Petite chose importante que j'ai oublié de préciser dans le chapitre avant. Les personnages et l'univers de KHR ne m'appartiennent pas bien entendu. Vous vous en doutez, vous le savez, mais malgré tout il est important de le certifier afin de respecter la propriété de l'artiste.

Ainsi laissons à Akira Amano ce qui lui appartient.

Sur ce, bonne lecture :-)


Bip...bip...bip...

Un bruit incessant qui lui vrillait le crâne, un bruit régulier, lent. Son coeur. Ses battements de coeur lu par un monitoring. Son esprit encore engourdi avait comprit ça. Maintenant d'autres questions venaient.

Quand? Où? Avec qui? Comment?

C'était l'ordre qu'il essayait de respecter. En même temps il tenta de garder son coeur au rythme lent qu'il avait avant son réveil. Faire le mort. Ça aussi c'était quelque chose que Reborn lui avait apprit avec Moretti et dont il n'avait pas comprit l'utilité tout de suite. Mais parvenir à faire semblant d'être évanoui avait ses avantages.

Actuellement ça lui permettait d'être tranquille pour réfléchir. Il abandonna rapidement la question "quand?". Il ne pourrait pas avoir de réponses seul.

Vint ensuite le "où?". Il tenta de se concentrer sur son environnement. Il faisait assez chaud, lourd aussi, il n'y avait pas beaucoup d'air. La pièce sentait le renfermé et la moisissure. Il était couché sur un lit qui avait du connaître de meilleurs jours. Il sentit un rayon de soleil lui réchauffer la peau. Il y avait donc une fenêtre.

Ne voulant pas ouvrir les yeux de peur de se faire remarquer, il se contenta de ça. Maintenant il fit attention à son corps. Il avait un horrible mal de crâne et la drogue le rendait encore léthargique. Son bras droit l'élançait au niveau de la brûlure que lui avait fait les flammes de la foudre. Il sentit un poids autour de ses deux poignets. Des menottes. C'était la seule restriction qu'il sentait.

Tant mieux pour lui, ce serait facile de s'en défaire. Autre fait rassurant, sa bague était toujours à son doigt. Il pouvait sentir Natsu qui vivait dedans.

Vint la question suivante. Avec qui? Après quelques minutes de concentration, il parvint à entendre une conversation qui devait avoir lieu dans la pièce voisine. Les murs étaient fins, il pouvait tout entendre.

- Donc impossible de lui retirer sa bague...
- Ouais, elle n'a pas bougé d'un millimètre quand on a voulu la retirer.
- Au pire on lui coupera le doigt. Il ne doit surtout pas la garder, c'est son arme!
- Du calme, tant qu'il est drogué on risque rien. Avec la dose que tu lui as mis il en a encore pour une bonne heure et puis regarde son rythme cardiaque n'a pas bougé, il dort toujours.
- Si tu t'inquiètes si peu c'est parce que tu n'es qu'un gamin qui vient à peine de débarquer. Tu n'as jamais vu de quoi ce gosse est capable. D'ailleurs juste des menottes je trouve ça un peu peu. On aurait au moins put l'enfermer dans une salle un peu plus forte que cette vieille chambre. Et puis il n'y a même pas de caméras!
- Tant qu'il dort on ne risque rien. Au moindre signe de réveil on lui remet une dose comme ça on est tranquille. De toute manière on ne peut rien faire d'autre tant qu'on a pas d'ordre.
- Mouais... l'idée du boss est génial, on l'a réalisée, mais maintenant faut s'organiser ici sans se faire remarquer. Ça fait quand même bizarre comme sensation... se retrouver si loin...
- Ouais! J'ai bien cru que le boss rigolait quand il nous a dit son plan, mais maintenant qu'on y est...
- Quelqu'un veut du café?

La conversation partit sur des choses moins intéressantes. Tsuna fut heureux d'avoir pensé à garder son rythme cardiaque régulier. Apparemment ses ravisseurs voyaient les résultats du monitoring dans leur pièce.

Il n'avait pas beaucoup de temps, malgré son état vaseux il devait s'enfuir maintenant avant qu'on ne le drogue à nouveau. Il commença à bouger très lentement, ne faisant aucun bruit et essayant de reprendre le contrôle de son corps. En même temps il faisait attention au bip, le gardant régulier.

Quand il fut assis, sa bague se mit à luire, laissant apparaître le petit lion qu'était Natsu. Celui-ci toucha simplement les menottes de son maître qui devinrent rapidement friables. Tsuna les brisa sans problèmes.

Il échangea un rapide coup d'oeil avec son animal, il n'en fallait pas plus pour qu'ils se comprennent. Le plus silencieusement possible le lionceau se mit à grandir atteignant une taille plus imposante que celle d'un lion adulte.

Dans sa gueule des flammes se mirent à danser alors que son maître lui indiquait un des murs, celui derrière lequel se tenaient les ennemis.

Un jet de flammes détruisit tout sur son passage touchant sans mal les ravisseurs. Tsuna ne perdit pas de temps à savoir si ils étaient hors circuits. Il monta sur le dos de Natsu, s'agrippa à sa crinière alors que l'animal sautait à travers la seule fenêtre de la petite chambre.

Ils étaient au rez-de-chaussée d'une maison qui semblait à l'abandon depuis de nombreuses années. Elle était perdue en lisière de forêt, entourée de champs. Au loin se dessinait vaguement une chaîne de montagne.

Le lion ne s'attarda pas et plongea dans la forêt, courant le plus vite qu'il pouvait en faisant attention à son petit maître qui avait bien du mal à tenir en selle.

Les minutes se transformèrent en heures et quand la nuit commença à s'installer Tsuna demanda à s'arrêter. Le lion ralentit, marchant entre les arbres à la recherche d'un endroit où dormir. Il finit par se satisfaire d'un creux entre deux imposants rochers qui semblaient se soutenir mutuellement. Ils rentraient tout juste à deux.

Tsuna tituba et du s'appuyer à son ami pour marcher. Ils s'enfoncèrent le plus loin qu'ils purent, mais ce ne fut pas beaucoup. Natsu se roula en boule autour de son maître qui tremblait, le réchauffant du mieux qu'il put. Malgré le temps qui avait passé la drogue faisait toujours effet et l'adolescent ne se sentait pas particulièrement bien.

Il s'endormit rapidement sous le regard inquiet de Natsu. Son sommeil fut lourd, ponctué d'aucun rêve.

Quand il se réveilla le soleil était haut dans le ciel et la chaleur se faisait déjà sentir. Prudemment il sortit de sa cachette, son lion le suivant.

Une fois à l'air frais ils prirent quelques instants pour s'étirer. Tsuna s'ausculta pour percevoir des restes de blessures. Mais à part sa brûlure tout allait bien, surtout maintenant que son mal de tête était partit.

Les deux compères commencèrent à marcher dans les bois, cherchant un indice sur leur position et surtout un cours d'eau. Natsu se mit à courir dés qu'il entendit le clapotis de l'eau. Son maître le trouva en train d'avaler des litres et des litres d'eau pour se rassasier.

- Tu avais une petite soif Natsu? Elle est potable?

Le lion lui fit un signe affirmatif et l'adolescent se pencha à son tour pour se désaltérer. L'eau fraîche lui fit un bien fou, il ne c'était même pas rendu compte qu'il avait aussi soif.

Après avoir bu il déchira une des manches de son t-shirt, mouilla le tissus et commença à frotter sa plaie toujours à vif. La brûlure avait la forme du filin qui c'était enroulé autour de son bras. Elle était plus profonde et sérieuse qu'il ne l'avait pensé.

Il grimaça alors qu'il retirait la poussière, ne voulant pas risquer une infection. Natsu lui donna un coup de main, léchant gentiment la plaie. Son maître le caressa, souriant sous les attentions de son allié.

Une fois qu'il fut sûr que la plaie était propre, il déchira l'autre manche de son t-shirt, s'en faisant un bandage précaire. Il noua son pull à sa taille, la température atteignant facilement les trente degrés. Il se releva prêt à reprendre la route quand des gargouillis d'estomac se firent entendre.

- Une petite faim Natsu?

Le lion rougit alors qu'une de ses pattes grattait le sol en signe de gêne. Tsuna sourit en le voyant faire. Il trouvait toujours que les réactions de son lion étaient à l'opposées de l'image qu'il renvoyait. Après tout qui pourrait penser qu'un imposant lion ayant une crinière de flammes et une armure aux armoiries de la plus grande mafia au monde pouvait ressentir de la gêne ou même de la peur.

- Allons chasser, moi aussi j'ai faim.

Le futur boss enfourcha son animal qui partit à vitesse grand v, tout heureux de pouvoir chasser en compagnie de son maître. Ils slalomèrent entre les arbres, coursant lapins et biches jusqu'à avoir assez de nourriture.

Natsu se retrouvait avec une grande biche pour repas alors que Tsuna se contentait de quelque chose de moins imposant. Deux lapins qu'il fit cuire avec ses flammes. Encore une fois il remercia mentalement Reborn pour les cours de survie. Et puis ce n'était pas la première qu'il se retrouvait dans un endroit complètement inconnu et pourchassé par une famiglia particulièrement agressive.

