Comme toujours les personnages de KHR ne m'appartiennent pas ainsi que l'univers. Tout cela appartient de droit à Akira Amano :-)
Bonne lecture
Des explosions... Encore des explosions... Toujours des explosions...
C'était la seule chose que l'on entendait dans ce dédale souterrain, des bruits de débris et de casse résonnaient de temps en temps. Tout venait d'un seul endroit, de derrière une seule porte. Une ombre courageuse s'y glissa, évitant au passage des morceaux de bétons qui volaient en rase-motte.
La salle d'entrainement était ravagée comme jamais, la première couche de béton était en miette, le sol n'était plus fait que de cratères. Et au milieu de tout ça, un adolescent continuait de balancer des dynamites à tout va, hurlant comme un dément, cherchant à atteindre des cibles imaginaires.
L'ombre s'avança prudemment, ne voulant pas se faire remarquer tout de suite, même si elle doutait qu'elle soit remarquée vu l'état du combattant. Une fois assez près, elle posa une main sur l'épaule de l'artificier.
Celui-ci se retourna violemment, prêt à balancer un explosif à celui qui venait l'interrompre, mais il se retint quand un sabre se posa sur sa gorge. Il déglutit.
- Calme toi Gokudera, sinon je n'hésiterais pas à utiliser la manière forte.
- COMMENT VEUX-TU QUE JE ME CALME?! Ils l'ont encore enlevés! Pour la deuxième fois! Dans quel état on va le retrouver cette fois?! Mutilé et torturé?! Mort?!
- Calme toi. T'énerver ne sert à rien.
- JE NE PEUX PAS! C'est encore de notre faute! On a rien put faire! On aurait du... C'était à nous de le protéger... Et... on a échoué... Encore...
Des larmes roulaient sur les joues du gris alors que celui-ci laissait tomber ses dernières dynamites au sol. Apparemment le moment de rage était passé. Yamamoto baissa aussi son arme, la rangeant dans son dos. Ses yeux passèrent de durs à tristes.
Doucement il s'approcha, ramenant la tête de son ami contre la sienne, joignant leurs fronts dans un geste de réconfort. L'épéiste pouvait très bien comprendre ce que ressentait la tempête. Lui aussi avait envie de tout casser, de laisser exploser sa colère, mais il savait que quelqu'un devait rester lucide pour arrêter les autres. Et ça c'était son rôle, celui de la pluie qui calme et qui apaise.
Malgré tout il comprenait très bien ce sentiment de rage profonde. Une partie se dirigeait contre les ennemis qui avaient osés enlevés leur ami et supérieur, une autre était pour eux-même. Ils étaient en rage contre leur propre impuissance, contre leur inefficacité et ça, c'était dur à apaiser.
Mais apparemment Gokudera était au bout du rouleau. Il avait besoin de se calmer et ça Yamamoto le savait, c'est pour ça qu'il avait attendu jusque maintenant pour intervenir. Le faire avant aurait été suicidaire.
Ils restèrent tous les deux ainsi de longues minutes, le temps que la tension dans le corps de l'adolescent se relâche, aidé un peu par quelques flammes de la pluie. Quand il fut sûr d'avoir retrouvé ses moyens, Gokudera frotta rageusement les quelques larmes qui roulaient encore, se reprenant une bonne fois pour toute.
- Gokudera, il faut qu'on aille dans la salle de réunion, Mukuro est de retour et il a peut-être des infos.
- Allons-y.
Les deux adolescents sortirent de la zone sinistrée. Une fois dans le couloir, ils croisèrent deux hommes assez âgés. L'un d'eux regarda avec désapprobation l'artificier.
- Que t'ais-je appris Gokudera? Que la tempête devait détruire les ennemis, être violente quand elle le devait, mais jamais impulsive.
- Désolé Coyote-san...
une main se posa sur les cheveux argentés de l'adolescent alors que le regard désapprobateur se faisait compréhensif.
- Je sais très bien ce que tu peux ressentir, vous n'êtes pas les premiers gardiens à voir votre boss se faire enlever sans pouvoir rien faire. Ca nous est arrivé une bonne dizaine de fois, même plus et jusqu'à maintenant Timotéo a toujours survécu. Tsuna survivra, crois-moi. Mais dans ce genre de situation il faut que tu apprenne à te maîtriser, les gardiens doivent être unis même sans leur ciel pour les guider.
- J'essayerais Coyote-san... Mais la dernière fois qu'ils l'ont enlevés...
- Je sais... Ca ne c'était pas très bien passé pour Tsuna. Raison de plus pour rester unis et avancer rapidement dans les recherches. D'ailleurs Mukuro a des pistes.
Les deux gardiens de la tempête s'avancèrent dans la base souterraine, suivit par l'épéiste et son prédécesseur de la pluie, Brabanters. Celui-ci offrit un petit sourire au plus jeune.
- Tu t'en es bien sortit Yamamoto, tu as compris ton rôle dans ce genre de moments.
- Parfois c'est difficile, j'aimerais aussi pouvoir passer ma colère sur quelque chose.
- Mais toi tu es capable de la garder en toi et de la diriger contre ceux qui la mérite, c'est ça qui rend un gardien de la pluie dangereux. Car c'est quand tu seras face aux Estraneos que tu exploseras et cela fera des dégâts.
- Le plus possible... J'en ferais le plus possible, qu'ils comprennent une bonne fois pour toute.
Le regard de l'adolescent était dangereux, il réclamait du sang. Il n'avait plus rien à voir avec celui du Yamamoto de tous les jours. Brabanters aurait presque plaint les ennemis. Il avait comprit il y a longtemps qu'il valait mieux ne pas s'en prendre à Tsuna si on voulait éviter la colère des gardiens. Colère qui pouvait raser des montagnes.
Les quatre mafieux s'avancèrent dans les longs couloirs jusqu'à passer devant une salle d'entrainement encore plus dévastée que celle de Gokudera, Les cinq couches de bétons avaient été explosées, il y avait des trous imposants dans les murs, le toit tenait à peine alors que le sol n'était plus que de la poussière, laissant apparaitre la terre sur laquelle était fondée le bâtiment. Gokudera siffla, impressionné.
- Qui était là dedans? Tête de gazon ou Hibari?
- C'était Hibari. Il a tout détruit et quand il a eut finit, il est partit chercher des informations de son côté.
- Comme d'habitude.
Ils reprirent leur route, rejoignant une des salles de réunion de la base souterraine Vongola. Le reste de la neuvième et de la dixième génération, minus Hibari et Visconti, était là. Tout le monde se tut quand les derniers arrivants prirent place. Le Nono toussota, prenant la parole pour lancer cette réunion.
- Bien, cela fait une semaine que Tsunayoshi a été enlevé et que nos hommes ratissent le monde. Jusqu'à maintenant nous n'avons aucune piste, mais j'ai cru comprendre Mukuro que tu avais trouvé quelque chose.
Le gardien du brouillard s'avança, sortant son trident. Il le passa au dessus de la table où ils étaient tous assis. Une carte du monde apparut sur celle-ci. Une fine ligne rouge se dessina du Japon jusqu'en Corée du Nord.
- C'est la piste que j'ai trouvé. J'ai suivi les flammes de Tsuna jusque là et après elles disparaissent complètement comme s'il avait été téléporté. Mais à ce que je sache, aucune famille mafieuse n'a encore inventé la téléportation. Alors j'ai envoyé l'alouette se renseigner plus pour venir vous prévenir. Il devrait bientôt donner de ses nouvelles.
Juste à ce moment, le téléphone de la brume se mit à sonner. Il mit le haut-parleur et décrocha. Le voix d'Hibari se fit entendre immédiatement, pressée et froide.
- Venez tous ici et ramenez les mécanos, on va avoir besoin d'eux. D'un avion cargo aussi. Je vous attends.
Il raccrocha. Il n'y avait pas vraiment eu de nouvelles informations concrètes, mais le préfet avait du trouver quelque chose pour sembler si pressé. Rapidement le Nono sortit aussi son téléphone, appelant ses pilotes privés, leur demandant en italien qu'on lui affrète le plus vite possible un avion cargo et son jet privé.
Yamamoto se chargea de prévenir leurs trois mécanos qui arrivèrent dans les dix minutes suivantes, des boites à outils énormes portées par des mini-moscas. Tout ce beau monde partit pour l'aéroport où les avions attendaient déjà. Pendant le vol, Timotéo fit jouer ses relations pour obtenir un droit d'atterrissage en Corée le plus près possible de leur cible.
Il ne lui fallut pas longtemps pour l'obtenir et personne ne s'en étonna. Même la nouvelle génération avait prit l'habitude de voir la puissance des Vongolas à l'oeuvre dans ce genre de situation. Ils avaient déjà vu Tsuna jouer de sa notoriété pour obtenir certaines choses. Mais jamais rien d'inutile ou futile.
Après une heure à peine de vol, le jet se posa dans une petite base aérienne militaire. Le cargo devait arriver dans la demi-heure. Mais personne ne comptait l'attendre. Des hommes de main des Vongolas s'éparpillèrent dans les bois, quadrillant chaque millimètre de terrain autour de leur cible alors que les plus haut gradés s'avançaient vers l'objectif.
