Tout d'abord, joyeux noël à tous! Et bonne année 2016! (je ne posterais sûrement pas quelque chose de nouveau d'ici là)
Le prochain chapitre ne sortira pas tout de suite, je pars en vacances et j'ai mes examens durant tout le mois de janvier alors il vous faudra patienter un peu :-)
Sinon, j'espère que celui-ci vous plaira :-D
Lorsque Asari et Giotto rentrèrent, le blond partit immédiatement dans sa chambre, argumentant qu'il était fatigué. Ses gardiens ne dirent rien, ne sachant pas quoi faire, pouvant seulement constater l'éloignement qui se creusait.
Le repas qu'ils avaient entamés continua dans le silence. A un moment Knuckle se rendit compte que son homologue de la pluie, juste assis à ses côtés, semblait complètement dans la lune, observant ses mains, les pliant et les dépliant sans cesse.
- Asari tout va bien?
- Mm.
- Asari?
- Mm.
- EXTREME!
Toute la table sursauta à cause du cri qui n'avait absolument pas été prévu. Tous avaient réagis, sauf Asari... Enfin, il réagit avec quelques secondes de retard.
- Pardon? Tu me parlais Knuckle?
- Oui, mais tu étais complètement perdu dans tes pensées.
- Dans ma flamme plus précisément.
- Pourquoi?
- Elle s'agite... Sans vraiment de raison. Depuis tout à l'heure je la sens courir en moi, comme si elle était particulièrement heureuse.
- Toi aussi?
Tout le monde se tourna vers le prêtre, se demandant ce qu'il pouvait bien leur arriver.
- Comment ça moi aussi?
- J'ai pareil, surtout quand je suis en présence de Ryohei. On en a discuté avec Giotto, apparemment il pourrait avoir les mêmes flammes que moi, c'est pour ça que les miennes réagissent.
- C'est sûr?
- Pas du tout, ce n'est qu'une supposition pour expliquer l'agitation de mes flammes. Si ça ce trouve c'est complètement autre chose.
- Alors ce serait possible que j'ai croisé quelqu'un d'autre pouvant utiliser des flammes?
- Oui et si les tiennes réagissent fortement, c'est possible que cette personne ait les mêmes flammes de la pluie que toi.
Le gardien chercha dans ses souvenirs qui aurait put causer ce phénomène. Mais il n'eut pas à chercher très loin, après tout il n'avait pas croisé grand monde durant cette après-midi.
- Yamamoto.
- Pardon?
- Je dis que c'est peut-être Yamamoto, vous savez l'autre épéiste, l'ami de Tsuna. Je n'ai croisé que lui cette après-midi, juste quand mes flammes ont commencés à s'agiter.
- Alors c'est peut-être lui.
- Qu'est-ce qu'on fait?
- Rien. Pour l'instant Giotto voulait juste que j'observe Ryohei pour savoir si il avait connaissance de ses flammes ou pas. Pour l'instant il semble complètement ignorant ou alors il n'en a tout simplement pas. Il ne faut pas oublier qu'on reste dans la théorie. Seul le temps nous prouvera si on a juste ou pas.
- Alors j'attendrais.
Le repas continua. La nuit passa. Le lendemain les choses reprirent leur cours normal. Cela dura quelques temps, une grosse semaine qui fut presque banal depuis leur changement d'époque pour la dixième génération. Tsuna continuait de travailler avec Iago, accompagné toujours par un de ses trois gardiens qui faisaient des tournantes. Ils refusaient catégoriquement de le laisser seul et quelque part cela le rassurait de sentir ses gardiens si proche de lui.
Ceux-ci acceptaient de le laisser seul uniquement quand il était avec Giotto. Enfin, seul était un bien grand mot vu qu'ils se postaient toujours quelques mètres plus loin. Mais ils laissaient leur intimité aux deux boss, sachant très bien à quel point Tsuna c'était attaché à Giotto. La réciproque était vraie. Le brun sentait toujours quand ça n'allait pas chez le plus âgé, alors il tentait soit de le faire parler, soit de le détourner du sujet en l'emmenant promener à travers les plaines.
D'ailleurs, pour Giotto, ce ne fut pas une bonne semaine. Il avait demandé à Alaude un rapport complet concernant les activités des différents membres de sa famille, il voulait tout savoir. Et quand il avait su, il était tombé de haut. Pendant une semaine les dossiers défilèrent sur son bureau et chaque fois il menaçait de s'évanouir en se rendant compte que la corruption était bien plus présente que ce qu'il avait cru. Chaque jour il découvrait que des membres de sa famille usaient de son nom pour des trafiques divers et variés, pour du chantage, de la corruption, du vol et la liste ne cessait de s'allonger.
Il y avait même des villages ou le nom Vongola était craint à cause de certains membres faisant la misère aux villageois. Giotto savait que ça risquait d'arriver un jour, après tout ils se disaient être une mafia. Il c'était attendu à devoir gérer ce genre de choses. Mais pas aussi rapidement.
Les Vongolas venaient à peine d'être créés, ils avaient encore conquis peu de terrains, ils n'avaient aidés encore que si peu de personnes. Mais déjà des hommes se permettaient de souiller sa réputation. Il ne s'y était pas attendu, en tout cas pas à ce moment là.
Heureusement, ce n'était qu'une minorité, mais une minorité qu'il trouvait déjà beaucoup trop importante. Et chaque jour il en découvrait d'autre. Ca le dégoutait... Il se dégoutait pour avoir créé une organisation qui permettait aux gens de faire cela.
Giotto dormait moins, mangeait peu. La fatigue s'installait. Ses gardiens avaient tentés de le faire réagir, de le raisonner, de comprendre ce qui n'allait pas, mais chaque fois ils étaient repoussés avec plus ou moins de violence. Giotto était sur les nerfs et il atteint le summum de ce qu'il pouvait supporter en fin de semaine alors qu'un énième rapport lui parlait du trafique d'esclaves auquel participait des membres de sa famille.
Cette fois s'en fut trop, il se décida à agir. Rapidement il appela Alaude et Daemon pour l'accompagner. G et Asari s'incrustèrent en plus, inquiet en voyant le regard mauvais qu'avait leur ami de longue date. Tous partirent pour Bagheria, là d'où venait les plaintes.
Durant le voyage le ciel se couvrit, annonciateur d'un orage qui ne tarderait pas à éclater.
Pendant ce temps, à Baucina, c'était jour de congé pour les cavaliers. Ceux-ci ne c'étaient pas lancés à travers les plaines en voyant la couleur que le ciel prenait. Actuellement, Tsuna restait donc dans sa chambre avec ses trois gardiens, profitant du moment de calme et d'être ensemble. Le regard du boss se porta vers la fenêtre, il pouvait apercevoir les nuages menaçants en train de s'accumuler.
