Il se figea en entendant Milo l'appelait. Un long regard fut échangé pendant quelques minutes puis Camus partit sans un mot. L'ancien scorpion descendit de sa colonne et se mit à sa poursuite mais le verseau avait caché son cosmos. Il était en train de le chercher lorsqu'il tomba sur Minos. Ce dernier sut tout de suite que quelque chose n'allait pas chez le fils de son ami et demanda :

- Milo, tu sais où est ton père ?

- Non désolé. Et toi, tu n'aurais pas vu Camus ?

- Pas du tout mais je croyais qu'il était avec toi ?

- ... .

- Que s'est-il passé ? Raconte.

- Viens par là.

Milo entraîna Minos dans une pièce à proximité et ferma la porte à clef. Il se retourna vers le juge et lui conta, non sans difficulté, ce qu'il s'était passé. Le père du verseau l'écouta et sentit toute la tristesse et la souffrance des deux jeunes gens. Il devinait également que son fils ne voudrait pas adresser la parole au grec pendant un certain temps, c'est pourquoi, il lui proposa de mettre ce qu'il ressentait noir sur blanc et qu'il passerait la lettre au français. L'ex-chevalier accepta et se mit au travail. Un bon quart d'heure plus tard, quand il eut fini d'écrire, il passa son papier à Minos et le remercia.

Avant que celui-ci ne quitte l'endroit, le grec lui dit qu'il serait heureux de le voir en couple avec son propre père. Le juge le regarda, surprit, et lui demanda :

- Comment es-tu au courant ?

- Cela se voit. Et lui aussi t'aime également. N'attends pas trop longtemps pour lui dire ce que tu ressens.

- J'essaierais de suivre tes conseils Don Juan, merci.

- De rien et merci à toi aussi.

Sur ce, ils se séparèrent. Le grec, tout en poussant un soupir d'abattement, mit son masque et partit se promenait sur la plage tout en cachant son cosmos. Il redoutait la réaction de Camus quand celui-ci lirait ce qu'il lui avait révélé. Il s'assit au pied d'une falaise et ferma les yeux, laissant sa peau dorer sous le soleil brûlant.

Minos était allé retrouver le père du jeune spectre et vit son fils présent également. Il était soulagé, il ne perdrait pas de temps à le chercher au moins. Il lui tendit la lettre et serra son épaule. Un regard fut échangé puis le juge se retourna vers son collègue qui lui fit signe de le suivre, laissant le verseau seul et tranquille.

Les deux juges sortirent et marchèrent lentement, l'un à côté de l'autre, un silence gênant entre eux. Aucun des deux ne savaient comment aborder l'autre et enfin, au détour d'un regard, Eaques fit le premier pas et posa timidement ses lèvres sur celles de Minos qui répondirent tendrement à ce baiser. Les deux amoureux n'avaient pas remarqué l'irruption rapide dans le couloir où ils se trouvaient. La voix de leur seigneur les fit sursautés et ils se confondirent en excuses, leurs visages rouges comme des tomates. Les divinités rigolèrent puis s'excusèrent de les avoirs dérangés.

En s'éloignant, ils les félicitèrent pour s'être enfin déclarés. La confusion revint de plus belle sur le visage du nouveau couple. Un sourire à peine perceptible sur leurs lèvres, un regard et ils décidèrent d'aller se balader.

En marchant les pieds dans l'eau, main dans la main, ils aperçurent Milo, les yeux fermés, se gorgeant du soleil. Eaques voulut s'approcher de lui mais le griffon l'en empêcha en lui disant que son fils avait peut-être envie d'être seul. Le garuda réfléchit et acquiesça. Ils s'éloignèrent tout en discutant et en s'embrassant.

L'ancien chevalier avait ressentit leur présence et il était bien content qu'ils se soient éloignés. En effet, il avait besoin d'être seul pour faire le point sur lui-même et sur sa relation avec le verseau. Le fait de repenser à cet être pur lui serra le cœur. Il continua de se morfondre lorsqu'une aura vint le perturbé. Une présence froide et trop familière. Un silence s'installa entre eux, lourd.

La personne qui venait de le rejoindre n'était autre que le français. Celui-ci avait également réfléchit sur leur histoire après avoir lu la lettre.

Lettre qui l'avait mit en colère puis l'avait fait pleurer encore une fois. Il s'apprêta à prendre la parole lorsque le grec prit les devants :

- Je suis vraiment désolé pour ce que je fais. Je ne suis qu'un pauvre con, une pourriture qui n'as pas su garder allumer une flamme d'amour et qui te mène largement en bateau.

