Merci pour vos reviews !

Nous revoilà du côté de Severus, Bonne lecture ^^


Chapitre 36 : Proposition

Lorsque Severus se réveilla le lendemain matin quelque chose lui parut étrange. Il était totalement libre de ses mouvements. Il avait tellement l'habitude de se réveiller dans les bras de Godric, ou de s'y trouver quelques secondes après avoir ouvert les yeux, que le fait que ce ne soit pas le cas le perturba. Ce qui est stupide puisqu'il n'est logiquement rien de plus naturel et agréable qu'être totalement libre de ses mouvements, et en aucun cas Severus Rogue ne devrait se plaindre de cela. C'est sur cette idée qu'il se leva et fila prendre une douche pour finir de se réveiller avant son cours.

Il sortit de ses appartements sous les traits du professeur Burnes, après avoir demandé au tableau de vérifier que personne ne se trouvait dans le couloir. Il serait compromettant que l'on voit le roux sortir de ses appartements, même s'il trouverait toujours une bonne excuse à donner. Il se dirigea directement vers sa salle de cours, il n'avait aucune envie de voir un fondateur ou de converser avec Dumbledore à propos de ses problèmes personnels. Il prépara tranquillement son cours jusqu'à ce que ses élèves arrivent.

Il parvint à éviter de croiser toutes les sortes d'êtres indiscrets et trop intrusifs le reste de la journée, en la passant dans sa salle de cours. Dès qu'il eut terminé de torturer ses élèves il retourna dans ses appartements et demanda au tableau de dire à toute personne se présentant qu'il était absent. Il avait réussi à ne pas penser à Godric de toute la journée, et il espérait bien que cela continu. Malheureusement il semblait que Merlin ne soit pas d'accord avec ça puisque quelques minutes plus tard sa cheminée s'illumina. Mais la personne qui en sortit était sans doute la seule qu'il avait un tant soit peu envie de voir.

« Lucius, heureux de te voir, comment vas-tu ? »

« Bonsoir Seveurs, je vais bien, j'ai un message pour toi. »

Devant l'air sérieux de son ami Rogue savait que c'était important, il l'invita à s'asseoir et leur servit des verres de whisky pur feu. Il voyait très bien que l'aristocrate n'allait pas aussi bien que ce qu'il prétendait, Voldemort devait l'interroger sans cesse sur l'endroit où Severus se trouvait. Le mage noir était peut-être arrogant mais il était très loin d'être bête. Le professeur s'assit aux côtés du blond et lui tendit un verre.

« Je t'écoute Lucius. »

L'aristocrate bu une gorgée d'alcool avant de prendre la parole.

« Le maître est prêt à te pardonner, mais à une seule condition. »

Bien évidemment, si cela avait été de façon charitable Severus n'aurait sûrement pas pris le risque de retourner au manoir Jedusor.

« Laquelle ? »

« Il veut que tu lui ramènes Salazard Serpentard. »

Severus fronça les sourcils, alors Lucius continua.

« Je ne sais pas comment mais il a appris que les fondateurs étaient de retour. Et il est persuadé, à juste titre, que tu te caches à Poudlard. Il en a donc déduis que tu pouvais lui ramener le fondateur à présent, puisque le sort n'était plus nécessaire. »

C'était logique, mais ce qui lui posait problème était comment le sorcier avait découvert le retour des fondateurs. Bien qu'il ne soit pas difficile de penser que cela venait d'un élève, ils avaient dû tous en informer leurs parents, et il savait que certains d'entre eux étaient des mangemorts. En fait c'était même étonnant qu'il n'ait pas reçu ce message plus tôt.

« Très bien, j'en discuterais avec l'intéressé. Même si cela ne m'enchante pas vraiment. »

Lucius regarda autour de lui, observant les alentours, avant de reposer son regard sur le professeur. Ce dernier savait déjà ce que le blond allait dire avant même qu'il ouvre la bouche, mais il le laissa tout de même parler.

« Qu'as-tu fait de ton lionceau mal élevé ? »

« Je l'ai envoyé en pension pour refaire son éducation justement. »

Il sourit à cette idée intéressante finalement, ce ne serait peut-être pas si mal. L'aristocrate sourit également, mais il n'ajouta rien. Il attendit simplement, sachant que de toute façon s'il insistait il n'obtiendrait rien. Le potionniste se leva sans dire un mot et disparut du champ de vision de son invité, avant d'y revenir avec une petite fiole qu'il tendit à l'homme assis.

« Tiens, bois ça, ce sera plus efficace que le whisky. »

Lucius n'aurait pas dû être surpris, le professeur le connaissait par cœur et il voyait depuis longtemps à travers son masque. Pourtant il n'avait pas songé que son ami lui ramènerait une potion antidouleur. Il inclina simplement la tête pour le remercier, et prit la mixture sans se faire prier. L'homme en noir se rassit et bu une gorgée de whisky avant de reprendre la parole.

