L'amour a un prix
Tout d'abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont encouragés en commentaire. Merci à chacun de vous. C'est très motivant. Tellement motivant, que j'ai décidé de vous poster le seconde chapitre plus rapidement que prévue. Ce chapitre sera particulièrement centré sur Shizuru et Natsuki. J'espère qu'il vous plaira tout autant, voire même plus.
Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture !
Chapitre 2
Pendant toute la soirée, je du supporter son regard qui me transperçait à chaque occasion qu'il pouvait trouver. Je ne m'étais jamais sentie aussi intimidé par quiconque, et encore moins par une personne que je n'appréciais guère. Mon corps me trahissait, et je ne cessais de prier Dieu pour que personne ne le remarque. Mon frère, Takeda, ne semblait pas y prêter attention. En faite, il ne pouvait tout simplement pas faire attention à autre chose qu'à sa chère et tendre qui était en face de lui. Lorsque j'avais l'occasion, c'est à dire, lorsque je ne ressentais pas son regard sur ma tête et qu'elle était occupé à répondre mon frère, je jetais un bref coup d'œil pour essayer de la détailler rapidement. Cette femme, s'il me fallait la décrire, j'aurais tendance à dire qu'elle était comme une succube. Il fait nul doute qu'elle avait tous les hommes qu'elle voulait à ses pieds... et probablement les femmes aussi. Tout, chez elle, semblait être fait pour séduire incontestablement ses proies.
Malheureusement, ce que je redoutais arriva.
Elle me parla.
''Il semblerait que Natsuki ne soit pas du genre très bavarde.'' Mes yeux se posèrent contre mon gré sur ceux de mon interlocutrice aux yeux de sang. Elle semblait hésiter, puis elle continua plus lentement. ''Ou peut être est ce parce que quelqu'un occupe ses pensés ?'' Ses lèvres pulpeuses esquissèrent un sourire taquin.
Je sentis mes joues se teintés de nouveau. Quelle audace ! Comme ci que j'allais parler de ma vie privé à une personne que je venais de rencontrer, et qui plus est, était une personne que je haïssais. Et puis de toute façon, ce n'était pas à Kaede que je pensais, mais bien à cette maudite femme qui me mettait totalement mal à l'aise. Mais ça, jamais je n'aurais pu le lui dire. Gênée, je regarda mon frère pour trouver du soutien.
Celui ci rigola de ma gêne, et ce, carrément dans mon visage. ''Hahaha, probablement. N'est ce pas Natsuki ?'' Et il me fit un de ces grands sourires niais qu'il avait coutume de faire.
J'avais qu'une envie à ce moment là, c'était de lui écraser la tête contre la table. Quelle idiote je faisais, de vouloir du soutien de lui alors qu'il était complètement à ses pieds. Je n'avais pas pu empêcher l'approfondissement du rouge de mes joues. J'étais vexée. ''N-N'importe quoi.'' J'osais finalement lancer un regard discret vers la succube. Était ce le fruit de mon imagination, ou avais je vu de la déception sur son visage ? L'expression fut bien trop vite remplacé par un sourire qu'elle avait l'habitude de faire, pour que je puisse être certaine de ce que j'avais vu.
''Alors j'avais raison, Natsuki a un petit copain.'' Elle conclue simplement. ''Rien d'anormal, Natsuki est une jolie jeune femme après tout.'' Fit elle avec un sourire qui semblait vouloir être sincère.
Vous l'aurez devinés, ça n'aidait pas mon rougissement. J'étais encore plus embarrassée, ma tête devait être bien rouge actuellement. Cependant les mots petit copain me fit grimacer intérieurement. Certes, je n'avais rien à déclarer à cette Shizuru, mais ce n'était pas une honte pour moi d'aimer les femmes. Ça faisait partie de moi, et je l'assumais pleinement. ''Une petite amie, plutôt.'' Dis je tranquillement. Presque froidement.
