Le lendemain après l'arrivée du gardien du soleil, Iago se leva comme d'habitude aux premières lueurs du jour. Quand il ouvrit sa fenêtre pour laisser passer la lumière du soleil levant, il repéra plus bas dans le jardin son nouvel invité.

Celui-ci courait en rond, s'arrêtant parfois pour enchainer une série de coups à un ennemi invisible avant de reprendre. Le fermier l'observa faire quelques instants avant de descendre à sa rencontre.

- Tu es bien matinal Ryohei.

- Buongiorno Iago, je vous ai réveillé?

- Pas du tout, c'est l'heure habituelle à laquelle je me lève.

- Tant mieux. En fait je m'entraine à l'extrême! Je le fais tous les matins pour rester en forme.

- Très bonne idée. Sinon Tsuna va bien?

Le regard du sportif se durcit alors qu'il se portait vers le toit de la maison.

- Il a divagué toute la nuit à cause de la fièvre. Ca vient seulement de se calmer. Sa blessure guérit bien et est propre, il n'aura plus de soucis de ce côté là. Il a juste besoin de dormir maintenant.

- Bien, qu'il prenne le temps qu'il faudra pour se remettre, on arrivera à se débrouiller sans lui. Veille bien sur lui.

- Pas besoin de me le demander.

A peine eut-il finit sa phrase qu'il suspendit tout ses gestes, inquiétant le fermier qui allait poser une question. Celui-ci vit le jeune adulte porter une main à son bras gauche alors que son regard dérivait vers le toit de la maison.

- Désolé, mais je vais devoir vous laisser. Tsuna vient de se réveiller.

Le boxeur partit rapidement vers la maison, ne salua personne quand il croisa les autres habitants de la demeure. il se contenta simplement de se ruer dans les escaliers . Il retourna dans le grenier, ses yeux se posèrent immédiatement vers le lit. Il trouva son boss étalé au sol, roulé en une petite boule tremblante et sanglotante.

- Tsuna?!

Le gardien fut immédiatement accroupi aux côtés de l'adolescent. Il l'empoigna calmement pour le serrer contre lui. Il vit les yeux chocolats s'écarquiller en le voyant, les pleurs reprirent de plus belle alors qu'il sentait des mains tremblantes empoigner fermement sa chemise.

- Ryohei...Ryohei... Ryohei...

Le gardien s'inquiéta en entendant son nom prononcé ainsi, il se demandait ce qui avait bien put arriver au plus jeune pour être dans un état pareil. Il tenta de le faire parler, mais c'était peine perdue. Tsuna restait collé contre lui, sanglotant, ne voulant surtout pas le lâcher. Le boxeur finit par soulever son boss pour l'installer dans le lit. Il se coucha à ses côtés, le gardant dans son étreinte alors qu'une main passait et repassait dans les cheveux du decimo.

De longues minutes plus tard, Tsuna parvint à aligner des paroles cohérentes, pouvant enfin répondre aux interrogations de son gardien.

- Tsuna qu'est-ce qu'il t'est arrivé? Tu as encore eut un cauchemar?

- Non... Non, je...je me suis réveillé et tu n'étais pas là... J'ai voulu partir te chercher, mais je suis tombé. J'ai attendu... J'ai attendu que tu revienne mais tu n'étais toujours pas là, j'ai paniqué... J'ai cru que je t'avais imaginé, que je t'avais confondu avec Knuckle... que tu n'étais pas vraiment là... Que j'étais toujours seul ici...

- Calme-toi Tsuna... Je suis là et je ne partirais pas. Je suis désolé de t'avoir laissé seul, j'étais partis m'entrainer.

- C'est plutôt moi qui dois m'excuser... Je me comporte comme un enfant...

- Et tu en as tout à fait le droit. Maintenant repose-toi, tu en as besoin. On discutera après.

- Tu reste?

- Je reste, dors maintenant.

Le gardien passa une main sur les paupières du plus jeune, les fermant, le forçant à prendre du repos. De très fines flammes bleues s'échappèrent de ses doigts, endormant le blessé. Quand il fut sûr que Tsuna était bel et bien endormi, Ryohei bougea un peu pour remonter la couverture sur eux. Il se félicita également d'avoir apprit à maîtriser les flammes de la pluie pour ce genre de cas. Il avait découvert ça il y a moins d'un an. Comme Gokudera, il était capable d'utiliser d'autres flammes, pour lui c'était celles de la pluie. Très pratique pour calmer un blessé ou un malade. Mais c'était tout ce qu'il savait faire avec. C'est à dire, pas grand chose.

Quelques heures plus tard Aurelia monta avec le petit déjeuner. Elle se fit discrète, ne voulant pas déranger les deux amis. Ryohei la remercia d'un regard avant qu'elle ne disparaisse dans la trappe. Il ne toucha pas au repas. Il attendit que Tsuna se réveille, ne voulant pas le lâcher avant. Quand enfin les yeux noisettes s'ouvrirent, ils tombèrent immédiatement sur le sourire du gardien du soleil.

Tsuna ne put s'empêcher de sourire aussi, touchant le visage de son ami pour être sûr qu'il était bien là.

- Nii-san...

- Je suis là Tsuna. Je suis vraiment là. Tu veux manger quelque chose?

- Un peu...

Le médecin se leva, il regroupa les coussins contre la tête de lit et aida l'adolescent à s'asseoir correctement. Ensuite, il amena le plateau de nourriture sur le lit. Il déchira une tranche de pain et la tendit à Tsuna.

Ils commencèrent à manger tranquillement, profitant de le présence de l'autre. Quand il n'y eut plus rien sur le plateau, Ryohei défit les bandages qu'il avait mit la veille. Il inspecta la plaie rapidement avant de laisser ses flammes du soleil faire leur travail. Doucement, la peau commença à se reconstruire, recouvrant la blessure qui se régénérait à vue d'oeil. Au final, il ne resta plus que de fines coupures suivant le tracé de l'ancienne blessure. La gardien remit une nouvelle bande, cachant la guérison qui serait qualifiée de miraculeuse si quelqu'un la remarquait.

Maintenant que c'était fait et qu'ils étaient tous les deux bien éveillés, ils allaient pouvoir poser leurs questions.

- Tsuna, raconte-moi ce qu'il c'est passé dans les détails et surtout, depuis combien de temps tu es là.

- Ca va faire plus d'un mois maintenant.

Le gardien se raidit, se rapprocha un peu plus de son petit-frère pour lui témoigner sa présence. Un mois. Il ne c'était pas attendu à un tel décalage. Cela allait faire un mois que Tsuna était seul dans le passé, sans aucun repère, pourchassé par une famille tout sauf amicale.

- C'est rien nii-san, maintenant tu es là et c'est tout ce qui compte. Et puis, à part la solitude, ce mois ne c'est pas trop mal passé.

Il raconta tout ce qu'il avait vécu, sa traversée de l'Italie, ses diverses rencontres, ses chasses avec Natsu, le troc, le vol, le passage en Sicile, les enfants, le village, la fête et son travail. Il n'omit rien sachant que de toute manière son gardien découvrirait si il cachait quelque chose d'important.

Ryohei l'écouta, ne l'interrompant pas une seule fois, stockant toutes les infos dans un coin de sa mémoire pour en discuter plus tard avec les autres, quand ils arriveraient. Une fois le récit finit, ce fu au tour du boss de poser des questions.

- Combien de temps à passer chez nous?

- Quand je suis partit, cela faisait une semaine qu'on te cherchait.

- Et tu es ici depuis quand?