Son intuition le tirailla.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Tsuna?
- Quelque chose va arriver à Giotto...
- Mal ou bien?
- Mon intuition me dit de rester ici et d'attendre... alors attendons.
Les premières gouttes de pluie vinrent s'écraser sur la vitre comme elles s'écrasaient sur le visage de Giotto. Celui-ci galopait vers Bagheria, ne prenant jamais le temps de faire une pause, ses yeux ambrés fixaient l'horizon.
Par moment, la couleur de son iris semblait vibrer comme une flamme qui s'éteint, laissant apparaitre par moment un éclat bleu ciel. Seulement il n'en avait pas conscience, trop concentré sur son objectif, la ville qui se rapprochait de plus en plus.
Finalement, après des heures de courses Les habitations se dessinèrent à l'horizon. La pluie n'avait pas cessé de tomber depuis la moitié du voyage et cela ne semblait pas prêt de s'arrêter.
Dés qu'ils passèrent les premières maison Alaude indiqua le chemin vers les traitres aux Vongolas. Giotto ne perdit pas de temps à le suivre, Asari et G sur ses talons. Tous les deux sentaient très mal la suite.
Ils arrivèrent rapidement à la demeure occupée par ceux qu'ils cherchaient. Cette fois, ce ne fut pas Alaude qui manqua de finesse dans son entrée, mais bien son boss. Celui-ci défonça la porte purement et simplement, faisant sursauter les cinq occupants.
Ceux-ci sortirent leurs armes à toute vitesse avant de les baisser, reconnaissant les personnes qui se tenaient là.
- Don Vongola! Vous nous avez surpris, que faites-vous...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un poing s'enfonçait dans sa mâchoire, l'envoyant s'écraser contre un meuble. Les autres restèrent pantois, ne comprenant pas ce qu'il se passait, ne sachant pas comment réagir. Après tout il s'agissait de leur boss.
Actuellement celui-ci se tenait au milieu de ce qui servait de salon/salle à manger, les poings serrés, des flammes commençant à danser autour alors qu'une fine flammèche apparaissait sur son front. G voulut s'approcher mais Alaude le retint et il eut bien fait car un deuxième poing venait s'écraser dans le ventre d'un autre mafieux.
- Giotto calme-toi! Qu'est-ce que...
- Vous participez au trafique d'esclaves?
Ca avait été murmuré sur un ton glacial, mais les mots avaient résonné sans mal dans la pièce. N'ayant aucune réponse Giotto reposa sa question, mais toujours rien.
- Alaude a enquêté, je suis au courant alors vous feriez mieux d'admettre maintenant avant que je demande à Deamon de vous arracher des informations par la force.
- Si vous savez ça change tout alors.
Les trois mafieux se redressèrent, époussetant les débris de meubles qui trainaient sur leurs vêtements. Leurs armes furent vite de nouveau prêtes à tirer.
- Oui on y participe et alors? Qu'est-ce que cela change? Tu va faire quoi? Nous tuer? T'en auras jamais les couilles, t'es trop tendre pour la mafia! C'est déjà un miracle que t'ai survécu jusqu'ici. Ce n'est pas en aidant les gens qu'on se fait du fric!
- Je ne cherche pas l'argent.
- Nous oui, il faut vivre! Tout le monde n'a pas trois cuisinières pour lui faire de bons petits plats tous les jours.
- J'ai trimé toute ma vie pour en arriver là, ce n'est pas ma faute si vous êtes trop fainéants.
Les mafieux ne semblèrent pas apprécier. L'attaque commença. Le blond évitait les balles avec aisance, son intuition aidant beaucoup. Rapidement il répliqua, les coups de poings et de pieds commencèrent à voler, blessant à chaque fois.
Giotto laissa sortir tout ce qu'il accumulait depuis plusieurs mois maintenant, sa rage prenant le dessus. Il ne faisait plus attention à ce qui l'entourait, pas même ses gardiens qui regardaient ses poings devenir rouge de sang.
Les cinq hommes se retrouvèrent à terre, couverts de blessures, certains membres formant des angles bizarres. Quatre étaient inconscients, Giotto était debout face au dernier lucide du groupe. Celui-ci avait le visage tuméfié et le sang ne cessait de couler d'une blessure au crâne. Malgré tout il souriait.
Un sourire mauvais alors qu'il observait en riant presque le boss des Vongolas.
- Regarde toi... Regarde toi Don Vongola... Tu nous reproche ce que nous faisons mais tu ne tarderas pas à faire de même après tout tu appartiens à la mafia. Et puis regarde ce que tu viens de faire... Quelle violence pour quelqu'un qui se prétend si bon... Et regarde toi... Couvert de sang... Voilà un vrai mafieux dans toute sa splendeur et ton regard... Tant de rage... Tu me fais pitié pauvre fou, tu es bien le seul sur cette terre à croire que ton projet est réalisable... Même tes gardiens en doutent, j'en suis sûr...
- Alaude occupe toi d'eux.
Le français ne dit rien, il se contenta de s'éloigner pour laisser passer son boss qui sortit du bâtiment. G et Asari firent de même sans vraiment s'en rendre compte. Aucun d'eux ne voulait se trouver sur le chemin du blond maintenant. Giotto remarqua leur recul.
- Qu'est-ce que...
Il n'eut pas à leur demander plus, la lueur qui passa dans leur regard répondait à tout.
La peur.
Ses gardiens... Ses amis avaient peur de lui.
Son regard se posa sur ses mains, il n'avait pas mit ses gants, elles étaient couvertes de sang. Sa chemise blanche aussi, son pantalon, sûrement son visage aussi. Ses poings se serrèrent. Mille choses se mélangèrent en même temps dans son esprit, il courut dehors.
G et Asari le poursuivirent sous la pluie jusqu'à atteindre leurs chevaux. Le blond était déjà en selle, son étalon piaffait d'impatience, prêt à partir au galop.
- Giotto!
C'est tout ce qu'ils purent dire avant qu'il ne s'en aille. Mais aucun d'eux ne manqua le regard blessé que leur lança leur ami. Un regard perdu, brisé, terrorisé et tellement d'autres.
Tous les deux eurent une boule au fond de la gorge en voyant ses yeux bleus ainsi.
Asari resta bloqué quelques instants alors que G courait chercher son cheval.
- Qu'est-ce que tu fous!? Dépêche-toi!
- Bleus...
- Quoi?
- Les yeux de Giotto... Ils étaient bleus...
- C'est impossible! Ils n'ont plus jamais été bleu depuis qu'il a apprit à utiliser sa flamme!
- Ils étaient bleus.
- Bordel on s'en fout il faut le suivre!
