Après une longue attente, voici un nouveau chapitre :-)
Comme d'habitude, le classique mais indispensable "les personnages ne m'appartiennent pas"
Enfin, jusqu'à maintenant j'avais réussi à être assez régulière dans la sortie de mes chapitres, ce ne sera malheureusement plus le cas. Si j'étais parvenu à le fair savant, c'est parce qu'ils étaient déjà tous écrits. Mais maintenant j'ai terminé ma réserve et je dois écrire les suivants.
Ainsi ils mettront un peu plus de temps pour sortir, mais ce sera toujours le samedi. Je ne change pas ça.
Sinon bonne lecture à vous :-)
Tsuna et Giotto restèrent longuement accrochés l'un à l'autre, sous le regard protecteur des trois gardiens. Personne ne fit vraiment attention au temps qui passa et ce n'est que lorsque la nuit fut tombée que la blond sembla se calmer et reprendre légèrement ses esprits.
Désormais, tous les deux restaient simplement couchés dans le fauteuil, se calmant après autant d'émotions. A un moment, une petite boule lumineuse sortit de sous les draps, venant s'asseoir sur le ventre du Primo.
Les yeux de celui-ci s'écarquillèrent sous la surprise. Il tenta de s'éloigner de cette petite chose, mais Tsuna le tenait bien. La petit boule lumineuse s'approcha jusqu'à se coucher sur le torse du blond. Le decimo laissa une de ses mains venir caresser les flammes de son lionceau qui ronronna de plaisir.
- Giotto je te présente Natsu, mon lionceau.
- Il... Il a des flammes?
- Oui, des flammes du ciel. Comme toi et comme moi.
Tsuna arrêta ses caresses pour montrer les flammes qu'il concentra dans sa main libre. Giotto les observa longuement, pas tellement surpris au final. Il ne savait pas pourquoi mais ça lui paraissait logique. Au fond de lui il avait toujours su que Tsuna avait des flammes du ciel. Dés la première fois qu'il l'avait vu il c'était sentit attiré par ses flammes.
Mais malgré ce savoir là, il y avait toujours certaines choses qui lui échappaient.
- Qui es tu Tsuna? Qui êtes-vous?
- Je m'appelle Tsunayoshi Sawada, mais continue de m'appeler Tsuna. Il y a Ryohei Sasagawa, Yamamoto Takeshi et Gokudera Hayato.
- Beaucoup de noms japonais.
- Nous sommes japonais, sauf Hayato. Et tu n'as rien à craindre de nous, nous appartenons aux Vongolas.
Pour prouver ses dires, il retira la chaîne qu'il portait à son coup, la faisant pendre devant le Primo, lui laissant tout le loisir d'observer la bague qui y était accroché et surtout le mot Vongola Famiglia qui était inscrit sur le X. Après quelques instants il la remit à son cou, la faisant disparaitre sous sa chemise. Giotto soupira.
- Je n'en saurais pas plus n'est-ce pas?
- Pas pour l'instant. Peut-être plus tard, on verra comment les choses tourneront.
- Bien. Je suppose que je vais devoir faire avec.
- Désolé. J'aimerais pouvoir t'en dire plus, mais cela ne concerne pas que moi alors je fais attention. Mais tu peux nous faire confiance, on ne fera rien contre les vongolas, c'est notre famille.
Dans la cuisine retentit un petit "a part si ils participent à des trafiques en tout genres!" de la part de Yamamoto. Les deux boss sourirent avant de se dégager de l'étreinte de l'autre. Ils s'assirent plus normalement dans le fauteuil. Le primo garda la couverture contre lui ainsi que le lionceau qui ne demandait que des caresses que lui offrait avec joie le blond.
Après quelques instants dans le silence, quelque chose courut dans le salon et s'assit au pied des deux boss, agitant gaiement la queue, voulant apparemment lui aussi recevoir des caresses comme Natsu.
Giotto observa rapidement le grand chien qui était là, une race qu'il n'avait pas encore vue. Il était beige et blanc. Son cou était cerclé d'un épais collier argenté alors qu'une pierre bleue triangulaire luisait sur son front. Mais ce qui l'interpella le plus fut les petites flammes bleues qui dansaient au creux de ses oreilles.
- Giotto, voici Kojiro, le chien de Takeshi.
- Ce sont des flammes de la pluie?
- Exact. Allez viens mon grand, toi aussi tu as droit à des caresses.
Le chien sauta sur les genoux du decimo, l'écrasant légèrement avant de trouver une position confortable pour que l'adolescent le caresse. Juste à côté, Giotto fut surprit en n'entendant plus les ronronnements du lionceau. Il se concentra à nouveau sur lui pour voir que le petit animal avait une lueur dangereuse dans les yeux lorsqu'il fixait son collègue canin.
Il n'aurait jamais pensé que la suite des choses tournerait ainsi. Natsu sauta par terre, feulant envers le chien. Celui-ci le regarda, curieux avant de sauter à ses côtés, commençant à le toucher avec ses pattes, prenant ça pour un jeu. Le lionceau s'énerva vite et commença à grandir sous les yeux surpris du premier boss. Heureusement, avant que les dégâts n'arrivent Tsuna se leva et attrapa son animal par la peau du cou.
Celui-ci rétrécit immédiatement à la taille qu'il avait avant. Il resserra ses pattes contre lui, miaulant ce qui devait être une excuse.
- Natsu je t'ai déjà dis de ne pas attaquer les autres sans raisons, encore moins des gens de notre famille.
Le lionceau paraissait bien misérable tenu ainsi. Mais Tsuna ne lui en voulut pas plus longtemps. Il retourna s'asseoir, prenant le félin contre lui et le caressant gentiment. Giotto vit Natsu s'accrocher légèrement à son maître alors qu'il enfouissait sa petite tête dans sa chemise. Le brun soupira.
- Désolé Giotto, mais Natsu a tendance à être très possessif et aussi très protecteur. Désolé Kojiro qu'il ait réagit ainsi. Il ne t'a pas fait mal?
Le chien aboya gaiement avant de poser sa tête sur les genoux de Giotto cette fois, n'étant pas prêt à lâcher l'idée d'avoir une séance de caresse. Peu après, une petite hirondelle vint se poser sur la tête de Kojiro qui arrêta de s'agiter pour qu'elle puisse tenir en place. Rapidement après elle, c'est son maître qui fit son entrée. Toujours en hakama d'entrainement, son sabre rangé soigneusement dans son dos.
- Natsu est comme ça depuis qu'on l'a séparé un peu trop longtemps de Tsuna. Quand il c'est retrouvé sans son maître il est quasiment retourné à l'état sauvage, c'était impossible de le toucher et il valait mieux ne pas se promener dans la forêt pendant cette période là. Après, quand Tsuna est revenu, Natsu est devenu tellement protecteur que presque personne ne pouvait les approcher.
Giotto ne manqua pas l'ombre qui obscurcit le visage du plus jeune. Mais elle disparu bien vite alors qui se levait pour aller vers la salle à manger.
- Giotto, viens, il faut que tu mange un peu.
Le blond réfléchit quelques instants. Il n'avait pas vraiment faim. Les évènements de la veille lui coupaient toujours l'appétit. Mais il devait bouger quand même, rester bêtement dans ce fauteuil ne servait à rien.
Prudemment il se redressa, mes rapidement ses jambes lui firent comprendre qu'il ne tiendrait pas. Heureusement, Yamamoto le rattrapa juste avant qu'il ne tombe et l'aida à se rasseoir. Giotto soupira, il n'aimait pas se sentir aussi faible. Mais il savait très bien à quoi c'était du. Il posa sa main sur son coeur, cherchant sa flamme sans la trouver.
Ses yeux s'assombrirent alors qu'il retombait dans une humeur morose. Tsuna lui tendit un bol de soupe qu'il prit sans trop y faire attention et mangea.
Le brun se tourna vers ses gardiens qui étaient tous là maintenant. Ils étaient inquiets mais firent en sorte de ne pas le montrer. Ils prirent chacun leur bol et vinrent s'installer dans les fauteuils autour des deux boss. Il ne se passa pas grand chose durant cette fin de journée. Giotto resta dans le fauteuil en compagnie de Natsu, le regard perdu dans le vide.
Cette nuit là, les trois gardiens se décidèrent à faire une tournante pour surveiller, au cas ou Tsuna se réveillerait encore durant la nuit. Et ce fut le cas. Cette fois, c'est Ryohei qui l'arrêta avant même qu'il ait le temps de descendre les escaliers. Lorsqu'il l'eut remit dans son lit, il partit immédiatement dehors, vérifier que personne ne tournait autour de la maison.
