« Je ne m'y attendais pas. » Lâcha Jeanne après un long silence pesant. Elle tourna le visage pour regarder l'homme à côté d'elle. Voyant qu'il ne réagissait pas, et après avoir vérifié qu'il n'était pas mort, elle pouffa.
« Vous venez de vérifier si je n'étais pas mort ? Je ne suis pas si vieux que ça ! » S'offusqua Mycroft en se levant.
« On a le même âge. À peu près… Après tout, vous vous habillez comme quelqu'un d'une série d'une autre époque. »
Mycroft grimaça et il eut un nouveau long silence dans la chambre à coucher.
« Je ne comprends pas comment cela à put se produire… » Souffla Mycroft.
« Dîtes que je suis un laideron ! » Siffla Jeanne.
« Non, mais vous êtes censé être suspect et… Quoi ? » S'interrompit Mycroft d'un air agacé devant le grande sourire de la femme qui était dans son lit.
« Vous venez de me faire un compliment ? »
« Non. »
« En tout cas votre chambre est au niveau du reste de votre appartement… Tout est Louis XIV ? Quoi, ça vous surprend que je connaisse ? Je ne suis pas si débile ! » Grogna Jeanne, ses poings se serrant encore plus quand Mycroft eut un petit ricanement. « Et c'est de votre faute ce qu'il s'est passé, vous avez commencé en vous rapprochant de moi ! »
« C'est vous qui avez incité en vous rapprochant encore plus ! »
« D'accord, c'est moi qui vous ai embrassé, mais vous ne m'avez pas repoussé ! »
« En même temps pourquoi aurais-je fait ça ? »
Au fur et à mesure de cette discussion, les deux s'étaient levés et s'instiguaient chacun d'un côté du lit, encore nus. La phrase de Mycroft amena un blanc et Jeanne eut un sourirequi contamina Mycroft.
« Voulez-vous recommencer ? »
« Vous êtes une criminelle. »
« Vous êtes un connard et vous travailler au gouvernement. »
Ils se jaugèrent du regard et se rendirent compte de leur nudité et de leur vis-à-vis. Après quelques secondes de silence gênant, Jeanne fit le tour du lit, direction la porte, mais effleurant Mycroft au passage.
« Qu'est-ce que vous faites ? » Fit celui-ci d'une voix autoritaire.
« Ça. » Répondit doucement Jeanne avant d'embrasser sans retenue le membre le plus éminent du gouvernement. Le cerveau de Mycroft cessa de fonctionner et cette fois-ci encore, il ne le regretta pas.
« John, c'est quoi ce tableau ?! » S'étonna Sherlock. Enfin étonner est un mot faible, Sherlock était complètement paralysé, une première pour John qui en reste quelques secondes stupéfaits.
« Sherlock ? Ça va ? » Demanda John en se rapprochant doucement de Sherlock, il était 17h et la seule chose qu'il voulait c'était une tasse de thé et les biscuits de Madame Hudson.
« JOHN ! » Hurla Sherlock avant de lui prendre son arme et de tirer en direction du tableau. Il ne le toucha pas cependant, sans doute était-ce volontaire.
« SHERLOCK ! Mais qu'est-ce qui te prend ? » S'écria John en reprenant son arme des mains de Sherlock et en le regardant comme s'il était possédé. « C'est juste un tableau ! Si finalement tu ne l'aimes pas, tu peux le décrocher. »
« Ce n'est pas juste un tableau. » Grogna Sherlock en essayant de tuer le tableau du regard.
« Et qu'est-ce que c'est alors ? »
« Une carte de visite. Il a toujours eu un goût très prononcé pour le drama ! » Ragea Sherlock en mettant les mains dans ses poches et en commençant à faire les cents pas, sans cesser de jeter des coups d'œil frénétiques au tableau. John pouvait clairement voir les rouages de son cerveau fonctionner, contrairement aux siens pensa-t-il, et soudain, son visage s'illumina. « Il a toujours été trop joueur et prétentieux aussi ! » Puis il tourna les talons et sortit rapidement.
« On va où ? » Demanda John qui ne comprenait toujours pas, tout allait trop vite pour lui.
« SCOTLAND YARD ! »
Quand ils arrivèrent à Scotland Yard, John du courir pour rester à la hauteur de Sherlock qui semblait dans un état de folie furieuse. Il passa en coup de vent devant le bureau de Lestrade hurlant « Je sais qui est le coupable ! Où est Jim Barnett ? »
« À la morgue. Avec Molly. » Répondit Lestrade tandis que Sherlock avait déjà fait demi-tour. « C'est qui le coupable ? »
Ce fut John qui faisait demi-tour à son tour, qui en passant devant Lestrade, haussa les épaules, mimant de ces mains qu'il n'en savait rien. Quand ils arrivèrent à Saint Bart, Jim riait avec Molly, qui semblait apprécier le nouvel agent. Sherlock s'arrêta brutalement, sur le seuil. John lui rentra dedans mais le détective n'y fit pas attention, il scrutait minutieusement Jim comme s'il s'attendait à un coup d'éclat. Jim jeta un regard en coin et aperçut le détective, un léger sourire naquit sur son visage et Sherlock serra les poings. Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Jim le devança.
