Shura était inquiet. Il avait vu son ami revenir en colère et cela ne lui plaisait pas.
Il attendit que Camus s'installe dans un fauteuil pour s'approcher de lui et commença à lui masser les épaules pour le détendre. Le verseau, qui n'avait jamais vraiment apprécié les contacts, se laissa faire se surprenant lui-même. Les gestes du dixième gardien le
calmèrent et au bout d'un moment, il se sentit mieux. Peu après, ils allèrent se coucher
pour se réveiller tard le lendemain contrairement aux habitudes de Camus.
Ils ne sortirent du dixième temple qu'en milieu de journée pour aller s'entraîner sur la plage.
Ils avaient finis leurs exercices et décidèrent de se poser dans un coin, à l'ombre de la
falaise. Ils regardaient tranquillement la mer lorsqu'ils aperçurent une touffe blonde et une autre bleutée et Camus sut de suite de qui il s'agissait. Avec une certaine méfiance, il
observa les deux silhouettes et sentit une certaine colère s'emparer de lui en apercevant les gestes tendres que se prodiguaient les deux chevaliers. Shura lui fit entendre raison et ils rentrèrent discrètement.
Milo, qui les avaient vus, avait senti son cœur se pincer lorsqu'il ressentit la colère du verseau. Certes, il en voulait toujours à Camus mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir quelque chose pour lui. Il fut surprit en sentant une douce caresse sur ses lèvres. Peu à peu, il se laissa envahir par le désir que lui procurait son nouveau compagnon. Ils restèrent toute l'après-midi sur la plage puis le scorpion regagna son temple tandis que son amant gagnait les dernières bâtisses. La nuit passa, calme et silencieuse. Tout le monde dormait dont certains dans les bras de leurs amants.
Le huitième or, lui, ne dormait pas. Il n'y arrivait pas car il se repassait en boucle toute l'histoire et les conséquences de son aventure avec le chevalier des glaces. Certes, son nouvel amant le satisfaisait mais il lui semblait que quelque chose manquait dans sa vie. Il se leva et alla se promener pour réfléchir. Alors qu'il marchait tranquillement, il aperçut Shura en train d'embrasser un chevalier. Pour une fois, il préféra ne pas se montrer et chercher les ennuis. Il savait que le capricorne lui en voulait toujours. En retournant dans son temple, il entendit un murmure dont il reconnut parfaitement la voix. En cachant son cosmos, il s'approcha et vit le seigneur devant sa porte, en train de glisser un morceau de carré blanc dans l'encadrement de la porte. Au moment où le visiteur s'apprêta à partir, Milo décida de s'avancer et de l'interpeller. Celui-ci leva la tête, le regarda puis sans un mot tourna les talons. Le scorpion tenta de l'arrêter en attrapant son poignet après l'avoir rejoint mais l'inconnu se dégagea. Seul un bref regard fut échangé entre eux. Quelques minutes plus tard, le grec se retrouva seul et rentra chez lui. Ce qu'il lut sur le papier l'émut légèrement puis le fit réfléchir. Il prit la décision de continuer son aventure avec son nouvel amant et d'ignorer le chevalier du verseau.
Trois temples plus haut, ledit verseau se mit au lit après avoir préparer ses bagages pour repartir dans la contrée qui était si chère à son cœur. En allant déposer la lettre qu'il avait écrite, il ne s'attendait pas du tout à voir le destinataire. Le regard qu'ils avaient échangé puis le léger contact lorsque le scorpion lui avait prit le poignet lui avait fait mal et cela le conforta dans la décision qu'il avait prise. Il s'endormit bien plus vite et bien plus profondément qu'il ne l'aurait cru.
Le lendemain matin, il partit tout en saluant ses pairs sauf le huitième gardien. Il espérait que celui-ci dorme mais il n'eut pas cette chance. En effet, Milo l'attendait, ou plutôt attendait son nouvel amant devant le onzième temple. Un lourd silence s'installa entre eux puis Camus le salua et commença á partir lorsque le scorpion prit la parole :
- Camus...tu pars ?
- Cela te regarde ? demanda ledit Camus avec mépris.
- Non... Tu as raison, je suis indiscret. J'aimerais juste savoir quelque chose mais tu n'es pas obligé de me répondre.
- Dis toujours.
- Est-ce que...on est...on reste toujours amis ? demanda le jeune grec d'une petite voix et la tête baisée.
