- Venez, je crois que vous avez besoin de vous changer les idées.

Les deux partirent au galop vers les plaines, laissant leurs soucis derrière eux. Ils galopèrent longtemps alors que les étoiles apparaissaient l'une après l'autre dans le ciel qui se teintait de noir.

Ils se lancèrent dans une course fictive, laissant leurs chevaux se défouler alors qu'eux riaient, évacuaient toute la tension qu'ils avaient accumulés. Alors qu'ils galopaient, leurs regards se croisèrent à de nombreuses reprises. Ils se sourirent, laissant cette étrange joie qui venait de loin les emporter.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Ils s'arrêtèrent le long d'un ruisseau qui coulait tranquillement là. Ils laissèrent leurs chevaux paître alors qu'eux allaient se désaltérer avant de se coucher dans l'herbe, observant la voute céleste.

- Merci pour la promenade, j'en avais besoin.

- Je l'ai vu Don Vongola.

- Enlève le 'Don'... Ca me dérange...

- D'accord, et je vous appelle comment?

- Giotto, juste Giotto et tutoye-moi, sinon j'ai l'impression d'être devant un de mes subordonnés... Même mes amis commence à me parler comme ça... comme si j'étais quelqu'un d'important...

- Tu es important, tu ne peux pas le nier, tu es à la tête des Vongolas. Mais je dois avouer qu'être traité ainsi par ses propres amis à quelque chose de dérangeant.

- Je... Je ne sais pas vraiment quand ça a commencé, mais je m'en rend beaucoup plus compte ces derniers temps... Pourquoi je te parle de ça en fait?

- Parce que tu as besoin d'en parler et visiblement, ce n'est pas avec tes amis que tu peux le faire pour l'instant.

- C'est vrai... Il y a une distance qui c'est installée... Je ne sais pas si c'est moi qui l'ai mise ou si c'est eux... Je ne sais même pas depuis quand ça a commencé, pourtant tout semble normal, mais je sens... Je sens que quelque chose est différent... Et je n'arrive pas à trouver quoi...

Tsuna observa son ancêtre, celui-ci avait le regard inquiet et une ride soucieuse barrait son front. Un fin cercle orangé se dessina dans les iris chocolat du plus jeune, il vit quelque chose chez le blond qui le dérangea, mais il tenta de ne rien laisser transparaître. Au contraire il offrit un sourire rassurant au Don, voulant lui remonter le morale qui paraissait bien bas pour l'instant.

- Ne t'inquiète pas... Je sais ce que c'est et tu vas finir par trouver ce qui a changé. Quand tu l'auras fais, tu comprendras ce qu'il faudra faire et tu parviendras sûrement à remettre les choses dans l'ordre.

- Je l'espère...

- On va devoir y aller.

Effectivement, l'heure tournait et on allait finir par s'inquiéter pour eux. Et puis Tsuna ne manqua pas les cernes qui se dessinaient sous les yeux de son ancêtre. Ils rappelèrent leurs montures et rentrèrent au pas cette fois, profitant d'une discussion normale et de la présence l'un de l'autre.

Peu de temps avant ça, Knuckle se trouvait au village avec le padre Abele. Ils avaient simplement marché, discutant tranquillement de tout et de rien, s'arrêtant pour jouer avec les enfants de temps en temps. En voyant la nuit commencer à tomber, Abele entraina le plus jeune vers la ferme où ils avaient été ce matin.

Pendant le trajet, la conversation dériva vers le petit nouveau du village.

- Comment est Tsuna? Je veux dire pas physiquement mais...

- J'ai compris. C'est un bon petit gars, calme, doux comme un agneau et tellement généreux que je croyais que ça n'existait pas des gens comme ça. Tu sais, quand il est arrivé au village avec les enfants, on lui a proposé tout et n'importe quoi pour le remercier. Sais-tu ce qu'il a demandé?

- Non.

- Il voulait simplement un endroit où dormir, du travail et une maison pour une orpheline.

- Juste ça? Pas d'argent, pas de récompense ou je ne sais pas moi...

- Rien de tout ça. L'argent il a dit qu'il voulait le gagner comme tout le monde et qu'il n'avait pas besoin d'honneur pour ce qu'il avait fait, il disait que tout le monde devrait réagir comme ça pour des enfants. Mais rare sont les gens qui passent à l'action comme lui. Il a été si gentil avec eux et il arrive à faire sortir le meilleur chez les gens. Il m'a expliqué qu'il avait demandé aux gens des autres villages de l'aider pour son voyage avec les enfants. Ceux-ci ont été très généreux et lui ont donnés tout un tas de choses pour qu'il s'en sorte et arrive jusqu'à Salina et Baucina.

- C'est un saint...

- Pas du tout. Il est homme et il le sait. Il ne se pense pas meilleur ou supérieur aux autres. Il dit qu'il est juste lui, Tsuna, un adolescent et c'est tout.

Un silence s'installa, plus la discussion avançait plus Knuckle avait envie de discuter plus longuement avec ce jeune homme qui commençait à l'intriguer. Mais à force de côtoyer des gens prévenants et prudents, il avait pris leurs habitudes et il ne pouvait empêcher quelques petits doutes de persister.

- Ne croyez-vous pas qu'il soit trop parfait pour être vrai?

- Toi tu as beaucoup trop côtoyé les Vongolas. Pourtant tu devrais savoir que je sais juger les gens, même les meilleurs menteurs je les repère. Et puis Tsuna n'est pas parfait et il le sait, en plus il ne sait pas vraiment bien mentir, ses yeux parlent pour lui.

- Pardon?

- Même si son visage ne laisse rien exprimer, ses yeux, ses grands yeux chaleureux sont de vrais miroirs de ses émotions. Ses yeux vivent bien plus que tout le reste. Regarde les et tu sauras comment il se sent. Enfin, il faut pouvoir repérer les toutes petites différences, mais tu en es capable, donc tu sauras voir qui il est.

Ils arrivèrent à destination. Quand ils poussèrent la porte d'entrée, ils trouvèrent Aurelia qui s'affairait à déplacer les plats de la cuisine à la salle à manger, ses deux enfants la suivant comme des canetons qui voulaient aider.

- Ah vous voilà! On vous attendais. Tsuna ne devrait pas tarder à rentrer avec Don Vongola.

- Giotto est resté si longtemps?

- Apparemment, venez Fra Knuckle, il y a assez à manger pour tout le monde. Ada, Théo, j'entends du bruit à l'écurie, allez voir si c'est Tsuna et dites lui de se dépêcher sinon ça va refroidir.

Les deux bambins disparurent à l'extérieur alors que les deux hommes de prières prenaient place à table. Quelques minutes plus tard, Tsuna entrait, portant dans ses bras Ada qui ne semblait pas vouloir le lâcher. Théo suivait, regardant impressionné le Don Vongola qui était derrière.

- Tout le monde est là, alors à table, tout est prêt!

Personne ne voulait désobéir à la maîtresse de maison alors ils prirent place, rapidement rejoins par Iago qui se trouvait l'étage au dessus. Giotto parut gêné en voyant toute la nourriture et sachant que la Sicile n'était pas particulièrement riche.

- Vous savez, nous aurions pu rentrer chez nous, notre manoir n'est pas très loin. Vous ne deviez pas vous donner cette peine.

- Don Giotto, ça me fait plaisir alors mangez et puis vous n'alliez pas reprendre la route le ventre vide, même pour un court trajet.

- Et bien alors je n'ai plus qu'à vous remercier et bon appétit à tous.

Tout le monde fit une rapide prière avant d'entamer le repas qui se trouvait être délicieux. Les conversations allaient bon train et Knuckle ne manqua pas d'observer l'adolescent comme lui avait conseillé le vieux prêtre.