Ils croisèrent Hibari qui attendait à quelques mètres de ce qui semblait être un entrepôt abandonné. Il leur fit signe de le suivre, expliquant en chemin la situation.
- Nono, vous pouvez retirez vos hommes, il n'y a plus personne ici depuis plusieurs jours.
- Les Estraneos étaient ici?
- Oui, mais ils n'y sont plus.
- Alors pourquoi ce déplacement?
- Parce que je suis sûr qu'ils ne sont plus nulle part sur cette Terre. En tout cas pas à cette époque.
Personne ne comprit vraiment ce qu'il voulait dire mais ils ne parvinrent pas à lui arracher plus que ça comme info, alors ils attendirent de voir ce que le gardien du nuage avait à leur montrer.
Ils rentrèrent dans le bâtiment, évitant au passage de vieilles poutres qui tombaient du plafond régulièrement ou tout autre pièce de métal qui ne tenait plus. Mais malgré l'état de délabrement de ce taudis, il y avait des preuves que des humains y étaient venus il y a peu et avaient occupés l'endroit quelques temps. Mais ce n'est pas à ce genre de petits indices que Hibari s'arrêta, il les emmena toujours plus loin jusqu'à quelque chose qui ressemblait à une annexe.
Ils poussèrent l'imposante porte de métal dévoilant une grande pièce où trônaient de nombreux débris métalliques qui semblaient bien plus récents que tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'à maintenant. Des fils électriques pendaient d'un peu partout. Les deux générations de gardiens voulurent s'avancer, mais un tonfa les en empêcha.
Hibari leur fit clairement comprendre qu'ils ne devaient pas aller plus loin. Mais alors que Gokudera allait protester, le nuage fit signe à Irie, Spanner et Giannini qui étaient restés en retrait jusqu'à maintenant d'avancer.
Ceux-ci purent rentrer dans la salle, mais dés que Irie vit les pièces de métal son regard se durcit. Il commença à les inspecter frénétiquement, montrant de temps en temps un morceaux à Spanner qui n'avait pas comprit de suite son agitation. Mais l'autre génie finit par comprendre et jura une bonne dizaine de fois avant de rejoindre son collègue.
Ils fouillèrent de longues minutes, essayant de trouver quelque chose qui leur prouverait que leur théorie était fausse, mais chaque fois ils trouvaient un nouvel élément qui ne faisait que confirmer ce qu'ils pensaient. Ils finirent par s'arrêter, les yeux rivés sur un morceau de métal. Irie abattit son poing violemment sur le sol en jurant à son tour.
- Comment ont-ils put les avoir?! Comment ont-ils put bordel!? Ils ne devraient pas être capable de construire ça!
- Apparemment ils l'ont fais. Après tout ils sont une famille adepte des expériences, qu'elles soient humaines ou mécaniques. Mais je ne m'attendais pas à ça...
- Vous allez nous dire ce que c'est?!
Gokudera explosait. Il n'en pouvait plus d'attendre, il allait faire un massacre. Mais Irie ne semblait pas vraiment capable de lui répondre, son esprit semblait en plein calcul alors Spanner répondit à sa place.
- Hibari avait raison, Tsuna n'est plus ici. Plus dans cette époque.
- On ne comprend rien!
- Les débris que vous voyez, ce sont ceux d'une machine à voyager dans le temps.
Le silence s'installa, dura le temps que l'information passe. Yamamoto finit par se reprendre, voulant plus de précision.
- Mais pourquoi est-ce qu'ils ont voulus voyager dans le temps?! Et pourquoi avec Tsuna?
- Nous n'en avons aucune idée, il faudra qu'on analyse les données de cette machine, en espérant qu'elles soient encore lisibles.
- J'y arriverais...
Tout le monde se tourna vers Shoichi qui venait de soulever un petit boitier qui semblait complètement brulé, son regard était toujours ailleurs, semblant calculer mille choses en même temps.
- Je trouverais où ils l'ont amenés. Il faut ramener tout ces débris avec nous, tous. Aucun ne doit rester. Pas le moindre fil.
Le Nono appela ses hommes en plus de ceux qui venaient d'arriver avec l'avion cargo. Rapidement la vidange de cet atelier fut organisée et les caisses commencèrent à se remplir sous les ordres précis des mécaniciens. Quand tout fut finit et que quelques hommes furent postés dans les alentours pour surveiller, tout le monde retourna au Japon.
Personne ne parla aux trois adolescents qui c'étaient jetés sur le premier ordinateur qu'ils avaient trouvés, enchainant des dizaines de calculs complexes, discutant à voix basse de tout ce qu'ils auraient à faire. A l'atterrissage, Spanner se planta devant le vieux Timotéo.
- Nous allons avoir besoin de matériel.
- La fortune des Vongolas est à vous, utilisez là du mieux que vous le pouvez. Combien de temps?
- Laissez nous trois jours. Trois jours complets sans personne pour nous déranger.
- Bien, nous vous laissons faire.
Une longue attente allait commencer. Jamais trois jours ne parurent si longs aux gardiens. Personne n'avait la tête à s'amuser, tous étaient concentrés sur l'idée d'aller sauver Tsuna. Tous s'entrainaient comme des forcenés, voulant être le meilleur possible pour pouvoir l'aider. Lambo ne se plaint pas une fois, Ryohei ne cria pas une fois, Hibari et Mukuro ne se battirent jamais. Chacun dans leur salle d'entrainements attendaient des nouvelles des mécaniciens.
Finalement, le soir du troisième jour, Giannini fit son apparition dans le salon où ils discutaient de ce qui devraient être fait. Le bruit s'arrêta d'un coup alors que tous les regards se rivaient sur l'adolescent qui semblait sur le point de s'évanouir.
- Nous... Nous avons finis...
Comme un seul homme ils se levèrent tous, suivant au petit trot le garçon qui avait bien du mal à tenir le rythme. Ils rentrèrent en fanfare dans le plus grand atelier de la base souterraine, celui-ci faisait à lui seul la taille d'une maison. Et dans celui-ci trônait un imposant dispositif en forme de cercle qui ramenait des souvenirs à la dixième génération.
Devant celui-ci Spanner et Shoichi discutaient vivement en regardant une tablette. Ils s'arrêtèrent en se rendant compte que tout le monde était là. Personne ne manqua les imposantes cernes et le teint pâle des deux adolescents. Ils avaient du travailler les trois jours sans s'arrêter. Après tout, les gardiens n'étaient pas les seuls à s'inquiéter pour le futur boss.
- Vous êtes déjà là. Venez, on va tout vous expliquer.
Ils se regroupèrent en demi-cercle autour des mécaniciens qui firent apparaitre un hologramme avec les plans de la machine.
- Cette machine à voyager dans le temps est basée sur les plans d'une que j'ai dessiné.
- Tu as quand même inventé cette machine?!
- Oui Gokudera. Je n'ai jamais fais que les plans, je me suis dis que cela pourrait peut-être servir comme la dernière fois si on es retrouvait en situation de crise grave. Mais je ne comptais pas la construire. J'avais planqué les dessins dans cette base, mais quelqu'un les a dérobés. Sûrement un homme qui est venu pour la construction. Personne d'autre n'a accès à cette base.
- Donc ils ont eu les plans d'une manière ou d'une autre. Ils ont construits cette machine et après? Pourquoi envoyer Tsuna dans le futur?
- Je n'ai jamais dis que cette machine permettait simplement d'aller dans le futur...
Il y eut un silence, tout le monde comprenant ce qui venait d'être insinué. Gokudra prit peur pour son boss.
- Dans le passé?! Ces types l'ont emmenés dans le passé?!
- Oui, et pas que lui. Toute la famiglia ainsi que des armes de notre époque.
- Mais c'est de la folie!
- Pourtant ils l'ont fais. Pourquoi? J'ai peut-être une petite idée là-dessus maintenant que je connais la date.
- Dis-nous où est Tsunayoshi.
- Tout de suite Nono. Il est deux-cents ans dans le passé. En Italie.
Le vieillard faillit tomber sous la nouvelle mais fut rattrapé de justesse par ses gardiens qui le soutinrent.
- Pou...Pourquoi si loin? Que lui veulent-ils?
- Pourquoi Tsuna en particulier je ne sais pas. Nous cherchons encore des traces de leur projet, mais il ne reste pas grand chose. C'est déjà un miracle que j'ai pu récupérer la date et le lieu. Je sais par contre qu'ils sont à l'époque du Primo.
- Pourquoi ce moment précis?
- Vous n'en avez aucune idée Ganauche-san? Pourtant il est dit couramment dans la mafia qu'il faut toujours éliminer un problème à la source.
- Ils veulent s'en prendre à la première génération.
Le Nono fut surprit par ses propres conclusions. C'était tellement fou! Mais la haine des Estraneos à leur encontre n'était plus à prouver alors pourquoi n'en seraient ils pas arriver là pour éliminer leurs ennemis? Quelque part c'était logique et complètement barge. Mais cette famille n'était pas reconnue pour sa bonne santé mentale.
Quand l'idée eut fait son chemin dans les cerveaux, Gokudera trouva une faille.