Les sourcils de Shizuru de haussèrent sous l'effet de la surprise. ''Oh.'' Ses lèvres se courbèrent dans un sourire énigmatique. ''Ce n'est pas plus mal.'' Sa réponse me surprit un peu. J'aurais parié qu'elle était encore une de ces homophobes que l'on pouvait encore rencontrer de nos jours. La technologie avançait, la médecine avançait, mais la mentalité humaine avait tendance à beaucoup ramer. Prenez par exemple, les femmes. Depuis 1945, elles avaient le droit de vote, et on ne cessait de parler de leurs égalités avec les hommes. Mais de nos jours, on retrouvait encore du sexisme et du machisme partout. Et pour les peaux mâtes ? Même après l'abolition de l'esclavage, la fin de la ségrégation raciale, certaines personnes semblaient toujours broyer du noir.
Mes yeux verts suivirent les doigts de la séductrice, qui vinrent caresser le verre de vin qu'elle avait en face de son plat. D'un geste si contrôlé qu'il semblait même être gracieux, elle apporta le verre à pied sur ses lèvres. Je nota la ressemblance entre la couleur bordeaux du vin et de ses incroyables yeux. Elle prit une gorgé, qui s'écoula lentement le long de sa gorge. Qu'est ce qui m'arrivait? J'avais l'impression d'admirer tout ce qu'elle faisait, même les choses les plus primaires. Cette pensée m'agaça. Comment pouvais je admirer cette femme, après tout ce qu'elle avait fait à mon frère ? Mon esprit me semblait d'un coup plus lucide. Tout mon mal aise semblait avoir soudainement disparu.
''Takeda m'a beaucoup parlé de toi.'' Commençais je.
Elle m'étudia du regard, comme dans l'attente de la suite de mon discours, chose qui arriva rapidement.
''Dis moi, qu'est ce qui s'est passé pour qu'enfin tu daignes sortir avec mon frère après un an à lui faire tourner autour du pot comme un idiot?'' Il y avait probablement du reproche dans ma phrase, voire même du mépris. Mais ça m'importait peu. J'avais hâte de connaître sa réponse.
Je pouvais lire sur son visage qu'elle était gêné. Ses yeux écarlates, cependant, semblaient toujours garder des milliers de secrets en eux, il m'était impossible de les traduire. Shizuru esquissa tout de même un sourire. Toujours du même genre. J'étais vite habitué à ce genre de sourire courtois qu'elle arborait tout le temps. Finalement, c'était bien que pour la courtoisie, car ce genre de sourire ne semblait pas vraiment traduire d'émotion. ''C'est... assez compliqué.'' Compliqué ? C'est tout ce qu'elle avait réussit à me dire ? J'étais stupéfaite.
Mon frère quant à lui semblait très embarrassé par la situation. Il me fusillait littéralement du regard, comme pour me faire passer un message. Son message était simple, il m'en voulait d'avoir été si directe avec sa chère princesse. Oui, je n'aurais pas du manquer autant de tact, mais si elle ne pouvait pas être honnête, c'était son problème. L'honnêteté faisait partie de ma personnalité, et cacher mes émotions était une chose bien trop difficile pour moi.
'' Tu n'es pas obligé de répondre à ça, Shizuru.'' Fit doucement Takeda à sa compagne. Ce qui eu pour effet de m'agacer d'avantage. Elle n'était pas une gamine, elle avait le même âge que mon frère. Elle pouvait bien se débrouiller seule comme une grande.
Shizuru semblait avoir retrouver son calme habituel. Elle hocha gracieusement la tête en regardant mon frère. ''Ce n'est rien.'' Puis ses yeux rubis me regardèrent de nouveau avec son air mystérieux. ''Vois tu, Natsuki, parfois, il est difficile d'allier la raison au cœur. Et le devoir à l'amour.'' Était ce de la peine que je pouvais lire dans ses yeux ? ''Mais j'ai réussit à faire la part des choses, et...'' Sa phrase resta quelques secondes en suspens. ''Voila.''
Je n'étais pas totalement convaincue par ce qu'elle m'avait dit. En faite, j'étais encore plus dans le doute. De quoi est ce qu'elle parlait ? Et si elle s'était enfin laissé dicter par l'amour, alors pourquoi de la tristesse ? Ça ne faisait clairement pas de sens.