- Une semaine. Mais selon Shoichi, le temps sera sûrement plus variable que lors de notre voyage dans le futur. Il disait qu'un jour pouvait valoir un mois à un moment et le lendemain ne valoir plus qu'une semaine.

- Pourquoi ça?

- Le décalage de temps, nous sommes deux-cent ans dans le passé, ce n'est pas rien, il y a donc beaucoup "d'inconnues dans l'équation" comme disait Spanner.

- Comment avez-vous fait? Je veux dire pour savoir que j'étais ici?

- Hibari a trouvé la nouvelle planque des Estraneos, mais ils étaient déjà partis quand nous sommes arrivés.

- Comment ça partit?

Le jeune adulte raconta tout ce qu'il savait, tout ce que lui avaient expliqués les mécaniciens. Il parla des intentions plutôt floues et obscures de cette mafia ennemie, laissant au final un Tsuna songeur.

- Donc au final on ne sait pas vraiment ce qu'ils me veulent. En plus, je trouve étrange qu'ils m'aient laissés si tranquille pendant autant de temps. Si vraiment toute la famille est ici, j'aurais du les avoir derrière moi durant tout mon voyage. Mais rien, ils ont à peine tenté de m'attraper, c'est bizarre.

- Tant qu'on n'a pas de nouvelles informations, on ne peut rien faire Tsuna. On va attendre ici que les autres arrivent et je te protégerais.

- De toutes manière,s je n'ai pas vraiment envie de bouger, j'ai un travail qui me permet d'avoir un peu d'argent. C'est toujours mieux que le troc. D'ailleurs, tu as fais comment pour me trouver? Et où as-tu atterri? Comment as-tu fais pour venir jusqu'ici?

- Et bien...

Plus loin, dans un manoir caché au milieu des bois, le chef de la demeure était assis à son bureau, écoutant un de ses gardiens qui voulait lui parler de certaines informations. tous les autres étaient présents aussi, assis dans les quelques fauteuils qu'il y avait là. Après tout, ils étaient tous curieux concernant l'adolescent qui attirait leur supérieur.

- Bon, vas-y Alaude, qu'as-tu trouvé?

- Ton Tsuna n'a pas été facile à suivre. Il y a très peu de traces de lui. Les premières que j'ai trouvée sont dans un tout petit village près de Milano, Roncaro. Il y a croisé un vieil aveugle qui lui a donné de quoi voyager. Mais avant ça, rien sur lui, c'est comme s'il était apparu d'un coup. Il ne vient de nulle part.

- Yare, yare, Alaude est frustré de ne pas avoir trouvé mieux.

- Tais-toi. Après ça, il y a très peu de traces de lui, il ne passait dans aucune ville, juste des villages et encore il s'y rendait très peu, uniquement pour faire du troc. Il s'y cachait bien. Mais en suivant ses brèves apparition, on se rend compte qu'il a longé toute la côte depuis Milano jusqu'au sud, au point le plus proche de la Sicile. Il cache beaucoup ses traces comme s'il avait peur d'être suivit.

- Etant donné ce que m'a raconté Ryohei, c'est compréhensible qu'il veuille se cacher.

- C'est vrai, mais ce qui me dérange, c'est qu'il a voyagé beaucoup trop vite pour quelqu'un qui a tout fait à pied. A peine une semaine, il aurait du avoir un cheval pour faire ça, mais aucune trace d'une quelconque bête qui l'aurait aidé. Ensuite, il a réussit à passer en Sicile je ne sais comment. De nouveau il n'y a aucune trace de lui. Il n'a surement pas pu emprunter un bateau sans que je le sache, à la nage me parait peu probable et il n'a pas emprunté, volé ou loué une embarcation. Mais il est arrivé en Sicile et les première traces qu'on a de lui viennent de Cefalu. Il y a cherché de quoi nourrir les enfants qu'il avait aidé. Même ça je n'arrive pas à savoir où ça a eut lieu. Après, les traces nous mènent jusqu'à Baucina où il est actuellement. Je n'ai rien pu trouvé de plus, pas de famille, pas même un nom, juste Tsuna.

- Mais il y a Ryohei. C'est un ami et ils disent se connaître depuis longtemps, il considère Tsuna comme un frère.

- Par contre Giotto, tu n'as pas entendu ce léger accent qu'il avait? Ryohei, quand je l'entendais parler, j'avais l'impression d'entendre Asari, les même intonations et les mêmes difficultés sur certains mots, même si ce n'était pas flagrant.

- C'est vrai, maintenant que tu le dis... Et puis son nom ne sonne pas vraiment italien. Tu as aussi des informations sur lui Alaude?

- Plus que sur Tsuna même. Il semblerait qu'il ait moins fait attention à cacher sa présence ou alors il n'y a pas pensé tout court. Je peux tracer son trajet dans toute la Sicile. Par contre, comme pour Tsuna, je n'ai rien avant son apparition à Catania. Il n'y a aucune trace de lui avant. Sa première apparition date d'il y a une semaine à Catania donc. Il a participé là-bas à plusieurs combats de boxes illégaux. Il les gagna tous, éliminant facilement tout ses adversaires. J'ai des témoignages disant que parfois on avait même pas le temps de le voir frapper qu'il y avait déjà un homme à terre.

- Il sait donc se battre, et plutôt bien. Ca ne m'étonne pas vraiment, il a une grande carrure et surtout il est musclé, il tenait Tsuna comme s'il ne pesait rien.

- Donc il est resté deux jours à Catania, enchainant les matchs. Il a accumulé ainsi un peu d'argent. Directement après il l'a dépensé pour voyager en calèche. Apparemment il n'a jamais hésité sur sa destination. J'ai contacté les gens qui l'avaient croisés, ils disaient que ce Ryohei n'avait jamais de noms de villes précises comme destination, juste une direction, il savait qu'il devait aller au nord-ouest, c'était tout ce qu'il demandait. Il c'est encore arrêté dans les villes d'Enna et Valledolmo. Chaque fois il y resta un jour pour continuer ses combats de boxes illégaux, empocher l'argent et repartir sur les routes jusqu'à arriver à Baucina.

- A part les combats de boxes, il n'a rien fait d'autre d'illégal?

- Rien du tout.

- Et bien je suppose qu'il voulait simplement se faire de l'argent facile pour rejoindre Tsuna. Ce n'est pas quelqu'un de mauvais, en plus il apprend pour devenir médecin.

- Et il a déjà de très solides connaissances, les herbes médicinales qu'il transporte viennent d'un peu partout, il y en avait même certaines que je n'avais jamais vues. Et il savait à quoi elles servaient. Il a de l'expérience derrière lui, ça se voyait dans ses gestes. Par contre Giotto, tu n'as pas trouvé étrange une telle déférence envers Tsuna? Il c'est incliné bien bas pour remercier Aurelia et Iago. Je ne suis pas sûr que n'importe quel ami s'abaisserait ainsi pour remercier des inconnus.

- Je t'avoue que ça m'a surprit aussi. Peut-être qu'il tient vraiment beaucoup à Tsuna.

- Il doit y tenir plus fort qu'à un frère alors. Pour moi leur lien est un peu plus profond que ça. Ils se comportent comme des frères, c'est vrai, mais il y a aussi quelque chose en lus que je n'arrive pas à distinguer. Enfin, je trouve.

- Je crois que tu vois juste Knuckle. Maintenant, on verra avec la suite comment les choses évolueront, apparemment d'autres amis à Tsuna vont arriver au fur et à mesure.

- Comment savent-ils qu'il est à Baucina?