- Mais lorsque l'on modifie quelque chose dans une époque, peu importe laquelle, on crée une nouvelle dimension où l'évenement à eut lieu. Peu importe ce qu'ils vont faire dans le passé, ça ne nous affectera pas nous.
-C'est une loi que tu connais parce que tu as déjà voyagé dans le temps. Personne n'est au courant de ça, pas même les Estraneo. Et puis je crois que ça a peu d'importance pour eux. Je ne pense pas qu'ils aient construits un autre portail. Ils vont rester là-bas. Avec les armes qu'ils possèdent il leur sera facile d'abattre n'importe quelle armée de l'époque. Ils pourront prendre sans mal le contrôle d'une bonne partie de la planète et jamais personne ne pourra les détrôner. C'est un peu comme vous avec vos boites armes qui viennent du futur. Elles sont bien plus puissantes que nos armes actuelles.
- Je comprends. Mais pourquoi impliquer Tsuna bordel!?
- Je ne sais vraiment pas. Il faudra que vous le découvriez.
- Tu vas nous envoyer là-bas?
- Oui, Tsuna ne peut pas rester seul. Mais je ne peux pas vous envoyer tous en même temps. C'est trop risqué.
Brusquement sept voix se firent entendre pour se proposer à partir en premier. Reborn du ramener le calme en tirant dans le plafond.
- Laissez moi y aller!
- Pourquoi toi tête de pouple?! Moi aussi je veux aider Tsuna-nii!
- Trop jeune stupide bovin! Comment tu vas faire contre toute la famille Estraneo?
- Moi je pourrais y aller, j'ai deux boites armes pour m'épauler et avec je suis plus apte à m'occuper d'une masse de gens.
- Non stupide baseballeur ce sera moi le premier à partir.
Les trois se chamaillèrent encore longuement jusqu'à ce que quelqu'un s'avance terriblement sérieux.
- Je vais y aller.
Tout le monde se tourna vers le gardien du soleil qui se tenait là devant tous, le regard plus décidé que jamais. Reborn réfléchit à l'idée quelques secondes avant que Ryohei ne fasse valoir ses arguments.
- Je suis le seul capable de soigner et je suis sûr que Tsuna doit être blessé. Je peux m'occuper d'un grand groupe d'ennemis sans soucis. Quand à vous Yamaoto et Gokudera, vos plaies ne sont pas encore complètement guéries. Lambo je suis désolé de te dire qu'ils ont raison quand ils affirment que tu es trop jeune. Tu ne pourras pas faire le voyage seul. Ensuite on a encore besoin de Mukuro et d'Hibari pour la récolte d'informations. Je suis donc le meilleur choix.
Personne ne dit rien, se rendant compte qu'il n'y avait rien à dire. Encore une fois ils s'étonnaient tous de voir ce Ryohei à l'opposé de ce qu'ils avaient l'habitude de cottoyer.
Mais tous savait que parce qu'il était le médecin du groupe il en avait vu beaucoup plus qu'eux et ça l'avait fait mûrir très rapidement.
Finalement ils aquiescèrent tous. Giannini lui tendit un sac contenant des vêtements d'époque qu'ils avaient fais faire pour l'occasion. D'autres sacs pour les autres gardiens attendaient dans un coin de la pièce. Il y avait aussi dedans de la nourriture, un peu d'argent qu'ils avaient réussis à racheter à un collectionneur et à copier. Ainsi que de nombreuses plantes médicales dont seul Ryohei connaissait l'utilisation, des bandages et autres médicament de leur époque qu'il devrait cacher.
Le gardien remercia les mécaniciens avant de disparaître quelques instants pour se changer. Lorsqu'il revint il avait un pantalon noir, une chemise blanche rentrée dedans ainsi qu'un fedora blanc cachant ses cheveux de la même couleur et dont l'ombre masquait son visage. Spanner s'approcha de lui, mettant bien le chapeau.
- Garde le le plus possible ou en tout cas cache ton visage comme tu peux. Vous ressemblez beaucoup trop à la première génération pour votre propre bien.
- D'accord, merci beaucoup. Je dois savoir autre chose?
- Nous n'avons pas vraiment le temps d'expliquer plus. On ne sait pas à quelle vitesse passe le temps là-bas. Plus vite tu seras partis mieux ce sera pour Tsuna. De toutes manières on enverra tous les gardiens au compte-goutte, ils serviront de messagers.
- Bien, alors allons-y. Tsuna est resté seul assez longtemps comme ça.
Spanner l'escorta jusqu-à la machine alors que Giannini faisait reculer tout le monde.
Ryohei se plaça devant le disque, son sac sur l'épaule. Il fit un petit signe à ses collègues et amis.
- A bientôt alors, dites au revoir de ma part à Kyoko-chan et aussi à Haru-chan. Elles vont me manquer. Mais dites leur bien que je vais revenir avec Tsuna et qu'elles ne doivent pas trop s'inquiéter.
- Je le ferais Onii-san.
- Merci beaucoup Yamamoto.
- On compte sur toi pour bien t'occuper de Tsuna!
- Pas de soucis!
Ils se sourirent une dernière fois alors que Shoichi donnait ses instructions.
- Tu va être amené deux-cents ans dans le passé, plus ou moins près de là où est Tsuna. Je te préviens, le voyage ne sera pas forcément agréable, le bond temporel est énorme.
- Pas grave, tant que je peux aider Tsuna je suis prêt à endurer n'importe quoi.
- Je sais. Lors du voyage, il faudra que tu te concentre très fort sur ta flamme. Elle est liée à celle de Tsuna, c'est elle qui va te guider au bon endroit enfin plus ou moins.
- D'accord, je te fais confiance Kangaryuu!
Il posa une main sur son bras gauche, sentant à travers sa manche son brassard Vongola qu'il devait cacher. Il se concentra sur ce qu'il ressentait à travers lui.
Sa flamme. Jaune et brillante, éclatante comme le soleil, pleine de vie. Il s'accrocha à elle comme à une bouée, sachant que c'était la seule chose qui lui permettrait de retrouver son boss. Son frère.
Tellement pris par sa volonté, il ne se rendit pas compte que le voyage commençait.
Il fut aspiré par le disque de métal, laissant tout le monde surprit par sa brusque disparition.
Shoichi se tourna vers l'assemblée.
- Le voyage à commencé. Comme je l'ai dis on vous enverra au compte-goutte en tant que messager. Nous, nous allons devoir inventer et construire la machine qui pourra vous ramener, mais vous devrez être patient. Sur ce, je crois que je vais aller... dormir...
Spanner rattrapa son ami juste avant qu'il ne s'écroule. Les trois jours avaient été particulièrement difficile, surtout pour Irie qui avait du tout reconstruire à partir de sa mémoire. Heureusement qu'elle était plus qu'excellente.
Tout le monde sortit de la base souterraine pour rejoindre la villa de Nana. Ils mangèrent plus par obligation que par envie.
Le Nono et ses gardiens retournèrent en Italie mais voulaient être tenus au courant de la moindre avancée. Seul resta la dixième génération qui comptait un membre de moins en plus.
Et ils attendirent. Ils ne pouvaient faire que ça. S'entraîner et attendre le moment où ils pourront assumer leur rôle de gardien.
Bam. Bam. Bam.
Des bruits répétitifs sur une plaque de bois. Très bon son pour se réveiller, même si Tsuna aurait préféré quelque chose de plus doux. Finalement le bruit s'arrêta remplacé par un grincement. A contre-coeur il se tourna pour voir la trappe menant à sa chambre s'ouvrir.
Brusquement, ses réflexes mis en place depuis plusieurs années le réveillèrent. Il fut debout en quelques secondes, un poignard en main prêt à se jeter sur un quelconque ennemi.
Mais il se détendit vite et recacha son arme en voyant qu'il s'agissait juste de Iago. Le fermier lui jeta un grand sac en toile rempli de vêtements.
- Tiens, c'est pour toi. On a rassemblé tous les vêtements trop petits des cavaliers en espérant qu'ils soient à ta taille. Tu peux venir te débarbouiller en bas, mais un vrai lavage c'est pour le soir. Sinon ici on se lève tôt, on mange le repas de midi tous ensemble avec les travailleurs. Le soir et le matin sont réservés aux familles. Je crois que c'est tout. Ah non! Je n'emploie pas n'importe qui alors tu as intérêt à être à la hauteur.
- Bien sûr Iago, vous pouvez compter sur moi. Ce travail je l'ai demandé.
- Super, mais tutoyes moi comme tout le monde ce sera plus facile.
- D'accord.
- Vieni presto (viens vite)! On t'attend pour tester les chevaux.
Le paysan disparut, laissant Tsuna se changer. Celui-ci vida le sac, remerciant intérieurement tout ceux qui lui offraient ça. Il y avait de tout, des pantalons aux chemises ou des pulls, des pairs de gants et des chaussures plus solides pour monter à cheval.
Il se vêtit rapidement d'un pantalon brun qu'il recouvrit de jambières en gros cuir que les cavaliers portaient parfois. Au début il trouva ça très inconfortable et marcha comme un canard. Il mit ensuite une chemise grise dont il remonta les manches et qu'il rentra dans son pantalon. Pour finir, il enfila des gants assez épais en cuir aussi.