Décidément, cette femme était vraiment un mystère total pour moi.
A la fin du repas, je me proposa pour faire la vaisselle pendant que Takeda et Shizuru irait choisir un film à regarder. Ça me permettait d'être seule quelques instants, et j'avais vraiment besoin de respirer. Être à côté de cette femme m'épuisait littéralement mon énergie. Il me semblait avoir lus quelque chose au sujet d'une succube qui aspirait l'énergie vitale de ses proies. C'était clairement à cause d'elle. Raison de plus pour m'éloigner d'elle le plus possible. J'épongeais lentement les assiettes, peu concentrée par la tâche que j'entreprenais. J'étais pressé qu'elle s'en aille, mais la soirée semblait durée une éternité. Un soupir exaspéré quitta mes lèvres. Comment vais je faire pour la supporter si elle restait vraiment avec mon frère ? La pensée d'elle comme belle sœur me fit plisser du nez. Non, c'était inimaginable. Je me secoua la tête. Comment pouvais je déjà penser à ça de toute façon ? Cela ne faisait qu'un jour à peine qu'elle était officiellement avec mon frère.
''Nat-su-ki, tu as besoin d'aide ?'' Mon corps sursauta. J'étais si plongé dans mes pensés que je n'avais pas remarqué qu'elle était juste derrière moi. Et cette manière qu'elle avait prononcé mon nom, aurait presque pu me donner des frissons. On aurait dit qu'elle l'avait susurrer. Parfois, je me demandais si vraiment elle avait une voix naturellement sensuelle, ou si elle cherchait plutôt à séduire tout le monde. Dans mon cas, c'était probablement soit la première hypothèse, soit que ça la faisait jouir de me voir dans tous mes états, ou plutôt, de voir le pouvoir qu'elle avait sur moi. J'avais presque oublié qu'il me fallait répondre. ''Non, ça ira.'' Si je faisais la vaisselle en premier lieu, c'était bien pour rester loin d'elle. Ma réponse était alors légitime.
''Tu es sûre ?'' Insista t-elle. ''Cela me ferait plaisir de t'aider.'' Maintenant, elle semblait presque me le supplier. Qu'est ce qui lui prenait ? Voulait elle faire la vaisselle à mes côtés dans le but de me planter un couteau dans la main par 'accident', peut être ? Sans doute.
Je ne voulais pas paraître trop amicale, mais ni trop grossière non plus. Alors j'optais pour une réponse plus ou moins courtois. ''Tu es notre invitée, ce n'est pas à toi de faire tout ça.'' Il y avait comme une once de tristesse sur son visage. ''Vous avez trouvez un film intéressant à regarder ?'' Dis je, pour changer de sujet.
Comme réponse, elle me sourit. ''Oui, Fifty Shades of Grey. Ou Cinquante Nuances de Grey, si tu préfères. Il est sortis il n'y a pas très longtemps mais Takeda et moi ne l'avons toujours pas regardé. Il était très attendu, étant donné que le livre fut un véritable succès.'' Elle me dévisageait du regard. Chose qui me rendait mal à l'aise, car je n'étais toujours pas habitué à l'intensité de la couleur de ses yeux. ''A moins que tu ne l'es déjà vu... ?''
Cinquante Nuances de Grey? Je ne l'avais pas encore visionné, mais j'en avais vaguement entendu parler par Nao à son sujet. Une histoire au sujet d'une gourde qui tombe amoureuse d'un fou furieux aux tendances sadomasochismes... Sérieusement, c'était pas pratiquement un porno ça ? Ils ne pouvaient pas choisir un film plus sain d'esprit, ou avec un peu plus d'action, peut être ? Mais bon, comme on disait, on ne pouvait pas juger un livre par sa couverture. Je ne l'avais pas encore vu, alors on verra bien ce que ça donnerait. Je lui répondu laconiquement avec nonchalance. ''Non, jamais vu.''
