Et non ! Je ne suis pas morte ! Juste en panne d'inspiration...


Chapitre 41 : Mauvaise blague et Adieux

Lorsque Severus se leva le lendemain matin il avait pris une décision. Puisqu'il ne savait toujours pas quoi faire avec Godric, eh bien il l'ignorerait jusqu'à ce qu'il parvienne à trancher. C'était peut-être stupide, et injuste pour le blond, mais le potionniste trouvait que c'était toujours mieux que de lui donner des faux espoirs. Cependant sa bonne résolution ne tint pas très longtemps. Il parvint à ne pas porter attention aux fondateurs au petit déjeuner, et sortit avant eux de la grande salle. Il les entendit franchir les portes quelques secondes après lui. Des voix s'élevèrent soudainement, mais le professeur n'y porta pas attention, même s'il reconnut celles de Serpentard et de Godric.

Seulement, deux mots attirèrent toute son attention, des mots qu'il redoutait plus que tout.

« Avada Kedavra ! »

Severus fit volte face immédiatement, et vit sans rien pouvoir faire le sort impardonnable frapper le blond de plein fouet. Il courut dans sa direction, alors que le corps du fondateur tombait au sol dans un mouvement de pantin désarticulé. C'était comme-ci tout se passait au ralenti, et lorsque Severus parvint aux côtés de son amant c'était trop tard. Il tomba à genoux à côté du corps inerte, n'osant pas le toucher. Mais une voix détestable le ramena à la réalité.

« Allons ne faites pas cette tête, il en faut plus que ça pour se débarrasser de lui ne vous inquiétez pas. »

Salazard souriait, heureux de son acte, satisfait. Cet homme était définitivement détestable. Severus posa sur lui un regard empli de haine et de dégoût. Mais cela n'eut pas beaucoup d'effet sur l'homme. Ce dernier ajouta :

« Regardez, et vous verrez que ce que je vous dis est vrai. »

Alors Severus posa de nouveau son regard sur le lion et l'observa attentivement. Soudain le corps jusque là inerte tressauta et le fondateur prit une grande inspiration, revenant à lui. Il toussa un peu avant de s'adresser à Salazard.

« Non mais ça va pas la tête ! »

L'interpellé leva les mains en haussant les épaules :

« De toute façon tu es déjà mort, je ne peux pas te tuer une deuxième fois, malheureusement. »

« Mais c'est pas une raison ! D'autant plus que c'est plutôt moi qui aurait dû te jeter ce sort. »

Severus n'en croyait pas ses yeux, il avait l'impression d'être devant deux gamins de primaire qui se chamaillaient. Il se releva en silence alors que Salazard commençait à rire de sa bêtise. Godric lui semblait contrarié. Mais, le potionniste ne chercha pas à savoir pourquoi.

« Et en plus ça vous fait rire. »

Serpentard ne voyait pas où était le problème, pour preuve ce qu'il répondit au professeur :

« Je ne vois vraiment pas où est le problème, nous sommes tous les quatre déjà mort il n'y a donc aucune conséquence. »

« Ah oui ? »

Et sur ces mots, Severus gratifia Serpentard d'un avada kedavra bien mérité avant de reprendre sa route vers sa salle de classe. Il était plus qu'exaspéré par l'attitude des fondateurs, par leur désinvolture. D'autant plus que cet épisode lui rappelait douloureusement que Godric n'était là que temporairement, et qu'il disparaîtrait comme il était apparu. Laissant le potionniste de nouveau désespérément seul.

Severus préférait ne pas y penser, il chassa rapidement ses idées noirs et décida de ne plus croiser les fondateurs jusqu'à leur départ le dimanche. Du moins pour trois d'entre eux.