- Il est vrai que tu joues avec moi mais ne te dévalorise pas. Tu es plus que ce que tu dis et c'est cela qui m'a fais tomber sous ton charme. Seulement, notre histoire arrive à sa fin et nous n'y pouvons pas grand chose. Cependant, saches que tu resteras à jamais dans mon cœur, quoiqu'il arrive, et que j'ai énormément de respect pour toi malgré ce qui s'est passé, dit Camus la tête basse.

- Merci, c'est gentil. Que faisons-nous maintenant ?

Camus trembla en entendant la question. Il savait de quoi voulait parler l'ex-scorpion et même s'il avait tenté d'y réfléchir, il n'avait pas trouvé de réponse. Ne répondant, rien, il se leva et s'en alla en disant juste :" On se retrouve pour le banquet de votre fin de séjour".

Le silence retomba. Milo laissa ses larmes roulaient sur ses joues. Il prit une décision qui le changerait à jamais. Il resta quelques minutes de plus sur la plage et au moment où il allait se lever, il fut interrompu par le chevalier du cygne. Celui-ci s'arrêta à sa hauteur et l'invita à le suivre. Ils longèrent quelques instants la côte puis se dirigèrent vers une grotte.

Une fois à l'intérieur, Hyôga s'arrêta et dit:

- Tu peux enlever ton masque Milo.

- Comment sais-tu qui je suis ?

- Je l'ai deviné. Ta silhouette et ta démarche ainsi que le fait que Camus ait changé de comportement et que son cosmos disparaisse de temps à autres.

- Je vois que tu es aussi perspicace que lui, bravo.

- Merci, répondit le jeune bronze en se retournant.

L'ancien chevalier retira son masque et eut un sourire forcé. Cela lui faisait plaisir de voir le cygne mais cela lui était douloureux car il repensait au verseau avait passé à son élève puis à leur dispute mais également à la furtive histoire qu'il avait eue avec le cygne.

Il ne put empêcher des perles salées de tomber. Hyôga en voyant le visage de son vis-à-vis se demanda comment ses deux ainés avaient pu se séparer. Il vit les yeux brillants de son ami et deux sillons en descendre. Lentement il s'approcha du chevalier et le prit dans ses bras, sans un mot, pour le consoler. Milo se laissa alors aller sans retenue. Tout ce qu'il avait ressentit, supporté, il ne pouvait plus le retenir. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, jusqu'à ce que le grec se calme et prenne la parole :

- Excuses-moi, je ne voulais pas t'infliger ça.

- Ne t'inquiètes pas, ça ne me dérange pas. Personne n'en saura rien, je te le promets.

- Merci. Comment vas-tu depuis la convocation d'Athéna ?

- Ça va. Grâce à Shun, j'ai surmonté les paroles de Camus et je voulais te demander pardon pour t'avoir rejeté.

- Ce n'est rien. À vrai dire, je ne t'en veux pas car je sais que tu disais cela pour défendre ton maître et tu avais raison.

- Je te remercie. Et toi, qu'est-ce qui te mets dans un état comme ça ?

Milo ne répondit pas tout de suite, sentant une nouvelle montée de larmes venir puis se lança dans ses explications. Le cygne l'écoutait attentivement et finit par le prendre dans ses bras pour lui témoignait son soutien.

Alors qu'ils étaient enlacés, des pas vinrent perturbés ce moment de tranquillité. Ils reconnurent sans peine le propriétaire de ce son et partirent se cacher en silence, dans le fond de la grotte.

Dos au mur, Milo tenait entre ses bras protecteurs le cygne qui avait posé la tête sur son torse. L'instinct protecteur de l'ancien scorpion agissait mais il se rendit vite compte que les sentiments qu'il avait eut envers le cygne revenaient petit à petit. Il se mit à caresser les cheveux blonds tout en serrant un peu plus le corps de son pair contre lui.

Celui-ci leva la tête et son regard croisa celui azur. Avec hésitation et lenteur, ils s'embrassèrent en silence.

Camus les cherchaient, il lui avait semblé entendre la voix de Milo lorsqu'il était passé devant la grotte. Il s'en voulait de son attitude et de ses réactions envers les deux hommes. En s'avançant un peu plus dans la cavité, il fit confiance à son ouïe étant donné qu'il ne pouvait se servir de son cosmos.

