Auteuze : Sirius Lee Ron
Disclaimer : Tout appartient à J.K Rowling, le cadre, les personnages, même l'histoire ressemble un peu à la sienne. La seule chose qui est de moi est ma jolie Meghan et quelques autres.
Pairing : Fond de Drarry, couple d'OC, Lucius/Narcissa
Genre : Aventure, Romance
Note de l'auteur : Ce n'est pas ma toute première fiction, loin de là, encore moins sur Harry Potter, mais c'est une histoire qui me tient énormément à cœur, que j'ai commencé à écrire il y a quelques années (je ne vous cache pas que l'écriture est quelque chose d'extrêmement difficile, surtout que celle-ci n'est pas particulièrement drôle)
PRODIGE INCOMPRIS
Les années passèrent, mais jamais les Stark ne vinrent récupérer leur fille. Ce que James Stancy ne manquait jamais de faire remarquer à sa sœur adoptive. Il ne la supportait pas, la détestait, la haïssait, et cherchait sans arrêt des moyens de la martyriser. La raison de ce harcèlement était simple : il était jaloux. Terriblement jaloux. Meghan le surpassait en tout, tout le temps. Elle savait toujours tout avant lui. Elle avait appris à parler, à marcher, à lire, à écrire, à compter, et même à jouer au ballon avec des semaines d'avance sur lui. Malheureusement, à part les instituteurs et les voisins, personne ne voyait ça bien, ni ne la félicitait. Lorsqu'elle avait dit son premier mot – Maman – Sally, furieuse qu'elle le sache avant son fils adoré, l'avait prise à part, et l'avait giflée avant de lui crier qu'elle n'était pas sa mère. Que ses parents, des ivrognes, l'avaient abandonnée sur le pas de leur porte. Et que si elle l'appelait encore "Maman", elle se ferait de nouveau punir. Sally s'énervait facilement en ce qui concernait Meghan. La pauvre petite, qui ne comprenait pas pourquoi elle se faisait gronder, recommençait ce qui ne plaisait pas à Sally, et se faisait irrémédiablement punir. Heureusement pour elle, elle développa un sens de déduction logique assez rapidement, ce qui lui permit, entre autres, d'échapper à un nombre plutôt important de punitions. Mais elle restait une source inépuisable de haine pour les Stancy. Elle leur servait également de défouloir lorsque quelque chose n'allait pas, lorsqu'ils ne se sentaient pas bien ou quand quelque chose d'inhabituel se produisait. L'ennui, c'était que beaucoup de choses inhabituelles se passaient autour de Meghan. Par exemple, lorsqu'elle avait appris que ses parents étaient décédés dans un incendie peu après l'avoir remise aux Stancy, elle avait fait un terrible cauchemar, dans lequel elle assistait à la mort de ses parents. Emma, qui avait été réveillée par une odeur de brûlé, s'était levée, et avait poussé un véritable hurlement. La chambre de Meghan était envahie par des flammes hautes comme un homme de taille moyenne. La fillette, emmêlée dans ses couvertures, se débattait et criait, les yeux fermés. Rien ne brûlait dans la pièce, mais lorsqu'Emma voulut y entrer, son pyjama et ses chaussons prirent feu. Meghan, en proie à son terrifiant cauchemar, ne parvenait pas à se réveiller, malgré les cris stridents que poussait Emma, alors que les flammes léchaient sa chambre et les habits de sa sa sœur adoptive. Mr Stancy avait appelé en urgence les pompiers, qui étaient arrivés dans les dix minutes. Malgré le jet, le feu refusait de s'éteindre. Les Stancy, les pompiers, et les voisins étaient en proie à une véritable panique, même si l'incendie ne sortait pas de la chambre, ce que personne ne s'expliquait. Le jet d'eau avait alors frappé Meghan, qui s'était réveillée en sursaut. Les flammes avaient aussitôt disparu. Le lendemain, elle avait reçu la pire correction de sa vie, pour avoir "tenté d'incendier sa chambre". Elle avait eu beau pleurer, jurer qu'elle n'y était pour rien vu qu'elle dormait, les Stancy n'avaient rien voulu entendre.