« Comment va Draco ? »

« Tu me demandes comment va mon fils alors que tu le vois plus que moi ? »

« Je ne fais que lui donner des cours, qui plus est actuellement je ne peux pas lui parler après les cours puisque je suis sous une autre apparence et qu'il ne doit pas l'apprendre. Alors actuellement même si je le vois plus que toi, c'est à toi qu'il parle le plus. »

« Eh bien pas vraiment, il ne me parle pas beaucoup, mais selon lui tout va bien. »

« Je dois déduire de tes paroles qu'il te ment et que tu ne sais pas pourquoi ? »

Le blond sourit en voyant à quel point Severus pouvait entendre beaucoup plus que ce qu'il disait en réalité.

« Oui, je pense. »

« Tu crois que c'est en rapport avec le maître ? »

« Non. Je suis catégorique sur ce point, ce qu'il me cache n'a rien à voir avec lui. »

« Quoi alors ? »

« A-t-il eu des mauvaises notes récemment ? »

Severus sourit en voyant que c'était la première idée qui venait à l'aristocrate.

« Non, ton fils n'a que de très bonnes notes Lucius, et tu le sais. »

Le blond n'essaya même pas de cacher sa fierté, ce qui amusa le professeur. Si Draco voyait ça il aurait très certainement la même réaction que son père, ce n'étaient pas des Malfoy pour rien.

« C'est vrai. Alors peut-être qu'il sort avec quelqu'un et que je ne dois pas savoir de qui il s'agit. »

« C'est fort possible, et je comprends tout à fait qu'il te cache ce genre de chose. »

« Ah oui ? Je ne vois pas pourquoi, je suis son père, j'ai le droit de savoir avec qui il sort. »

« Tout le problème est là, tu es son père. Et il sait que si la personne en question ne te plaît pas tu lui feras vivre un véritable enfer. Et n'essaie pas de dire le contraire je sais que c'est la vérité. »

« J'ai le droit de vouloir le meilleur pour mon fils tout de même. »

Severus rit doucement à cette remarque.

« Tu es impossible Lucius. »

L'apparition d'un elfe de maison empêcha l'aristocrate de répondre.

« Maître... »

Severus se tourna vers le petit être en se demandant ce qu'il lui voulait.

« Qu'y a-t-il ? »

Un repas assez conséquent pour deux apparu sur la table.

« L'heure du dîner étant passé je vous apporte votre repas. Voulez-vous que je ramène des choses en plus ? »

L'elfe semblait mal à l'aise, ce qui intrigua Severus.

« Non il y en a bien assez pour deux, mais si tu me disais la vérité plutôt ? »

« Je... Je ne comprends pas maître... »

« Tu comprends très bien. Qui t'a demandé de t'occuper de moi ? Répond. »

L'elfe se balança d'avant en arrière quelques secondes, hésitant, avant de finalement répondre.

« m'a fait appeler pour savoir si vous aviez demandé un repas aujourd'hui. Il s'est inquiété de ne pas vous voir à la grande salle aux repas. Et comme ce n'était pas le cas alors il m'a ordonné de vous amener un dîner copieux pour être sûr que vous mangiez au moins un repas correct aujourd'hui. »

Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte les lèvres de Severus s'étirèrent en un léger sourire.

« Bien, alors va donc dire à Gryffondor que je n'ai pas besoin d'une mère. Je t'appellerais lorsque nous aurons terminé le dîner. »

L'elfe s'inclina en répondant.

« Bien maître. »

Puis il disparut. Lorsque Severus reporta son attention sur le blond, celui-ci le regardait avec un regard curieux, avide de connaissance même.

« Puisqu'il semblerait que nous devions dîner ensemble, je vais répondre à tes questions muettes. Mais il faut que tu ailles voir Dumbledore après notre repas, il s'inquiétait de ne pas avoir de nouvelles. »

« Je comptais bien aller le voir. »

Severus rapprocha la table et y posa son verre, s'installant face à celle-ci afin de ne plus être en vis-à-vis avec Lucius.

« J'ai décidé de faire une pause avec Godric, je lui ai demandé de prendre d'autres appartements pour le moment. »

Le blond avait eu peur de comprendre cela, mais finalement il avait bien raison.

« Qu'a-t-il fait ? »

« Tu es bien catégorique Lucius, pourquoi aurait-il nécessairement fait quelque chose ? »

« Parce que je te connais, et je sais que si tu lui as demandé de partir c'est qu'il a fait quelque chose qui te pose problème. »

Le professeur soupira, il savait qu'à l'instant où Lucius saurait le pourquoi du comment il ne se gênerait pas pour aller dire ce qu'il en pensait à Godric. Et il n'avait pas vraiment envie que cela arrive.

« Tu dois d'abord me donner ta parole que tu n'iras pas voir Godric pour ça. »

L'aristocrate fronça les sourcils, comprenant que ce qui allait être dis ne lui plairait pas. Mais comme il voulait savoir malgré tout il acquiesça.

« Très bien, je jure que je n'irais pas faire vivre un enfer à ton petit ami. »

Cette réponse fit sourire le potionniste qui expliqua la raison de l'absence du lion plus en détail.

