Milo fut transporté dans une des chambres du palais. Il était toujours inconscient lorsque Minos, Eaques et Hyôga arrivèrent. Mû leur expliqua calmement ce qui s'était passé. Les nouveaux arrivants pâlirent. Jamais, ils n'auraient cru que le verseau pouvait être si violent. Eaques sortit de la chambre, furieux. Minos le rattrapa et calmement, réussit à le raisonner. Ils retournèrent dans la chambre et Hyôga les laissa. Une fois dehors, il tenta d'établir un contact avec son ancien maître. Bien qu'il n'eût pas de réponse, il clama qu'il ne lui pardonnerait pas et qu'il n'avait pas intérêt à croiser sa route. Tous les autres étaient encore sous le choc de ce qu'ils venaient de voir. Les discussions ne portaient plus que sur ça.

Le jeune cygne, après avoir passer un long moment seul, se décida à retourner auprès de son compagnon. Il entra discrètement dans la chambre et se mit à discuter avec les deux juges, notamment sur une éventuelle vengeance. Ils finirent par se séparés, Hyôga restant auprès du scorpion. Les deux juges sortirent et allèrent dans leur chambre et se consolèrent de la plus tendre des manières.

Deux jours passèrent, sans aucune amélioration de l'état du grec. Mû rassura légèrement les autres chevaliers mais restait inquiet. Il expliqua aux deux spectres ainsi qu'au cygne et au pope, ce qui pouvait causer cet état de stabilité de leur pair. Eaques et Hyôga tremblaient de rage et avaient envie de commettre l'irréparable. Minos, qui restait calme malgré son inquiétude, prit les devants et demanda au représentant d'Athéna s'il pouvait aller voir le chevalier des glaces. La requête lui fut accordée et il partit pratiquement sur le champ après que Hyôga lui ai indiqué la position de l'isba. Une fois Minos partit, les deux béliers se retirèrent, laissant le père et le compagnon auprès du blessé. Ils en profitèrent pour faire un peu plus connaissance et Eaques s'assura que les sentiments du cygne étaient forts et véritables. Ils discutèrent encore un long moment puis le garuda partit. Hyôga prit la main de son compagnon et la serra doucement. Il finit par s'endormir, sa tête reposant sur le matelas et sa main tenant toujours la main hâlée.

Pendant ce temps, Minos venait d'arrivait en Sibérie. Heureusement pour lui, le jeune bronze lui avait très bien indiqué l'emplacement de la maisonnette. Le froid intense du climat ne lui faisait rien et c'est tranquillement se dirigea vers la maisonnée qu'il voyait au loin. Il frappa à la porte et celle-ci s'ouvrit, laissant apparaître un verseau déstabilisé, qui le laissa entrer. Une fois à l'intérieur, le spectre ne prit pas la peine de se mettre à l'aise et serra son fils dans ses bras, l'incitant à se lâcher. Camus hésita un instant puis se laissa aller. Pendant un bon moment, Minos consola son fils qui se reprit et celui-ci lui proposa de se mettre à l'aise tout en allant chercher quelque chose à boire. Ensuite, après un silence gêné, le griffon prit la parole :

- Camus... que t'es t-il arrivé ?

- Je...je n'en sais rien. On discutait pour savoir si notre amitié était encore possible et il a parlé de ses sentiments envers mon ancien disciple. Ce...ce qu'il m'a dit...m'as mis hors de moi.

- Je crois savoir pourquoi tu es sorti de ta réserve habituelle.

- Pourquoi ? demanda le verseau anéanti.

- Tu l'aimes encore malgré ce qu'il t'a fait. Et c'est pour cela que tu as réagis ainsi, tu ne supportes pas de le voir en couple avec quelqu'un d'autre. Et tu gardais l'espoir qu'il revienne vers toi.