Les deux compères finirent leur repas avant de se remettre en route. Ils devaient trouver une ville pour savoir où ils étaient et pour contacter les Vongolas. Avec un peu de chance il était en Italie, il reconnaissait la végétation et surtout son intuition le lui confirmait.

Après une bonne heure de course, ils durent s'arrêter et se planquer en entendant des gens arriver. Natsu rétrécit pour s'asseoir sur l'épaule de l'adolescent. Tous les deux reconnurent sans mal la langue. L'Italien. Ils étaient donc bien là où il pensait. Après quelques instants ils virent deux hommes imposants qui tenaient des chevaux de traits aussi imposants qu'eux, traînants derrière eux des troncs fraîchement abattus. Les deux bûcherons passèrent devant sa cachette sans le voir, mais quand ils furent plus près, un détail attira l'attention de boss.

Mais il n'y fit pas plus attention, se disant qu'il s'agissait de paysans et que c'était peut-être normal. Une fois le potentiel danger passé, ils reprirent la route, suivant les sillons laissés par les troncs traînés, espérant que cela les mène à une ville ou au moins un village.

Ce fut un village au final. Une petite bourgade d'une trentaine de maisons pas plus. Les gens allaient et venaient dans la seule grande rue qui traversait l'endroit. Les gens s'arrêtaient pour discuter, échangeant les dernières nouvelles. Les fermiers allaient et venaient dans leurs champs. Enfin, la vie normale d'un village de campagne.

Mais malgré tout Tsuna resta bloqué, choqué. Son cerveau ne semblait pas vouloir accepter une réalité indiscutable. Il resta immobile caché derrière son buisson, essayant de savoir comment c'était possible. Une partie rationnelle de son cerveau ne cessait de lui montrer toutes les preuves indiscutables alors qu'une petite voix paniquée niait tout en bloc.

Ce débat inconscient le bloqua longtemps avant que la partie rationnelle ne prenne le dessus. Il souffla un bon coup et essaya de se remettre les idées dans l'ordre pour mieux redémarrer. Maintenant qu'il avait accepté la situation, il devait bouger sinon il serait rattrapé par ses ravisseurs.

Il était dans le passé.

Il ne savait pas comment c'était possible mais il ne pouvait plus le nier. Les habits des gens, leurs maisons, le décor et l'absence de technologies confirmait ce qu'il redoutait. Même la langue était un peu différente et c'est ça qui avait perturbé le Decimo avec les bûcherons.

Le tout maintenant était de savoir où il était et surtout en quelle année. Mais avant il devait pouvoir passer inaperçu. Un rapide coup d'oeil à ses vêtements lui fit comprendre qu'il n'était pas très discret.

Il observa les habitations, remarquant vite le linge qui séchait dans le jardin d'une. Natsu suivit ses pensées et partit au petit trot vers sa cible.

Il se fit le plus discret possible, allant même jusqu'à faire disparaître les flammes de sa crinière. Il passa sous les haies pour atteindre les jardins voulut. Il observa les différents vêtements, évaluant ceux qui iraient à son maître. Après quelques instants de réflexion il se mit à sauter, tirant sur ce qu'il voulait jusqu'à ce que ça tombe.

Quand il eut finit, il rassembla tout dans sa gueule et partit au petit trot, faisant attention à ne pas se faire repérer.

Tsuna le serra dans ses bras quand il arriva jusqu'à lui, le félicitant. L'adolescent observa le butin, un pantalon brun, une chemise dont le blanc éclatant de ses débuts avait commencé à virer au gris et un veston sans manches brun un peu élimé qui était tombé avec la chemise.

Tsuna se dépêcha de se changer, constatant que son lion avait l'oeil pour les tailles. Tout était à peine trop grand. Il avait replié les manches de la chemise jusqu'au dessus des coudes, de toute manière il faisait bien trop chaud pour qu'il les laisse pendre.

Maintenant il ne lui restait plus qu'à régler quelques détails. D'abord ses chaussures, de simples baskets qui n'avaient rien à faire à cette époque. Il avisa de la boue plus loin et commença à tremper ses chaussures dedans, les rendant brunes et méconnaissables. Elles attireraient moins l'attention. Ensuite, il regarda son anneau, il ne pouvait vraiment pas le laisser à son doigt, l'insigne Vongola était beaucoup trop visible.

Il fouilla rapidement les poches de son ancien pantalon, en sortant une fine chaîne qu'il gardait toujours sur lui. Il glissa son anneau dessus avant de l'accrocher à son cou, le cachant sous ses vêtements. Il faisait toujours ça quand il devait aller à l'école ou bêtement faire les courses.

Maintenant qu'il était prêt à se fondre dans le décor, il fit signe à son coéquipier de retourner se cacher dans sa bague. Natsu le supplia du regard de rester avec lui, mais encore une fois, l'appartenance aux Vongolas étaient bien trop forte. D'ailleurs il était temps qu'il sache en quelle année il était pour savoir qui était le boss.

Une fois que le lion eut abdiqué, il sortit enfin de sa cachette, brûlant avant ses vêtements, sachant qu'il n'en aurait pas besoin ici et qu'il valait mieux que personne ne tombe dessus. Heureusement, il n'avait rien sur lui au moment de son enlèvement. Fin prêt, il s'avança dans le village, passant très vite devant la maison où il avait piqué le linge.

Il n'y avait pas grand chose à part des fermes et une église, mais avant d'arriver au bout, il repéra une petite épicerie qui vendait un peu de tout. Par chance, un exemplaire du journal était exposé. Il se dépêcha de trouver la date. Mais dés qu'elle fut sous ses yeux, un deuxième blocage.

Accepter qu'il soit dans le passé sans trop savoir comment il avait fait, ça avait été dure à digérer et il ne pensait pas se faire rapidement à la situation, malgré tout c'était plus ou moins acceptable, après tout il avait voyagé dans le futur alors le passé, pourquoi pas? Mais savoir qu'il était aussi loin de son époque lui faisait un deuxième choc difficile à encaisser.

Son esprit tentait de calculer combien d'années le séparait de sa famille et pendant quelques instants il fut étourdi par ses propres conclusions. Il dut s'asseoir dans l'herbe à côté le temps de se reprendre.

Plus de deux-cents ans.

Il ne savait pas trop comment mais la famille Estraneo l'avait amené deux-cents ans dans le passé. Cette nouvelle lui tombait dessus avec la force d'une massue. Brusquement l'éloignement avec ses amis se fit sentir, la solitude. Il était complètement seul et complètement perdu. Il voulut paniquer mais le moment était mal choisi pour ça. Il était sûrement poursuivi.

Ensuite, vint l'inquiétude. Il se souvenait avoir vu Gokudera et Yamamoto sérieusement blessés, ce fut à eux qu'il pensa en premier, ensuite aux autres, tous les autres qui ne cessaient d'être de plus en plus nombreux. Ils lui manquaient. Là il avait vraiment envie de fondre en larme comme un enfant.

Il tenta de les repousser, mais l'idée même qu'il ne puisse jamais revoir personne lui fut insupportable et brisa ses dernière barrières. Il pleura. Il parvint à aller s'asseoir sur une caisse derrière l'échoppe et laissa sa peine le submerger sans parvenir à l'arrêter.

Natsu ne resta pas longtemps dans sa bague, il rejoignit son maître dés qu'ils furent à l'abris des regards. Il frotta sa petite tête contre les joues où coulaient des sillons de larmes. Tsuna le serra dans ses bras, s'accrochant à la dernière chose qui le reliait à son monde, son époque.

Il ne sut pas trop combien de temps il resta là, prostré, mais ses larmes finirent par se tarir, n'enlevant rien à sa peine. Une main posé sur son épaule le fit sortir de sa léthargie. L'image d'Hibari se dessina dans son esprit. Mais quand il leva le regard ce fut pour tomber sur un vieil homme courbé par les années qui lui souriait.

- Cio va meglio ragazzo (ça va mieux gamin)? J'ai entendu tes sanglots, tu faisais peine à entendre

- Ci...Cio va meglio... Grazie...

A ce moment Tsuna se rendit compte que Natsu était toujours dans ses bras et que celui-ci venait à peine de cacher ses flammes, le vieil homme les avait sûrement vues. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que celui-ci n'avait sûrement pas pu. Ses yeux beaucoup trop clair semblaient n'avoir jamais rien vu de leur vie.

- Ne reste pas ici... Viens, il faut que tu mange et que tu boive. Ton chat est le bienvenu aussi. Vieni.

L'adolescent suivit le vieil homme encore un peu perdu après tout ce qu'il avait du encaisser. Ils arrivèrent dans une maison bien modeste un peu en retrait du village. Une fois à l'intérieur on lui fit signe de s'asseoir sur une des chaises en bois qui entouraient la table.

L'homme s'activa dans la cuisine, sortant une grosse miche de pain, du beurre et du fromage ainsi qu'une carafe d'eau. il posa le tout devant le plus jeune avant de s'asseoir à son tour. Il trancha le pain, servant une bonne part à son invité et il tendit une coupelle d'eau à Natsu qui ronronna de satisfaction.

- Mange ragazzo, tu en as besoin

- Grazie.

Et il mangea, son estomac le rappelant à l'ordre. Tout fut très silencieux et l'aveugle ne lui posa aucune question ce dont le remercia silencieusement Tsuna. Il ne savait pas trop ce qu'il pourrait bien raconter.