- Je ne sais pas Alaude. Je ne fais que répéter ce que l'on m'a dit. Mais mon intuition me dit qu'on a rien à craindre d'eux. J'ai l'impression qu'ils sont plus des alliés que des ennemis.

- Nous espérons Giotto.

A Baucina

- Alors tu as participé à des matchs de boxes illégaux pour gagner de l'argent...

- Oui, je n'avais pas vraiment le choix Tsuna, j'en avais besoin pour te rejoindre, Spanner et Shoichi m'en avait donné trop peu, tout faire à pied aurait été trop long. Et puis c'est un milieu que je connais plutôt bien maintenant, peu importe les époques c'est organisé de la même manière, alors c'était facile pour moi d'entrer dans le circuit.

- Je n'aime pas beaucoup quand toi et les autres faites des choses pareils...

- On le sait Tsuna, mais c'est notre rôle... Maintenant, tu devrais continuer de te reposer.

- J'en ai marre d'être couché.

- Si tu te repose encore un peu, cette après-midi tu pourras sortir te promener.

- D'accord...

Le boss s'enfonça dans sa couverture, restant collé à son gardien. Il ne lui fallut pas longtemps avant de s'endormir. Ryohei passa un doigt sous les cernes qui se dessinaient sur le visage de son supérieur.

- Tu n'a pas du beaucoup dormir pendant un mois... Désolé d'avoir mit autant de temps à te trouver...

Le gardien du soleil finit par s'endormir également, n'ayant pas eu une bonne nuit depuis la disparition de son boss.

Au manoir, Giotto venait de finir d'harnacher son cheval et s'apprêtait à repartir vers Baucina. A peine fut-il sortit de l'écurie qu'il tomba sur plusieurs de ses gardiens qui semblaient bien décidés à le suivre cette fois.

- Vous n'êtes pas obligés de venir...

- J'ai dis à padre Abele que j'essayerais de venir le voir plus souvent.

- Moi je veux juste être sûr que tout va bien pour Tsuna. Je ne l'ai pas vu longtemps, mais il me semblait être quelqu'un de bien.

- Cette fois il est hors de question que je reste ici! Imagine si un des amis du gosse t'attaquait comme il l'a fait?!

- G tu n'as pas du tout intérêt à ramener cette histoire sur le tapis. C'est moi qui était en tort pour l'avoir surprit et toi tu lui as fais bien plus de mal. alors tu as intérêt à bien te tenir.

- Mouais...

- Alaude, quelque chose t'intéresse?

- Je veux voir le nouveau.

- J'aurais du m'en douter. Lampo reste ici je suppose, et Daemon est avec Elena aujourd'hui. Bon, puisqu'on est au complet, allons-y.

Tous les gardiens montèrent à cheval, suivant leur supérieur qui les devança. Ils arrivèrent au village une demi-heure plus tard. Ils saluèrent les quelques fermiers qu'ils croisèrent. Ceux-ci furent méfiants envers les nouvelles têtes, mais accueillirent à bras ouverts le prêtre et le Primo. Aurelia salua tout ce beau monde quand ils arrivèrent devant chez elles.

Elle leur montre un pré où ils pouvaient laisser leurs chevaux. Quelques instants plus tard, les gardiens étaient dans le salon alors qu'une bonne odeur flottait encore dans la cuisine après le repas qui venait d'avoir lieu. Les enfants restaient dans un coin, impressionné surtout par le gardien du nuage. D'ailleurs, ils ne restèrent pas longtemps et disparurent à l'étage.

Aurelia donna à boire à tout le monde, engageant la conversation, rencontrant certains pour la première fois.

- Comment va Tsuna?

- Je ne sais pas vraiment don Giotto, mon mari a croisé Ryohei ce matin avant de partir, apparemment Tsuna a eu de la fièvre toute la nuit et ça ne c'est calmé que avec le levé du soleil. Depuis il se repose en haut et Ryohei ne l'a plus quitté une seule fois. Je leur ai apporté le repas tout à l'heure, mais Tsuna dormait encore.

- Mais il va mieux?

- Il avait l'air en tout cas, il dormait tranquillement. Je le trouvais encore un peu pâle.

Les conversations reprirent quelques instants avant que des bruits de pas se fassent entendre dans l'escalier. Tous les visages se tournèrent vers les nouveaux arrivants. Tsuna était là, se tenant doucement au bras de son gardien qui l'aidait à descendre. Ils saluèrent tout le beau monde qui remplissait le salon. Un fauteuil se libéra pour l'adolescent.

Ryohei aida son boss à s'asseoir correctement, le soutenant jusqu'à être sûr qu'il était bien mit. Une fois fait, il se plaça juste à côté du fauteuil, plaçant par réflexe ses mains dans le dos. Réflexe que lui et les autres gardiens avaient pris quand Tsuna était en réunion où qu'ils étaient face à un autre boss.

- Bonjour tout le monde. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de personnes...

- Je m'inquiétais, Knuckle et Asari aussi. G voulait juste m'accompagner et Alaude voulait vous rencontrer.

- et bien lieto (enchanté), je suis Tsuna comme Giotto a du vous le dire et voici Ryohei, mon frère en quelque sorte.

- Tsuna tu vas mieux?

- Beaucoup mieux, je suis juste encore fatigué, mais dés demain je pourrais me déplacer normalement.

- Déjà, Ryohei tu fais des miracles!

- Merci, mais ce n'était rien, j'ai l'habitude de ce genre de blessures.

- Excusez-moi, mais est-ce qu'on pourrait aller dehors? J'en ai déjà assez d'être enfermé à l'intérieur.

- Et bien, qu'est-ce que ça va être quand on retournera chez nous et que tu devras rester à l'intérieur?

- Désolé Ryohei, mais j'ai pris l'habitude de courir dans la nature. Bon, on sort?

Le jeune homme au fedora blanc aida son boss à se lever avec beaucoup de calme ce qui amusa le plus jeune qui argumenta qu'il n'était pas en sucre. Une fois tout le monde debout, ils sortirent dans le jardin prendre l'air. Tsuna avançait doucement à l'avant, Giotto à ses côtés. Juste derrière le brun se tenait son gardien qui suivait en silence, observant discrètement les alentours, son regard s'attardant parfois sur tel ou tel chose.

A un moment, les enfants de la maison débarquèrent aussi, courant vers leurs visiteurs, mais surtout vers leur colocataire qu'ils adoraient. Alors qu'Ada allait se jeter dans les bras du blessé, Ryohei se décala rapidement pour se trouver devant son supérieur, il retint gentiment la jeune fille, lui souriant en lui expliquant qu'elle ne pouvait pas encore faire ça tant que Tsuna ne serait pas complètement rétabli.

Elle s'excusa rapidement avant de prendre la main valide de son sauveur, l'entrainant plus loin vers la seule rue du village. Les conversations continuèrent sur un ton léger. Ils arrivèrent sur la place du village avec la petite fontaine où les enfants apprenaient à lire quand il faisait beau. Ils s'y installèrent, profitant du très beau temps qu'ils avaient et du petit vent qui rafraichissait cette après-midi ensoleillée.

Seulement le calme fut de courte durée. Des cris retentirent au loin, vers les champs. Les quelques personnes encore présentes dans le village sortirent des habitations, des fourches, des faux et n'importe quoi d'autre qui pouvait servir d'arme.

