En retournant dans son temple, Camus entendit d'une fine oreille que la majorité des chevaliers avaient été convoqués devant la déesse et son représentant le lendemain. Il se demanda pourquoi, lui, n'avait pas reçu cet ordre et décida de monter jusqu'au palais pour en savoir plus.
Athéna le reçut immédiatement et il demanda :
- J'ai entendu dire que tous les chevaliers étaient convoqués demain sauf que je n'ai pas reçu ou entendu d'appel pour cette réunion. Ai-je fais quelque chose qui vous aurez déplut ?
- Rassures-toi, tu n'as rien fait. Si je les aie tous convoqués c'est pour leur remettre les points sur les I en ce qui concerne leur attitude envers Milo.
- Si je puis me permettre altesse, il m'en a fait part superficiellement en disant qu'il ne tarderait plus à en avoir assez des frasques des autres à son encontre à cause de notre rupture. C'est moi qui suis à blâmer et c'est également moi qui lui ai envoyé de belles méchancetés le jour de mon départ en Sibérie.
-Il m'a parlé de ça et je peux t'assurer que je ne t'en veux point et que lui aussi ne t'en voulait pas. C'est tout à fait normal que tu aies réagis de cette façon, je ne vois pas pourquoi je te condamnerais. Il savait également que tu voudrais tout te mettre sur le dos et m'a demander de te remettre ceci, répondit la jeune fille en lui donnant une enveloppe.
- Il me connaissait bien même mieux que moi, je ne me connais.
- C'est vrai et c'est pour ça que je ne vous aie pas interdit cette relation. Pour ce qui est de demain, tu peux venir si tu le souhaites mais dans ce cas là, apporte tes armures environ une heure avant la réunion. J'ai une petite idée qui devrait faire son effet.
- Je vous remercie altesse. Puis-je me retirer ? A quelle heure aura lieue la réunion ?
- Ce sera en début d'après-midi et oui va te reposer, tu en as bien besoin.
Camus se leva puis sortit de la salle du pope afin de retourner au huitième temple en passant par le temple du verseau. En chemin, il croisa les gémeaux qui lui demandèrent s'il avait vu le scorpion. Il leur répondit négativement et continua son chemin sous les interrogations muettes des jumeaux. Après avoir prit quelques une de ses affaires dans le onzième temple, il descendit dans le huitième et s'enferma à clef.
Les lieux lui rappelaient énormément de souvenirs et malgré le fait qu'il sentait l'odeur des produits de nettoyages, il sentait l'infime odeur épicée de son compagnon. En se rendant dans la chambre, il aperçut une petite boîte sur le lit avec inscrit dessus dans un joli ornement de dorures et de vernis " Camus&Milo forever". Il ouvrit l'objet et découvrit deux exemplaires du parfum que portait Milo. Il vit également des photos d'eux et d'autres objets plus ou moins insignifiants.
Le sourire aux lèvres, le français finit par ouvrir l'enveloppe qu'Athéna lui avait remise. L'écriture pas vraiment fine mais lisible quand même de l'ancien chevalier du scorpion ainsi que les mots qui y étaient inscrit l'émeut encore plus qu'il ne l'était déjà.
Il lut :
Mon ange,
Je t'aime, tu le sais et je voulais te le redire en ajoutant que je n'ai pas pu oublier ce que je ressentais pour toi lorsque j'étais avec Hyôga. Je n'arrivais pas à retrouver ce quelque chose, cette étincelle qui me faisait vibrer lorsqu'on était ensemble. Encore une fois, je te demande pardon pour ne pas t'avoir parlé et mis les choses à plat avant que je ne te rejette.
Je sais que tu chercheras à tout te mettre sur le dos mais tu ne le dois pas. Ce n'est pas de ta faute si je pars et je ne supporterais pas que tu penses cela. Tu ne dois pas t'en vouloir. La passion et tout ce que tu m'as appris resteront gravés dans mon cœur même si on ne se voit plus et même dans la mort.