Dans la tête d'un lionceau

Godric se réveilla de bonne humeur ce jour là, le simple souvenir de la soirée de la veille le faisant sourire. Il était certain de pouvoir récupérer sa place auprès de Severus, et il allait mettre tous les moyens en sa possession pour y parvenir. Pour la première fois, il fut levé avant Rowena et Helga, cette dernière fut d'ailleurs surprise de le trouver tranquillement assis dans un fauteuil dans le salon. Elle le regarda suspicieusement avant de formuler ses pensées, attirant l'attention du blond.

« Toi, tu nous caches quelque chose, avoue ! »

Godric offrit son plus beau sourire à la jeune femme en répondant :

« Bonjour Helga, n'ai-je pas le droit de me lever avant toi ? »

La brune s'assit dans le fauteuil le plus proche et observa attentivement l'homme.

« Oh si, bien sûr, mais pour quelqu'un qui déprime depuis plusieurs jours, tu es trop heureux pour être honnête. »

« Je vois que mon bonheur ne te suffit pas... »

« J'aimerai simplement en connaître la source. »

« Eh bien disons que mes problèmes n'en seront peut-être bientôt plus. »

Rowena s'installa de l'autre côté du blond et l'observa avant de prendre à son tour la parole.

« Et par quel miracle as-tu trouvé la solution ? »

« Et bien je n'ai pas de solution à proprement parler, mais plutôt une très bonne intuition. »

Helga le regarda avec une expression perplexe sur le visage, alors que Rowena ne se gêna pas pour formuler le fond de sa pensée.

« Donc tu fantasmes, c'est bien, c'est mieux que la dépression, mais ce n'est pas pour autant une solution. »

Godric fit la moue devant cette ambiance dubitative.

« C'est trop vous demander de croire un peu en moi ? Si je vous dis que j'ai une bonne piste c'est que j'en ai une. »

Helga répondit cette fois :

« Eh bien explique nous alors. »

Godric hésita, puis finalement leur raconta tout ce qui s'était passé la veille, et le fait que Severus avait accepté sa présence malgré leur différent. Mais, la conversation se stoppa net lorsque Salazard apparu en haut de l'escalier. Il n'était pas question qu'il entende quoi que ce soit et encore moins qu'il tente de participer. Même si c'était peu probable puisqu'ils n'avaient pas encore prit de petit déjeuner, mais il pouvait toujours ressortir ce qu'il entendrait plus décidèrent donc de prendre le chemin de la grande salle en silence, pour une fois.

Durant le déjeuner Godric tenta de rencontrer les orbes noirs du serpent, mais ce fut mission impossible. Le blond vit Salazard sourire du coin de l'oeil, ce qui l'agaça au plus haut point. Et le serpent ne se priva pas pour en rajouter :

« Il semblerait que ton cher et tendre ne daigne même plus porter son regard sur toi. Ce n'est pas de très bonne augure... »

Godric le foudroya du regard alors que Rowena répondait d'un ton hautain :

« Cesse de jouer les mauvaises langues Salazard. »

« Sache qu'aucune des personnes qui l'ont essayées ne s'en sont plaintes. »

« Eh bien elles ne devaient pas être très exigeantes. »

Salazard allait ajouter quelque chose à l'intention de Godric, mais celui-ci s'était levé et était en train de partir en direction de la porte. Les deux fondatrices le suivirent et le serpent fondateur en fit de même afin de mener cette conversation à bien. Godric, lui, n'avait pas écouté, il avait vu Severus se diriger vers la sortie, et il comptait bien le suivre pour parvenir à l'atteindre. Ne serait-ce que pour lui dire bonjour. Mais, malheureusement pour lui Serpentard en avait décidé autrement.

« Eh bien Severus n'est pas exigeant alors. »

Helga et Rowena s'étaient tournés vers lui avec des yeux horrifiés. Godric, lui, avait un simple regard interrogateur. Il n'avait pas suivi la conversation et ne comprenait donc pas pourquoi l'homme se permettait de prononcer le nom de son amant.

« De quoi tu parles au juste Salazard ? »

Helga le fusilla du regard en le menaçant.

