vous finiriez par mettre Gryffondor dehors. Les serpentards ont beau s'entraider, ce n'est pas pour autant qu'ils se font tous confiance. Parce que c'est ce qui est le plus dur chez eux, faire confiance. Et c'est encore plus vrai pour vous, qui êtes déjà méfiant de nature si je ne me trompe pas. Par ailleurs je savais que ce stupide lion vous confirmerait mes dires quand vous lui demanderiez. »

Severus resta un instant surpris par cette explication, comment quelqu'un qu'il n'avait jamais côtoyé de près ou de loin pouvait-il si bien le connaître.

« Et pourquoi donc Godric a-t-il fait ça ? »

« C'est simple, c'est Gryffondor. Il s'est dit qu'il valait mieux vous dire la vérité, qu'ainsi il avait bien plus de chances d'être pardonner tout de suite. Lui il n'a pas notre problème avec la confiance, il l'accorde facilement, et à beaucoup de gens. Et il est encore moins doué avec le mensonge, il préférera toujours dire la vérité dans ce genre de situations. Parce qu'il se dit qu'il risque plus gros en la cachant, que si jamais elle refait surface alors la situation sera indémêlable. »

Severus eu un léger rire amer.

« Effectivement, typiquement gryffondorien. »

« C'est pour ça que vous devriez plutôt sortir avec un serpentard, au moins vous vous comprendrez. »

« Ah oui, et vous auriez une suggestion peut être ? »

Le sourire du fondateur annonçait déjà sa réponse toute prête.

« Eh bien je doute qu'il y ait meilleur Serpentard que celui qui en porte le nom. »

Un léger rire franchit les lèvres du maître des potions, ce coup était tellement prévisible.

« Vous me suggérez donc de sortir avec vous, en me disant que vous êtes le meilleur des serpentards, et après m'avoir expliqué que ceux-ci étaient les meilleurs menteurs et ceux qui accordent le moins leur confiance. Votre technique de drague laisse plutôt à désirer. »

« Au moins vous savez à quoi vous attendre, comme quoi les serpentards ne font pas que mentir. Et puis avouez que je ne fais pas partit des personnes qu'il est désagréable d'imaginer dans son lit. »

« Non mais vous vous écoutez parler ? Vous rendez-vous seulement compte de ce que vous dîtes ? »

« S'écouter parler c'est bon pour les faibles et les vantards. »

Alors là c'était le summum.

« Parce que vous ne vous considérez pas comme un vantard ? »

L'homme parut surpris de la question et répondit sur le ton de l'évidence.

« Bien sûr que non. Je ne fais qu'énoncer des vérités, ce n'est nullement de la vantardise. »

La bouteille de whisky pur feu se vidait au fur et à mesure de la conversation, ce qui poussa Severus à demander avec un regard curieux :

« Seriez-vous saoul ? »

Un grand éclat de rire résonna dans la pièce, cet homme savait donc rire vraiment finalement.

« Non, il m'en faut bien plus que ça pour être saoul, vous ne m'aurez pas avec si peu professeur Rogue. »

Severus haussa les épaules en buvant une nouvelle gorgée du liquide.

« Bon alors vous êtes fou, je ne vois plus que ça. »

« Pourquoi ne pas dire tout simplement que j'ai confiance en moi ? »

« Non à ce niveau ce n'est plus que de la confiance, c'est de la suffisance mêlée à de l'arrogance, et peut être même un peu de stupidité. »

Le fondateur fut surpris par cette honnêteté soudaine, ce qui l'amena lui aussi à se poser la fameuse question.

« Vous par contre il semblerait que vous soyez saoul. »

Ce fut au tour de Severus de rire.

« Vous me sous estimez, je suis bien loin d'être saoul. Comme vous le dîtes si bien, les serpentards ne font pas que mentir. Mais, vous aurais-je offensé? »

L'air de fausse excuse du professeur fit naître un sourire hypocrite sur les lèvres du fondateur, qui amusa grandement le propriétaire des lieux.

« Absolument pas, vous me voyiez ravi de savoir ce que vous pensez de moi, professeur. Si je vous sous-estime comme vous dîtes, pourquoi ne pas voir lequel de nous deux sera saoul en premier ? »

Le fondateur semblait vouloir sa revanche, il avait manifestement mal prit ce que Severus avait dit. Bien que le rendre saoul était sans doute dans ses plans pour le faire plier dès le début.

« C'est que je ne voudrais pas vous malmener en gagnant la partie. Après tout un égo tel que le vôtre ce doit être fragile. »

Severus se vengeait allègrement de l'intrusion de l'homme dans sa vie, le fondateur était en train de lui servir de défouloir, mais il l'avait bien cherché.