Le lendemain, Giotto se sentait assez bien que pour marcher. Mais il passa sa journée à suivre Tsuna comme une ombre. Celui-ci se promena dans le village ou aux abords de la forêt, s'entraina a lancer de couteau sous les yeux impressionnés de ses gardiens.
- A cette allure là tu vas pouvoir concurrencer Bell Tsuna!
- J'espère bien. Et puis je préfère utiliser des couteaux que des armes à feux.
- Pourquoi?
- C'est trop facile de tuer avec une arme à feu. Enfin, je veux dire que cela va vite et qu'une seule balle peut tuer un homme. En tirant au hasard ou sans même le vouloir il est possible de tuer quelqu'un très facilement. Et c'est ça qui m'effraye dans les armes à feu. Je préfère les lames, on est plus maître de ses actions.
Les gardiens sourirent, connaissant très bien la répulsion de Tsuna concernant l'utilisation des armes à feu. Reborn lui avait apprit à s'en servir et il savait plus que bien les utiliser, mais il détestait ça. Les trois adolescents partirent à l'intérieur, laissant les deux boss dehors.
Gokudera laissa échapper un petit rire une fois dans la cuisine.
- Et bien qu'est-ce qu'il t'arrive tête de poulpe?
- Pour une fois je laisse passer l'insulte. Mais vous vous rendez compte? Le futur boss des Vongolas, la plus grande mafia au monde, n'aime pas les armes à feu! C'est quand même un peu dingue.
- Peut-être, mais c'est ça qui fait de lui un bon boss.
- Tout à fait d'accord avec toi Takeshi. Bon, on commence le repas?
- Sûrement pas avec toi tête de poulpe, tu risque de tout faire exploser. Va plutôt dehors attendre qu'on ai finit.
Gokudera n'eut même pas le temps de protester qu'il se retrouvait coincé dehors avec interdiction d'entrer dans la cuisine. Bon, il savait qu'il n'était pas très doué en cuisine, mais tout de même...
Encore une journée passa tranquillement même si l'humeur maussade du Primo ne passait pas malgré toutes les tentatives pour l'égayer qu'avaient tentés la dixième génération.
Le lendemain, la journée commença comme tous les autres, une certaine routine s'installait. Ryohei partait un partie de la journée soigner les malades avec le padre Abele, Yamamoto partait surveiller les environs alors que son hirondelle explorait les villes et villages alentours. Gokudera restait avec son boss qui avait reprit son travail de cow-boys. Le Primo l'accompagnait sans jamais vraiment participer.
Tsuna commençait à désespérer de trouver quelque chose qui rendrait un tout petit peu de joie de vivre à son ancêtre. Il savait que tout irait mieux quand les gardiens auraient compris le soucis, mais ils se faisaient tarder. En attendant, le blond se morfondait trop pour son propre bien. Celui-ci mangeait très peu et passait la plupart de son temps dans le silence. Lorsqu'ils étaient à la maison, son regard se portait toujours à l'extérieur, vers là où se trouvait son manoir.
Heureusement, une distraction arriva le soir avec le retour de Takeshi de sa ronde. Quand ils furent tous à table pour le repas, il partagea ses découvertes. Il tendit un morceau de papier à son boss qui le lu rapidement.
- Qu'est-ce qu'il y a avec cette troupe de magiciens?
- Rien, je me disais qu'on pourrait aller les voir, les échos sont plutôt bon pour ce spectacle et je me dis que ce serait sympa de prendre un peu de temps pour nous et de penser à autres choses. Et puis ce n'est pas très loin, c'est à Villa Frati, ils viennent tout juste d'y arriver.
- C'est une bonne idée, ça nous changera les idées. Si tout le monde est partant, on y va demain alors.
Personne n'objecta. Tsuna partit se laver alors que son ancêtre partait se coucher dans le fauteuil. Les gardiens restants allèrent s'installer dans leur chambre.
- Alors explique Takeshi, pourquoi cette envie soudaine d'aller voir un spectacle de magie?
- Parce que je pense que c'est une bonne idée de bouger un peu et penser à autre chose.
- Je sais que tu n'as pas mentit sur ce point là sinon Tsuna l'aurait su, mais tu as omis de dire quelque chose alors accouche.
- Et bien disons qu'il y a quelque chose d'intéressant là-bas.
- En bien ou en mal?
- A ton avis? Tu crois vraiment que je sois assez stupide pour nous jeter dans la gueule du loup?
- On ne sait jamais! Je préfère être prudent tant que l'on n'est que trois pour veiller sur Tsuna. Les choses seront plus faciles quand les autres arriveront.
- Crois moi ça ne va plus tarder.
Tous se préparèrent à dormir alors que leur boss venait d'entrer dans la chambre. Pour une fois la nuit fut tranquille au grand bonheur des gardiens. Les lendemain, tout le monde s'agitait sous le regard absent du Primo. Chacun avait de quoi faire. Yamamoto finissait de préparer les repas qu'ils prendraient pour la route avec Ryohei quand celui-ci eut finit de rassembler tout ce dont ils auraient peut-être besoin. Dehors, Tsuna et Gokudera s'occupaient de préparer les chevaux de tout le monde.
Quand ils furent enfin prêts, ils purent monter en selle et le voyage vers Villa Frati commença. Ils ne purent pas aller trop vite car ils se rendirent vite compte que dans son état légèrement léthargique, Giotto ne tenait pas bien en selle. Ainsi, Tsuna et Gokudera restaient constamment à ses côtés pour le retenir au cas ou il ferait une chute. Heureusement pour eux, cela n'eut pas eu lieu.
Finalement, deux longues heures plus tard, les premières habitations de la ville qu'ils cherchaient se dessinèrent à travers les bois. Ils s'arrêtèrent en bordure de ville pour confier leurs montures à un fermier du coin. Maintenant qu'ils étaient moins encombrés, ils pouvaient se promener tranquillement dans les rues de la vie. Profitant simplement d'un moment de détente. Ils ne savaient pas combien de temps cette accalmie durerait, mais ils comptaient en profiter au maximum.
Ainsi ils se baladèrent entre les magasins, prirent le soleil quelques minutes sur un banc, parvinrent à arracher un sourire au Primo. Mais celui-ci ne dura pas longtemps. Tsuna était inquiet, il espérait que les gardiens de la première génération allaient vite comprendre ce qu'il se passait. Le brun savait que Giotto ne tiendrait pas longtemps sans ses flammes.
Il laissa ses pensées moroses de côté quand ils prirent leur déjeuner, savourant les sandwichs qu'ils s'étaient fais plus tôt dans la journée. Finalement, ils partirent vers la place du village, là où se tenait ce fameux spectacle de magie.
Tsuna se demanda ce qu'il avait de si spécial. Il n'était pas stupide et savait très bien qu'il y avait une autre raison derrière la demande de son gardien de la pluie. Mais si celui-ci ne lui avait rien dit alors cela devait être une bonne chose. C'était uniquement pour cela qu'il avait accepté sans trop de problèmes l'idée de sortir un peu du village où il se sentait relativement en sécurité.
Autour d'eux, les gens commencèrent à s'amasser. La troupe de Vongolas enfonça un peu plus leurs divers couvres-chefs sur leurs têtes au cas ou un Estrano trainerait dans les parages. Même si ils savaient que Tsuna sentirait sa présence bien avant que celui-ci ne les voit, ils préféraient être prudents.
Le groupe s'installa sur un muret un peu en hauteur pour voir le spectacle malgré la foule. Ils attendirent de longues minutes avant que finalement un jeune garçon s'avance avec simplement une boîte en main. Il alla jusqu'au centre du cercle laissé libre par les observateurs. Une fois qu'il fut bien en vue, Yamamoto se dépêcha de ceinturer son boss et de le serrer contre lui, l'empêchant de courir comme celui-ci avait prévu de le faire.
Tsuna protesta et voulu hurler à son gardien de le laisser partir, il se débattit longuement, mais il ne pouvait pas faire grand chose. Le gardien de la pluie le tenait bien. Il retint ses larmes alors qu'il sentait la colère monter sans trop de raisons.
- Laisse-moi y aller!
- Non Tsuna, attends ici et profite du spectacle. Il faut vraiment que tu pense un peu à autre chose que les problèmes que l'on a maintenant alors laisse les faire leur numéro. Et puis ils sont juste devant nous et savent que nous sommes là. Ils ne vont pas disparaitre alors calme-toi.
Apparemment l'humeur changeante du jeune boss finit par se stabiliser sur un calme relatif. Il se laissa reposer sur le torse de son gardien qui avait finit par desserrer sa prise mais ne la défaisait pas pour autant.