Shizuru me sourit d'un sourire étrange. ''Super, alors.'' Je termina de rincer la dernière assiette de l'évier. Soigneusement, j'essuyais mes mains avec un chiffon propre. Ne quittant pas des yeux mes gestes, elle m'invita à la suivre. ''Takeda nous attend, allons y.'' Je hochais la tête en signe d'approbation, et ainsi, nous partîmes dans le salon.
Takeda était entrain de brancher le câble de son ordinateur portable à la télé écran plat du salon, afin de regarder le film directement sur la télé. Je me posa sur le côté gauche du canapé. J'étais pas spécialement enjouée de voir ce film. Shizuru fut la deuxième à s'asseoir. Et pour une raison que j'ignorais totalement, elle avait décidé de s'asseoir juste à côté de moi. Pourquoi à côté de moi alors qu'il aurait été plus logique que ce soit mon frère qui soit au milieu, puisqu'il était le seul lien qu'il y avait entre nous deux, de toute façon ? Une fois tout mis en place, Takeda lança le film et vint s'asseoir à droite du canapé, au côté de Shizuru. Il semblait encore nerveux. Probablement du à la nouvelle proximité entre lui et sa petite amie.
Jamais un film ne me paru être une si grande torture. Je ne pouvais à peine me concentrer sur lui, bien que le film ne m'intéressait pas énormément non plus. La romance n'était pas vraiment mon genre. J'aurais au moins pu dormir, mais c'était actuellement impossible. J'osais à peine bouger, j'étais quasiment figé à ma place. En effet, si je bougeais trop, je pouvais frôler Shizuru qui était juste à côté de moi. Chose qu'évidement, je voulais éviter à tout prix.
Je pouvais sentir son parfum, que je reconnaissais comme étant l'eau de parfum de chez Dior, Miss Dior Chérie, plus précisément. L'inhalation de son odeur avait le pouvoir de réveiller mes sens. Il sentait divinement bon, il fallait l'avouer. Dans une sorte d'état second qui ne dura pas plus d'une milliseconde, je me sentis comme flottante. Redbull donnait des ailes ? Hé bien pour moi, c'était plutôt ce parfum qui me donna des ailes, à ce moment là. Je sortis de ma rêverie par un gémissement du film. Ah, ça y est, il y allait probablement avoir une scène sexuelle. J'étais sûre que c'était un film pour les majeurs... Bon, j'étais majeur, oui, mais c'était vraiment pas mon genre de film ! C'était très embarrassant, en faite. Je rougis. Et soudain, je sentis Shizuru se rapprocher de moi, collant presque toute son épaule contre la mienne. Ce qui me surpris de plus belle. Comme ci que je n'étais pas suffisamment embarrassé. Maudite femme.
Discrètement, je jeta un œil tout d'abord sur mon frère. Il était rouge d'embarras. La scène semblait aussi le gêner mais... à mon avis c'était tout autre chose aussi. En tout cas, il était absorbé par la scène. Enfin, je regarda ma tortionnaire. Elle aussi semblait être très intéressés par le film. Ce qui me choqua le plus, c'était que ses joues avaient l'air d'avoir pris un peu de couleur. Difficile à dire vu qu'on était dans le noir, et que seul la lumière de la télé nous éclairait. Était ce son fantasme ? Se faire dominer par un homme ? La pensée m'écœura. Je détourna le regard. Soudainement, je ressentis quelque chose de léger se poser sur ma cuisse. Outrée, je vis la main de Shizuru sur mon jeans. Directement à la vue, je sentis mon cœur tambouriner à un rythme croissant. Si fort qu'on aurait dit qu'il allait quitter ma cage thoracique. Je commençais à avoir du mal à respirer. Qu'est ce qu'elle fabriquait ? Pourquoi avait elle poser sa main sur ma cuisse, et en plus dans un moment pareil? J'avais de plus en plus chaud, et je ne supportais plus du tout la situation.
Sans prévenir, je me leva brusquement du canapé, rouge comme jamais je ne l'avais été dans toute ma vie entière. ''J-Je vais... Je vais faire du thé. Quelqu'un veut du thé ? Ou... ou une infusion peut être ? Un café ?''