Enfin il remit son béret, cachant dedans tous ses cheveux. Il inspecta rapidement son bandage qui semblait encore bien tenir. La douleur commençait à décroître et ça lui faisait un bien fou.
Maintenant qu'il était prêt, il descendit quatre à quatre les marches, trouvant tout le reste de la famille attablée alors que le soleil venait à peine de se lever. Il prit place à son tour, mangeant les oeufs et le pain qu'on lui proposait. Après un dernier remerciement à la chef de maison, tout le monde se mit au travail. Aurelia partit avec Théo et Ada nourrir les bêtes se trouvant à l'étable. Iago entraîna Tsuna vers les écuries. Plusieurs hommes étaient déjà là, finissant d'accrocher les mêmes jambières que l'adolescent. Ils saluèrent gaiement les nouveaux arrivants avant de s'atteler au nettoyage de leurs chevaux.
Le fermier entraîna le plus jeune à sa suite, vers quatre boxes fraîchement occupés.
- Voilà les chevaux que tu as ramené avec toi. Je les ai inspecté, ils sont tous en pleine forme. Le tacheté au fond et le noir sont plus des chevaux de traits, ils seront plus efficaces dans les champs. Par contre tu peux choisir entre ces deux là, ils peuvent convenir tous les deux. Après on verra comment ils se comporteront avec les autres bêtes.
Tsuna observa les deux animaux désignés. L'un était blanc, le robe moucheté de centaines de points bruns, la crinière brune comme ceux-ci. Mais le choix du mafieux se porta sur l'autre.
Un grand mâle musculeux à la robe couleur de miel et aux crins noirs. Ses deux yeux noirs comme la nuit observaient son maître avec une lueur d'intelligence qui plut au mafieux.
- Je crois que je vais prendre celui-là.
- Très bon choix, c'est une superbe bête et vu ses muscles elle n'aura aucun mal à se faire respecter dans le troupeau. Il a un nom? Sinon tu peux lui en donner un.
- Speranza...
- Pourquoi?
- C'est lui qui a tiré la carriole jusqu'ici et qui a permis aux enfants d'avoir l'espoir de revoir leurs parents.
- C'est un très beau nom. Si on allait lui trouver une selle?
Tsuna le suivit jusqu'à une salle attenante remplie de selles, de brides et autres matériels pour l'équitation jusqu'au plafond. Iago observa le choix qui s'offrait à lui avant de commencer à choisir. Il passa la selle à Tsuna, la bride, le licol et encore une bonne dizaine de brosses. Tellement de choses en même temps que Tsuna en tomba à la renverse, écrasé par sa charge.
Le fermier se mit à rire bruyamment en l'aidant à se relever et à tenir tout ce qu'il avait. Ils retournèrent chez le dénommé Speranza. Iago laissa l'adolescent s'en occuper seul pour se consacrer à sa propre bête. L'adolescent remercia mentalement une nouvelle fois Dino pour tout ses cours sur l'équitation. Il rentra dans le boxe, commençant à brosser sa monture jusqu'à ce que Natsu fasse son apparition, profitant que son maître était seul.
Le tout petit lion qu'il était paraissait minuscule à côté de Speranza. D'ailleurs celui-ci semblait intrigué par la petite chose flamboyante qu'était le félin. Il souffla un grand coup dessus, menaçant d'éteindre les flammes de l'animal qui gronda de mécontentement, boudant dans son coin. Tsuna comprit rapidement pourquoi.
- Natsu, c'est toi ma monture et ce ne sera jamais personne d'autre, mais je ne peux pas monter un lion au milieu de tout ces gens, j'ai besoin de quelque chose de plus classique. Crois moi, Speranza n'occupera jamais la place que tu occupe. Et puis, je te promets que le soir on continuera de se promener ensemble.
Le lion observa son maître avec espoir et sautilla de joie en comprenant qu'il disait vrai. Speranza s'amusa à bousculer cette petite chose remuante avec son museau alors que Natsu essayait de le repousser avec ses grosses pattes. Alors que les deux animaux s'amusaient ensemble, Tsuna continua son brossage et sella son cheval.
Natsu disparut en quatrième vitesse quand des bruits de pas se firent entendre. Iago réapparut tirant un étalon chocolat derrière lui.
- Prêt pour ta journée d'essai Tsuna?
- Bien sûr!
- Je pourrais tout t'expliquer ce matin, mais cet après-midi je pars inspecter les champs alors tu te débrouilleras avec les autres cavaliers.
- Pas de soucis, je ne veux pas t'embêter dans ton travail.
- Allons-y, les animaux ont hâte de sortir.
Effectivement, jusqu'ici il pouvait entendre les vaches meugler et les moutons bêler, s'agiter. Le mafieux monta en selle avec facilité, suivant son désormais patron qui avait fait de même. Dans la cour ils se retrouvèrent avec les sept autres cavaliers sous les ordres de Iago. Ils se présentèrent tous rapidement.
- Achille, pour te servir ragazzo.
- Calogero, ce n'est plus vraiment un ragazzo, il a quoi seize/dix-sept ans?
- Flavio, second de Iago, si tu as une question n'hésite pas à me la poser.
- Lorenzo, dernier venu dans cette troupe avant que tu n'arrive.
- Massimo, je suis le doyen du groupe, si tu veux apprendre des choses en plus sur les chevaux ou toutes les bêtes qui vivent ici, viens me voir.
- Mino, j'ai rien à ajouter.
- Otto, père de Elisa, je te suis éternellement reconnaissant d'avoir ramené ma fille jusqu'ici. Tu aurais pu les laisser au premier inconnu venu et reprendre ton voyage, mais tu ne l'as pas fais, encore merci pour tout. Si tu as besoin de quoi que ce soit demande-moi, je veux te remercier de ce que tu as fais.
- Avoir ce travail et un endroit fixe où dormir et savoir les enfants dans leurs familles est une récompense largement suffisante pour moi. Alors ne me traitez pas autrement que vous le feriez avec un collègue ou un ami. On y va?
La petite troupe rejoignit les étables où attendaient Théo, Ada et Aurélia. Ils ouvrirent les portes de l'imposante grange, sortirent en premier les chèvres. Achille, Calogero, Flavio et Mino commencèrent à diriger ce groupe là, aidés par cinq chiens. Le groupe partit vers le massif de montagnes.
- Ils vont faire brouter le troupeau dans les hauteurs, comme ça nous on a plus de place ici en bas. Toi tu va rester avec le groupe des vaches et des moutons, ce sera un bon début.
Aurélia ouvrit une nouvelle grange laissant s'échapper les bêtes manquantes. Immédiatement cinq autres chiens vinrent calmer les ardeurs des premiers sortis alors que les cavaliers commençaient à encercler le troupeau qui arrivait. Calmement ils les gardèrent groupés et commencèrent à les diriger vers les pâturages.
Tsuna soupira de soulagement en se rendant compte que Speranza restait très calme face à la masse et se laissait diriger sans trop de problèmes. L'adolescent put commencer son travail et se rendit vite compte que c'était assez difficile. Beaucoup de bêtes tentaient de s'éloigner et il fallait absolument les garder dans la masse avant qu'elles ne s'éloignent trop. Mais en même temps il ne fallait pas délaisser le groupe pour une seule bête sinon c'était plein d'autres qui se faisaient la malle.
Heureusement, le mafieux comprit vite que Speranza était un très bon cheval pour cela. Il était rapide pour attraper les récalcitrants et en imposait par sa stature, ainsi même les vaches plus imposantes se laissaient ramener bien gentiment.
Quand il commença à prendre la main et à se débrouiller correctement, il put apprécier l'ambiance qui régnait entre les cavaliers qui ne cessaient de discuter entre eux en hurlant pour se faire entendre, les paysages qui défilaient devant lui. Tout était beaucoup plus sauvage que ce qu'il connaissait. Pas une seule grande ville ne venait déchirer le décor que formaient les montagnes, les forêts et les plaines. Il se sentait coupé du monde, perdu dans un immense champ d'herbe, seul le petit village qu'ils venaient de quitter apparaissait au loin, mais rien d'autre. Pas de poteau, pas de routes, pas d'immeubles, juste la nature.
Et ça lui faisait étrangement du bien. Il se sentait bien. Il respirait mieux, comme si un poids dont il n'avait pas conscience venait de s'enlever. Quelque part au fond de lui sa flamme dansa, réagissant à quelque chose qu'il ne comprenait pas. Son corps semblait toujours se réveiller quand il était en Sicile, mais maintenant le phénomène était beaucoup plus fort. Après tout il était sur la terre de ses ancêtres, mais à la même époque que celui-ci.
Et au fond de lui sa flamme ne pouvait s'empêcher de danser en sentant la présence de celle du Primo Vongola, même si elle était à des kilomètres de là.
Seulement l'intuition de Tsuna lui souffla qu'il n'y avait pas que ça et que quelque chose de bien venait d'arriver, quelque chose le concernant. Cela lui redonna espoir.
Alors qu'il avançait dans ses plaines vierges de civilisation, il se concentra pleinement sur sa flamme, la sentant dans chaque fibre de son être. Il la sentait, mais également une autre petite flamme liée à la sienne. Une présence connue se fit sentir comme un vague rêve disparaissant au réveil. Tsuna n'eut pas le temps de savoir à qui elle appartenait qu'elle disparaissait. Ne lui laissant qu'un sentiment de réconfort.