Tsuna partit tout de suite vers l'origine des cris. Ryohei ne tenta même pas de le réprimander sur le fait qu'il allait trop vite, il avait bien vu le regard noisette se durcir et commencer à arborer cette nuance ambrée. C'était son boss qui se tenait devant lui. Alors il ne dit rien et suivit de très près. Il remonta ses manches, sentant à l'expression de son supérieur qu'il y aurait de la bagarre et il était hors de question qu'il laisse l'adolescent se fatiguer plus. Alors c'était lui qui allait régler les choses.

Derrière le duo suivirent rapidement les autres Vongolas. Une petite lueur d'appréciation passa dans le regard d'Alaude qui sentait les combats venir presque à l'odeur. Les autres gardiens étaient plutôt inquiets sur la tournure des évènements, ne sachant pas à quoi s'attendre. A ce moment, G et Asari se fustigèrent mentalement pour ne pas avoir pensé à prendre leurs armes.

Quelques minutes plus tard le groupe arriva en bordure du village. Là, de nombreux fermiers c'étaient regroupés, semblant faire face à un autre groupe de personnes. Les femmes courraient vers le village, tirant leurs enfants derrière elles, les gardant le plus près d'elles. Tsuna confia rapidement Théo et Ada à une maman qui passait. Celle-ci lui promit de les ramener à Aurélia.

Ils commencèrent à fendre la foule pour se retrouver tout à l'avant, les paysans armés de leurs outils de travail derrière eux. Une dizaine d'hommes baraqués et couverts de cicatrices étaient là, des poignards en main, l'air menaçant. L'un d'eux retenait une petite fille par les cheveux. Celle-ci tenta de se défaire de la prise, mais elle parvint juste à se faire mal et à énerver celui qui la retenait.

Les Vongolas se tendirent en voyant la scène. Giotto se prépara à sortir ses flammes, ne pouvant pas rester inactif. Il sentit Knuckle se tendre à ses côtés, prêt à user de ses poings si il le fallait, Alaude lui trépignait presque d'impatience à l'idée de pouvoir arrêter ces personnes.

Ils n'eurent rien à faire. Tsuna s'avança calmement devant tous, suivit de très près par Ryohei.

- Que voulez-vous? J'ai déjà mis à terre quatre des vôtres il y a quelques semaines, je ne crois pas que vous aurez plus de chances aujourd'hui.

- Alors c'est toi?! C'est un gamin comme toi qui nous a empêcher de ramener notre marchandise à bon port!

Tsuna se tendit, son regard se fit dangereux. Son gardien remarqua vite l'ambre gagner du terrain dans les iris de l'adolescent. Discrètement il lui donna un petit coup dans le dos, lui rappelant qu'il ne pouvait pas se fatiguer. Le boss soupira avant de se concentrer sur les ennemis qui continuaient à parler.

- Comment ça se fait qu'on ne se souvienne pas de toi?! En fait on se souvient de rien après notre pause. Quand on c'est réveillé les gosses avaient disparus! Qu'est-ce que t'as fais sorcier!?

- Sorcier? Moi? C'est un peu absurde, vous avez juste bêtement perdu la mémoire.

- Au moins les cours d'anatomie de Reborn n'auront pas été inutiles.

- C'est vrai Ryohei, je ne voulais juste pas qu'ils se souviennent de ma tête alors j'ai frappé là où il fallait.

- Toujours aussi doué, mais maintenant tu me laisse faire.

- Bien, mais c'est moi qui te donne le signal.

- Bien sûr, comme toujours.

Personne n'avait entendu la conversation murmurée entre les deux étrangers. Ils virent simplement Ryohei s'avancer pour se placer devant son boss. Rapidement il se mit en position de combat alors que derrière lui Tsuna restait droit, comme un roi prêt à rendre sa sentence. L'ambiance se fit lourde alors que les mercenaires déglutissaient, ne sachant pas d'où venait se malaise. Malgré tout, cela ne suffit pas à impressionner celui qui leur servait de chef.

- On est venu rechercher des gosses! Nos clients attendent et on ne voudrait surtout pas les faire patienter!

- Ne pensez-vous pas que les Vongolas risquent de venir?

- Les Vongolas? J'en ai rien à faire d'eux, si ils croient vraiment qu'on peut gérer un pays avec leurs idéaux stupides c'est qu'ils sont bien loin de comprendre comment ça fonctionne ici! Et puis pourquoi ils se déplaceraient précisément là maintenant pour un tout petit village comme le vôtre? Quand ils auront l'information nous serons déjà loin! Et ils ne font pas la loi là où l'on va!

Dans la foule de fermiers, tout le monde se retint de se tourner vers les Vongolas qui étaient là. Apparemment ce type ne les avait pas remarqués ou alors ils n'avaient jamais vu le visage des Vongolas, ce qui était beaucoup plus probable. Là, Giotto serra les poings, sachant très bien que ce que cette ordure disait était vrai. Si il avait été à son manoir il aurait eu l'information très tard et n'aurait pas put faire grand chose pour le village. Mais il était là alors il comptait bien faire quelque chose.

Seulement il ne put rien faire. Tsuna lui faisait discrètement signe de ne pas bouger et il ne put qu'obéir. L'aura que renvoyait le plus jeune le forçait à obéir, il y avait tellement de prestance.

- Il suffit. Je ne vous laisserais pas insulter les Vongolas plus longtemps. Ryohei, à toi. Garde les juste vivant, je crois que Alaude veut les arrêter.

A peine la sentence fut elle tombée que Ryohei disparut à le vue de tout le monde. Il réapparut aux côtés d'un des kidnappeurs, il lui enfonça violemment son coude dans l'estomac, l'envoyant rouler plus loin. Le type ne se releva pas. Les autres se mirent en mouvement. Celui qui tenait la jeune fille la souleva de terre, posant sa lame sur sa gorge. Il ricana croyant avoir trouvé une bonne idée. Mais il la regretta tout de suite quand il aperçut des yeux meurtriers dans l'ombre du fedora.

En un clignement d'yeux un poing s'enfonça dans le visage de cet homme, son nez craqua bruyamment alors qu'une fontaine de sang en jaillissait. Le type tomba sur ses fesses, lâchant l'enfant dans le mouvement. Celle-ci courut rejoindre son père qui se dépêcha de la ramener dans le village.

Le gardien du soleil fit craquer sa nuque et ses poings alors qu'il s'approchait, une aura dangereuse l'entourant. L'homme au nez cassé c'était relevé, titubant, mais il ne resta pas longtemps debout. Une jambe du jeune adulte vint lui percuter les côtes l'envoyant au sol une seconde fois et pour quelques temps.

Ryohei reprit son combat. Il se faufilait avec aisance entre les mercenaires, ses coups pleuvaient, vifs, puissants, précis. Ils ne manquaient jamais une seule cible. Ce combat n'allait que dans un sens.

Les Vongolas observaient tout ça très impressionnés, surtout Knuckle qui n'en revenait pas des capacités du médecin. G était encore plus suspicieux qu'avant, Alaude rangeait toutes les nouvelles informations dans sa tête, dans son petit casier "étrangers du nom de Tsuna et Ryohei". Giotto observait le combat, mais surtout Tsuna. Celui-ci restait droit, observant la bataille d'un oeil froid et calculateur, un regard qu'il ne pensait pas voir un jour sur un visage si jeune.

L'adolescent ne semblait pas s'inquiéter plus que ça du combat et surtout, Giotto était sûr que c'était lui qui avait donné les ordres, même si il n'avait rien entendu de là où il était, il était sûr que Tsuna avait donné des ordres à Ryohei et celui-ci obéissait avec efficacité.

Quelques instants plus tard, tous les fauteurs de troubles étaient à terre, des os brisés un peu partout. Personne n'avait été épargné. Tsuna se tourna vers le seul français de la troupe.

