Lorsque Camus revint dans le huitième temple, il fut surprit de ne pas y trouver son gardien. Déployant son cosmos, il finit par le trouver. Sur la plage. Ça devenait une habitude, mais ce n'est pas cela qui troubla le verseau.
En effet, il pouvait lire dans le cosmos de son pair de la colère contre ses pairs mais également de la tristesse. Se demandant pourquoi son ami était triste, le français hâta le pas pour quelques minutes après, être près de lui. En s'asseyant en silence à ses côtés, il remarqua que le scorpion serrait entre ses doigts le seul bijou qu'il portait. La vue de ce pendentif lui serra le cœur car c'était lui qui le lui avait offert. Jamais, il n'aurait pensé que Milo l'aurait garder autour de son cou surtout après leur rupture. Silencieux, ils le restèrent pendant de longues minutes, se remémorant, de façons différentes, leur relation.
Dans le treizième temple, Athéna était en train d'expliquer la situation au maître des enfers qui lui disait également la même chose par rapport à son spectre. Ils décidèrent d'un commun accord et en y étant obligé d'ailleurs, que Milo élirait domicile dans le monde souterrain. Ils se quittèrent sans plus de cérémonie.
Une fois son oncle partit, elle demanda à son pope de convoquer tous les chevaliers d'or et de bronze, sauf Camus, pour l'après lendemain du départ de Milo. Tous allaient subir la colère divine et popal et peut-être Sibérienne, si Camus en avait envie.
La convocation les surprit tous se demandant quelle était la raison. Ils reprirent leurs activités sans s'inquiéter vraiment.
Du côté de la plage, où personne ne viendrait les dérangeaient, les deux anciens compagnons étaient toujours silencieux lorsque Camus prit la parole :
- Je ne pensais pas que tu l'aurais gardé après ça.
- Je n'ai jamais pu m'en séparer. J'ai l'impression de t'avoir à mes côtés chaque fois que je le touche et il m'aide à rester calme selon les circonstances. N'y aurais-tu pas mis un peu de tes pouvoirs en le fabricant ?
- Pas le moins du monde. C'est peut-être parce-qu' il est fait de glace que cela te donne cette impression.
- Peut-être oui, tu as sûrement raison.
Un silence gêné s'installa entre eux. Ils savaient quel sujet allait arriver et comprenaient qu'ils étaient obligés d'en parler. Camus reprit la parole en évitant de regarder le scorpion :
- Je voulais te demander pardon, avant que tu ne partes, pour les cruelles paroles que j'ai eues envers toi avant mon départ en Sibérie. Je m'en suis tellement voulu.
- Tu n'as pas à me demander pardon. C'est moi qui me suis mis dans cette situation et j'avais entièrement bien mérité ta colère. Je ne t'en veux pas et c'est plutôt à moi de formuler cette requête.
- Les aléas de la vie sont ce qu'ils sont. Je ne regrette pas néanmoins ce que j'ai vécu avec toi, que se soit lorsque nous étions amis ou lorsque nous étions amants. Et après avoir réfléchis sur notre histoire et sur mes actes, j'aimerais revivre ça avec toi.
- Camus..., je suis content que tu nous donnes une seconde chance mais... je ne peux pas l'accepter. Je ne me pardonne pas le mal que je t'ai fait et, j'ai pris la décision de partir. Et tu sais aussi que je ne reprendrais pas le risque de te reperdre en refaisant les mêmes erreurs. Je sais que, si Athéna me donne son accord pour partir, cela sera encore plus difficile qu'il y a un mois et demi maintenant si on se remet ensemble.
- Alors reste ! demanda le verseau en laissant tomber son masque de glace.
- Non, je suis désolé. Je me sentirais toujours coupable surtout si on se remet ensembles et je ne pourrais plus vraiment supporter les frasques des autres à mon égard. Je préfère partir avant que cela ne dégénère.
Camus ne dit rien et laissa couler ses larmes en prenant la main qui lui avait tant manqué. Milo serra tendrement la main froide en silence. Il laissa le français assimiler ses paroles et de l'autre main tenta d'essuyer les larmes cristallines. Avec une voix hachée par les larmes qu'il tentait de maitriser, le verseau annonça que le pope et Athéna étaient d'accord pour le laisser partir. Il finit par retirer sa main, se leva, et stipula, une fois encore son désaccord avant de partir à regrets.
Milo le regarda s'en aller et se décida à rejoindre son propre temple. Une fois à l'intérieur, il fit le ménage de fond en comble et tomba sur un objet qu'il avait acheté, il y a bien longtemps de cela pour l'offrir au seigneur et concrétiser leur amour. Mais tout cela s'était effondré maintenant. Il décida de le lui donner, quand même, et concentra son cosmos pour intégrer ses pouvoirs et son amour au bijou. Il sortit ensuite de son temple, monta jusqu'au onzième où il frappa à la porte. Pas de réponse. Il recommença mais toujours rien. Il effleura néanmoins le temple de son cosmos et eut la confirmation de la présence du seigneur. Il entra timidement laissant des tas de souvenirs ressurgirent en lui.
Après avoir cherché dans toutes les pièces, il trouva l'objet de ses recherches dans sa chambre, profondément endormit. Il hésita à entrer puis il prit le risque. La pièce lui rappelait également des souvenirs et c'est en s'asseyant timidement sur le lit qu'il ressentit toute la tristesse du propriétaire des lieux.