Une fois le calme revenu, Yamamoto lança un regard sérieux aux autres gardiens qui le lui renvoyèrent, comprenant qu'ils devraient parler de ces changements d'humeur étranges plus tard entre eux.
Finalement le spectacle commença. Le jeune garçon ouvrit simplement la boîte en carton qu'il tenait, faisant apparaitre dans un feu d'artifice deux autres personnes emballées dans de grandes capes aux motifs colorés plus étranges les uns que les autres. Gokudera essaya de contenir son fou rire en voyant la dégaine des deux sorciers, Ryohei fut beaucoup moins discret alors que Yamamoto se mordait la lèvre pour ne pas éclater de rire comme son collègue. Même Tsuna avait mit ses mains à sa bouche pour retenir le rire qui l'avait prit. Giotto, lui, ne s'attardait pas vraiment à ça et restait plutôt impressionné par l'entrée fracassante des deux magiciens.
Une fois remit de la surprise des tenues vestimentaires plutôt originales, ils se concentrèrent sur la suite, mais leurs sourires ne les quittèrent jamais en voyant tous les grands gestes théâtrales qu'ils faisaient pour annoncer leurs différents tours. Tous étaient très réussi, mais pas très originaux, après tout, le coup de faire sortir un lapin d'un chapeau n'était pas vraiment la chose la plus originale qui soit.
Gokudera ne parvenait plus à retenir son rire maintenant mais essayait de rester discret tout de même.
- Mio Dio, il en est réduit à ça... C'est trop drôle. Je vais pouvoir le charrier encore cent ans avec un truc pareil!
- Si j'étais toi je ne le pousserais pas trop loin, tu sais très bien son niveau.
- T'inquiète pas Takeshi, mais avoue c'est trop marrant! Lui, réduit à faire des tours de magie de bas étages, je ne croyais jamais voir ça de ma vie. En tout cas t'avais raison, ça valait vraiment la peine que l'on vienne. Et où est-ce qu'ils ont trouvés des costumes aussi ridicules?!
Les différents tours continuèrent de s'enchainer sous les yeux ébahis des habitants de la ville et sous les rires des membres des Vongolas. Lorsque le dernier numéro toucha à sa fin, les deux magiciens et les jeune garçon qui les accompagnait se tournèrent vers le groupe de Tsuna, annonçant qu'il était temps pour eux de partir et qu'ils remerciaient tout le monde d'être venu les voir si nombreux.
L'un des magicien agita sa cape colorée, enveloppant ses complices et disparaissant à la vue de tous. Tsuna paniqua. Rapidement les gardiens descendirent du muret pour venir soutenir leur boss qui semblait complètement perdu, ses yeux hagards parcouraient la foule, cherchant une quelconque trace des magiciens. Mais rien.
Alors qu'il s'apprêtait à hurler leurs noms, une présence apparut derrière eux. Ils n'eurent même pas le temps de se retourner pour voir de qui il s'agissait qu'ils furent engloutis par une cape aux motifs multicolores.
Lorsqu'ils rouvrirent les yeux, ils étaient dans la forêt et en face d'eux se tenaient les deux magiciens qui retiraient leurs robes. Tsuna combla rapidement l'espace le séparant du jeune garçon qui était aussi présent. Celui-ci se jeta dans les bras ouverts du brun, se serrant à lui le plus possible alors que l'adolescent l'étreignait presque désespérément. Tous les deux se retrouvèrent assis sur le sol, ne voulant pas se lâcher. Murmurant entre eux des paroles incompréhensibles, apparemment pour se rassurer l'un l'autre.
Giotto observa le jeune garçon qui ne devait pas avoir plus de dix ans. Celui-ci avait des cheveux bouclés noirs et des yeux verts. Il portait une simple chemise grise avec un veston brun un peu trop grand et un pantalon trois-quart de la même couleur.
Le gardien de la pluie vint aux côtés du Primo, se décidant à faire les présentations.
- Giotto, le garçon dans les bras de Tsuna, c'est Lambo et les deux autres qui attendent de pouvoir aussi serrer Tsuna dans leurs bras sont Chrome et Mukuro.
Yamamoto désigna d'abord la jeune fille qui venait de finir d'enlever son horrible robe de magicienne et le chapeau qui allait avec, laissant ses cheveux mauves foncés retomber dans son dos, elle portait une simple robe verte clair s'arrêtant au dessus de ses genoux, une fine ceinture de cuir serrait sa taille. Son collègue masculin était beaucoup plus grand qu'elle et avait des cheveux plus foncés retenus en une fine queue de cheval descendant jusqu'à ses hanches.
Lui portait une chemise blanche bouffante rentrée dans un pantalon noir assez serrant. Pour Giotto, ce ne fut pas vraiment la couleur des cheveux qui l'intrigua le plus, après tout il y avait Daemon, G et Lampo qui arboraient des couleurs peu naturels. Non, ce qui l'intrigua fut le demi masque blanc couvrant la partie droite du visage du prénommé Mukuro. Il était d'un blanc mat alors que de fines arabesques noirs et mauves l'ornaient. Le Primo repéra à travers le trou de l'oeil un iris rouge sang ainsi qu'une pupille déformée.
Il aurait voulu poser une question mais se retint, trouvant que ce n'était pas vraiment le moment pour ça. La jeune fille finit par bouger, venant elle aussi se serrer contre son boss qui lui fit rapidement une place dans son étreinte alors que Lambo ne voulait pas le lâcher.
- Tsuna je suis si contente de te revoir!
- Moi aussi Chrome, moi aussi crois-moi... Tu vas bien? Et Ken?
- Je vais bien, on a cherché des informations sur les Estraneos avec Mukuro, mais comme on a rien trouvé on a préféré arrêter de perdre notre temps et venir ici. Lambo en avait marre d'attendre et nous a accompagnés. Ken va bien, il était inquiet, comme tout le monde. Il aide Nana-san pour s'occuper d'I-Pin et Fuuta. Il me dit de te dire que tu as intérêt à revenir en bon état sinon tu auras affaire à lui. Il te dis aussi de ne pas t'inquiéter pour Nana, il va la protéger.
- Il t'a vraiment dit tout ça comme ça?
- Pas vraiment, c'était plutôt sous-entendus, mais c'est ça qu'il veut dire.
- Merci d'avoir fait passer le message. Lambo? tu veux bien me lâcher un peu s'il-te-plait, j'aimerais voir Mukuro.
Le petit garçon resserra une dernière fois son étreinte avant de lâcher son frère. Chrome vint lui prendre la main, l'aidant à se calmer alors qu'il essuyait les larmes qui roulaient sur son visage.
Pendant ce temps, Tsuna se redressa, s'approchant du gardien de la brume qui attendait, adossé à un arbre. Celui-ci ancra ses yeux dans ceux noisettes de son boss. Ils se fixèrent longuement avant que le plus jeune lève une main vers le masque blanc.
Mukuro retint son geste, l'empêchant de le toucher.
- Pas maintenant Tsuna.
- Je ne sais pas combien de temps je suis partis, mais ça doit te faire mal alors laisse-moi faire.
- Non. Pas maintenant.
- Mukuro...
- Si je suis venu ici ce n'est pas pour recevoir tes flammes idiot. Je suis là pour toi alors mon oeil attendra.
- Baka
- Je te renvois le compliment.
Le gardien de la brume se pencha pour serrer le plus petit contre lui. Se détendant immédiatement sous le contact et Tsuna le sentit. Un léger sourire orna ses lèvres. Certaines personnes des Vongolas doutaient encore de l'allégeance de la brume, mais le futur boss n'en avait jamais douté et n'en douterais jamais.
- Ne nous fais plus jamais une frayeur pareil.
- Je vais essayer.
L'étreinte s'arrêta rapidement et Mukuro reprit son masque narquois alors qu'ils rejoignaient le groupe. Tsuna fit les présentations et donna quelques explications.
- Mukuro, Chrome, Lambo, je vous présente Giotto, pour l'instant il habite avec nous le temps de régler quelques problèmes. Ensuite, avez-vous des chevaux?
- Non, nous ne sommes arrivés qu'il y a deux jours et nous avons utilisés Gyudon.
- Rassure-moi Lambo, vous avez fais ça durant la nuit?
- Oui oui.
- Bon, vous monterez avec nous alors. Nous nous sommes posés dans un petit village à deux heures à cheval d'ici, Baucina. On a une petite maison, mais il y a la place pour tout le monde.
- Je monte avec toi!
- D'accord Lambo. Chrome tu vas avec Ryohei et Mukuro avec Takeshi, je crois que ça devrait éviter les accidents.
Le plus jeune vint rapidement attraper la main de son boss, le suivant vers les écuries où étaient les chevaux. Tout le groupe suivit le mouvement et ils purent reprendre la route.