- Don Alaude, ils sont pour vous. Ryohei, allons-y, nous n'avons plus rien à faire ici.

Le gardien du nuage se dépêcha de récupérer ses proies qu'il allait sûrement maltraiter, n'ayant pas put se défouler maintenant. Les paysans et fermiers retournèrent à leurs occupations encore un peu chamboulés de ce qu'il venait de se passer. Ryohei reprit sa place juste derrière Tsuna, le suivant de près alors qu'ils retournaient chez Aurelia. Celle-ci fut soulagée de les voir entier et se dépêcha de faire du café pour tout le monde.

Chacun reprit place dans les fauteuils qu'ils avaient quittés il y a maintenant quelques heures. Le silence se fit pesant. Tout le monde sirota son café dans le calme. G lançait des regards presque meurtriers aux deux étrangers, les trouvant de plus en plus louches. Giotto était toujours un peu surpris et un peu perdu. Knuckle par contre.

- Ryohei tu te bats incroyablement bien!

- Merci Knuckle, je fais de la boxe depuis que je suis tout petit.

- Malgré ça tu es très fort. Pas étonnant que tu les batte tous dans les combats illégaux.

- Knuckle! Tu n'es pas sensé dire ça!

- Désolé G, ça m'a échappé.

- Tsuna, tu n'as pas l'air plus surpris que ça.

- Tu es à la tête des vongolas Giotto, je savais très bien que vous alliez faire des recherches sur deux étrangers débarquant de nul part. Ca ne nous dérange pas. En plus Ryohei n'est pas très discret pour cacher ce qu'il fait. Qu'on ait donc découvert qu'il participait à des tournois clandestins n'est donc pas étonnant.

- Désolé Tsuna. J'étais un peu pressé de te retrouver alors je n'ai pris aucune précautions.

- Je ne t'en veux pas.

Ils se sourirent avant de se tourner vers Aurelia qui venait d'arriver.

- Excusez-moi de vous interrompre, mais Tsuna je t'ai préparé de l'eau chaude pour te laver, je crois que ça te fera du bien.

- Merci beaucoup Aurelia. Je vais donc vous laisser pour aujourd'hui. Giotto, Knuckle, Asari, à bientôt.

Le decimo s'en alla, suivit par son gardien du soleil. Tous les deux entrèrent dans la salle où se trouvait le grand baquet déjà rempli d'eau, une grosse casserole d'eau chaude attendait en plus sur le côté ainsi que des vêtements propres.

- Aurelia est une femme vraiment gentille.

- C'est vrai. Tu veux aussi profiter de l'eau chaude Ryohei?

- Non, vas-y, je vais t'aider, je me laverais plus tard.

Rapidement le gardien aida son boss à retirer ses vêtements, il les plia soigneusement et les déposa sur une chaise. Pendant ce temps, Tsuna se glissait dans l'eau chaude, laissant échapper un soupir de bien-être. Il s'affala contre le bord, faisant bien attention de garder son bras bandé en dehors de l'eau.

Ryohei vint se placer derrière lui, passant ses mains sur ses épaules, les détendant. Il finit par attraper la bassine d'eau chaude pour en verser une partie sur les cheveux de son boss. Il les lava calmement. Tsuna ne dit rien, se laissant faire, il avait besoin de sentir que son gardien était là.

Ils profitèrent de la présence de l'autre dans le silence. Le brun bascula la tête en arrière, laissant son frère lui rincer les cheveux. Celui-ci finit sa tâche avant de passer ses mains sur les joues de l'adolescent.

- Tu as beaucoup bronzé Tsuna et tu as plein de petites griffures sur le visage.

- Elles se voient à peine. C'est à cause de mes courses en pleine forêt avec Natsu. Et puis le soleil tape fort ici, comme j'étais toujours dehors, j'ai bronzé. Toi aussi tu as déjà commencé. Même si ça ne fait qu'une semaine. D'ailleurs tu ne m'as pas dis comment allaient Yamamoto et Gokudera.

- Ils vont bien, ne t'inquiète pas. Je les ai soignés et ils ont vite été sur pied. Mais je suis partis le premier comme ça ils avaient un peu plus de temps pour se reposer.

- Bonne idée, je suppose qu'ils ont été les premiers à se proposer?

- Exact, Lambo aussi.

- Il est un peu jeune pour faire le voyage seul...

- C'est ce que Mukuro lui a dis. Je crois qu'il fera le voyage avec quelqu'un d'autre.

- Ils ont intérêt à l'envoyer avec quelqu'un d'autre sinon ils entendront parler de moi à mon retour.

- si c'est le cas, je ne veux pas être pris dans les hostilités.

- Pas de soucis, je sais viser juste.

- Ca c'est sûr... Tu me laisse voir tes cicatrices, je veux vérifier que tout va bien de ce côté là aussi.

le boss se détacha du bord, laissant son gardien observer son dos en premier. Celui-ci passa ses mains le long des différentes cicatrices qui ornaient la peau de son frère. Il en chercha de nouvelles qu'aurait put lui cacher l'adolescent. Tsuna le laissa faire, commençant à somnoler alors que Ryohei finissait son inspection.

Voyant que le brun commençait à s'endormir, le jeune adulte le rinça avant de l'aider à sortir, l'enveloppant dans un grand essui, le laissant se sêcher près du feu alors qu'il frottait ses cheveux indisciplinés. Un petit lionceau vint prendre place sur les genoux de son maître, ronronnant comme un bienheureux alors que le decimo le caressait.

- Bonjour Natsu, tu vas bien? Désolé de t'avoir inquiété, mais je vais mieux maintenant. Et puis il y a nii-san... Ça ira maintenant. Les autres vont arriver aussi, nous ne serons plus seul.

le lionceau accueillit avec joie la nouvelle, lâchant un petit grognement alors qu'il se roulait contre son maître. Celui-ci apprécia de pouvoir s'amuser un peu avec son félin, il lui promit de bientôt retourner courir ensemble dans les bois. Ryohei sourit à la relation qu'entretenait son ami avec l'animal, cela lui rappela que cela faisait quelques temps qu'il n'avait plus laissé Kangaryuu sortir. Il se promit de bientôt le faire aussi.

Une fois qu'ils eurent finis, ils remirent leurs chapeau en place, rejoignirent le salon. La nuit était déjà bien avancée, les Vongolas étaient partis, les enfants étaient couchés. Aurelia et Iago, toujours au salon leur souhaitèrent bonne nuit alors qu'ils montaient vers le grenier.

ils s'installèrent dans leur lit, discutant de la journée qui venait de passer.

- Tu crois que Giotto osera encore venir ici après nous avoir vu comme"ça"?

- Ne t'inquiète pas pour ça, don Giotto semblait tenir à toi et à ce village, je ne pense pas qu'il arrêtera de venir pour si peu. Mais Tsuna, tu sais que c'est dangereux de le côtoyer dans notre position.

- Je le sais, je n'avais pas du tout prévu de les rencontrer, au contraire, je voulais rester assez éloigné. Mais les choses se sont passées autrement et maintenant... Je veux apprendre à les connaître... Je... J'ai vraiment envie de connaître Giotto tu sais... Sa flamme... Sa flamme appelle la mienne, elle m'appelle presque désespérément... Tu devrais la sentir, elle est si faible et je crois savoir pourquoi. Ça nous est déjà arrivé, ça devrait se résoudre entre eux, mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter. Sa flamme est presque éteinte.