Une autre fois, le jour des sept ans de James, celui-ci l'avait humiliée publiquement à l'école. Et quand le gâteau était arrivé devant le garçon, toutes les bougies avaient fondu, répandant leur cire partout sur le chef-d'œuvre réalisé par Sally. Meghan, encore une fois, avait été injustement accusée.
Quelques mois plus tard, lors d'une petite interrogation écrite, à l'école, James avait odieusement triché sur la fillette, qui était assise juste à côté de lui. La feuille du tricheur avait été brusquement réduite en cendres, sans que personne sache comment. Meghan s'était faite doublement punir par la maîtresse, puis par ses parents adoptifs.
Et la liste des incidents était longue. Mais même sans accident, les Stancy la punissaient, souvent pour un rien : un lacet mal fait, une mèche rebelle en bataille, une poussière sur le carrelage de la cuisine, une mauvaise note de James, Emma, ou Evan…
Au fil des années, Meghan avait développé une certaine forme de mutisme, ainsi que, étrangement, un caractère assez prompt à s'enflammer. Au sens propre du terme. Elle avait remarqué que lorsqu'elle éprouvait une émotion forte – de la colère, généralement –, un objet appartenant à l'auteur de cette émotion prenait feu. Meghan avait hérité de nombreux surnoms, tels que "Bloody-Hair" ou "Sang-drillon", un surnom trouvé par un petit Français, mais les plus connus étaient "La Pyromane" et "La démone de Feu". Tout le voisinage connaissait cette fille aux cheveux rouges qui provoquait des incendies à tout bout de champ et qui servait aussi de servante à sa famille adoptive.
Malgré tout, Meghan avait vécu, le 23 Avril de ses dix ans, le plus beau jour de sa vie. Seule au bord de la Manche, elle avait dérobé des bouteilles appartenant à des artistes de cirque, et avait tenté d'imiter les cracheurs de feu. Non seulement elle avait réussi, mais son jet de flammes avait pris la forme d'un oiseau de la taille d'un cygne. Un véritable oiseau, rouge et or, était ensuite surgi du feu. Meghan avait déjà vu des oiseaux comme celui-ci, dans un livre appartenant à James. C'était un Phénix, un oiseau immortel qui renaissait de ses cendres après sa combustion. Sally lui avait affirmé que ces créatures n'existaient pas, mais Meghan avait eu sous les yeux la preuve qu'ils étaient bel et bien réels. Il s'était avéré que celui-ci parlait également l'Anglais, car il avait prétendu lui appartenir et se nommer Ravendor. La fillette avait eu hâte de le montrer à sa mère adoptive, ne serait-ce que pour lui prouver qu'elle avait eu tort, mais cette dernière risquait de faire un arrêt cardiaque, ou de lui confisquer le bel oiseau. Elle avait alors discrètement infiltré l'oiseau dans sa chambre. Cependant, elle était embarrassée, car elle ignorait de quoi se nourrissaient les phénix. Le livre de James parlait de baies de feu, mais elle doutait en trouver à Brighton. Toutefois, Ravendor ne semblait pas montrer de signes de faiblesse ni de faim. Meghan l'avait vu, une fois, prendre feu, se consumer entièrement, être réduit en un petit tas de cendres, puis renaître sous la forme d'un minuscule oisillon pépiant gaiement. Ce qu'elle ignorait, en revanche, c'était qu'elle avait émis exactement le même son, lorsque les Stancy l'avaient recueillie…
Le jour de ses onze ans, en allant chercher le courrier, Meghan eut la surprise de trouver une enveloppe à son nom dans la boîte aux lettres. Elle se pinça pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. L'enveloppe parcheminée était bien réelle, ainsi que le Meghan Stark, 127 Taylor Avenue, Brighton, Hampshire écritl'encre verte. Elle était si surprise qu'elle n'aperçut pas, perché sur une branche de magnolia, le hibou grand duc au plumage fauve. Elle remit le courrier à ses tuteurs légaux sans lâcher sa lettre des yeux. Cette conduite inhabituelle n'échappa malheureusement pas à James, qui s'empressa de lui dérober l'enveloppe en poussant un cri de victoire.
– Regarde, Papa, Meghan a reçu une lettre ! s'exclama-t-il en montrant sa prise à son père.