Celle-ci se passa sans soucis à part les querelles habituelles entre Gokudera et Mukuro. Mais personne n'était dupe et tous se rendaient bien compte que les échanges étaient moins violents que d'habitude, le soulagement s'entendait dans leurs deux voix, le soulagement de se retrouver enfin presque au complet.
Après plusieurs heures, ils arrivèrent enfin à Baucina. Ils firent de rapides présentations entre les villageois et les trois nouveaux arrivants. Les gens du village ne posèrent pas plus de questions que ça sur la présence de nouveaux étrangers, ils faisaient tous confiance à Tsuna et l'imaginaient mal ramener de mauvaises personnes.
Une fois fait, ils purent rejoindre leur maison en bord de forêt. Giotto partit se rasseoir dans le salon, fatigué par cette simple promenade. Tsuna lança un simple regard à son gardien du soleil. Celui-ci acquiesça avant de rejoindre le primo avec son boss, laissant les autres s'occuper des chevaux.
Ryohei se plaça devant le blond, posant ses mains sur ses tempes, surprenant le mafieux.
- Détendez-vous, je ne vais rien vous faire. Je veux juste m'assurer que tout va bien.
De très fines flammes du soleil s'échappèrent de ses doigts. La sensation familière fit frissonner le jeune homme.
- Je suppose que tu ne répondras pas aux questions que je me pose.
- Vous supposez bien. Peut-être que vous aurez les réponses que vous voulez lorsque nous serons au complet.
- Combien d'autres personnes étranges vont encore arriver comme ça sans prévenir?
- Ne t'inquiète pas Gio, il ne manque plus qu'une seule personne.
- Et pas la plus commode. Il faudra qu'on le trouve vite quand il arrivera, je ne préfère pas savoir ce qu'il fera si on le laisse seul trop longtemps.
- Ryohei, ce n'est pas un enfant. Et puis je suis sûr qu'il ne fera rien tant qu'il ne nous aura pas retrouvé.
- C'est vrai. Il va d'abord vérifier que tu es en bonne santé et après il ira faire des dégâts.
Tsuna ne put que sourire à ce constat, il espérait que ce serait bien le cas. Il ne tenait vraiment pas à devoir gérer les destructions de son gardien dans une époque qui n'était même pas la leur.
Les autres étaient arrivés entre-temps et ne pouvaient qu'agréer avec leur collègue. Tsuna était beaucoup trop important pour eux, il occupait une place toute particulière pour chacun d'eux, même pour le froid Hibari. C'était pour ça qu'ils pouvaient affirmer que le nuage, aussi libre soit-il, reviendrait d'abord vers son ciel avant de faire n'importe quoi d'autre.
Après quelques minutes, Ryohei avait finit son inspection, il laissa le Primo se reposer alors que la dixième génération se regroupait à l'écart dans la cuisine-salle à manger. Tsuna s'assit et ne put retenir un large sourire en voyant six de ses gardiens se trouver avec lui, plus que un et ils seraient enfin en famille.
Finalement, il rompit le silence.
- Qu'as-tu trouvé Ryohei, je trouve ça étrange qu'il se fatigue pour si peu et ce n'est pas la première fois. Quand il vient chevaucher avec moi, il s'arrête régulièrement pour reprendre son souffle.
- C'est à cause de ses flammes.
- Il ne les a plus c'est ça?
- Oui Mukuro, ça va faire un peu moins d'une semaine maintenant qu'elles se sont éteintes. D'où ses yeux bleus. Son corps s'épuise plus vite à cause de ce manque, il essaye de s'ajuster à ce manque de puissance, d'énergie, mais n'y arrive pas alors il pioche dans toute l'énergie que Giotto peut donner, l'épuisant lentement mais sûrement. Cette situation ne peut pas durer trop longtemps Tsuna, ça va commencer à devenir risqué pour sa santé.
- Bien, si dans une semaine les gardiens n'ont toujours rien trouvés du problème, j'irais moi-même leur parler. Ce sera bon pour Gio Ryohei?
- Oui, il peut encore facilement tenir un mois, il est fort tu sais.
- Je sais, crois-moi. Bon, si on allait s'installer dans le salon pour discuter de ce que chacun de nous à fait en arrivant ici, Giotto est déjà au courant de pas mal de choses, mais pas que nous venons du futur alors si vous pouviez juste ne rien dire sur cette part ce serait bien. Et si vous pouvez éviter de mentionner vos flammes ce serait bien aussi. Il doit sûrement se douter de quelque chose, mais je ne veux pas qu'on lui donne de certitude maintenant. Il sait pour moi et Ryohei et se doute que Yamamoto en a aussi.
- Pourquoi ne pas tout lui expliquer, ce serait plus simple.
- Sûrement Chrome, mais je ne veux pas le faire maintenant. Pas alors qu'il est dans cet état là et qu'il doute autant des Vongolas. Ca n'arrangerait rien de lui dire que des enfants ont été impliqués dans les affaires de sa famille. Il sait que nous avons un lien avec les Vongolas, mais sans plus.
- Bien, on va retenir tout ça. Allons nous installer un peu mieux.
Tous retournèrent dans le salon, trouvant le Primo en train de somnoler dans de nombreux coussins dans le fauteuil, Natsu veillant sur lui. Celui-ci lâcha un petit miaulement à l'arrivée de son maître qui lui donna une légère caresse avant de s'asseoir près de son ancêtre. Les autres s'installèrent dans les fauteuils restants. Yamamoto et Lambo finirent par terre sur des coussins, étant donné qu'il n'y avait pas de place pour tout le monde.
Chacun énonça ce qu'ils avaient fais en arrivant deux-cent ans dans le passé, intriguant Giotto qui écoutait malgré sa somnolence. Celui-ci aurait aimé savoir ce qu'il y avait avant le 'nous sommes arrivés'. Il fut aussi curieux en voyant les regards étrangement protecteurs que les nouveaux venus envoyèrent à Tsuna lorsque celui-ci leur expliqua que cela allait faire presque trois mois qu'il était là.
La discussion continua jusqu'à l'heure du repas. Tout le monde participa plus ou moins afin que tous aient à manger malgré le peu de provisions qu'il y avait dans la maison. Les quatre Vongolas n'avaient pas vraiment prévus de se retrouver si nombreux en si peu de temps. Alors ils firent avec ce qu'ils avaient.
Le repas fut plutôt calme comparé à ce que la dixième génération connaissait habituellement. Une fois finit, Ryohei et Yamamoto partirent arranger la seule chambre pour qu'elle puisse accueillir un maximum de personnes, mais ce serait difficile. Ils estimèrent qu'ils pouvaient être quatre voir cinq maximum sur les deux grands matelas, mais pas plus. Par contre ils avaient suffisamment de couvertures grâce à Iago qui avait préféré qu'ils en aient trop au cas où ils auraient froids.
Ils ne se décidèrent pas encore de qui dormirait où, ils avaient encore un peu de temps pour y réfléchir. Actuellement, c'était le moment déclaré calme de la soirée. Tsuna avait instauré ça dés qu'ils avaient commencés à vivre tous ensemble dans la villa avec Nana. C'était le moment juste après le diner où chacun devait s'occuper dans le calme, le moment où ils laissaient retomber toute la pression de la journée. Et malgré le sang chaud de beaucoup des membres de la famille, tous respectaient ce moment, l'appréciant également.
Ainsi Gokudera était assis dans la cuisine avec Ryohei. L'un travaillait sur des calculs compliqués alors que l'autre faisait le tri et l'inventaire de ses plantes médicinales avec l'aide de Chrome qui se décida à préparer également du café pour tout le monde. Yamamoto était assis entre le salon et la cuisine, sur un coussin, méditant, son sabre posé sur ses genoux. Lambo occupait le seul fauteuil une personne du salon, il c'était couché dedans, sa tête reposant sur un des accoudoirs alors que ses jambes étaient posées sur l'autre. Doucement il commençait à s'endormir, fatigué par sa journée et ayant enfin l'esprit tranquille après avoir retrouvé son frère.
Giotto était couché dans un autre fauteuil avec Natsu qui prenait très à coeur son rôle de gardien. Tsuna avait été réalimenter le feu. L'automne commençait à arriver. Les journées étaient toujours aussi belles et chaudes, mais le soir, l'humidité des dernière pluies refroidissaient les plaines.
Quand il eut finit, il rejoignit Mukuro qui était assis dans le dernier fauteuil de libre, une de ses mains grattant sous son demi-masque. Le petit brun se posta juste devant lui, posant ses doigts sur la surface lisse.