- Knuckle n'avait pas ça. Mais je peux comprendre ton attirance pour la flamme de Giotto. J'ai ressenti la même chose avec Knuckle, j'ai ressenti sa flamme aussi clairement que la mienne, elles ont réagis, comme si elles dansaient. J'ai envie d'être de nouveau avec lui.

- Tu en auras sûrement l'occasion bientôt. Mais fais attention à ce que tu dis, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de dire qui nous sommes. Ils nous trouveront encore plus suspicieux. Et puis je ne crois pas qu'ils nous croiront...

- Que fais-t-on pour les Estraneo?

-Pour l'instant il n'y a rien à faire, il faut d'abord que l'on découvre leurs plans. Pour ça on aura besoin des autres. Mon intuition nous préviendra si ils veulent nous attaquer avant. Cela nous laissera le temps de fuir, juste à nous deux nous ne pouvons pas battre toute la famiglia.

- Je ne sais pas du tout quand les autres arriveront Tsuna.

- Je leur fais confiance, à Irie et Spanner aussi. Ils vont arriver, laissons leur le temps. Pour l'instant, je sens que nous sommes en sécurité.

- C'est bien, profites-en pour te reposer un peu.

- Toi aussi. Tu as de jolies cernes.

- Nous étions inquiets pour toi, ce n'était pas facile de dormir en te sachant si loin.

- Pareil. Bonne nuit nii-san.

- Bonne nuit otouto.

Ils s'endormirent rapidement, espérant pouvoir participer aux activités du village demain. Ils se levèrent au chant du coq avec tout le reste de la famiglia. Iago observa d'un mauvais œil l'arrivée de Tsuna.

- Tu devrais encore te reposer Tsuna.

- Iago, tout va bien, je me sens beaucoup mieux, assez pour chevaucher. Je te promets de ne pas forcer et puis Ryohei sera là pour m'arrêter si je m'épuise trop.

- Ryohei tu es d'accord de chevaucher avec nous?

- Il n'y a pas de soucis avec ça don Iago, j'ai quelques bases d'équitation, je pourrais vous suivre. Il me faut juste un cheval.

- Il reste Macchia (tâche).

- Ah oui ton deuxième cheval, bonne idée Tsuna. Venez on va aller le chercher.

Tsuna entraîna son gardien avec entrain vers les boxes. Speranza hennit de suite en voyant son petit maître arriver. Le boss lui caressa quelques instants le museau avant d'aller vers le boxe d'à côté.

- Ryohei je te présente Macchia, je l'ai récupéré aux trafiquants en même temps que Speranza, je ne l'ai pas encore monté et il n'a pas vraiment eu le temps de vraiment se dégourdir les jambes.

- Je vais m'en occuper alors. Il faudra que je remercie Dino pour ses cours d'équitation.

- J'ai pensé la même chose que toi quand on m'a proposé ce boulot.

Ils se sourirent avant de chacun rentrer dans le boxe de leur monture. Ryohei admira quelques instants l'animal en face de lui. Un grand étalon blanc recouvert de milliers de petites tâches brunes foncées de la même couleur que sa crinière.

-Lieto Macchia, je suis Ryohei et je crois qu'on va travailler ensemble à partir de maintenant.

Pour seul réponse l'animal lui souffla au visage, faisant rire un observateur extérieur.

- Je crois qu'il t'aime bien onii-san.

- Si tu le dis.

- Tiens, je t'ai ramené de quoi le seller et le brosser. Tu va t'en sortir?

- Oui, ça devrait aller.

Tous les deux s'occupèrent de leur bête avant de rejoindre le reste des cavaliers. Ryohei se présenta rapidement à la troupe qui ne mit pas longtemps à accepter ce nouveau membre plein d'énergie. Rapidement, ils se séparèrent, chacun se préparant à conduire le troupeau qui lui était assigné.

Le gardien du soleil se contenta de suivre et d'observer au début, ne sachant pas trop quoi faire. Il tenta d'imiter à plusieurs reprises les cavaliers, mais cela résulta par quelques belles chutes qui amusèrent la galerie. Chaque fois Tsuna vint l'aider et lui donner d'autres conseils. au fur et à mesure il s'en sortait mieux, même si il était encore loin du niveau des autres.

D'ailleurs il ne pouvait s'empêcher d'admirer et jalouser l'aisance que son boss avait à cheval. Celui-ci se débrouillait à merveille, parcourant les plaines au galop sans aucuns soucis, menant Speranza sans problèmes malgré sa taille impressionnante.

Ryohei le regardait faire, ne pouvant s'empêcher de sourire en voyant l'air détendu barrant le visage de l'adolescent. Cela faisait quelques temps qu'il ne l'avait plus vu ainsi. Quelque part ce voyage temporelle avait de bon côté. Maintenant il espérait tout de même que les autres gardiens les rejoindraient vite et qu'ils puissent enfin rentrer dans leur époque.

Le jeune adulte ne se laissa pas distraire plus longtemps, une vache rebelle demandait toute son attention.

Le troupeau se déplaça au gré des envies des cavaliers jusqu'à la pause de midi. Encore une fois ils trouvèrent refuge à l'ombre d'un arbre, laissant les bêtes paître tranquillement. C'est à ce moment qu'un membre des Vongolas les rejoignit.

Les yeux de Tsuna s'illuminèrent d'un éclat de feu pendant quelques instants en voyant arriver son ancêtre. Ryohei lui donna un discret coup dans les côtes, lui rappelant de rester discret. Cela fit disparaitre tout de suite l'ambre qui envahissait les iris.

- Ciao tout le monde, désolé pour le retard, mais G ne voulait pas que je parte tant que je n'avais pas finis toute ma paperasse.

- Il n'y a pas de soucis Giotto et puis les responsabilités d'abord, les balades après. C'est peut-être barbant, mais dans ta position tu n'as pas vraiment le choix.

- Je sais... Je sais... Je peux m'installer? Je ne veux pas parler de ces papiers maintenant, c'est ma pause.

Tous lui firent une petite place , laissant le Don se mêler à eux à l'ombre.

- Grazie, sinon Tsuna, Ryohei, vous avez le bonjour de Knuckle. Il est venu avec moi mais il a préféré rester avec padre Abele, ils allaient officier à un enterrement au village voisin et aussi en profiter pour faire une tournée des malades des environs.

- Personne d'autre n'est venu?

- Non, Asari ne voulait pas remonter à cheval pour l'instant, il est partit inspecter la ville la plus proche à pied avec Lampo pour qu'il bouge un peu.

- On ne l'a toujours pas vu celui-là.

- Et Daemon non plus, je vous les présenterais sûrement un jour.

- Ce sera avec plaisir.

Et la routine reprit. Les jours se succédèrent, semblables mais jamais identiques. Giotto faisait toujours sa paperasse et assumait ses obligations avant de rejoindre Tsuna. Ils ne se contentaient plus de simplement chevaucher ensemble, ils apprirent à se connaître également durant leurs jours de congé, appréciant d'aller parfois se balader seuls dans les environs ou dans les quelques villages assez proches.

Knuckle se rapprochait également de Ryohei, lorsque leurs boss partaient en solo, ils restaient généralement ensemble à discuter médecine. Parfois ils échangeaient quelques coups amicaux.

Les autres gardiens passèrent de temps en temps, Tsuna et son gardien purent rencontrer en vrai Lampo, Daemon et Elena qui accompagnait son copain. Celle-ci s'entendit très vite bien avec les deux plus jeunes, Daemon restait plus sceptique comme Alaude. Lampo les appréciait sans plus, ne prenant pas vraiment le temps de les connaître, préférant flemmarder au manoir plutôt que sortir courir les champs.