Takeda me regardait étrangement, n'étant pas du tout au courant de la situation. Non sans un temps de réflexion, il me répondit. ''Euh... Non, ça ira, merci.''
Quant à ma tortionnaire, elle me regardait une fois de plus avec ce maudit regard indescriptible et ce sourire implacable qui lui était propre. A croire que rien ne s'était passé, pour elle. ''Je voudrais bien un thé, s'il te plait.''
Sans plus attendre, je fila dans la cuisine. Une fois seule, je lâcha un grand soupir dont je n'avais même pas conscience que je retenais. Péniblement, j'essayais de prendre contrôle sur mon rythme cardiaque afin de le redonner de sa normalité. Je n'étais plus dans le fauteuil et pourtant, j'avais encore très chaud. Mes pensées se bousculèrent dans ma tête. Qu'est ce qui lui prenait de réagir comme ça, et surtout, qu'est ce qu'il m'arrivait ? Je décida de me faire un café. Je ne me sentais pas capable de dormir, et la nuit serait longue. Par la suite, je remplit la bouilloire électrique d'eau et je la mis en marche. Je n'avais pas du tout envie de retourner la bas, je devais gagner le maximum de temps ici. Avec un peu de chance, le film aura le temps de finir.
Lorsque la bouilloire avait finit son travaille, je glissa l'eau chaude dans un mug qui était déjà munis d'un sachet de thé vert. Je m'assis sur une chaise à proximité de la table de cuisine, et attendit quelques minutes que mon café refroidisse un peu tandis que le thé infusait. Il fallait que j'envoyais un message à Kaede, car la connaissant, elle allait me bouder si j'oubliais de le faire alors que je le lui avais promis. Mais pour ça, il fallait passer par le salon. Un nouveau soupir. Si elle ne m'avait pas demandé ce thé, j'aurais pu boire mon café tranquillement ici sans que l'on ne se posait trop de question. Malheureusement, ce n'était pas le cas, et je devais le lui apporter. Laissant mon café sur la table, je pris le mug de Shizuru et je me dirigea de nouveau vers le salon.
Shizuru semblait à nouveau normal. Quand je disais normal, ça voulait dire placide bien sûre. ''Tiens.'' Nos yeux se recroisèrent. Je lui tendis son thé. ''Fais gaffe, c'est encore chaud.''
Elle me fit un sourire en guise de remerciement, et le pris délicatement. ''Merci, Natsuki.'' Je détourna le regard, soudainement gênée. Encore.
Je m'apprêtais à repartir lorsque Takeda me questionna. ''Tu ne regardes pas la fin du film ?''
Gênée par la question, je lui répondis maladroitement. ''Euh... non, j'attends un message important.''
''Hm... Je vois.'' Dit il en traînant, avec un grand sourire taquin.
Shizuru quant à elle avait le regard de nouveau figé sur la télé. Elle semblait ne pas vraiment prendre compte de ce qu'il y avait sur l'écran, son esprit semblait plutôt être en ébullition. Étrangement, elle m'avait l'aire un peu agacé. Peut être que le film ne lui plaisait pas tant que ça en fin de compte. Ou peut être était ce pour autre chose. Difficile à dire. Cette femme était assez dure à lire, en même temps.
Mon téléphone n'avait plus de batterie. Le maudissant dans un souffle, je pris le câble et le brancha à une prise approximité. Il lui fallut quelques minutes pour enfin s'ouvrir. Hâtivement, j'écrivis un message à ma copine.
Qu'est ce que tu fais ? Tu me manques...
Sa réponse ne tarda pas à venir, ce qui me fit extrêmement plaisir.
J'attendais ton message... Tu en as pris du temps. Comment se passe la soirée, elle est déjà partie ? Et tu me manques aussi, j'étais bien cette après midi dans tes bras...
-De Kaede, message reçu à 20h46
Malheureusement non, elle est toujours là. Elle regarde un film avec mon frère. Je vis un enfer, je la supporte pas. J'ai juste envie de partir d'ici et revenir te faire des câlins.