« Tais-toi. »

Mais le serpent arbora son sourire en coin, qui disait tout le plaisir qu'il pouvait ressentir à l'idée de prononcer les mots qui allaientsuivre.

« Eh bien je parle du fait que j'ai embrassé ton cher Severus et qu'il ne s'en est pas plaint. »

Godric pouffa devant cette remarque. Avec tout le mal qu'il avait eu à conquérir le professeur, cette phrase sonnait comme une blague à ses oreilles.

« Ne me fait pas rire Salazard, c'est impossible. Et je parle autant du fait que tu l'ais embrassé que du fait qu'il ne s'en soit pas plaint. »

Le premier des serpents sourit de plus belle, et prit un malin plaisir à expliciter ses propos.

« Je me souviens pourtant parfaitement du goût de ses lèvres, tellement tendres, sucrées et acidulées à la fois, un vrai délice. »

Godric vit rouge cette fois et attrapa le serpent par le col. Les meilleures blagues sont les plus courtes. D'autant plus que cette description un peu trop concrète instillait le doute dans son esprit.

« Ne te fous pas de ma gueule Salazard ! »

L'attitude de l'homme ne changeait pas d'un iota.

« Mais ce n'est pas le cas Godric. Je suis tout à fait sérieux. Et si tu ne me croyais pas au moins un peu tu ne réagirais pas comme ça. »

Les deux femmes ne savaient pas où cette conversation allait les mener, mais elles savaient que c'était entre les deux hommes. Et puis sur le principe ils étaient tous déjà morts, alors ils ne pouvaient pas faire grand chose d'irréversible. Le blond relâcha rageusement le col de l'autre homme et s'éloigna un peu en répondant :

« Tu mens. De toute façon tu ne sais faire que ça. »

« C'est ce que tu crois ? Tu veux plus de détails pour te convaincre ? »

« Tu n'y arriveras pas. »

« Bien. Je l'ai embrassé lorsque nous étions en chemin vers le bureau de Dumbledore hier soir. Nous avons croisé quelqu'un, et comme tu le sais il ne valait mieux pas que qui que ce soit voit Severus. Donc je l'ai poussé contre le mur le plus proche, dans l'idée de le dissimuler. Et j'en ai profité pour l'embrasser, un baiser savoureux d'ailleurs. Qui n'est pas resté sans réponse... »

Le blond jeta un coup de poing en direction du serpent qui l'évita de justesse et sortit sa baguette en commentant :

« Quel manque de grâce et de savoir vivre... »

Le blond serra les poing et s'apprêtait à sortir sa baguette en répondant :

« Ah oui ? Et que proposes-tu alors ? »

Le serpent sourit et répondit avant même que le lion ait attrapé sa baguette :

« Avada kedavra ! »

Godric reçut le sort de plein fouet, il ne put absolument rien faire pour l'éviter. Ce fut le noir total, et lorsqu'il rouvrit les yeux Severus était à ses côtés. Mais il avait d'abord des comptes à régler, il s'adressa à Serpentard :

« Non mais ça va pas la tête ! »

L'homme fit l'innocent en répondant :

« De toute façon tu es déjà mort, je ne peux pas te tuer une deuxième fois, malheureusement. »

« Mais c'est pas une raison ! D'autant plus que c'est plutôt moi qui aurait dû te jeter ce sort. »

Salazard riait, alors que Severus se relevait. Godric était tellement contrarié par la situation qu'il ne porta pas attention au professeur. Il aurait dû pourtant. Celui-ci commenta la réaction de Serpentard :

« Et en plus ça vous fait rire. »

Cela eut le mérite de transférer l'attention du fondateur sur le professeur. Godric observa alors ce dernier, il semblait vraiment énervé. Et ce que répondit la vipère ne dut pas arranger les choses.