Après le repas ses idées redevinrent plus claires, il aurait le temps plus tard pour se laisser submerger par ses émotions, maintenant il avait besoin de quelques informations pour décider de la suite.

- Excusez moi, mais dans quel village sommes-nous?

- Dans Roncaro. Milano est la plus grande ville la plus proche.

- "Je suis assez au nord... Et je ne sais pas du tout où j'étais avant... En tout cas je ne peux pas rester." Merci beaucoup pour votre accueil, mais je dois vraiment partir.

- Je m'en doutais, attends juste quelques secondes.

Le vieillard se leva, commençant à arpenter la pièce, s'aidant de sa canne. Il ouvrit ses armoires, fouillant dedans et en sortant divers objets. Il finit par prendre un vieux sacs en bandoulière brun qui tenait à un clou. Il le tendit à l'adolescent.

- Prends le et mets ça dedans.

Cette fois il déposa un grand pain rond, un carré de fromage emballé et quelques tranches de jambon, une gourde métallique. Une petite lanterne et une couverture ainsi qu'un couteau bien rangé dans son fourreau. Il ajouta encore trois pommes et autant de poires. Tsuna regarda tout ça sans vraiment comprendre.

- Qu'est-ce que...

- Prends tout et mets dans le sac, si tu voyage tu auras au moins besoin de ça. Tu n'as rien sur toi je me trompe?

Le futur boss ne put que l'admettre, il n'avait vraiment rien à part ses vêtements volés et sa bague. Le vieillard remplit le sac à sa place, sentant que le jeune hésitait.

- Avec ça tu auras au moins de quoi te nourrir deux jours ou trois, après je suis sûr que tu sauras te débrouiller. Je n'ai presque pas d'argent et je ne vis que grâce à la charité de mes voisins alors c'est tout ce que je peux te donner.

- C'est déjà beaucoup trop...

- Toi tu es quelqu'un de bien, beaucoup se seraient plaint de si peu, pas toi. Quand je t'ai entendu, j'ai su que t'étais un chouette petit gars et de gens comme toi il faut pas les abandonner y'en a trop peu.

Tsuna se leva et vint serrer doucement les mains du vieil homme dans les siennes en guise de reconnaissance. Un peu de ses flammes s'infiltrèrent dans le corps abimé par la vie, lui rendant pour quelques temps un nouveau souffle. Ses douleurs s'en allèrent, ses jambes cessèrent de trembler alors que son dos se redressait légèrement.

- Merci infiniment.

- Tiens, prends ça aussi, le soleil tape fort pendant la journée.

L'aveugle retira son vieux béret pour le poser sur les cheveux indisciplinés du plus jeune. Tsuna le plaça correctement, remerciant à nouveau l'homme.

Le temps de la séparation arriva et le futur boss reprit la route, son sac rempli et son béret masquant une des parts les plus reconnaissable de lui. Dans la petite maison, le vieil homme alla au jardin, décrochant quelques fleurs qui poussaient là.

Peu après, il sortit de chez lui et se mit à marcher vers l'autre bout du village, vers l'église et surtout derrière celle-ci. Il arriva au cimetière, rejoignit une des tombes qui semblait presque à l'abandon.

- Bonjour mon amour... Cela fait si longtemps que je n'ai pas pu venir que j'en suis tout ému... Des années que je n'ai pas put te parler... Désolé... Tu sais la vieillesse ça n'a pas grand chose de marrant, c'est à peine si j'arrive à sortir de la maison. Mais aujourd'hui j'ai réussi et j'ai rencontré un p'tit gars... Si je suis là maintenant je suis sûr que c'est grâce à lui... Que Dieu le protège...

Cela sera peut-être le cas, mais Tsuna ne savait pas trop si se vouer à une aide mystique lui serait d'une grande aide. Il avait reprit la route mais ne savait pas encore trop quoi faire ni où aller.

Il s'assit sur le bord du chemin sur une grosse pierre. Il réfléchit à ce qu'il savait et ce qu'il pourrait faire de ces infos.

Tout d'abord il était deux-cents dans le passé, pas très réjouissant mais il devrait faire avec. Tsuna ne savait pas si les connaissances historiques qu'il avait apprit sur cette époque lui seraient utiles. Malgré tout il se concentra dessus, cherchant quelque chose qui lui serait utile.

Malheureusement rien d'intéressant ne lui venait à l'esprit. Son intuition lui soufflait qu'il passait à côté de quelque chose d'essentiel.

Pour trouver quoi il se concentra toujours plus sur l'année qu'il avait lu sur le journal. Une liste d'évènements apparut dans son esprit avant que la vérité ne lui arrive comme une gifle.

Il était à l'époque du Primo Vongola.

Après de longues minutes à essayer de digérer l'info, il tenta de savoir si c'était une bonne chose pour lui ou non.

La conclusion arriva rapidement. C'était une bonne nouvelle. Comme il était poursuivi par un groupe de mafieux, il pourrait trouver de l'aide auprès des Vongolas puisque c'était la génération qui était prête à défendre la veuve et l'orphelin.

Maintenant il ne savait pas comment il pourrait expliquer sa situation sans trop en dire sur lui. Mais il laissa ce problème de côté, il avait le temps pour y réfléchir.

Pendant de longues minutes il se fit un rapide plan dans sa tête concernant ce qu'il allait faire.

C'était simple, il devait se rapprocher des Vongolas pour avoir leur protection. Être dans un village qui était sur leur territoire devrait suffire à éloigner un peu les ennemis, ou au moins les retenir quelques temps. Il n'était pas obligé d'entrer en contact avec la première génération.

Maintenant il n'avait plus qu'à traverser toute l'Italie pour rejoindre la Sicile. En se faisant le plus discret possible. Chouette programme en perspective. Tsuna souffla un bon coup, observa à droite et à gauche, personne.

Natsu version xxl fit son apparition pour servir de monture une nouvelle fois. Le premier voyage commença.

Le lion allait vite, très vite. Ils voyagèrent rapidement grâce à lui. Ils longèrent toute la côte évitant au maximum les villes, voyageant de nuit, s'arrêtant le jour pour dormir et se rassasier. Parfois, dans des villages, Tsuna chapardait des fruits dans les vergers pour changer de la viande de lapin. Parfois quelques légumes dans des potagers.

Une fois il avait volé une tarte qui refroidissait sur un appui de fenêtre. Ça avait été trop tentant et puis il n'avait aucun argent pour acheter.

Ce jour là, il avait partagé cette tarte avec deux orphelins qui vivaient dans la grange d'un fermier. Autant que le vol, le troc était devenu son quotidien.

Lorsqu'il volait dans les jardins, il avait prit l'habitude de partager avec les gamins pauvres des villages qui parfois lui donnaient un morceaux de pain ou de fromage en échange. Parfois rien. Mais ce n'était pas ça qui l'importait.

Parfois, il chassait des lapins pour les échanger dans les villages un peu plus grands. Il avait eut ainsi une gourde plus grande et une cape pour le protéger de la pluie. Mais généralement il échangeait contre de la nourriture, ne voulant pas manger du lapin tous les jours.

Ça allait faire une semaine qu'il était sur les routes et la Sicile était toute proche. Il commençait à se familiariser avec l'idée d'être dans le passé, mais pas avec celle d'être sans ses gardiens.

Parfois la solitude le prenait à la gorge, lui faisant monter les larmes aux yeux. Parfois il pleurait et se laissait aller, toujours soutenu par Natsu. Parfois il parvenait à passer au-dessus.

Pour l'instant il était de bonne humeur, il venait d'atteindre la côte la plus proche de la Sicile. Maintenant il devait traverser la mer pour l'atteindre. Mais il devrait attendre le soir pour ça.

Alors il en profita pour se reposer. En fin d'après-midi il chassa avec son fidèle lion. C'était presque devenu un rituel entre eux, parfois une bataille pour savoir qui ramènerait le plus de proies. Tsuna était devenu très habile avec les couteaux et surtout il avait put profiter des conseils d'un lanceur de couteau d'un cirque à qui il avait échangé plusieurs de ses lapins contre le repas et un endroit où dormir.

Durant cette partie il se servit de son nouvel atout pour prendre quatre lapins, Natsu en ramena autant qu'il enfila en quelques instants. Quand l'animal eut finit, il rejoignit sa bague, son maître retournant vers la plage.

Il avait repéré un groupe de pêcheurs plus tôt et il espérait pouvoir leur échanger quelques poissons. Ceux-ci avaient allumés plusieurs feux de bois sur la plage. L'un servait pour des pâtes, l'autre pour quelques poissons à la broche.

- Bonjour.

Le groupe d'hommes se tourna vers lui. Il fut mal à l'aise quelques secondes avant de se reprendre, il commençait à avoir l'habitude. Il s'approcha un peu plus, montrant ses proies.

- Est-ce qu'un échange vous intéresserait? Je n'ai plus mangé de poissons depuis quelques temps.

- Et nous ça fait longtemps qu'on a plus mangé de viande. Bienvenu ragazzo! Viens manger avec nous ce sera mieux que tout seul dans ton coin.

- Avec plaisir!

Le mafieux leur sourit joyeusement avant de s'installer dans le cercle, tendant ses lapins à celui qui s'occupait de la nourriture.

