« Comment tu as eu cet avion au fait ? » Demanda Jeanne en pilotant tranquillement le petit coucou qu'Arsène leur avait déniché.

« Tu oublies que je suis anciennement un ministre respecté, Jean Dubreuil. » Ricana Arsène en copilotant tout aussi tranquillement.

« Je n'en reviens pas que la police n'ait toujours pas compris… » Sourit Jeanne.

« De toute manière on va mourir dans un affreux crash d'avion, alors… »

« D'ailleurs, je le crash où l'avion ? Dans la mer ? »

« NON ! On ne va pas polluer cette chère planète terre. » S'offusqua Arsène. « On va le faire s'écraser sur une petite île britannique. Essaie d'éviter les moutons et les habitants. »

« Ca polluerait autant, mais bon si ça sauve ta conscience… » Marmonna Jeanne à demi-mot. « J'en ai repéré une qui est quasiment inhabitée. À part un vieux château… Au pire il tombera en ruine et on aura contribué au patrimoine britannique. Ça te va ? »

« Parfait. Mais essaie d'éviter le château. »

« Tu es vraiment trop demandeur ! Bon et quand est-ce qu'on met les deux macchabés qui traînent derrière à notre place et qu'on saute ? »

« Au-dessus de la mer. Tu n'as pas peur d'être mouillée ? »

« Non. J'ai juste bien fait d'entourer mes armes de ce nouveau tissu complètement imperméable… Ça m'a coûté un bras… Tu aurais dû voir la tête du vendeur quand j'ai plongé dans l'eau enveloppée dans le tissu pour tester… » Pouffa Jeanne.

« Mais si tu n'avais pas eu toutes ses armes, on aurait pu prendre un avion de manière légale ! » Rétorqua Arsène en quittant les commandes. « Je vais préparer nos invités pour leur dernier acte. »

« C'est laquelle de mes personnalité qui meurent au fait ? »

« Alice Garland. La jeune fille de province très timide et mariée à un mari qui est toujours absent, François quelque chose… »

« Ah ! Lui… Je ne pense pas qu'il me regrettera… »

« Non. Il a une liaison avec une femme à Lyon. »

« Je m'en doutais. » Lâcha Jeanne en haussant les épaules. « De toute manière il n'était plus intéressant depuis longtemps. »

« Tu es beaucoup trop difficile ! »

« Et toi pas assez ! Tu tombes éperdument amoureux du premier regard langoureux qu'on te lance. »

« JEANNE ! Dans quel état tu as mis les macchabés ? » Hurla Arsène du fond de l'avion, réprimant un haut le cœur.

« Je les ai suffisamment abîmés pour que les papiers d'identité suffisent à l'identification. »

« Tu aurais pu prévenir ! Rassure-moi, c'est post-mortem ? » Grogna Arsène en revenant blanc comme un linge dans la cabine de pilotage.

« Heu… » Lâcha Jeanne en se mordant la lèvre. « Il fallait que ça fasse vraisemblable ! C'est pour ça que le sang a déjà coulé de leurs plaies. Je leur en ai aussi prélevé pour qu'on puisse le répandre sur les commandes avant de sauter. Ne me regarde pas comme ça ! Tu m'as demandé de nous trouver deux cadavres pour qu'on puisse venir sauver ta bien-aimée. »

« Deux cadavres à la morgue ! »

« Ouais, bah, il ne faut pas justement ! J'en connais qui se sont fait prendre pour moins que ça ! La morgue il faut avoir une complicité à l'intérieur… Et ce n'est que des prisonniers que j'ai pris. Ne t'en fais pas Arsène, je suis une pro, c'est pour ça qu'on travaille ensemble. »

« Et aussi parce que, malgré ta morale douteuse, je t'aime bien. » Sourit Arsène.

« Conduis, je vais m'en occuper. Fais attention à ta hauteur, on doit passer en dessous les radars anglais. » Soupira Jeanne en se levant. « Tapette ! » Ricana-t-elle avant de se précipiter vers les corps, évitant de justesse le coup de pied de son ami.

« Bon, nos chers amis sont fins prêts. » Souffla Jeanne en s'essuyant le front. « Balance le pilote automatique, il faut que je les place avant qu'on saute. »

Arsène acquiesça et appuya sur le bouton, avant de disparaître au fond de l'avion et de préparer leur nécessaire à saut dans la mer.

« Je vois le bateau de nos amis ! » S'exclama Arsène en faisant des grands signes aux poissonniers même s'ils ne pouvaient pas le voir.

« Ravie de voir que tu t'amuses. » Grogna Jeanne en traînant le deuxième cadavre dans la cabine. Quelques minutes après, elle avait renversé le sang, éteins le pilote automatique et lancer l'avion sur l'île. Puis elle courut, attrapa Arsène au passage et ensemble ils sautèrent, dans un grand cri aigu.

« Il n'y a pas de requins sur les côtes anglaises hein ? » Balbutia Jeanne entre deux hoquets.

« Non, ne t'en fais pas. » Sourit Arsène en lui lançant une bouée de sauvetage tandis qu'il s'agrippait à l'autre.

« Tu es sûr ? Sûr de sûr ? » Réitéra Jeanne en essayant de monter entièrement sur la bouée.

