Le lendemain, le cygne annonça qu'il acceptait d'aller vivre aux enfers. Athéna, bien que triste, était contente pour eux. Surtout pour son ancien chevalier. Un banquet de départ fut préparé pour le soir même. La joie et la tristesse se mêlaient et le repas se termina tard dans la nuit. Personne n'avait évoqué le verseau et Milo en était soulagé.

Tard dans la soirée, il se retira en compagnie de Hyôga qui dormait à moitié. Après l'avoir mis au lit, l'ancien chevalier essaya lui aussi de dormir mais il n'y parvint pas. Ses pensées étant tournées vers une autre personne. Ayant marre de ne pas réussir à s'endormir, il se leva et alla se balader sur la plage silencieuse. Seul le bruit des vagues l'apaisa. Il finit par s'asseoir et laissa son esprit vagabonder parmi ses souvenirs. Il se demanda pourquoi eux, les deux meilleurs amis, les amants inséparables, en étaient arrivés là.

Même s'il se sentait heureux avec le russe, il regrettait son histoire et son amitié avec le français. Avant de se laisser sombrer dans le sommeil, il se remémora la discussion qu'il avait eu avec le verseau lorsqu'il était inconscient et se demanda pourquoi son ancien amant pleurait.

Pendant ce temps, ledit verseau venait d'apprendre la sanction dont il écopait. Il était content qu'Athéna et le pope aient accepté la proposition de son père mais il tremblait néanmoins à la condition que Milo avait rajoutée. Il savait que c'était la façon de se venger de son ancien amant. Son père venait également de lui dire qu'il repartait aux enfers le lendemain et lui proposa de venir le voir de temps en temps.

Camus aurait bien voulu mais ce qui l'en empêcha fut le fait de savoir Milo et peut-être Hyôga là-bas. Il avait très bien comprit qu'il était devenu l'ennemi du russe après avoir frappé l'ancien scorpion. Il s'endormit, blotti, dans les bras de son père. Celui-ci, bien que déçu du refus de son fils mais qu'il comprenait, avait senti que le français avait besoin de réconfort. Voulant rattraper le temps perdu, il le laissa se blottir contre lui et s'endormit en ayant néanmoins une pensée pour son compagnon.

Le lendemain, Minos partit avec regret de Sibérie. Il ne voulait pas laisser son fils seul mais il y était obligé. Après un dernier câlin, ils se séparèrent et il partit non sans se retourner vers l'isba.

Lorsqu'il arriva au sanctuaire, il cacha du mieux qu'il put sa tristesse et alla retrouver son compagnon. Celui-ci lui demanda des nouvelles de son fils puis remarquant la tristesse du griffon, le consola du mieux qu'il put. Il lui proposa également de retourner auprès du verseau pendant quelques temps mais Minos refusa car il savait qu'il ne pourrait plus partir de Sibérie s'il y retourner. Malgré sa colère envers le verseau, il se demanda comment, lui, réagirait s'il venait à se séparer de son amant. Questionnement idiot car il connaissait la réponse. Il décida cependant de ne rien dire à son amant ni à son fils.

Celui-ci était heureux mais ressentait au fond de lui, une pointe de tristesse et de regrets.

Le départ du sanctuaire se fit agréablement mais tristement tandis que l'arrivée aux enfers se fit plus allègrement. Milo emmena Hyôga visiter les lieux et pendant qu'ils étaient partis, Minos dit :

- Ils ne resteront pas ensembles longtemps.

- Comment le sais-tu ? demanda Eaques perplexe.

- Cela se sent. Hyôga est beaucoup trop immature pour ton fils et Milo a encore la morsure de l'amour qu'il avait pour Camus.

- Je comprends ce que tu veux dire et je dois avouer que... j'aimerais les revoir ensembles même si j'en veux encore à ton fils.

- Pourquoi cela ?

- Ils sont faits l'un pour l'autre et puis ils se connaissent depuis leur petite enfance. Et je n'aime pas te voir triste même si tu essaies de le cacher.

- A ton avis, que devons-nous faire ? Lui dire ou attendre ?

- Je ne sais pas, il faut que l'on réfléchisse et ce de préférence avant qu'il ne parte le voir.

Les deux amants se turent et observèrent en silence le nouveau couple s'amuser. Ils se retirèrent enfin pour se retrouver et que l'un puisse réconforter l'autre.