Tsuna était en train de discuter avec Ada, en fait elle faisait la discussion et lui l'écoutait. Le regard qui se posait sur l'enfant était particulièrement doux et chaleureux. Le prêtre ne douta plus un seul instant qu'il pouvait être quelqu'un de mauvais. Personne de mauvais ne pouvait avoir un regard pareil. A ses côtés, Giotto l'observait aussi, un petit sourire collé aux lèvres.

- Il a un très beau regard, si doux pour cette petite fille.

- Tu as remarqué aussi Gio?

- Ca ne passe pas vraiment inaperçu, ses yeux sont si expressifs.

- Cette petite fille, c'est l'orpheline pour qui Tsuna a demandé une famille.

Les deux membres des Vongolas se tournèrent vers Iago qui venait de parler.

- Cette petite c'est fait enlevée de son orphelinat alors qu'elle se promenait, elle est trop jeune pour se rappeler du nom du village alors Tsuna l'a ramenée ici. Nous avons accepté de nous occuper d'elle, après tout nous avons une grande maison, il faut la remplir. Et elle ne demandait que ça. En tout cas elle est très proche de Tsuna, elle aime bien qu'il lui chante des comptines avant d'aller au lit et lui il ne lui refuse jamais ça. Ils sont très proche.

- Et ça se voit. Don Giotto, je crois qu'il serait temps que vous rentriez, il se fait tard.

- Je crois que vous avez raison, padre Abele. Aurelia, je vous remercie pour ce repas, c'était délicieux.

- Ce fut avec plaisir Don Giotto, revenez quand vous voulez, notre porte est toujours ouverte.

Les deux mafieux récupérèrent leurs chevaux et sortirent de la maison, accompagnés par Abele et Tsuna, Iago étant chargé de mettre ses enfants au lit. Le blond serra une dernière fois la main de l'adolescent, la gardant quelques instants dans la sienne, appréciant la chaleur qui s'en dégageait et qui semblait se propager dans son corps, ça lui faisait du bien.

Mais il était temps de partir. Ils enfourchèrent leurs montures les yeux ambres et bruns se croisèrent une dernière fois alors qu'ils s'offraient un dernier sourire. Les deux Vongolas partirent dans la nuit noire, disparaissant dans la forêt.

Abele finit par rejoindre lui aussi son chez-lui, laissant Tsuna seul sur le chemin de terre qui traversait le village. Natsu apparut sur son épaule alors que le regard de son maître se faisait soucieux. Le petit lion se frotta à lui, voulant le rassurer. Le brun passa une main dans la fourrure de son compagnon.

- Tu as sentit toi aussi Natsu? Tu as sentit sa flamme. Elle est si petite... Si faible...Presque mourante. Qu'est-ce qu'il lui arrive?

C'est sur ces inquiétudes qu'il partit se coucher. Dans son lit, il se roula dans tous les sens, n'en revenant toujours pas vraiment d'avoir rencontré certains membres de la première génération. Il avait réussi à agir normalement pendant l'après-midi, mais ça avait été dure. Il était tellement perdu et paniqué qu'il avait eu peur que son cerveau se bloque.

Mais il avait tenu bon et maintenant il se posait des milliers de question, il avait terriblement envie de se jeter à la poursuite de la première génération, de les voir, parler avec eux. Il avait envie d'en savoir plus. Et surtout, les flammes des gardiens avaient ramenés une sensation familière chez lui alors qu'il était perdu dans ce monde inconnu et complètement seul.

Sentir leur flamme avait été aussi agréable que douloureux. Il trouvait enfin quelque chose de connu, mais ça ne faisait que lui rappeler plus l'absence de ses gardiens, ses amis. Dans son demi-sommeil il murmura leurs noms, visualisant dans son esprit tout leurs visages, essayant de le faire de la manière la plus précise possible, il ne voulait surtout pas les oublier.

Alors qu'il pensait à ça, une sorte d'illumination lui apparut comme un éclair. Une information venait de lui revenir soudainement en mémoire. Une information qui expliquait beaucoup de choses. Il l'analysa rapidement avant de se frapper la tête contre un coussin tellement c'était évident.

- Je suis vraiment trop bête! Le Nono m'avait pourtant bien dis que le manoir originel des Vongolas n'était pas à Palerme, mais perdu dans les bois entre Baucina et Bolognetta voilà pourquoi ce nom me disait vaguement quelque chose. Ce manoir va être détruit dans quelques années et les Vongolas vont s'installer à Palerme. Je suis vraiment stupide! Moi qui voulais ne pas être trop proche d'eux, je suis à seulement quelques kilomètres de leur planque principale! Il va falloir que je fasse attention de ne rien laisser échapper par mégarde. Déjà ça doit être suspect qu'un adolescent se promène seul à travers l'Italie et s'arrête brusquement dans un village sans aucune raison. En plus ils savent que je sais me battre, c'est encore plus bizarre... Il faut surtout que je fasse attention à Alaude, c'est lui qui sera le plus suspicieux et puis qui sait quelles infos il va trouver sur moi. Mais je crois que ce sera difficile avec G aussi. Pourquoi j'ai attaqué le Primo directement?! Foutu réflexes!

Après c'être énervé un bon coup sur lui-même il se jeta sur son oreiller et se laissa emporter par le sommeil pour quelques heures avant de reprendre sa routine avec son ami félin et reprendre le travail comme tous les matins.

A plusieurs kilomètres de là, un manoir s'éveillait après une bonne nuit. Quelques domestiques vaquaient à leurs occupations, nettoyant, rangeant ou faisant la cuisine pour les maîtres qui ne tarderaient pas à se lever.

Seulement, l'un d'eux fut plus matinal que les autres. Ceux-ci venaient à peine de se lever et entamaient leur petit-déjeuner qu'ils entendirent le galop d'un cheval. Ceux près de la fenêtre virent leur chef blond partirent dans la forêt de grand matin.

- Mais qu'est-ce qu'il fout Giotto!?

Le roux s'apprêtait à se lancer vers la porte pour suivre son supérieur, mais un japonais bien connu le retint calmement.

- Calme toi G. Je suppose qu'il retourne juste à ce village. Laisse-le faire, ce n'est pas un enfant.

- Je suis sûr qu'il va revoir ce sale gosse!

- G, n'insulte pas Tsuna sans même le connaître. Je te rappelle que des deux, c'est toi qui as fait le plus de mal.

L'archer se renfrogna sous les paroles du prêtre, néanmoins il n'était pas du tout à l'aise avec l'idée de laisser son ami seul. Malheureusement, le gardien de la pluie semblait bien décidé à le garder ici.

- G, tu vas rester et laisser Giotto respirer tranquillement, il en a besoin. Si ça t'inquiète tellement, j'irais moi-même dans l'après-midi voir si tout va bien. Même si je doute qu'il y aura un quelconque problème, Gio sait se défendre.

- Tss!

Le roux repartit d'un pas rageur vers sa chambre pour voir dans ses papiers ce qu'il avait à faire aujourd'hui. Les autres gardiens se dispersèrent à leur tour dans la maison, ceux n'ayant pas encore rencontré l'adolescent se sentait un peu curieux par rapport à lui étant donné qu'il semblait attirer leur supérieur pour une raison inconnue. Alaude repartit à sa collecte d'information, voulant en savoir plus sur ce Tsuna qui n'avait pas d'autres noms.

Pendant ce temps, Giotto galopait à travers les bois. Il avait troqué son costume pour des vêtements beaucoup plus simple. Quand il quitta les bois et aperçu le petit village voisin, il ne put s'empêcher de se sentir bien, il respirait mieux. La pression qu'il avait constamment sur les épaules s'envolait quand il était ici, et surtout quand il était près de Tsuna.