- Mukuro, laisse-moi faire.
- Je ne veux pas que tu crois que je sois venu jusqu'ici uniquement pour ça.
- Je sais très bien que tu ne pense pas comme ça. Tu n'es pas aussi égoïste que tu aimais le faire penser avant. Maintenant laisse-moi m'occuper de ça, ça doit être douloureux et je ne veux pas que tu souffre plus longtemps alors que je peux aider.
La brume ne dit rien et se contenta de baisser ses mains. Tsuna sourit légèrement avant de retirer le masque avec douceur qu'il posa sur la table basse. Prudemment il plaça ses mains en coupe sur le visage de son gardien, le redressant pour plonger son regard dans le sien. Mukuro résista légèrement mais finit par se laisser faire.
L'adolescent ne lui en tint pas rigueur, sachant que l'illusionniste n'aimait pas exposer ainsi ses faiblesses, même si ils étaient uniquement avec des gens de la famille.
Pas loin, Giotto retint un cri de surprise en découvrant l'autre moitié du visage du jeune homme. Mais la surprise fit rapidement place à la tristesse, essayant de comprendre ce qui avait bien put lui arriver pour qu'il soit ainsi défiguré par de telles marques.
La partie cachée par le masque n'était pas très belle à voir, couverte de cicatrices en tout genre. Une grande partie de la peau était brûlée, des marques d'entailles qui avaient du être profondes s'étalaient un peu partout dans un désordre morbide, des marques de griffes recouvraient l'ensemble. La seule partie épargnée par le carnage était l'oeil. Un oeil rouge sang dont la pupille semblait déformée. Celui-ci était cerné de fines veines noires qui n'allaient pas très loin.
Giotto eut mal pour le jeune homme, remarquant que les cicatrices étaient légèrement rouges, preuves qu'elles devaient être douloureuses. Il vit Tsuna passer ses doigts dessus dans une légère caresse, des flammes du ciel brillant au bout.
Le blond ne manqua pas le soulagement qui prit le plus âgé, celui-ci se détendit légèrement alors que ses mains venaient agripper le bas de la chemise du brun. Tsuna continua son manège durant de longues minutes. Petit à petit les cicatrices perdirent leur couleur rouge pour se faire plus discrètes sans pour autant disparaitre. Le decimo finit par relâcher la tête de son gardien. Celui-ci soupira de soulagement avant de laisser son visage reposer contre le ventre du plus jeune.
Tsuna sourit alors qu'il passait ses mains dans les cheveux aubergines de la brume, petit à petit il sentit le corps de celui-ci rétrécir, les mains qui s'accrochaient à lui devinrent des mains d'enfants.
En peu de temps, Mukuro avait laissé la place à un enfant de six ans pas plus. Un enfant qui ne portait pas les marques que lui avait, un enfant aux grands yeux fatigués. Tsuna ne s'inquiéta pas de ce changement. Il s'abaissa pour prendre son gardien dans ses bras. Celui-ci nicha rapidement son visage dans le cou de l'adolescent alors que ses bras se serraient autour de son cou.
Tsuna commença à marcher dans toute la pièce, murmurant des paroles inaudibles à l'enfant, semblant vouloir le bercer.
Après de longues minutes de déambulation, le petit corps s'alourdit alors que le sommeil le prenait. L'adolescent sourit. Il retourna vers le fauteuil où Chrome c'était installé, suivant son boss du regard. Elle installa quelques coussins avant d'aller chercher une couverture.
Tsuna vint se coucher là, posant sur son torse l'illusionniste qui dormait à poing fermé. Sa petite tête montait et descendait au rythme des respirations du brun. Celui-ci le gardait en équilibre contre lui d'une main alors que l'autre caressait les cheveux désormais beaucoup plus courts de l'enfant.
Chrome revint rapidement et couvrit son supérieur ainsi que son sauveur. Elle vint s'accroupir près d'eux, caressant également les cheveux de l'enfant, un sourire doux collé sur le visage.
- Et dire qu'il pense que c'est lui qui les protège.
Giotto sursauta avec l'arrivée impromptue des autres occupants de la maison et surtout de Gokudera qui avait parlé.
- Je ne comprends pas. Qui protège qui?
Tous firent un signe de tête vers leur boss, l'artificier se décida à expliquer.
- Mukuro... Il croit qu'il protège Chrome et Tsuna, mais dans ce genre de moment, je dirais plutôt que c'est l'inverse. En fait c'est tout le temps l'inverse. Mukuro protège peut-être physiquement Chrome et Tsuna, mais eux, c'est tout autre chose qu'ils protègent.
Giotto comprit de quoi Gokudera parlait sans trop de soucis, après tout le corps n'était pas la seule chose qui pouvait être blessée, il en savait quelque chose.
- Je ne vais pas vous demander comment il a put se transformer ainsi, je sais que vous ne me répondrez pas. Mais me direz vous quelque chose si je vous demande pourquoi?
Yamamoto s'accouda au fauteuil, ses yeux ancrés sur la silhouette de son ami, ceux-ci se firent tristes alors qu'il se disait qu'il pouvait bien expliquer certaines choses.
- Mukuro n'est pas vraiment un saint, mais il a pour excuse qu'il a vraiment eut une vie de merde qu'on ne souhaite à personne. Ca a laissé des marques plus profondes qu'il ne veut l'admettre. Jusqu'à il y a peu de temps il parvenait à tout cacher, tout enfermer au plus profond de son esprit. Mais tout ça lui est revenu brusquement en pleine face il y a un an.
- Pourquoi?
- Il s'est retrouvé face à ses cauchemars. Tout ce qu'il cachait est remonté brusquement, bien trop brusquement. Les premiers mois n'ont pas été faciles et encore maintenant on sait très bien qu'il a du mal à sortir la tête de l'eau.
- Pourquoi s'être transformé en enfant?
- C'est sa manière d'échapper à tout ce qui le ronge. Il est rare de le voir comme ça. Même si il nous fait confiance, il se montre peu ainsi face à nous. Tsuna et Chrome sont généralement les seuls qu'il autorise à être là quand il se laisse autant aller.
Giotto ne demanda rien de plus, sachant que c'est tout ce qu'il aurait. De toute manière il ne savait pas si il voulait vraiment connaître les détails de cette histoire. Alors il s'installa un peu mieux, se préparant à dormir avec Natsu. Les autres montèrent à l'étage, Chrome les rejoignit après que Tsuna lui ait assuré que tout irait bien et qu'elle avait besoin de repos.
La jeune fille partit qu'une fois qu'elle eut recouvert le seul enfant endormi dans un des fauteuils d'une couverture. Une fois fait, elle disparu à l'étage à son tour. Le calme s'installa et rapidement le sommeil emporta toute la maisonnée.
La nuit passa tranquillement pour une fois. Le lendemain, lorsque Tsuna se réveilla, Mukuro était toujours couché sur lui, dans sa forme d'un enfant de six ans. Le jeune boss passa sa main dans ses cheveux mauves d'un geste rassurant. Prudemment il parvint à s'asseoir et à coucher son gardien dans le fauteuil sans le réveiller. Il le recouvrit de la couverture, souriant doucement en le voyant s'enrouler automatiquement dedans.
Le brun se leva et s'étira quelques instants, observant le salon et ses différents occupants. Giotto ne semblait pas avoir bougé de toute la nuit, il avait toujours la même position que lorsqu'il c'était endormi, Natsu, toujours installé sur son ventre, bougea légèrement en sentant son maître se réveiller. Le lionceau descendit le plus doucement possible de son matelas pour s'étirer avec le boss.
Tsuna le caressa longuement avant de se tourner vers Lambo qui dormait dans le fauteuil à côté. L'adolescent dur tenir un rire en voyant la position de son gardien. Celui-ci avait beaucoup bougé dans son sommeil, se retrouvant sur le ventre, le visage écrasé sur l'accoudoir où étaient ses pieds la veille. Une de ses jambes pendait dans le vide alors que la couverture menaçait de rejoindre la sol dans quelques instants.
Le brun prit quelques secondes pour remettre Lambo correctement et le couvrir, car, même si le soleil commençait à se lever et à réchauffer la maison, il faisait encore frais.
Tsuna observa la scène qui se tenait devant lui pendant encore quelques instants avant de sortir le plus discrètement possible. Il ne voulait pas réveiller tout ce beau monde qui semblait avoir vraiment besoin de nombreuses heures de sommeil.
Natsu l'accompagna dehors, le soleil commençait à peine à se lever, ce qui était devenu l'heure habituelle pour eux pour se lever. Les deux compères partirent vers la forêt, prêts pour une partie de chasse. Ils n'avaient pas à se soucier d'aller faire les garde-vache aujourd'hui, c'était jour de congé pour tout le monde au village. Alors ils étaient tranquilles.