« Salazard Serpentard est venu me voir, il tenait absolument à me parler. Il m'a appris que Godric avait essayé par tous les moyens de le séduire avant d'arriver ici, et pour lui la seule et unique raison qui a poussé ce lionceau à sortir avec moi était la vengeance. Il n'avait pas eu le fondateur de la maison alors il aurait au moins un de ses membres. Tout n'était donc qu'un jeu depuis le début. »

Lucius n'y croyais pas une seconde, il secoua négativement la tête.

« Balivernes, Godric t'aime, et votre histoire n'est en rien un jeu pour lui. Serpentard cherche simplement à vous séparer parce que votre histoire ne lui plaît pas. »

« C'est vrai. C'est ce que j'ai pensé aussi, mais il avait plusieurs arguments assez convaincant. Ce qui m'a poussé à en parler directement avec Godric pour en avoir le cœur net. »

Severus se rappelait parfaitement sa conversation avec son amant, et la douleur qu'il avait ressentie lorsque celui-ci lui avait tout confirmé était encore là.

« Et que t'a-t-il dis ? »

« Que tout était vrai. »

Lucius écarquilla les yeux de surprise, il ne pouvait pas croire ça, c'était impossible. Il avait jaugé cet homme, il l'avait observé sous toutes les coutures, il ne pouvait pas s'être trompé à ce point.

« Pardon ? »

« Pour être tout à fait exact, il m'a confirmé que tout n'était effectivement qu'un jeu pour lui, au début. Il a commencé à me séduire par esprit de vengeance, sans réel intérêt. Il m'a considéré comme un jouet pendant une semaine, pas plus selon ses dires. Jusqu'au moment où je l'ai repoussé, et où tu lui as par la suite demandé s'il était amoureux de moi. »

Une semaine. Pendant une semaine cet homme à jouer avec son Severus. Il allait le tuer.

« Lucius. Rappel-toi, tu m'as donné ta parole. Qui plus est ton jugement était correct finalement puisqu'il était basé sur son affirmation d'être amoureux de moi. Ce qui était le cas à ce moment-là apparemment. »

« Mais il s'est servi de toi pendant une semaine ! »

« Oui, mais n'oublie pas qu'il est venu me chercher dans les cachots du manoir par la suite, il n'était pas obligé de le faire. Et peu de gens l'aurait fait en connaissant l'identité du propriétaire des lieux. »

Effectivement, à bien y réfléchir, si on considérait tout ce que Godric avait fait pour Severus depuis son arrivé, une semaine d'égarement ne représentait pas grand-chose dans la balance. Mais tout de même. Lucius savait à quel point la confiance était une chose importante pour son ami, tout simplement parce qu'elle l'était tout autant pour lui-même. Le blond se calma et répondit après réflexion.

« C'est vrai qu'il a fait beaucoup pour toi depuis son arrivé. Mais une semaine de tromperie c'est déjà trop pour la confiance fragile d'un serpentard. »

« Oui. Pourtant je ne lui faisais pas totalement confiance à ce moment-là, mais je ne peux m'empêcher de me méfier de lui maintenant. »

« Parce qu'il est impossible d'être sûr que ce n'est réellement plus un jeu pour lui. »

C'était exactement le problème que rencontrait Severus, il n'avait pas besoin de répondre, Lucius l'avait dit sur le ton de l'affirmation. Un silence emplit la pièce, chacun réfléchissant sur les événements, et leur dénouement possible. Puis Severus reprit la parole :

« Et maintenant c'est Serpentard qui essaye de me mettre dans son lit. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir entre ses deux maudits fondateurs. »

Lucius rit doucement à cette remarque.

« Eh bien, tu as du succès à ce que je vois. Tu devrais être fier que le fondateur de ta maison s'intéresse à toi pourtant. »

« Si tu le côtoyais tu ne dirais pas ça. Il est encore plus imbu de sa personne que toi, je ne pensais même pas que c'était possible ! »

L'aristocrate fit la moue devant cette déclaration ce qui fit rire le professeur.

« Je te signale Severus que je ne suis pas si imbu de ma personne que ça... »

« Non, c'est vrai, il t'arrive tout de même de penser aux autres, mais avoue que tu as tendance à te vanter de tes actions. »

« Je ne vois pas ce qu'il y a de mal là-dedans. »

La réponse n'étonna même pas Severus tellement elle était prévisible.

« Bon, il faut que tu ailles voir Dumbledore. Moi je vais aller chercher Serpentard, même si je n'ai absolument pas envie de le voir, et je te rejoins avec lui dans le bureau du directeur. Ainsi nous serons tout de suite fixés et nous pourrons agir en conséquence. »

Lucius acquiesça et se leva, avant de partir il ajouta :

« Essais de ne pas te faire violer en chemin sevy chou. »

Severus fronça les sourcils mais il n'eut pas le temps de riposter que son ami avait déjà disparu. Courageux mais pas téméraire. Mais tout vient à point à qui sait attendre dit-on...


Alors contents de retrouver Lucinounet ? (oui je sais ce surnom est horrible)