Celui-ci avait senti sa présence et lui demanda par télépathie :
- Que veux-tu Milo ?
- Te remettre quelque chose que j'ai retrouvé en nettoyant mon temple.
Camus peina à ouvrir les yeux et demanda d'une voix triste et ensommeillée :
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'était...c'était une alliance... que je voulais t'offrir, il y a longtemps mais au vu des circonstances... . Tu n'es pas obligé de l'accepter ni même de la porter...
- Milo... Tu voulais... ?
- Oui.
- Je sais qu'elle n'a plus cette valeur pour toi maintenant mais je l'accepte. Tu peux me la passer.
Milo regarda son pair avec surprise. Jamais il n'aurait pensé que Camus accepterait et c'est tout fébrilement qu'il passa l'anneau au doigt de son ami. Lorsque leurs mains s'effleurèrent, le verseau resserra les siens, froids, autour de ceux, chauds, du grec. Il se redressa puis l'embrassa. Le scorpion arrêta le baiser et commença à protester. Camus ne lui en laissa pas le temps car il lui demanda, d'une voix presque suppliante de rester avec lui juste pour la dernière nuit du grec au sanctuaire. Le huitième gardien hésita puis accepta.
C'est ainsi qu'ils passèrent la nuit, ensembles dans les bras l'un de l'autre, tristes mais heureux néanmoins.
Le lendemain, Milo se réveilla et se leva avant le français. Il alla préparer le petit déjeuner et avant de partir, lui écrivit quelques mots. Il quitta ensuite le onzième temple pour retourner dans le huitième.
L'avant-dernier gardien se réveilla et sa mine s'assombrie lorsqu'il ne vit pas son Milo et qu'il se rappela que c'était le jour de son départ. En arrivant dans sa cuisine, il eut un faible sourire en voyant que tout était déjà prêt. Il lut avec émotion la lettre que son ami avait écrite. Après avoir terminé de déjeuner, il décida de se rendre directement au treizième temple.
Ses supérieurs furent attendris en le voyant et lui affirmèrent que s'il avait besoin de quelque chose ou de quoique se soit d'autre, cela lui serait accorder. Il les remercia et attendit en leur compagnie, l'arrivée du scorpion.
Avant qu'Athéna n'autorise le grec à entrer, le pope essaya de plaisanter en demandant à Camus s'il voulait un masque. Celui-ci refusa poliment en souriant et en gardant néanmoins un tout petit espoir pour que Milo ait changé d'avis.
Les portes s'ouvrirent, laissant apparaître la belle silhouette hâlée qui faisait battre de nouveau le cœur de glace. Un seul regard fut échangé et le seigneur comprit que son espoir était vain. Baissant la tête, il contint difficilement ses larmes jusqu'à la restitution de l'armure où il ne put plus les retenir. Il s'excusa télépathiquement auprès de ses supérieurs de se montrer si faible et ils le rassurèrent en lui disant que ce qu'il ressentait était normal et qu'ils ne lui en voulaient pas le moins du monde. Eux aussi étaient émus car ils perdaient un vaillant combattant mais également une personne loyale, honnête malgré ses débordements mais qu'ils adoraient quand même.
Lorsque fut venu le temps pour Milo de partir, il reçut avec émotion les accolades de la déesse et du pope, qui avait enlevé son masque pour une fois. Le grec affirma néanmoins qu'il restait à son service si le besoin en était et que jamais il ne les oublierait. L'accolade avec Camus fut la plus déchirante et les deux supérieurs, eux aussi en larmes, décidèrent en voyant l'émouvante scène, de se retirer.
Milo savait qu'il n'arriverait pas à calmer son ami. Il l'embrassa et lui transmit ses pouvoirs en gravant sur son cœur le symbole du scorpion. Auparavant, il avait tout de même demandé à Athéna s'il pouvait faire cela. Celle-ci avait réfléchi puis avait demandé à son divin père et non divin enfant, si elle pouvait accorder cela. Le Dieu tout puissant accepta tout en stipulant que c'était une exception et que le verseau pouvait faire pareil et qu'en échangeant ainsi leurs pouvoirs, le chevalier des glaces devenait également le porteur de l'armure du scorpion, en plus de celle qu'il portait actuellement.
Lorsque l'ex-chevalier termina ce qu'il faisait, il murmura à l'oreille de son ami que lui aussi pouvait faire pareil. Ledit Camus le fit et après quelques étreintes de plus, il accompagna l'ancien chevalier jusqu'à la berge où le passeur devait le prendre.
Un dernier et interminable baiser fut échangé et le français regarda son scorpion embarquer puis partir. Ils ne se quittèrent du regard qu'une seconde, pendant laquelle le verseau se laissa tomber à genoux tout en continuant de regarder le bateau partir.
Milo avait vu son ami se mettre à genoux et cela lui fit bien plus mal qu'il ne l'aurait pensé. Sachant qu'il conservait ses pouvoirs, il lança un dernier message télépathique à Camus "Soit fort mon amour, reprends-toi et devient encore plus fort et plus semblable aux glaciers de ta Sibérie. Je ne t'oublierais jamais. Je t'aimes plus que tout, de toute mon âme et de tout mon cœur".
Camus lui répondit puis s'en retourna vers son nouveau temple. Il savait qu'Athéna ne lui demanderait de choisir entre les deux armures qu'au moment des guerres ou quand il déciderait de donner l'armure du verseau.