« Mon égo est bien plus solide que cela, merci de vous inquiéter pour lui. Puisqu'il en est décidé ainsi, dînons ensemble, au vu de l'heure ce ne sera pas de trop. »

Voilà que le fondateur s'invitait à dîner, à croire que pour lui « non » voulait dire « oui ». Mais Severus prenait plaisir à cette joute verbale, elle le distrayait de ses problèmes. Aussi laissa-t-il l'homme faire, de toute façon qu'il soit saoul ou non en premier n'apporterais rien de plus aux espoirs vain de Salazard. Le professeur ne comptait pas céder, et il prendrait même plaisir à repousser l'homme. Un elfe fut appelé et leur apporta leur repas quelques minutes plus tard.

La soirée continua de la même façon qu'elle avait commencée, à coups de piques et de phrases pompeuses, avec quelques sous-entendus. A la fin ils étaient tous les deux un peu saoul, aucun des deux ne voulant s'avouer vaincu. Salazard décida de tenter sa chance, estimant que le taux d'alcoolisation du professeur était convenable. Il se leva et s'approcha du professeur, avant de se pencher vers lui. Mais il se stoppa en sentant quelque chose dans son cou.

« Si vous tenez à votre joli minois je vous conseille de ne pas aller au bout de votre idée, monsieur le fondateur. »

Un sourire amusé étira les lèvres de Serpentard qui se redressa, le quelque chose étant la baguette de Severus.

« Très bien, je me rend pour cette fois. »

« La prochaine fois il est probable que j'ai préalablement mit du poison mortel sur mes lèvres. »

« Je vous rappelle que je suis déjà mort. »

« Mais ça ne vous immunise pas contre la douleur. »

Le sourire un brin sadique du maître des potions parvint à faire couler un frisson dans le dos du fondateur. Il ne doutait pas qu'il mettrait sa menace à exécution.

« C'est vrai, mais je suis plutôt résistant à ce genre de choses. »

« Nous verrons bien, dans tous les cas vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même. Maintenant je vais vous demander de partir, j'aimerais pouvoir me reposer. »

Il travaillait lui, contrairement à d'autres.

« Je vais vous laisser, bonne nuit professeur. »

Sur ses mots il quitta les appartements du professeur sans faire d'histoire, ce qui était une très bonne chose. Severus était réellement fatigué, et il commençait à en avoir assez de converser avec cet homme. Même si ses joutes verbales étaient amusantes au début, elle s'éternisait trop à son goût et les avances de Salazard qui les accompagnaient ne lui plaisaient pas. Il avait l'impression d'être un simple bout de viande, un trophée qui serait accordé au meilleur. Sauf que le trophée en question ne voulait de personne. Il voulait juste qu'on lui fiche la paix, il avait assez de problèmes sans rajouter les fondateurs.

Un elfe vint récupérer la vaisselle, et alors que le professeur n'aspirait plus qu'à rejoindre son lit où trônait déjà Léo, on frappa à nouveau à la porte. Il soupira lourdement et alors que la porte s'ouvrait il dit sans même regarder de qui il s'agissait.

« Je croyais vous avoir demandé de partir ? »

« Ah oui ? Je ne crois pas vous avoir vu aujourd'hui pourtant. »

Severus se retourna alors pour constater que la voix appartenait à Dumbledore, et non à Salazard.

« Je pensais que c'était quelqu'un d'autre. Que puis-je pour vous à cette heure ? »

« Vous pensiez qu'il s'agissait de Godric peut être ? »

Le professeur fronça les sourcils.

« Vous êtes venu simplement pour me parler de lui ? »

« Eh bien disons que je me demandais pourquoi il a voulut que je lui attribue des appartements. Et qu'il a accepté de prendre les seuls disponibles, même si cela l'oblige à vivre avec les autres fondateurs jusqu'à leur départ. »

« Eh bien cela ne vous regarde en rien, sachez simplement que la raison est suffisante. »

Dumbledore aurait bien insisté, mais il sentait que ce n'était pas le moment, surtout avec la deuxième raison de sa visite.

« Très bien. Je venais également vous dire que cela va faire une semaine que je n'ai pas eu de nouvelles de Monsieur Malfoy. »

Severus réfléchit un instant, essayant de trouver une raison à cela. Mais depuis trois semaines qu'il s'était échappé, il avait pu se passer des millions de choses.

« Il est peut-être en mission. »

« Oui, espérons que ce ne soit que cela. Je vais vous laisser, à demain professeur Rogue. »

Il sortit sur ses mots, laissant enfin Severus seul, même si désormais il avait deux sujets de réflexions pouvant l'empêcher de dormir. Il essaya de tout mettre de côté et rejoignis enfin son lit. Léo l'attendait de patte ferme, ce chat avait eu l'instinct de se cacher à l'arrivé de Serpentard, Severus allait devoir prendre exemple sur lui.


Oui je sais c'est méchant... Mais c'est Severus !

A la prochaine ! ( je vais essayer de me dépêcher je vous jure)