L'adolescent était une bouffée de fraicheur dont il avait besoin pour l'instant. Alors il n'avait pas hésité à quitter le manoir sans rien dire, comme un enfant fugueur. Il n'avait pas vraiment de regret de l'avoir fait, il savait que ses gardiens l'avaient vu, il espérait juste qu'aucun d'eux ne viendrait le rechercher avant au moins la fin de la journée. Il avait besoin d'une pause.

Il relança son cheval au galop, passa rapidement au village pour demander où étaient les troupeaux. Aurelia le renseigna très gentiment, lui passant en même temps de quoi manger pour le midi. Il la remercia chaleureusement avant de reprendre sa course.

De longues minutes plus tard il aperçut les troupeaux au loin et accéléra l'allure pour les rejoindre. Il aperçu sans mal Tsuna qui gardait l'arrière aujourd'hui. Celui-ci le remarqua vite aussi. Ils s'échangèrent un sourire lumineux alors que leurs flammes dansaient dans leur poitrine, heureuse d'être aussi proche de leur semblable.

Giotto se sentait comme s'il venait de retrouver un membre de sa famille disparu depuis longtemps, il avait envie d'être à ses côtés, de le côtoyer le plus possible, d'en apprendre plus sur lui et rattraper une sorte de temps perdu l'un sans l'autre.

Tsuna se sentait pareil, mais lui comprenait très bien pourquoi il était comme ça. Après tout il avait toujours rêvé de connaître l'homme derrière les légendes qu'on lui apprenait. Et maintenant il en avait la chance alors il comptait en profiter tout en restant discret sur lui-même.

Les deux Vongolas passèrent la matinée à cheval ensemble, discutant comme s'ils c'étaient toujours connu. Tsuna apprit les bases du métier à son ancêtre qui s'amusait à courser les moutons et les vaches sans jamais trop de succès.

Il n'était pas très doué pour ça, il n'avait pas encore vraiment l'habitude de monter à cheval et le sien n'appréciait pas vraiment les grosses bêtes qu'étaient les vaches. Résultat, il préférait s'en éloigner plutôt que de les pourchasser. Heureusement, Tsuna n'était jamais loin pour récupérer les animaux en riant après les belles chutes qu'avait fait Giotto.

Mais chaque fois le brun descendait de cheval pour l'aider à se relever et vérifier qu'il n'avait rien. Ce n'était pas une attention aussi étouffante que celle de G ou certains de ses gardiens, c'était quelque chose de plus posé, de plus calme, sans jamais d'excès. Tsuna l'écoutait sans jamais le forcer à en dire plus. Il prenait ce qui venait et acceptait ça. Il ne poussait jamais le mafieux à parler de certaines choses, il le laissait faire à son aise.

Et ça plu au Don qui avait l'habitude que ses gardiens lui demandent constamment pleins de choses dans les moindres détails. Parfois il avait l'impression de ne plus avoir de vie privée, on ne lui permettait plus d'avoir des secrets. Mais Tsuna lui rendait ça et ça lui faisait du bien.

En retour, Giotto essayait de faire de même, ne voulant pas assommer l'adolescent avec les milliers de question qu'il voulait lui poser. Parfois c'était difficile, mais il se retenait par respect pour l'adolescent et surtout pour le remercier de comment celui-ci agissait avec lui. C'était rafraichissant.

Ils passèrent une matinée agréable et durant la pause de midi Giotto passa beaucoup de temps à essayer de convaincre les cavaliers de le traiter comme n'importe qui du village. Au final il ne leur fallut pas trop de temps pour s'y faire et l'ambiance redevint vite comme d'habitude, joyeuse et bruyante. Les chevaux broutaient au milieu du troupeau, les chiens se battaient avec les cavaliers pour avoir une tranche de jambon, d'autres échangeaient des anecdotes sur ce qu'il se passait au village, les racontant avec plaisir au Vongola.

Il découvrit parmi les récits un petit village tranquille qui vivait assez reculé, mais rempli de vie, de fêtes et de joies. Des gens modestes qui aimaient bien leur petite vie et ne l'échangeraient pas. Des gens généreux les uns avec les autres et solidaires dans les moments difficiles.

Et Giotto se demanda pourquoi il n'était pas venu plus tôt alors que c'était si prêt de chez lui. C'est vrai qu'il n'avait jamais pensé à s'enfoncer dans ces terres sauvages qui recouvraient tout le sud-est, il allait plus souvent de l'autre côté, vers Palerme et la côte.

Mais maintenant qu'il connaissait ce petit coin tranquille, il n'allait pas l'abandonner de si tôt. Alors qu'il continuait d'écouter les histoires, Massimo fit signe aux autres de faire un peu moins de bruit. Ceux-ci obéirent, comprenant ce que voulait le cavalier. Par contre Giotto se demandait pourquoi ils devaient baisser d'un ton. Il pensa d'abord qu'ils effrayaient les bêtes, mais ça lui parut peu plausible vu qu'elles étaient assez loin. Massimo lui désigna une forme allongée contre l'arbre qui était derrière eux, leur offrant son ombre.

Il se rendit vite compte qu'il s'agissait de Tsuna. Il n'avait même pas remarqué que l'adolescent avait quitté le groupe. Celui-ci c'était affalé contre l'arbre, un chien dormant à ses côtés. Le Vongola s'approcha, constatant la sueur qui perlait sur le visage de l'adolescent. Il sortit son mouchoir et commença à l'éponger doucement, ne voulant pas réveiller le plus jeune, mais ça n'eut pas beaucoup d'effet, Tsuna ouvrit des yeux fatigués quelques instants plus tard.

- Giotto?

- Tutto va bene Tsuna? Tu es fort pâle.

- C'est rien, la chaleur m'assomme un peu. Je vais me reposer et ça ira mieux après. Ne t'inquiète pas, tu peux retourner avec les autres.

Mais le blond ne bougea pas, il s'assit aux côtés du plus jeune, le forçant à poser sa tête sur ses genoux pour qu'il se couche correctement. Tsuna n'osa rien dire et se laissa faire, se rendormant quelques instants plus tard. Giotto fut tenté de retirer le béret de l'adolescent, mais il se souvenait que celui-ci ne voulait jamais le retirer. Peut-être avait il une vilaine cicatrice ou quelque chose dans ce genre qui le gênerait. Malgré sa curiosité, il laissa le couvre-chef à sa place, se contentant de poser une main dessus. Ses yeux ambrés scrutaient le visage sur lequel des petits points de lumières, laissés passé par le feuillage, dansaient.

- "Comment peux-t-on se sentir si proche de quelqu'un en si peu de temps... Pourtant je ne le connaissais pas avant hier, j'en suis sûr... Tu es intriguant Tsuna... Je voudrais en savoir tellement plus sur toi..."

Il Laissa ses pensées vagabonder alors qu'il observait l'adolescent. Le visage de celui-ci se crispa dans son sommeil alors que des rides soucieuses barraient son visage. Giotto passa un doigt dessus, voulant les faire disparaitre, trouvant qu'elles n'avaient rien à faire sur ce visage. Mais le temps passant elles s'accentuèrent alors que des murmures se firent entendre, de vagues sons sans signification, puis ce qui semblait être des noms.

- "Apparemment il pense à des amis... Ou sa famille..."

Quelques minutes plus tard l'adolescent se réveilla. Il ne semblait pas vraiment mieux qu'avant, mais assura le contraire et remonta à cheval sous le regard inquiet des autres cavaliers.

Au village, pendant ce temps, un autre cavalier venait d'arriver. Tout le monde le regarda curieusement à cause de ses vêtements plutôt étranges. Les craintes s'apaisèrent vite quand il dit son nom et d'où il venait. Les gens du village commençaient à avoir l'habitude de voir les Vongolas passer par chez eux. Le padre Abele qui était encore une fois sur la place pour enseigner aux enfants ce qu'il savait le vit arriver et lui fit signe de s'asseoir à ses côtés alors que les enfants s'entrainaient à écrire différents mots, les plus âgés devaient faire des textes complets.