La soirée fut agréable et écouter les histoires des marins lui changea les idées. En même temps il grappilla quelques infos sur la situation en Sicile, ne voulant pas être surprit par un inattendu en arrivant. Et une fois dans la conversation le mot Vongola sortit. Tsuna se retint de sursauter.

- Tu les connais ragazzo?

- J'ai entendu quelques rumeurs, mais très peu. Et je ne sais pas si je dois m'y fier.

- Et bien ces types sont géniaux, grâce à eux déjà plus de la moitié de la Sicile est en paix! Pourtant c'était pas gagné. C'est pas tous les jours la joie là-bas, il y a tellement de pauvres, mais au moins il y a maintenant un semblant de sécurité. Tout ce que j'attends c'est qu'ils s'étendent encore plus et arrivent jusqu'ici!

D'autres petites infos filtrèrent mais très peu. Les Vongolas commençaient seulement à se faire connaître. Une fois le repas finit, Tsuna salua le groupe avant de le quitter.

Il attendit encore quelques heures que la nuit soit plus avancée. Il n'était pas fatigué, ayant prit l'habitude de vivre la nuit. Avant de partir il observa le ciel. Une fine couche de nuages assez bas recouvraient la mer. C'était parfait pour lui.

Finalement il décida que c'était l'heure du départ. Il ferma sa sacoche avec une ficelle et l'accrocha du mieux qu'il put à lui. Il sortit son anneau de sa chaîne pour le remettre à son doigt, il retrouva avec plaisir ce poids sur ses doigts. Maintenant il était prêt.

Ses gants apparurent, sa flamme se dressa fièrement sur son front alors qu'elle entourait également ses mains. Il s'éleva dans les airs à toute vitesse, laissant le vent lui fouetter le visage et la sensation de vitesse le griser. Il monta haut jusqu'à dépasser cette couche basse de nuages. Il en sortit trempé mais ses flammes ne le laissèrent pas se refroidir.

Maintenant il pouvait voler sans crainte de se faire voir, les nuages le masquant. Il profita au maximum de cette sensation qu'il n'avait plus put éprouver depuis bien longtemps lui semblait-il.

Voler juste pour le plaisir de voler, ce n'était pas souvent qu'il pouvait se le permettre alors il en profita. Il joua sur l'intensité de ses flammes pour accélérer ou au contraire se laisser tomber dans le vide. Il effectua des pirouettes à n'en plus finir, venant frôler les nuages.

Il cria, sortant tout ce qu'il avait retenu jusqu'à maintenant. Il hurla à s'en déchirer les cordes vocales, mélangeant tellement d'émotions en quelques cris. Il cria à n'en plus avoir de voix.

La période de défoulement passée, il se contenta de voler calmement, rasant les nuages, plongeant de temps en temps en dessous pour se situer.

Après plus d'une heure il l'aperçut. La Sicile. Quelque chose s'agita en lui. Son peu de gênes italiens se réveilla à l'approche de la terre natale. Une sorte de joie étrange le prit par surprise. Il reconnut la sensation sans mal, il avait ressentit la même lors de sa première venue au manoir originel des Vongolas.

La Sicile réveillait quelque chose en lui et il ne pouvait s'empêcher de s'y sentir bien. Comme si c'était là qu'il devait être, c'était là chez lui. Tant de sentiments étranges qui le grisaient.

Mais il du penser à redescendre sur terre maintenant qu'il avait atteint les côtes. Son regard scanna rapidement les alentours et satisfait de ne rien trouver il entama sa descente.

Il se posa doucement sur une plage déserte. Ses flammes disparurent. Il observa son anneau, ne parvenant pas à se décider à le retirer. Finalement il se dit qu'il pouvait bien le garder pour le reste de la nuit.

Natsu refit son apparition, se frottant longuement à son maître alors que sa grosse langue rappeuse lui mouillait le visage. Ils n'avaient jamais été aussi proche et Tsuna se promit de faire en sorte qu'ils restent ainsi, ce qui voulait dire plus de sorties autorisées pour le lion.

Celui-ci après sa séance caresse se baissa pour prendre son cavalier. Ils reprirent la route. La sensation n'était pas la même que voler, mais elle était tout aussi agréable.

Ils longèrent la côte toute la nuit vers l'ouest, vers Palerme. Chaque foulée les rapprochait un peu plus des Vongolas. Bientôt ils pourraient se permettre de souffler un peu et d'arrêter de se comporter comme des bêtes traquées, ce qu'ils étaient. Pendant leur voyage ils avaient faillis se faire prendre deux fois, mais l'hyperintuition du boss les avait sauvé in-extremis.

Cela faisait quelques jours qu'ils n'avaient plus croisés d'Estraneo et Tsuna ne pouvait s'empêcher de trouver cela étrange. Mais ça l'arrangeait et il y prêtait donc moins d'attention.

Après les heures de vol et les heures de courses, le soleil daigna enfin se lever, c'était le signal pour le félin et l'adolescent qu'il était temps de trouver un endroit où dormir.

Cette fois Tsuna parvint à se coucher dans la coque creuse d'un arbre mort, un Natsu rétrécit l'accompagna. Ils camouflèrent leur cachette avec des branchages et des feuilles. Le sommeil les emporta rapidement alors que dehors la vie s'éveillait.

Vers midi il se réveilla en pleine forme et sortit de sa cachette, mais quand il s'appuya sur sa main droite son bras l'élança. L'adolescent le ramena contre lui en grimaçant.

Il défit le bandage qu'il était parvenu à obtenir il y a plusieurs jours maintenant. Il tentait de le garder propre, mais son mode de vie très sauvage n'aidait pas beaucoup. Les bandes commençaient à devenir brunes et il allait devoir les retirer sinon elles aggraveraient plus sa blessure qu'autre chose.

Cette brûlure était assez dérangeante et guérissait très lentement. Quelques personnes lui avaient donnés des plantes qui l'aideraient mais ce n'était pas très rapide. De plus il lui était impensable d'aller chez un médecin. Il n'avait toujours pas d'argent. Il avait privilégié le troc pour quelque chose d'utile sur le moment. Il n'avait pas pensé que des économies lui seraient utiles.

Avec l'eau de sa gourde il nettoya sa plaie qui cicatrisait à peine. Il jeta les bandages devenus inutiles. Et ils reprirent leur routine. Chasse et course. Le lendemain ils avaient déjà parcourus la moitié du trajet.

Mais durant l'après-midi l'intuition de Tsuna se fit entendre. Le boss la suivit, arrivant à une petite clairière où deux grandes carrioles bâchées attendaient.

Des types avec des cicatrices partout et épais comme des montagnes mangeaient autour d'un feu, riant à gorge déployée et se donnant de grandes claques amicales.

À un moment un de hommes se leva pour soulever un pan de bâche d'une des carrioles. Tsuna entendit vaguement des gémissements et des pleurs avant que le type n'hurle.

- Vos gueules les mioches! On vous a déjà dit de vous taire! Les clients n'aiment pas les pleurnichards!

- T'énerve pas Titus, ça sert à rien. Nous on fait que transporter la marchandise, ce sont les clients qui se démerderont avec leurs chouinements.

- J'espère au moins que le jeu en vaudra la chandelle. On a prit de gros risques en allant les prendre dans le territoire des Vongolas. On avait de la chance qu'ils soient occupés à l'autre bout de la Sicile au même moment.

- De toutes manières les gars, une fois sur le continent on sera plus tranquille et puis le jeu en vaudra toujours la chandelle. Tu sais combien ces bourges sont prêts à payer pour un petit esclave? Des paquets d'argent et nous on touchera deux-tiers de la vente. Maintenant viens manger avant que ça ne refroidisse.

Celui qui c'était éloigné retourna près de ses trois acolytes. Pendant ce temps Tsuna avait tout suivit de la conversation et ça ne lui plaisait pas du tout. Il avait peur de comprendre à quoi il était confronté.

Le plus discrètement possible il s'approcha de la carriole d'où il entendait encore de faibles pleurs et gémissements. Quand il fut sûr que personne ne le voyait, il se glissa à l'intérieur.

Son coeur eut un raté en voyant ses pires craintes se confirmer. Devant lui, une dizaine d'enfants étaient assis à même le sol, serrés les uns contre les autres, tous retenus par des chaînes les empêchant de s'enfuir.

Un trafic d'enfant.

C'était quelque chose qui le dégoûtait à chaque fois qu'il y était confronté. Alors que la colère commençait à monter, il fut rappelé à l'ordre par tous les yeux qui se tournèrent vers lui.

Rapidement il posa un doigt sur sa bouche, leur faisant signe de garder le silence. Les enfants ne dirent rien. Les pleurs s'arrêtèrent alors que l'espoir prenait place.

L'adolescent s'accroupi devant les plus jeunes, attrapant les chaînes dans ses gants qu'il avait fait apparaître plus tôt.

Discrètement il utilisa ses flammes qui rendirent le métal friable. Les uns après les autres il les libéra, ne laissant que de la poussière de ce qui les gardait prisonniers.

Quand ce fut fait il regroupa tout le monde le plus à l'avant possible, leur parlant tout bas.

- Je vais avoir besoin que vous me fassiez confiance. Si on veut s'échapper, je dois battre les types dehors. À mon signal faites semblant de pleurer pour les attirer après vous restez là-dedans et vous ne sortez surtout pas. Tout le monde à comprit? Les plus grands faites attention aux plus petits.

