Shura venait d'arriver aux arènes après être sortit du temple du scorpion. Il était en colère, si bien qu'il vainquit tous ses adversaires en peu de temps. Il s'excusa auprès d'eux et partit. Combattre ne l'avait pas du tout calmé et il savait que s'il voulait avoir les confidences du huitième gardien, il devait être calme. Il s'installa sur la plage et y resta pendant un long moment en tentant de faire le vide dans son esprit.

Dans les arènes, les autres ors se posaient des questions. Pourquoi leur ami était-il si énervé ? Et pourquoi le couple légendaire n'était-il pas là ? Ils ne séchaient jamais les entraînements d'habitude. La même pensée vint s'immiscer dans leur esprit : il s'était passé quelque chose entre le scorpion et le verseau et le capricorne était au courant. Ils décidèrent de ne pas s'en formaliser mais restaient tout de même inquiets envers les deux amants.

En effet, tous avaient remarqué l'instabilité qui s'était instaurée entre Camus et Milo mais personne n'avait osé leur en parler de peur de subir leurs foudres. L'entraînement reprit malgré le climat d'inquiétude.

Pendant ce temps, dans le temple du scorpion, Milo était en train de réfléchir avec soin aux mots qu'il mettait sur la lettre qu'il écrivait pour Camus. Il savait que Shura ne le laisserait pas facilement le voir.

Les larmes coulaient le long de son visage, il ne voulait pas écrire ses mots ni même les dirent, car il savait que cela blesserait davantage le verseau mais il devait néanmoins des excuses à celui qui avait partagé sa vie pendant quelques années. Il se mit à écrire :

Camus,

Je voulais te demander pardon pour les mots que j'ai eus envers toi. Je ne le voulais pas et je te prie de m'excuser. Ma réaction a été trop vive, comme d'habitude malheureusement, et je le regrette. Tout comme je regrette également ce que je vais t'écrire. Je crois que tu l'as compris, en partie à cause des mots odieux que je t'ai lancés, mais la flamme d'amour que j'avais pour toi s'est éteinte. Elle a commencée à s'essoufflée il y a quelques mois déjà et maintenant...

Je n'oublierais jamais les moments que l'on a passés ensembles, ce que tu m'as appris mais...je..., même si j'ai tout essayé, je ne peux plus supporter ton indifférence et ta froideur. Je sais, tu dois te dire que j'abuse sur ça alors que c'est moi qui ai commencé à te faire des avances mais si j'avais su comment cela se terminerait, je ne l'aurais peut-être pas fait. Je m'en excuse d'autant plus que je t'ai fait souffrir alors que tu n'avais rien demander. Saches que malgré tout, je ferais ce que je pourrais pour que l'on redevienne ou reste amis car je te l'avoue, je tiens à toi et à notre amitié.

Je t'ai aimé sincèrement et profondément mais maintenant, je...je ne ressens plus qu'une grande affection pour toi.

Milo

P.S : je serais toujours là si tu as besoin.

Ayant fini sa lettre, il la plia et la mis sous enveloppe. Ensuite, il alla se passer de l'eau sur le visage pour effacer les traces de larmes mais il savait que ses yeux le trahiraient face à Shura. C'est pourquoi, en l'attendant, il se mit à faire la cuisine en épluchant des quantités d'oignons pour faire croire que c'était cela qui le faisait pleurait.

Le capricorne, enfin calmé, commença à reprendre sa route vers son temple. Il ne croisa personne et en arrivant à proximité du huitième temple, il se dit qu'il devait garder son calme. Il augmenta son cosmos pour prévenir le propriétaire des lieux de sa présence. Celui-ci l'accueilli gentiment mais avec une petite mine et une petite voix. Il lui proposa de quoi se désaltérer puis, après avoir servit son invité, attendit que son pair lui demande des explications.

Shura prit tout son temps. Il but lentement puis laissa le silence s'installer entre eux, lourd, pendant quelques minutes. Enfin, il demanda au scorpion de lui expliquer la raison de sa dispute avec Camus.

Ledit Milo s'exécuta et le capricorne l'écouta avec attention. Au fur et à mesure du récit, bien qu'il le connaissait déjà, il n'arrivait pas à sentir ce sentiment de compréhension qu'il avait eut envers son voisin du haut. L'arachnide du sanctuaire se tût et regarda avec appréhension son frère.