- Bonjour, je suis padre Abele, le prêtre de ce village. J'ai cru comprendre que tu venais aussi des Vongolas.

- Oui, je m'appelle Asari Ugetsu.

- Heureux de te rencontrer. Tu es sûrement là pour Don Giotto.

- Oui, savez-vous où il est?

- Actuellement il court à travers les plaines avec les autres cavaliers et les troupeaux. Tu devras attendre un peu avant qu'il ne revienne.

- D'accord, merci.

- Tu pourras te promener tranquillement ici, si tu demande poliment, les gens t'aideront. Bon les enfants, montrez moi ce que vous avez fais.

Tous les marmots vinrent montrer leurs écritures maladroites au prêtre qui leur expliqua ce qui n'allait pas et ce qui était bien. Asari resta à ses côtés, ne voulant pas vraiment bouger. Il l'observa enseigner aux plus jeunes. Il trouvait ça assez remarquable de sa part. Dans ce genre de village perdu tout le monde ou presque est illettré, mais ici les paysans recevaient une certaine éducation, c'était une bonne chose.

Durant les pauses, pour faire plaisir aux plus jeunes il joua de la flute, les laissant improviser des danses sur les morceaux qu'il jouait. Le temps passa assez vite, les enfants avaient rejoins leurs parents aux champs. Asari avait suivit le prêtre qui faisait le tour du village pour savoir si on avait besoin d'aide quelque part. Au final ils discutaient beaucoup surtout avec les habitants.

Quand le soleil commença à descendre, ils prirent la direction d'une grande ferme dont ils firent le tour. Dans la cour ils tombèrent sur Ada et Théo qui jouaient avec les chiots qui allaient bientôt servir de chiens de bergers.

- Buongiorno i bambini. Les cavaliers sont déjà rentrés?

- Pas encore padre Abele, mais ils ne vont plus tarder, mama a été ouvrir les étables.

- Grazie. On va aller les attendre plus loin.

Les deux allèrent près des étables où une femme ouvrait les portes. Au loin un nuage de poussière se déplaçait, venant dans leur direction. Le sol trembla légèrement sous les coups des sabots. Des sifflements retentirent alors que les cavaliers guidaient le bétail. Les moutons et les vaches s'engouffrèrent dans leur étable avec succès. Les chiens aboyaient après celles qui trainaient avant de japper de joie après le travail bien fait.

Neuf cavaliers et leur chef se félicitaient joyeusement. Asari repéra parmi les hommes les cheveux blonds de son ami. Celui-ci ne l'avait pas vu et discutait avec un garçon un peu plus jeune que lui, sûrement le fameux Tsuna. Mais avant qu'il puisse en avoir la confirmation les cavaliers repartirent d'où ils étaient venus en galopant, sifflant à leurs chevaux d'aller toujours plus vite alors que l'air s'emplissait de leurs cris de joie.

- Désolé, mais tu devras attendre qu'ils aient finis leur petite course. C'est leur manière de s'amuser après le travail.

- Je ne suis pas pressé.

Alors il attendit, il voyait les hommes s'amuser entre eux, faisant des batailles fictives, se faisant tomber de leurs chevaux avant de revenir au pas vers la ferme toujours en riant.

Quand ils furent assez près, Asari vit le visage de son supérieur et il ne put s'empêcher d'être surprit. Il rayonnait.

Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait plus vu avec un tel sourire, avec des yeux aussi brillants. Giotto paraissait détendu et plus heureux que jamais. Maintenant qu'il ne portait plus son costume, le gardien de la pluie avait l'impression de le revoir quelques années plus tôt, quand il l'avait rencontré.

Et il se demanda à partir de quand Giotto avait arrêté de sourire ainsi. Il n'avait rien vu, aucun des gardiens n'avait vu, il en était sûr. Maintenant qu'il le revoyait ainsi, il se rendait compte que Giotto paraissait morose la plupart du temps, qu'il n'était plus comme avant. Asari se promit de comprendre ce qu'il c'était passé et quand pour que ça change. Mais pour l'instant, il remerciait juste intérieurement l'adolescent qui permettait ça.

Il comprit pourquoi son ami c'était enfui ainsi le matin, seul. Celui-ci avait besoin de ça, grandement besoin de cet échappatoire. Calmement il s'approcha du blond, lui faisant de petits signes. Giotto fut surprit de le voir mais lui renvoya un grand sourire.

- Asari, je suis content que tu sois là. Tu as vu comme leurs chevaux vont vite?! Ils sont beaucoup plus rapide que les nôtres et tu devrais les voir quand ils coursent les vaches c'est super impressionnant!

Le gardien de la pluie sourit en voyant son ami ainsi, on aurait dit un enfant à qui on venait de faire un cadeau. Il savait que Giotto adorait les chevaux, mais il n'avait pas d'affinité particulière avec eux alors ça finissait souvent en chute. Le Don finit par se calmer mais ne perdit pas son sourire. Il s'approcha de l'adolescent avec qui il discutait. Celui-ci était encore sur son cheval, voûté, essuyant la sueur qui coulait de son front alors qu'il reprenait lentement son souffle.

- Ca va Tsuna?

- Je suis fatigué Giotto. Je crois que je vais vite aller me coucher ce soir.

Tsuna se mit en sac à patate pour descendre de l'imposante bête qu'était Speranza, mais il mit mal un de ses pieds dans l'étrier, il fut prit d'un vertige et glissa. Il faillit tomber, mais Asari et Giotto l'avaient retenus à temps. Ils le posèrent doucement au sol alors que le plus jeune s'accrochait à l'épaule du blond.

- Je crois que je vais aller dormir tout de suite.

- Tsuna tu es sûr que ça va? Ca m'a l'air plus grave que de la fatigue.

- C'est bon Giotto, je vais aller dormir et si demain ça ne va pas mieux, j'essayerais de trouver ce qui ne va pas.

Le blond était sceptique mais laissa l'adolescent rentrer et se coucher. Lui il rejoignit la petite famille qui était déjà à table. Ada le regarda s'installer, puis son regard se posa sur la chaise vide.

- L'est où Tsuna?

- Il est partit se coucher, il était très fatigué.

- Il faut que j'aille voir?

- Il a dit que ça allait padre Abele, mais si demain ça ne va pas mieux il aura sûrement besoin de vous.

- Bene. Buono appetito.

- Buono appetito!

Une fois le repas finit, les deux Vongolas repartirent. Durant le trajet Giotto ne dit rien, il ne raconta pas sa journée, mais Asari ne manqua pas la petite lueur qui dansait dans les iris de son ami. Il était sûr que demain le blond retournerait à ce village. Pour l'instant tout était assez calme et il pouvait se le permettre. Le gardien de la pluie espérait que ce moment de répit dure un peu, mais en même temps il avait peur que le retour à la réalité soit trop dur pour le primo Vongola.

Pour l'instant il ne disait rien, laissant son ami profiter de ces vacances bien méritées. Lorsqu'ils arrivèrent au manoir, Giotto ne parla à personne et monta directement se coucher, trop fatigué pour tenir plus longtemps. dans le salon les gardiens se regardaient inquiets, ne comprenant pas vraiment ce qu'il arrivait à leur supérieur.

- Laissez-le. Il a besoin de prendre l'air et j'ai vu Tsuna. Il ne fera rien à Giotto, enfin, rien de mal. Demain il y retournera sûrement.

- Moi aussi j'irais, j'ai promis au padre Abele que je reviendrais.

- D'accord, Knuckle, on te laisse veiller sur lui, même si il n'en a pas vraiment besoin.