Camus ne répondit rien. Il venait, grâce à son père, de comprendre sa réaction et il s'en voulait énormément. Minos ne voulant pourtant pas enfoncer davantage son fils, savait qu'il était obligé de lui faire part de l'état du grec. Hésitant, il lui dit que le scorpion n'avait toujours pas reprit connaissance et lui demanda non sans une certaine gêne, s'il y était pour quelque chose. Camus lui répondit par la négative et lui demanda ce qu'il pouvait faire. Le juge lui dit ce qu'il pensait et cela surprit légèrement le verseau qui se leva et le remercia. Ensuite, il se dirigea à l'extérieur afin de pouvoir réfléchir sur ce que son père venait de lui dire et également sur l'aide à apporter au scorpion.

Il marcha longtemps dans la neige sous les nombreuses rafales de vent glaciales en réfléchissant à ce qu'il venait d'apprendre. Certes, il en voulait toujours à Milo d'avoir jouer avec lui mais dans le fond, il ne pouvait renier les sentiments qu'il avait encore pour lui malgré leur séparation.

Oui, cela lui faisait mal de ne plus être avec le scorpion et de le voir avec son disciple mais il se dit que par amour, il devait renoncer à Milo si celui-ci était heureux.

Laissant ses larmes couler sur ses joues, il décida d'aider son ancien compagnon.

Il déploya son cosmos jusqu'à son paroxysme et parvint à capter celui du grec.

Avec hésitation, il l'appela :

- Milo... Milo...

- Camus...? Qu'est-ce que tu veux ? demanda le scorpion d'une voix où sourdait une certaine colère, je ne veux plus te voir.

- Je te comprends mais je voulais te dire de ne pas te laisser mourir. Reste en vie pour Hyôga dont les sentiments envers toi sont forts et solides.

- Pourquoi devrais-je t'écouter ?

- Fais-le pour Hyôga et ton père. Ce sont les personnes les plus importantes dans ta vie désormais. Vis pour eux et pour toi. Tu as encore plein de choses à voir.

- Tu en es sûr ?

- Oui.

- Et toi, feras-tu parti de ma vie ?

- Je… je…, c'est à toi de décider mais je pense que pour l'instant, c'est mieux qu'on ne se voie plus.

- Vraiment ? demanda le scorpion intrigué par ce retournement de situation et par l'émotion qu'il sentait dans la voix du verseau.

- Reste en vie pour eux et… et sois heureux. Prends soin d'eux et de toi. Au revoir, Milo, termina Camus laissant malgré lui échapper un sanglot.

- Camus…, Camus attends…, appela Milo en vain.

Camus avait finit par couper la communication et resta un long moment dehors à tenter de se calmer puis se décida à rentrer.

Minos s'était installé comme chez lui et se trouvait devant les fourneaux. Il savait que son fils traversait une passe difficile, c'est pourquoi, il ne lui fit aucun reproche. Ils dînèrent dans un silence lourd puis se mirent à discuter des évènements. Le verseau regrettait amèrement son geste et osa murmurer l'idée de rendre son armure.

Le griffon l'en dissuada en avançant des arguments véritables et proposa néanmoins une solution qui pourrait peut-être alléger la sanction qui menaçait le français. Celui-ci rechigna en entendant la solution puis accepta. Minos repartit pour le sanctuaire, le lendemain, avec l'espoir que cela marcherait.

En Grèce, Hyôga, qui venait de se réveiller, vit la crispation du poing et l'expression de colère et de tristesse de son amant encore endormit. Il se doutait que cette réaction était en rapport avec son ancien maître auquel il vouait maintenant une haine sans fin.

Lentement, le grec ouvrit les yeux, au plus grand bonheur du cygne, et afficha un timide sourire. Un silence chargé de tendresse et d'émotion passa jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte. Le cygne alla ouvrir et laissa entrer le bélier ainsi que le pope et les deux spectres.