L'oreille de l'ancien espion du sanctuaire fit son devoir et il lui sembla entendre légèrement des souffles se mélangeant. C'était impossible ! Les deux ensembles ! Il n'y croyait pas et pourtant son ouïe ne le trompait pas. Son odorat joua également avec lui et il fut mit devant le fait accomplit. Ses yeux s'embuèrent de larmes et il partit en silence réalisant qu'il venait de perdre à la fois ses deux amis mais également le mince espoir qui lui restait de reconquérir le scorpion.

Les deux nouveaux amoureux se séparèrent et se regardèrent. Un long moment passa avant que le cygne ne se demande si le verseau était partit. Ils sortirent de leur cachette, après s'être de nouveau embrassés et petit à petit retournèrent vers l'entrée de la grotte en constatant avec soulagement l'absence du français. Ils s'embrassèrent une nouvelle fois puis Milo invita le bronze dans le treizième temple. Sur le chemin, ils discutèrent tranquillement et en arrivant au niveau de son ancienne maison, Milo cacha son cosmos. Il ne savait pas si Camus était dans celui-là ou dans le onzième. Hyôga ressentit son hésitation et lui serra doucement la main pour le rassurer. Ils passèrent sans problème la bâtisse puis lorsqu'ils arrivèrent devant la onzième, ils se regardèrent et avancèrent tout en guettant le moindre mouvement. Le temple était calme et plus froid qu'à l'ordinaire, ce qui les intriguas. En sortant, ils furent soulagés mais cela dura peu de temps. En effet, un peu plus haut, ils croisèrent Aphrodite qui les salua tout en continuant sa descente. Ils se figèrent lorsque quelques instants plus tard, ils entendirent le poisson poser une question à un de ses pairs. Ledit pair lui répondit calmement en essayant de cacher son émotion de sa voix. Malheureusement pour lui, Milo l'entendit et devina les pleurs silencieux du verseau. Il se dépêcha de continuer son ascension avec le cygne, voulant éviter une nouvelle confrontation avec le français. Celui-ci les regarda partir sans chercher à les retenir. Il savait que Milo avait entendu son émotion dans sa voix mais il comprenait sa réaction.

Le reste de la journée fut difficile pour Camus. Et elle le devint encore plus lorsqu'il sentit son disciple frappait à sa porte. Sans l'ouvrir, il demanda :

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je m'inquiète pour vous, peut-on discuter s'il vous plaît ?

- À quoi ça servira ? Laisses-moi tranquille, va-t'en.

- Comme vous voudrez. Je rajouterais seulement qu'il veut vous voir.

- Laisses-moi !

Hyôga partit et en sortant du onzième temple, contacta son amant pour lui rapporter ce que Camus venait de lui dire. Milo se doutait bien que le verseau répondrait à peu près cela, c'est pourquoi, il décida d'attendre un peu avant d'aller le voir.

Pendant ce temps, Minos et Eaques discutaient tranquillement en amoureux. Ils étaient inquiets car ils avaient tous les deux ressentit la douleur de leur fils respectifs. En rentrant au palais, ils passèrent dans le onzième temple et essayèrent de voir le verseau. Celui-ci ne leur répondit pas du premier coup et même sous les menaces, il ne leur ouvrit pas la porte. Ils eurent juste une réponse simple et, perplexes, ils décidèrent d'aller voir Milo.

L'ancien scorpion les accueillis du mieux qu'il put et leur expliqua tout ce qu'il s'était passé depuis le matin. Les deux juges étaient mécontents et ils le firent savoir. Le grec comprenait leur colère et il se répandit en excuses. Les juges lui répondirent que ce n'était pas à eux de recevoir cela mais à Camus. Il répliqua en disant que c'est ce qu'il avait prévu de faire mais qu'il préférait leur laisser du temps.

Suspicieux, le nouveau couple s'en alla et Milo s'effondra. La discussion qui venait de se dérouler repassait dans sa tête et il savait que ses deux ainés avaient raison. Se relevant, il alla se passer un peu d'eau sur la figure puis mit son masque et descendit jusqu'à la onzième maison.