« Vraiment. Mais tu as peur des requins ? »

« En fait, j'ai peur de toutes les bestioles qui vivent dans la mer… » Admit Jeanne en regardant autour d'elle, comme si elle espérait pouvoir voir à travers l'eau. « Pourquoi tu crois que je ne mange pas de poissons, ni de fruits de mer, ni de mammifères marins ? »

« Je croyais que c'était parce que tu étais chiante. » Ricana Arsène en lui laissant l'honneur de monter en première dans le bateau.

« Désolé, ça risque de sentir le poisson Madame. » Fit une voix bourrue qui appartenait au capitaine selon les présentations rapides qu'ils venaient de faire.

« Comment ça ? »

« On doit vous débarquer incognito… Alors vous allez rester cachés derrière le tas de poissons, et on vous fera plonger à quelques mètres d'une plage où un bon feu de cheminée vous attend. Allez, ouste ! »

Jeanne balança son sac sur son dos et d'un air contrarié alla se cacher aux côtés d'Arsène Lupin.

« Pourquoi je peux pas le tuer et on conduit son bateau à sa place ? » Chuchota-t-elle.

« C'est un ami. Et même, cela serait trop suspect. Et il faut que tu te calmes la gâchette là… »

« Je suis désolée, mais c'est tout le temps comme ça quand je m'ennuie. Mais là, ça va stopper, un peu d'aventure et c'est bon. Je vais m'endormir sur ton épaule je te préviens » S'excusa Jeanne avec une petite moue.

Arsène la prit carrément dans ses bras, lui laissant poser sa tête sur son torse, où elle s'endormit rapidement.

La suite du voyage se passa sans problèmes, ils débarquèrent sur une petite plage sal, se réfugièrent rapidement dans la cabane pour se faire ordonner par la propriétaire, une respectable grand-mère de 80 ans qui avait une énorme collection de fusils, d'aller se doucher rapidement avant de prendre un bon repas chaud devant la cheminée. Ils ne se le firent pas dire deux fois, et maintenant ils traînaient sur le canapé, les pieds devant le feu et un verre de vin chaud à la main. La discussion s'écourta rapidement et ils filèrent dans leur chambre. Ils ne se battirent même pas pour la couverture, tombant comme des masses dans un sommeil profond.

Après un bon petit-déjeuner, ils avaient marché toute la journée, ne voulant pas prendre encore les transports en commun, trop tôt après l'accident, pour arriver à Falmouth, au Pays de Galle.

« Bon, tu as nos identités ? » Demanda Jeanne en essayant de se recoiffer avant d'aller à l'hôtel.

« Nous sommes Hector et Françoise Hautin pour le moment, couple français arrivé hier par train, nos billets nous attendent à l'hôtel, je connais des gens aux douanes qui me doivent un service. »

« Ok. Et après ? »

« Dès qu'on est à Londres, tu deviens Jeanne de Chamermace, tandis que moi je reprendrai le titre du Prince Paul Sernine pour les réceptions, et celui de Jim Barnett pour travailler à Scotland Yard. Nos dossiers sont déjà informatisés pas de soucis. »

« Je ne m'inquiète pas avec toi, Hector, mon cher mari. » Sourit Jeanne en se dirigeant vers l'entrée de l'hôtel.

Après avoir réservé une chambre double et récupéré leurs billets de train, ils s'allongèrent sur le lit pour finir leur plan.

« Donc, je prends ce poste à Scotland Yard, mon dossier est tellement bon qu'ils sont obligés de me prendre, pour pirater ceux de Scotland Yard pas besoin d'être un génie comme moi, il faut vraiment qu'ils revoient leur protection... Mais bref, une fois en poste, je reste discret pour pouvoir surveiller Annabelle. » Lâcha Arsène tirant sur sa cigarette.

« Tu penses qu'il va quand même s'en prendre à elle ? » Frissonna Jeanne. Ils étaient tous les deux au balcon pour fumer.

« Oui. Je n'arriverai pas à l'empêcher, cet homme est bien trop fort… La police est déjà au courant, mais les proches des politiciens reçoivent de nombreuses lettres comme ça… »

« Ca roule. On rentre dans la chambre ? Il fait vraiment trop froid dans ce pays de merde. » Fit Jeanne en claquant des dents.

« Dès qu'il sera arrivé quelque chose à Annabelle, les cambrioleurs passeront à l'action. »

« Le coup où il y a tellement de vols dans un laps de temps très court que la police est débordée ? J'aime cette idée. Quand est-ce qu'arrive la Bande ? »

« Dès qu'on leur aura trouvé un emploi et un toit. »

« Ok. Et moi, je fais quoi ? »

« Tu t'occupes de la surveillance des frères Holmes. Dès que la Bande sera arrivée, je leur trouverai des postes un peu partout. Je veux savoir ce qu'ils font, je veux connaître leur emploi de temps. Tu les protégeras aussi, là je t'autorise à tirer si c'est pour les protéger de la mort. Et tu seras aussi Jeanne de Chamermace, l'amie du Prince Paul Sernine qui t'a invité à la réception officielle du gouvernement de la nouvelle année, il y aura Mycroft, tu pourras t'en rapprocher, quitte à le séduire. »

« Et comment on séduit un Holmes ? » Demanda Jeanne, elle ne pensait que cela était possible.

« Offre-lui un mystère. » Sourit Arsène avant de se faufiler sous les couvertures.

« Merci du conseil. Bonne nuit ! » Souffla Jeanne en l'embrassant sur la joue avant de se blottir contre son oreiller.

« Demain, c'est Londres ! » Sourit Arsène en se retournant pour dormir.


Dès le prochain chapitre l'on retrouve les protagonistes anglais.