L'ancien scorpion avait ressenti les regards des deux juges et savait qu'ils parlaient de sa relation avec le cygne. Il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir mais était curieux de savoir ce qu'ils pensaient. En attendant d'aller les voir et de penser à ce qu'il avait demandé comme sanction pour le verseau, il préféra se concentrer sur ce qu'il vivait avec le russe même si au fond de lui, il savait que cela ne durerait pas longtemps.

Pendant ce temps, Camus se remettait difficilement de la nouvelle que son père lui avait apprit il y a quelques temps auparavant. Bien qu'il fût heureux qu'Athéna et son représentant aient été indulgents après ce qu'il avait fait, il ne pouvait s'empêcher de frémir et d'appréhender les futures visites de Milo. Il ne savait tout simplement pas comment cela allait se passer et après de nombreuses nuits blanches, il trouva une solution qui, espérait-il, dégouterait son ancien compagnon.

Quelques semaines plus tard, il reçut une lettre de l'arachnide qui lui indiquait la date de sa venue.

Ledit arachnide avait en effet décidé de commencer ses séjours en Sibérie afin de changer un peu d'air et peut-être avoir une bonne explication avec le seigneur des glaces. Un autre motif s'était rajouté à cela : fuir la présence de Hyôga et leurs disputes de plus en plus fréquentes. Il se souvint qu'un jour son père lui avait fait part de ce qu'il pensait à propos de leur relation. Cela l'avait mit en colère, ce qui provoqua une querelle entre eux et au fur et à mesure, un éloignement en avait résulté.

Eaques avait souffert de cette distance entre son fils et lui et seul Minos arrivait à lui remonter le moral. Le griffon était le seul que l'ancien scorpion acceptait de voir et il pouvait voir que le grec commençait à être malheureux de cette séparation.

C'est pourquoi, un jour, il décida de leur offrir un repas en dehors des enfers afin qu'ils puissent s'expliquer sans être dérangés par un cygne qui devenait de plus en plus envahissant.

La surprise s'était lue sur le visage de chaque protagoniste, lorsque le griffon leur annonça la raison de ce dîner et qu'il leur précisa, d'un ton dur et froid, qu'ils ne devaient rentrer que lorsqu'ils se seraient expliqués.

Les débuts de leur réconciliation avaient été durs, tendus et froids puis au fur et à mesure l'amour filial et paternel avait reprit le dessus. Ils avaient parlé de tout et surtout du sujet le plus épineux : Camus. C'est à ce moment-là que le grec décida de partir faire son premier séjour en Sibérie depuis qu'il était aux enfers.

Evidemment, un autre problème se présenta : Hyôga.

Celui-ci avait mal digérer cette annonce et avait fait promettre à son compagnon de rentrer le plus rapidement possible. Cela avait agacé le bleuté qui n'avait pas manqué de le lui faire savoir et bien qu'il appréhendait intérieurement cette nouvelle rencontre avec le français, il décida de partir une semaine plus tard.

Comment se passerait cette rencontre ? Qu'en sortirait t-il ? Milo et Camus se le demandaient et c'est avec inquiétude que l'ancien chevalier s'envola vers le pays de glace.

Il arriva quelques heures plus tard à l'aéroport de Moscou. Il alla chercher ses bagages et se dirigea tranquillement vers la sortie. Après avoir cherché le verseau des yeux, il l'aperçut et fut surprit de le voir avec un masque sur son visage. Après un bref échange de salutations, Camus prit les valises et commença à partir, dans un silence religieux et pesant, qui déstabilisa le scorpion, tout en faisant signe au grec de le suivre.

Avant qu'ils n'atteignent la sortie de l'aéroport, le français s'arrêta, enleva son manteau et le passa à Milo sans un mot. Celui-ci, qui pour une fois ne parlait pas beaucoup, le remercia sans poser plus de questions.

Le onzième gardien cala les bagages sur sa motoneige puis ils s'installèrent dessus. Déjà que la proximité les mettaient mal à l'aise, cela empira lorsque Camus commença à conduire.

La tempête faisait rage et Milo se dit qu'heureusement que son ancien ami était venu le chercher avec un véhicule car sinon il n'aurait jamais pu arriver à destination seul.

