Tada ! Bonne lecture !
Chapitre 42 : Un serpent pas très net
Deux heures plus tard Severus ne parvenait toujours pas à dormir. Aussi décida-t-il de sortir faire un tour, et c'est comme ça qu'il se retrouva aux trois balais devant une bière. Il était mieux là que dehors dans le froid du mois de janvier. Il admirait avec amusement les hommes plus que saoul qui se rendaient ridicule. L'un draguait de façon plus que douteuse, l'autre dansait sur une table, et un autre encore c'était lancé dans un cul sec avec une bouteille entière de whisky pur feu. Il enchaîna ainsi sans même s'en rendre compte de nombreux verres de bière puis de whisky, incité par l'ambiance de la taverne. Finalement il décida de rentrer, non en fait il fut mis dehors comme tout les autres à l'heure de fermeture. Soit 4h du matin, et il faisait plus que froid. Il transplana jusqu'aux grilles de l'école, ce qui renforça un peu son impression d'être à bord d'un radeau en pleine tempête. Il avança en essayant de marcher droit jusqu'à l'intérieur du château, puis s'aida des murs pour continuer son périple.
Godric n'arrivait toujours pas à dormir dans ses dortoirs désespérément vide, tout comme son lit d'ailleurs. Il savait qu'il n'avait pas beaucoup d'options, pour ne pas dire aucune, et que le premier pas devait être fait par Severus. Mais il allait finir par exploser. Le potionniste lui manquait terriblement, et même si c'était déjà le cas avant, l'absence des fondateurs avait exacerbé ce sentiment. Il quitta finalement ses tristes appartements et erra dans les couloirs de pierres. Au détour de l'un d'eux il aperçut une silhouette prenant appuis contre un mur, il connaissait cette silhouette plus que n'importe quelle autre.
Severus s'arrêta un instant, s'appuyant d'une main contre la pierre froide du château. Par Merlin, pourquoi ses appartements étaient aussi loin. L'avantage d'avoir autant bu c'était qu'il avait fini par faire sortir le blond de ses pensées.
« Severus ? »
Ou pas. S'il se mettait à entendre des voix c'était qu'il devait avoir bu encore plus que ce qu'il pensait. Ou alors il s'était écroulé par terre sans s'en rendre compte et était en train de rêver. Godric posa une main sur son épaule, lui faisant relever la tête vers lui. Le lion était assez inquiet, ne sachant ce qui mettait le professeur dans cet état.
Severus lui ne savait toujours pas si ce qu'il voyait était réel ou non. Alors pour le vérifier il attrapa la joue du blond et tira dessus.
« Aeuh, Severus ça fait mal. »
« Il semblerait que je sois toujours conscient. »
Il relâcha la joue prisonnière en disant ses mots qui n'avaient de réel sens que pour lui. Godric massa sa pauvre joue en demandant :
« Je peux savoir ce qui se passe ? »
Severus battit l'air de sa main en souriant :
« Rien rien. »
Le fondateur leva un sourcil avant de finalement comprendre.
« Dis-moi Severus, serais-tu saoul ? »
« Moi ? Noooon, pas du tout. »
Et pour prouver ses dires il lâcha le mur. 3 secondes. Et encore, peut-être moins. Finalement il se rendit et corrigea ses dires :
« Bon d'accord, peut-être un petit peu. »
Godric se mit à rire en voyant son serpent ainsi. C'était invraisemblable.
« Oui disons ça, un petit peu. »
« Oui tout à fait. Accompagne-moi donc jusqu'à mes appartements au lieu de te rire de moi. »
Le lion s'inclina galamment devant l'autre homme en répondant :
« Vos désirs sont des ordres my lord. »
Un « pfff » lui répondit avant que Severus ne reprenne sa route laborieusement. Godric glissa un bras dans son dos pour le soutenir, et il sentit avec bonheur le professeur s'appuyer contre lui. Il savait que l'état d'ébriété du serpent était le seul fait qui jouait en sa faveur, mais il ne pouvait pas ne pas y prendre du plaisir malgré tout.