Le lendemain matin, Giotto partit un peu plus tôt sans que ses gardiens s'en rendent compte. Il voulait arriver avant que les cavaliers ne partent avec le troupeau. Mais une fois encore ils étaient déjà partis. Il comprit qu'ils devaient sûrement se lever aux aurores et partirent pas très longtemps après. Ca il n'y arriverait pas par contre, il était un grand dormeur et il avait beaucoup de mal à se lever le matin, même si pour l'instant il trouvait une certaine motivation pour sortir de son lit, il n'était pas encore capable de se lever avec le soleil, c'était beaucoup trop tôt.

Sachant donc qu'ils étaient déjà partis, il rejoignit directement l'endroit où le troupeau mangeait. Les cavaliers le saluèrent en le voyant arriver, mais il ne vit pas Tsuna parmi eux.

- Tsuna va bien?

- Oui, il était en meilleur forme qu'hier en tout cas, il garde l'aile ouest du troupeau. Vas-y, il t'attend sûrement.

- Grazie.

Le blond contourna le troupeau jusqu'au côté désigné et effectivement celui qu'il cherchait était là, le dos droit sur son imposant étalon, scrutant la masse de bêtes. Giotto se rapprocha pour le saluer. Tsuna l'accueillit avec un sourire, il était toujours un peu pâle mais semblait aller mieux que la veille comme l'avaient dis les autres.

- Ciao Tsuna.

- Ciao Giotto, bien dormi?

- Très bien et toi?

- Comme une masse, j'ai eu du mal à me lever. Mais maintenant je suis tout à fait réveiller, les vaches sont plus excitées que jamais, elles n'arrêtent pas de partir. Tu veux retenter ta chance?

- Non merci, je suis assez tombé comme ça hier. Tu vas bien?

- Je me sens mieux. Je t'avais bien dis que ce n'était que de la fatigue.

Alors qu'il disait ça un frisson le parcourut et il se sentit trembler. Il n'y fit pas trop attention, préférant continuer sa discussion avec le Primo Vongola. Mais plus le temps avançait, plus il se sentait étrangement faible. Il avait du s'arrêter à plusieurs reprises pour ne pas tomber de cheval. Il continuait de frissonner et il se sentait prit de vertige par moment.

Il se sentait malade. Alors que midi approchait il arrêta Speranza qui hennit d'inquiétude. Giotto trotta jusqu'aux côtés du brun, il l'avait vu s'arrêter pour la énième fois et estimait qu'il était temps que le plus jeune s'arrête.

- Tsuna, tu ne va pas bien, tu es encore plus pâle qu'avant, il faut vraiment que tu t'arrête.

L'adolescent n'arrivait pas à lui répondre. Sa vue se troublait alors que son bras droit le tiraillait, il avait du mal à respirer. Prit d'un vertige il ne tint plus sur son cheval. Son corps bascula sur le côté.

Giotto était du mauvais, il ne pourrait pas le retenir. Il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il entendit un bruit mat. Il descendit rapidement de son cheval pour aller voir Tsuna.

Heureusement, celui-ci n'avait pas heurté le sol, quelqu'un était arrivé à temps et c'était jeté sous lui pour le retenir. La personne qui était étalée par terre se redressa prudemment, plaçant mieux l'adolescent contre lui.

Tsuna observa qui l'avait rattrapé et ses yeux s'écarquillèrent de surprise en reconnaissant les yeux qui se posèrent sur lui, mais surtout le sourire.

- On...Onii-san...

- Ohayo Tsuna.

L'adolescent n'en revenait pas, il n'arrivait pas à y croire. Son gardien du soleil était là, juste à côté de lui, il le tenait, le serrait. Mais rapidement la vue du futur boss se fit de plus en plus floue alors qu'il sentait que son esprit partait, il tenta de rester conscient. Il voulait rester avec son gardien, mais le noir l'entoura et ses yeux se fermèrent alors qu'il murmurait le prénom de son ami.

- Ryo...Ryohei...

- Chut Tsuna, je suis là... Je vais m'occuper de toi...Ca va aller.

Quand le petit brun fut évanoui le sourire du soleil s'effaça pour laisser place à un faciès plus que sérieux. Rapidement il se releva, tenant dans ses bras son ami qu'il venait tout juste de retrouver, mais dans quel état. Il pouvait sentir sa fièvre à travers ses vêtements, sa pâleur et sa respiration erratique l'inquiétait, et les taches jaunes qu'il voyait sur le bandage l'inquiétait encore plus. Il fut sortit de son inspection par une main se posant sur son épaule.

- Qui es-tu?

Le gardien du soleil se retint de crier de surprise en remarquant le Vongola primo. La situation était bien trop sérieuse pour qu'il se laisse aller. De son côté, Giotto observait le nouvel arrivant, il était sûr que ce n'était pas quelqu'un du village. Il s'agissait d'un tout jeune adulte de vingt ans maximum. Celui-ci portait un simple pantalon noir et une chemise blanche. L'ombre d'un fedora* blanc cachait le haut de son visage et aussi ses cheveux. Il était assez grand, plus grand que lui, il avait une bonne carrure et surtout il semblait assez fort pour porter Tsuna comme s'il ne pesait rien.

- Qui es-tu?

- Je m'appelle Ryohei, je suis un ami de Tsuna. Ca va faire des jours que je le cherche. Désolé de ne pas pouvoir vous en dire plus, mais je dois vraiment m'occuper de lui. Savez-vous où il dort?

- Suis-moi, mais il va falloir monter à cheval.

- Pas de soucis, tenez le juste quelques instants.

Le dénommé Ryohei déposa sa charge dans les bras du primo qui ne put s'empêcher de souffler sous la charge qu'on venait de lui donner. Le gardien du soleil se dirigea vers l'étalon que montait son boss. Il lui flatta quelques instants l'encolure, lui parlant à voix basse.

- Me laisseras-tu monter, je dois m'occuper de Tsuna.

Le cheval hennit en réponse, le boxeur monta sur l'animal. Il fit signe au Primo de lui rendre son ami. Speranza s'inclina doucement pour que Ryohei soit plus prêt du sol afin d'attraper correctement son petit maître. Le gardien attrapa prudemment l'adolescent et le cala contre lui, torse contre torse. D'une main il soutint la tête du brun alors que de l'autre il prenait les rênes. Giotto passa devant, guidant le nouveau venu.

Ils partirent au petit trot vers la ferme, ne faisant pas attention aux cavaliers qui les regardaient passer. Une fois arrivé à destination, Ryohei voulut descendre sa charge en la passant au Primo, mais il n'eut pas besoin de le faire, Speranza descendit lentement jusqu'à se coucher au sol, permettant au gardien du soleil de descendre sans mal.

- Tu es vraiment un bon cheval.

Aurelia apparut dans l'entrée après avoir entendu les chevaux. Elle s'inquiéta en voyant que Giotto était avec un inconnu, puis elle aperçu Tsuna. Elle retint un cri avant de courir vers le jeune homme qui le portait.

- Tsuna habite ici?

- Ou... Oui mais qu'est-ce...

- Plus tard, j'ai besoin de savoir où est sa chambre.

La maitresse de maison le guida rapidement à l'intérieur. Dés qu'elle tomba sur son fils et sa fille elle les envoya chercher le prêtre alors qu'elle montait les escaliers pour ouvrir la marche. Ils finirent par atteindre le grenier. Ryohei observa rapidement l'endroit avant de commencer à donner ses ordres.

- Retirez la couverture.

Le blond ne se fit pas prier et la retira vite. Le gardien du soleil vint déposer prudemment sa charge dessus, mais avant de la coucher il lui retira sa chemise et la balança plus loin. Il posa son oreille sur le coeur du plus jeune, se concentrant quelques instants. Il se releva brusquement et commença à s'agiter. Il passa une main sur le front de son boss, constatant la fièvre. il le toucha à plusieurs endroits, grimaçant à chaque fois qu'il entendait l'adolescent gémir.

Et puis il arriva au bras droit. Il retira prudemment le bandage avant de faire une moue dégoutée. Il n'eut pas besoin de chercher plus loin pour savoir ce que le brun avait.