- Amis? Mais tu te fous de qui là, Milo?! Tu crois vraiment qu'il reste une once d'amitié entre nous après ça ? On s'engueule, on se sépare, le dialogue est brisé entre nous et tu crois que l'on peut toujours être amis?! Mais tu rêves là! Comment ai-je pu tomber amoureux de quelqu'un d'aussi stupide et naïf ? D'un gamin quoi! Va retrouver ton amant et dis toi bien que si jamais j'entends qu'il souffre ou que tu l'as quitter, tu auras affaire à moi, est-ce bien clair ?
Camus avait dit tout cela d'une voix calme mais dans laquelle on pouvait sentir de la colère et de la déception. Le scorpion, tête basse, affirma qu'il avait bien comprit. Il regarda avec regrets et remords son ex descendre les escaliers jusqu'à ne plus le voir. Les ressentis qu'il éprouvait s'envolèrent quand son nouvel amant lui permit d'entrer dans le temple.
Le verseau termina la descente des marches en contenant ses larmes puis arrivé dans son repère, il les laissa couler. Cela lui faisait atrocement mal d'avoir dû parler ainsi mais il savait que c'était le meilleur moyen pour s'éloigner de son ex.
Un mois passa pendant lequel il reforma la glace qui entourait son cœur et travailla sur une nouvelle attaque. Il s'était également remis en question et avait décidé finalement de redonner une chance en amitié et en amour à Milo. Le concerné ne le savait pas encore et le français se demander qu'elle serait sa réaction.
Plongé dans sa lecture, il fut étonné d'entendre Athéna lui demander de revenir au sanctuaire pour tenter de dissuader le huitième gardien de partir.
En effet, celui-ci voulait quitter l'ordre de la chevalerie. Son amant l'avait quitté peu après le départ de Camus pour un autre et maintenant, il ne se sentait plus à sa place malgré l'amour qu'il avait toujours pour sa déesse. Certains de ses camarades lui faisaient toujours payer son attitude envers le seigneur et cela commençait à l'énerver sérieusement. Il voulait également repartir vivre avec son père, avec qui il avait gardé quelques contacts, et qui se trouvait être un spectre haut placé. Certes, cela ne dérangeait pas Athéna qu'il ait envie de revoir son parent mais elle ne comprenait pas pourquoi il voulait quitter la chevalerie.
Lorsque Camus revint sur le domaine sacré, la déesse lui demanda de se rendre directement au huitième temple pour parler avec le scorpion. Celui-ci ne fut pas vraiment étonné lorsqu'il vit son ancien amant car il le savait beaucoup plus diplomate que les autres. Avec un léger sourire, il l'accueillit et voulut bien discuter avec lui. Après quelque banalité échangée, en passant par leur histoire, Camus en arriva à son départ :
- Pourquoi veux-tu t'en aller ?
- J'ai envie de revoir et de vivre avec mon père. Et puis, je ne me sens plus à ma place ici même si Athéna est toujours dans mon cœur. J'ai envie de changer de vie et de paysages.
- Je comprends que tu veuilles retourner avec ton père mais explique-moi pourquoi tu ne te sens plus à ta place ? Pourquoi quitter la chevalerie ? Tu as pourtant d'énormes attaches ici et personne ne veut te voir partir !
- Ça, c'est ce que tu crois ! Ils me font tous payer notre rupture et puis je n'ai plus d'attaches, comme tu dis. Mes seules attaches à part notre déesse étaient Hyôga, qui m'a quitté, et toi. Mais je vous aie perdus à cause de mes erreurs et vous voir ne me fait que revoir mon attitude envers vous.
- Milo, ... j'ai réfléchis sur nous et notre histoire et je peux te dire que je te redonne une nouvelle chance, que se soit en amour comme en amitié. Reste, s'il te plaît.
- Je t'en suis reconnaissant Camus, répondit le scorpion les yeux humides, mais c'est trop tard, j'ai pris ma décision.
Camus, déçut, se leva, et partit jusqu'au treizième temple où, il fit part de la conversation qu'il venait d'avoir avec le scorpion, à Athéna et au pope. Ceux-ci tristes, décidèrent de le laisser partir. Ils demandèrent à Camus d'aller annoncer leur décision au concerné et d'être là, comme témoin, pour la restitution de l'armure qui se ferait le lendemain.