Cette fois ils partirent pour de bon. Ils avaient pris du retard, assez pour qu'ils n'aperçoivent pas une seule fois leur boss de tout le trajet, de plus, la pluie n'arrangeait rien. Ils espéraient juste qu'il soit rentré au manoir et n'ait pas fait de bêtise.
Quand ils partirent, l'après-midi était déjà bien avancé, il sera nuit quand ils arriveront.
Pendant cette journée, à Baucina. Lors du petit-déjeuner Iago fit une proposition étonnante aux jeunes qu'il abritait.
- Une maison? Pour nous?
- Oui, celle du cavalier qui est partit avant ton arrivée est libre depuis, personne ne l'occupe. Elle n'est pas très grande mais ce sera toujours mieux que notre grenier. Et puis, tu as dis que d'autres de tes amis allaient venir, nous n'allons pas pouvoir héberger tout le monde.
- C'est...C'est vrai mais une maison...
- Tsuna, elle n'est à personne et elle va finir par tomber en ruine si personne ne s'en occupe et puis c'est juste à la lisière des bois à quelques mètres d'ici, il y a un pré pour vos chevaux et tout le mobilier est encore à l'intérieur.
- Alors nous acceptons avec plaisir.
- Hayato!
- Tsuna, ils ont raison on ne peut pas rester éternellement dans leur grenier. Je ne vois pas de raisons de refuser.
- Tout de même... accepter juste comme ça...
Iago donna une claque violente mais amicale dans le dos du plus jeune.
- Tu es vraiment trop gentil pour ton propre bien Tsuna!
Le brun fit mine de râler mais retourna bien vite à l'ambiance conviviale du repas. Après celui-ci Iago les emmena visiter cette fameuse maison. Elle n'était pas grande, d'un blanc devenu gris avec les années, un toit en tuiles rouges comme partout au village. Juste à côté il y avait une petite grange qui pourrait accueillir sans mal leurs quatre chevaux ainsi que le pré dont avait parlé le fermier plus tôt.
Après ce fut le tour de la visite intérieur, finalement c'était plus grand qu'il n'y paraissait. Au rez de chaussée il n'y avait qu'une grande salle faisant toute la surface du bâtiment, accueillant le salon, la cuisine et la salle à manger.
Le salon était plutôt sur la gauche, là où se tenaient plusieurs fauteuils qui semblaient encore en bon état, tous de couleurs ternes différentes. Une grande cheminée occupait beaucoup de place dans le mur, un tapis recouvrait le sol devant celui-ci.
Plus sur la droite il y avait une table pouvant accueillir au moins six personnes, la cuisine était disposée contre le mur, épousant un des angles de la maison. Plusieurs poteaux en bois étaient disposés un peu partout dans la salle pour soutenir l'étage du dessus. Il y avait un placard contenant la réserve d'eau ainsi qu'une autre porte menant vers les commodités.
A l'étage, il y avait seulement deux salles, l'une était vraiment grande et devait avoir servit de chambre puisqu'un vieux sommier trainait là, il y avait aussi une cheminée et une grande fenêtre donnant sur les champs. La salle d'à côté était plus petite et il n'y avait qu'un grand baquet en bois qui servait sûrement de bain.
- Pour les matelas, vous pouvez emprunter ceux de chez moi pour l'instant, vous pourrez vous en acheter quand le marchand ambulant reviendra.
La visite finie, ils profitèrent d'une accalmie de la pluie pour vite transporter leurs affaires dans leur nouvelle maison. Une fois tout dedans ils commencèrent à s'installer et à prendre leurs marques. Gokudera observait la cuisine, soupirant face à ce qui servait d'évier.
- L'eau courante me manque déjà... Et l'électricité...
- Pour l'eau courante, on ne peut rien y faire, mais nous ne sommes pas trop loin du lavoir, ce sera facile d'aller chercher l'eau là-bas. Pour l'électricité, il faut s'habituer à l'éclairage au gaz. C'est une question d'habitude.
- Et bien il me faudra un peu de temps avant que l'habitude s'installe.
Ils rirent avant de continuer leur rangement. Dehors, l'orage se faisait de plus en plus menaçant, la pluie tombait de plus en plus fort. La nuit approchait. Encore une fois les yeux de Tsuna se perdirent à travers la fenêtre. Ses gardiens suspendirent leurs mouvements, attendant les prochaines informations.
Mais brusquement Tsuna se replia sur lui-même, serrant sa tête dans ses mains. Gokudera se jeta à ses côtés pour le redresser.
- Qu'est-ce qu'il y a Tsuna?!
- Giotto...
Il ne dit rien d'autre. Ses yeux se perdirent dans le vide alors qu'il portait une main à son coeur, il se mit à trembler et les couleurs quittèrent son visage. Le gardien de la tempête le prit contre lui, essayant de le réchauffer. Les autres restèrent à proximité, ne pouvant rien faire d'autre qu'attendre que leur boss se calme.
- Giotto... Sa flamme... Elle s'éteint...
- C'est impossible! Pourquoi?!
- Je... Je ne suis pas sûr... Ca m'est arrivé une fois que ma flamme diminue d'intensité, mais je ne suis jamais arrivé à ce stade là et...
Encore une fois il se suspendit dans sa phrase, son intuition le titillant. Il attrapa son anneau toujours accroché à sa chaine et appela son fidèle lion. Natsu apparut dans un miaulement inquiet. Le brun lui caressa quelques instants sa crinière de flammes avant de lui désigner l'extérieur.
- Natsu, je sais que tu n'aime pas la pluie, mais j'ai vraiment besoin de toi cette fois.
Le lionceau se dressa fièrement montrant qu'il était prêt à faire ce qu'on lui demandait.
- On va aller faire un petit tour dans la forêt, on doit trouver quelqu'un. C'est moi qui guide d'accord?
Un nouveau miaulement se fit entendre pour confirmer que tout était comprit. Tsuna laissa sortir ses flammes, enveloppant le lionceau qui grandit jusqu'à devenir assez grand que pour porter son maître. Celui-ci se dépêcha de mettre sa cape avant de monter en selle. Ses gardiens le laissèrent faire, sachant qu'ils ne pourraient pas l'arrêter. Yamamoto porta une main à son collier, laissant sortir Jiro et Kojiro.
- Ils t'accompagnent, tu n'as pas le choix.
- Je ne comptais pas protester. Préparez des couvertures et un bon feu, de quoi se sécher aussi.
Les gardiens acquiescèrent, ils l'observèrent disparaitre dans la forêt, suivit par le chien et l'hirondelle. Ce n'est que de longues minutes plus tard qu'ils se décidèrent à bouger, prépérant ce qu leur boss avait demandé et attendant patiemment.