Une trentaine de minutes plus tard, ils se trouvaient devant l'isba et se dépêchèrent d'y rentrer. Une fois à l'intérieur, le français alla déposer les valises du visiteur dans sa propre chambre puis alla ensuite arranger le feu qui brûlait dans la superbe cheminée pour enfin aller dans la cuisine préparer le repas. Entre-temps, il avait suggéré à son invité de prendre ses aises et lui avait également demandé si ce qu'il envisageait de cuisiner lui convenait. Milo acquiesça et, après que son hôte soit partit dans la cuisine, se mit à regarder l'intérieur de l'isba. Il n'y était jamais venu même lorsqu'ils étaient encore amants et il se sentait légèrement intimidé.

La pièce ressemblait en tout point à son propriétaire sauf dans un coin où se trouvait une forme étrange qui était en fait un piano. Sur le dessus se trouvait un cadre photo à l'envers. Intrigué, Milo souleva lentement le cadre et ce qu'il vit sur la photo lui serra le cœur. Il lutta pour contenir ses larmes mais ce fut vain. Il regrettait amèrement la période où il avait été plus qu'heureux avec le verseau.

Camus le regardait en silence et son cœur se serra également lorsqu'il vit l'ancien scorpion prendre la photo dans ses mains. Il resta quelques minutes à regarder la réaction du scorpion puis retourna à sa préparation en pensant qu'il avait de la chance d'avoir son masque car il n'aurait pas pu réussir à cacher ce qu'il ressentait face au grec. Il termina sa cuisine et regarda, à travers l'entrebâillement de la porte, où se trouvait Milo et ce qu'il vit le surprit.

Le grec était assit sur le tabouret du piano, sa tête reposant dans ses mains, les coudes appuyés sur le protège touches et des larmes coulaient sans discontinuer sur ses joues hâlées.

Camus hésita à aller le voir car il ne savait comment réagir mais il se souvint qu'il devait être aux petits soins avec lui et se força donc à aller près de lui.

D'une voix qu'il voulait distante et sans émotions, il demanda :

- Milo, que t'arrive t-il ?

- Je... je...

- Allez calme-toi ! Souffle et respire un grand coup.

- Lai...laisse moi seul... un moment s'il te plaît.

- Tu en es sûr ? Très bien. Va dans ma chambre si tu veux, tu y seras mieux.

Milo le remercia d'un hochement de tête et partit dans la pièce. Le français enleva son masque pour essuyer ses larmes qui coulaient également. Il ne pensait pas qu'en voyant cette photo, Milo s'effondrerait ainsi et il se souvint subitement qu'il avait laissé des objets ayant une signification pour les deux jeunes hommes. Il essaya de se reprendre en jouant son morceau préféré mais au bout d'un moment, il laissa tomber et partit prendre l'air.

Le grec continuait de pleurer, allongé sur le lit spacieux. Cette photo lui avait rappelé la perte de leur amitié et de leur amour. Il n'aurait jamais pensé que le verseau se faisait souffrir ainsi et regrettais amèrement son attitude envers lui. Peu à peu, il commença à s'endormir d'un sommeil sans rêve jusqu'au lendemain.

Pendant ce temps, aux enfers, Minos et Eaque avait du fil à retordre en la personne de Hyôga. Celui-ci n'acceptait toujours pas le fait que son amant soit partit passer quelques jours chez celui qui avait faillit le tuer. Il commençait vraiment à taper sur les nerfs des deux juges et Eaques craqua le premier en l'engueulant tellement que son compagnon fut obligé d'intervenir pour le calmer.

Après cela, le cygne décida de partir le lendemain pour aller chercher son amant. Le griffon tenta de l'en empêcher mais en vain.

Milo venait de se réveiller difficilement avec un mal de tête, des yeux gonflés et rouges. Il se tritura l'esprit pour découvrir comment aborder tout cela avec son hôte. Alors qu'il était en train de se poser ses questions, il entendit frapper à la porte. Le français venait lui demander s'il voulait venir déjeuner. Répondant par la positive, le grec se leva et rejoignit tranquillement le salon où il s'aperçut que la table était mise pour une personne. Camus arriva à ce moment-là avec le plat et Milo en profita pour lui demander :

- Il est quelle heure ?

- Midi et demi, lui répondit Camus.