Il prit une profonde inspiration, savourant la sensation avant de retourner à son travail. Pour l'instant il ne devait pas bouger, les bêtes broutaient tranquillement et Speranza les imitait. De temps en temps ils devaient juste ramener un perdu. Ils restèrent sur place une heure, pas plus avant de de nouveau déplacer le troupeau. Iago lui expliqua que ça abimait moins la terre de faire comme ça.
Alors régulièrement ils s'arrêtaient, broutaient, puis reprenaient la route pour un autre endroit. Ils s'arrêtèrent plus longuement pour manger. C'est à ce moment que Iago les quitta, partant au galop vers les champs pour surveiller ses terres. Les cavaliers restant laissèrent leurs chevaux libres au milieu du troupeau, sachant qu'ils ne s'en iraient pas plus loin. Et étonnement Speranza suivit l'exemple de ses collègues équins.
Lorenzo, Massimo et Otto retirèrent les sacoches contenant le repas de leurs montures pendant que Tsuna ramenait les gourdes d'eau. Ils s'installèrent tous les quatre sous un arbre à l'ombre, s'éventant avec leurs chapeaux alors que le soleil commençait à taper dur sur leurs peaux. Ils sortirent le pain, la charcuterie et le fromage qu'ils avaient, se le départageant, mangeant avidement. Faire du cheval était un sport et cela donnait faim.
C'était assez physique après tout, ils devaient régulièrement galoper après des membres du troupeau. Et une vache qui s'enfuit va beaucoup plus vite que ce que l'on peut penser au premier abord. Mais maintenant c'était l'heure de repos, même les animaux semblaient léthargiques à cause de la chaleur. Les cavaliers en profitaient pour discuter de tout et de rien. A un moment Otto désigna quelque chose qui tenait à la ceinture du plus jeune.
- Belle arme. Je peux la voir?
Tsuna regarda à sa ceinture et constata qu'il avait gardé un de ses couteaux par réflexe.
- Désolé, j'ai pris l'habitude en voyageant de toujours l'avoir sur moi.
- Pas besoin de t'excuser, c'est normal d'avoir une arme quand on voyage, sinon ce serait trop dangereux. Nous portons tous un couteau sur nous pour l'instant. D'où vient le tien, il a une forme étrange.
L'adolescent retira son arme pour la tendre au curieux, ses compagnons se penchèrent au dessus de son épaule pour mieux la voir aussi. La lame était légèrement recourbée et très aiguisée, protégée par un fourreau en bois où avaient été brûlés des symboles barbares. Les trois siciliens sifflèrent d'admiration.
- Superbe poignard, sûrement plus efficace que les nôtres.
- Je l'ai reçu d'un lanceur de couteau que j'ai croisé dans un cirque. Il vient d'Afrique. C'est le plus grand que j'ai.
- Fais-y attention, une arme pareil ça ne court pas les rues.
Otto la lui rendit alors que la conversation continuait sur d'autres sujets jusqu'à ce qu'ils estiment qu'il était temps de reprendre la route. Ils sifflèrent et leurs chevaux les rejoignirent au petit trot. Tous remontèrent en selle et le travail reprit. Cela fut calme comme la matinée à part quelques belles galopades après des vaches ou des moutons rebelles.
Lorsque le soleil commença à décliner, les cavaliers tirèrent les animaux de leur dernière pause pour les ramener à l'étable. Aurélie attendait avec ses enfants, prêts à les aider. Rapidement tout le monde fut à l'intérieur, mais alors que Tsuna s'apprêtait à descendre de cheval mais Massimo le retint.
- Le travail est finit, maintenant c'est le moment détente, les chevaux en ont aussi besoin.
L'adolescent suivit ses ainés qui avaient été rejoint par le groupe des chèvres. Tous les cavaliers étaient là, le regard tourné vers les champs qu'ils venaient de quitter et qui s'étalaient à l'horizon.
- Qu'est-ce qu'on va faire?
- Une bonne course!
Apparemment ce fut le signal parce que tout le monde lança son cheval à pleine vitesse. Tsuna fit rapidement de même, suivant le groupe. Les ombres filaient sous le soleil qui teintait tout de rouge. Les chevaux se laissaient aller, faisant ce pour quoi ils ont été créés, courir, courir à en perdre haleine.
Les cavaliers criaient, riaient, s'encourageaient. Tsuna fut prit dans l'euphorie collective et hurla aussi alors que Speranza fendait les airs, dépassant tout le monde. Les sept italiens qui virent l'adolescent jurèrent avoir vu une fine couche orangée le recouvrir, mais ils mirent ça sur le compte du coucher de soleil.
Tsuna par contre se rendit vite compte qu'il c'était un peu trop laissé aller, sa flamme bouillonnait et ne demandait qu'à sortir, elle avait faillit le faire d'ailleurs. Mais il se reprit à temps, finissant la course comme si de rien n'était.
Iago les vit arriver essoufflés et riant comme des enfants.
- Vous avez remis ça à ce que je vois.
- Tu sais très bien à quel point ça fait plaisir après une journée de travail.
- Vous auriez pu m'attendre.
- Ce sera pour demain capo (chef), promis!
- Allez tout le monde, je crois que vos femmes et enfants vous attendent pour le repas. Elles vont encore croire que c'est moi qui vous fais faire des heures supplémentaires.
- A domani capo!
Les sept cavaliers ramenèrent leurs chevaux à l'écurie avant de rentrer chez eux. Tsuna fit comme eux mais suivit Iago. Dés qu'il fut rentré dans la ferme une petite blonde se jeta dans ses jambes, après un sourire il la souleva dans ses bras, lui demandant des nouvelles de sa journée. Elle lui répondit avec enthousiasme à grand renfort de gestes de bras, apparemment elle se plaisait bien dans cette vie de ferme.
Il finit par la reposer au sol pour ébouriffer les cheveux de Théo qui suivait sa nouvelle petite soeur partout. Les deux enfants se ruèrent dans la cuisine après l'appel de leur mère pour qu'ils mettent la table. Le mafieux les suivit et se rendit compte qu'ils avaient un invité.
- Buongiorno padre Abele.
- Buongiorno Tsuna. Comment c'est passé cette première journée de travail?
- Très bien.
- Ton bras ne t'a pas fait mal?
- Non, mes gants protègent mes mains et je ne ressens qu'une toute petite douleur quand je tire trop sur les rênes.
- Tant mieux, j'avais peur qu'elle te gêne pour monter à cheval. Tu me laissera la nettoyer après le repas.
- Merci beaucoup de ce que vous faites. En tout cas vos herbes sont efficaces.
Le repas fut animé par les rires et les discussions des enfants. En les voyant faire Tsuna ne put s'empêcher de penser à Lambo et I-pin. Un voile de tristesse recouvrit ses yeux pendant quelques instants et cela ne passa pas inaperçu pour le prêtre. Celui-ci remplit le verre d'eau de l'adolescent, essayant de le tirer de ses pensées moroses. Mais cela n'arracha qu'un faible sourire au mafieux qui avait bien compris le geste de l'homme de prière.
Il resta dans cet état de longues minutes avant que les enfants ne parviennent à le détourner de ses idées noirs.
Une fois le repas finit, les enfants durent rejoindre leur chambre alors qu'Abele discutait au salon avec Iago. Aurelia retint quelques instants l'adolescent qui vivait sous son toit.
- Tsuna, j'ai mis de l'eau à chauffer pour toi dans la salle à côté. Il y a le grand baquet. Tu peux aller te laver, je suis sûr que tu n'en a pas eu l'occasion depuis quelques temps. J'ai mis des serviettes aussi.
- Grazie mille, j'y vais tout de suite.
- Personne ne viendra te déranger, ne t'inquiète pas.
Le mafieux disparut dans la salle à côté, remarquant vite l'imposant demi-tonneau qui servait de baignoire et la casserole d'eau chaude qui fumait à côté. Aurelia avait été tellement prévenante qu'elle avait descendu son pyjama qui consistait en un vieux t-shirt trop grand et un pantalon léger qui tous les deux, furent blancs un jour.
Rapidement il versa une partie de l'eau dans le baquet, se déshabilla et y entra à son tour. Ils soupira de bonheur en sentant l'eau chaude l'entourer. Il se savonna et versa le reste d'eau chaude sur lui pour se rincer.
Il resta longtemps à fixer le plafond, jouant avec les mèches mouillées qui lui tombaient sur le visage. Natsu apparut sur le bord du bassin, tentant de garder son équilibre pour ne pas tomber à l'eau.
Tsuna rit en le voyant ainsi s'agripper, mais il s'amusa moins quand son lion se décida à imiter Uri. Il finit sur sa tête, ses petites griffes s'enfonçant dans son crâne. Tsuna ne s'y attendait pas et d'un geste brusque l'envoya valser dans ce qui servait de bain.
Le lionceau n'avait même plus de flammes, ses poils lui collaient à la peau alors qu'il tentait désespérément de remonter la surface de bois avec ses petites griffes pour échapper à l'eau.