Peu avant ça, Asari et G étaient enfin revenus au manoir. Ils étaient entrés en trombe dans le salon où se tenaient les autres membres de la famille. Ceux-ci sursautèrent, menaçant de faire tomber les cafés qu'il sirotait.
- Non mais vous êtes pas bien!? En plus c'est toi Asari si ça avait été Knuckle j'aurais compris mais je te croyais...
- On a pas le temps Giotto est là?!
- Oui, il est arrivé il y a presque une demi-heure maintenant. Je ne l'ai pas vu, mais on l'a entendu claquer la porte de son bureau.
- Moi je l'ai vu... Et je n'ai pas osé le suivre... Il était bizarre...
- Bizarre comment Lampo?
- Ses yeux... Ils n'étaient pas comme d'habitude et puis tout ce sang...
Juste à ce moment Knuckle revint de sa tournée des malades et ne capta qu'une partie de la conversation.
- Du sang?! Où à l'extrême!? Giotto est blessé?!
- Calme-toi, ce n'est pas son sang... Normalement.
- Qu'est-ce qu'il c'est passé?
- Pas le temps Daemon.
La pluie et la tempête montèrent rapidement à l'étage du dessus, suivit par les autres. Tous s'immobilisèrent devant la porte du bureau de leur supérieur. Ils prirent la précaution de toquer mais n'eurent aucune réponse. Mais ça leur importait peu pour l'instant alors ils entrèrent.
Tous eurent un mouvement d'arrêt en voyant leur boss affalé dans son imposant fauteuil, une bouteille d'alcool bien entamée à la main.
- Gio...
- Laissez-moi.
Le blond se redressa, mais flancha quelques instants avant de retrouver son équilibre. Il prit une nouvelle gorgée. Ses gardiens restaient pantois à l'entrée, ne croyant pas vraiment ce qu'ils voyaient.
Giotto n'était jamais saoul. Il ne l'avait jamais été avant, il faisait toujours attention à l'alcool, connaissant très bien les ravages que cela pouvait faire. Mais là il semblait avoir fait fi de ses résolutions habituelles.
Asari s'avança doucement, comme avec un animal blessé il tenta de s'approcher prudemment.
- Giotto, reste assis, il faut vraiment que tu te calme.
- Laissez-moi...
- Non.
- Laissez-moi...
- Giotto...
- Laissez-moi!
Le blond se recula encore plus vers la fenêtre, creusant toujours plus la distance le séparant de ses gardiens, ses amis. A ses pieds il avait l'impression de voir un immense gouffre noir, Asari lui paraissait tellement loin.
Il se surprit à trembler, ses yeux se fixèrent sur ce gouffre à ses pieds, il n'entendait plus que des vagues murmures sans sens, ses gardiens lui paraissaient flous, minuscules au loin. Mille pensées incohérentes lui martelaient le crâne. Il voulait que ça cesse, il voulait que ça cesse!
- ASSEZ!
Il tomba à genoux, ses mains serrant son crâne, essayant de faire partir ce bruit qui assourdissait son esprit. Brusquement, deux mains l'empoignèrent pour le redresser sur ses pieds. G apparut dans son champ de vision toujours brouillé. Il tenta de se débattre, ne sachant pas trop quoi faire d'autre.
- Giotto calme toi!
- Laisse-moi!
- Giotto!
- LAISSE-MOI!
- BOSS!
Le blond s'arrêta brusquement. Il sentit quelque chose vaciller dangereusement dans sa poitrine. Il sentait que si ça allait plus loin ce serait trop tard.
- A...Arrête G...
- Calme toi bordel! Tu es notre boss tu ne peux pas te laisser aller comme ça!
Ce qui vacillait dans sa poitrine trembla une dernière fois avant de s'éteindre, soufflé comme une bougie. Giotto se sentit vide, un froid se répandit dans sa poitrine, s'écoulant dans tout son corps. Il avait l'impression que son coeur c'était arrêté. Brusquement, le bruit qui lui emplissait l'esprit disparu. Tout disparu pour ne laisser qu'un vide inquiétant, terrorisant.
G se figea en voyant le regard de son ami d'enfance. Un regard terne à en faire peur. Ses yeux désormais bleus étaient écarquillés au possible, regardant un point invisible au sol. Il frissonna en sentant les bras de Giotto devenir glacé. Une boule lui remplit la gorge, il se sentait très mal juste là maintenant, il préférait même quand le blond criait plutôt que 'ça'.
- Boss?
Ce mot résonna dans l'esprit vide du Primo. Un bruit de verre brisé retentit. Tout le monde fit un bond sur le côté alors que la bouteille allait s'écraser contre le mur. G lâcha son ami, trop surprit par cette réaction.
Giotto observa quelques instants les morceaux de verre au sol, Lampo qui n'était qu'à quelques centimètres, ayant évité de peu quelques belles coupures.
L'horreur se peignit sur le visage du Primo alors qu'il réalisait ce qu'il venait de faire. Il s'accouda au rebord de la fenêtre, essayant de tenir droit alors que des vertiges le prenaient.
Il avait faillit blesser un membre de sa famille, ses propres amis. Un murmure presque inaudible s'arracha de ses lèvres.
- Désolé.
Brusquement il ouvrit la fenêtre et se laissa tomber. Trop surprit les gardiens mirent quelques temps à réagir avant de se jeter sur le rebord de fenêtre. Ils aperçurent Giotto qui disparaissait déjà au loin dans la forêt, masqué par la pluie qui formait un rideau opaque.
G n'attendit pas plus longtemps et sauta à son tour, suivit par Knuckle et Daemon. Les autres se décidèrent à utiliser les escaliers, ne voulant pas risquer une mauvaise chute malgré les buissons qui avaient visiblement servis à amortir la chute de Giotto.
Ceux qui n'avaient pas sauté partir chercher les chevaux qui se montrèrent assez récalcitrants à la vue de l'orage mais finirent par sortir de mauvaise grâce. Tout le monde partit dans la direction où avait disparu le blond, mais la pluie et la boue avaient déjà effacé toute trace de son passage. Il se décidèrent à se séparer en groupe de deux, fouillant tout ce qu'ils pouvaient.
Durant longtemps le nom du Primo Vongola résonna parmi les arbres.
Mais celui-ci ne les entendit pas, focalisé sur le fait d'aller le plus loin possible. Il ne faisait pas attention à où il allait, il s'en fichait, il voulait juste aller le plus loin possible.
La pluie le trempa rapidement jusqu'aux os. Il glissa sur les feuilles et dans la boue à de nombreuses reprises, mais chaque fois il reprit son chemin. Il ne savait pas combien de temps avait passé, mais lentement son corps le força à ralentir.
Il trébucha une nouvelle fois, s'étala dans la boue qui se formait sur le sol. Il tenta de se relever mes ses muscles ne semblaient plus capables de porter son propre poids. Alors il resta bêtement là, incapable de faire quoi que ce soit. Au fond de son esprit, une petite voix cruelle le tiraillait.