- J'ai dormi tant que ça ?

- Oui. Tu en avais grand besoin. Assieds-toi et restaure-toi.

- Tu ne manges pas ?

- Non, je n'ai pas faim, merci. Mange autant que tu veux.

- Camus..., même si je désapprouve le fait que tu ne mange pas, j'aimerais que tu me tiennes compagnie à table à visage découvert, s'il te plaît, demanda l'ancien scorpion se préparant aussi à aborder le sujet de leur histoire.

Camus soupira, hésita mais vint quand même s'asseoir puis enleva son masque. Leurs regards se croisèrent quelques secondes avant qu'ils ne le détournent l'un de l'autre. Milo réengagea avec difficulté, un semblant de conversation :

- Je... je suis désolé d'avoir réagis ainsi hier et je...j'aimerais qu'on ait une bonne explication entre nous sur tout ce qui s'est passé car j'ai l'impression que l'on souffre encore, enfin si tu es d'accord.

- Je..., commença le verseau qui n'eut pas le temps de terminer sa phrase car il sentit le cosmos coléreux du cygne qui venait d'attérir.

Il n'était pas le seul à l'avoir ressenti et Milo, avant de se lever, mangea quelques bouchées du délicieux repas que Camus avait préparé. Il partit ensuite faire ses bagages et s'excusa auprès de son hôte de partir aussi vite. Il rajouta aussi qu'il reviendrait le voir bientôt, espérait-il, pour pouvoir s'expliquer et peut-être repartir à zéro. Le grec s'en alla, frustré, retrouver son amant en utilisant la vitesse de la lumière. Lorsqu'il arriva à l'aéroport une dizaine de minutes plus tard, il chercha le cygne, le trouva et l'emmena sans douceur, reprendre un billet pour retourner d'où il venait.

Le trajet de retour se fit dans le plus grand silence, une tension se faisant sentir entre eux. Arrivés chez eux, Milo partit s'enfermer dans leur chambre sans adresser un mot au russe. Il était vraiment furieux et préféra se calmer avant d'aller lui parler même s'il savait que son calme ne durerait pas.

Hyôga était surprit de la réaction de son amant. Il avait l'air d'avoir pleuré et d'être en colère. Que lui avait fait Camus ? Il hésita à aller voir le grec puis se décida en sentant enfler le cosmos de colère.

Un léger coup à la porte fit sursauter l'ancien scorpion. D'une voix dangereusement calme, il permit à son amant de pénétrer dans la pièce. La tension était palpable. Chacun des deux essayait de garder son calme mais c'était de moins en moins évident pour l'un d'eux.

Après un moment de silence, lourd, Milo prit la parole d'une voix basse :

- Pourquoi...pourquoi es-tu venu ?

- Je n'acceptais pas que tu ailles là-bas avec lui. J'avais peur qu'il recommence et je tiens à toi.

- Je n'aurais pas eu de problèmes et même si on s'était battus, je ne serais pas rester passif comme la dernière fois.

- Je... je sais mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter.

- Je te remercie de cela mais il me semble que mon père et Minos t'on dit de ne pas venir, non ?

- C'est vrai mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter et je... j'ai peur que... que tu retournes avec lui.

Milo ferma les yeux. Il aimait le cygne mais il devait s'avouer qu'il avait déjà pensé à cette idée. Refoulant les émotions qui affluaient en lui, il tenta de garder une voix calme en disant :

- Je resterais toujours avec toi à une condition.

- Laquelle ? demanda le russe avec une pointe de soulagement dans la voix.

- Que tu n'interviennes plus dans mes séjours chez Camus. C'est entre lui et moi, d'accord ?

- ..., très bien j'accepte.

Ils se regardèrent quelques secondes puis se jetèrent dans les bras l'un de l'autre et se consolèrent.

Pendant ce temps, Minos venait de terminer une discussion télépathique avec son fils. Il était bouleversé et en parla avec Eaques. Celui-ci l'écouta attentivement et maudit le cygne pour son intervention. Il savait également que personne ne pourrait séparer le couple scorpion/cygne à moins qu'il n'y ait un problème entre eux ou que l'un des deux tombe sous le charme de quelqu'un d'autre. Prenant son mal en patience, il se promit d'en toucher néanmoins un mot à Milo et également au verseau si celui-ci voulait bien.