« Je ne vois vraiment pas où est le problème, nous sommes tous les quatre déjà mort il n'y a donc aucune conséquence. »

« Ah oui ? »

Aïe, Godric n'eut pas le temps d'y penser que l'avada kedavra de Severus touchait déjà Salazard. Il sentait que le potionniste était dans une colère noire, et il voulut le rattraper avant qu'il ne soit trop loin. Mais il se rappela les paroles de Serpentard et ceci le stoppa. C'était peut-être stupide, mais il avait besoin de réponse, et le professeur ne les lui donnerais pas dans l'état où il était. Alors il resta à le regarder s'éloigner.

Il ne parvint cependant pas à parler au professeur, ne serait-ce que pour lui dire bonjour, les jours suivant. Il ne faisait que l'apercevoir lors des repas à la grande salle. La seule fois où il avait essayé de le rattraper pour lui parler le professeur l'avait totalement ignoré. Il n'arrivait pas à croire qu'ils en étaient arrivés là. C'était pire qu'avant. Et Salazard n'arrangeait rien en se ventant de ses exploits régulièrement. Le blond ne l'écoutait même plus, mais ça ne l'empêchait pas de continuer.

Finalement le dimanche arriva, et avec lui le départ des trois fondateurs arrivés au nouvel an. Pour le plus grand soulagement de Godric. Il aurait aimé que Helga et Rowena reste, mais il était bien content de voir enfin Salazard repartir. Les élèves furent salués au dîner, et Dumbledore et le corps professoral se réunirent dans le bureau du directeur pour assister au départ des fondateurs. Ils furent tous salués, et Salazard en profita pour retenter sa chance avec Severus.

« Vous allez me manquer Severus. »

Cet homme était horripilant.

« Eh bien sachez que c'est loin d'être réciproque Serpentard. »

« Oh, vous me brisez le cœur. N'aurais-je même pas le droit à un baiser d'adieu ? »

Le blond allait s'interposer mais le potionniste le glaça d'un regard. Il n'aimait pas être le centre de l'attention, et c'était pourtant déjà le cas. Alors pas question que les deux hommes se lancent dans un combat de coq pour lui. Godric comprit bien le message et ne bougea pas, mais restait cependant prêt à intervenir si nécessaire.

« Je ne voudrais pas m'empoisonner. Maintenant disparaissez une bonne fois pour toute. »

Dumbledore prit la parole pour récupérer l'attention de l'auditoire qui se situait dans son bureau, et pour conclure la discussion qui ne mènerait sûrement nulle part.

« Bien, mesdames, Salazard, si vous voulez bien vous réunir. »

Les fondateurs obtempérèrent, se réunissant près du directeur. Salazard jeta un dernier regard satisfait au professeur, il avait l'impression que l'homme lui signifiait que ça n'en resterait pas là. Bien qu'il voyait mal comment les choses pourraient de nouveau évoluer dans l' posa son regard sur le blond, qui le surveillait de près, et lui lança avec un grand sourire :

« A très bientôt Godric. »

Cette simple phrase était pire qu'un poignard dans le cœur, autant pour le blond que pour Severus. Elle leur rappelait douloureusement que dans deux mois ce serait au tour du lion de disparaître. Le maître des potions ne laissa rien paraître, contrairement à Godric qui fusilla Salazard du regard. Dumbledore prononça une dernière phrase d'adieu :

« Chers fondateurs, il est temps. Merci d'avoir passé ses quelques jours avec nous. A une prochaine fois je l'espère. »

Sur ces mots les trois fondateurs disparurent sur un « au revoir » commun. Seul le vide régna alors là où ils se tenaient quelques secondes plus tôt. Et ce même vide se forma dans le cœur de Severus lorsqu'il imagina Godric à cette même place. Il ne parvint même pas à regarder le lion, et préféra sortir sans un mot de plus pour rejoindre ses appartements.

Le blond observa l'homme quitter la pièce, un poids sur le cœur à l'idée de retourner dans les appartements qu'il occupait jusque là avec les autres fondateurs. Mais quelque chose lui disait que pour le moment il n'avait pas vraiment le choix...


Alors ? Satisfait ? Vous avez tué Salazard combien de fois ?