- "Regardez comme il est beau le boss Vongola, incapable de courir, se laissant à la merci de n'importe quel ennemi venu. Il est bien pitoyable le grand chef."
Il chassa rapidement cette pensée avant de tenter de se relever encore une fois. Mais il se tendit brusquement en entendant des pas sourds se rapprocher. Il se replia sur lui-même, espérant se cacher sans vraiment de succès. Il ne voulait pas que ses gardiens le retrouvent maintenant.
Malgré son envie les pas se rapprochaient, des pas lourds, mais presque silencieux. Finalement une masse flamboyante apparut dans son champ de vision. Il n'eut même pas le temps de comprendre de quoi il s'agissait qu'elle disparut.
- Giotto!
Le blond se détendit immédiatement. Ce n'était pas un de ses gardiens. Ses yeux azurs s'accrochèrent à la silhouette de Tsuna qui arrivait en courant vers lui. Celui-ci trébucha juste à ses côtés, se retrouvant accroupi près de lui.
- Giotto mio dio tu es trempé!
Le boss fut reconnaissant que le plus jeune ne lui demande pas si cela allait. Tsuna l'aida à s'asseoir avant de le soutenir. Ils restèrent en silence quelques instants, le brun inspectant le Primo à la recherche d'une quelconque blessure. Il ne manqua pas le sang qui maculait les vêtements et les poings du boss.
- Il c'est passé quelque chose... La situation a dégénérée...
Pour toute réponse Giotto s'accrocha à sa manche, la serrant toujours plus fort.
- Je... Je ne veux pas rentrer... Pas maintenant...
- Je sais.
Le decimo défit la cape qu'il portait pour la passer sur les épaules de son prédécesseur, ne voulant pas qu'il soit plus mouillé qu'il ne l'était.
- Viens, on va aller chez moi. Les autres nous attendent.
- J'a...J'arrive pas à bouger... J'ai... J'ai froid
Le brun savait très bien d'où venait ce froid. Il eut un sourire triste avant de serrer le blond contre lui, laissant ses flammes les réchauffer tous les deux. Mais ce ne serait pas suffisant. Giotto avait besoin de ses flammes à lui, pas d'un subsitut.
Quand Tsuna défit son étreinte, le don était amorphe contre lui, les yeux perdus dans le vide. Il n'aimait pas ça du tout. Les choses allaient trop loin. Maintenant il fallait recoller les morceaux. Rapidement il fit appel à Natsu.
Le lionceau ne perdit pas de temps à demander des explications, sachant très bien ce qu'il avait à faire. Il se glissa contre le Primo et commença doucement à prendre dune forme plus impressionnante. Tsuna fit en sorte que Giotto reste en équilibre durant la transformation.
Une fois que ce fut finit, le brun força son ancêtre à se coucher sur le dos de l'animal. Il remit la cape correctement pour le couvrir. Le corps chaud du lion réchaufferait le jeune adulte durant le trajet. Tsuna flatta la crinière de son ami avant de lui donner quelques directives.
- On y va calmement Natsu, je vais marcher à côté pour le tenir.
Ils prirent la route du chemin du retour, Natsu faisant attention à la charge qu'il portait alors que son maître suivait juste à côté, jetant sans cesse des regards inquiets au Primo. Celui-ci avait le visage tourné vers lui, mais tout ce qu'il voyait c'était un vide inquiétant dans les yeux désormais bleus.
Tsuna s'arracha à son observation pour appeler Jiro. La petite hirondelle se percha sur un de ses doigts, l'observant de ses petits yeux noirs. Derrière, Kojiro surveillait, parfois il passait devant pour vérifier les alentours. Mentalement le boss remercia son gardien de la pluie de lui avoir prêté ses deux animaux.
- Jiro, je veux que tu fasse passer un message à Asari. Il sera le seul qui pourra te comprendre.
Le petit oiseau acquiesça avant d'écouter attentivement. Plusieurs minutes plus tard il venait se poser sur l'épaule d'un certain gardien qui s'arrêta brusquement dans ses recherches.
- Asari bouge-toi! Il faut qu'on le retrouve!
- Attends G, c'est l'hirondelle de Yamamoto.
- Son hirondelle?
- Que viens-tu faire ici ma belle?
Les gardiens du Primo étaient justement tous présents, ils venaient de se regrouper pour faire un compte rendu de leurs recherches sous un arbre qui les abritaient plus ou moins de la pluie. Tous se rassemblèrent pour voir l'animal. Celui-ci n'avait riens de différent par rapport à une hirondelle normale. Ils cherchèrent un message qui pourrait être accroché à sa patte ou à son cou. Mais rien.
Déçu Asari s'apprêtait à laisser l'animal reprendre son vol quand une image apparut dans son esprit. Surprit il sursauta brusquement.
- Vous avez vu?
- Vu quoi?
- Tsuna, je viens de voir une image de Tsuna.
- On a rien vu Asari, tu dois être en train de délirer.
- Non j'en suis sûr et...
Il ne continua pas, se rendant compte que le petit oiseau posé sur sa main avait désormais deux petites flammes qui brillaient au bout de sa queue. Leur couleur ne laissait aucun doute. Des flammes de la pluie. G se pencha vers la petite bête n'en revenant pas.
- Comment un animal peut avoir des flammes? C'est trop bizarre et... Asari qu'est-ce qu'il y a?
Le gardien ne bougeait plus, le regard perdu dans le vide. Ses amis s'inquiétèrent rapidement, essayèrent de le faire bouger, mais rien. Il restait dans cette transe étrange. Après quelques minutes, il sembla se réveiller, un peu perturbé par ce qu'il venait de se passer.
Il regarda le petit oiseau qui agitait ses ailes maintenant, sachant que sa mission était finie. Le gardien la caressa quelques instants.
- Merci d'être venu jusqu'ici sous cette tempête. Dis à Tsuna que je respecterais ce qu'il demande, je ferais en sorte que les autres aussi. Dis lui aussi de bien prendre soin de lui. Merci encore d'avoir fait passer le message Jiro.
L'hirondelle écouta les dernières paroles avant de s'envoler, fendant la pluie pour rejoindre son maître. Asari souffla un bon coup, se préférant à expliquer ce qu'il venait de vivre aux autres, mais surtout faire passer le message qu'on lui avait donné.
- Cette hirondelle m'a montré grâce à ses flammes ce qu'elle a vu.
- Pardon?! Comment c'est possible?
- Je ne sais pas G, mais elle l'a fait. J'ai tout vu à travers ses yeux. C'était un message de Tsuna.
- Pourquoi de lui?
- Il a trouvé Giotto.