« Monsieur Holmes, le cadavre que vous venez voir est un meurtre déguisé en suicide. La marque sur le cou du cadavre n'est pas assez profonde pour qu'il se soit pendu. C'était un gardien de prison, qui a sans doute était tué pour avoir accepté de l'argent sale pour rendre service aux prisonniers. Et c'est sûrement un autre gardien de prison qui a fait ça, cela se voit avec le fragment de tissus qui est coincé sous l'ongle du cadavre. Il provient clairement d'un uniforme de gardien de prison, je les connais bien voyez-vous. » Ajouta précipitamment Jim avec un clin d'œil avant de quitter rapidement la pièce, par la sortie de secours, laissant les trois autres stupéfaits.
La stupéfaction de Sherlock ne dura que quelques secondes avant qu'il ne se précipite à la poursuite de Jim, sous les regards perplexes de John et Molly.
« Je ne sais pas. » Avoua John en haussant les épaules, répondant à la question silencieuse que lui posait Molly. « Mais je vais le suivre. »
Quand il sortit de Scotland Yard, il n'y avait nulle trace de Sherlock et John sentit la colère qu'il avait accumulé ces derniers temps l'envahir. En grognant et pestant, il rentra dans le premier taxi qui s'arrêta et lui donna son adresse.
« Vous auriez dû tourner ici… Monsieur ? Monsieur ! Vous vous êtes trompé ! »S'exclama John, la main sur son arme, il avait un mauvais souvenir des chauffeurs de taxi qui n'en faisaient qu'à leur tête.
Il fut soulagé quand le taxi s'arrêta, mais à peine avait-il posé le pied par terre que Mycroft l'attendait avec son habituel parapluie.
« C'était vous ! » Soupira John.
« C'est toujours moi. » Répondit Mycroft avec un petit sourire. « Je sais que vous préféreriez avoir du thé, mais c'est important. Ça concerne Sherlock. » Avoua Mycroft d'une voix grave qui eut le mérite de focaliser toute l'attention de John. « Je m'inquiète pour lui, j'ai peur qu'il replonge dans la drogue. »
« Parce que c'est Irène Adler qui est derrière tout ça ? » S'inquiéta John.
« Quoi ? Non, elle n'a rien à voir. C'est par rapport à une vieille connaissance de Sherlock, Arsène Lupin. »
« Qui ? » Demanda John tandis que Mycroft leva un sourcil.
« Il ne vous a pas raconté ? » Souffla avec un sourire satisfait Mycroft. Tout comme son frère, malgré l'intonation de sa question, elle sonnait comme une affirmation. « Où peut-être vient-il de comprendre… »
« Raconté quoi ? » Grogna John en serrant les poings, il en avait marre de se faire balader.
« Rien d'important. Faites attention à mon frère s'il vous plaît. » Dit Mycroft avant de tourner les talons.
« Vous pourriez lui dire vous-même ! »
« Mais je vais venir vous rendre visite dès que ma réunion sera terminée. » S'exclama Mycroft tout en s'éloignant.
Jeanne mit plusieurs minutes à se démêler de la couette qui entravait ses mouvements. Elle sourit quand elle vit l'homme à côté d'elle en train de fumer une cigarette. Elle se pencha contre lui pour en prendre une dans son paquet de cigarette.
« Voleuse jusqu'au bout des ongles. » Siffla Mycroft.
« Et maintenant vous vous autorisez à fumer dans votre lit ? » Répondit Jeanne en allumant sa cigarette. « Et je ne suis pas une voleuse. Enfin, ce n'est pas ma qualification première. »
« Et quelle est votre qualification première ? »
« Déduisez. »
« Si je m'en tiens à ce que j'ai sous les yeux, je sais ce que je vais dire… »
« Ça c'est plutôt ma deuxième qualification. Bon, je vous laisse à vos méditations. Je dois y aller. Mais c'était le meilleur des interrogatoires que je n'ai jamais eu. » En quelques mouvements rapides et efficaces, Jeanne était déjà complètement habillée. « On va se revoir Mycroft, pas la peine de mettre vos chiens à mes trousses, on se retrouvera. »
« Vraiment ? »
« Vous avez encore des énigmes à résoudre. Et je vous en donne une dernière, pour expliquer son cas à lui, la réponse est dans le nom. » Souffla Jeanne avec un clin d'œil avant de quitter précipitamment la demeure de l'aîné Holmes. La pendule sonna 17h30min. À 17h30min10sc, Mycroft se levait précipitamment, il devait voir John. Il avait compris.