Au milieu de son fou-rire Tsuna se décida à aider son ami et le reposa au sec, sur le bord. Celui-ci s'ébroua, lançant des petites gouttes dans tous les sens.
L'adolescent protesta en riant avant d'avoir pitié de cette petite bête qui essayait d'arranger sa fourrure à grands coups de langue. Le mafieux passa sa main sur le pelage de l'animal, le caressant mais le frottant aussi avec ses flammes pour le sécher.
Le félin râla quelques minutes mais fini par abdiquer sous les douces caresses de son maître, préférant se frotter à lui pour chercher toujours plus de contact.
Ils profitèrent tous les deux de ce petit moment de tendresse avant que l'adolescent ne sorte du bain et que le lion dut retourner dans sa bague.
Tsuna finit par réapparaître dans le salon où attendaient les adultes. Abele lui fit signe de venir à ses côtés.
- Vieni Tsuna, je vais changer ton bandage.
- Grazie mille. Vous n'êtes pas obligé de venir ici à chaque fois. Je peux me déplacer aussi.
- Et bien nous alternerons alors. Assieds-toi.
L'adolescent obéit et prit place aux côtés du religieux. Celui-ci remonta sa manche, commença à examiner la blessure pendant que son patient discutait avec le couple de fermiers. Pendant la discussion, Iago remarqua quelque chose.
- Tu porte toujours ton poignard?
L'Homme regarda la taille de l'adolescent là où il avait gardé son couteau à sa ceinture. Tsuna passa sa main libre dessus avec un regard anxieux.
- Je n'arrive pas à m'en défaire. Il me rassure... j'ai l'habitude de me battre et d'être toujours sur mes gardes alors j'ai constamment une arme sur moi. Désolé si ça vous dérange.
- Pas vraiment. Je sais que tu ne l'utiliseras jamais de la mauvaise manière alors il n'y a pas de soucis. Par contre tu ne quitte jamais ton béret non plus?
Le futur boss passa une main sur sa tête là où il avait remit son couvre-chef pour cacher ses cheveux. C'était vrai qu'il ne le retirait jamais, mais il ne pouvait pas dire pourquoi à cette famille. Trop dangereux et risqué.
- C'est un cadeau d'un vieil aveugle que j'ai croisé durant mon voyage. Ça m'a bien protégé du soleil.
- Pourquoi tu ne le retire jamais?
- Je suis désolé mais je ne peux pas vous le dire. N'insistez pas s'il-vous-plait.
Les trois adultes présents comprirent sans mal qu'ils n'auraient pas de réponses.
Abele finit par terminer son travail et laissa Tsuna rejoindre sa chambre. Il salua une dernière fois son ami et sa femme avant de rejoindre sa chapelle. Sous le toit, l'adolescent venait de se coucher, posa sous son oreiller le poignard, laissa Natsu venir se lover contre lui et put enfin éteindre la lumière pour prendre du repos.
- Natsu, réveilles-moi un peu avant que le soleil se lève pour qu'on aille chasser ensemble.
Un miaulement affirmatif lui répondit avant qu'il ne sombre dans le sommeil. Le lendemain, comme prévu, son animal le réveilla et ils partirent sur la pointe des pieds, cavaler dans la forêt au plus grand plaisir du félin.
Au lever du soleil ils furent de retour pour se préparer pour une nouvelle journée de travail qui se déroula aussi bien que la première. Les autres cavaliers commencèrent à apprendre ce qu'ils savaient au plus jeune. Ils lui apprirent à se servir d'un lasso, comment arrêter une vache, un veau ou un mouton à mains nues, comment se repérer dans les champs qui s'étendaient à perte de vue. Comment gérer correctement son cheval et encore plein d'autres choses.
Pendant deux jours une certaine routine s'installa, le mafieux commençait à prendre ses marques dans le village. Les gens l'accueillaient toujours chaleureusement et lui proposait leur aide pour tout et n'importe quoi. Malgré tout, il restait sur ses gardes, n'ayant pas oublié que de membres des Estraneo étaient aussi dans cette époque. Même si ils refaisaient discrets pour l'instant, son intuition lui rappelait constamment qu'ils n'étaient pas très loin à attendre le bon moment.
Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi ils attendaient, normalement ils lui auraient courus après dés son évasion et l'auraient fais avec beaucoup plus d'assiduité que maintenant. Mais au contraire, ils l'avaient laissés plutôt tranquille et ça l'inquiétait tout autant. Il ne cessait de se demander si ils n'avaient pas un autre plan et qu'il passait à côté de quelque chose d'important. Ne trouvant aucune réponse pour le moment, il était obligé de garder ça dans un coin de sa mémoire en attendant de trouver de nouveaux éléments.
Pour l'instant il ne devait pas se soucier de ça, mais plutôt de cette vache qui tentait pour la énième fois de quitter le troupeau. Il se mit à la courser, chassant quelques instants ses ennuis de son esprit.
Quelque part en Sicile, un groupe d'hommes arrivaient à cheval en face d'un imposant manoir typique du dix-septième siècle. L'extérieur était assez sobre même si la bâtisse était grande, les murs étaient blancs pour éloigner le soleil qui tapait fort dans ces régions. trois palefreniers vinrent récupérer les montures des maîtres des lieux pour les amener à l'écurie.
Le groupe pénétra la demeure, saluant les quelques domestiques qui travaillaient là. Le chef de la troupe semblait avancer plus par automatisme qu'autre chose, saluant faiblement ce qui était bien différent de son attitude habituelle. Ses amis ne mirent pas longtemps à se rendre compte que quelque chose clochait.
- Giotto? Tout va bien? T'es tout patraque.
- Ca va G... Je suis juste fatigué par tout ça... Je ne m'attendais pas à devoir me déplacer à l'autre bout de la Sicile pour rappeler à l'ordre mes propres hommes...
- C'était juste des imbéciles et tu as bien fais de les virer de la famiglia. Ils se croyaient supérieur à tout le monde juste parce qu'ils appartenaient aux Vongolas.
- G... J'ai très bien compris ce qu'ils faisaient et j'avais espéré que ça n'arriverait jamais dans ma famille... Mais apparemment j'avais tort...
- Te mine pas le morale pour ça. Ce sont des cas isolés.
- Je voudrais te croire...
Le groupe arriva devant une grande porte qu'ils poussèrent pour se retrouver dans un bureau. Le blond qui dirigeait le groupe prit place derrière avec un soupir de soulagement. Ses amis attendirent la suite en arc de cercle.
- Bon, on prend des nouvelles de ce qu'il c'est passé dans les environs et après repos pour tout le monde.
A ce moment un homme travaillant dans le manoir entra et se posta devant son supérieur, une feuille remplie d'annotations dans ses mains. Giotto soupira de désespoir en devinant tout ce qui avait du se passer en son absence.
- Bien Matis, commence.
- Alors Don Vongola vous préférez que je commence avec le plus grave ou le moins.
- Attaque tout de suite avec le grave.
- Et bien des trafiquants en tout genre ont profité de votre départ pour rentrer dans votre territoire et se servir.
- Trafiquants de quels genre?
- Des trafiquants d'enfants entre autre.
Tous les gardiens se tendirent en apprenant la nouvelle. Giotto se redressa d'un coup, le regard sérieux et inquiet.
- Il y a eut beaucoup d'enlèvements?
- Une vingtaine d'enfants dans les environs de Salina, Baucina et Caccamo. La dizaine d'enfants enlevés à Caccamo ont put être récupérés à temps par une coalition de paysans qui ont attaqués les kidnappeurs. Par contre personne n'a pu empêcher les enlèvements à Salina et Baucina.
- Merda! G, va chercher nos chevaux, on doit trouver des pistes pour les récupérer!
- Calmez-vous Don Vongola. Les enfants vont bien.
- Que...
- Ils ont été sauvés par un voyageur près de Cefalù. Celui-ci les a ramené à leurs villages sans aucun soucis.
- Grazie a Dio (grâce à Dieu). Qui a été assez courageux et fort pour arrêter les trafiquants?
- Nous ne connaissons pas son nom, mais selon nos informateurs, il serait resté à Baucina après avoir ramené les enfants.
- Perfetto! Je vais le voir.
- Giotto!
- G, tu ne m'en empêcheras pas, j'ai besoin de me changer les idées. Ceux qui veulent venir peuvent m'accompagner, les autres vous pouvez vous reposer.
Les différents membres du groupe se regardèrent pour savoir qui était prêt à reprendre la route. Daemon quitta la pièce, ne voulant pas remonter à cheval pour l'instant. Surtout que quelqu'un l'attendait. Asari partit à son tour, ne se sentant pas capable de tenir plus longtemps sur un cheval.
Finalement, il ne resta que Alaude qui était curieux d'en apprendre plus sur l'étranger et de savoir s'il n'était pas une menace. G venait parce qu'il était hors de question pour lui de laisser son ami y aller seul. Et enfin, Knuckle argumenta qu'il voulait bien faire le voyage pour remercier ce sauveur inattendu et revoir un prêtre qu'il connaissait bien.
Ainsi, le quatuor prit de nouveaux chevaux et la route pour la deuxième fois de la journée. Ils ne galopèrent pas longtemps avant d'apercevoir les premières maisons du village. Les quelques femmes se trouvant au lavoir où dans leurs maisons sortirent en entendant la cavalcade. Au début elles regardèrent suspicieusement les nouveaux venus avant que le père Abele n'apaise leurs craintes.