Severus laissa finalement le mur pour s'appuyer contre le lion, savourant ce moment. Il était tellement bien avec lui, comme-ci plus rien n'existait. L'alcool l'aidant beaucoup, et le faisant dire tout haut ce qu'il pensait tout bas.
« Tu me manques terriblement Godric. »
Il sentit le blond se figer une seconde, avant que ce dernier ne réponde en lui souriant. Godric ne s'attendait pas à une telle déclaration.
« Toi aussi tu me manques Severus. »
Le potionniste les stoppa alors et se mit face au blond, les deux mains contre son torse, autant par envie que par besoin. Godric l'observait, ne sachant pas à quoi s'attendre, enfin si, mais sachant qu'il ne pouvait pas en profiter. Et lorsque le serpent amorça un mouvement pour l'embrasser le fondateur barra doucement ses lèvres si tentante de son index.
« Non Severus. »
L'interpellé fronça les sourcils. Il était trop alcoolisé pour comprendre quoi que ce soit, il n'avait d'ailleurs pas envie de réfléchir.
« Pourquoi ? Tu n'en as pas envie ? »
Godric caressa doucement la joue du serpent, traçant ses lèvres de son pouce.
« Oh que si. J'en ai plus envie que tu ne peux l'imaginer. Mais je ne veux pas que tu m'embrasses si c'est pour le regretter plus tard. Une fois que tu auras éliminé l'alcool que tu as ingéré, et si tu le désires toujours, tu pourras m'embrasser. Mais tant que tu seras dans cet état il ne se passera rien. »
Severus fit une moue adorable et des yeux de chien battu.
« Alors tu ne m'aimes pas ? »
Par Merlin. Comment Godric était-il sensé résister à ça ? Il prit une grande inspiration avant de prendre Severus dans ses bras. Au moins comme ça il ne voyait plus son joli minois et ses yeux d'animal abandonné.
« Je t'aime plus que tout au monde, et si je ne l'étais pas déjà, je pourrais mourir pour toi. Et c'est bien pour ça que j'essaie de ne pas profiter de ton état. Alors s'il-te-plaît, arrête de faire cette tête là. Parce que je te jure que ce n'est pas facile. »
Severus voulu s'éloigner pour pouvoir regarder l'autre homme, mais ce dernier l'en empêcha. Cependant le serpent comptait bien avoir au moins un baiser. Il en voulait bien plus, mais pour le reste il aviserait une fois dans ses appartements. Il utilisa sa voir la plus sensuelle pour glisser ces quelques mots dans l'oreille du lion :
« Eh bien ne résiste pas alors. Je te jure que je ne regretterais absolument rien. Et j'en meurs d'envie. »
Un frisson délicieux parcouru l'échine de Godric, qui se demandait comment il allait bien pouvoir se sortir de là. Il prit une nouvelle inspiration et éloigna Severus de lui, le reprenant par la taille et reprenant la route vers ses appartements.
« Je n'en suis pas si sûr. Tu peux dire tout ce que tu veux Severus il n'y aura rien du tout entre nous tant que tu n'auras pas déssaoulé. »
« Tss. Tu n'es vraiment pas drôle. »
Faire semblant de se rendre pour mieux attaquer plus tard était la tactique favorite de Severus dans ce genre de cas. Et Godric allait le découvrir à ses dépens. Il resta sage pour le reste du chemin, surtout que de toute façon il n'était pas capable de faire quoi que ce soit en marchant.
Le fondateur fut soulagé devant l'attitude de l'autre homme. Enfin il se rendait. Bien qu'il n'était pas encore sûr d'être tout à fait tranquille, mais au moins le potionniste ne tenta rien d'autre jusqu'à ses appartements. Le tableau s'ouvrit devant eux et Godric ne lâcha Severus qu'une fois celui-ci arrivé à hauteur du lit.
Le serpent attendait ce moment avec impatience. Il glissa ses mains dans la nuque du blond au moment où il s'assit sur le lit et voulu l'attirer avec lui en se laissant aller en arrière. Sauf que Godric eut le réflexe de plaquer ses deux mains contre le bord du matelas, bloquant ainsi le mouvement.