Le futur boss s'avança vers la porte. Il commença à rassembler ses flammes, les accumulant dans son corps sans jamais les laisser sortir. Il ne pouvait pas, ce serait beaucoup trop reconnaissable. Alors il se contenta de tout garder en lui. Cela lui permettait d'augmenter ses capacités physiques et ses réflexes. C'était juste ce dont il avait besoin.

La seule preuve qu'il était en mode combat c'était la couleur de ses yeux qui avait changée pour laisser place à l'ambre. Il fit signe aux enfants qui suivirent ses consignes, se mettant à pleurer bruyamment.

L'effet fut immédiat, le dénommé Titus revint à la charge. Mais il eut à peine le temps d'ouvrir la bâche qu'un genou s'enfonçait violemment dans son visage.

Il tomba à la renverse, tenant son nez qui dégoulinait de sang, brisé net par le coup. Il n'eut même pas le temps d'aligner deux pensées qu'un genou s'enfonçait cette fois dans son estomac, un poing suivit rapidement et se logea dans son sternum, lui coupant complètement la respiration. Un dernier coup précis et violent sur le crâne l'envoya pour quelques heures au pays des songes.

Quelques secondes et déjà un homme à terre. Plus que trois. Tsuna se releva, faisant face à ses adversaires. Son regard rempli de colère ressemblait maintenant à de la roche en fusion, faisant reculer ses ennemis.

Il se jeta à l'attaque et n'eut aucune pitié. Ses poings s'abattaient violemment touchant juste ce qu'il fallait pour les mettre à terre.

Le combat n'alla que dans un seul sens et en quelques minutes il ne resta que le boss debout. Celui-ci observa les tas de chairs qui gisaient à ses pieds. Ils les avait tous achevés de la même manière, un coup précis à un endroit précis de la boite crânienne.

Encore une chose pour quoi il devrait remercier Reborn. Les cours d'anatomie. Il avait chaque fois frappé la zone gérant la mémoire, il espérait que ce serait suffisant pour leur faire oublier cette petite altercation.

Maintenant qu'il avait évacué cette colère il pouvait commencer à penser aux enfants. Il se rua vers le deuxième chariots, voulant être sûr qu'il n'y en avait pas d'autres. Heureusement, le second était vide d'humain mais contenait les réserves de nourritures des hommes.

Il attrapa les sacs et les déposa dans l'autre.

- les enfants restez bien là, je ramène quelques trucs encore et après on s'en va. Je vais vous ramener chez vous.

Il y eut des cris et des larmes de joies. Tsuna sourit et continuait de les rassurer pendant qu'il transvasait tout ce qui pourrait leur être utile durant le voyage. Quand il eut finit, il détacha les deux chevaux du chariot désormais quasiment vide et les attacha derrière celui des enfants.

Enfin il allait pouvoir reprendre la route. Il s'installa à l'avant et lança les chevaux sur la petite route qui se dessinait là.

Un autre voyage commençait.

La carriole s'éloigna le plus possible des trafiquants durant la journée. Mais lorsque la nuit commença à tomber, Tsuna l'arrêta à la lisière d'une forêt, près d'un imposant champ de blé. C'était le premier arrêt qu'il faisait, il avait préféré s'éloigner le plus possible.

Maintenant il sentait qu'ils étaient tranquilles. Il descendit de la charrette pour rejoindre les enfants.

- Vous pouvez sortir, venez prendre l'air. Et je crois qu'il est temps que l'on se présente correctement.

Les neuf enfants firent ce qu'on leur disait et commencèrent à détendre leur muscles engourdis par le voyage avant que l'adolescent ne leur fasse signe de s'installer en cercle.

- Alors je vais commencer, je m'appelle Tsuna et je voyage seul à travers la Sicile. Je vous promets de tous vous ramener chez vous alors dites moi vos noms et d'où vous venez.

Les présentations commencèrent.

- Lucio de Salina.

- Enzo de Salina aussi.

- Mila, Salina.

- Elisa, je viens de Baucina.

- Mattéo, Baucina.

- Ada, Baucina.

- Calogero, Baucina aussi.

- Tomas, Baucina

- Antonella, Baucina.

Tsuna soupira de soulagement, ça allait être plus facile que prévu, il avait eu peur de devoir faire les quatre coins de la Sicile pour ramener tous les enfants, mais ceux-ci venaient des même villages, ça lui facilitait la tâche. En plus ce n'était pas trop loin et c'était sur sa route. Il pensa rapidement qu'il allait devoir trouver une carte. Il savait que Cefalù, une ville assez grande n'était pas trop loin, il pourrait sûrement faire du troc là-bas pour le voyage.

Après avoir pensé à ça, il observa les enfants, ils étaient tous assez sales et certains avaient des bleus et des griffures sur le corps. Il prit la main de la plus jeune du groupe, Ada, qui ne devait pas avoir plus de cinq ans et fit signe aux autres de le suivre. discrètement, Natsu sortit de sa bague pour garder le chariot le temps que son maître s'occupe de ses protégés.

- Je crois que vous avez tous besoin d'un bon bain et on va s'occuper de toutes ces blessures, après on dormira et demain je vais chercher une carte pour tous vous ramener chez vous.

Les enfants se regardèrent en souriant et sautillant sur place, heureux de savoir qu'ils reverraient leurs parents. Tsuna les entraina à sa suite, trouvant rapidement une rivière. Tous se déshabillèrent , gardant juste leurs sous-vêtement avant de se jeter dans l'eau. Les rires fusèrent alors que la fraicheur de l'eau enlevait toute la sueur et la poussière du voyage sous le soleil de Sicile.

Tsuna frotta les plus petit avec un t-shirt qui avait du appartenir à un des ravisseurs. Il retira toute la boue et la crasse, rinça les cheveux des quelques filles, nettoya les plaies et les bleus. Son travail finit il les laissa s'amuser autant qu'ils le voulaient, il savait très ben qu'ils en avaient besoin après ce qu'ils avaient vécus.

Une bonne heure plus tard, Tsuna se servit encore des vêtements de rechange des hommes, les utilisant cette fois comme essuie. quand tout le monde fut sec et rhabillé, ils retournèrent à la carriole. L'adolescent alluma un feu et laissa les petits autour. Il commença à sortir tout ce qu'il avait prit aux trafiquants, inspectant chaque sac, triant tout et jetant au feu ce qui était inutile.

Quand il eut finit, il fit un rapide repas avec les restes. Pendant que les plus jeunes se rassasiaient, il retira la bâche qui couvrait le véhicule, commença à l'attacher entre plusieurs arbres à l'aide de cordes qui trainaient, fabriquant ainsi une tente de fortune. Il posa au sol plusieurs couvertures pour faire office de matelas. Quand les enfants eurent finis de manger, il les installa là, les couvrant avec les couvertures restantes.

Aucun ne mit beaucoup de temps pour s'endormir, les émotions de la journée les avait épuisés. Tsuna en profita pour manger à son tour. Il s'enroula dans sa couverture et s'apprêta à veiller une bonne partie de la nuit. Natsu apparut dans ses bras, venant se frotter contre lui, cherchant des caresses que son maître lui donnait volontiers.

- Désolé Natsu, mais je ne crois pas que l'on pourra beaucoup chasser ensemble tant qu'il y aura les enfants.

Un miaulement de compréhension lui répondit. Le maître et le lion restèrent éveillés à tour de rôle pour surveiller les environs, mais la nuit fut calme et tout se passa sans accroc. Le lendemain, Tsuna rangea tout dans le charriot, même la bâche qui le couvrait, estimant qu'il ferait bien trop chaud pour les enfants en dessous. Ceux-ci s'adossèrent aux nombreux sacs pour être installés plus confortablement durant le voyage qui avait reprit.

Il ne leur fallut que quelques heures avant d'arriver à Cefalù. Tsuna était déjà passé par là durant ses voyages en Sicile, mais la ville n'était pas vraiment la même. Beaucoup plus petite que dans ses souvenirs, mais assez grande tout de même. Lui qui évitait la civilisation depuis son arrivée ne se sentait pas vraiment à l'aise devant autant de monde. Mais il se reprit en pensant aux enfants qui comptaient sur lui.

Ainsi, la carriole s'avança dans les rues, une chance pour eux, aujourd'hui était jour de marché. Ils s'arrêtèrent devant l'échoppe d'un libraire.

- Excusez-moi, auriez vous une carte assez précise de la Sicile?

- Je dois avoir ça en stock, attends un peu.

L'homme revint quelques minutes plus tard avec un rouleau.

- C'est l'une de mes dernières. Où vas-tu comme ça pour en avoir besoin?

- Je dois ramener ces enfants chez eux, ils étaient tombés entre de mauvaises mains.

- Des trafiquants je suppose... un groupe assez important sévit par ici, ils ont été repoussés par les Vongolas il y a peu, mais ils continuent de venir dans cette région chercher leur 'marchandise'.

- Apparemment pour l'instant les Vongolas sont de l'autre côté de la Sicile, ils en profitent pour rentrer dans leur territoire, pourrez-vous faire passer le message en ville qu'il faut faire attention?