L'espagnol prit la parole :

- Merci de m'avoir conté tout ça Milo. Il me faudra un peu de temps pour me faire ma propre opinion mais... es-tu sûr de toi ? Ne va t-il pas te manquer ?

- Merci de m'avoir écouté, bien que se soit toi qui me l'ai demandé, et oui je suis sûr de moi même si effectivement il va me manquer au début. Je sais qu'il souffre et il va souffrir davantage quand il lira la lettre que je lui ai faite mais je ne veux plus revivre ça. C'était devenu impossible vers la fin, on n'arrêtait pas de se disputer, pratiquement tous les jours, mais on ne laisser rien paraître devant vous. Je l'ai aimé avec passion mais maintenant c'est fini.

- C'est dommage. Vous étiez si bien ensembles. Même les autres et également le pope et Athéna vous admirez mais bon, tu vas me dire que c'est comme ça et que tout a une fin, n'est-ce pas?

- Effectivement, mais ça me flatte qu'on ait été un couple admirable pour vous, merci.

- De rien. Bon, je m'en vais, prends soin de toi Milo.

- Toi aussi et... prends soin de lui s'il te plaît. Attends, tiens c'est pour lui, répondit le scorpion en lui tendant la lettre.

Le capricorne la prit puis s'en alla sans se retourner, laissant un arachnide à demi soulagé. En rentrant dans son temple, il sentit une délicieuse odeur de cuisson, qui lui agita les papilles. Il entra dans la cuisine et complimenta son ami sur les senteurs du repas qu'il préparait.

Le français le remercia avec un demi-sourire et lui dit que c'était pour le remercier de sa présence et de son aide à ses côtés. Il demanda anxieusement comment s'était déroulé son entrainement puis s'il avait pu voir Milo.

L'espagnol lui raconta tout depuis le début, depuis qu'il était descendu s'entraîner. Camus l'écoutait, bouleversé. Enfin, des larmes coulèrent une nouvelle fois, mais peu nombreuses cette fois-ci, lorsqu'il entendit les paroles que Milo avaient dites à Shura. Il finit par prendre la lettre qui lui était tendu, après avoir bien évidemment éteint les feux sous les casseroles, puis la lue. Au fur et à mesure, son visage se décomposa puis une fois la lecture terminée, il la tendit à Shura et lui dit qu'il pouvait la lire. Sur ces dernières paroles, le seigneur partit dans la chambre qu'il occupait chez le capricorne. Celui-ci lu la lettre et fut néanmoins touché par ce qui y était écrit. Il décida de laisser son ami tranquille car il savait que le français voulait être seul. Il le surveilla néanmoins, à l'aide de son cosmos, pour vérifier qu'il ne faisait pas de bêtises.

La détresse qui émanait de Camus, atteint mystérieusement et seulement le huitième temple et son gardien. Celui-ci la ressentit pleinement et s'en voulu légèrement mais son ex devait l'accepter la réalité et passer à autre chose.

Camus resta un long moment allongé sur le lit. Ses larmes s'étaient taries mais la peine qu'il ressentait était bien présente. Il repensa aux moments passés avec son arachnide préféré, les bons comme les mauvais, et une évidence s'incrusta devant ses yeux. Il songea peu après à son disciple qu'il considérait comme son fils malgré ce qu'il lui avait fait endurer. Et rien que cette petite pensée, le fit sourire car jamais, en dépit de tous les moments passés avec lui et Milo, le russe n'avait soupçonné leur relation. Et pourtant, il aurait pu grâce á tous les signes que lui et le scorpion montraient sans le vouloir.

Ayant un petit rire, il se promit de tout faire pour que le jeune bronze soit heureux et cela commençait par rattraper le temps perdu avec lui. Il se leva et sortit de la chambre pour rejoindre Shura dans le salon. Celui-ci fut étonné de voir son ami légèrement souriant et ils mangèrent ensembles ce que le français avait préparé. Le capricorne fut surprit par la qualité des plats et félicita son frère. Avec appréhension, il demanda :

- Camus...tu...tu as changé depuis tout à l'heure. Que t'arrive t-il ?