Alors qu'il était en train de faire part de son idée à Minos, il fut interrompu par la porte qui s'ouvrit soudainement. Il grogna son mécontentement car il ne connaissait qu'une seule personne faisant ça : Milo.

Une légère tension s'installa entre eux et Minos essaya de détendre l'atmosphère :

- Toujours aussi silencieux à ce que je vois beau méditerranéen ? Cela me change d'une autre personne.

-Comme tu peux le voir en effet Minos, répondit ledit méditerranéen souriant faussement, ce qui n'est apparemment pas le cas de mon père.

Un lourd silence de reproches s'immisça entre le père et le fils. Le plus âgé des deux demanda :

- Que veux-tu dire par là ?

- Que tu pourrais être plus discret lorsque tu as quelque chose à dire à Minos.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. Et puis, tu n'as qu'à pas écouter aux portes.

- Il est vrai que d'habitude je le fais exprès mais là, c'était totalement involontaire. Alors que voulais-tu me dire ?

Un silence s'installa après la question du grec. Eaques soutint son regard et sans un mot se téléporta hors de la pièce. Les deux autres jeunes hommes se regardèrent avec insistance et Milo demanda, après avoir comprit très vite ce que voulait son père :

- De qui voulais-tu parler en disant cela ?

- Je ne te dirais pas son nom mais sache que c'est une personne chère à mon cœur et qui fait partie de ma famille.

- C'est mon père ?

- Va le rejoindre, vous avez des choses à vous dire, il me semble, répondit Minos en partant dans une autre pièce.

Se retrouvant seul dans la pièce, Milo râla et se décida à rejoindre le garuda en dehors des enfers. Sans une once de douceur, il demanda :

- Est-ce vraiment important pour que tu m'emmènes ici ?

- Je ne veux pas être surpris par des oreilles indiscrètes. Que ressens-tu vraiment pour Hyôga ?

- Pardon...? C'est quoi cette question ?

- Réponds. L'aimes-tu vraiment ?

- Pourquoi serais-je avec lui si ce n'était pas le cas ? Expliques-moi.

- Par vengeance ou par dépit d'avoir perdu celui que tu aimais.

Milo se tut, ne sachant pas quoi répondre à cette affirmation. Son silence servit de réponse à Eaques. Un laps de temps passa puis le juge vit son fils s'effondrer. Il le prit dans ses bras et le berça doucement jusque Milo parle ou qu'il s'endorme. Celui-ci laissa sortir toute sa tristesse, sa colère et sa frustration. Oui, il devait se l'avouer, il aimait encore le verseau mais culpabilisait trop pour lui demander pardon. La discussion qu'il voulait avoir avec lui ne changerait rien et cela les ferais souffrir encore plus.

Au bout d'un moment, l'ancien scorpion se calma et décida de se confier à son père mais il fut, encore une fois, interrompu par son amant qui se débattait dans les bras du griffon.

Le grec décida était en colère et décida de le faire comprendre à son compagnon.

Avec un calme absolu, il n'utilisa pas ses propres pouvoirs mais ceux que Camus lui avait offert, il y a quelques temps déjà.

Les deux juges d'Hadès grelottaient et ne furent que très peu surpris tandis que le cygne était tout leur contraire. En effet, celui-ci ne craignait pas le froid mais était plus que surprit de ce changement brutal de température. Avec hésitation, il demanda :

- Comment...comment est-ce possible ? Il n'est pourtant pas là et aucun spectre n'utilise ce pouvoir. Est-ce vraiment toi qui l'utilise Milo ?

- En effet, répondit celui-ci, si tu ne veux pas être enfermé dans un cercueil de glace, je te conseille vivement de rentrer aux enfers ou d'aller au sanctuaire.

Hyôga ne répondit rien et après avoir soutenu le regard de son amour, partit sans rien demander de plus.

Une fois qu'il fut partit, le grec fit remonter la température et s'excusa auprès des deux juges. Ceux-ci le rassurèrent et Eaques s'adressa à Minos :

- Tu comptes lui dire ?

- Oui. Et il est d'accord.

- De qui parlez-vous enfin ?!

Les deux juges se regardèrent et Minos se décida à lui révéler le nom de la personne mystérieuse. L'annonce cloua l'ancien scorpion sur place et sans voix.