- Bien sûr, merci d'avoir prévenu. Pour la carte, je te l'offre, ce que tu fais pour ces enfants vaut bien ça.

- Merci beaucoup, à bientôt.

Ils reprirent leurs routes. Tsuna passa de stand en stand, expliquant sa situation aux marchands. Certains plus généreux que d'autres lui offraient de quoi s'occuper des enfants. Certains passants ayant entendu son histoire lui amenèrent de la nourriture, des vêtements et des sacs remplis d'un peu de tout. L'adolescent prenait beaucoup de temps pour les remercier et s'étonnait de la solidarité et de la générosité à laquelle il assistait.

Une femme avec sa petite fille lui expliqua qu'avant les Vongolas les enlèvements d'enfants étaient courant et que peu de gens les retrouvaient. Maintenant le phénomène se raréfiait grâce aux Vongolas, mais ça ne disparaissait pas. Alors, pour une fois que quelqu'un parvenait à sauver des enfants, les gens venaient volontier l'aider.

Le voyage reprit dans l'après-midi, la carriole était pleine de tout ces présents et ils avaient assez de réserve pour tout le voyage. Tsuna avait rapidement décidé d'un itinéraire en observant la carte et maintenant ils étaient partis pour être sur la route durant quelques jours encore. Salina serait la première ville. Le voyage serait facile, il suffisait de longer la côte.

C'est ainsi qu'ils prirent la route. La journée fut ponctué par les rires et les conversations des enfants. Ceux-ci parlaient de tout et de rien, posaient sans cesse des questions à leur sauveur providentiel qu'ils adoraient, mais celui-ci leur répondait rarement. Ils firent quelques pauses, mangèrent, s'amusèrent. Le soir Tsuna remontait leur tente et les enfants dormaient tous ensemble sur les couvertures.

C'était généralement dans ces moments là que l'adolescent se laissait aller. Des dizaines d'émotions le tiraillait le soir alors que les souvenirs de sa famille lui revenaient en force. La journée les enfants le détournait des ses sombres pensées, mais le soir elles le rongeaient jusqu'aux larmes. Il avait énormément de mal à se faire à l'idée qu'ils étaient deux-cents ans dans le futur.

Lui était là, seul, poursuivis par ses ravisseurs et blessé. Il tentait d'imaginer combien de temps étaient passés dans son monde et ce que ses gardiens faisaient. Il ne se faisait plus trop de soucis pour Yamamoto et Gokudera, il savait que Ryohei les guérirait sans trop de mal. Malgré ça il s'inquiétait pour tout le monde, il mourrait d'envie de les revoir, même les balles de Reborn lui manquaient. Elles étaient la preuve que le tueur était à ses côtés, mais ici rien.

Alors qu'il plongeait toujours plus loin dans le noir, des sanglots le sortirent de sa torpeur. Natsu disparut alors qu'une petite fille se levait du tas de corps endormis pour le rejoindre près du feu.

Elle vint s'asseoir aux côtés de l'adolescent, les joues remplies de larmes. Tsuna la prit dans ses bras alors qu'elle s'accrochait à lui. Il passa une main dans ses longs cheveux blonds, essayant de calmer ses sanglots.

- Doucement Ada... Tout va bien... Personne ne viendra te faire de mal tant que je serais là...On est bientôt arrivé, tu va pouvoir retrouver tes parents...

- Je... J'en ai pas...

Le mafieux resserra ses bras autour du petit corps alors qu'elle continuait de parler.

- J'ai pas de parents... J'étais dans la pension je sais pas où... J'ai dis Baucina parce que les autres le disaient aussi... Je sais pas d'où je viens... Je me suis promenée toute seule dans la forêt et il y avait les méchants monsieur...

- C'est pas grave Ada, moi je vais te trouver une famille. A Baucina peut-être que quelqu'un voudra bien de toi et si pas, on ira voir dans d'autres ville d'accord?

La petite fille acquiesça heureuse de la perspective d'avoir une famille. Néanmoins elle resta dans les bras de son sauveur, ne voulant pas le quitter.

- Je veux pas faire de cauchemars...

- Tu peux rester dans mes bras, je chasserais tes cauchemars.

- Tu sais chanter une berceuse?

L'adolescent se perdit dans ses souvenirs, cherchant quelque chose en italien dans ses souvenirs qui pourrait convenir. Une petite chanson d'une jeune femme résonna dans son esprit. Il respira doucement et entama les paroles.

Fa la ninna, fa la nanna

Nella braccia della mamma

Fa la ninna bel bambin,

Fa la nanna bambin bel,

Fa la ninna, fa la nanna

Nella braccia della mamma. *

Il chanta doucement, presque dans un murmure, juste pour la petite. Elle se laissa porter, la voix calme l'enveloppa, l'accompagna jusqu'au pays des songes. Tsuna continua pour elle, pour lui, laissant ses démons le quitter pour quelques instants, se concentrant uniquement sur le petit corps qu'il tenait contre lui. Sans vraiment s'en rendre compte il finit par s'endormir.

Le lendemain la route continua. Salina était de plus en plus proche, les enfants devenaient excités comme des puces à l'idée de retrouver leur village. Le lendemain les premiers panneaux indiquaient le nom de la petite ville, les trois enfants qui en venaient sautèrent de joie au point de faillir tomber du chariot. Ils se jetèrent sur l'adolescent, l'embrassant et le remerciant mille fois.

Dans l'après-midi ils croisèrent un fermier qui revenait de son champ, celui-ci les salua gentiment avant de voir les enfants à l'arrière. Ses yeux s'ouvrirent au possible alors que des larmes faisaient leur apparition.

- Lucio...Enzo...Mila... Mio dio(mon dieu)! Siete vivi(vous êtes vivants)!

Les trois enfants nommés sautèrent hors de la carriole avant de se jeter dans les bras de l'homme qu'ils semblaient bien connaître. Les retrouvailles durèrent quelques minutes avant qu'ils ne parviennent à se détacher les uns des autres et à reprendre contenance. L'homme assez âgé essuya ses larmes et s'approcha de Tsuna.

Celui-ci tendit une main, mais le paysan le serra brusquement dans ses bras en lui répétant à quel point il était heureux et reconnaissant. Le mafieux finit par parvenir à se défaire de l'étreinte d'ours.

- Grazie mille! Grazie mille (merci infiniment)! Je suis le professeur de la petite école de la ville, j'ai bien cru que je ne reverrais jamais ces enfants. Grazie mille, che Dio vi benedica (que dieu vous bénisse). Si je peux vous aider pour n'importe quoi dites le, je vous suis éternellement reconnaissant et leurs parents le seront tout autant.

- Il y a bien une chose que vous pouvez faire pour moi, ramenez les à leurs parents, moi je dois continuer ma route. Il y a d'autres enfants qui attendent avec impatience de retrouver leurs familles.

L'homme remarqua à ce moment qu'il restait encore six enfants qui se tenaient dans la carriole, ceux-ci faisaient de grands sourires à ceux qui avaient retrouvés quelqu'un de connus, ils se faisaient déjà leurs adieux. Tsuna sourit en les voyant faire, il remonta à l'avant et se prépara à relancer les chevaux sur la route. Le paysan le remercia une dernière fois, s'inclinant légèrement devant lui alors que les larmes revenaient.

- è un vero miracolo (c'est un vrai miracle), che Dio vi benedica!

- Che dio benedicesse i bambini (que Dieu bénisse les enfants). Arrivederci (au revoir)!

C'était une chose que Tsuna avait apprit durant son voyage, à cette époque l'Italie était très croyante, après tout c'était le berceau du christianisme. Il avait prit l'habitude d'entendre des bénédictions ou des références religieuses. Les trois enfants qu'il avait désormais ramené à bon port le saluèrent une dernière fois alors qu'ils prenaient la route à l'arrière de la charrette de leur enseignant.

Tsuna héla les chevaux qui se remirent en route. Selon ses estimations, il ne lui restait qu'une demi-journée de route avant d'arriver à Baucina. Les enfants étaient de plus en plus intenables, ils n'arrêtaient pas de parler de leurs parents et de à quel point ils voulaient les revoir. Tsuna aussi aurait voulu pouvoir dire ça, il le pensait terriblement fort, mais il restait la possibilité qu'il reste seul ici sans que personne ne le retrouve.

D'un mouvement de tête il chassa cette idée. Les Estraneo avaient réussis à le faire venir ici, Shoichi et Spanner y arriveraient bien aussi. C'est sur cette note d'espoir qu'il finit la route. Ce soir là, il se coucha au milieu des enfants restant, la petite Ada collée contre lui. Natsu veillait au grain que personne ne dérange le sommeil de son maître.

Pendant la nuit, Tsuna réfléchit à ce qu'il allait faire ensuite, où il allait aller. Au petit matin, avant le réveil des enfants, il observa la carte. Il avait dessiné dessus une ligne représentant les limites du territoire Vongola. Ce n'était pas tout à fait complet, mais il savait avec certitude qu'il était dedans, presque en plein milieu. Il estima que c'était assez comme sécurité et qu'il n'avait pas besoin de se rapprocher plus de Palerme. Il ne voulait pas se retrouver nez à nez avec le première génération, il préférait éviter avoir à donner des explications sur son physique si ressemblant à celui du Primo.