Reste comme tu es, ne change pas et devient aussi fort que les glaciers sibèriens. Je te provoque en duel maintenant en prévision d'une future rencontre si c'est possible. Je t'aime et t'aimerais toujours à jamais.
Je te laisse sur ces quelques mots en te redemandant de ne pas penser que mon départ est de ta faute. Je t'aime mon ange des glaces et seigneur de mon cœur. Sois heureux et refais ta vie, cela fera mon plus grand bonheur.
Ton Mimi scorpionnesque
Lorsqu'il eut fini la lecture de la lettre, Camus sourit à travers ses larmes. C'était tout simplement son arachnide. Il posa la lettre sur le côté et regarda plus attentivement les photos et objets de la boîte. Un long moment passa puis lorsque la nuit commença à tomber, il rangea tous ces objets précieux et s'endormit, vaincu par les émotions. Il dormait paisiblement lorsqu'il fut réveillé par quelqu'un qui essayait de rentrer en contact avec lui. Il devina très vite qui était la personne et répondit avec enthousiasme :
- Milo, mon amour ! Est-ce que tu vas bien ? Es-tu déjà là-bas, près de ton père ?
- Calme-toi mon ange, répondit l'ex-scorpion en rigolant légèrement, oui, je vais bien et oui je suis auprès de lui. Il passe le bonjour à tout le monde et de te demandes pardon pour m'avoir soustrait à toi. Tu me manques. Et toi, est-ce que tu vas bien ?
- Ca va, répondit le verseau d'une voix qui signifiait tout autre chose, tu me manques aussi. Dis à ton père que je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais de t'avoir repris car après tout, c'est le rêve de tout parent qui n'a pas vu son enfant depuis plus de dix ans.
- Il te remercie. Si je t'ai contacté ce soir, c'était pour savoir si tu supportais cette séparation et si tu avais trouvé le coffret ?
- Je l'ai trouvé en effet et ta lettre m'a ému encore plus. Tu me connais mieux que moi-même je ne me connais et que je te connais.
- Je te remercie. Bon, je vais te laisser dormir car demain tu auras une grosse journée et surtout une belle surprise. Je t'aime Camus, ne l'oublie jamais quoiqu'il arrive.
- Je t'aime aussi mon Milo, bonne nuit.
La discussion prit fin. Le verseau se rendormit heureux et se demandant quelle allait être la surprise.
Loin de là, l'ancien chevalier était content mais restait inquiet. Comment réagirait son amour ainsi que les autres quand ils le verraient ? Surtout les autres, après avoir entendu l'histoire de son faux suicide.
L'idée de la jeune déesse était bien construite et il devait se l'avouer, il prendrait un certain plaisir à entendre la colère divine subit par ses anciens camarades. Cela tombait bien également car Hadès et Athéna devaient se voir pour affaires. C'est le cœur à moitié léger qu'il s'endormit également.
Le lendemain, en Grèce, tous les chevaliers d'or furent réveillés par Athéna qui leur demanda de se préparer à accueillir Hadès et quelques uns de ses hommes. L'agitation régna et en moins d'heure, tous se tenaient prêts. Discrètement, la jeune fille demanda au français, par télépathie, d'amener les armures plus tôt que prévu.
Lorsqu'il arriva avec, elle lui demanda de les placer de part et d'autres du trône de la grande salle et lui expliqua ce qu'elle comptait faire. Le verseau, surprit, demanda si Hadès ne s'offusquerait pas de cela et comment allait-il l'accueillir s'il n'avait pas d'armure. La réponse fut qu'il ne se serait pas dans son temple mais dans une pièce du palais où personne ne pourrait sentir son cosmos car selon l'idée de la déesse, il était sensé être à la recherche de Milo qui avait soi-disant déserté. Elle rajouta également que le maître des ténèbres était au courant de la supercherie.
De l'agitation régna de nouveau et Athéna laissa son jeune chevalier près de la pièce secrète, pour aller à la rencontre de son oncle à l'entrée du sanctuaire.