Celui-ci était en train d'apprendre à lire aux enfants les plus jeunes sur la seule place du village quand il avait aperçu les cavaliers. La couleur de cheveux de certains le renseigna immédiatement sur qui venait d'arriver. Il entraina les enfants à sa suite alors qu'ils venaient à leur rencontre.
- Qui voilà, fra (frère) Kncuckle! Cela fait quelques temps que je ne t'avais vu.
- Padre Abele, je suis aussi heureux de vous revoir, désolé pour mon absence, mais nous avons été fort demandés.
- Je m'en doute. Quel bon vent vous amène ici? Je suppose que vous n'êtes pas simplement venu dire bonjour, surtout si Don Vongola est aussi présent.
Le chef de famille descendit de sa monture pour saluer correctement le religieux.
- Heureux de vous rencontrer padre Abele. Je suis ici parce que j'ai appris que des trafiquants d'enfants avaient enlevés des enfants dans plusieurs villages, dont le vôtre.
- Exact, horrible histoire avec une fin heureuse, mais vous devez sûrement le savoir alors ce n'est pas pour ça que vous êtes là. Laissez moi deviner, vous venez voir Tsuna.
- Tsuna?
- Oui, c'est le nom du petit gars qui a ramené les enfants.
- Alors c'est bien lui que je cherche. Il est toujours ici?
- Oui, il travaille pour Iago, un fermier du village. Suivez moi. Les enfants, rentrez chez vous, on continuera demain.
Tous les marmots s'éparpillèrent dans le village alors que seul deux restaient et suivaient le groupe jusqu'à une ferme de bonne taille. Abele toqua quelques coups pour annoncer son arrivée alors qu'on l'autorisait à entrer depuis la cuisine.
- Aurelia, je suis avec des invités. Iago est là?
Une femme dans la trentaine apparut, un tablier rempli de farine et les cheveux désordonnés qu'elle s'appliqua à remettre à leur place. Les deux enfants coururent se réfugier dans ses jupes alors qu'elle accueillait tout le monde.
- Entrez, ne restez pas sur le pas de la porte ou on va me prendre pour une malpolie. Théo, Ada, allez jouer au jardin ou allez nourrir les poules pendant que je discute avec tout ce beau monde.
Les deux plus jeunes coururent à l'extérieur, un seau rempli de graines en main. Une fois tranquille, la maîtresse de maison leur fit signe de s'installer dans le salon le temps qu'elle retire son tablier et s'occupe de sa cuisine. Elle réapparu quelques instants plus tard et observa ses invités.
- Alors padre Abele, que me vaut la visite d'autant de gens?
- Ils appartiennent aux Vongolas.
- J'avais reconnu l'emblème, mais vu vos vêtements je suppose que vous êtes plutôt haut placé dans cette famille, Don Giotto si je ne me trompe.
- No signora, c'est bien moi. Je cherche quelqu'un que vous connaissez sûrement. Un certain Tsuna.
- Tsuna? Pour l'instant il fait paître les vaches et les moutons dans les prairies à l'écart du village. Il ne rentrera que ce soir au couchez du soleil.
- Pouvez-vous m'indiquer où il se trouve, je m'y rendrais de moi-même.
- Moi je peux vous guider.
Tout le monde se tourna vers le paysan qui venait d'entrer. Celui-ci observa rapidement la foule comme sa femme plus tôt avant de leurs faire signe de le suivre.
- Vous avez des chevaux? Il va falloir galoper un peu.
- Ce ne sera pas un problème.
- Bien, je suis Iago, le propriétaire de cette ferme. Je vous attend dans la cours derrière. Padre Abele vous voulez un cheval?
- Non, je vais vous attendre ici. Je vais aller voir si je peux aider Ada et Théo.
Les Vongolas sortirent chercher leurs montures et rejoignirent comme convenus Iago derrière la maison. Celui-ci lança son cheval au galop, leur faisant signe de le suivre. Ils avancèrent à travers les prairies pendant de longues minutes jusqu'à apercevoir le troupeau au loin. Massimo fut le premier cavalier qu'ils croisèrent. Celui-ci salua son chef et les visiteurs qu'il regardait curieusement jusqu'à voir leur insigne.
- Signori Vongola (seigneurs). Lieto (enchanté), je suis Massimo. Je peux vous aider?
- Ils cherchent Tsuna. Tu sais où il est?
- Il prend une petite pause sous l'arbre là-bas de l'autre côté du troupeau. Il ne se sentait pas super bien et sa blessure le tiraillait.
- Il faudra qu'il aille voir padre Abele ce soir alors. Merci du renseignement. Continuez votre travail comme d'habitude.
- Ah oui, un des chiens c'est ramassé un coup de patte d'une vache, comme il était un peu sonné on l'a laissé avec Tsuna pour qu'il se repose.
- D'accord, grazie. A stasera (à ce soir).
- A stasera capo.
Le groupe reprit la route, contournant l'amas de bêtes qui broutaient, ils saluèrent un autre cavalier qui venait de ramener un mouton fuyard avant d'enfin apercevoir l'arbre désigné par Massimo. A côté de celui-ci broutait l'imposant étalon couleur miel de l'adolescent.
- Tsuna est bien là puisque Speranza y est.
- Qui est Speranza?
- Vous voyez le cheval juste là Don Vongola, et bien c'est lui Speranza. Tsuna l'a prit aux trafiquants quand il a sauvé les enfants, depuis il lui appartient et ils font de l'excellent boulot. Mais restez prudent, cet étalon est assez fougueux et n'est sage qu'avec son petit maître.
- Petit?
- Oui, Tsuna n'est pas très grand pour son âge.
- quel âge a-t-il?
- Dix-spet ans si je me souviens bien.
Les membres des Vongolas se regardèrent, surpris d'apprendre que Tsuna était aussi jeune. Ils c'étaient attendus à trouver un adulte assez fort pour arrêter plusieurs trafiquants qui étaient rarement des gringalets, mais pas un adolescent. Encore plus curieux à propos de lui ils descendirent de cheval pour s'approcher de l'arbre. Giotto devina une forme assise contre le tronc et s'en approcha par derrière.
Il avança assez rapidement s'en vraiment s'en rendre compte, quelque chose le poussait vers la personne qui se tenait là. Celle-ci l'attirait sans aucune raison. Il distança ainsi rapidement ses gardiens qui ne comprenaient pas ce soudain empressement. une fois assez près il posa une main sur l'épaule de l'adolescent.
Mais ce qui suivit fut bien loin de ce à quoi il c'était attendu.
Un poids le percuta, le faisant valser vers l'arrière. Il se retrouva couché dans l'herbe, quelque chose écrasant son torse et surtout un poignard posé contre sa gorge. Tout ce qu'il vit de son agresseur ce furent deux immenses yeux chocolats écarquillés par la surprise.
Le temps sembla se suspendre pendant quelques instants. Quelques instants durant lesquels quelque chose s'agita au plus profond du blond. Mais ce moment fut coupé court quand G arriva, attrapant son agresseur par le bras pour le soulever et l'éloigner.
Un cri de douleur résonna alors que Tsuna essayait de se défaire de l'emprise beaucoup trop forte qu'avait le premier gardien de la tempête sur son bras droit. Dans sa confusion à cause de la douleur il tenta de couper son agresseur, mais celui-ci ne fit que resserrer un peu plus son emprise en le secouant dans tous les sens.
Une vague de douleur le fit chavirer et il du poser un genou au sol alors qu'il gémissait.
Giotto commença à se remettre alors que Knuckle venait l'aider à se relever. C'est à ce moment qu'il entendit les cris plaintifs du plus jeune.
- G lâche-le!
- C'est lui qui t'a agressé!
- Tu lui...
Le blond ne put continuer car une ombre imposante c'était rapprochée de son gardien. Celui-ci eut de bons réflexes et lâcha le mafieux pour éviter la ruade de l'étalon qui hennissait de rage. Celui-ci se plaça devant son maître, hennissant et raclant le sol, faisant très bien comprendre son mécontentement. Iago les rejoignit à ce moment là alors qu'il discutait avec un de ses cavaliers jusque là.
- Mais qu'est-ce qu'il se passe?!
- C'est ce gosse qui a attaqué Giotto!
- G tais-toi!
Le roux s'arrêta immédiatement, son ami criait rarement et quand il le faisait c'est qu'il y avait une bonne raison.
- G tais-toi et éloigne toi de l'enfant si tu tiens à ta vie. Le cheval ne te laissera pas rester si proche plus longtemps.
Il obéit, rejoignant son collègue du soleil alors que son ami s'approchait doucement, levant les mains pour montrer à l'animal qu'il n'y avait aucun danger. Celui-ci racla le sol encore quelques instants avant de se calmer quand une main se posa sur son encolure.
- Dolcemente (doucement) Speranza. Tout va bien.
Le cheval se recula laissant toute la place à son maître. Celui-ci fixa quelques instants le blond avant de s'accroupir sur le sol, posant sa tête dans l'herbe.