Sally, qui était en train de préparer des œufs, lâcha sa poêle sur la gazinière. Anthony releva les yeux de son journal et observa la fille aux cheveux rouges d'un air surpris. Il prit la lettre des mains de son fils et lut l'adresse.
– D'où vient cette lettre ? demanda-t-il d'un ton impérieux.
Meghan haussa les épaules. En vérité, elle bouillait de l'intérieur.
– Je ne vois pas comment je pourrais le savoir, répliqua-t-elle. Mais ça doit être écrit au dos.
Anthony Stancy retourna l'enveloppe. Son regard s'agrandit en voyant le sceau frappé sur le dos du parchemin.
– Sally, appela-t-il d'une voix légèrement tremblante.
Meghan se raidit. Si Sally lui prenait sa lettre, elle était certaine de pouvoir lui dire adieu.
– Non ! s'exclama-t-elle sans pouvoir se retenir. C'est à moi !
La femme brune eut un sourire sournois.
– Mais ce qui est à toi est à nous, tu le sais, répliqua-t-elle.
Elle prit à son tour sa lettre. Son visage s'empourpra, au contraire de son mari, qui avait pâli.
– Tout le monde dehors, lâcha-t-elle. Tout de suite ! s'écria-t-elle en s'apercevant que personne n'avait bougé.
Les trois enfants Stancy s'en allèrent, sans oublier de bousculer Meghan au passage. Elle seule resta.
– Je veux ma lettre, murmura-t-elle, alors que le feu sous les œufs crépitait dangereusement.
Mari et femme se regardèrent un moment.
– Tu l'auras quand nous aurons jugé que ce n'est pas une farce, déclara Sally.
Le plat d'œufs s'enflamma en même temps que le regard de la fille aux cheveux rouges.
– Il n'y a pas de raisons pour que ce soit une farce, rétorqua-t-elle à voix basse.
Ses yeux lançaient des flammes qui incendiaient mortellement Mr et Mrs Stancy sur place. Elle les jugea d'un regard haineux l'un après l'autre.
– C'est une lettre d'amis de mes parents, c'est ça ? lança-t-elle brusquement. Vous allez la brûler ? Vous…
– Cette discussion n'a pas lieu d'être, coupa Sally. Va-t'en !
La poêle explosa, mais personne n'y prêta attention. Un duel de regard s'était engagé entre les Stancy et leur fille adoptive. Finalement, Meghan, furieuse, tourna les talons, sortit de la cuisine, traversa le couloir, où elle trouva ses frères et sa sœur en train de débattre pour savoir qui pourrait observer par le trou de la serrure. Elle ne leur prêta pas la moindre attention et poursuivit son chemin. Elle sortit de la maison en claquant la porte d'entrée. Dans le jardin, deux petits buissons prirent feu. La fillette parcourut à grandes enjambées la distance séparant la maison de la plage. Elle s'assit sur un rocher isolé et contempla la mer. Au loin se dessinaient les contours de l'Ile de Wight, puis, plus loin, si loin qu'on ne pouvait pas la voir, se trouvait la France. Parfois, Meghan s'amusait à imaginer la vie des Français, ou se répétait les mots en français que disait Mathieu, son camarade Breton. Aujourd'hui, elle n'avait pas la tête à ça. Elle s'interrogeait. Qui avait bien pu lui envoyer cette lettre ? Se pouvait-il que des amis de ses parents aient cherché à entrer en contact avec elle ? Mais si c'était le cas, pourquoi le faire aussi tard ? Pourquoi les Stancy avaient-ils refusé de lui donner sa lettre ? Et surtout, pourquoi cet air apeuré d'Anthony et cette fureur dans les yeux de Sally ? Connaissaient-ils l'expéditeur ? Tant de questions sans réponses lui traversaient l'esprit, infinie torture mentale. Pourquoi ses parents l'avaient-ils confiée aux Stancy ? Pour quelle raison ces derniers la haïssaient-ils tant ? Pourquoi tant de bizarreries lui arrivaient-elles ? Comment faisait-elle pour provoquer ces incendies ? Pourquoi personne ne semblait vouloir lui témoigner un peu d'affection ? Etait-elle si détestable qu'elle en effrayait même les petits enfants ? Et soudain, elle éclata en sanglots. Se poser ce genre des questions n'était bon pour personne, et encore moins pour une fille de onze ans. Ravendor, qui était près d'elle, lança un long cri mélodieux et déchirant. Les larmes de phénix avaient le pouvoir de guérir les blessures, elle l'avait remarqué, mais la douleur que ressentait Meghan était trop forte et trop enracinée pour être apaisée. Elle ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait autant sur elle.