Alors qu'ils passaient sous le couvert des arbres, Tsuna ne manqua pas la petite hirondelle qui les suivit. Il la laissa faire, n'ayant aucun intérêt à la renvoyer chez son maître et puis surtout, ça le rassurait de savoir que jiro était là pour prévenir en cas de problèmes.
Le boss et le lion ne réapparurent que plusieurs heures plus tard avec pour trophée cinq gros lapins qui serviraient à nourrir tout ce beau monde. Chrome était déjà levée et préparait la table avec Ryohei. Dans le salon, Giotto commençait à peine à se réveiller alors que Lambo ronflait toujours, Mukuro aussi. Quand Tsuna posa la résultat de sa chasse dans la cuisine, Gokudera et Yamamoto entrèrent au même moment dans la cuisine, apparemment ils venaient d'aller se rafraichir à la rivière juste derrière la maison. Seule source d'eau courante près de leur demeure.
Voyant que tout était prêt pour le repas, Tsuna partit réveiller Lambo. Celui-ci ronchonna longuement avant de tendre ses bras vers son frère. Le brun rit légèrement avant de prendre le plus jeune dans ses bras qui s'agrippa rapidement à lui, somnolant sur son épaule. Alors qu'il avait un enfant dans les bras, il partit réveiller son gardien de la brume. Celui-ci ouvrit à peine un oeil qu'il reprit son apparence d'adulte.
Il s'étira longuement avant de rejoindre le reste de la dixième génération plus Giotto à table. Le repas fut normal, si l'on peut qualifier le champ de bataille que c'était de 'normal'. En tout cas pour les Vongolas ça l'était, peut importe la génération. Le Primo semblait habitué puisqu'il évitait les différents couverts avec aisance, un très léger sourire ornant ses lèvres. Apparemment cette ambiance lui ramenait de bons souvenirs.
Mais son humeur se ternissait très vite dés qu'il pensait à ses gardiens, le ramenant toujours à la morosité sous le regard inquiet de Tsuna et Ryohei. A part cela, le temps passa et ils auraient tous put presque qualifier cette journée de normale depuis qu'ils étaient arrivés dans cette époque.
Seul le manque d'Hibari dérangeait le groupe et principalement Tsuna.
Une fois le repas finit, tout le monde chercha de quoi s'occuper. Lambo suivait Tsuna comme un poussin alors que celui-ci se lançait dans ses tâches du quotidien tel que la vaisselle et ranger un peu cette petite maison. Il fut rapidement secondé par Chrome. Mukuro et Yamamoto partirent surveiller les alentours. Gokudera alla s'entrainer dans le jardin, mais fit bien attention de toujours être près d'une fenêtre pour pouvoir voir Tsuna.
Ryohei partit rejoindre le padre Abele pour discuter médecine avec lui. Lorsqu'il arriva aux abords de l'église, il fut accueilli par celui-ci alors qu'il arrangeait son jardin de plantes médicinales. Le jeune adulte le rejoignit rapidement dans sa tâche, découvrant de nouvelles plantes. Après presque une heure de travail, ils se permirent de prendre une pause sur un banc, à l'ombre d'un arbre.
- Tu as l'air plus tranquille depuis quelques temps Ryohei, cela fait plaisir à voir.
- C'est parce que nous sommes bientôt au complet. Je suis heureux de ne plus être seul pour veiller sur Tsuna. Quand je suis seul, j'ai beaucoup trop peur de faillir à ma tâche, de ne pas être assez fort pour le protéger.
- Pourtant des quelques matchs d'entrainement que tu as fais avec Knuckle, je peux dire que tu es plutôt fort.
- Peut-être, mais pas assez pour gérer seul les gens qui en veulent à Tsuna. Mais maintenant que nous sommes six... Oui, c'est plus rassurant, pour moi et pour Tsuna. Il n'aime pas être seul. Il l'a été pendant trop longtemps.
- Tsuna m'a l'air d'être vraiment important pour toi et pas que pour toi. Les autres aussi lui porte le même regard que toi, un regard empli d'émotion. Tsuna occupe pour vous une place très particulière. Une place différente pour chacun de vous.
- Oui, Tsuna est important... Je ne pourrais pas vous dire ce qui le lie autant aux autres, même si nous nous faisons confiance, il y a certains secrets, certaines choses que l'on garde loin de la vue des autres. Tsuna les connaît, il est le seul à en savoir autant sur nous, il connaît pour chacun de nous nos faiblesses et toutes les émotions, les ressentis que l'on enfoui au plus profond.
- C'est quelque chose de difficile à imaginer.
- Je le sais et pourtant... Ce sont nos faiblesses et nos douleurs qui nous lient à Tsuna, c'est lui qui les apaise. Nous n'avons pas tous eu des vies faciles, certains d'entre nous essayent de croire qu'ils ne sont plus affectés, qu'ils ont surmontés beaucoup de choses, que ça ne les atteint plus. Et pourtant... Il suffit d'appuyer sur une corde pour que certains lâchent complètement.
- C'est le cas pour toi?
- Pas vraiment dans ce sens là. Je crois que de nous tous, je suis celui qui est le moins "lié" à Tsuna, en tout cas, ma place est différente de celle des autres, Lambo partage aussi un lien différent avec Tsuna. Cela s'approche beaucoup plus à de la fraternité.
- Et les autres? Quel lien partagent-ils?
- Pour eux je dirais que c'est de la survie. C'est pour ça qu'ils sont autant attachés à Tsuna.
Le prêtre ne comprit pas vraiment, mais il sentait le poids des mots utilisés. Il savait que si Ryohei avait choisi le mot "survie" ce n'était pas pour rien, ce n'était pas quelque chose de léger.
- Que veux-tu dire par survie?
Les deux hommes se tournèrent vers le nouvel arrivant qui venait de parler. Ils firent une place sur le banc au gardien du soleil du Primo. Celui-ci avait les traits tirés et son manque de sommeil était flagrant. Mais ils ne firent aucune remarque, Ryohei savait d'où cela venait et le padre était au courant lui aussi de la situation, même si il ignorait toute la partie concernant les flammes.
Quand le boxeur fut installé, il réitéra sa question. Il avait entendu une partie de la conversation et il était curieux d'en apprendre plus sur les liens qui unissaient ce groupe étrange. Ryohei réfléchit quelques instants à comment expliquer cela sans trop en dire sur ses compagnons.
- Etre avec Tsuna, c'est une question de survie pour eux. Etre accroché à lui, c'est une des manières qu'ils ont trouvés pour s'en sortir de tout ce qu'ils ont vécus. Dis comme ça, on dirait qu'ils profitent beaucoup de Tsuna, mais c'est tout à fait autre. Tous n'ont pas choisis de croiser sa route, moi dans le tas, mais c'est arrivé et même ceux qui ne voulaient pas être sauvés n'ont pas eu leur mot à dire. Tsuna a accueillit tout le monde, peut importe d'où l'on venait, il nous a accueillit à bras ouvert sans arrières pensées, uniquement avec l'envie d'aider. Et je crois que beaucoup seraient morts depuis longtemps sans Tsuna pour les garder accroché à la vie.
Les yeux de Ryohei se perdirent dans le ciel bleu le surplombant, repensant à ce qu'il savait sur les membres de sa famille, généralement il ne connaissait pas les détails des histoires, mais il en savait déjà assez pour savoir à quel point Tsuna était important.
- Certaines personnes extérieurs à notre petit groupe ont déjà essayées de calmer ce lien de survie, se rendant compte qu'une telle relation de dépendance n'était pas vraiment saine. Mais ça n'a jamais marché. J'ai déjà put voir à quel point certains sont capables de changer lorsque Tsuna disparait. C'en est même effrayant. Certains peuvent devenir très violents...
- Et toi?
- Pardon?
- Oui, toi tu as dis que c'était plutôt de la fraternité, mais je sens qu'il n'y a pas que ça.
- Non, c'est vrai que je vois Tsuna comme un petit frère. Vous auriez du le voir avant, il était si petit, maigrichon, personne ne faisait attention à lui, il était maladroit, les gens ne savaient que se moquer de lui. Moi-même je ne lui avais jamais vraiment prêté attention avant que ma petite soeur se mette à le côtoyer. J'ai appris à le connaître et plus le temps passait, plus cette envie de le protéger grandissait, cette même envie que j'avais pour ma soeur.
Il se perdit quelques instants dans les souvenirs de sa cadette, un sourire fendit son visage. Il reprit.