- Merda Tsuna tu aurais du mieux soigner ça! c'est occupé de partir en septicémie!

Maintenant qu'il savait ce qu'il se passait, il se tourna vers la femme qui restait en retrait, n'osant pas regarder ça plus longtemps.

- Je vais avoir besoin de beaucoup de choses, vous pouvez m'aider?

- Dites et j'essaierais de trouver.

- J'ai besoin d'au moins deux grandes bassines d'eau chaude, d'une grande d'eau froide et pleins de bols. J'ai besoin de morceaux de tissus propre si vous pouvez les ébouillanter avant c'est encore mieux. Il me faut aussi du calme, personne ne doit venir ici.

- Et moi?

- Signore vous allez rester pour le tenir le temps que je le soigne.

Aurelia partit chercher ce qu'on lui demandait. Heureusement elle venait de mettre de l'eau à bouillir pour cuir des pâtes. Elle plongea plusieurs morceaux de tissus dedans et laissa mijoter le temps de rassembler le reste. Elle commença à faire des allers-retours entre sa cuisine et le grenier avec les différentes bassines, aidées par son mari qui avait été appelé par les cavaliers.

Quelques minutes plus tard, ce sont Abele et Knuckle qui arrivèrent. Le prêtre tirait derrière lui sa grosse malle de soin et monta à l'étage. Mais il se fit vite rembarrer par Ryohei.

- J'ai demandé le calme et d'être seul!

- Je suis le médecin de ce village, si je peux aider...

- Vous avez des graines de pavot?

- Oui, tout un bocal.

- C'est tout ce dont j'aurais besoin, j'ai le reste avec moi.

Effectivement, le gros sac que le voyageur portait en bandoulière plus tôt était étalé sur le sol et différents pots remplis d'herbes et de fleurs étaient éparpillés, apparemment le garçon au fedora s'y connaissait. Les deux prêtres le laissèrent donc tranquille et allèrent attendre l'étage juste en dessous au cas ou il y aurait un problème.

Maintenant tout était rassemblé et Aurelia quitta la salle. Ryohei soupira, il profita que le Primo était concentré sur Tsuna pour vite retirer son chapeau et le remplacer par un bout de tissus qu'il mit en bandana, le faisant un peu descendre sur son front. Il espérait qu'avec la situation, le blond ne ferait pas trop attention à sa ressemblance avec le prêtre de l'étage en dessous.

- Signore, ce que je vais faire ne va pas forcément être agréable, vous devrez bien le tenir, il doit bouger un minimum.

- Que vas-tu faire?

- Je dois vider l'infection, c'est en train de ce propager dans son sang et ça attaque tout ses organes.

Ca allait commencer. Ryohei inspecta ses différentes fioles et plantes. Il versa certaines dans les bols d'eau froide qui lui avait amené Aurelia. Il réduisit en poudre quelques graines de pavot et les mélangea avec une bouillie d'autres plantes avant de tout faire avaler à l'adolescent.

- Ca devrait calmer la douleur, mais ce ne sera pas suffisant pour ce que je vais faire.

Il fouilla quelques instants dans son sac avant de sortir un fin couteau. Il attrapa la lampe à huile sur le côté pour l'allumer. Il retira la cloche de verre et laissa la lame dans la flamme.

- Que fais-tu?

- Je stérilise. Tsuna a déjà une infection, pas besoin d'empirer son état.

Pendant ce temps il versa une poudre verdâtre dans un autre bol rempli d'eau froide. Il trempa un tissus dans un autre et le posa sur le front bouillant de l'adolescent. Il continua de préparer tout ce dont il avait besoin rapidement sous l'oeil impressionné de Giotto qui se sentait un peu inutile.

- Tenez le, je vais désinfecter et ce ne sera pas agréable.

Il prit un des essuie ébouillantés quelques instants plus tôt et le trempa dans l'eau verdâtre qu'il venait de faire. Il commença à tamponner les bords de la blessure complètement rougis par l'infection. Il ne fit que le tour, mais déjà Tsuna grinçait des dents dans son semi-coma. Il souffla un bon coup avant de s'attaquer à la plaie qui suppurait. Il la lava du mieux qu'il pu, faisant fi des grognements de douleur de son ami. Il sentait que celui-ci commençait à s'agiter, mais Giotto le tenait bien.

Maintenant que la plaie était propre, il allait pouvoir commencer le pire. Il trempa un autre essuie dans l'eau chaude et le plaça sur le lit juste à côté de lui. Il reprit son couteau qu'il avait laissé dans la petite flamme. Il attendit qu'il refroidisse. Pendant ce temps il repéra une ceinture qui trainait sur le côté. il l'attrapa et attacha une partie au poignet de son ami, l'autre il parvint à l'accrocher sous le lit à un latte. il serra du mieux qu'il put, vérifiant que Tsuna ne pourrait pas s'en défaire le temps qu'il le soigne.

- Signore, penchez vous plus au dessus de lui et tenez lui aussi bien fermement le haut du bras droit, il ne doit surtout pas bouger pendant que je le soigne.

- Je le ferais.

Le blond se plaça mieux, s'asseyant à califourchon sur le ventre de l'adolescent, ses deux mains retenaient ses bras. Ryohei rassembla près de lui les bassines d'eau chaude et tous les draps restants. Il prit l'essuie mouillé et le couteau en main. Il souffla un bon coup, s'éclaircissant l'esprit avant de commencer. Il l'avait déjà fait, mais il détestait faire souffrir son boss et il savait que c'était ce qu'il allait faire maintenant.

Après une dernière longue inspiration il s'installa mieux et commença. La lame s'enfonça dans la plaie, juste là où elle avait suppuré. Tsuna réagit immédiatement, la douleur le réveilla, il cria. Giotto du le retenir alors qu'il commençait à s'agiter.

Dans toute la maison on sursauta à l'entente du cri de douleur. Aurelia se dépêcha de sortir de la maison avec les enfants, Iago ne resta pas longtemps non plus. Seul les deux prêtres restèrent, se demandant si ils devaient entrer ou non. Au second cri, Knuckle voulut y aller mais fut retenu par le padre Abele.

- Laisse, je ne sais pas qui il est, mais il sait très bien ce qu'il fait. Les cris sont normaux, sa blessure était sûrement plus infectée que je ne le pensais, il est en train de retirer l'infection. C'est douloureux alors c'est normal qu'il crie.

- Tout de même...

- Reste assis, il ne faut surtout pas qu'il soit dérangé maintenant où il risque de faire un mauvais mouvement.

Le boxeur ne trouva rien à dire de plus et reprit sa place, essayant de ne pas faire trop attention aux cris.

Pendant ce temps, Ryohei continuait son travail, essayant d'être le plus calme et précis possible. Il coupait doucement chaque endroit infecté, laissant couler le pus jaunâtre. Au fur et à mesure il frottait avec son autre main, vidait la plaie de toutes ses impuretés. Après une heure, la moitié du travail était fait, maintenant restait l'autre.

Les cris de l'adolescent se faisaient plus faible alors qu'il commençait à ne plus avoir de voix. Mais les larmes avaient remplacés les hurlements. Giotto se retenait de le prendre dans ses bras en le voyant ainsi. Mais alors qu'il allait craquer, il entendit un léger sifflement. Sifflement qui continua, imitant une douce musique. Tsuna se calma un peu, se concentrant sur ce qu'il entendait, un nom sortit de ses lèvres gercées.

- Go...Gokudera...

Ryohei s'arrêta quelques instants et passa une main sur la joue du brun. Le sifflement c'était arrêté.

- Désolé Tsuna, mais ce n'est que moi pour l'instant, mais ne t'inquiète pas, les autres vont bientôt venir aussi. Mais pour ça il faut que tu survive à ça. Encore un peu et j'ai bientôt finis, il faut que tu tienne.