- Afflito (désolé). Afflito... Je... Vous m'avez pris par surprise et... Je... J'ai l'habitude d'être attaqué... Désolé... Je suis désolé... Je ne voulais pas vous blesser... Mi dispiace (je suis désolé)...
Giotto détailla l'adolescent qu'il avait devant lui. Celui-ci était assez petit, portait la tenue classique des cavaliers avec un béret cachant ses cheveux en plus. Il remarqua que celui-ci avait rangé son poignard et gardait le bras par lequel G l'avait attrapé replié contre son torse. Le blond fronça les sourcils avant de s'approcher doucement et de poser sa main sur la tête du plus jeune.
- Je ne t'en veux pas, c'est de ma faute, je n'aurais pas du te prendre par surprise. Désolé pour l'attitude de G, il est trop protecteur.
- Hey!
- G ne dis rien, tu en as assez fais, tu l'as blessé.
- Quoi?
Le Vongola montra le bras droit de l'adolescent qui c'était redressé. Personne ne manqua la tâche rouge qui s'étalait sur le bandage même si Tsuna tenta de la cacher. Giotto lui attrapa la main avant qu'il ne puisse s'en aller, arrachant ainsi une grimace à l'adolescent.
- Désolé, je ne voulais pas te faire mal. Je peux voir?
- Ce...Ce n'est rien... C'est une vieille blessure et...
- Laisse moi regarder.
Le mafieux commença à défaire le bandage alors que Tsuna essayait de se désister mais ne trouvait pas d'arguments valables pour le faire. Giotto grimaça en voyant la plaie sanguinolente.
- Knuckle vient, on va avoir besoin de toi.
Le prêtre vint s'asseoir à côté du plus jeune, accentuant son malaise. Tsuna ne savait plus où se mettre, il n'avait pas du tout anticipé le fait de rencontrer si tôt la première génération. Son cerveau carburait à cent à l'heure pour essayer de savoir comment il était possible qu'ils soient ici alors qu'il était dans un petit village retiré au milieu de nulle part et assez loin de Palerme.
Ne trouvant aucune explication probante il se concentra sur autre chose, particulièrement sur le fait qu'on observait sa blessure et que c'était assez douloureux. Lui qui avait espéré que cela commence à cicatriser, c'était raté. Il fut sortit de ses pensées par le gardien du soleil qui versa de l'eau sur sa blessure.
- Désolé si c'est douloureux, mais il faut nettoyer avant de remettre le bandage.
- Pas de soucis, je commence à avoir l'habitude. Juste, ne videz pas ma gourde s'il-vous-plait.
Le prêtre la lui rendit encore à moitié pleine et cela fit soupirer de soulagement l'adolescent.
- Ce n'est pas très beau comme blessure. Elle a commencé à s'infecter.
- Je sais, j'ai beaucoup voyagé et je ne m'en suis pas occupé tout de suite, mais les plantes de padre Abele commençaient à faire effet.
Knuckle jeta un regard noir à son collègue de la tempête, lui faisant bien comprendre tout le mal qu'il pensait du fait de s'en prendre à un blessé. G murmura vaguement entre ses dents un "l'avait qu'à pas attaquer Giotto". Tout le monde se détourna bien vite de lui pour retourner au brun. Celui-ci remettait son bandage et se leva pour caresser son cheval qui observait tout ça pour agir au moindre problème.
- Merci de m'avoir protégé Speranza. Tout va bien maintenant. Je soignerais ça mieux ce soir en rentrant.
L'animal hennit pour signifier son accord. Après encore quelques caresses le mafieux retourna sous l'arbre en prenant sa gourde. Tout le monde le suivit pour se mettre à l'abris de la chaleur environnante. C'est là qu'ils remarquèrent le chien allongé dans l'herbe, une longue plaie lui barrait le crâne. Tsuna versa le reste de sa gourde sur l'animal pour le rafraichir et nettoyer la plaie. Cela sembla réveiller la bête qui se remit sur ses pattes, s'ébrouant pour se remettre les idées en place.
Giotto sourit chaleureusement en le voyant faire, comprenant pourquoi l'enfant avait demandé qu'on économise son eau. Celui-ci se remit en selle, le chien trottant à ses côtés.
- Excusez-moi, mais je dois y retourner, on va déplacer le troupeau.
- Moi je vais vous laisser, on a sûrement besoin de moi quelque part dans les champs. Don Vongola, faites comme chez vous. Tsuna, fais attention à toi, Massimo m'a dit que tu ne te sentais pas bien.
- Ça va mieux maintenant c'est juste le soleil qui m'a un peu étourdi.
- Peut-être mais fais attention tout de même. À ce soir.
- A ce soir Iago.
Le fermier partit ainsi que Alaude qui n'avait pas besoin de rester plus longtemps. Giotto soupira, sachant déjà ce qu'allait faire son gardien, chercher des informations sur leur nouvelle connaissance.
Knuckle reprit la route aussi disant vouloir parler avec Abele. Ne restèrent que le Primo et son gardien de la tempête. Tous les deux se remirent sur leur cheval pour suivre l'adolescent qui trottait vers le troupeau, le chien blessé avança derrière lui en jappant.
Les cavaliers commencèrent leur boulot, entraînant les bêtes dans une direction bien précise. Tsuna partit au galop après une vache, sifflant pour la rappeler à l'ordre. Giotto le regarda faire, trouvant qu'il montait admirablement bien l'imposante bête qui lui servait de monture. L'adolescent était à l'aise dans ce qu'il faisait, enchaînant pas, trot et galop en fonction du besoin. De temps en temps il se mettait au niveau d'un autre cavalier pour discuter avant de repartir à son côté.
Après une heure à suivre en silence, le chef des Vongolas se décida à engager la conversation puisque le plus jeune ne semblait pas prêt de le faire.
- Depuis combien de temps es-tu ici?
- Ça va faire trois jours.
- D'où viens-tu?
- Un peu de très loin et un peu d'ici.
Giotto trouva la réponse étrange, mais ce n'était pas un mensonge. Tsuna se mit à réfléchir rapidement, il savait très bien comment fonctionnait l'hyper intuition et il savait que son prédécesseur devinerait facilement si il mentait. Alors il devait se concentrer pour dire la vérité sans trop en dire.
- Comment as-tu sauvé les enfants?
- Ca va faire quelques temps que je voyage et je suis tombé sur ce groupe d'hommes. Vu leur attitude et ce que j'avais vu dans leur carriole, il y avait peu de doutes sur ce qu'ils étaient. J'ai réussi à les prendre par surprise et à partir avec les enfants et leurs chevaux. Après, j'ai beaucoup compté sur la générosité des gens pour ramener les enfants jusque chez eux.
- C'est courageux de ta part. Tu voyage seul?
- Oui.
- A ton âge?
- L'âge n'a pas vraiment d'importance. Je ne pouvais pas rester où j'étais alors j'ai commencé à bouger jusqu'à arriver ici.
- Tu n'as jamais eu de problèmes sur la route? Je veux dire, les chemins ne sont pas forcément sûrs et tu étais seul.
- Je me suis fais attaquer quelques fois, mais je sais me défendre. Et j'évitais les routes, je préfère les bois pour me déplacer. Excusez moi, mais j'ai du travail.
L'adolescent repartit à la poursuite de plusieurs moutons. Pendant ce temps, G discutait avec son ami, lui demandant quand ils rentreraient au manoir, mais apparemment, le mafieux ne voulait pas rentrer tout de suite. Quelque chose l'intriguait chez l'adolescent qu'il venait de rencontrer et il ne pouvait s'empêcher de vouloir rester près de lui pour en apprendre plus, pour trouver une raison à cette attirance étrange.
Seulement il eut peu de temps après ça pour discuter avec celui qu'il voulait, l'adolescent était toujours demandé d'un côté à l'autre du troupeau. Mais surtout il semblait l'éviter et il était mal à l'aise une fois à ses côtés. La raison il l'a comprit vite en voyant le regard que jetait son bras droit au plus jeune. Il tenta de faire changer G, mais ça n'eut pas beaucoup d'effet sur cette tête de mule.
Ainsi, quelques heures défilèrent avant que le soleil commence à décliner. Les troupeaux furent ramenés et les cavaliers firent leur petite course du soir, mais sans le nouveau cavalier qui était resté avec le Don.
Tous les deux étaient restés quelques instants à se fixer dans les yeux, sentant à nouveau quelque chose s'agiter au plus profond d'eux-même. A un moment, les sourcils du plus jeune se froncèrent, quelque chose semblait le perturber. Il fit un signe de tête au blond, lui désignant les champs et commençant à partir dans cette direction.
- G, tu peux rentrer au manoir, je vais encore rester quelques instants.
- Mais Giotto, tu ne vas pas rester seul avec ce gamin qu'on vient tout juste de rencontrer?!
- Si je vais le faire, je suis assez grand pour me débrouiller seul.
- Mais...
- G arrête de protester, j'ai besoin de respirer!
Le blond partit au petit trot vers l'autre cavalier, laissant son gardien de la tempête pantois. Celui-ci finit par partir la tête basse, sachant qu'il ne servait à rien qu'il reste.
Une fois qu'ils furent juste à deux, Tsuna se permit un petit sourire.
- Venez, je crois que vous avez besoin de vous changer les idées.