- Avant Tsuna, je n'avais pas vraiment de but dans la vie. Je peux même dire que j'étais violent. J'aimais me battre, j'aimais les sports de combat, j'en faisais juste pour la force qu'ils me procuraient. J'ai essayé de me convaincre à un moment que c'était pour protéger ma soeur que je faisais tout ça et c'est en partie vrai. Mais je ne peux plus vraiment nier que j'aimais me battre aussi. J'ai eu un passage à vide, un moment où j'ai commencé à me rendre compte que je n'avais aucune envie, aucun but à atteindre, je n'avais pas de projets pour l'avenir, je n'avais rien à quoi m'accrocher pour évoluer. Je vivais au jour le jour sans jamais penser plus loin. Et puis Tsuna est arrivé.
Les souvenirs de leur rencontre et de celles qui ont suivies apparurent devant ses yeux, étirant encore plus son sourire.
- Tsuna m'a donné un but, une idée à suivre, quelque chose qui faisait que ma force n'était pas inutile. J'ai arrêté de me battre uniquement pour moi. J'ai commencé à me battre pour lui, à devenir fort pour lui et ce en quoi il croit afin de l'aider au mieux. J'ai découvert la médecine, un autre moyen d'aider, je l'ai appris du mieux que j'ai put et je continue encore maintenant. Rien ne m'a jamais vraiment intéressé à part la boxe et puis la médecine, ce sont les deux seules choses que je sais faire.
- Peut-être mais tu les fais bien.
- Et bien comme c'est tout ce dont je suis capable, je me suis dis que quitte à ne faire que ça, autant être bon pour que ça serve à quelque chose. Ca ne me servait à rien de me plaindre sur mes faiblesses, j'ai préféré me concentrer sur les seuls choses que j'arrivais à faire.
- Comment en es-tu arrivé à te tourner vers la médecine?
- Je ne peux pas vous le dire, mais c'est toujours en lien avec Tsuna. Par contre, je peux vous dire que la première fois que j'ai été capable de soigner quelqu'un, j'ai eu un coup au coeur. J'ai eu du mal à retenir mes larmes.
- Pourquoi?
- J'étais enfin capable de faire autre chose que blesser.
Les deux prêtres méditèrent sur ces paroles. Le silence prit place entre eux. Rien ne suivit et tous les trois savaient que cette conversation état finie. Ils changèrent de sujet.
- Vous voulez voir Giotto?
Knuckle sursauta, ne pensant pas que Ryohei devinerait cela. Après tout il venait régulièrement voir le padre Abele depuis quelques temps.
- Je m'en doutais. Venez, mais vous devrez vous contenter de regarder à travers la vitre.
- C'est déjà bien suffisant.
- Allons-y.
Ils laissèrent le vieux prêtres à ses semences et partirent vers le bord du village, jusqu'à la petite maison que le groupe occupait. Ryohei désigna une fenêtre donnant sur le salon. Ils se firent discrets pour regarder au travers. Tsuna était là, dos à eux, discutant avec Giotto qui était affalé dans le fauteuil. A leurs pieds, un garçon d'une dizaine d'années dessinait.
Mais les yeux du prêtre se fixèrent sur son vieil ami. Il ne manqua pas le visage fatigué du blond, mais il ne manqua pas non plus son fin sourire lorsqu'il parlait avec Tsuna. Un sourire sincère qu'il avait l'impression de ne plus avoir vu depuis bien longtemps. Il ne put que laisser échapper qu'une seule pensée.
- Que c'est-il passé?
- Je ne peux pas vous le dire. Nous sommes tous d'accord qu'il faut que vous trouviez le problème par vous-même. Le déclic sera beaucoup plus fort et cela arrangera tout.
- Vraiment?
- Avec le temps et les bonnes personnes, tout peut s'arranger, crois-moi. Et vous êtes définitivement les bonnes personnes pour Giotto, vous vous êtes juste un peu perdu en cours de route. Mais après cette épreuve-ci, cela ne vous arrivera plus jamais.
- Je l'espère. Il va falloir que je rentre, je dois aider Asari à garder G à l'intérieur du manoir. Je ne sais pas si il ferait vraiment beaucoup de bien en arrivant comme une tornade ici.
- C'est sûr, si il veut venir, ne serait-ce que en cachette comme vous, il vaut mieux qu'il soit calme ou sinon Tsuna l'éloignera vite fait bien fait.
- Merci de vous occuper de lui.
- Pas besoin de remerciements. Allez-y maintenant.
Les deux se séparèrent. Ryohei rentra alors que Knuckle retournait vers le manoir et l'ambiance sordide qui y planait depuis le départ du boss.
Tsuna salua son gardien et le rejoignit dans la cuisine, laissant Giotto discuter avec Lambo qui se trouvait assez bon pour garder l'esprit du Don occuper, lui évitant de trop se prendre la tête.
- Alors comment va Knuckle?
- Il est fatigué, il veut essayer de trouver ce qu'il ne va pas. Je pense qu'ils ne vont plus tarder à comprendre.
- Je pense aussi. En tout cas c'est la journée des visites. J'ai sentis Daemon tourner autour de la maison ce matin et Alaude aussi un peu plus tard. Je me demande quand G va craquer et débarquer aussi ici?
- Apparemment Asari essaye de le garder dans le manoir du mieux possible et pour l'instant ça a réussi.
- Jusqu'à maintenant. C'est vraiment la journée des visites, enfin, ils ont tenus plus longtemps que ce que j'avais cru.
- G est là?
- Oui, je vais aller le voir. Garde la porte, je ne veux pas qu'il entre.
- D'accord, fais attention, il est aussi explosif que Gokudera.
Le boss salua son gardien et sortit jusqu'aux abords de la forêt à quelques mètres de là. Il se posta devant un arbre, mains sur les hanches.
- Don G, restez caché là ne fera pas changer les choses.
- Tch comment tu m'as repéré?
- L'instinct.
La roux sortit de sa cachette, n'ayant aucune raison d'y rester. Il s'avança grognon vers le plus jeune. Tsuna sentit son envie de crier, qu'il estimait légitime, mais étonnement la tempête se retint, laissant le calme en place. L'inquiétude s'installa sur le visage du gardien.
Le jeune boss soupira avant de faire un signe vers la maison.
- Suivez-moi.
- Où on va?
- Voir Giotto. C'est pour ça que vous êtes là non? Par contre vous devrez vous contenter de la fenêtre, Gio n'est pas encore prêt à vous revoir.
- Ce n'est pas grave, c'est déjà bien assez... Je veux juste voir si il va bien...
Ils arrivèrent à la même fenêtre que là où s'était mit Knuckle. Giotto n'avait pas beaucoup bougé. Il était toujours dans le fauteuil, Lambo lui faisait la conversation tout en continuant ses dessins calmement, Tsuna lui avait demandé de ne pas être trop énergique autour du Primo, cela le fatiguait plus qu'il ne l'admettait.
Un soupir traversa les lèvres du gardien de la tempête alors que son regard se faisait triste. Il connaissait trop bien Giotto pour ne pas manquer tous les petits signes de fatigue, de tristesse et d'appréhension qui écrasaient son corps.
- Giotto ne va pas bien...
- Il va aussi bien que l'on peut aller lorsque l'on a perdu les seuls amis sur qui on a put compter toute sa vie.
- Je... Je ne comprends pas... Nous sommes là... On a toujours été là... Non?
- Non. Et vu son état, cela va faire longtemps qu'il vous a perdu.
- Mais...
- Réfléchissez-y. Il est temps que vous rentriez. Asari doit s'inquiéter. Je vous promets de m'occuper de Giotto en attendant que vous trouviez votre problème.
- Et si on n'arrivait pas à comprendre? Qu'est-ce qui arrivera à Giotto?
- Vous comprendrez. Je n'ai aucun doute là dessus.
Un sourire rassurant orna les lèvres du plus jeune alors qu'une de ses mains venait se poser sur le poing serré de l'archer. Celui-ci défit son poing, ne s'étant pas rendu compte de l'avoir autant serré. Son regard se porta sur Tsuna, pour la première fois il l'observa vraiment, apprécia le fait qu'il ne portait pas ce vieux béret cette fois.
- Tu ressemble à Giotto.
- Je sais, on me l'a souvent dit. Allez, il faut que vous partiez, vous êtes attendu.
Effectivement, à l'orée des bois se tenait Asari. Celui-ci attendait patiemment, prêt à agir si son collègue et ami partait dans une de ses crises de colère explosive. Mais depuis qu'il était arrivé, il c'était contenté d'observer, se rendant compte que G ne risquait pas d'exploser, pas maintenant. Il se redressa de l'arbre sur lequel il c'était accoudé quand la tempête arriva vers lui, laissant Tsuna près de la maison.