Jusqu'à maintenant personne n'avait fait le rapprochement grâce au béret qu'il portait constamment, cachant ses cheveux sauvages et faisant de l'ombre sur son visage. Il était plus difficilement reconnaissable et les gens en faisaient pas le rapprochement. Ses yeux étaient bien visibles, mais étant bruns il n'y avait pas trop de soucis de ce côté là.

Finalement il prit une décision, il allait s'arrêter à Baucina, il essayerait de trouver du travail là-bas, peu importe lequel, mais il avait besoin de se fixer. Il avait l'espoir que ses gardiens le retrouve alors il devait cesser de se déplacer constamment. Et si il sentait que les Estraneo se rapprochaient de sa position, il reprendrait la route, mais là pour l'instant, il voulait s'arrêter.

C'est décidé qu'il remonta dans la carriole, les enfants étaient encore à moitié endormis et ne suivaient pas vraiment la route, mais quand un panneau indiqua Baucina, ils sautèrent de joie et se pressèrent à l'avant, ne voulant manquer aucune miette de la fin du voyage. Après une dernière heure agitée, des maisons se dessinèrent au loin.

Majoritairement des fermes, Baucina était un village entouré de champs et de forêts. Les montagnes étaient proches. La vie y semblait calme et l'endroit était assez reculé. C'était un bon point pour Tsuna. Il arrêta son attelage aux premières maison. Déjà certaines personnes sortaient pour voir qui était le voyageur, certains paysans avaient levés les yeux de leurs récoltes.

Les enfants à l'arrière se mirent à crier, crier avec leurs coeurs des maman et papa tonitruants. Les gens accoururent, les larmes coulèrent. Les premiers enfants descendirent de la charrette pour se jeter dans les bras d'une femme ou d'un homme qui venait d'arriver.

Des cris de joie et des pleurs résonnèrent longuement alors qu'il ne restait plus que Ada aux côtés de l'adolescent. Celui-ci la prit dans ses bras et descendit à son tour, remarquant que l'euphorie des retrouvailles commençait à se calmer.

Les habitants l'accueillir à renfort de grandes claques amicales et d'embrassades. Tous l'acclamèrent et le remercièrent sans fin. La foule le pressait dans tous les sens et Ada ne semblait pas trop apprécier. Finalement, l'excitation retomba quand un homme en habit de prêtre arriva, accompagné d'un homme à la carrure plus imposante devant être proche de la quarantaine.

La foule les laissa passer jusqu'à atteindre Tsuna. L'homme de prière tendit sa main que l'adolescent serra.

- Onoro di conoscerla (enchanté de vous rencontrer). Je suis Padre Abele, le prêtre de ce village.

- Je suis Iago, le chef de ce village et fermier. Nous te sommes éternellement reconnaissant d'avoir ramené les enfants, nous les avons cru perdu pour toujours. Heureusement que tu sois arrivé aujourd'hui, nous comptions nous mettre en route demain afin de rattraper les trafiquants. Au final ce ne sera pas nécessaire. Merci infiniment, je ne sais pas vraiment ce que l'on pourrait te donner ou faire pour te remercier, dis nous quelque chose, je ne peux pas te laisser repartir sans rien.

- Et bien en fait... Si vous avez du travail pour moi ce serait bien.

Tout le monde se tu et les yeux s'ouvrirent de surprise. Personne ne s'attendait vraiment à ça. Le chef et le prêtre prirent du temps à comprendre que la demande était sérieuse.

- Tu...Tu veux qu'on te donne du travail? Mais tu viens de sauver nos enfants! Je ne peux pas te donner ça comme remerciement!

- Per favore. Je suis sûr les routes depuis longtemps, j'ai vraiment besoin de me poser quelque part et j'ai besoin d'un travail. Je ne peux pas continuer à vivre du troc.

- Et bien... Je ne m'attendais pas vraiment à ça... On va voir ce qu'on peut faire, mais tu es sûr qu'on ne peut rien faire d'autre?

- Si, est-ce qu'une famille serait d'accord d'adopter Ada?

Le petite fille se serra un peu plus contre l'adolescent, impressionnée par tout ce monde agglutiné autour d'elle. Tous avaient entendus la demande. Les couples commencèrent à se regarder, certains se mirent à penser à ce que cela représentait. Finalement, une femme s'avança, le chef du village s'étonna.

- Amata (chérie)? Qu'est-ce que...

- Je viens voir cette adorable enfant qui ne demande qu'une chose et c'est une famille. Je peux?

Elle tendit les bras vers la petite qui regarda quelques instants le mafieux. Celui-ci lui sourit et lui fit signe d'accepter. Ada passa dans les bras de la femme, celle-ci la serra gentiment avant de lui embrasser le front.

- Buongiorno ma grande, je m'appelle Aurelia, es-tu d'accord qu'on apprenne un peu à se connaître? Comme ça tu pourras décider si tu veux venir avec nous ou pas.

Ada sourit en rougissant, toute timide elle se cacha dans le cou de sa peut-être futur mère qui la serra un peu plus. Iago se tourna vers elle, passant une main dans les cheveux de la petite blonde.

- Tu es sûr? Nous avons déjà Théo.

- Je suis sûr qu'il sera content d'avoir quelqu'un avec qui partager ses jeux et puis nous avons largement la place pour elle. S'il-te-plait, ça fait longtemps que nous essayons d'avoir un deuxième enfant et ça n'a jamais marché. Elle, elle ne demande qu'une famille et on peut lui offrir.

- D'accord... Mais c'est elle qui choisit.

- Bien sûr, pas question que l'on s'impose. Je suppose que l'on va faire une grande fête ce soir alors on amènera Théo pour qu'ils apprennent à se connaître.

- Avec joie.

Iago se tourna vers tous les habitants, il mit ses mains en porte-voix pour mieux se faire entendre.

- Avis à tous, que personne ne retourne travailler, nous allons organiser une grande fête pour le retour des enfants et remercier Tsuna! Que l'on perce les meilleurs fûts et que l'on abatte les plus belles bêtes, ce soir sera la plus grande fête de l'année!

Des cris de joie retentirent de partout alors que tout le monde s'activait et se mettait au travail. Tsuna suivit le mouvement, ne voulant pas rester inutile. Au début l'on refusa de le laisser travailler pour le remercier, mais il fit rapidement comprendre à tout le monde qu'il était hors de question qu'il reste sur le côté. Ainsi, il se fit rapidement accepter par le groupe de villageois. Il discutait avec un peu tout le monde, découvrait chacun, essayait de retenir les noms et les familles.

Il vit de temps en temps ses petits protégés qui restaient accrochés aux jupes de leurs mères, trop heureux de les avoir retrouvées. Il repéra Ada qui suivait un jeune garçon d'une dizaine d'année qui lui faisait visiter le village, il en déduisit qu'il s'agissait de Théo. Heureux pour elle il retourna à son travail.

Les tables furent installées dehors, des feux qui servirent de barbecues furent allumés tout autour de la zone de repas. Des guirlandes furent accrochées aux façades et entre les toits. L'on abattit poules, moutons, chèvres et même vaches. Les femmes s'activaient en cuisine pour préparer des dizaines de plats de pâtes et de salades. Les enfants courraient partout, pris dans l'euphorie du moment.

Personne ne vit vraiment le temps passer et déjà la nuit tomba. La fête commença. Les quelques paysans sachant manier un instrument formèrent un petit groupe improvisé et enchainèrent les chansons typiques, les gens dansaient, buvaient, chantaient, mangeaient comme si il n'y avait pas de lendemain. Les enfants riaient entre eux, s'amusant des bêtises des adultes.

Tsuna observa tout avec un oeil chaleureux et protecteur. Ada discutait joyeusement avec son nouveau frère qui semblait déjà très protecteur, Aurelia les observait tendrement, s'ajoutant à la conversation de temps en temps. Son mari venait aussi discuter avec la petite fille, mais la plupart du temps il tentait de calmer les ardeurs des autres paysans dont l'alcool avait déjà bien atteint le cerveau.

A un moment, on lui tendit un plat pour qu'il se serve. Mais lorsqu'il le prit en main, son bras droit l'élança et il faillit le faire tomber. Mais il se rattrapa à temps, mordant l'intérieur de sa joue pour faire passer la douleur. Il posa la nourriture avant de se lever, s'excusant de son départ.

Il s'éloigna de la fête pour trouver l'endroit où se lavait le linge, de l'eau coulait là. Doucement il releva la manche de sa chemise qu'il avait abaissé depuis quelques jours pour que les enfants ne voient pas sa blessure. Il grimaça lorsque le tissus frotta. Une fois la brulure à l'air libre il eut une moue dégoutée, ça se présentait mal. La blessure ne cicatrisait plus du tout, les bords étaient rougis et le brûlait, la chair était à vif et une infection semblait se déclarer vu les tâches jaunes clairs qui apparaissaient de-ci de-là.

Prudemment il passa de l'eau dessus, essayant de calmer la douleur qui l'avait prit par surprise. Après quelques minutes dans l'eau froide il sentit que ça se calmait. Alors qu'il s'asseyait, quelqu'un apparut dans son champ de vision. Par réflexe il se recula, portant une main à sa ceinture où était accrochée un de ses couteaux. Mais il se détendit rapidement en se rendant compte qu'il ne s'agissait que de Abele, le vieux prêtre.