Leur soulagement se fit ressentir et après quelques tests et discussions, ils s'en allèrent laissant le russe et le garuda au chevet de l'ancien scorpion. Le malade réussit, malgré leurs protestations, à les convaincre de ne pas s'en prendre au verseau. En présence de son père, il demanda au cygne si celui-ci accepterait de vivre aux enfers avec lui si Hadès et Athéna le leur permettait.

La demande cloua sur place les deux combattants mais avant que ceux-ci ne puissent dire quelque chose, la porte s'ouvrit de nouveau, laissant apparaître les deux divinités. Celles-ci remarquèrent rapidement la préoccupation de l'amant et du père de Milo.

Ils demandèrent en même temps :

- Eaques, Hyôga vous êtes bien préoccupés. Que vous arrive t-il ?

- J'ai demandé à Hyôga s'il accepterait de venir vivre aux enfers avec moi tout en restant chevalier si cela est possible et si vous acceptez altesses, répondit le malade.

- C'est inattendu mais...j'accepte, répondit le seigneur des enfers avec un sourire.

- J'accepte également car cela ne pourra que vous faire du bien.

- Merci, répondit simplement le grec.

Avant de partir, Athéna demanda à son ancien chevalier s'il pourrait venir la voir dès qu'il irait mieux. Celui-ci donna son accord sachant très bien la raison de cette entrevue.

La journée se termina et soudainement, l'ancien scorpion demanda à parler à Minos en tête à tête. Non étonnés, le russe et le garuda se levèrent. L'un sortit rapidement pour aller chercher son amant, l'autre resta et embrassa passionément son amant. Ils se séparèrent puis Hyôga partit lorsque le griffon arriva. Ledit Minos n'était pas vraiment surprit de la demande de Milo. Ils discutèrent paisiblement pendant un moment puis arriva le sujet douloureux.

En écoutant son cadet, Minos se rendit vraiment compte de toute la souffrance qu'éprouvaient les deux jeunes gens l'un envers l'autre. Il lui demanda, non sans hésiter, si ce qu'il avait comprit était vrai. La confirmation lui fut donner et Milo lui demanda également de ne rien dire à son nouvel amant et à son père.

Après quelques minutes de discussion une nouvelle fois banale, Minos s'en alla suivit de Milo qui avait réussit à se lever. Celui-ci se dirigea vers la salle popal et en chemin, il croisa son amant qui le força presque à retourner s'allonger. D'une manière un peu brusque, le scorpion le rembarra et continua son chemin tout en s'excusant.

Arrivés près de la salle du pope, il prit une inspiration et demanda à être reçut. Pendant qu'il attendait la réponse, il embrassa Hyôga et lui fit jurer qu'il ne lui demanderait pas la raison de cette entrevue. Il fut ensuite reçut par Athéna et son représentant qui furent heureux de le voir debout.

Après ces quelques échanges joyeux, il leur raconta ce qui s'était passé pour que Camus en arrive à le frapper. Ils ne furent pas vraiment surpris de l'explication et lui demandèrent son avis sur une sanction que Minos venait de proposer.

L'ancien chevalier ne s'attendait pas à devoir donner son avis et fut d'accord avec la proposition du juge des enfers. Il ajouta cependant qu'il irait chaque mois, pendant un certain nombre de jours chez le verseau en Sibérie et que celui-ci devrait être aux petits soins pour lui.

La hiérarchie du sanctuaire fut surprise et accepta la proposition. Le grand pope fit venir Minos qui parti presque sur le champ en Sibérie.

Milo était sortit de l'entrevue et se trouvait maintenant sur la plage, son amant dans les bras. Il était en train de se demander quelle serait la réaction du verseau par rapport à la condition qu'il avait ajouté à la sanction lorsque Hyôga se retourna et lui dit qu'il était d'accord pour venir vivre aux enfers avec lui.

Un large sourire heureux s'étira sur le visage du grec avant que ses lèvres ne recouvrent celles glacées du russe.