- J'ai décidé de vivre et de tourner la page même si cela va être difficile. Et cela grâce et pour Hyôga.

- Tu m'en vois ravis, répondit le capricorne content.

- Merci, ça te dit un tour sur la plage ?

- Oh ! Euh...oui.

Ils se levèrent et partirent en direction de la plage. Ils étaient en train de marcher tranquillement, parlant et riant, lorsqu'ils aperçurent au loin dans la mer un petit groupe dont les voix portaient jusqu'à eux. Ils s'agissaient des chevaliers de bronzes et d'un or. Leurs éclats de rires firent sourires les deux promeneurs mais l'un d'eux devina que pour l'une des six personnes au loin, c'était un moyen de cacher sa peine. Shura regarda son ami et dit :

- Je vais éloigner l'or comme ça tu pourras te joindre à Hyôga et ses amis, si tu es d'accord ?

- Ça me va, répondit Camus en s'avançant dans l'eau pour que sa présence ne soit pas repérée.

Shura entra également dans l'eau et s'avança dans la direction du petit groupe qui s'arrêta un instant pour pouvoir l'accueillir. De nouveaux éclats de rires retentirent lorsque Shiryu tenta maladroitement de couler le nouvel arrivant. S'en suivant une série de railleries jusqu'à ce que Milo demande à son voisin d'or de le suivre. Celui-ci accepta tout en réussissant à se venger du chevalier du Dragon.

Non loin de là, Camus vit les deux ors s'en aller dans la direction opposée. Il en profita pour cacher son cosmos et prit une grande bouffée d'air avant de s'immerger. Il nagea ensuite vers le groupe qui ne se doutait de rien. Soudain des cris retentirent et Hyôga se fit reproché d'avoir utilisé ses pouvoirs. Il tenta de protester mais ses amis ne voulaient pas en tenir compte lorsqu'un rire cristallin se fit entendre. L'étonnement pouvait se lire sur chaque visage lorsqu'ils découvrirent le responsable. Le silence régna pendant quelques minutes avant que Hyôga ne se jette sur son maître. Le rire revint au sein de groupe dans un esprit de franche camaraderie.

Sur la plage, Milo et Shura les regardaient avec un léger sourire aux lèvres. Cependant, le grec ne tarda pas à baisser tristement la tête. Il se doutait bien que l'espagnol avait fait diversion pour que Camus s'intègre dans le groupe et l'entendre rire lui fit bien plus mal qu'il ne l'aurait pensé mais le rendit heureux néanmoins. Il se demandait s'il n'allait pas craquer et demander au verseau de se remettre avec lui. Il demanda à son voisin :

- A t-il lu ma lettre ?

- Oui et je crois qu'il a comprit qu'il ne devait plus rien attendre de toi.

- Je me doute mais j'aurais tellement voulut lui dire autrement.

- Il fallait y réfléchir avant, répondit Shura sans délicatesse, maintenant il a décidé de vivre. A lui de voir s'il te veut encore dans sa vie en tant qu'ami. Et s'il accepte et que tu le fais à nouveau souffrir, tu auras affaire à moi.

Milo reçut cette dernière phrase comme une flèche en plein cœur et cela ne fit que renforcer ses remords. Il ne bougea pas quand le capricorne se leva pour rejoindre le groupe et malgré la douleur de sa séparation avec le verseau, il eût du mal à ne pas hurler ses regrets. Il prit néanmoins une décision, celle de vivre malgré tout.

Dans le petit rassemblement, qui s'était agrandi avec les autres ors qui venaient d'arriver, l'ambiance était légère. Certains nageaient, d'autres se coulaient. Le verseau s'était rapproché de Hyôga et ensembles, ils s'amusaient à geler légèrement les pieds des autres. Pendant qu'ils riaient, le français répondit à Mû que l'histoire entre le scorpion et lui avait prit fin. Tous les autres ors entendirent la réponse et voulurent savoir lequel avait quitter l'autre. Ils furent tous déçus et stupéfait mais ils promirent au verseau de ne pas s'attaquer au scorpion et d'être là pour lui s'il en avait besoin. Le onzième gardien les remercia et sans le vouloir tourna la tête vers la plage où il aperçut une silhouette assise.