« Hum, Godric... »
Par Merlin, cette voix. S'il n'avait pas eu une grande maîtrise de lui, il aurait sûrement pris Severus sans plus de cérémonie. Mais il avait une conscience qui lui criait de ne pas céder, et elle avait plus que raison.
« J'ai dit non Severus. »
Le serpent fit la moue et retint malgré tout le blond. Il s'avança et parvint à l'embrasser, il caressa les lèvres de Godric de sa langue, quémandant l'entrée. Le fondateur faillit céder, mais il parvint à se dégager de la prise du professeur avant. Il s'éloigna rapidement de celui-ci, pour éviter toute autre tentative à laquelle il ne pourrait pas résister.
« Vas te changer et dors maintenant. »
Sur ces mots il sortit de la chambre, laissant le potionniste seul. Le fondateur referma et verrouilla la porte de la pièce derrière lui, pour être sûr que l'autre homme ne le suivrait pas. Et il eut bien raison puisque à peine une minute plus tard la poignée bougeait dans une tentative d'ouverture. Il se félicita mentalement pour son bon réflexe et écouta attentivement ce qui se passait de l'autre côté de la porte.
Severus soupira en constatant que la porte était verrouillée. Il resta un moment derrière, comme-ci cela pouvait permettre de la convaincre de s'ouvrir. Il soupira de nouveau avant de finalement prendre la direction de la salle de bain. Il se sentait rejeté, et ça même l'alcool ne pouvait pas le faire disparaître. Il se déshabilla et prit même une douche, histoire de se rafraîchir les idées. Bien que ce n'était pas une merveilleuse idée justement. Il faillit tomber à cause de sa tête qui tournait, et sortit assez rapidement. Un sort le sécha et le mit en pyjama, lui évitant d'autres acrobaties.
Godric entra dans la chambre lorsqu'il entendit le bruit de l'eau dans la salle de bain. Il se dirigea vers la réserve de potions de Severus et chercha à trouver une potion anti-gueule de bois. Ce qu'il mit un certain temps à trouver. Et lorsqu'il mit la main dessus il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir. Il attendit que le professeur se couche, en priant pour qu'il ne sache pas qu'il se trouvait là. Parce que si le serpent avait décidé de le coincer, il était au meilleur endroit possible pour ça. Godric n'aurait aucune échappatoire.
Severus sortit ensuite de la salle de bain et rejoignit le lit rapidement. Il observa les alentours et constata que la porte de sa réserve de potions était ouverte. Il y serait bien aller, mais sa tête ne lui permettrait sûrement pas. De plus il risquait de briser des fioles ce qui était plus que dangereux. Il était peut-être saoul mais pas suicidaire.
« Godric ? »
Le blond décida de sortir de la petite pièce, avant que l'autre homme n'y entre. Il referma la porte derrière lui en constatant que le potionniste était sagement assis sur le lit. Il s'approcha avec prudence néanmoins et lui tendit la potion.
« Tiens, prends là maintenant, ça t'évitera la gueule de bois au réveil. »
Le serpent sourit en prenant la potion, non sans en profiter pour caresser la main du blond du bout des doigts.
« Bonne idée, merci. »
Il avala la potion et s'allongea sous la couette, avant de la soulever et de dire d'une voix suave et d'un regard de braise diriger vers le fondateur :
« J'ai froid. Tu ne voudrais pas venir me réchauffer ? »
Godric n'avait jamais eu à faire preuve d'autant de sang froid pour se contenir. Cette soirée allait être la pire épreuve de sa vie.
« Je sais très bien ce que tu as en tête, et ma réponse est toujours non. Allez dors maintenant, on en reparle quand tu auras désaoûlé. »
Le lion commença à s'éloigner, ne voulant pas tenter le diable, mais Severus n'avait pas encore dit son dernier mot.