Le boxeur repartit à sa tâche toujours aussi sérieux, il continua de siffloter la mélodie qui semblait calmer un peu le brun, mais ça ne l'empêchait pas de lâcher des cris de douleur ou des larmes de temps en temps. Giotto admirait le stoïcisme de cet étrange médecin. Celui-ci ne tremblait pas, n'hésitait pas un seul instant. Il restait précis dans ses gestes sans jamais faire attention aux soubresauts du corps qu'il soignait. De temps en temps il s'arrêtait pour essuyer la sueur qui coulait le long de son visage avant de continuer son travail.

Le temps défila sans qu'ils s'en rendent vraiment compte, chacun prit par sa tâche. Finalement, Ryohei lâcha le couteau dans une bassine à côté de lui. Il recommença à désinfecter la plaie, laissant l'essuie dessus. Dans son sac il retira discrètement l'emballage plastique qui gardait ses bandages stériles afin que Giotto ne voit pas ça. L'emballage plastique n'existait pas vraiment en Sicile au dix-neuvième siècle.

Une fois fait, il étala une mixture qu'il avait préparé plus tôt sur la plaie béante qui recommençait à saigner à plusieurs endroits. Enfin, il enroula le bandage avec délicatesse jusqu'au coude. C'était finit.

Giotto bougea pour descendre du lit et s'asseoir contre un mur, frottant sa sueur et reprenant son souffle. De son côté, Ryohei éloigna tout du lit. Il garda juste un linge mouillé qu'il passa doucement sur le corps en sueur de son ami, le rafraichissant. Pendant tout ce temps il ne lâcha pas du regard le visage du brun. Il vit les yeux bruns de celui-ci encore envahit par la panique alors que quelques mots sortaient de ses lèvres desséchées.

- Estr...aneos... Je... Je veux pas...

Ryohei laissa complètement tomber son masque du médecin. La fatigue se laissa brusquement lire sur son visage ainsi que l'inquiétude, malgré tout il tenta de sourire maladroitement à son malade. Il passa une main sur le front de l'adolescent, passant dans les quelques cheveux qui s'étaient échappés de son couvre-chef.

- Ca va aller Tsuna, c'est moi... Ryohei... tu n'es plus chez les Estraneos, tout va bien maintenant... Tu es en sécurité, je te protégerais cette fois, ils ne te toucheront plus jamais...

- Nii...san... Nii...san...

- c'est moi Tsuna, c'est moi... Ca va aller, fais moi confiance. Ca va aller.

Des larmes roulèrent sur les joues du boxeur au même rythme que celles de Tsuna. Ryohei pressa son visage contre celui de son petit-frère de coeur, mêlant leurs larmes, alors que celui-ci passait une main dans sa nuque, le rapprochant un peu plus.

- On a eu si peur Tsuna... Si peur...

- Moi...Moi aussi... J'étais tout seul...Tout seul 'ici'... J'ai cru...vous reverrai jamais...

- On allait pas t'abandonner. On va bientôt pouvoir te ramener à la maison, mais il faut que tu guérisse.

Ryohei se décolla quelques instants pour lui poser sur les lèvres un verre d'eau, doucement il l'aida à boire après toutes ces heures à hurler il en avait besoin.

- Tu...Tu reste avec...Moi

- Je vais rester Tsuna, je ne pars pas, je ne bouge pas d'ici... Maintenant que je t'ai retrouvé hors de question de te perdre à nouveau.

Ils reprirent la position qu'ils avaient quittés, visages contre visages. Ryohei passait une main sur la joue de l'adolescent, sentant la fièvre qui restait malgré les soins. Il attendit ainsi que Tsuna s'endorme profondément avant d'oser bouger.

Il se releva lentement et partit chercher la couverture qui traînait au sol pour recouvrir son petit-frère. Il commença à ranger toutes ses plantes dans son sac ainsi que tout le reste, malgré sa fatigue évidente. Il commença à tout descendre dans la cuisine, nettoyant et rangeant ce qu'il avait utilisé. Giotto le suivit ainsi que les deux prêtres.

Quand tout fut fini, le nouvel arrivant sortit dans la cour. Il prit une grande inspiration avant d'hurler.

- EXTREME!

Suivit d'un long cri de délivrance alors que des larmes de joies coulaient.

- Je l'ai retrouvé! Je l'ai retrouvé!

Les autres le regardaient, un peu surpris de ce débordement d'énergie alors qu'il paraissait si sérieux quelques instants plus tôt.

- Désolé, j'avais besoin de décompresser.

Tous rentrèrent dans la maison et se servirent un café bien fort pour se remettre. Giotto relança la conversation, curieux de ce jeune homme étrange qui débarquait d'on ne sait où et qui connaissait Tsuna.

- Pour commencer, comment t'appelle-tu?

- Ryohei. Je suis un ami proche de Tsuna, en fait, c'est un peu mon petit frère.

- Tu as quel âge?

- J'ai vingt ans.

- Seulement, pourtant tes connaissances en médecine sont impressionnantes, j'ai rarement vu quelqu'un se balader avec autant d'herbes médicinales sur lui.

- Je sais que je suis jeune padre, mais j'apprend la médecine depuis plus de quatre ans et Tsuna a tendance à se retrouver souvent blessé alors j'ai toujours de quoi le soigner sur moi.

- Est-ce que je pourrais venir observer sa blessure dans les prochains jours pour être sûr que tout va bien?

- Vous pourrez, mais normalement maintenant ça devrait guérir correctement. Sinon, puis-je savoir vos noms?

- Excuse-nous, nous allons trop vite, je suis Abele, le prêtre du village.

- Knuckle, gardien et ami de Giotto.

- Giotto. Lieto di conoscerla (enchanté de te rencontrer) Ryohei. Merci beaucoup pour ce que tu as fais.

- Il ne faut pas me remercier pour ça, c'est mon travail de soigner Tsuna. Excusez-moi, mais je préfère ne pas le laisser seul trop longtemps.

Le jeune médecin retourna dans le grenier. Il alluma la lampe à huile sur la table de chevet alors que la nuit commençait à tomber. Il changea le tissus sur le front de son ami. Il finit par s'asseoir sur le bord du lit, gardant dans une de ses mains la main du bras blessé, laissant filtrer dans celui-ci ses flammes du soleil. Il sentit son boss se détendre pendant le phénomène.

Lentement, il fit avancer ses flammes toujours plus loin dans l'organisme du brun, activant les globules blancs qui purent attaquer plus fortement les restes de l'infection qui circulait dans son corps. Il sourit en se rappelant que c'était Reborn qui lui avait enseigné ça, comment utiliser l'activation du soleil sur quelque chose de très précis, c'était plus efficace en médecine ainsi.

Il laissa ses flammes agir longuement. Il finit par se coucher aux côtés de l'adolescent, il lui remit son béret correctement, sachant que les autres allaient monter à un moment ou un autre. En tout cas il était rassuré, apparemment le Primo Vongola n'avait pas fait trop attention à leur apparence. Il remit son fedora et avec l'ombre ambiante il savait qu'il était plus difficilement reconnaissable.

Au fond de lui, il pensa à Knuckle qui était simplement quelques étages plus bas. Il se sentait tout excité par l'idée de pouvoir le côtoyer, lui parler, peut-être échanger quelques coups. Oui, il en avait terriblement envie. Il fut sortit de ses pensées en sentant quelque chose de chaud et doux lui frotter le visage.

Natsu était là et frottait sa petite tête de lionceau contre le gardien du soleil, le remerciant pour ce qu'il avait fait.

- Salut Natsu, j'avais oublié que tu étais avec lui. J'espère que tu as bien veillé sur lui.