Shura, qui avait suivit son regard, lui rapporta la conversation qu'il avait eu avec le scorpion. Camus en fût presque touché mais détourna la tête. Il envisageait, certes, d'avoir une explication avec son ancien amant mais pas devant ni à proximité des autres. En fin de journée, tous repartirent dans leurs temples, exténués par cet après-midi. Aucun ne remarqua le scorpion qui ne bougea pas.

Au moment du dîner, Camus expliqua à son hôte son intention d'aller parler avec le huitième gardien. Bien que réticent, l'espagnol accepta et le mis en garde. Camus le remercia et lui offrit un sourire de reconnaissance tout en lui demandant s'il voulait l'accompagner et écouter la discussion. Le capricorne répondit par la négative mais demanda au verseau de lui rapporter comment cela s'était passer.

Une heure plus tard, le français sortit du temple et se dirigea vers le huitième. Il ne sentit pas la présence du propriétaire et son intuition lui dit qu'il le trouverait peut-être sur la plage.

En effet, après avoir marché peu de temps, Camus aperçut celui qu'il cherchait au même endroit que dans l'après-midi. Il s'arrêta et le regarda quelques instants. Sa posture en disait long sur ses états d'âmes. Lentement, le onzième or s'avança puis arrivé à sa hauteur, il resta debout et dit :

-Bonsoir Milo.

-Bonsoir, répondit celui-ci d'une petite voix en sursautant car il n'avait pas senti la présence de son ex, comment vas-tu ?

- Comment voudrais-tu que j'aille ? Et toi ?

- Tu es venu pour quoi au juste ?! demanda le scorpion qui commençait à s'énerver de nouveau.

- Pour avoir des explications, répondit le français en laissant malgré lui apparaître une pointe de regret dans sa voix.

- Des explications sur quoi ?

- Non rien laisses tomber, répliqua finalement le verseau glacialement.

Il commença à partir et après une bonne centaine de mètres, il laissa couler ses larmes. La blessure était toujours à vif. Il continua à marcher puis s'installa au pied d'une falaise, où il savait que personne ne pourrait le voir. Il prévint Shura qu'il ne rentrerait pas ce soir et lui demanda également de ne pas s'inquiéter. Maugréant, celui-ci lui donna son accord et lui demanda s'il avait pu discuter avec Milo. La réponse de son voisin ne l'étonna guère puis après s'être assuré que le français ne ferait pas de bêtises, il lui souhaita bonne nuit.

Milo rageait. Comment avait-il pu répondre ainsi à son ex alors qu'il avait été d'accord pour tout mettre à plat. Il tenta de se calmer et de dormir à la belle étoile mais n'y parvint pas.

Il passa une nuit blanche puis au matin, alors qu'il marchait le long des côtes, avant de se décider à aller voir Camus, il l'aperçut. Sa silhouette fine et droite, le visage tourné vers l'horizon, avec le soleil qui éclairait son profil, lui donnait un air irréel. La gorge du scorpion se noua et il baissa la tête. Lorsqu'il la releva avec une farouche détermination, ses yeux croisèrent le regard du français qui détourna la tête. Il s'approcha petit à petit puis, arrivé prés de lui, il murmura :

- Salut, je voulais m'excuser pour hier soir.

- Tiens donc, et que me vaut ta visite ?

- Je viens pour qu'on puisse tout mettre à plat comme tu me l'as proposé hier. Enfin, si tu es toujours d'accord.

- Je t'écoute.

Milo se lança alors dans un récit qui petit à petit peinait et agaçait le verseau. Celui-ci lui demanda pourquoi il ne l'avait pas dit quand ils étaient encore ensembles et au fur et à mesure de leur discussion, Camus commençait à s'agacer et lui signifia clairement que pour le moment, il n'était pas prêt de lui pardonner.

Le grec acquiesça et comprenait totalement la réaction de son ancien amant. Il finit par partir, sentant que sa présence n'était plus la bienvenue auprès de Camus. Celui-ci avait eu du mal à ne pas sortir de ses gonds. Il resta sur la plage quelques instants puis repartit en direction du dixième temple.