Tous les deux repartirent dans les bois, marchant en silence durant de longues minutes avant de finalement parvenir à parler.
- Tu n'étais pas obligé de venir Asari.
- On ne sait jamais avec toi, tu as tendance à être excessif dans tes réactions lorsque quelque chose concerne Giotto.
- Je sais, je sais, pas besoin de me le rappeler.
- D'ailleurs je suis étonné, quand j'ai découvert que tu étais partis du manoir, je suis tout de suite venu ici, croyant que je te trouverais en train d'hurler sur Tsuna et ses amis, effrayant Giotto par la même occasion. Mais non, tu as réussi à te contrôler.
- J'en avais envie.
- Quoi?
- J'avais envie de crier, de hurler devant cette maison, j'avais envie de crier sur quelque chose, sur quelqu'un. Je suppose que j'ai envie de trouver un responsable pour tout ça.
- Ce n'est pas Tsuna en tout cas, c'est simplement nous.
- Je sais... Et c'est difficile à avaler...
- Donc tu voulais crier, mais tu ne l'as pas fait. Pourquoi?
- Ses yeux.
- Ceux de qui?
- Tsuna. Je suis sortis de ma cachette, j'étais prêt à lui hurler dessus, mais je n'ai pas pu. Pas après que j'ai vu ses yeux. Je ne les avais jamais vu avant à cause de son béret. Mais là, c'était la seule chose que je voyais. Un regard... doux... Si doux... Je n'ai pas put crier. Il... Il n'y a que Giotto qui m'ait un jour regardé ainsi... Je ne suis qu'un sale gosse, j'ai grandi dans la rue, personne ne donne un regard pareil à quelqu'un comme moi... Personne à part Giotto... Et lui... Pourtant je suis sûr qu'il savait pourquoi j'étais venu, il savait que je voulais lui hurler dessus pour lui faire porter le chapeau de tous nos problèmes... Mais ça n'a rien changé pour lui...
- Tsuna est quelqu'un de profondément gentil. Son coeur doit être immense pour pouvoir donner autant aux gens qui l'entourent.
- Mm.
- Giotto est entre de bonnes mains pour l'instant. Essayons de trouver une solution à ce problème rapidement pour que les choses reviennent dans l'ordre.
- Tsuna m'a dit quelque chose, je crois qu'il voulait donner une sorte d'indice...
- Raconte.
Ils discutèrent de cela durant le reste du trajet. Dans la petite maison, Tsuna était retourné dans le salon où se trouvait son ancêtre et son petit-frère de coeur. Celui-ci lui offrit un large sourire avant d'installer ses affaires plus près du fauteuil où c'était installé le jeune boss.
Celui-ci sourit aux mouvements de son cadet, comprenant très bien son besoin de proximité, lui-même en demandait régulièrement à ses gardiens. Il préférait avoir une preuve physique de leur présence à ses côtés.
Une fois qu'il fut installé, Giotto parla alors que son regard se perdait vers la fenêtre.
- Ils sont venus... Daemon, Alaude, Knuckle, G, Asari...
- Oui, je me doutais que tu avais du aussi les sentir, même sans tes flammes. Ils sont tous venus voir comment tu allais. Le plus atteint est G je crois. Il est vraiment inquiet.
- Il n'a toujours pas comprit?
- Non, pas encore. Mais je suis sûr que ça va venir. Ils sont beaucoup trop attachés à toi que pour te laisser comme ça trop longtemps.
- Est-ce que tout pourras vraiment redevenir comme avant... Après tout ça... Si ils comprennent...
- Non, ça ne redeviendra jamais comme avant et c'est normal crois-moi. De toute manière c'était quelque chose d'inévitable, ça allait arriver un jour ou un autre. Vous allez tous vous en remettre et les choses iront mieux qu'avant, les choses changeront, mais dans le bon sens puisqu'après, ils ne feront plus jamais une telle erreur.
- Je veux te croire... Je veux tellement te croire mais...
- Giotto, ils sont ta famille. Ils vont comprendre, ils vont venir et tout repartira dans le bon sens.
- J'ai honte... Tellement honte de me comporter comme un enfant... Ce n'est pas digne d'un boss... Je suis vraiment pitoyable...
Le brun vint s'asseoir aux côtés de l'adulte, forçant la tête de celui-ci à reposer sur son épaules alors que des tremblements le prenaient.
- Giotto, tu n'es pas pitoyable, juste humain et nous avons des limites, tu as simplement passé la tienne. Tu es passé dans cette zone où les choses deviennent floues, confuses, tout se mélange sans jamais retrouver d'ordre. Tu dois juste attendre et essayer de retourner de l'autre côté de cette limite. Tes gardiens t'aideront le moment venu. Et il n'y a pas vraiment de mal à se comporter parfois comme un enfant, tout adulte que tu sois. Regarde Mukuro. Redevenir un enfant c'est la solution qu'il a trouvé pour éviter de passer cette limite, jusqu'à maintenant ça lui a réussi. Alors laisse-toi aller pour l'instant, personne ici ne te jugeras si tu craques un peu.
- C'est sûr!
Lambo venait de lever sa tête de ses feuilles et souriait aux deux personnes assises là, si semblables.
- Personne ne t'en voudra, on a déjà tous craqué au moins une fois dans cette famille alors une personne en plus ou en moins, ça ne changera pas grand chose. On sera là pour aider c'est tout.
- Merci...
Giotto retint difficilement un sanglot et quelques larmes, mais il les chassa rapidement, décidant de profiter un peu de son temps ici pour se changer les idées et connaître mieux tout ce beau monde.
Tsuna sourit en voyant l'humeur du Primo revenir vers quelque chose de plus gai. Peu de temps après, tout le monde revenait dans la maison pour l'heure du repas. Et en cadeau, deux enfants c'étaient ajoutés au lot.
- Ada, Théo!
Tsuna courut pour les prendre dans ses bras, il ne les avait pas beaucoup vus depuis l'arrivé de ses gardiens et leur déménagement. Les deux enfants rirent avant de sortir de l'embrassade. Ryohei s'avança vers eux.
- Chrome les a croisé en se promenant dans le village, ils lui ont dis qu'ils voulaient te voir et comme elle ne savait pas trop quoi dire, elle est venu me demander. Comme on a refait nos réserves de nourriture, je leur ai proposé de venir manger ici avec nous pour ce soir.
- Très bonne idée. Venez Ada, Théo, je vais vous présenter correctement tout le monde.
Alors qu'il faisait le tour, plusieurs de ses gardiens se mirent aux fourneaux, préparant le repas du soir. Cette fois-ci le repas ce fit dans la bonne humeur pour tout le monde, même Giotto qui c'était installé avec eux à table. Les rires raisonnèrent longuement dans la demeure.
Lorsque la nuit fut tombée, ce sont deux enfants endormis que Gokudera et Tsuna ramenèrent à leurs parents. Ceux-ci les remercièrent, promettant que la prochaine fois c'étaient eux qui invitaient.
Quand ils rentrèrent dans leur modeste maison, ils allèrent aider au nettoyage et au rangement de tout ce qu'ils avaient utilisés. Yamamoto lavait avant de passer à Lambo qui rinçait, suivit par Chrome et Ryohei qui essuyaient alors que Tsuna, Mukuro et Gokudera rangeaient tout dans les bons tiroirs ou autres placards.
A un moment, le jeune boss s'arrêta dans son travail. Son regard se porta sur le Primo qui lisait un livre dans le salon. Ses yeux se voilèrent pendant qu'il restait immobile. Les gardiens ne manquèrent pas le changement. Tous s'arrêtèrent dans leur tâche. Yamamoto fut le premier à réagir, comprenant de quoi il s'agissait. Il s'approcha de son ami rapidement.
Il ne le toucha pas tout de suite lorsqu'il remarqua qu'il bougeait pour se tourner vers l'établi où étaient posés les différents ustensiles de cuisines qui attendaient d'être rangés. Le regard de Tsuna se porta vers un des grands couteaux.
- Il y a un intrus. Chrome tu le sens? Il y a quelqu'un en trop ici.
Mukuro qui venait de briser le silence sembla comprendre ce qu'il se passait. Il voulut attraper l'adolescent, mais celui-ci fut plus rapide, il prit le couteau. Et alors que l'illusionniste voulait le lui reprendre, son bras fut tailladé par l'arme. N'y faisant pas plus attention que ça, il attrapa son boss par les épaules et ancra ses yeux dans les siens. Brusquement Tsuna rejeta la tête en arrière en criant, ses mains agrippant ses cheveux. Quelques secondes plus tard il s'écroulait inconscient contre son gardien de la brume.