Camus était surprit de l'agencement du lieu dans lequel il se trouvait. Petit à petit, il se détendit et en profita pour se mettre à lire sur le balcon baigné par le soleil.
Pendant ce temps, à l'entrée du domaine, les chevaliers d'or et divins formaient une haie d'honneur pour laisser passer Hadès et ses hommes. Tout en montant les escaliers, Athéna expliquait et présentait ses chevaliers. Le maître des ténèbres fit de même en présentant ses hommes. La jeune déesse eut un imperceptible sourire lorsque Milo lui fut présenté sous le nom de Loim.
Le petit groupe venait d'arriver au niveau du huitième temple. Lorsqu'Athéna expliqua la raison de l'absence du gardien, les invités firent semblant d'être surpris. Ils poursuivirent leur chemin et arrivèrent enfin au treizième temple. La jeune fille déclara à ses chevaliers qu'elle s'entretiendrait d'abord avec ses invités. Une fois à l'intérieur de la salle du trône, dont les portes venaient de se fermées, Loim put enlever son masque sous l'accord des deux dieux. Quelques belles paroles furent échangées puis la jeune déesse lui permit d'aller retrouver l'élu de son cœur dans la salle spéciale. Après un regard interrogateur auprès de son nouveau dieu, qui lui signifia son accord en souriant, Milo partit discrètement, après avoir remercié les deux divinités, par des passages secrets en direction de son amour.
Lorsqu'il arriva devant la porte secrète, il prit une profonde inspiration et entra sans un bruit. Le décor lui parut splendide mais un peu fade en voyant le spectacle qu'il avait devant ses yeux. Camus, en effet, avait fini par s'endormir en lisant, ce qui était rare, et le soleil emplissait son visage et ses cheveux d'une jolie teinte. Attendrit, l'ancien chevalier s'assit doucement sur les genoux du français, le contempla et l'embrassa. Quelques minutes après, Camus ouvrit les yeux et découvrit celui qui lui prodiguait cette douce caresse. La surprise passée, il approfondit le baiser qui devint vite un brasier. Le scorpion le regardait avec un regard amusé mais également remplit de tendresse et d'amour. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leurs souffles, Camus lança :
- Pour une surprise, c'est une surprise ! Je ne m'y attendais pas du tout.
- C'était voulu et puis... ça m'a fait rire de voir ta réaction. Tu étais également très séduisant quand tu dormais.
- Merci, répondit le verseau en rougissant, dois-je comprendre que cela ne devrait plus tarder ?
- En effet, et tu sais ce que tu dois faire ?
- Oui, ne t'inquiète pas, j'espère juste que tu n'es pas trop lourd..., répliqua le français taquin.
- Qu'insinues-tu par là ? Pour en avoir la preuve, porte moi sur le splendide lit juste à côté et je te montrerais à quel point je suis heureux de te voir et que je ne suis pas lourd.
Juste un sourire, des regards remplis d'amour qui s'accrochent, des gestes fébriles mais tendres et enfin un doux atterrissage sur le lit, qui n'attendait, semblait-il, que le couple, qui s'unit très lentement tellement ils étaient heureux de se retrouver.
Dans la grande salle, les cinq personnes présentent venaient de terminer leur entretien. Athéna décida d'appeler toute sa chevalerie d'or et divine mais avant, elle prévint les deux amoureux qu'ils devaient se tenir prêts. Ceux-ci se rhabillèrent puis discrètement, en cachant leur cosmos, se rendirent près de la salle et attendirent l'injonction de la jeune demoiselle.
Les autres chevaliers se firent annoncés et lorsqu'ils entrèrent dans l'immense pièce, ils sentirent tout de suite qu'ils allaient subir des reproches.
Qu'avaient-ils fait pour recevoir le courroux divin ? Et où étaient Camus et Milo ?
Tous se posaient ses questions en attendant, agenouillés, que leur déesse prenne la parole.