Le petit félin se redressa, agitant sa queue fièrement en miaulant en guise de réponse. Ryohei sourit, caressa le lionceau qui venait de se rouler en boule contre le cou de son maître. Le gardien se pressa un peu plus contre le côté gauche de l'adolescent, il passa un bras sur le torse de celui-ci, attrapant la main blessée qui reposait là.

Ainsi installé il pouvait ressentir la chaleur de son boss, sa flamme aussi clairement que s'il la voyait et la sienne dansait de joie au fond de lui en sentant celle du ciel. Une vague de soulagement le traversa, il l'avait vraiment retrouvé. Il était avec lui, il allait pouvoir le protéger...Enfin... Son esprit réalisait tout ça seulement maintenant. Avant ça les choses avaient été confuses, rapides et il n'avait pas prit le temps de se rendre compte de ce qu'il se passait.

Maintenant qu'il était enfin au calme, avec Tsuna tout près de lui, il prenait le temps de réfléchir sur la situation. Il se sentait sombrer dans un demi-sommeil quand des bruits se firent entendre. Il se redressa rapidement, remettant correctement son fedora. La trappe menant à la chambre s'ouvrit, laissant apparaitre plusieurs adultes que Ryohei reconnut comme les propriétaires de la ferme ainsi que le Primo et son gardien. Il se leva pour les accueillir, se plaçant automatiquement devant Tsuna en guise de protection.

- Buongiorno, je crois que nous n'avons pas été très bien présenté ce midi, je suis Iago Volta, le propriétaire de cette ferme. Et voici ma femme Aurelia, tu connais déjà Don Giotto, padre Abele et fra Knuckle.

- Lieto, je suis Ryohei.

- Lieto Ryohei. Grazie mille pour ce que tu as fais pour Tsuna. Cela fait peu de temps qu'il est ici, mais tout le monde l'adore.

- Je sais, c'est difficile de détester Tsuna.

- On lui doit beaucoup, il a sauvé plusieurs de nos enfants. Encore merci.

Le gardien de soleil sourit chaleureusement avant de s'accroupir, s'inclinant profondément jusqu'à ce que son front touche le sol. Tout le monde le regarda surprit d'une telle révérence. Gênée Aurelia voulut le relever, mais il resta ainsi.

- C'est moi qui dois vous remercier pour avoir accueilli Tsuna. Les choses n'ont pas été facile pour lui depuis quelques temps, je vous suis infiniment reconnaissant. Tsuna... Tsuna compte énormément pour moi et d'autres personnes, il est très important à nos yeux. Je ne crois pas qu'on s'en serait remis si il lui était arrivé quelque chose. Grazie mille, grazie mille...

- Per favor signore Ryohei, redressez-vous, vous n'avez pas besoin d'autant nous remercier, c'était normal pour nous de l'accueillir.

- Je tiens à vous montrer ma reconnaissance, Tsuna a une place très importante dans ma vie, jamais je ne vous remercierais assez de l'avoir accueilli après tout ce qu'il a du vivre...

- Que lui est-il arrivé?

- Je suis désolé, mais je n'ai pas le droit d'en parler, pas sans son accord.

- Je comprends, mais relevez-vous, j'ai préparé le repas et je suis venu vous l'amener.

Le boxeur se redressa et accepta avec plaisir l'assiette, la posa le temps de finir sa conversation avec tout le beau monde qui se tenait là.

- Merci beaucoup, sinon vous pouvez me tutoyer, je suis plus jeune que vous et ne mettez pas le signore devant, j'ai l'impression d'être vieux.

- J'accepte si tu m'appelle Aurelia comme tout le monde et que tu me tutoie aussi. Faut-il quelque chose pour Tsuna?

- Non, j'ai tout ce qu'il faut, il sera bientôt sur pied.

- Les enfants voulaient le voir mais j'ai préféré attendre ton avis.

- Ils pourront venir le voir quand il se sera réveillé et si j'estime qu'il n'est pas en trop mauvais état, pas besoin d'effrayer les enfants.

- Bien sûr. Je vais vous laisser, j'ai encore beaucoup de choses à faire.

La femme partit, laissant les hommes entre eux. Iago fut le suivant à prendre la parole, désignant la chambre.

- Je suppose que tu n'as nulle part où te poser pour l'instant, alors tu peux rester ici, cette chambre est bien assez grande. Je vais te monter un matelas.

- Pas besoin, je vais dormir avec Tsuna, il y a assez de place et puis on a l'habitude.

- Comme tu veux. Je vais aussi vous laisser, je vais m'occuper de Speranza, je crois que personne ne c'est occupé de ce cheval depuis qu'il est revenu.

Ne restèrent plus que le vieux prêtre et la première génération vongola.

- Ryohei, je sers de médecin dans ce village, si tu as besoin de quoi que ce soit pour Tsuna, préviens moi. Et je suis désolé de n'avoir pas fait plus attention à sa blessure.

- C'est déjà bien que vous vous en soyez occupé padre. Je doute que Tsuna aurait prit le temps de le faire correctement. Et puis il a tendance à cacher ses blessures pour qu'on ne s'inquiète pas.

- J'avais cru comprendre, c'est un jeune homme très gentil envers tout le monde, très ouvert. Mais à mon avis il a tendance à s'oublier un peu lui-même.

- C'est vrai, mais mes amis et moi le connaissons bien et on lui permet de trouver un équilibre.

- C'est une bonne chose. Sur ce, A domani tutti.

- A domani padre Abele.

Finalement la pièce se retrouvait emplie seulement par des Vongolas. Le gardien du soleil déglutit discrètement face aux yeux ambrés scrutateurs, il savait très bien comment fonctionnait l'hyper-intuition de Tsuna et il se doutait que celle du Primo devait fonctionner de la même manière. Il ne devait surtout pas mentir sinon le blond le saurait et ce serait suspect, mais cacher des choses était suspect aussi.

Dans son esprit c'était un peu la panique, extérieurement il garda son calme du mieux qu'il put. Mais le Primo attaqua directement avec les questions difficiles.

- Qu'est-il arrivé à Tsuna? Tu as dis qu'il a vécu beaucoup de choses.

- Il... Il a été pourchassé par certaines personnes... Il... a été séparé de nous... Depuis on le cherchait, mais je suis le premier à l'avoir trouvé... D'autres amis ne vont pas tarder à venir eux aussi pour lui... Je ne peux pas vous en dire plus. J'en ai déjà dis trop.

- Je vois. Par qui était-il pourchassé?

- Je ne sais pas!

Ca c'était une répons bien trop rapide et surtout fausse. Ryohei se claqua mentalement alors que la panique commençait à monter. Il avait très bien vu le léger froncement de sourcils du Primo à sa réponse, celui-ci savait qu'il avait mentit. Heureusement pour lui Knuckle vint à sa rescousse.

- Gio, laissons le tranquille pour l'instant, ils viennent juste de se retrouver et pas dans les meilleurs conditions. En plus nous avons tous besoin de dormir, Ryohei encore plus que nous. Quand à toi, tu es épuisé aussi, les autres vont commencer à s'inquiéter.

- Bien, rentrons. Ryohei, si tu as un soucis, n'importe lequel, notre manoir n'est pas très loin. Il suffit de suivre le chemin de terre au milieu des bois sur quelques kilomètres, tu finiras par voir à ta gauche deux rangées de sapins entourant une allée, tu la suis et tu trouveras notre manoir.

- C'est gentil, mais je crois que ça ira. Je sais me défendre et Tsuna aussi. A domani.

Les Vongolas de la première génération partirent enfin, Ryohei souffla un bon coup, se laissant tomber dans le lit aux côtés de son boss. il se retint de hurler pour évacuer son stress. Finalement, son ventre le ramena à la réalité. Il avala vite fait l'assiette que lui avait ramené Aurelia avant de retourner se coucher auprès de son boss. Il laissa sa main sur le front de celui-ci, soupirant en se disant que sa nuit serait longue.