- Ce sale gosse?! Il est hors de question que Giotto reste seul avec lui!
La pointe d'une lame vint se poser sur la gorge du roux qui déglutit bruyamment en voyant le regard meurtrier du japonais.
- Je t'interdis de continuer à t'en prendre à Tsuna ainsi. De nous tous il est sûrement celui qui c'est le mieux occupé de Giotto ces derniers temps alors tu vas te calmer. Il ne lui feras pas de mal. Il est occupé de ramener Giotto chez lui. Il va s'en occuper pendant quelques jours jusqu'à ce que Gio veuille bien revenir au manoir. Il nous demande de le laisser faire, de ne pas venir les chercher, il viendra lui-même nous trouver quand il le faudra.
- Pourquoi on le laisserait faire?! Je ne vais pas attendre sagement qu'un inconnu me dicte quoi faire!
- Mais tu vas le faire.
La pointe s'enfonça un petit peu plus dans la chair, laissant couler une seule goutte de sang, faisant clairement passer la menace.
- Tu vas le faire parce que j'ai confiance en Tsuna, il ne fera jamais rien de mal à Giotto contrairement à nous.
- Calmez-vous. Asari, baisse ton sabre. Ce n'est pas en nous disputant que les choses iront mieux. G arrête de le chercher aussi, je soutiens Asari sur le fait que Tsuna est quelqu'un de bien, il ne fera rien à Giotto. D'entre nous, tu es le seul à ne pas avoir voulu apprendre à le connaître, même Alaude est venu le voir plus souvent que toi. Ses amis ne sont peut-être pas tous des saints, mais ils ont sa confiance, donc la mienne aussi. Maintenant continuons. Tsuna a dis autre chose?
L'épéiste rangea son sabre, mais garda sa main dessus au cas ou la gardien de la tempête s'emporterait de nouveau.
- Il va s'occuper de Giotto. il nous demande en attendant de chercher par nous même quel est le problème avec Gio. Il a dit que nous finirions par comprendre et que cela arrangera tout.
- Si il sait le soucis pourquoi ne pas nous le dire?!
- Parce qu'il dit que ce sera bien plus efficace si on s'en rend compte par nous même que si quelqu'un d'autre nous fait la remarque.
- Pourquoi devrait-on le laisser faire?
Tous se tournèrent vers Alaude. Asari ressortit une nouvelle fois son regard meurtrier alors qu'il resserrait sa poigne sur son sabre.
- Parce que quelque chose c'est passé chez Giotto, quelque chose dont nous sommes responsables, mais aucun de nous ne sait quoi. Aucun de nous n'a vu, mais Tsuna oui. Il savait que Giotto avait un problème et il l'a aidé comme il a pu jusqu'à maintenant. Il n'y avait qu'avec Tsuna que Giotto retrouvait son sourire d'avant. Il n'y avait qu'avec lui qu'il se permettait d'être proche, plus avec nous. Alors pour l'instant je crois que nous devons laisser Tsuna faire et nous concentrer sur la recherche du problème. Parce que Gio ne reviendra pas tant qu'on n'aura pas trouvé.
Les gardiens ne purent rien dire de plus, le gardien de la pluie était catégorique. Celui-ci les força à retourner au manoir. Là, ils s'isolèrent tous dans leurs chambres pour réfléchir et laisser retomber la pression. Asari soupira en entendant des objets heurter les murs de la chambre de l'archer. Il attendit de longues minutes que les bruits de casse s'arrêtent avant d'oser entrer.
G était assis au milieu de débris de meubles et d'autres affaires qui étaient passées sous sa main avant de faire une rencontre avec le mur. Il semblait prêt à s'arracher les cheveux tellement il tirait dessus. La japonais vint s'accroupir face à lui, défaisant doucement ses poings serrés.
- Qu'est-ce qu'on a fait? Qu'est-ce qu'on a fait de travers bordel!?
- Je ne sais pas G... Je pense que quelque part, nous sommes tous responsables de la situation, mais nous devons savoir comment on en est arrivé là. T'énerver ne fera pas avancer les choses.
- Je sais... Mais...
- Il faut que tu te sèche et te repose. Demain on commencera à réfléchir à ce qui a put se passer.
Asari n'eut pour réponse qu'un hochement affirmatif. Sachant que la crise de colère était passée, il s'en alla, laissant son ami ranger le bazar qu'il avait mit. Lorsqu'il passa devant une fenêtre, son regard ne put s'empêcher de se perdre à l'extérieur. La pluie commençait à se calmer, retirant ce rideau opaque qu'elle avait mit sur le monde. Il pouvait deviner plus clairement la forêt et il savait qu'au-delà de celle-ci se tenait Baucina, là où se trouvait Giotto.
Son regard se fit inquiet, il partit pensif vers sa chambre et eut bien du mal à s'endormir cette nuit là.
Peu avant, Gokudera et Yamamoto attendaient sur le pas de la porte, juste sous le porche pour attendre leur boss. Cela faisait déjà pas mal de temps que celui-ci était partit et ils commençaient à s'inquiéter. Mais finalement, un aboiement les sortit de leur inquiétude. Kojiro arriva en courant vers son maître, venant quémander des caresses maintenant que sa mission était finie.
L'épéiste se pencha, lui en donnant de bon coeur alors que son regard se portait à la lisière de la forêt. Tsuna venait d'apparaitre, Natsu se tenant à ses côtés, son imposante crinière de feu avait disparu pour les rendre plus discret. Gokudera partit immédiatement à leurs rencontres, s'assurant que tout allait bien. Il soupira en voyant son boss trempé jusqu'aux os et couvert de terre.
- Je vais bien Hayato, c'est lui qui a besoin d'aide.
Le regard de l'artificier se porta sur la forme emballé dans la cape que portait le lion. Il reconnut sans mal le Primo Vongola, malgré l'état déplorable de celui-ci.
- Rentre Tsuna, Ryohei à préparer de quoi vous réchauffer.
Ils ne restèrent pas plus longtemps sous la pluie. Natsu du se rétrécir pour passer la porte, alors ce sont Yamamoto et Gokudera qui soutinrent le blond. Celui-ci était amorphe, mais pas complètement inactif. Il marchait comme il pouvait, mais ses jambes avaient bien du mal à le tenir. Le gardien du soleil ne posa aucune question en les voyant arriver. Il se dépêcha d'amener un tabouret près du feu qu'ils avaient réussis à allumer plus tôt.
Les deux autres gardiens aidèrent leur charge à s'asseoir dessus avant de s'éparpiller dans la maison à la recherche de ce qu'on leur demandait.
- Yamamoto va chercher des vêtements de rechange, les miens ou les tiens devraient être à la bonne taille. Gokudera, va chercher une bassine d'eau chaude et une serviette, ramène moi aussi mon sac. Tsuna, tu vas m'aider à lui enlever ses vêtements, il ne peut pas les garder.