Deux semaines passèrent ainsi, mais même si tout semblait aller plutôt bien, Ryohei sentait parfois que l'adolescent n'était pas au mieux de sa forme, il voyait souvent celui-ci perdre son regard à l'horizon, semblant à la recherche de quelque chose. Parfois les faux-sourires ne masquaient pas du tout son humeur morose et cela commençait à inquiéter le médecin.

Du côté du Primo, Asari ne cessait de constater que quelque chose n'allait pas avec Giotto, une distance s'installait entre lui et ses gardiens et rien ne semblait pouvoir arrêter ça. Pourtant le japonais cherchait la cause de tout ça, mais pour l'instant il n'avait rien. Il pouvait juste constater la différence d'attitude de Giotto entre les moments où il était au manoir et quand il était avec Tsuna.

Pour l'instant il n'en avait fait part à personne d'autre, ne sachant pas vraiment si c'était lui qui s'imaginait des choses. Il préférait attendre que d'autres remarques qu'il y avait un soucis et apparemment Alaude ne semblait pas loin de penser la même chose que lui vu les regards qu'il lançait à Giotto lors de leurs rares réunions de ces derniers temps.

A part ces détails presque invisibles, la vie continuait sans plus s'en soucier. A la fin de la deuxième semaine, Ryohei se décida à parler sérieusement avec Tsuna alors qu'ils se préparaient à aller dormir. Le brun était déjà allongé dans le lit, Natsu roulé en boule contre lui. Le gardien s'assit à ses côtés, passa une main dans ses cheveux chocolats qui commençaient à pousser et se faire plus volumineux.

- Tsuna, qu'est-ce qu'il t'arrive, tu es bizarre depuis quelques jours.

- Les autres me manquent... J'ai envie de les revoir... Je... Je me sens un peu perdu ici... Même si j'apprécie être avec Giotto et tous les autres mais... J'aimerais rentrer et revoir tout le monde.

- Je comprends Tsuna, crois moi, j'ai aussi envie de rentrer. Je n'ai qu'une hâte c'est que les autres arrivent avec de bonnes nouvelles.

- Mais et si ils n'en avaient pas?! Imagine! Imagine qu'on ne puisse jamais rentrer chez nous?! On pourrait rester coincé ici! Et ça je ne le veux pas! Je ne veux pas rester ici seul avec les Estraneos!

L'adolescent se roula en boule dans les couvertures, ses bras encerclèrent son corps, essayant vainement de se protéger d'un ennemi qui n'était pas là. Natsu laissa échapper un miaulement d'inquiétude alors qu'il ne cessait de se frotter à son maître, essayant de le rassurer. Ryohei vint rapidement se coucher face à l'adolescent, le forçant à le regarder.

- Tsuna, tu n'es pas seul contre eux. Je serais là, les autres aussi, on ne les laissera plus jamais te toucher! Plus jamais! Et puis même si l'on reste coincé ici, même si il n'y a pas de moyens de partir, les autres viendront et nous resterons à tes côtés, peut importe l'époque. Aucun de nous ne compte t'abandonner Tsuna!

- Mais vous risquez de tout perdre! Vos vies de là-bas vous devrez les abandonner!

- Et nous le ferons.

- Mais je ne veux pas! Je ne veux pas que vous fassiez un tel sacrifice pour moi!

Tsuna s'agita, commença à paniquer, le gardien vint rapidement se serrer contre lui. Il le prit dans ses bras, l'empêchant de bouger plus. Il lui murmura longuement des paroles pour le calmer avant de continuer.

- Tsuna, il faut que tu te rende compte que nous serons prêts à abandonner notre vie pour toi, nous sommes prêts à tout. Nous savons les risques de venir ici, mais nous les acceptons pour toi et nous le faisons en pleine connaissance de cause. Il faut que tu accepte ça, que tu accepte que pour nous tu es très important.

- Je... Je ne veux pas que vous mourriez pour moi... Je veux que vous viviez... Qu'est-ce que je serais sans vous?... Vous êtes aussi très importants pour moi... Vous êtes tout ce que j'ai...

- Et tu es tout ce que l'on a. Nous ne comptons pas mourir bêtement rassure-toi, nous savons que la vie est importante, mais si un jour je dois laisser ma vie dans un combat, je veux que ce soit pour toi. Et nous pensons tous la même chose. Maintenant il faut que tu dormes Tsuna. Tu as beaucoup galopé aujourd'hui et tu n'as pas bien dormi la nuit passée.

- Mm.

Le jeune Decimo n'ajouta rien, il se contenta de se coller un peu plus à son gardien, calant son visage contre son torse, au niveau de son coeur, comme pour s'assurer qu'il était encore bien vivant et près de lui. Il ne lui fallut pas longtemps avant de s'endormir. Ryohei le regarda, inquiet. Tsuna devenait de plus en plus stressé et surtout il ne gérait pas aussi bien la situation qu'il voulait le laisser penser. Celle-ci lui pesait et il finirait par craquer à force de ne pas avoir de nouvelles du reste de sa famille, peu importe la présence ou non de la première génération.

Le boxeur l'amena plus prêt de lui, séchant les quelques larmes qui avaient coulés avant de mettre correctement la couverture. Natsu vint s'installer au dessus de la tête de son maître, aussi inquiet que le gardien.

Quand ils furent bien installés, Ryohei espéra une dernière chose avant de se laisser aller au sommeil.

- Faites que les autres arrivent bientôt...

Pendant ce temps, au manoir des Vongolas. Giotto finissait sa paperasse tranquillement, il ne lui restait que ce dernier papier à vérifier et signer si il donnait son accord. Mais une légère frappe à sa porte le sortit de sa lecture. Il lâcha un vague 'entrer', laissant pénétrer ainsi son gardien du soleil. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées ce qui intrigua de suite le Primo. Ce n'était pas courant de voir le Knuckle bon vivant ainsi.

- Et bien Knuckle, qu'est-ce qu'il se passe?

- Et bien je ne sais pas comment dire... Tu risque de me trouver bizarre mais...

- Knuckle, je n'ai pas besoin de te trouver bizarre, tout le monde dans cette famille l'est à sa manière alors vas-y. Qu'est-ce qui te préoccupe?

- Penses-tu que d'autres personnes que nous peuvent avoir des flammes?

- Pourquoi cette question maintenant?

- Et bien quand je suis avec Ryohei, mes flammes... Elles... Comment expliquer... J'ai l'impression qu'elles sont...Heureuses? Elles bougent dans mon corps et réagissent toujours à sa présence, quand je suis avec lui j'ai l'impression de déborder d'énergie et que ça va finir par sortir.

- C'est pour ça que tu as repris l'entrainement ces derniers soirs.

- Oui, j'ai cru que j'avais un excès ou quelque chose comme ça que je devais évacuer, mais ça ne change pas grand chose. Mai je n'ai pas l'impression que le phénomène soit quelque chose de mauvais. Alors je me demandais si il était possible que mes flammes réagissent avec celles de quelqu'un d'autre, comme elles le font avec les tiennes parfois. Seulement c'est plus fort.

- Alors tu suppose que Ryohei a les mêmes flammes que toi... Ce serait possible, je ne vois pas pourquoi ça ne le serait pas. Nous ne savons pas grand chose pour l'instant de ces flammes, encore moins comment elles fonctionnent. Et puis si nous les avons alors d'autres personnes aussi pourraient. En plus, Ryohei te ressemble beaucoup au niveau caractère alors ce ne serait pas étrange qu'il ait aussi des flammes du soleil.