« Godric ! Même comme-ça tu ne veux toujours pas ? »
Le blond avait tourné la tête par réflexe au son de son nom. Grossière erreur. Severus était toujours dans la même position, mais cette fois il était totalement nu. Laissant tout le plaisir de le reluquer au fondateur. Et il fallait bien avouer que celui-ci ne s'était pas gêner pour mater allégrement. Il avait eu du mal à détourner le regard, mais dés qu'il eut réussi il reprit son chemin vers le salon en disant simplement :
« Dors. Je suis à côté si tu as besoin de quelque chose de décent. »
« Je n'ai besoin que de toi Godric. »
Ses paroles stoppèrent un instant l'homme, qui était touché par ces mots, même si Severus était sous l'emprise de l'alcool. Il le savait, mais il ne pouvait s'empêcher d'être convaincu que tout ce qu'il disait était véridique. Il ne se tourna pas à nouveau vers lui, et répondit en franchissant la porte cette fois :
« Je suis là. »
Il aurait voulu ajouter qu'il le serait toujours, mais il ne pouvait pas. Dans deux mois il disparaîtrait. Il verrouilla à nouveau la porte derrière lui, juste au cas où. Il s'allongea ensuite dans le canapé et observa le plafond, la tête remplie de question sur ce qui adviendrait d'eux lorsque l'alcool aurait disparu de l'organisme de Severus. Et surtout en essayant de penser à tout sauf à l'érection que le serpent avait provoqué à force de bonne volonté.
Le professeur s'enroula dans sa couette, son lit désespérément vide, et fit réapparaître son pyjama. Il regrettait que Godric n'ait pas accepté son invitation. Deux mois. C'était la trop courte durée qu'il restait à leur couple. Après ça tout serait fini. Et il n'était pas question que ça finisse comme ça. Il s'endormit finalement sur cette pensée, d'un sommeil profond.
Plus tard dans la nuit Godric rouvrit doucement la porte de la chambre, et constata le sommeil lourd du serpent. Il entra et s'approcha du lit, observant Severus dormir avec admiration. Les traits détendus de l'autre homme étaient agréables, après toutes les épreuves qu'ils avaient traversé. Godric n'osa pas le toucher, de peur de le réveiller. Il s'accroupit simplement à côté du lit, observant à l'infini le visage de Severus. Il voulait à tout prix reconquérir cet homme, il ne pouvait pas partir en laissant les choses ainsi.
Il repensa à tout ce qui s'était passé au cours de cette soirée, et rit doucement en s'imaginant la tête de Severus lorsqu'il se réveillerait. Enfin, s'il se souvenait de ce qu'il avait fait. Si non, le blond pourrait toujours en profiter. Bon d'accord, ce n'était pas vraiment le moment, mais c'était tellement tentant. Et puis qui sait, ça pourrait tourner à son avantage. Non en fait sûrement pas.
Godric s'assit à côté du lit et y croisa ses bras, avant d'y poser sa tête. Il espérait que les deux mois qui allait suivre ne seraient que bonheur pour eux deux. Après tout peut-être que même sans l'alcool le potionniste allait lui sauter dessus. Ce qui serait bien loin de lui déplaire. C'est sur cette merveilleuse idée que le blond s'endormit à son tour.
Lorsque Severus se réveilla, le première chose qu'il vit fut la tête de godric posée sur le bord du lit. Il sourit doucement à cette vision, le blond dormait paisiblement, et c'était plus qu'agréable à regarder. Les souvenirs de leur périple revint au professeur, qui se demandait comment il avait pu faire ça. Non, en fait la véritable question était comment le blond avait réussi à ne rien faire. Pour le coup il lui tirait son chapeau.
Il glissa une main délicate dans les cheveux d'or, les caressant doucement. Ce qui finit par réveiller le lion qui ne bougea pas pour autant, savourant le moment. Il ouvrit doucement les yeux et observa le serpent, il répondit à son sourire alors que ce dernier disait simplement :
« Bonjour Godric. »
« Bonjour Severus. »
C'était comme dans un rêve, une simple phrase, un contact visuel. Mais c'était tellement plus que tout le reste. Ça suffisait à effacer tous les questionnement, tout ce qui s'était passé ses derniers jours.
Alors que dîtes vous de notre Sevy ? Satisfaits ?