Là, il prit son courage à deux mains et frappa à la porte. Pas de réponse comme il s'y attendait. Il recommença. Toujours rien. Il décida d'utiliser son cosmos pour savoir si le verseau était chez lui. Rien. Il finit par scruter tout le sanctuaire sans trouver la moindre trace du français. Il s'y était attendu et refrappa à la porte. N'ayant toujours pas de réponse, le nouveau spectre décida de dire au verseau, qu'il devinait dans ses appartements, qu'une discussion devait avoir lieue entre eux. Il lui demanda de le rejoindre sur la plage puis il partit faire la même chose à son ancien temple vu que le verseau en était également le gardien. Ensuite, il s'en alla vers la côte espérant de tout cœur que le français viendrait.

Celui-ci avait écouté son ancien amant et il resta pendant un long moment assit derrière la porte du onzième temple. Il finit par se lever, se passa de l'eau sur son visage et sortit de son temple, décidé à aller se confronter au scorpion.

Il marcha lentement et prit tout son temps, en faisant d'innombrables détours, avant d'arriver sur la plage. Là, il regarda le ciel pour se calmer et trouver du réconfort mais il n'y parvint pas. Cachant superbement son cosmos, il commença à longer la côte. Après quelques minutes de marches, il l'aperçut.

Assis sur le sable, ses cheveux volants au vent léger, la tête levée vers le ciel telle était la position de Milo. Cette vision plus qu'angélique fit mal au verseau et c'est pour cela qu'il décida de ne pas dévoiler son cosmos tout en s'avançant vers lui. Arrivé à sa hauteur, il attendit quelques instants avant de prendre la parole :

- Bonsoir Loim.

- Bonsoir Camus. Assieds-toi s'il te plaît, demanda le grec en se tournant dans la direction d'où provenait la voix.

Il fut surprit de n'y trouvait personne et même s'il connaissait bien son ami, il se demanda si tout ce qui se passer et toutes ces émotions ne le rendaient pas un peu parano. Il finit par se prendre la tête dans les mains et resta ainsi pendant un long moment.

Camus ne dit rien puis se décida à prendre la parole tout en continuant de cacher son cosmos :

- Non tu ne rêves pas, je suis bien là. Pourquoi voulais-tu me voir ?

- Que fais t-on ? Restons-nous amis ou pas ?

- Je...je ne sais pas. C'est...c'est compliquer. Il faut que l'on réfléchisse séparément.

- Tu penses vraiment que l'on réussira ?

- Je n'en ai aucune idée et..., je vais te dire le fond de ma pensée, je...je ne crois pas.

- Pourquoi ? Parce-que je suis de nouveau avec ton cher disciple ?! Où parce- que j'ai joué avec toi ? Où parce-que je vis aux enfers maintenant ?

- Je n'ai pas à te répondre. Et toi, qu'en penses-tu ?

- Je crois que...que ce ne sera pas possible. On est trop différents et je ...je ne supporte plus toutes ses disputes et ses séparations. On se fait du mal et je n'en peux plus.

- Ne peut-on pas passer au-dessus de ses différences ? Et ...depuis quand aimes-tu Hyôga ?

- On s'est disputé trop de fois pour pouvoir réussir à passer au-delà. Et pour ce qui est de Hyôga, je...je dois avouer que ...j'ai des sentiments pour lui depuis longtemps.

- Comment ça depuis longtemps ?! Tu ne vas pas me dire que...

- Si mais je ne pensais pas que j'en avais toujours. Je croyais que c'était juste passager la dernière fois.

- Tu...TU TE FOUS DE MOI ! Demanda Camus hors de lui.

Une violente dispute éclata entre eux. Des coups furent échangés et l'altercation finit par attirer d'autres chevaliers. Lorsque ceux-ci arrivèrent, ils virent le verseau dans un état de rage exceptionnelle. Celui-ci en était arrivé à frapper le scorpion sur les points de sa constellation et le dernier coup fut donner à l'endroit exact de l'Antarès.

Milo s'effondra lourdement sur le sable, ce qui ramena le français à la réalité. Il se détourna du corps du grec et s'agenouilla devant le pope, qui venait d'arriver, et demanda s'il pouvait se retirer en Sibérie pour pouvoir se calmer. Celui-ci, plus que stupéfait, lui accorda sa requête, tout en lui ordonnant de rester là-bas jusqu'à nouvel ordre et lui demanda si le scorpion était en danger ou pas. Le verseau alla vérifier et affirma, après avoir appuyé sur un point précis et utiliser son cosmos, que la vie de l'ex-chevalier n'était pas en danger. Après cela, il partit sans un mot, ni un regard pour les autres.