J'aimerais te dire de venir, car j'en ai autant envie que toi... mais ton frère ne sera pas de cette avis. Hm... Demain tu viendras me voir ?
-De Kaede, message reçu à 20h47
Pourquoi pas à toi de venir chez moi, cette fois ci ? Tu pourrais même dormir à la maison, comme avant. Je dois te laisser, je vais boire mon café, je voulais te texter en même temps, mais la batterie est en charge, elle était carrément morte.
D'accord, ça me va. On se texte demain. Bonne nuit,
Je t'aime,
-De Kaede, reçu à 20h48
Je t'aime aussi.
J'étais heureuse de savoir que je verrais Kaede demain. Ce fut à mes yeux comme une récompense après l'effort.
Avec regret, je reposa mon iphone sur mon bureau et quitta ma chambre.
Le film n'était pas encore terminé. Mon café était déjà presque froid. Je le bus d'une traite pour ne pas avoir à le boire plus frais qu'il ne l'était déjà. Soigneusement, je déposa la tasse dans l'évier. Et avec un soupir, je repartis dans le salon.
Je me rassis à contre cœur au près de Shizuru qui buvait encore son thé vert. Elle avait l'air de beaucoup l'apprécier. On aurait dit qu'elle attendait ça depuis longtemps. Lors de sa dernière gorgé, elle me regarda avec un large sourire de satisfaction. Je n'avais pas envie de rester là, alors je lui demanda si elle avait finit avec le mug, une excuse pour partir à nouveau dans la cuisine, en faite. Que ce soit juste une a deux minutes loin d'ici, ça valait quand même le coup. Elle me répondit par un hochement de tête, puis elle me tendit le mug que je m'empressais de récupérer. Nos mains se touchèrent par accident, ce qui eu pour effet de me donner le même genre de courant électrique de la dernière fois. Était ce de l'électricité statique ? Cette femme était Pikachu ou quoi ? Heureusement, elle ne s'attarda pas, et lâcha le mug que je pris rapidement pour le déposer dans l'évier. Vous avais je déjà dit que c'était la pire soirée que j'avais jamais eu dans ma vie ? Pour couronner le tout, j'avais une Pikachu femelle à la maison. Devrais je la capturer avec une Pokéball et la jeter par la fenêtre, ou pas ? Je soupira. Probablement pas, c'était le pokémon de mon frère après tout.
Le bruit de Takeda quittant le canapé me sortis de mes pensés. Je l'entendais entamer une discussion avec sa copine. Visiblement, le film était finis. Yes ! C'était avec une humeur plus joviale que je retourna dans le salon pour la énième fois cette nuit là.
''Alors, tu as aimé ?'' Demanda maladroitement mon frère.
''Hum... oui. Il faut dire que certaines scènes ont tendance à laisser libre court à l'imagination, en effet.'' Fit elle avec un sourire séducteur. Cela me rappela quelle genre de fille elle était. Du moins, qu'elle semblait être. Était elle entrain de flirter avec mon frère ? La scène me dégoûta. Quant à Takeda, rien d'étonnant, il avait la tête toute rouge. Je vous l'avais dit, on était pas frère pour rien, lui et moi.
Je n'avais pas spécialement envie d'en voir plus. Hâtivement, mes pas m'amenèrent vers la salle de bain.
Nonchalamment, j'ouvris le robinet, libérant par le processus l'eau claire qu'elle contenait. Cette soirée m'avait exténué. Je n'étais vraiment pas envieuse de revoir Shizuru. Je ne comprenais pas mes réactions envers elle. Ni les siennes vers moi, d'ailleurs. Elle était une énigme à elle seule. Jamais auparavant je n'avais rencontrer de femme, ou plutôt de personne, aussi mystérieuse. Il m'était impossible de la cerner totalement. Déjà qu'à la base, il était difficile de comprendre ses émotions par le biais de ses expressions, alors pour réussir à expliquer ses gestes, il fallait être surhumain. Je n'étais même pas sûre que Sherlock Holmes lui même aurait pu élucider ce grand mystère qu'était Shizuru Fujino.