Chacun partit faire ce qu'il devait alors que le médecin s'occupait de son patient. Le Don fut rapidement déshabillé par Ryohei qui avait l'habitude de ce genre de manoeuvres. En attendant les deux autres, ils avaient enveloppés le blond dans les grandes serviettes qu'ils avaient sortis plus tôt en prévision de ce qui allait arriver.
Le soleil s'attelait au séchage des cheveux alors que Tsuna essayait de ramener son ancêtre parmi eux. Celui-ci alternait entre des phases d'observation de ses mains encore couvertes de sang, sang toujours visible malgré la boue, ou des flammes dansants dans l'antre de la cheminée.
Le petit brun soupira en voyant arriver Gokudera, la bassine et le sac. L'artificier déposa le tout au pied du tabouret, son boss se saisit rapidement de la serviette et de l'eau chaude. Il trempa celle-ci avant de commencer à frotter le visage couvert de crasses du Don.
Celui-ci se laissa faire alors que Tsuna retirait la boue qui le maculait. Dévoilant parfois des égratignures ou des bleus. Alors Ryohei se mettait tout de suite en action, sortant ses pommades et autres baumes qui pouvaient être efficaces pour ce genre de blessures.
Le temps passa calmement, la pluie et la tempête alimentaient le feu, observant les gestes doux que leurs amis avaient pour Giotto. Tout ce fit très doucement comme pour ne pas effrayer l'homme qui ressemblait désormais plus à un enfant perdu.
Petit à petit le blond commençait à somnoler, épuisé par sa journée. Sa tête finit par s'affaler dans le cou de son descendant. Tsuna sourit avant de le maintenir en position le temps que Ryohei finisse de soigner les bleus qu'il y avait sur son dos. Une fois fait, ils lui passèrent les vêtements que Yamamoto lui avait descendu pour finir par l'installer dans le fauteuil le plus proche du feu afin de le tenir au chaud. En plus ils lui rajoutèrent une grosse couverture ainsi qu'un coussin pour qu'il soit à l'aise.
Ce n'est que quand ça fut finit qu'ils se permirent de souffler et de s'occuper enfin de leur boss à eux. Tsuna n'eut rien à dire et se retrouva rapidement en sous-vêtement aussi, enroulé dans une serviette, Gokudera s'affairant à lui sécher les cheveux alors que Yamamoto était partit chercher son pyjama.
Le brun se laissa aller contre le torse de son gardien, appréciant la chaleur des flammes qui le réchauffaient après sa petite expédition. D'ailleurs, il discuta de celle-ci quand ils furent tous rassemblés en bas.
- Je l'ai trouvé écroulé en plein milieu de la forêt. N'importe qui aurait put s'en prendre à lui et il n'aurait rien put faire. Il est même incapable d'utiliser ses flammes maintenant. Il est complètement sans défenses, je ne pense pas qu'il sache ce battre autrement qu'avec elles.
- Il... Il n'a vraiment plus de flammes?
- Je ne les sens plus du tout. Elles ont été soufflées comme une bougie. C'est pour ça qu'il a de nouveau les yeux bleus.
- Mais c'est définitif?
- Non Takeshi, nos flammes naissent de notre volonté. Lorsque la sienne reviendra, elles se rallumeront. Mais ça ne sera possible que quand les gardiens comprendront leur erreur.
- Combien de temps mettront-ils à ton avis?
- Je ne sais pas. Pour nous la situation n'a duré qu'un mois et vous n'avez pas mis vraiment longtemps avant de trouver le problème. Mais pour eux, je crois que la situation se dégrade depuis bien plus longtemps que ce que l'on pense. Sinon la situation n'aurait jamais été aussi loin. J'espère juste qu'ils comprendront vite, Giotto ne peut pas rester éternellement comme ça.
Tous se tournèrent vers le Primo qui semblait dormir d'un sommeil de plomb. Natsu était allé se coucher en boule contre lui. Son maître n'avait pas vu l'intérêt de lui demander de se cacher puisque Giotto l'avait déjà vu. Ainsi le lion se retrouvait à servir de garde de nuit alors que les autres Vongolas allaient se coucher à leur tour, se préparant pour les jours suivants qui se promettaient difficiles.
Seulement, ce ne sont pas que les jours qui étaient difficiles, les nuits commençaient à le devenir.
Alors que tous dormaient depuis plusieurs heures, du mouvement se fit sentir et l'un d'eux se leva. Réveillant rapidement les autres qui avaient bien trop l'habitude de rester sur leurs gardes. Ceux-ci observèrent la silhouette quitter la chambre et se décidèrent à la suivre discrètement. Rapidement ils arrivèrent dans le salon, seulement éclairé par les flammes du feu entretenu par le lionceau.
La silhouette c'était approchée de la forme endormie du Primo et restait maintenant là, à le fixer. Habituellement, Natsu aurait sauté dans les bras de son maître, mais là maintenant, quelque chose le retenait. Il se dressa sur l'accoudoir du fauteuil, restant sur ses gardes mais ne sachant pas comment agir.
Son maître était là, devant lui, pourtant cela ne semblait pas être lui. Il manquait quelque chose dans son regard qui semblait anormalement vide. Deux billes brunes sans expressions ancrées à la silhouette de Giotto.
Ce moment un peu étrange se termina quand une main se posa sur l'épaule du Decimo. Une lueur de vie réapparut dans ses iris alors qu'ils se fixaient sur son gardien qui se tenait là.
Yamamoto. Celui-ci c'était approché jusqu'à venir se coller dans son dos. Tsuna ne dit rien, se contenta d'enfoncer son visage dans le torse de son ami. Celui-ci n'hésita pas à lui rendre son embrassade et le garda contre lui.
- Passe tes mains autour de mon cou.
Le plus petit obéit, s'accrochant comme demandé il laissa sa tête se poser dans le cou de la pluie alors que celle-ci le soulevait calmement, l'éloignant de son ancêtre pour le ramener à la chambre. Ryohei le suivit alors que Gokudera sortait faire un rapide tour des alentours, voulant s'assurer que personne ne c'était approché.
De retour dans la chambre, il constata que Tsuna c'était de nouveau endormi profondément comme si rien ne c'était passé.
- C'est bizarre...
- C'est sûr, mais on ne peut rien faire, juste l'arrêter...
- Pourquoi fixait-il le Primo ainsi?
- Aucune idée... J'espère qu'ils enverront bientôt Mukuro et Chrome, ils sont les seuls à gérer ce qui concerne l'esprit.
- Je ne sais pas si je suis aussi enthousiaste que toi Takeshi à l'idée que l'ananas débarque. Mais bon, on a besoin de lui cette fois.