Celui-ci s'approcha doucement, attrapant la main droite du plus jeune avant qu'il n'ait le temps de se désister. Tsuna grimaça sous la poigne.

- Sono desolato, je ne voulais pas te faire mal. Je peux voir?

L'adolescent acquiesça, laissant le prêtre examiner sa plaie.

- C'est vilain et c'est occupé de s'infecter. J'ai bien vu cette après-midi que tu avais du mal à porter des objets lourds, mais je n'ai pas cru que c'était si grave. Viens, allons à ma chapelle, j'ai de quoi te soigner, c'est moi qui sert de médecin ici.

Le futur boss le suivit jusqu'à ce qu'ils sortent un peu du village, rejoignant la petite chapelle entourée d'un grand jardin. Le prêtre entra le premier, allumant les bougies une à une, éclairant l'endroit. Il fit signe à Tsuna de s'asseoir sur un des bancs alors que lui disparaissait dans une pièce adjacente. Il revint peu de temps après, une grosse malle avec lui.

Il s'installa aux côtés de l'adolescent et l'ouvrit. Il en sortit différents flacons et des bandages. Doucement il reprit le bras blessé, commença à nettoyer la plaie. Il versa dessus beaucoup de désinfectant avant d'y appliquer un baume. Prudemment il la banda du coude jusqu'à la main.

- Voilà, j'espère que ça suffira, reviens me voir de temps en temps pour que je la nettoie et change le bandage. Le baume devrait diminuer la douleur.

- Merci beaucoup, je n'avais pas vraiment eu le temps de m'occuper de cette blessure avant. Je n'ai fait que la laver à l'eau.

- Je m'en doute, vu tes vêtements et l'état dans lequel tu es, tu dois vagabonder dans les forêts et les plaines depuis quelques temps.

Effectivement, il n'était pas des plus propre et ses vêtements étaient les même depuis le début de son voyage, il les lavait du mieux qu'il pouvait et les rapiéçait souvent. Néanmoins la chemise était vraiment grise maintenant et de nouveaux trous commençaient à apparaitre. Son pantalon n'était pas dans un meilleur état. Quand à lui, il avait beaucoup bronzé à force de vagabonder sous le soleil. Des griffures lui barraient le visage, dues aux branches basses qu'il se prenait en courant dans les bois où en chassant, ses bras étaient dans le même état.

- Désolé pour ma tenue. Je n'ai pas vraiment eu le luxe de m'en inquiéter depuis que je voyage.

- Cela fait combien de temps?

- Presque deux semaines maintenant.

- Il est vraiment temps que tu te pose quelque part.

- Ha! C'est là que vous étiez.

Iago venait d'entrer, il fit un rapide signe de croix avant de rejoindre le prêtre et l'adolescent. Il remarqua sans mal le bandage du plus jeune.

- Tu es blessé? Pourquoi ne pas l'avoir dis plus tôt?

- Ce n'était pas grave, c'est une vieille blessure et je n'y faisais pas vraiment attention. Seulement elle c'est rappelée à moi durant le repas. Désolée d'être partit ainsi.

- Tu n'as pas à t'excuser pour ça. Tu va bien maintenant?

- Oui, beaucoup mieux. Je suis juste fatigué, la journée à été longue. Est-ce que vous auriez une grange où je pourrais dormir?

- Stop, hors de question que tu dormes dans une grange, pas après ce que tu as fais pour nos enfants.

- Vous savez je saurais m'en contenter, par contre j'aimerais vraiment travailler ici et rester un peu.

- Même si je trouve ta requête toujours bizarre j'ai peut-être une solution pour toi. Est-ce que tu sais monter à cheval?

- Oui, sans aucun problème.

Tsuna se fit une note mental pour penser à remercier Dino pour ses nombreuses balades équestres et autres acrobaties qu'il lui avait apprit, aussi penser à remercier Natsu qui lui servait généralement de monture.

Après sa réponse Iago lui donna une grande claque dans le dos.

- Parfait! Bienvenu dans l'équipe. Je suis le plus grand propriétaire de ce village et beaucoup des hommes du village travaillent pour moi. Je possède des champs, mais surtout des troupeaux, moutons, chèvres, vaches. J'ai besoin de cavaliers pour les surveiller et les déplacer. Et pour l'instant il m'en manque un, l'un des nôtres est partit travailler dans une autre ville. En plus tu as des chevaux! Si ça te va, tu es engagé!

- Con piacere! (avec plaisir)

Ils se serrèrent la main en guise d'accord.

- Donc, où puis-je loger?

- Tu viendras chez moi, j'ai largement la place. Par contre tu auras le grenier, Ada semble apprécier ma femme et mon fils alors elle prendra la chambre d'ami. On va installer la tienne dans les combles. Tu mangeras avec nous et tu seras payé autant que mes autres employés.

- Grazie mille! C'est beaucoup plus que ce que j'avais espéré!

- Alors file, ma femme t'attend à la fête pour te montrer où nous vivons.

L'adolescent partit, saluent une dernière fois Abele. Celui-ci se tourna vers le chef du village en souriant.

- C'est un petit gars étonnant que nous avons là.

- C'est sûr! Je lui ai promis tout ce qu'il voulait, il aurait put me demander n'importe quoi, de l'argent, une maison, tout! Mais il m'a demandé un travail et une famille pour une orpheline... Je croyais que des gens comme ça ça n'existait pas.

- Moi ça me rassure de savoir que des personnes pareil existent encore, il y en a beaucoup trop peu.

- c'est vrai, allez, je vais te laisser, ma famille m'attend. A domani (à demain)!

- A domani.

Le chef rentra et se fit immédiatement assaillir par son fils qui trainait derrière lui sa nouvelle soeur.

- Papa, c'est vrai que Ada elle va rester avec nous? Ce sera ma petite soeur?

- Si elle veut bien, oui.

Il s'accroupit pour être à hauteur de la petite blonde, passant sa grande main de paysan dans ses cheveux.

- Alors Ada? Est-ce que tu es d'accord de rester avec nous?

Pour toute réponse elle se jeta dans les bras de l'homme, serrant ses petits bras autour de son cou. Celui-ci se leva, l'entrainant avec lui, lui parlant gentiment.

- Tu as déjà vu ta chambre?

- Oui, Théo me l'a montrée... Grazie je l'aime beaucoup.

- Tant mieux, tu pourras rajouter des décorations. Sinon, où est Tsuna?

- Avec Mama, ils rangent tout.

- Ce gosse n'est pas croyable, il devrait plutôt aller se reposer!

- Mama lui a déjà dis, mais il n'a pas voulu, il voulait d'abord l'aider.

- Et bien allons aussi les aider.

La petite famille rejoignit la matrone et l'adolescent qui finissaient la vaisselle. Tsuna ne manqua pas le regard désapprobateur du nouvel arrivant, il souffla.

- Je vous préviens, il est hors de question que je reste inactif alors que je peux aider.

- Je te rappelle que tu es blessé.

- Je l'ai depuis quelques temps et elle ne me dérange plus, à part quand je porte des charges assez lourdes.

- Mouais, finit ça et après je te montre ta chambre. Ada, Théo vous venez m'aider? On va mettre des draps sur le lit de Tsuna et on va passer un coup de balai. J'ai demandé à un de mes hommes de conduire tes chevaux dans nos écuries.

- Mes chevaux?

- Oui, les quatre qui étaient attachés à la carriole, ils t'appartiennent maintenant. On verra demain lequel sera le meilleur pour toi et pour guider les troupeaux.

- D'accord.

Finalement, les enfants suivirent l'homme pour faire ce qu'il avait dit. Quelques minutes plus tard, Tsuna monta les étages, guidé par la maîtresse de maison. Ils passèrent le premier étage et elle lui désigna l'escalier qui descendait d'une trappe menant au grenier.

- C'est là haut qu'on installe les invités quand ils sont nombreux. C'est assez grand, je vais te passer plusieurs couvertures au cas ou tu aurais froid. Demain je te montrerais tout ce qui est sanitaire, tu dois être fatigué.

- Grazie mille.

Il monta les quelques marches qui le séparaient de sa futur chambre, il remarqua vite Ada qui aidait Théo à ouvrir les fenêtres alors que Iago finissait d'installer les draps et la couverture sur le grand lit qui était au fond du grenier. Une armoire était installée en face, un miroir était accroché à une des portes. Près du lit se tenait une petite table de nuit sur laquelle reposait une lampe à huile qui diffusait une lumière chaude dans la pièce.

Tsuna s'y sentit bien. Il avait enfin un endroit où se poser, il pouvait cesser de fuir pour quelques temps. Il espérait juste que ses démons ne le rattraperaient pas trop vite, il aimait bien ce village et les gens qui le peuplaient.

Néanmoins il ne put s'empêcher de penser à sa famille, se demandant ce qu'il pouvait bien se passer dans le futur, et surtout combien de temps était passé depuis qu'il était là.

Il voulait les revoir. Il commençait doucement à penser que la solitude pourrait le tuer.


* Voici les paroles en français de la berceuse et le lien du site où je l'ai trouvée.

?t=es&p=1447

Fais dodo, fais dodo

Dans les bras de ta maman

Fais dodo joli bébé

Fais dodo bébé joli

Fais dodo, fais dodo

Dans les bras de ta maman