''Natsuki semble tourmentée. Je serais curieuse de savoir qui est donc l'auteur de ses tourments.''
Pour la deuxième fois dans la soirée, je sursauta. Mais qu'était donc cette femme ? Non seulement elle avait le pouvoir de contrôler l'électricité, mais elle pouvait se téléporter, aussi ? Et puis c'était quoi cette manie de me parler à la troisième personne alors que j'étais à deux pas d'elle...
''Tu... Tu m'as fait peur ! Tu pourrais au moins signaler ta présence quand tu arrives !'' Lui criais je presque, d'un ton accusateur.
''Je suis désolé, ce n'était pas dans mon intention de te faire peur.'' Je ne voyais pas vraiment de regret sur son visage, cependant. Sûrement qu'elle s'en fichait, au fond, de me faire peur. Peut être était ce une nouvelle technique qu'elle avait machiavéliquement élaboré dans son esprit dans le but de me tuer d'une crise cardiaque. Oui, cela faisait sens.
''Pourquoi t'es là, d'abord ?''
''Je suis venue te dire au revoir, puisqu'il est déjà temps pour moi de partir.'' Ses yeux rubis perdaient en intensité, comme ci qu'elle était déçue de devoir me dire ça.
''Ah...'' Enfin. ''Hé bien, à une prochaine fois, je présume.'' Bien que je ne l'espérerais pas.
'' Mais avant ça, tu devrais savoir que...'' Ses yeux brillèrent soudainement de mille feux, et je vis presque le danger s'y refléter. Tel un prédateur s'avançant vers sa proix, celle ci s'approcha de moi, et instinctivement, je recula. Mon dos prit contact avec quelque chose de dure, me faisant prendre conscience que j'étais à présent complètement coincé entre ma tortionnaire et le lavabo. Un sentiment de peur m'envahit, et je sentis mon cœur commencer à battre la chamade. Je comprenais à présent ce que voulait dire 'être prise au piège', et je haïssais la nouvelle sensation. Shizuru tenait les deux côtés du rebord du lavabo avec ses deux mains, ne me donnant ainsi aucune chance de m'évader. Lentement, elle approcha son visage du mien... pour partir sur la gauche. Son souffle chaud me brûla presque l'oreille, et je sentis mon sang me remonter à la tête. Enfin, elle reprit sa phrase mis en suspens, et me parla avec une voix beaucoup plus sensuelle.''Ce fut un très grand plaisir de passer cette soirée en ta compagnie, Nat-su-ki.'' Elle fit une pause. '' Et... que j'ai hâte de pouvoir revenir te voir.'' Enfin, elle me libéra. Et sans un mot, elle quitta la pièce. Au loin, je pus vaguement l'entendre faire ses adieux à mon frère, un bruit de porte... et puis, plus rien.
Lentement, je repris mes esprits. Mon cœur se calmait petit à petit , et mon souffle devenait de plus en plus régulier. Mon regard était baissé sur le sol. Un regard vague, mon esprit étant toujours choqué par ce qu'il venait de vivre. Je fronça des sourcils lorsqu'une pensée se présenta dans ma tête.
La manière dont elle me parlait, les regards qu'elle me lançait. Les sourires séducteurs qu'elle affichait. Et sa manie de toujours chercher un moyen de se retrouver seule à seule avec moi. Tout me semblait plus claire à présent. Je ne pouvais pas le nier. C'était beaucoup trop évident.
Shizuru Fujino était entrain de flirter avec moi.
Fin du deuxième chapitre.
Vous l'aurez remarqués, ce chapitre est beaucoup plus petit que le précédent. Je tiens vraiment à faire des chapitres avec un minimum de contenu, c'est pourquoi j'essayerai de faire de mon mieux pour les autres qui arrivent.
Je vise probablement trop haut pour une première fiction, mais j'espère vraiment être un minimum à la hauteur de vos attente.
A bientôt pour la suite !