- Mm. Jiro, Kojiro, venez.
Les deux animaux firent leur apparition au milieu de la chambre, écoutant les ordres de leur maître.
- Jiro, je veux que tu surveille les alentours de la maison. Kojiro, toi tu surveilleras la maison tout court. Personne ne doit s'en approcher durant la nuit, à part Iago si il y a une urgence.
Tous les deux firent signe qu'ils avaient compris, partant prendre leur position. Le chien alla se coucher sous le porche devant la porte, les oreilles à l'affut. La petite hirondelle partit elle aussi faire sa ronde sous la pluie. Pluie qui continuait de tomber et qui les arrangeait bien. Ils avaient tous les deux les mêmes capacités que leur maître à repérer tout ce qui était touché par les gouttes sur un certain périmètre.
La nuit reprit son calme qui ne fut plus perturbé jusqu'au levé du jour. Tsuna fut le premier à descendre, ayant tout oublié de ce qu'il c'était passé durant la nuit. Alors qu'il commençait à sortir de quoi manger pour tout le monde, il vit Iago qui le saluait à travers la fenêtre. Rapidement il le rejoignit alors que des pas se faisaient entendre dans l'escalier, les autres gardiens arrivaient.
Ils captèrent rapidement les quelques mots que s'échangèrent l'adolescent et son employeur. Quand ce fut finit, ils s'assirent à table, prêt à commencer le petit-déjeuner.
- Alors on a droit à une journée de congé c'est ça?
- Exact Hayato, j'ai demandé à Iago si on pouvait au moins pour aujourd'hui ne pas aller aux champs. Il a accepté. De toute manière je n'y aurais pas été, j'ai d'autres choses plus importantes à faire.
Tous se tournèrent vers le Primo qui dormait encore profondément dans le fauteuil, Natsu roulé en boule à ses côtés. Tsuna vint s'accroupir devant son ancêtre, caressant quelques instants son lionceau avant de se lever pour manger avec les autres.
Durant le repas les tâches furent réparties. Yamamoto allait patrouiller dans les environs comme d'habitude alors que les autres resteraient là, attendant le réveil du blond. Le reste du repas fut tranquille et rapidement chacun trouva de quoi s'occuper.
Tsuna partit s'asseoir dans le fauteuil juste à côté de l'endormi, lisant un livre que le Padre Abele lui avait prêté. Gokudera était assis à la table, se creusant les méninges sur un moyen d'amener l'électricité dans cette vieille baraque. Ryohei, lui, vérifiait son stock de plantes avant de partir s'entrainer dehors avec Kangaryuu. Il pouvait se le permettre maintenant qu'ils étaient un peu à l'écart. On ne pouvait pas les voir.
Le temps s'écoula lentement, chacun profita de ce moment de calme qui, ils le savaient, n'allait pas durer.
C'est en début d'après-midi que Giotto commença à s'agiter. Natsu partit immédiatement prévenir son jeune maître qui s'entrainait au lancer de couteaux dans le jardin. Celui-ci ne mit pas longtemps à comprendre ce qu'il se passait. Il déboula dans le salon alors que son ancêtre commençait à ouvrir les yeux. Celui-ci grommelait dans sa barbe, semblant avoir du mal à s'extraire des bras de Morphée.
- "Mio Dio, quel cauchemar! J'espère que ça n'arrivera jamais! Je ne dois surtout pas devenir comme ça. Et puis comment est-ce que j'aurais pu penser une seconde à blesser Lampo? C'est absurde. Tiens, je ne suis pas dans ma chambre, le lit est plus petit... Ah non ça semble être un fauteuil. Comment j'ai atterri ici? J'ai encore du m'endormir sur mes papiers et G m'aurait posé dans le premier fauteuil venu? Bizarre, d'habitude il me dépose toujours dans ma chambre... J'ai froid..."
- Giotto.
Le blond sursauta en entendant cette voix. Il savait très bien à qui elle appartenait, mais il ne s'attendait pas à ce qu'il soit au manoir. Ses yeux encore embrumé par le sommeil se posèrent sur le visage de Tsuna. Celui-ci se tenait juste à côté de lui, ses cheveux noisettes en bataille remplissaient tout son champ de vision.
- "Tiens, Tsuna à les cheveux bruns... Ils ressemblent un peu aux miens... J'ai froid..."
- Giotto tu m'entends?
- Mm... J'ai froid...
- Je sais. Natsu, viens ici.
Quelque chose de lumineux bondit sur lui avant de disparaitre sous la couverture. Rapidement, il sentit la chaleur augmenter, le rassurant bien plus que ce qu'il avait cru. Maintenant un peu plus lucide il se tourna vers l'adolescent, se demandant toujours pourquoi il était là.
- Que fais-tu au manoir Tsuna?
- Nous ne sommes pas au manoir Giotto. On est chez moi.
- Chez toi?
- Oui, on nous prête cette maison, on commençait à être à l'étroit dans le grenier de Iago.
- Pourquoi je suis ici?
- Giotto tu ne te souviens pas?
Le regard inquiet, la main tremblante sur son bras sembla réveiller un peu plus le blond. Celui-ci se redressa légèrement, mais s'affala brusquement en quelques instants, se prenant la tête dans les mains alors que les souvenirs revenaient à une vitesse folle. Il se mit à trembler violemment, ses yeux s'écarquillèrent au possible en se rappelant de tout ce qui c'était passé, de tout ce qu'il avait fait.
Il sentit vaguement Tsuna le soulever pour venir se glisser derrière lui, posant sa tête contre son torse. Il sentit deux bras l'enserrer doucement, essayant de le calmer.
- Gio ti calmi.
- Tsuna... J'ai... J'ai... J'ai fais... Et...Et les autres... Je comprends pas... Pourquoi... Pourquoi comme ça...
- Gio ti calmi.
Tsuna tentait d'être le plus doux possible, s'empêchant d'étouffer d'inquiétude son ancêtre et désormais ami. Il retint celui-ci alors qu'il commençait à s'agiter, le gardant caler contre lui, lui murmurant sans cesse de se calmer.
Les autres gardiens étaient revenus et observaient la scène de loin. Ils ne voulaient pas intervenir, ils ne devaient pas. Ils savaient qu'ils seraient inutiles. Tsuna était la personne la mieux placée pour gérer ça toute seule. Ils en avaient souvent eu la preuve durant les années où ils c'étaient côtoyés, où ils c'étaient rapprochés. Se dévoilant des secrets que certains auraient préférés ne jamais déterrer.
Tous les trois partirent dans la salle à manger, attendant patiemment, ne quittant jamais des yeux les deux parents qui s'accrochaient l'un à l'autre. Tsuna avec douceur, Giotto avec désespoir.