Les vaguelettes qui lui léchaient les pieds lui firent lever la tête. Les joues humides de larmes, elle contempla l'étendue d'eau devant elle. Elle eut alors une idée. Une idée macabre pour une enfant de son âge, mais elle en avait assez. Puisque l'eau était le pire ennemi du feu, elle trouvait le fait de mourir de son plus grand destructeur très approprié. Meghan se leva, déterminée malgré les perles qui dévoraient son visage et s'avança dans la mer, jusqu'à ce que l'eau lui atteigne la poitrine. Là, elle avança encore, toujours plus. Elle finit par s'immerger totalement, bloquant sa respiration, arrachant ses pieds du sol, sans se débattre contre l'eau. Mais avant que le souffle ne vint à lui manquer complètement, deux bras puissants la soulevèrent et la ramenèrent sur la plage.
– Petite ? appela un homme à la voix rauque. Petite, ça va ?
Mais la fillette restait inerte, inconsciente. Le manque d'air avait presque eu raison d'elle. Elle respirait encore, mais trèsfaiblement. Elle était déjà gelée, si froide que l'homme eut l'impression de se pencher sur un cadavre. Sa poitrine se relevait à un rythme régulier mais faible. Il la reprit dans ses bras et la souleva avec précautions.
Il s'avérait que cet homme n'était pas de Brighton, mais simplement de passage, il ignorait donc qui il avait sauvé. Cependant, il s'était demandé quel genre de vie pouvait bien mener une enfant de dix ans pour vouloir se suicider dans la Manche. Il avait été surpris en voyant que de nombreux gens la connaissaient. Un jeune garçon à l'accent étrange lui indiqua même son adresse. Il était tombé sur une maison semblable à toutes les autres, à ceci près que deux petits géraniums avaient l'air carbonisés. Lorsqu'il avait sonné, il avait été frappé par l'absence de ressemblance entre la mère et la fille. L'une avait les cheveux d'un noir de jais et des yeux sombres, tandis que l'autre possédait une chevelure rouge et des iris à en déclencher une nouvelle ruée vers l'or. Il s'était même demandé si le garçon ne s'était pas fichu de lui. Mais pourtant, la femme avait poussé un petit cri et l'avait fait entré. Ils avaient mit l'enfant au lit puis avaient discuté.
– Nous ne nous sommes pas inquiétés outre mesure, avait déclaré la brune. Elle a l'habitude d'aller à la plage toute seule quand elle a un petit problème, puis elle revient. Elle a dû avoir un coup de blues.
L'homme avait tiqué.
– Un coup de blues ? avait-il répété. Au point de vouloir se suicider ? A onze ans ?!
– C'est une fille très sensible et très secrète, on ne la comprend pas toujours, avait-elle expliqué. A la rentrée, elle ira dans un collège spécial, différent de celui où vont toutes ses amies.
Le sauveur s'était énervé :
– Mais c'est votre fille ! s'était-il exclamé. Vous devez voir ces choses-là ! Et puis, pourquoi n'irait-elle pas dans le même collège que ses amies ?
– C'est qu'elle n'est pas à nous, avait-elle marmonné. Mon dernier fils était inscrit dès sa naissance dans l'établissement dans lequel elle était censée aller, mais pas elle. Et puis, elle a des problèmes de comportement. Et… elle est dangereuse.
La bouche du visiteur s'était ouverte en grand.
– Dangereuse ? avait-il répété.
– C'est une espèce de pyromane. Quand elle est en colère ou qu'elle a peur, quelque chose prend feu. C'est très étrange. Et dangereux.
Chapitre n°2 terminé ! Qu'en pensez-vous ? Joyeux, n'est-ce pas ? Et ça va pas en s'arrangeant.
Hem… Reviews ? *yeux de Chat Potté*