- Je suis content que tu comprenne. Par contre peut-être qu'il ne sait pas qu'il en a, en tout cas pas encore.

- C'est possible aussi ou peut-être qu'il sait les utiliser et le cache. Après tout c'est un pouvoir très étrange, je comprends que des personnes veuillent cacher ce don. Si tu veux on pourra lui poser la question et lui proposer notre aide si il s'avère qu'il a vraiment des flammes. Il ne doit pas être seul pour apprendre à les maitriser.

- Je suis d'accord, mais attendons encore un peu avant, je veux l'observer pour voir si il en laisse échapper quelques unes. Peut-être que je me trompe complètement aussi.

- Bien, j'attendrais que tu me le demande.

- Sinon Giotto est-ce que toi tu ressens quelque chose près de Tsuna?

Le boss se plongea dans ses pensées, se rappelant sans mal chacune de ses rencontres avec l'adolescent. Il posa ensuite une main sur son coeur, il sentit faiblement sous ses doigts bruler sa flamme. Mais il pouvait aussi sentir sa taille et ce qu'il sentit l'inquiéta un peu

- Quand je le côtoie, parfois je sens ma flamme danser aussi, mais pas beaucoup, c'est moins fort que toi. Quand je le vois parfois j'ai aussi une impression de... Je ne sais pas... J'ai l'impression de retrouver un membre de ma famille que je n'aurais plus vu depuis longtemps.

- Crois-tu qu'il ait aussi des flammes?

- Pourquoi pas? Je n'aurais jamais pensé à cette hypothèse avant maintenant, merci d'être venu en parler. Mais comme tu l'as dis, on va attendre un peu. Nous les connaissons depuis peu de temps même si on a l'impression d'être proche d'eux. alors je ne pense pas que venir les harceler de questions sur des flammes étranges qui naissent de nul part soit une bonne idée.

- Bien, préviens moi pour la suite.

- Pas de soucis, va te reposer tu dois être fatigué après tous tes voyages auprès des malades des environs.

- Merci Gio. Bonne nuit.

Quand il ouvrit la porte, une autre personne entra. Le jeune Don soupira, se demandant ce que son gardien du nuage pouvait bien lui vouloir à une heure pareil.

- Alaude, que veux-tu? Des nouvelles sur Tsuna et Ryohei?

- Non, mais j'ai un rapport venant de Corleone qui devrait t'intéresser.

- Vas-y.

- Apparemment un jeune chasseur de primes est en train de sévir en ville. Il récupère toutes les proies que nous étions en train de suivre.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de mal, si il se débarrasse de personnes qui le méritent il n'y a pas de soucis. S'en est-t-il pris à des innocents?

- Deux civiles venant d'une autre ville qui ne semblent pas être dans une quelconque liste de prime ainsi qu'à deux de nos hommes.

- Bien, j'irais faire un tour là-bas demain, ce n'est pas très loin et je pourrais voir de quoi il en retourne. Alaude, tu m'accompagneras. Je suppose que G et Asari viendront aussi, ils sont les seuls à n'avoir aucune mission pour l'instant.

- Bien.

Le lendemain matin, à Baucina. Pour une fois les cavaliers n'étaient pas partis au petit matin. D'ailleurs personne n'était partis travailler. Actuellement tout le village attendait sur la place, les yeux fixés à l'horizon de la seule route traversant leur village.

Quelques minutes plus tard, un jeune garçon arriva en courant, faisant de grands signes à tout le monde.

- Il arrive! Il arrive!

Des murmures heureux commencèrent à emplir l'endroit alors que tout le monde guettait l'arrivée de ce visiteur. Finalement, une imposante carriole tirée par deux boeufs apparut sur le chemin, suivit par une autre. Celles-ci s'arrêtèrent sur la place du village alors que les deux conducteurs descendaient, venant ouvrir les bâches sur les côtés, dévoilant le contenu de la carriole.

Il y avait de tout là-dedans, allant des ustensiles de cuisines au mobilier, aux outils pour la ferme, aux vêtements. Les villageois se pressèrent dans un joyeux bazar pour observer les différents articles, commençant à marchander les prix avec les deux vendeurs.

Les deux voyageurs temporels observaient tout ça à l'écart, assis sur un muret.

- Et bien quel agitation!

- C'est vrai que tu n'étais pas encore là la dernière fois qu'il est passé. C'est un marchand ambulant qui sillonne les petits villages de la Sicile et plus particulièrement cette région. Il vient plus ou moins une fois par mois. Il ramène pleins d'articles des grandes villes et surtout des nouvelles du reste du pays. Peu de gens sortent du village pour aller en ville alors il est leurs oreilles là-bas. C'est lui aussi qui fait office de postier, ce n'est d'ailleurs pas très rapide comme service et puis personne n'est jamais sûr que les lettres arrivent à bon-port à part si il y a une réponse qui arrive jusqu'ici.

- C'est vrai que nous ne sommes qu'au début du dix-neuvième siècle. C'est étrange de pouvoir voir de ses propres yeux comment tout fonctionnait à l'époque.

Les deux amis restèrent observer les habitants qui essayaient de convenir d'un prix avec l'un des marchands. Petit à petit la folie diminua, les paysans retournèrent à leurs champs, heureux de leurs nouveaux achats. Seuls quelqu'uns restèrent encore, cherchant d'autre choses susceptibles de les intéresser.

Tsuna observait le ciel, profitant du calme jusqu'à ce qu'un léger son atteigne ses oreilles. Pendant quelques instants il ne voulut pas y croire, mais celui-ci se répéta. Brusquement il se leva, surprenant son gardien.

Il courut vers les chariots, essayant de trouver d'où venait ce bruit qu'il reconnaitrait entre mille. Ryohei le suivit sans vraiment comprendre. Ils arrivèrent devant une des calèches ou un des marchands comptait son argent en sifflotant une petite musique. Tsuna sauta à ses côtés, faisant sursauter l'homme.

- Et bien ragazzo qu'est-ce qu'il t'arrive? Tu veux quelque chose?

- La musique! La musique que vous sifflez, pouvez-vous la refaire? S'il-vous-plait c'est important.

Le marchant observa le plus jeune curieusement avant de céder à la demande. Il se remit à siffloter la même mélodie, essayant de ne pas se tromper. Les yeux du Decimo s'illuminèrent alors que Ryohei comprenait enfin où il voulait en venir.

- C'est tout ce que je peux faire, le reste est trop compliqué.

- Où? Où avez-vous entendu cette musique?

- A Corleone, il y a un pianiste itinérant qui s'y est installé il y a quelques jours et il jouait dans le café où je me suis arrêté. Très doué le petit, mais cette musique était l'une des plus belles. tu veux savoir autre chose?

- Non merci, c'est gentil à vous, faites bon voyage.

Tsuna retourna immédiatement aux côtés de son gardien, sautillant presque sur place, entrainant le boxeur dans sa joie.

- Il est là Ryohei! Il est là! Ca ne peut être que lui!

- Je sais Tsuna. Je crois que nous allons aller faire un tour à Corleone.

Un sourire immense barra le visage de l'adolescent qui courut immédiatement vers la ferme, prévenir qu'il prenait un jour de congé. Quand Ryohei passa les portes à son tour, Tsuna était déjà en selle, prêt à partir.

- Allez Ryohei dépêche toi!

- J'arrive Tsuna, calme-toi, il ne va pas disparaitre d'un coup.

Le gardien rit à l'excitation du plus jeune. Rapidement il harnacha Macchia et rejoignit son boss. Ils s'élancèrent tous les deux sur la route, direction Corleone.